IPS
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Fig. 523. — Ornement égyptien tiré d'un sarcophage.
Fig. 524. — Ornement égyptien tiré d'un tombeau de Thèbes.
La figure 523 montre un ornement dont la conception première a probablement son origine dans la disposition des écailles de poisson. Ce genre d'ornement est assez fréquent en Egypte et nous en retrou-
tlg. 5ÏÔ. F g .V2C
Ornements égj-ptiens tirés d'un tombeau do Biban-el-Molouk.
verons l'emploi dans l'arnuu'c ou plutôt dans la cotte de mailles d'un guerrier. La figure 526 représente un ornement purement géométrique et qui ne rappelle aucune forme animale ou végétale. Il est d'ailleurs d'une construction assez simple et répond à un type dont on trouve l'équivalent, sinon l'analogue, dans l'art décoratif des Grecs.
LE STYLE ÉGYPTIEN
Des bandes colorées sur lesquelles courent des enroulements composent les éléments de l'ornement représenté sur la figure 527, qui est prise d'un tombeau de Thébes, ainsi que la figure 528 où la fantaisie commence à prendre le pas sur limitation.
Fig. M7. ■ Fig. 528.
OrnomcDts égyptiens tirés d'un tombeau do Thèbes.
Nous retrouvons le lotus, alternativement droit et renversé, dans !a figure 529; ces fleurs forment une espèce débande horizontale,
.'^lïàJi'lài^im
Vin. 52U. PiR. 530
Ornomi'ntH ilgyplion» tirés d'un tombc-iH 1 l'hibot.
séparée de la précédente par une rangée de cercles renfermant un ornement étoile. C'est le cercle et l'étoile qui constituent le principe orniMuonlal de la figure 530. Mais cliaqut^ cercle est formé de quatre ilcurs de lotus et de quatre boutons. Ces ornements sont tirés dos toinlioaiix de Thùbes, où ils sont employés dans la décoration des plafonds.
Les éléments que nous avons vus employés dans la décoration de l'architecture proprement dite se retrouvent dans celle de tous les objets figurés, soit qu'ils aient été réellement fabriqués, soit qu'ils apparaissent comme simple ornementation murale. Ce sont toujours les plantes et les animaux qui font tous les frais de celte décoration.
Les Égj'ptiens étaient passionnés pour les fleurs. Il n'est donc pas surprenant que les jardinières forment une série importante parmi les
v.s7xnz57
f.g. ùji.
\'a*c avec des tleurs.
belles pièces d'orfèvrerie dont la représentation figurée est par\'enue jusqu'à nous. La manière dont les fleurs sont rendues appartient au style particulier des artistes égyptiens, qui ne se sont jamais astreints à traduire un détail ou un accident, mais ont toujours cherché à caractériser le type général d'une plante, .et, ce type une fois trouvé, Tout reproduit uniformément dans mille combinaisons diiïércntes. C'est ce que nous voyons ici pour le lotus, la fleur chérie des Égyptiens.
Dans les coupes, le corps présente en lui-même une variété de formes qu'accentuent encore les détails d'ornementation qui l'enrichissent. Ici, la coupe est unie et repose sur un col long et mince, tandis que deux lévriers assis soutiennent ses bords évasés (fig. 531).
Un beau vase à côtes porte au centre un petit autel surmonte d'un
LE STYLE ÉGYPTIEN
sphinx, emblème des Pharaons, vers lequel se penchent les lotus épanouis (fig. 532). Une rangée de petits antilopes court sous le bord du vase dont le pied orné d'écaillcs est posé sur un socle en bois.
La figure 533 est en quelque sorte une variante du type que nous venons de voir. C'est une grande coupe ornée do cotes, et dont les
Flg. ôa2. — Vaso avec dos llour».
anses représentent des têtes dantilopcs. Klle est également surmontée d'un autel, mais au lieu du sphinx accroii[)i qui siirnionlait la jirécédcnte, nous avons ici des petits oiseaux (pii s'ébattent sur les (leurs, tandis que les lolus en se recourbant extérieurement vers les anses décrivent une courbe gracieuse.
