‹ La vie privée des anciensChapitre 6 sur 30 · I-'ig. 158. — litoiru» brodées · texte numérisé non relu

I-'ig. 158. — litoiru» brodées

(Uoi d'Assyrio.)

h rosaces et à franges. La' figure 158, (pii représente un roi d'Assyrie.on montre un exemple très-intéressant.

La tapisserie. — Depuis les temps les plus reculés, on a fabriqué en Orient des tapisseries qui se suspendaient le long des murailles pour décorer les appartements, ou bien qui s'accrochaient d'une colonne à

L'I.\DCSTRIE.

l'autre, pour séparer une grande salle en plusieurs compartiments et faire l'office de nos cloisons légères. Les tapisseries se mettaient également devant l'ouverture des portes et pouvaient se relever en rideaux, comme nous l'avons montré tome II, fig. 652. L'usage des tapisseries s'est conserve pendant toute l'antiquité. Babylone, Ecbatane, Tyr et Sidon faisaient dans ce genre des ouvrages extrêmement renommés.

Malheureusement il est souvent trèsdifficile de voir, dans les quelques mots que nous ont laissés les auteurs anciens, s'il s'agit d'une véritable tapisserie, d'un tapis, ou même d'un tissu brodé.

Les procédés divers de la fabrication ne sont décrits nulle part, en sorte qu'on en est réduit, pour ce fait, aux conjectures.

Le premier tapis fut sans aucun doute une peau de bête encore revêtue de sa toison ; mais dès qu'on eut connaissance de la navette, on acquit très-promptement le goût des tissus diversement colorés, et les tapis de pied, aussi bien que les tentures, doivent avoir été employés antérieurement peut-être aux véritables meubles. Nous voyons encore aujourd'hui des populations nomades, vivant sous la tente, et n'ayant aucune notion de l'architecture et du mobilier, posséder et fabriquer eux-mêmes des tapis et des tentures.

« L'Egypte, comme l'Inde, dit M. W.

Chocqueel dans son Essai sur l'histoire des tapisseries cl tapis, dut de bonne heure exceller dans la fabrication de ces utiles tissus de laine. Le goût de ces deux pays a des caractères de ressemblance ; il y a des dessins de galons et de broderies de l'Egypte ancienne qui ne diffèrent presque pas des dessins de l'Inde moderne. (La figure 159 nous montre une robe assyrienne avec un galon dans le bas.) Mais il ne semble pas qu'on ait trouvé dans les hypogées et dans les tombeaux d'étoffes analogues à nos tissus de tapis qui puissent nous donner une idée de ce qu'étaient ces tapis

Fig. 159. — Broderie et franges.

( D'après un monument assyrien. )

LES Tisses. 133

archaïques. Nous voyons toutefois que les Égyptiens d'il y a trois mille ans savaient déjà faire des peluches. Ils pouvaient donc faire des tapis veloutés. Le tapis d'Orient, dans sa plus haute antiquité, fut même peut-être une sorte de velours grossier formé par des mèches nouées une à une sur la chaîne; ou du moins il dut y avoir des tapis veloutés dès les premiers temps de la fabrication. On voit dans Aristophane que les Grecs faisaient venir d'Ecbatane, en Médie, des draps d'hiver couverts de gros flocons. Sur les plateaux élevés de l'Asie, en Perse, par exemple, ces draps et ces tapis velus ont dft être nécessaires de tout temps, comme ils le sont encore aujourd'hui. »

Les anciennes tentures de l'Orient paraissent avoir surtout représenté des animaux réels ou fantastiques, des plantes, des fleurs ou des ornements de divers genres. On considère aujourd'hui les longues files d'animaux qu'on voit défiler sur les vases de style primitif comme des imitations du système de décoration employé dans les tentures. La fable de Minerve et d'Arachné, rapportée dans Ovide, semble faire allusion à une lutte industrielle qui aurait eu lieu entre les fabriques de la Grèce propre, personnifiée dans Minerve, et celles de l'Asie Mineure, personnifiées par Arachné. En tout cas, le poëte donne à ce sujet une description extrêmement curieuse des grandes tapisseries à personnages :

