‹ La vie privée des anciensChapitre 5 sur 30 · DH · texte numérisé non relu

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D Fig. liO. — rlan do la fullonica.

Le manufacturier qui possédait cet établissement a eu l'heureuse

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Fig. 150. — Atrium de la fuUonica.

idée de le faire décorer de peintures qui retracent différentes scènes se rattachant au travail qu'on y exécutait. Dans la ligure 151, nous

LES TISSUS

voyons des ouvriers placés dans des espôces de niches situées près des réservoirs dont nous avons parlé. Dans chacune de ces niches était

l-'ig. 151. — Foulons.

une cuve dans laquelle l'ouvrier a les jambes enfoncées. 11 piétine sur les étoffes placées au fond de la cuve pour en enlever les saletés.

Fig. m — La rullunica.

Une autre opération est représentée sur la fii^urc 152. Ici un ouvrier est occupé à cardor uno élotïo bLinche bord '■(• d'uni- bandelette rouge qui serpente sur les bords. Derrière lui, un autre ouvrier porte

un mannequin d'osier, destiné probablement à faire sécher les étoffes ou à les exposer à une vapeur de soufre. Dans le coin du tableau, une femme assise remet une pièce d'éioiïc à une petite fille debout devant elle, et semble lui donner des instructions.

fig. 153. — Pressoir de la fuUonica.

Le pressoir (fig. 153) diffère peu de ceux qu'on emploie encore aujourd'hui pour des usages analogues. Il est mis en mouvement par une vis serrant l'une contre l'autre deux planches entre lesquelles on mettait les pièces d'étoffes qui devaient être serrées et aplaties.

La teinture. — La tointure des tissus a été pratiquée dès la plus haute antiquité. Elle était une source de richesse pour les villes phéniciennes. Tyr et Sidon, notamment, avaient des teintureries qui occupaient un très-grand nombre d'ouvriers, et les produits de leurs établissements s'exportaient dans toutes les contrées que baigne la Méditerranée.

Pline nous donne quelques renseignements sur la fabrication des teintures de pourpre : « La meilleure pêche des pourpres, dit-il, se fait après le lever de la canicule, ou avant le printemps ; car lorsqu'elles ont rendu l'espèce de cire qu'elles contiennent, leur suc est trop fluide.

LES TISSUS. 127

C'est ce qu'on ignore dans les ateliers de teinture, bien que ce soit un point important. On ôte ensuite à la pourpre la veine dont il a été question, et on y ajoute vingt onces pour chaque quintal. On laisse macérer celte liqueur pendant trois jours; plus elle est nouvelle, plus elle a de force. Ensuite, on la fait bouillir dans des vases de plomb, jusqu'à ce que cent amphores soient réduites à cinquante livres (c'està-dire à un seiziônic environ); après quoi on la recuit dans un fourneau long, à une chaleur modérée. Après avoir écume les chairs qui tenaient aux veines, on procède à l'essai de la liqueur... A cet effet, on y trempe de la laine bien lavée; la couleur qu'on cherche à obtenir est le rouge foncé. On laisse ensuite la laine s'imbiber pendant cinq heures... Le buccin ne s'emploie pas seul, car il se déteindrait; mêlé avec la pourpre marine, il donne cette teinte sombre alliée au brillant de l'écarlate. En employant cinquante livres de laines, deux cents livres de buccin, cent dix livres de pourpre marine, on obtient une très-belle couleur améthyste... La pourpre tyriennc la plus estimée est celle qui a la couleur du sang caillé et qui est noirâtre par réflexion. C'est pourquoi Homère appelle le sang purpurin. »

Un grand nombre de coquillages, qu'on trouve sur plusieurs côtes, fournissaient un suc appelé pourpre ; il y en avait de différentes couleurs. Le plus beau noir se faisait avec les coquilles de l'Ailantiquc ; le plus beau violet avec celles qu'on trouve sur les côtes d'Italie et de Sicile, mais les coquilles de la Phénicie donnaient le rouge ponceau le plus estimé, et les anciens en faisaient tant de cas que le nom de pourpre a été attaché inséparablement à cette couleur. Les étoffes teintes de Tyr, et surtout les tissus de laine, furent dans toute l'antiquité l'objet d'un commerce immense.

Voici ce qu'en dit Aristote : « Les pourpres naissent vers l'époque du printunijjs. Ces animaux se réunissent en groupes compactes, formant une sorte de ruche. Ils construisent cette ruche avec une matière mufiucuse, où se développent leurs petits. Il y a plusieurs espèces de pourpres : les unes sont grandes, comme celles qu'on trouve autour du Sigcum et du Lcctum, les autres petites comme celles qu'on pâche dans l'Euripe et aux environs de la Carie. Celles qui vivent dans les golfes sont grandes et rudes d'aspérités ; la plupart ont un pigmentum ou (leur noire, quelques-unes l'ont rouge et en petite quantité. Celles qui naissent près des côtes sont petites, mais presque toutes à fleur rouge. On les pêche dans la saison où elles construisent leurs ruches. Ou n'en prend pointa l'époque do la canicule; elles se cachent alors.

