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LES BEAUX-ARTS

associait Mars avec une Vénus, qui n'était souvent pas autre chose que la femme du personnage représenté en Mars.

Quand les empereurs romains portent le costume militaire, ou la toge du sénateur, ce sont des portraits intimes, mais quand ils sont nus, ce sont toujours des portraits divinisés. Dans ces derniers, la tête seule donne la ressemblance du personnage, tandis que le corps est fait en dehors de lui et suivant les types consacrés. C'est ainsi que pendant les désordres qui signalèrent la période impériale, les sculpteurs faisaient à l'avance des personnages nus, dont la tête était seulement dégrossie et, de cette manière, on n'était jamais pris au dépourvu; à chaque avènement nouveau, il suffisait de travailler au visage. Les gouverneurs et les préfets pouvaient ainsi prouver leur zèle au nouvel empereur, en mettant très-promptement sa statue sur les places publiques. Mais les empereurs se succédaient avec une telle rapidité, qu'on imagina, au lieu de remplacer la statue, de substituer simplement une tête à une autre. Aussi les statues de nos musées ont presque toujours des têtes rapportées et on ne peut jamais affirmer qu'elles ont été faites pour le corps sur lequel nous les voyons. Sous la décadence l'usage des substitutions devint universel : c'est ainsi que sous Constantin, on prit des bas-reliefs représentant les victoires de Trajan, auxquels on enleva les têtes, pour mettre à la place celles de Constantin et de ses principaux officiers.

Sous le christianisme on cessa absolument de représenter des personnages nus, mais l'usage de l'apothéose n'en persista pas moins. Dans les mosaïques de Havenne, l'empereur Justinien et l'impératrice Théodora sont représentés avec le nimbe qui est l'attribut caractéristique de Dieu ou des saints. Dans les miniatures byzantines, l'empereur est souvent nimbé et toujours beaucoup plus grand que les autres personnages, dont l'attitude, agenouillée jusqu'à terre, présente souvent tous ks caractères de l'adoration.

Les bas-reliefs. — Un bas-relief est un ouvrage de sculpture formant une saillie plus ou moins prononcée sur un fond avec lequel il fait corps. Si la saillie est très-prononcée, c'est un haut relief. L'histoire du bas-relief se lie intimement à celle de la statuaire et a suivi les mêmes transformations dans le style aux différentes époques de l'histoire. Mais il y a des peuples qui ont traité avec plus de supériorité l'un des deux genres qui constituent la sculpture, la ronde bosse ou statuaire, et le bas-relief. En outre chaque école a eu une manière particulière d'exé-

LA SCULPTURE

cuter le bas- relief. Ainsi, chez les Égyptiens, le relief se relève en bosse dans le renfoncement de la pierre, de manière à ne pas faire saillie sur le profil de l'architecture : il apparaît sur la muraille comme un tableau au fond de son cadre. Mais ce n'est pas dans le bas-relief que la sculpture égyptienne a développé ses plus grandes qualités. « Les Égyptiens, dit Ottfried Muller, furent beaucoup moins heureux dans la solution du problème de transporter sur une surface plane l'image optique du corps humain, de la représenter en relief, que dans celui de la rendre en ronde bosse. La tendance naturelle de l'art encore adolescent de représenter chaque partie du corps sous une figure aussi intelligible et facile à saisir qu'il est possible eut ici partout une action Irès-significativc et exclusive... De là voyons-nous représentés : la poitrine de face, les hanches et les jambes de coté, la tête de profil et

Fig. 6Ô3. — Une lionne. (D'apràs un monumont igyptico )

cependant les yeux de face; les épauUs et les bras offrent des contours très-anguleux; les mains sont souvent aussi ou toutes deux droites ou toutes deux gauches. »

11 ne faudrait pourtant pas prendre trop à la lettre l'opinion un peu sévère du savant archéologue allemand. Sans nier l'inexpérience évidente des sculpteurs égyptiens dans l'art du bas-relief, ni les erreurs de dessin ([u'ils ont [)u commettre, il est impossible de ne pas reconnaître (pie la louniiirc des personnages et surtout des animaux est quelquefois d'un grand sljlc. Voici par exemple une lionne de la plus belle allure et dont la silhouette grandiose ne serait pas désavouée par nos plus grands artistes (fig. 053). Voici également un lion, Irailo il est vrai d'une manière conventionnelle et décorative, mais qui a quelque chose de vraiment monumeulal (fig. G5/i). Seulement il convient de

LES BEAUX-ARTS

dire que les Égyptiens, qui arrivent aux sommets de l'art quand ils s'en tiennent au contour extérieur, méconnaissent absolument la science

Il nii iiii iiii iMi un iiii liii NI III iM

mEZŒ

Fijj. Gôl. — Liûu. (D'après un mûaumont égyptien.)

des méplats et des transitions délicates, qui donnent tant de charme aux bas-reliefs des Grecs.