La fantaisie et l'ingéniosité des artistes égyptiens apparaissent dans la décoration d'une multitude de vases. Ainsi du milieu de l'un d'eux surgit une tour avec des hommes montés sur dos chars que trahicnt des chevaux lancés au galop : des (piadrupèdes dont il est didicilc d'assigner l'ospôce en couronnent le sommet; deux léopards, élancés sur des tiges de lotus autour desiiuelk-s sont ciselés des hommes étendus, en forment les auses.
39i L'ARCHITECTURE.
Un grand nombre de vases présentent des décorations singulières.
Fig. 533. — Vase avec dos flour-i-
Ceiui qui est représenté sur la figure 53/i a pour couvercle un sphinx
Fig. 534. — Vase décoré d'un sphinx.
qui porte ses bras en avant, et deux têtes d'oie qui partent de la base se dressent pour supporter la coupe.
lE STYLE ÉGYPTIEN.
Les peintures égyptiennes nous montrent également des vases qui méritent à peine ce nom, puisqu'ils ne peuvent rien contenir. Leur
Vases da formo bizarro. (D'après des peintures.)
exécution serait, au point de vue pratique, absolument impossible. Mais,
l'ig- 5". Fig. S!».
Vaaos do furiiio bizarru. (D'après doi poinlurM ^
malgré les conventions admises par les peintres égyptiens, il est aisé (le voir le sentiment qui a présidé à leur décoration. Les figures 533 à
358 nous offrent de curieux exemples de ce genre de vases fantastiques.
Le style et l'ornementation de quelques vases semblent trahir un goût étranger à FÉgypte. Les conquêtes des Pharaons du côté de l'Asir devaient fatalement amener ce résultat. Non-seulement nous trouvons quelquefois des enroulements qui font penser aux ornements employés dans les contrées orientales (Dg. 539), mais les dieux mêmes des nations
Fig. 539. Fig. iio.
Vasos égyptiens. (D'après des peintures.)
étrangères apparaissent quelquefois sur les vases égyptiens. En voici un dont le couvercle représente un monstre typhonicn, qui passe pour être Baal, divinité syrienne, qu'on a parfois assimilée à Typhon, cl qu'on retrouve aussi sur les manches des miroirs (lig. 540).
Les édifices, — Dans la première partie de ce travail, nous avons fait reproduire déjà les principaux édifices de l'ancienne Egypte et nous en avons donné la description à propos du lieu où ils se trouvent. Nous n'avons donc ici qu'à en résumer les caractères généraux, en renvoyant aux figures déjà parues.
Les temples égyptiens, quelle que soit d'ailleurs leur dimension, présentent la même uniformité grandiose dans le plan et dans l'aspect. Des portes magnifiques auxquelles on arrive par des avenues bordées de
LE STYLE ÉGYPTIEN. 397
sphinx, de vastes cours entourées de portiques, de grandes salles dont le
|)lafond est soutenu par de nombreusescolonnes, etdepetitescliambres entourant les grandes salles ou échelonnées le long des portiques, voilà les éléments caractéristiques du temple égyptien. La description et le plan que nous avons donnés du grand temple de Karnak (tome I, page IIC) nous font voir cette disposition de l'ensemble. Dans le même volume on trouvera (fig. 99) une porte de temple. La vue intérieure du temple d'Apollinopolis Magna (tome 1, fig. 103) nous montre l'aspect actuel d'une de ces cours entourées de portiques qui forment toujours le centre des temples ég\pliens, et la vue restaurée de l'intérieur d"un temple à Tlièbes (tome I, fig. 101) donne l'idée do la décoration intérii'ure des salh's. Enfin la vue do Pliilœ (tome I, fig. 106) et celle des ruines extérieures d'Apollinopolis Magna (tome 1, fig. 102) montrent l'état que présentent actuellement ces ruines grandioses, quand on les aperçoit de la campagne.