128 L'IXDUSTRIE.

Leur tissu est. dense et a l'aspect d'une membrane blanche qu'on enlève. Quand on le presse, il teint et colore la main. Ce qui paraît être la fleur {pigmentum) s'y rattache comme une veine, le reste est de matière terreuse. Au moment où les pourpres font leurs ruches, leur fleur est de très-mauvaise qualité. Les petites, on les brise avec leurs coquilles, car il n'est pas aisé de les eu retirer ; quant aux grandes, on retire la coquille pour enlever la fleur. A cet efTet, on sépare l'un de l'autre le cou et le pavot (c'est-à-dire la partie antérieure et la partie postérieure), car la fleur est située entre ces deux organes, au-dessus de ce qu'on appelle le ventre. On a soin de broyer les pourpres vivantes, car dès qu'elles meurent elles rejettent la fleur. C'est pourquoi oa les conserve dans des filets jusqu'à ce qu'on en ait péché une assez grande quantité pour procéder a l'opération. »

Suivant Pollux, les Phéniciens péchaient la pourpre en jetant à la mer de longues cordes auxquelles étaient attachés des paniers en forme de cloche et disposés par rangée. On y attirait l'anima! au moyen d'un appât, et une fois qu'il y était entré, il n'en pouvait plus sortir. On faisait flotter les paniers au moyen de morceaux de liège.

(i On a essayé, dit Pline le Naturaliste, de teindre le lin et de l'asservir, comme les étoITes, aux caprices de la mode. C'est ce qui a été vu pour la première fois dans la flotte d'Alexandre, naviguant sur l'Indus. Ses généraux et ses capitaines voulurent, dans un combat singulier, distinguer leurs vaisseaux par des signes difl'érents, et les rivages s'étonnèrent en voyant ces voiles diversement colorées. Cléopàtre, suivant Antoine à Actium, vint et s'enfuit avec une voile de pourpre. Telle était la distinction du vaisseau amiral. Ensuite, ces voiles teintes furent employées dans les théâtres, seulement pour donner de l'ombre. Q.Catulus en fit le premier cet usage à la dédicace du Capitole. Le premier que l'on cite pour avoir couvert le théâtre de toiles fines est L'^ntulus Spinther, aux jeux ApoUinaires. Après lui, le dictateur César couvrit le Forum entier, la rue Sacrée depuis sa maison, et la descente du Capitule jusqu'au temple; ce qui parut plus magnifique encore que ses combats de gladiateurs. La veille des calendes d'août, Marcellus, fils d'Octavie, sœur d'Auguste, étant édile, sous le onzième consulat de son oncle, fit tendre des toiles sur le Forum; ce n'était pas pour une célébration de fête, mais seulement pour la commodité des plaideurs. Combien les mœurs étaient changées depuis Caion le Censeur, qui aurait voulu que le Forum fût semé de coquilles de murex ! De nos jours, des voiles couleur de ciel, parsemées d'étoiles, ont été tendues

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sur des câbles dans l'amphithéâtre de Néron. Celles qui ombragent nos cours, et qui garantissent la mousse des ardeurs du soleil, sont teintes en rouge. Néanmoins, la couleur blanche a toujours conservé la prééminence ; elle était en honneur dès la guerre de Troie. »

Les dessins des tissus. — Outre les teintures unies, qui étaient applicables à une infinité de nuances diverses, les anciens ont fréquein-

Fig. 154. l'ig- !>«•

Kobes égyptiennes avec dessins ;\ ramafio.

(D'.iptôs des figures du temple do Naga, en Nubie.)

ment employé les tissus enrichis de dessins. Les monuments de l'Egypte et de la Nubie fournissent à cet égard des documents très-nombreux-, les figuros qui décorent les temples ou les hypogées sont vêtues avec des étolTcs rayées, quadrillées, à losanges, semées do fleurs, etc. (fig. \bk et 155).

Malheureusement il n'existe aucun texte ancien pour commenter et expliquer les ligures égyptiennes, en sorte que nous ne connaissons pas exactement le mode de fabrication de ces tissus. L'abscuce complète III. 17

L'IxNDUSTRIE.

de plis peut indiquer une étolTe très-forte, puisqu'elle se tient absolument droite; mais elle pourrait aussi provenir de Tinexpérience des artistes, qui ne savaient peut-être pas rendre les plis en même temps que les dessins de l'étoffe.

Des tissus du même genre, et également pourvus de dessins à grands ramages, apparaissent fréquemment sur les vases grecs, et ne sont pas davantage pourvus de plis; au reste, nous sommes porté à croire que parmi les costumes représentés sur les vases, il y en a un grand nombre qui appartiennent à l'Orient, ou qui en sont au moins originaires. Pour les vêtements étoiles, rayés et à grands ramages, nous renverrons aux figures 355 et 356, qui ont paru dans le tome 11.

Les costumes grecs sont en général plus simples, et le dessin de l'étoffe consiste généralement en une simple bordure. Nous n'avons pas du reste à nous étendre ici sur le dessin des tissus dont nous avons déjà présenté un grand nombre de modèles dans notre chapitre sur le costume.

La broderie. — C'est dans les monuments égyptiens qu'il faut chercher les plus anciens documents sur la broderie. Non-seulement

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Fig. 156. — Broderie égyplieuac.

on voit des broderies sur les peintures, mais nos collections en renferment plusieurs qui sont encore existantes.

Pendant l'expédition d'Egypte, une tunique trouvée dans les tombeaux de Saqqarah a été apportée en France par le général Heynier; elle a fait ensuite partie de la bibliothèque de l'instiiut. Cette tunique.

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d'un tissu trôs-fin, parait avoir appartenu à un personnage de distinction. Elle est enricliic de broderies de diverses couleurs, qui ornent le

Fig. 157. — Broderie égyptienne.

col, les manches, et la partie inférieure du vêtement. Ces ornements sont reproduits sur les figures 156 et 157.

Les monuments assyriens nous montrent également des broderies

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