Fig. tJ55. — Bas-relief assyrien.

Les Assyriens, très-inférieurs aux Égyptiens sous le rapport de la ronde bosse, leur sont au contraire supérieurs dans l'exécution pratique des bas-reliefs. La figure humaine y est rendue avec plus de naturel et

LA SCULPTURE

de vérité, et la composition des personnages présente beaucoup plus de vie et d'animation (fig. G55). Ces bas-reliefs, répandus à profusion dans les palais, retracent toujours des scènes historiques : « En considérant l'ensemble d'un palais ninivite, dit M. Place, on ne peut mieux le comparer qu'à un poiimc épique célébrant la gloire du fondateur. C'est lui le héros de ces longs récits; il est toujours en scène,

Fig. 656. — Figure do l'autel doi doute dieu>.

et tout s'y rapporte h sa personne. Comme dans les poënies écrits, l'épopée débute par une sorte d'invocation aux esprits supérieurs représentés par les ligures sacrées qui occupent les suuils. Après cette pensée donnée aux génies protecteurs do r.\ssyric, on passait à la narration elle-même. Pendant de longues hcur(<s, l'intérêt se trouvait surexcité par une succession d'épisodes émouvants. Peuple de soUlats. les Ninivites se complaisaient dans ces souvenirs qui flattaient l'amourpropre du prince et entretenaient l'esprit belliqueux de la nation. Les fa(;ades les plus longues des palais, c'est-i-dirc celles des cours et des m. 67

grandes galeries qui s'offraient les premières sur l'itinéraire des visiteurs, sont vouées de préférence aux manifestations de la pompe souveraine. Ces cérémonies, exécutées presque toujours dans des proportions colossales, montrent de longues files de prisonniers ou de tributaires se dirigeant vers le monarque. Celui-ci, reconnaissable à la place qu'il occupe, à son entourage, à ses insignes, à son attitude, reçoit ces hommages avec un calme ou pour mieux dire avec une placidité presque dédaigneuse. 11 est tantôt debout, tantôt assis sur

son trône, entouré de ses officiers et de ses serviteurs. Les personnages s'y suivent processionnellement, sans confusion, et gardent quelque chose de cette froideur hautaine qui devait signaler les réceptions royales. C'est plus loin, dans des salles plus petites et sur une plus petite échelle, que le drame commence et que l'artiste manifeste plus d'entrain, do verve et d'invention. Marches, batailles, escalades de montagnes, constructions de digues, passages de rivières, se suivent nombreux et pressés , racontés en quelques traits expressifs.... Après les tableaux héro'iques, les scènes de chasse occupent le premier rang. Les souverains assyriens, dignes enfants de Nemrod, ont manifesté une grande passion pour cet exercice violent, véritable diminutif de la guerre.... »

Les métopes de Sélinonte (voir tome 1, fig. 57Ù), qui sont les plus anciens monuments connus de la sculpture grecque, présentent quelques rapports avec les bas-reliefs assyriens, bien que le caractère en -soit beaucoup plus grossier. Mais l'art grec, même dans sa période archaïque, présente de très-bonne heure un caractère tout personnel dans le mouvement général du corps aussi bien que dans les plis des vêtements, dont l'ajustement ne rappelle en rien les traditions assyriennes, comme le montre la figure 656 tirée de l'autel des douze dieux du Louvre. Avec les bas-reliefs du Parthénon, l'art arrive

Fig. 657. — Junon. (Bas-reUof du mus6e du Louvre.)

LA SCULPTURE

à une perfection qui n'a jamais étô dépassée. Ces bas-reliefs sont de deux sortes : ceux des métopes sont trôs-sailiants et ceux de la cella sont au contraire presque plats. Nous avons, expliqué ailleurs les raisons de cette différence (tome I, page 390).

La figure G57, qui représente Junon d'après un bas-relief du Louvre, nous montre la manière de traiter les plis qui, tout en conservant leur unité do lignes, n'ont plus la raideur affectée de l'époque archaïque. Néanmoins il y a encore ici une certaine rigidité d'allure qui va dis-

Pij. 658. — Puuuu ot baccbanto.

paraître complètement dans l'époque macédonienne, où la grâce et la souplesse deviennent tout à fait les qualités dominantes.

La figure fi.'jS, où l'on voit représentés un faune et ime barchante, caractérise très-bien le style de celte éiHxpie, (jui, ainsi que nous l'avons déjà fait observer, s'est complu principalement dans les scènes relatives au cycU^ de liaccluis.

Dans les bas-reliefs de l'épociue romaine, le relief est en général beaucoup i)lus prononcé que dans les monuments grecs. Le grilTon que reproduit la figure (ij'J parait se rattacher par le si\li; au premier ou au second siècle de notre ère.