(( Les voilà l'une et l'autre, dit Ovide, qui préparent leurs ouvrages, disposent leurs toiles et les mettent sur le métier. Déjà la navette court avec une agilité incroyable, et à chaque fois qu'elle passe à travers des fils, elles ont soin de les resserrer avec cette espèce de peigne d'ivoire dont on se sert dans cette sorte d'ouvrage. Elles travaillent l'une et l'autre avec une adresse et une légèreté admirables, et l'envie qu'elles ont de se surpasser les empêche de ressentir la peine que leur donne une gênante application. L'union des plus belles couleurs formait sur leur toile un mélange si agréable des bruns et des clairs, et les nuances en étaient si délicates et si déliées, qu'on aurait pu les comparer à celles do l'arc-cn-ciel. Imaginez-vous l'effet des rayons du soleil, lorsqu'ils sont réfléchis par les petites gouttes d'eau douce qui leur sont opposées; on y voit à la vérité différentes couleurs, mais il n'est pas possible de discerner comment on passe d'une couleur à l'autre; celles qui se touchent immédiatement paraissent être les mômes; cependant il y a une très-grande différence entre la première et la dernière.

« Telle était la délicatesse de leurs ouvrages; l'or y était mêlé avec

134 L'INDUSTRIE

la soie d'une manière tout à fait ingénieuse. Cependant, pour les rendre encore plus parfaits, elles y tracèrent chacune d'anciennes histoires. Minerve représenta dans le sien cette roche antique, qu'on voyait dans l'Aréopage, à Athènes, avec l'histoire du différend qu'elle eut avec Neptune, au sujet du nom qu'on devait donner à cette ville. On y voyait les douze grands dieux assis sur leurs trônes, avec cette majesté qui les accompagne, et Jupiter au milieu... En outre, elle traça en petit, mais pourtant d'une manière fort distincte, dans les quatre coins de son ouvrage, l'histoire de quatre sortes de combats... Minerve forma ensuite la bordure de son ouvrage de branches d'olivier entrelacées les unes dans les autres. Tel était le dessin de ce chef-d'œuvre, que la déesse avait voulu finir en y employant l'arbre qui lai était consacré.

« Arachné, de son côté, représenta sur la toile Europe séduite par Jupiter sous la figure d'un taureau. L'ouvrage était si fini, que vous auriez cru y voir en effet un véritable taureau et une vraie mer dans laquelle il nageait. Arachné représente aussi Astérie dans les serres d'un aigle vainqueur, Léda reposant sous les ailes d'un cygne, Jupiter caché sous la forme d'un satyre pour approcher d'Antiope, ou sous celle d'Amphitryon pour séduire Alcmène. Elle le peint changé en pluie d'or pour tromper Danaé, en feu pour gagner la fille d'Asopus, en berger pour triompher de Mnémosync, en serpent pour ravir Proserpine. Elle montre également Neptune prenant la forme d'un bélier quand il est près de Bisaltis et d'un cheval quand il est près de Cérès. Toutes les maîtresses des dieux étaient peintes si au naturel, qu'à leur habillement et à l'air de leur visage il était aisé de les reconnaître aussi bien que le pays où elles avaient pris naissance. Dans le même ouvrage on voyait encore Apollon approchant de la fille de Macarée sous la forme d'un berger, et Bacchus se changeant en grappe de raisin pour plaire à Érigone. Des feuilles de lierre, entrelacées les unes dans les autres avec beaucoup d'art, formaient la bordure de cette belle tapisserie. »

LA CÉRAMIQUE

La kabuication. — Les potepies égyptiennes. — Les potehies

BABYLONIENNES. — LeS POTERIES GRECQUES. — LeS POTERIES ÉTRl'SQUES.

Les POTERIES romaines. — Les poteries barrares. Les terres cuites.

La fabrication. — Les tombeaux de Thèbcs et do Beni-Hassan nous révèlent les procédés de fabrication des potiers. L'argile se pétrissait avec les piedsjus([u a ce qu'elle arrivât à point; on en prenait alors un morceau qu'on façonnait avec la main avant de le mettre sur le

l'ig. 100. — I'abricatn>n des poteries.

(D'après uq6 peinture de Beni-H.is8.in,)

tour, et pendant la rotation les doigts lui imprinuiient des formes diverses. Les anses se mettaient après coup, et on trarait les légendes et les ornements avec un instrument de bois ou de métal.