Outre les édifices construits en matériaux rapportés, l'Kgypfe possède des sanctuaires taillés de main d'homme dans les flancs des montagnes. Les plus intéressants modèles de cette architecture sont les tem|)!os tl'lbsamboul (tome I, fig. 112 à 110), mais les types les plus anciens sont dans les grottes tumulaires de Beni-Hassan (tome I, fig. 89). Les tombes royales de Biban-el-Molouk, près de ïhèbes (tome I, fig. 92 et 93) se rattachent au même genre de construction, qui est particulier à la vallée du .Nil. Nous avons déjà décrit le lac Mœris (tome 1, page 9). le labyrinthe (tome I, page 97) et les grandes pyramides (tome 1. lig. 81, 8/i et 85); nous n'avons donc pas à y revenir ici. Nous rappellerons seulement les détails qui nous ont été transmis par Hérodote sur la manière dont lu'S pyramides ont été élevées.
(! Les prêtres, dit-il, assurent que jusqu'à Rhampsinite on avait vu fleurir la justice et régner l'abondance dans toute l'figypte; mais qu'il n'j eut point do méchanceté où ne se porta Chéops, son successeur. Il ferma d'abord tous les temples, et interdit les sacrifices aux Égyptiens; il les fit après cela travailler pour lui. Les uns furent occupés h fouiller les carrières de la montagne d'Arabie, à traîner de là jusqu'au Ml les pierres qu'on en tirait, et à passer ces pierres sur des bateaux de l'autre rolt'' ilu fieuve ; d'autres les recevaient et les traînaient jusqu'à la montagne de Lib\e. Ou employait tous les trois mois cent mille hommes à ce travail. (Juant au temps pendant le(|uel le peuple fut ainsi tourmenté, on passa dix années à construire la chaussée par où on devait Iraiiier les pierres. Cette chausssée est un ouvrage qui n'est
guère moins considérable, à mon avis, que la pyramide même, car elle a cinq stades de long sur dix orgyies de large, et huit orgyies de haut dans sa plus grande hauteur; elle est de pierres polies et ornées de figures d'animaux. On passa dix ans à travailler à cette chaussée, sans compter le temps qu'on employa aux ouvrages de la colline sur laquelle sont élevées les pyramides, et aux édifices souterrains qu'il fit faire, pour lui servir de sépulture, dans une île formée par les eaux du Nil, qu'il y introduisit par un canal. La pyramide même coiita vingt années de travail : elle est carrée ; chacune de ses faces a huit plèthres de largeur sur autant de hauteur; elle est en grande partie de pierres polies, parfaitement bien jointes ensemble, et dont il n'y en a pas une qui ait moins de trente pieds.
« Celte pyramide fut bâtie en forme de degrés. Quand on eut commencé à construire de cette manière, on éleva de terre les autres pierres, et, à l'aide de machines faites de courtes pièces de bois, on les monta sur le premier rang d'assises. Quand une pierre y était parvenue, on la mettait dans une autre machine qui était sur cette première assise; de là on la montait par le moyen d'une autre machine, car il y en avait autant que d'assises; peut-être aussi n'avaient-ils qu'une seule et même machine, facile à transporter d'une assise à l'autre toutes les fois qu'on en avait ôté la pierre. Je rapporte la chose des deux faqons, comme je l'ai ouï dire. On commença donc par revêtir et perfectionner le haut de la pyramide; de là on descendit aux parties voisines, et enfin on passa aux inférieures et à celles qui touchent la terre. On a gravé sur la pyramide, en caractères égyptiens, combien on a dépensé pour les ouvriers en raiforts, en oignons et en aulx; et celui qui m'interpréta cette inscription me dit, comme je m'en souviens très-bien, que cette dépense se montait à seize cents talents d'argent. Si cela est vrai, combien doit-il en avoir coûté pour les outils en fer, pour le reste de la nourriture et pour les habits des ouvriers, puisqu'ils employèrent à cet édifice le temps que nous avons dit, sans compter celui qu'ils mirent, à mon avis, à tailler les pierres, à les voiturer, et à faire les édifices souterrains, qui fut sans doute considérable. »
Les architectes. — Le titre d'architecte était une fonction d'une très-grande importance, et se rattachait à l'administration publique. « Ce titre, dit M. Paul Pierret {Dictionnaire d^arcbéologie égyptienne), est des plus fréquents dans les inscriptions. Chacun des principaux temples avait un architecte, et chaque grande ville avait un premier architecte.