LliS BEAUX-ARTS.

Un fait qu'il est bon de signaler, c'est que les bas-reliefs grecs ne reproduisent jamais les faits historiques, mais seulement les sujets religieux ou mythologiques. Ainsi dans les représensations de bataille nous voyons fréquemment les combats des Amazones, ou les exploits des anciens héros, mais nous ne connaissons aucun bas-relief dont le

Fiij. 65U. — Griffon. ^D'après uu Uds-rchcl" uuUque.y

sujet ait trait aux guerres médiqucs. C'est le contraire qui a lieu dans l'art romain, dès que cet art arrive à se constituer une individualité propre : les bas-reliefs qui décorent les arcs de triomphe, ceux qui se

>"lg. bOO. — liJtiquel luutîure.

déroulent autour de la colonne Trajane et de la colonne Antonine -montrent une succession de faits représentés dans un ordre méthodique, avec la plus rigoureuse observation non-seulement des types, mais encore des allures et des moindres détails du costume. Aussi ces bas-reliefs nous offrent des documents extrêmement précieux pour l'histoire de l'archéologie, documents dont aucun monument grec ne pourrait nous montrer l'équivalent. Le sculpteur grec appartient à

LA SCULPTURE

une nation de poètes et c'est toujours aux merveilleux récits de la fable qu'il emprunte ses inspirations, tandis que le sculpteur romain.

Fig. CGI. — Banquet funùbro.

qui travaille pour im peuple exact et positif, traduit les événements contemporains avec la précision grandiose d'un compte rendu. Kntre

FI;. CG'2. — nan<|U0l fuiiùbra.

les bas-reliefs grecs et les bas-reliefs romains de l'époque impériale, il y a la même distance qu'entre Homère et Tacite.

A la (in de l'empire romain, la décadence des arts s'est opérée

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d'une manière si rapide, que les brillantes qualités que nous avons signalées dans les bas-reliefs du siècle des Antonins disparaissent complètement sous les princes syriens. Les sarcophages continuent pourtant à être décorés de bas-reliefs : on en a retrouvé une quantité immense qui remplissent les parois de nos musées d'antiquités. Mais le dessin en est maigre, les formes sont sèchement accusées, les proportions sont souvent mal observées et le ciseau est surtout d'une extrême monotonie. Par le sujet, ces bas-reliefs, dont la saillie est généralement assez accentuée, peuvent se diviser en deux catégories. La première, qui comprend les banquets funèbres, est la perpétuelle et fatigante répétiiion d'une donnée toujours identique à elle-même (fig. 660 à 662). La seconde, qui se compose de sujets symboliques, est remarquable par la quantité de personnages allégoriques et d'emblèmes de tous genres qui présentent dans l'ensemble une inextricable confusion. Les sujets bachiques, les histoires relatives au mythe de Prométhée, fort à la mode à cette époque, et plus tard les sujets chrétiens, sont les scènes qu'on voit le plus souvent sur les sarcophages de la décadence : on y trouve parfois une réminiscence plus ou moins heureuse des types anciennement consacrés, mais on n'y rencontre jamais une inspiration personnelle, La sculpture avait cessé d'être un art créateur et spontané; tous ces sarcophages semblent sortis d'une fabrique au rabais et s'adressent à un public qui n"a plus aucun souci de la forme et qui oublie les traditions qui avaient fait la gloire des temps passés.

La sculpture décorative. — La sculpture décorative n"a pas à se préoccuper seulement des lois qui sont propres à la statuaire, il faut encore qu'elle satisfasse aux conditions particulières que lui impose son association avec l'architecture, et les Grecs, sous ce rapport comme sous tous les autres, ont été des maîtres incomparables. Malheureusement, quand nous voyons dans un musée des ouvrages de sculpture décorative, nous ne pouvons pas toujours juger de l'effet qu'ils devaient produire à la place qui leur était destinée et à la distance oii ils devaient être vus. 11 faudrait aussi tenir compte du jour qui les éclairait, de l'angle sous lequel on pouvait les apercevoir, et on a souvent quelque peine à rétablir ainsi par la pensée les objets qu'on a sous les yeux dans un milieu et sous un jour différents. Quand on a pu voir sur place quelques-unes des sculptures de ce genre et essayer pour d'autres ce travail délicat de restauration conjecturale, on est sou-

LA SCULPTURE. 533

vent amené à rectifier des erreurs qu'avait entraînées un examen moins attentif. Dans ce qui semblait d'abord un défaut de proportion, on reconnaît une application savante des lois de la perspective et des négligences apparentes deviennent des combinaisons voulues et réfléchies.

