IV
Si l'opinion la plus répandue attribue aux Chaldéens la priorité dans les études astronomiques, il est certain aussi que les Égyptiens se sont, dès l'antiquité la plus reculée, préoccupés de la conformation de l'univers. Thaïes, Pytliagore et Platon passent pour avoir emprunté aux Égyptiens les connaissances assez étendues qu'ils avaient en astronomie. lis connaissaient la rondeur de la terre, le mouvement des planètes, les phases de la lune et la cause des éclipses. Mais c'est surtout sous
les successeurs d'Alexandre que l'astronomie devint une science fondée sur l'expérience. Parmi les plus fameux astronomes de cette époque, il faut citer Pithéas, qui, observante Marseille la longueur méridienne de l'ombre du gnomon, en concluait l'obliquité de l'écliptique ; Aristarque de Samos, auteur d'une méthode pour trouver le rapport des distances du soleil et de la lune à la terre; Ératosthène, auquel on doit la première mesure de la terre, et qui fixa la latitude d'Alexandrie et - de Syène; Hipparque de Nicée, qui fit ' un catalogue renfermant 1,625 étoiles, et enseigna la position des lieux de la terre par leur longitude et leur latitude. Ptolémée, qui fut aussi célèbre comme astronome que comme géographe, suivit les idées d'Hipparque, et son système fut considéré comme le plus complet qui eût encore été formulé. Il viv;iit à Alexandrie, environ cent trente ans avant Jésus-Christ. A partir du ni" siècle de notre ère, les sciences commencèrent à perdre de leur importance, et finirent par disparaître complètement dans l'abaissement général de l'esprit humain. Quelques-unes des connaissances astronomiques de l'antiquité nous ont été tran=;mises par les Arabes et elles sont devenues, sous la Renaissance, le point de départ de la science moderne. Le calendrier des anciens a subi plusieurs fois des altérations, par suite du changement dans les idées astronomiques. Les Égyptiens reconnaissaient trois saisons : la première était celle de l'inondation. In seconde était l'époque des semailles, et la troisième celle des moissons. Leur année civile comprenait douze mois de trente jours chacun, avec
Fig. 02. — Guumon.
cinq jours complémentaires. Mais comme ils n'avaient pas tenu compte du supplément qui forme nos années bissextiles, l'année civile, qui retardait tous les quatre ans d'un jour environ sur l'année solaire.
Fi;;. 63. — Autel des douze dieux. Uiluséo du Louvre. t
finit par n'être plus en rapport avec les saisons, en vue desquelles on avait voulu la régler.
Primitivement les Grecs admirent aussi douze mois de trente jours, et chaque mois était consacré à une divinité. L'autel des douze dieux (fig. 63) nous donne l'idée d'un monument astronomique dans l'an-
tiquité. Ce monument est une sorte de table circulaire, au milieu de laquelle a dû être un cadran solaire. Autour de la table, les têtes des douze grandes divinités de l'Olympe sont sculptées avec un relief trèsprononcé et chacune d'elles est en rapport par un de ses attributs avec un signe du zodiaque représenté sur le contour extérieur de la table. Au mois d'avril répondent le signe du bélier et la colombe de \énus, au mois de mai le taureau avec le trépied d'Apollon, au mois de juin les gémeaux avec la tortue de Mercure, au mois de juillet le cancer et l'aigle de Jupiter, au mois d'août le lion et le panier de Cérès, au mois de septembre la vierge et le bonnet de Vulcain entouré d'un serpent, au mois d'octobre la balance et la louve de Mars, au mois de novembre le scorpion et le chien de Diane, au mois de décembre le sagittaire et la lampe de Vesta, au mois de janvier le capricorne et le paon de Junon, au mois de février le verseau et les dauphins de Neptune, au mois de mars les poissons et la chouette de Minerve.
L'année des Grecs étant seulement de trois cent soixante jours, on fut obligé de former un mois complémentaire revenant à intervalles déterminés, et de constituer ainsi un cycle d'années au bout duquel on devait se retrouver d'accord avec le soleil. Mais comme les villes grecques n'adoptèrent pas toutes le même système, il y eut toujours une certaine confusion dans ce calendrier.
Des désordres bien plus graves se présentèrent chez les Romains. Le calendrier de Numa, établi d'après les idées astronomiques des Étrusques, contenait une erreur de calcul qui, par l'accumulation des années, produisit une véritable perturbation. C'est ainsi qu'en l'an 190 avant Jésus-Christ, le l" janvier se trouva correspondre au 29 août. Cette situation fut rectifiée par Jules César, qui établit le calendrier Julien. L'astronome alexandrin Sosigène, chargé de ce travail, basa ses calculs sur une année solaire de trois cent soixante-cinq jours et six heures : en réunissant les six heures d'excédant on en forma un jour, qui, intercalé tous les quatre ans dans l'année, forma l'année bissextile. Pour arriver à ce résultat et rattraper l'ordre des saisons, il fallut donner quatre cent quarante-cinq jours à une année, qui fut l'an ii7 avant Jésus-Christ, et qui reçut pour celte raison le nom d'année de confusion. Le calendrier Julien est encore en usage parmi les Russes et les chrétiens du rite grec, mais il a été remplacé chez les autres peuples chrétiens par le calendrier grégorien, sur lequel il retarde de douze jours. Cette différence provient d'une erreur de l'astronome Sosigène, qui s'était trompé d'un peu plus de onze minutes en fixant la durée
de l'année solaire à trois cent soixante-cinq jours et six heures, erreur d'où il résulta que les points solsticiaux et équinoxiaux rétrogradaient d'un jour en cent trente-trois ans. Le calendrier grégorien diffère du calendrier Julien en ce qu'il retranche trois années bissextiles en