L'AHCHITECTUKE EN ASIE. 399
L'architecte en chef du pays se nommait Chef de toutes les constructions de la haute et de la basse Èfjypte. Cette fonction avait une haute importance, car des princes du sang en étaient investis. Dans l'ancien empire on trouve des Chefs de toutes les consti-uclions du roi. C'est à ces hommes que Fou doit les pyramides. »
Non-seulement le nom de plusieurs architectes est connu, mais il y en a même dont Timagc est parvenue jusqu'à nous. La statue de Nefcr est bien connue des archéologues : elle est au Caire, dans le musée de Boulaq, et le catalogue en donne la description suivante : (1 La petite statue que nous avons sous les yeux prend une des prsmif res phiccs parmi celles qui nous montrent quel degré de perfection les artistes de Memphis avaient déjà atteint, il y a soixante siècles. Cette statue représente un architecte nommé Nefer. Si petite qu'elle soit, l'harmonie de ses formes lui donne l'aspect d'un colosse. La poitrine et les jambes sont traitées avecla supériorité qui caractérise cette époque. 'I
L'ARCIIITLCTURE EN ASIE L'AssïniK. — La IIabvlome. — l. \ I'kuse.
L'AssvFUE. — Au commencement de ce siècle on no connaissait aucun des grands monuments de l'art assyrien. Les voyageurs qui avaient visité les bords do l'Euphrale et du Tigre on avaient rapporté des cachets, des cylindres et autres petits objets, mais rien ne pouvait faire présager qu'on pourrait, au moyen des monuments de l'art, reconstruire par l'Imagination cette civilisation qui occupe une si grande place dans l'histoire. En 18.'i2, M. Botta, consul do France à Mossoul, entroprit de faire dos fouilles sur la rive orientale du Tigre, à l'endroit (|uc l'on dosii,'iinil coniuio étant roniplarenient do l'ancienne Ninivc. Os fouilles, eniroprisos sur un monticule recouvert par un village dont les habitants se montraient fortement hostiles, ne donneront aucun
résultat. M. Botta s"avança du côté de Kliorsabad, village situé à seize kilomètres de Mossoul, et entreprit de nouvelles fouilles qui, cette fois, furent couronnées de succès. On découvrit d'abord une salle dont les parois étaient couvertes de bas-reliefs représentant des combats. On commença alors un puits et on trouva de nombreux bas-reliefs. Enfin, après des obstacles de tous genres, parmi lesquels il faut nommer d'abord l'insalubrité du climat et l'hostilité constante des habitants, on finit par retrouver l'emplacement, l'ensemble d'un vaste palais, entièrement décoré de statues colossales et de nombreux bas-reliefs. Les
Fig. 511. — Bordure d'un pavage assyrien. (.Nimroud.)
fouilles entreprises par M. Botta ont été continuées par M. Place, et un Anglais, M. Layard, entreprit également des fouilles près du village de Nimroud, et bientôt après dans le village de Koyounjik. Les sculptures qu'il y a découvertes ont enrichi le musée de Londres, comme celles (le Kliorsabad avaient enrichi celui de Paris. Ces ruines ont été décrites déjà dans le présent ouvrage (tome 1, page 173); nous n'avons donc à y revenir ici que pour ajouter quelques détails sur la construction et surtout sur la décoration des palais assyriens.