Le Pandrosion d'Athènes (tome I, fig. 423) nous offre un admirable exemple de la statuaire monumentale : ici les statues deviennent des

Fig. 003. — L'BnfaDl à l'oio. (Musiio du Louvre.)

membres de l'arcliitccture. Mais indépendamment des édifices proprement dits, il existe tout un ordre de monuments, par exemple les fontaines et les vases, dans lesquels la sculpture est obligée do se plier à des lois particulières. Ainsi dans le joli groupe de l'Enfant a Coie, qui est au musée du Louvre (lig. 003), le mouvement général devait être en rMp|iorl avec la destination du monument ([ui était une fontaine. Un tuyau, qui passait dans le corps de l'oie, faisait jaillir l'eau par le bec de l'oiseau. Ce motif de décoration parait avoir beaucoup plu. car il en existe de nombreuses répétitions dans divers musées.

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11 en est de même pour le groupe des trois nymphes dont on connaît aussi plusieurs exemplaires. Le mouvement si gracieux des trois nymplies qui se cambrent était en quelque sorte imposé par la vasque qu'elles soutiennent. Les bassins et les fontaines jaillissantes formaient un élément essentiel et un des plus grands charmes des jardins

Fig. 664. — Fontaine de la villa Adrianx

romains. Il y en avait de plusieurs sortes, mais la sculpture y tenait toujours une grande place.

Une jolie fontaine, découverte dans la villa Adriana, peut nous donner une idée de celles qu'on voyait habituellement dans les jardins, ou dans ces belles cours environnées de portiques, si communes dans les habitations des anciens (fig. 664). Elle est du plus beau marbre

LA SCULPTURE

pentéliquc et d'un seul morceau. La forme rappelle celle des trépieds. Les têtes de lions qui la décorent étaient un ornement très-employé pour les fontaines et les conduites d'eau. Le conduit de celle-ci existe encore dans le piédestal orné de cannelures en spirales qui supporte le fond de la coupe.

Les fouilles de Pompéi ont fourni plusieurs types de fontaines extrêmement curieux. La maison du grand-duc de Toscane est remarquable par une jolie fontaine en mosaïque en forme de niche dans

i-'ig. C05. — FuDtaine.

laquelle on voyait une statue de Faune avec un piédestal élevé sur quatrn !^radins. Au-dessous est un petit tnhieau en mosaïque représentaut un hippopotame guettant deux bateliers. En avant de la fontaine sont trois vasques dans la plus grande desquelles était un jet d'eau sortant du milieu d'une fleur de marbre blanc. La maison de Lucrclius a au fond du xyste une jolie fontaine composée d'une niche en mosaïque ot en coquillages, dans le bas de laquelle sont peints des roseaux et deux dauphins, et on y trouve une charmante statuette de Silène en marbre blanc. Ses cheveux, sa barbe, la peau qui le couvre, portent des traces de peinture rouge; l'outre sur laquelle il s'appuio est colo- III. C8

LES BEAUX-ARTS

rée en noir et jetait de l'eau formant cascade sur cinq degrés de marbre blanc et se rendait ensuite par un canal de marbre dans un bassin cir-

Fig. 6G6. — Fuuiaïue. (D'après uue pemiure de Pompéi )

culaire, au centre duquel est une colonne portant une petite vasque de

Fig. 60"î. — Cratère en marbre.

jaune antique doù s'élan(;ait un jet d'eau. La niche de la fontaine est accompagnée de deu.x cippes de marbre blanc surmontés d'Hermès à

LA SCULPTURK,

deux faces; lo premior offre les têtes de Bacchus ei Ariadne, le second celles d'un faune et d'une bacchante.

Dans la cour de la maison d'Apollon à Ponipéi est une singulière fontainr; do marbre blanc; c'est une espèce de pyramide du centre de laquelle partait un jot d'(^au qui retombait sur quatre petites cascades

Fig. 008. — V-iso do Sosibios. (Musi^o du Louvre.)

do marbre et ele là dans plusieurs bassins eontenus les uns dans les autres. La muraille à laquelle est adossée la fontaine est entièrement peinte; au milieu d'un cadre de festons bachiques est une figure de Diane debout sur un piédestal au milieu d'un bassin où nagent des canards; lo bassin est dans un bocage peuple do nombreux oiseaux; on y reconnaît des paons, des grues, un ibis, des poules, des perdrix, des cailles, des chouoiles, etc.