Uô

Fig. im. — l'rtbncaliou das putories.

(D'après uno pointure tlo BoDi-lIassan.)

Un atolior de potiers est représenlé nu grand complot dans les pointures qui décorent les hypogées de Bcni-llassan. On voit d'abord

les ouvriers qui impriment aux vases des formes diverses en maniant la terre glaise qui est posée sur des espèces de socles circulaires tournants (flg. 160). L'un façonne avec ses doigts l'intérieur et un autre l'extérieur d'un vase qui tourne sur son socle; un troisième est occupé

Fij. 102. — Fabrication des poteries.

(D'après une peinture de Beni-Hassan.)

à en denteler la base; près d'eux sont des coupes déjà faites et d'autres en préparation (fig. 161). Plus loin, un ouvrier forme avec ses deux mains une dalle ronde en argile ; devant lui on remue l'intérieur d'un four dont la flamme sort par le haut (lig. 1G2). Puis un

Fig. 163. — Fabnc.-ition des poteries.

(D'après une pointure do Bcni-Uassan.)

ouvrier passe des pots à son camarade pour qu'il les pose sur le four à cuire, et un autre emporte ceux qui sont déjà cuits (Gg. 163).

Sur un autre monument nous voyons (fig. 16/|) des ouvriers occupés à la confection des vases. L'un d'eux, assis sur une chaise d'artisan comme celle que nous avons reproduite en parlant du mobilier (tome 11,

LA CÉRAMIQUE

fig. 592) tient un ciseau avec lequel il paraît en train de tracer un filet en creux sur un vase placé devant lui. Un autre pétrit sa terre et arrondit son pot avec la main; un troisième emporte un vase terminé.

h'it;. 104. — Guiiiot-tum dus \ases.

(D'après une peinture égyptionno.)

Plusieurs monuments grecs ou romains, notamment des pierres gravées, nous montrent des artisans se livrant à une occupation du même genre. Sur la figure 1G5 on voit un sculpteur en train de faire les cannelures en spirale qui décorent la base d'un pot d'assez grande diracn-

Fig. lOJ. — Confoclion d'un v.iso.

Fig. ICO. — Polior.

sion et pourvu de doux anses. Celui-ci tient un marteau dans la raain droite. L'outilkigo était doue dilTércnt de celui qui était employé en Egypte, car l'artisan égyptien qu<^ nous avons vu représenté sur la figure 16/i frappe sur .son ciseau avec une simple pierre plate et ne fait pas usagi" (lu marteau.

L'INDUSTRIE

Le personnage que nous voyons représenté sur la figure 166 est en train d'étaler sa couleur sur un petit vase qu'il tient à la main. Aussi

loin que Ton veuille remonter dans l'antiquité on trouve toujours des poteries colorées. On se servait, pour étaler la couleur, de pinceaux qui ne semblent pas très-différents par leur forme de ceux que nous employons aujourd'hui. On ne voit pas sur cette représentation le récipient dans lequel le peintre puise sa couleur. La figure 167 nous montre un de ces récipients dans lequel on a représenté le pinceau; comme il est de forme arrondie à la base, on l'a placé sur un petit appareil destiné à le maintenir dans la station verticale.

Quand le vase est coloré, il n'est pas complètement terminé pour cela.

11 faut encore lui donner du lustre, c'est-à-dire le vernir. C'est cette opération que nous voyons représentée sur la figure 168. L'artisan tient ici deux pinceaux, un pour chaque main, et il emploie les deux à la fois. Le pot qu'il est en train de vernir est placé au-dessus d'un fourneau , ce qui semblerait prouver qu'une assez forte chaleur était jugée nécessaire pour le vernissage d'un vase.

Des divinités spéciales avaient pour mission de veiller à la cuisson et à la fabrication des vases, et les rapsodes composaient des chants en leur honneur. L'épigramme homérique sur la terre à potier nous montre qu'on pratiquait déjà le chantage dès une haute

antiquité : « Accorde-moi une récompense, ô potier, et je ferai entendre mes chants. Viens en ces lieux. Minerve; protège ces fourneaux de ta main puissante. Fais que les vases et les corbeilles se colorent d'une teinte brunâtre, qu'ils cuisent à point, qu'ils se vendent bien, qu'ils

Fig. i67. — Récipient i couleur.

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