« Ces monuments, dit Batissier dans l'Histoire de l'art monumental, offrent tous le môme genre de construction. Us s'élevaient sur un plancher formé d'un seul rang de briques cuites et portant des inscriptions. Au-dessous de ce plancher il y a une couche de sable fin de six pouces d'épaisseur qui est étendue sur un autre plancher de briques superposées et fortement cimentées avec du bitume. Les murailles sont faites, au rez-de-chaussée, avec de grandes plaques de gypse marniori forme,
semblable à celui qu'on trouve auprès de Mossoul, Il paraît qu'elles étaient reliées entre elles au moyen de clous et de bandes de cuivre dont on a recueilli, sur place, de très-nombreux fragmcms. Au premier
Fly. 542. — Pavago assyrioD.
étage, le mur était en briques crues ou en argile battue. Il paraît certain que le toit était on charpentes, cnr on a remarqué dans les dé-
Pig. 543. — Pavagu assynuu.
combres une notable quantiti'i de bois carbonisé. Knlin, les restes d'un épais enduit d'un beau bleu d'azur donnent à penser que les parois intérieures des chambres étaient ornées de peintures. »
La civilisation assyrienne, venue après celle de l'Egypte, lui a III. 51
nécessairement fait de nombreux emprunts, auxquels le caractère spécial de la nation a pourtant apporté d'importantes modifications. Les monuments de l'Assyrie, comme ceux de lÉgyptc, sont décorés dans toutes leurs parties de bas-reliefs et d'ornements, et cette décoration,
Brique émaillec lie Khur^ubad.
malgré quelques différences que nous allons signaler, part évidemment du même principe. X'oic'i comment la Grammaire de l'ornement de
Kig. 545. — Ornement assyrien.
Owen Jones apprécie les rapports qui existent entre les deux styles : « La manière de représenter une rivière, un arbre, une ville assiégée, un groupe de prisonniers, une bataille, un roi dans son cliar, dit Owen Jones, est presque identique cbez l'un et chez l'autre peuple ; la différence qui existe est simplement celle qui résulterait naturellement de la représentation de mœurs de deux peuples diflférents. » La figure 5/|l,
lauchitectl're en asie.
qui montre la bordure d'un pavage assyrien de Niniroud, confirme pleinement cette manière de voir. C'est un ornement qui diffère trèspeu de ceux qu'employaient les Égyptiens, comme on peut s'en convaincre en se reportant aux figures 523 et 524 que nous avons reproduites plus haut. La fleur de lotus alternant avec un fruit en fait tous les frais. Mais, si le détail qui constitue chaque ornement parait être un emprunt, la combinaison de ces détails entre eux ne ressemble plus autant à lÉgypte, et les pavages représentés sur les figures 542 et 543, bien que composés des mêmes éléments, montrent une disposition d'ensemble très-différente.
Une brique émaiilée de Khorsabad, reproduite sur notre figure 544, est décorée d'une palmette, genre d'ornement que nous n'avons pas rencontré en Egypte, mais dont nous suivrons le développement quand nous parlerons de l'art décoratif des Grecs. Ici l'ornementation assyrienne pourrait en quelque sorte servir de transition entre celle des Égyptiens et celle des Grecs.
L'ornementation assyrienne procède beaucoup moins que celle de l'Egypte d'un principe imitatif. On trouve quelquefois sur les monuments des colonnes grêles, couronnées par des chapiteaux bizarres, des couvertures de peau terminant les édifices ouverts (fig. 545), mais les formes géométriques préilominent sur celles qui pourraient avoir leur origine dans la plante, et même dans les arbres symboliques, si communs sur les bas-reliefs assyriens, la tige est sillonnée par des formes anguleuses , et la fleur prend un caractère conventionnel, (jui laisse rarement deviner le point de dépari (fig. 540).
Fifr. 546. — Ornom'înt assyrien.