La maison de la grande fontaine de mosaïque possède également une fontaine qui a donné son nom à la maison. C'est une grande niche surmontée d'un fronton et ornée de mosaïques de diverses couleurs parmi lesquelles le bleu domine. Les grandes divisions et les bordures sont formées de coquillages que le temps ni l'éruption n'ont pu détruire ou calciner. Aux pieds-droits sont adossés deux grands masques creux en marbre blanc, derrière lesquels on plaçait des lampes dont la lu-

Fjg. G6*J. — Vabe aux masques. (Musée du Louvre.)

mière, passant au travers des yeux et de la bouche, devait produire un effet bizarre. L'un de ces masques avait les cheveux et la barbe teints -en rouge. Au fond de la niche, au-dessous d'une tète de fleuve en mosaïque, est une ouverture rectangulaire en bronze, d'où l'eau s'écoulait par six petits degrés dans un grand bassin également de marbre, au milieu duquel est une petite colonne creuse d"où s'élançait un jet d'eau.

Un motif très-simple, mais infiniment gracieux, nous est offert par

LA SCCLPTURE.

5tl

la figure 065 : il est composé d'une vasque supportée par des têtes qui forinciU l'extrémité supérieure d'une patte do lion.

Quelquefois aussi les fontaines avaient un caractère plus rustique.

l'"ig. 610. — Vaso Burgitcïu.

comme celle qui est représentée sur la figure COG. Cette funtaine est entourée d'un enclos, au miliou des bosquets. Le jet d'eau, peu élevé, sort d'une espèce de roni]uo et se divise en doux parties. Un oiseau, perché sur la balustrade, se préparc à boire dans le bassin.

oi'2 LES BEAUX-ARTS.

Les vases de marbre ou de bronze formaient un des éléments décoratifs les plus employés dans les jardins ou les villas. Quelquefois (fig. 667) de petits vases étaient disposés sur les balustrades ou sur les parapets de marbre. Plusieurs de ces vases sont considérés comme des chcfs-dœuvre de l'art décoratif, et les reproductions qu'on en fait prennent place dans nos parcs.

/j&Aà..^.'A^^;^

Fig. 6"1. — Viisc.

Le fameux vase connu sous le nom de vase de Sosibios (fig. 668) a les anses décorées de calices de fleurs et soutenues par quatre cols de cygne. Une branche de lierre, symbole du culte de Bacchus, entoure la gorge du vase. Un sacrifice bachique est sculpté sur la panse dont le bas est godronné. Ce beau vase est au Louvre où il est placé en pendant avec un autre vase, très-célèbre également et connu sous le nom de vase aux masques (fig. 669).

La plupart de ces vases avaient un caractère bachique dans leur ornementation, ce qui se comprend aisément, puisque c'est Bacchus qui fait mûrir les fruits de la terre. Cest ainsi que le vase Borghèse (fig. 670) qui décorait le jardin do Salluste, sur l'emplacement duquel

LA SCULPTUBE.

il a été IrouvL', est orné d'une scène bachique. Le dieu des vendanges s'appuie sur une bacchante qui joue de la lyre pendant que des jeunes satyres oxiJcutcnt des danses et jouent de la flCitc; le vieux Silène chancelant est retenu par un satyre qui le prend au milieu du corps, tandis

JBIL

t-'ig. t>7*2. — \ .ISO UIltM^UU,

qu'une ménado joue du tambourin : le bord du vase est parni d'un cep de vigne et des masques sont sculptés à la place des anses.

Dans le vase représenté sur la ligure 671, le sujet îi personnages se développe seulement sur le col, et le corps xwvww du v;ise est simplemont coupé par une potiti; bande ornemenialc (|ui court liurizonl.ilement sur la panse. Le système de décoration fsl de la plus grande

LES BEAUX-ARTS

simplicité, mais le profil du vase est d'une forme magnifique. On remarquera la saillie et l'épaisseur différente des godrons qui décorent le vase représenté sur la figure 672, qui est pourvu d'un couvercle et dont la base est formée de feuilles d'acanthe. Mais le point sur lequel

Fig. 073. — Vaso antique.

il faut surtout appeler l'attention des sculpteurs d'ornements, c'est la disposition exquise des anses et la manière toujours judicieuse avec laquelle ils se rattachent au corps même du vase, de manière à ne jamais s'en isoler par le style et à concourir toujours par leur forme à l'ensemble de la décoration. Comme dernier exemple, nous donnons (fig. 673) une coupe dont l'anse est formée par deux serpents enlacés, dont les tètes rampent sur le bord de l'ouverture tandis que les queues se déroulent sur les godrons de la panse.

Fig. G-;^.

Vase grec

LA GRAVURE

L \ c K A V l' n F. r n É II I ST 0 II f 0 u H . — Les r i k ii ii k s g k a v é e s . La gravure ai: trait.

Les médailles.