L.4 lÎABVLOMK. — Les ruines de Babylonc ne nous offrent malheureusement pas pour l'étude les mêmes ressources que celles de Ninive. Lue immense plaine jonchée de débris marque l'emplacement de la ville sans fournir aucun renseignement sur le style des monuments ([ui la décoraient. Cette pénurie tient surtout au mode de construction que les Babyloniens avaient été forcés d'adopter. « Les Babyloniens,
dit Batissier dans son Histoire de Part monumental, confinés sur un sol d'alluvion, dans un pays limité par deux empires puissants et redoutables, exécutèrent d'immenses travaux pour se garantir des inondations de l'Euphrate et pour se mettre à l'abri des attaques des peuples voisins. Eu fait de matériaux, ils se servaient rarement de la pierre qu'ils étaient obligés d'aller chercher en Arménie, mais ils employaient surtout des briques faites avec une argile très-fine, séchées au soleil ou cuites au four. On les disposait par assises, et d'espace en espace, on plaçait des couches de roseau, et l'on reliait le tout au moyen d'un ciment composé d'asphalte et de plâtre ; la plupart des maisons et des édifices étaient construits de cette façon. »
Cette manière de bâtir atteste l'ingéniosité d'un peuple qui n'avait à sa disposition ni carrière, ni forêt, mais elle ne pouvait présenter ni la solidité, ni l'aspect grandiose des monuments égyptiens, bâtis avec de gros blocs de granit. Nous pouvons supposer que la décoration des monuments de Babylone devait avoir une certaine parenté avec celle des monuments de Ninive, à cause de la proximité des deux peuples et des deux civilisations, mais c'est une supposition qui repose sur des probabilités et non sur des documents. En somme les descriptions que nous ont laissées les historiens grecs sont les seuls renseignement que nous possédions sur l'ancienne Babylone.
Nous avons parlé déjà (tome 1, page 176) de la ville et de sa triple enceinte. Quelques voyageurs ont cru reconnaître la tour de Babel, dont il est question dans la Bible, dans un monticule qu'on désigne plutôt aujourd'hui sous le nom de temple de Bélus. C'était une pyramide isolée, s'élevant au milieu d'une enceinte carrée et fermée par des portes d'airain. « Cette pyramide, dit Batissier {Histoire de l'art monumenlat), se composait de huit étages en retraite les uns au-dessus des autres. Des escaliers extérieurs, ou plutôt ménagés dans l'épaisseur des murs, conduisaient d'assise en assise jusqu'au sommet de l'édifice. A la moitié du chemin on avait ménagé un lieu de repos et des sièges sur lesquels ceux qui montaient pouvaient s'asseoir. L'édifice se terminait supérieurement par une plate-forme surmontée d'une grande chapelle qui était le lieu très-saint. » Cette description est tirée d'Hérodote, qui y mêle de curieux détails sur les mœurs des prêtres qui desservaient le temple et sur des statues en or qui décoraient la chapelle. Bérose assure que la décoration intérieure offrait l'image d'une fouie d'êtres monstrueux et symboliques, exécutés en bas-reliefs d'argile coloriés. On dit aussi que la plate-forme placée en haut de la pyramide
L'AKCHITECTURE EN ASIE. 405
servait d'observatoire aux prêtres chaldéens pour leurs observations asironoiniqucs.