La gravure préhistorique. — Un grand iiUùrêt s'attache toujours aux premiers tâtonnements de riiommc dans les arts graphiques. Ceux qui sont antérieurs à tout document historique ne peuvent naturellement S(> subordonner à aucun ordre chronologique; c'est à l'histoire naturelle et surtout à la géologie qu'il appartient de les classer par périodes, auxquelles toutefois il sérail impossible d'assigner une date même approximative. Ces essais grossiers prouvent que les arts graphiques ont été pratiqués dans les plus anciennes sociétés, dans des époques où l'homme, étranger à toute civilisation, vivait en quelque

Fig. G'ô. — Esquisso de mammouth. (Grnvôo sur une plnquo d'ivoiro.

sorte de la vie animale. Le centre de la France et notamment le Périgord sont los contrées où l'on a trouvé les plus curieuses tentatives dans ce genre.

La figure 075 représente une esquisse dessiner nu plutôt gravée au trait sur une plaque d'ivoire et représentant un nianiinouih que les longs poils de sa crinière empêchent de confondre avec un éléphant ordinaire. Malgré la grossièreté du travail, on distingue parfaitement l'œil si caractéristique et !a longue trompe de l'animal. Les fragments de mammouth se trouvent en tn^s-grand nombre dans le nord de la Sibérie, ce qui semblerait prouver que le travail que nous avons sous .11. W

les yeux a dû être exécuté à une époque où le climat de l'Europe occidentale était analogue à celui des régions arctiques.

Ce qui confirme encore cette hypothèse, c'est le manche de poignard que représente la figure 676. Cette poignée, qui est en bois de renne, représente elle-même un renne sculpté dans une position toute

Fig. 610 — Manche de poiguurd. (bculple eu leime ae reuae.)

particulière; les jambes de derrière sont étendues le long de la lame, celles de devant sont ramenées sous le ventre pour ne pas blesser la main ; enfin la tête est renversée, le museau est tourné vers le ciel et les bois de l'animai sont couchés de fa(;on à ne pas gêner la préhension.

Fig. 6~. — Figure do ccif (Gravée î.ur un buis do cerl.l

Ce monument date d'une époque où la France devait ressembler passablement à la Lâponie, puisque le renne y vivait.

Voici maintenant (fig. 677) une figure de cerf gravée sur un fragment de bois de cerf. La forme de la ramure, très-différenlede celle du renne, ne permet pas de se tromper sur l'identité de l'animal. Des figures d'aurochs et d'élans, mais mal caractérisées, ont été également retrouvées sur divers fragments. L'homme apparaît aussi quelquefois, mais beaucoup plus rarement, sur les monuments de cette catégorie. Sur un fragment que l'on croit avoir été un bâton de commandement (fig. 678) on voit une forme humaine, grêle, llucite, ci qui d'ailleurs

LA Gn.wcr.E.

semble pourvue d'une queue comme les unimaux. Elle est placée entre deux tôles de chevaux mieux caractérisées et l'on voit derrière un animal qui pourrait être un long poisson ou un serpent. Sur un autre fragment on voit également un personnage qui n'est guère mieux conformé

Fig'. ij~>s. — BJloii do commaaddmcLt.

que le précédent et qui est à côté d'un aurochs. Si imparfaits que soient ces grossiers essais et bien qu'ils ne se rattachent qu'indirectement à l'histoire générale de l'antiquité, il était impossible de ne pas les signaler ici.

Les pierres gravées. — On distingue deux sortes de pierres gravées : les intailks qui sont gravées en creux, et les camées qui sont gravées en relief. Les pierres gravées égyptiennes sont des intailles. La plupart ont la forme de scarabées : l'insecte était formé par la partie convexe, et l'inscription ou le sujet gravé se trouvait sur la partie plane qui tenait lieu du ventre. Il y avait aussi un très-grand nombre de cachets portant des gravures en creux. Nous eu avons donné plusieurs représentations (tdnie II, fit,'. /|92 à 497).

Lcsc\lindres babyloniens l'ormcnt aus-^i une série très-iniporlanlt». Li'S sujets gravés sur les c\lindres babyloniens se rattachent tous à des dogmes religieux dont nous n'avons encore qu'une connaiss;nice trésimparfaite. Certains symboles pourtant paraissent se rapprocher singulièrement de ceux de la Perse, ce qui ferait supposer que ceux-ci ont eu, en grande partie, leur source en Assyrie. L'analogie est sinlout frappante pour les dessins gravés sur le cylindre (jue nous avons fait reproduire. Nous donnons dans la ligure G79 le développement du cylindre (loni la ligure 080 nous montre la forme générale.

Les deux personnages que nous vo\ons ici iiaraisseni être des prAtres d'Urmuz luttant contre un taureau barbu considéré ici comme le principe du mal. La lutti> d'Ormuz et d'Ahriman ou du bien et du mal fait en effet le sujet d'une foule de représentations. Habituellement les bons esprits serviteurs d'Ormuz sont fit;urés sous la forme de

LES BEAUX-ARTS

personnages couronnés ou ailés, et les mauvais esprits, serviteurs d"Ahriman, prennent, au contraire, la forme d'animaux fantastiques, tels que les taureaux barbus ou les griffons.

Fi g. 6-;9.

Forme el développement d'un cylindre babylonien.

Fig. (iso.

Parmi les Grecs, la gravure sur pierre fine, quoique pratiquée trèsanciennement, paraît avoir atteint son apogée vers l'époque macédonienne. Pyrgotèle, qui vivait sous Alexandre le Grand, est le premier graveur qui ait atteint dans son art une véritable illustration. « Alexandre le Grand, dit Pline, défendit à tout autre que PjTgotèle, le plus habile dans cet art, de graver son portrait sur pierre précieuse. Après Pyrgotèle, Apollonidès et Cromos y excellèrent, comme aussi Dioscoride, qui grava de cette façon l'edlgie très-ressemblante du dieu Auguste, effigie que les empereurs depuis employèrent comme cachet, d

Le cabinet des médailles de la Ribliothèquc nationale possède une superbe intaille que l'on attribue à Dioscoride; clic représente Mécène. Parmi les autres pierres gravées de la même collection qui portent un nom d'auteur, il faut citer un superbe camée, représentant le triomphe d'Amphitrite et signé du graveur Glycon (fîg. 681). La déesse est escortée par les amours et conduite par un taureau marin qui se termine en queue de poisson, ce qui le distingue du taureau d'Europe. Celui-ci, au reste, est également représenté sur un camée célèbre que nous avons reproduit ailleurs (tome I, fig. 432).

Nous possédons une pierre très-célèbre signée du graveur Hyllus et représentant un taureau dionysiaque, ainsi qu'un superbe portrait de Julie, fille de Titus, aigue-marine portant le nom du graveur Evodus.

Bien qu'on donne généralement le nom de camées aux pierres gravées en relief, ce nom s'applique plus particulièrement à celles qui

LA GRAVURE

ont des couches de différentes couleurs. En effet, dans la gravure des camées, bien que cet art, qui est une branche de la sculpture, ait pour but essentiel la forme et le relief, la couleur joue un rôle assez important. Le graveur qui sait tirer parti des couleurs de la pierre peut les adapter de telle façon, qu'il est quelquefois difficile de décider si c'est un effet de l'art ou un jeu de la nature. Quelquefois une figure taillée sur une couche blanche se détache sur un fond coloré; quelquefois aussi les accidents les plus étonnants semblent naître des couleurs diverses de la pierre. Une tête peut avoir la barbe, les cheveux, la draperie dune coloration différente : c'est ainsi que le fameux camée

Fig. 681. — Le UiuiiJ|ihc d'Amphiiriic.

(D'après uo caméo aDti.tue,)

d'Auguste et celui tic Germanicus, au cabinet di-s médailles de la liibliothèque nationale, oui, indépendamniiiii de leur sculpture, un fliarme particulier qui résulte de la diversité des teintes.

Au surplus, la couleur des pierres employées n'était pas indifférente et les graveurs se servaient de préférence des matières dont la teinte leur semblait en rapport avec le sujet qu'ils voulaient traiter. Ainsi ils gravaient l'roserpinc sur une pierre noire, Neptune et les Tritons sur l'aigue-marine, Bacchus sur l'améilnsie, Marsjas écorché sur le jaspe rouge.

Les sujets avaient souvent aussi une significalion en rapport avec certains usages. Ainsi les scènes relatives à l'histoire de l'Amour et Psyché étaient surtout employées comme cadeaux de fiançailles, tandis <iuc celles qui ont trait h la légende de Prosorpine ravie à sa mère semblaient ])lus convenables pour des personnes alTligéos. Le supplice

LES BEAUX-ARïS.

de Marsvas, emblème de l'inexorable justice des dieux, était un sujet cher au gens de lois, tandis que les représentations de combats étaient

préférées par les soldats. Quelques camées étaient simplement la reproduction d'un ouvrage célèbre. La centauresse et son petit (fig. 682) paraît appartenir à cette catégorie. Enfin les beaux camées romains de l'époque impériale (voir tome I, fig. 488 à 495) sont de pompeuses allégories en faveur du souverain. L'art du graveur en pierres fines a marché parallèlement avec celui du sculpteur et sa décadence est complète à partir des princes syriens.

Fi;;. cm

■ Cout;iiirc!.se. — Camée.