Diodore de Sicile parie, dans sa description de Babylonc, d'un pont merveilleux dont il attribue la construction à Séiniraniis. « Elle construisit, dit-il, dans la partie la plus étroite du fleuve, un pont de cinq stades de longueur, reposant sur des piles enfoncées à une grande profondeur et à un intervalle de douze pieds l'un de l'autre-, les pierres étaient assujetties par des crampons de fer, et les jointures soudées avec du plomb fondu. Les faces de chaque pile exposées au courant de l'eau étaient construites sous forme de saillies anguleuses, qui, coupant les flots et amortissant leur impétuosité, contribuaient à la solidité de la construction. Le pont était recouvert de planches de cèdre et de cyprès, placées sur d'immenses madriers de palmier; il avait trente pieds de large, et n'était pas le moins beau des ouvrages de Sémiramis. » Quinte Curce parle également de ce pont : « 11 est, dit-il, au nombre des merveilles de l'Orient; car l'Euphrate charrie beaucoup de limon; il a donc fallu en retirer beaucoup de vase pour l'y asseoir sur des fondements solides. »
Les quais de Babylone avaient aussi une grande célébrité. Mais ce que les auteurs anciens glorifient le plus, ce sont lus fameux jardins suspendus. Voici la description qu'en donne Diodore de Sicile: « 11 y avait dans la citadelle le jardin suspendu, ouvrage, non pas de Sémiramis, mais d'un roi assyrien postérieur à celle-ci. Il l'avait fait construire pour plaire à une concubine. On raconte que cette femme, originaire de la Perse, regrettant les prés de ses montagnes, avait engagé le roi à lui rappeler, jiar des plantations artificielles, la Perse, son pays natal. Ce jardin, de forme carrée, avait de chaque côté quatre plèthres; on y montait par des degrés, sur des terrasses posées les unes sur les aut'cs. Ces terrasses ou plates-formes, sur lesquelles on montait, étaient soutenues par des colonnes, qui, s'élevant graduellement de distance en distance, supportaient toutes le pied des plantations ; la colonne la plus élevée, de cinquante coudées de haut, supportait le sommet du jardin et était de niveau avec les balustrades de l'enccinti'. Les murs, solidement construits h grands frais, avaient vingt-deux pieds d'épaisseur, et chaque issue dix pieds de largeur. Les plates-formes des terrasses étaient composées de blocs de pierre dont la longueur, y compris la saillie, était de seize pieds sur quatre do largeur. Ces blocs étaient ri'CDUverls d'une couche de roseaux mêlés de beaucoup d'asplialli'; sur cette couche reposait une
406 L'ARCHITECTDRE.
double rangée de briques cuites, cimentées avec du plâtre ; celles-ci étaient à leur tour recouvertes avec des lames de plomb, afin d'empêcher l'eau de filtrer à travers les atterrissements artificiels et de pénétrer dans les fondations. Sur cette ouverture se trouvait répandue une masse de terre suffisante pour recevoir les racines des plus grands arbres. Ce sol artificiel était rempli d'arbres de toute espèce, capables de charmer la vue par leur dimension et leur beauté. Les colonnes, s'élevant graduellement, laissaient par leurs interstices pénétrer la lumière, et donnaient accès aux appartements royaux, nombreux et diversement ornés. Une seule de ces colonnes était creuse depuis le sommet jusqu'à sa base; elle contenait des machines hydrauliques qui faisaient monter du fleuve une grande quantité d'eau, sans que personne pût rien voir à Textérieur. Tel était ce jardin qui, comme nous l'avons dit, fut construit plus tard. »
Slrabon parle également des jardins suspendus. « Ce jardin, dit-il, se compose de plusieurs terrasses voûtées qui s'élèvent les unes audessus des autres, soutenues par de gros piliers en forme de cubes. Les piliers sont creux et remplis de terre, de manière à pouvoir contenir les racines des plus grands arbres. Ces piliers, ainsi que les planchers des terrasses et les voûtes, sont en briques cuites, cimentées avec de l'asphalte. On arrive à l'étage supérieur par des gradins, le long de,<;quels on a disposé des limaces (sortes de vis), par lesquelles des. hommes commis à cet effet font sans cesse monter l'eau de l'Euphrate dans le jardin. »
La Perse. — L'architecture de l'ancienne Perse est connue depuis plus longtemps que celle de l'Assyrie, dont elle dérive assurément. iNous avons donné déjà le plan ainsi que des vues d'ensemble du palais et des tombes royales de Pcrsépolis (tome 1, fig. 158 à 162). Nous nous arrêterons donc seulement ici sur quelques détails de la décoration.
Les colonnes de Pcrsépolis, le plus souvent placées dans des salles hypostyles ou bien disposées en portiques, présentent un type tout à fait spécial (fig. 54"). Le chapiteau montre les parties antérieures de deux monstres, et deux dés superposés, simulant l'extrémité des poutres, prennent place entre leurs têtes (fig. 5ij8). Dans la base, c'est la feuille qui constitue le principe ornemental de la décoration (549).
Malgré les différences qui séparent l'architecture des Perses de celle des Grecs, il est facile de voir que les deux styles marchent parai-