Les méd.\illes. — L'art de graver les médailles est une branche de la sculpture, car une médaille n'est en réalité qu'un bas-relief de dimension très-restreinte. Pendant très-longtemps les monnaies n'ont représenté que des emblèmes extrêmement simples, tels que la tortue sur les monnaies d'Kgine (tome I, fig. 437), un bouclier ou une amphore sur les monnaies de Béotie (tome I, fig. 407), une abeille ou une biche sur les monnaies d'Éphèse (tomel, fig. 267), etc. C'est seulement quand l'usage s'introduisit de représenter des têtes de divinités ou des personnages entiers que l'art du graveur parvint à son grand développement, qui a suivi d'ailleurs une marche très-irrégulière. Ainsi certaines médailles de la Grande Grèce, celles que l'on nomme incuses, portent le même type des deux côtés, seulement la gravure apparaît en creux sur une des faces et en relief sur l'autre. Il y a des médailles qui portent d'un côté une figure ou une scène trèscomplète et qui gardent de l'autre un emblème d'une forme extrêmement primitive. Enfin il y en a dont les deux faces sont décorées d'un chef-d'œuvre entièrement différent comme disposition, quoique d'une égale valeur au point de vue de l'art.

Des écoles d'où il sortit des graveurs d'un très-grand talent se formèrent dans différentes villes, mais, par un phénomène bien remarquable et qui est particulier à la gravure en médaille, les villes dont les ateliers monétaires ont produit les plus grands chefs-d'œuvre ne sont pas toujours celles où se sont produits les plus grands sculpteurs ou les plus grands peintres. D'admirables monnaies ont été exécutées dans des villes qui n'ont eu aucune importance dans l'histoire des arts,

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tandis que certaines cités, comme Atliènes, ont eu des écoles de sculpture très-florissanlcs et n "ont eu que des monnaies insignifiantes sous le rapport de l'art. On donne de ce fait plusieurs raisons. D'abord les villes commcn;antes tenaient quelquefois à conserver des vieux types très-imparfaits, mais qui avaient cours dans les pays avec lesquels elles trafiquaient, ensuite le respect traditionnel qui s'attachait souvent à une antique idole ou à un emblème vénéré empêchait qu'on voulût en altérer la forme.

Les villes de la Sicile et de la Grande Grèce sont celles auxquelles on doit les plus belles monnaies. Nous avons fait reproduire les principales dans la première partie de ce travail (tome I, fig. 556 à 600). « L'habitude qui s'introduisit, dit Oltfricd .Muller, de reproduire sur les monnaies le souvenir des victoires remportées, de la'célébration des jeux en l'honneur des dieux, et généralement toutes les circonstances qui se prêtaient à une représentation mythologique, contribuèrent considérablement au progrès de l'art; c'est ainsi que souvent, dans le champ le plus rétréci et le plus borné, une scène pldstique pleine de pensées et d'allusions ingénieuses s'offre à nos regards. i>

Avec la période macédonienne commence un style nouveau pour la gravure. L'image du souverain commence à remplacer en maint endroit celle des divinités locales, et l'art, qui y gagne comme sentiment de vie et de réalité, perd comme pureté de formes et comme beauté plastique. En général, les monnaies des Ptolémées sont inférieures à celles des Sélcucides, qui elles-mêmes le cèdent, sous le rapport de l'art, à celles des rois de Macédoine.

A Rome, les monnaies consulaires sont extrêmement intéressantes comme documenis historiques, mais la plus belle période de l'art en Italie est celle qui s'élond depuis Auguste jusqu'aux princes syriens. De superbes médaillons, qui ne paraissent point avoir été mis en circulation avec une valeur légale, relatent l'histoire ollicielle des empereurs, leurs victoires, les jeux et fêtes publiques par lesquels on a célébré leur avènement. Les pays conquis représentés allégoriquemcnt, les édifices publics exprimés toujours d'une fa(;on très-sommaire, les combats ou les cérémonies religieuses occupent le revers des médailles ou monnaies de cette époque, tandis que le profil de l'empereur apparaît sur la face principale. La décadence de la gravure commence avec les princes syriens et est complète sous Théodosc. Lo dessin, qui, au début, est sec et incorrect, devient tellement informe qu'il est impossible, autrement que par la légende, de distinguer un

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personnage d'un autre. La manière grossière avec laquelle les emblèmes sont traités ajoute encore à la barbarie incroyable de ces représentations.

La gravcre au trait. — Outre les différents genres de gravure dont nous avons déjà parlé, il en est un que tous les peuples anciens

Flg. 683. — Animaux.

paraissent avoir pratiqué, c'est la gravure au trait sur lo métal. Cette gravure n'est pas, comme la gravure en taille-douce des modernes.

l''lg. 084. — Aoimaux.

accompagnée de hachures intérieures : elle n'a aucun modelé et se compose simplement d'un contour extérieur tracé sur le métal avec

Fig. 685. — ADÎtnaux.

une pointe et accusant la forme extérieure des ornements, des feuillages, des animaux, ou dos personnages que Tartiste veut représenter. Ces gravures décorent tantôt des surfaces plates, tantôt des surfaces courbes ; mais les anciens n'ont jamais songé à en tirer des épreuves

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