L.V CÉRAMlOUt:. IGl
sont d'une faljricaiioii po-^térifiiire et appartiennent généralement à la ■^landu époque de l'an. Les plus anciens vases où /a figure humaine apparaisse semblent remonter au vu" siècle avant notre ère. Dans cette première période, les figures sont ternes, mais plus tard ce noir devient brillant et se détache sur un fond rouge ou jaune, mais plus ordinairement rouge. Les principaux muscles et les plis des draperies sont généralement gravés avec la pointe.
" Les ycii\ des hommes, dit M. de Witte, sont ordinairement indiqués d'une autre m init'ie (|ue les yeux des femmes. Ceux des hommes
Fig. *2 IS. — Vaso poiut à it>{urcs noiros.
sont gravés au trait sous forme d'étoile, tandis (juir les yeux des femmes sont allongés et taillés en amande avec le fond blanc et la pupille noire et souvent rouge. Les contours dans les corps des hommes «ont plus anguleux, plus prononcés que dans, les corps des femmes, oii l'on irouve des formes plus arrondies. Aussi Pline, en parlant de l'origine de la piintiiri', dit que l'Athénien Lumarus réussit le premier ;i distinguer les deux sexe.i » (lig. 209 cl 210). « Les pointures qui décorent les vases, ajoute le même auteur, représentent presiiuo toutes les scènes mythologiques empruntées aux croyances religieuses des (îrecs. du y trouve toutes les divinités honorées dans les divers |)ays oii pénétra la eivilisation hellénique. Les sujets bachiques sont les plus nombreux; puis viennent les travaux d'Ilerrulo (fig. 211); les scènes de la guerre m. »
L l>iDUSTRlE.
de Troie forment une série très-considérable (fig. 212). Les compositions empruntées à l'histoire sont jusqu'à ce jour en très-petit nombre. Les cérémonies religieuses sont quelquefois représentées sur les vases. Les jeux gymnastiqiies, les sujets de noces, les repas, les combats, les chasses y sont fréquemment figurés. Il y a aussi quelques compositions empruntées au théâtre. Quant aux scènes de la vie civile, celles
Fig. S09. — Vaso pe.nt a ligures noires.
qui ont rapport aux usages, aux mœurs, aux habitudes, le nombre en est assez limité, car souvent c'est faute d'en saisir le véritable sens qu'on écarte ces sortes de sujets de la série des représentations mythologiques. 11 y a des vases où l'on voit des scènes de danse, de musique, de bain, de toilette, de chasse, de pêche ; d'autres qui montrent des jeux, des femmes occupées à leurs ouvrages, etc. Quant aux sujets funèbres, à quelques rares exceptions près, tous appartiennent à la dernière période de l'an de poindre les vases. Il en est de même des
LA CÉRAMIQUE
nombreux vases mystiques qu'on découvre par masses dans les tombeaux de la Grande-Grèce. »
Les vases à figures routées (fig. 213) sont trùs-raremcnt de style nrrhaïque; c'est ce qui a fait penser qu'ils sont en général d'une fa- Ijrication postérieure. Mais pour la plupart des vases qui sont dans nos
Fig. 210 — V.180 point A (i,'urcs noires.
musées, il est bien diflirile de leur assigner luw (i;ite, même approxiuiative.
Nous avons déjà parlé (tome 1", page 335) do l'emploi des vases funèbres, et nous avons montré (tome II, jiage O.")) comment on pouvait classer les Viises destinés au service de la table. Il existe aussi un trèsgrand nombre de vases dont l'usage est assez difTicilc à déterminer. I.e soin apporté à leur fabrication peut faire supposer que beaucoup <rentre eux pouvaient être simplement des objets de luxe avec lesquels on décorait b-s np[)arlements, comme on le fait aujourd'bui avec les vases de Sôvres et autres pièces d'un grand prix.
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L'KNDIjSTI'.IE.
La forme de ces poteries est extrêmement variée : il y en a de très-simples et d'autres très-compliquées. La grandeur en est aussi très-diverse, car il y en a dont la hauteur dépasse un mètre et d'autres qui ne dépassent pas cinq centimètres. La plupart sont simplement décorées de peintures, mais il y en a aussi qui sont sculptées, en même temps que peintes, et quelques-unes, comme celle qui est représentée sur la figure 21/1, pourraient être classées dans la statuaire aussi bien que dans les poteries. Mais ces vases sculptés sont en général d'une date posté-
Flg. *2ll. — Coiiib;it d'iljrculo et de Neréo.
rieurc, ci quelques-uns. bien que leur nioJe de fabrication appartienne encore à la Grèce, ne remontent pas plus haut que l'époque romaine. Ceux de la dernière époque présentent assez souvent un caractère grotesque (fig. 215). C'est ainsi que dans une épigramme de Martial nous voyons un pot se plaindre de la forme qui lui a été donnée: « Le potier dit-il, me donne le visage d'un Germain aux cheveux roux ; si je ne suis pour toi qu'un objet de risée, je suis la terreur des enfants. » Si le poëte était venu au niondi^ un peu plus tard, il n'aurait pas trouvé que les barbares fussent un objet de risée. Le vase représenté sur la figure 215 répond assez bien à la description de Maniai.
Plusieurs vases sont formés par deux tètes adossées; une poterie
LA CÉKAMIQUE.
liouvéc dans l'îlo trÉgine oppose l'une à Tautre les races différentes qui se rencontraient dans les contrées maritimes. L'artiste a précisé trèsnettement le caractère particulier au type africain, dont les grosses lèvres et le front fuyant contrastent avec les traits réguliers et bien pondérés de la jeune fille grecque, à laquelle le nègre est adossé.
C'est surtout dans les rhytons et les vases de forme singulière qu'on trouve la peinture unie à la sculpture. Nous avons déjà parlé de l'usage des rhytons (tome II, page lOG). Nous n'avons donc pas à y re ve-
Fig. 'H'i. — Lo dt-'part do l'nuili.
nir ici, mais nous reproduisons trois rhytons, l'un h tête de chimère (fig. 216), le second à tête de bélier (fig. 217), et le troisième à tôtc de bœuf (fig. 218).
Les vases trouvés en Grèce ne sont pas encore très-nombreux, surtout si on les compare h ceux qui ont été trouvés on Italie, mais ils .'ippartiennent à la même fjhricnlion. Nous reproduisons, d'après les travaux de MM. A. J.icqiicmiiri e( A. numoiit, la liste des potière grecs d<int le nom est parvenu jusqu'à nous :
/Enadis, peintre; Alsimos, peintre; Ainasis, potier et peintre; Ana~ dès, potier ; Andocidis. — Nous possédons au Louvre un superbe vase portant le nom de ce potier. Il est fait avec une terre d'un grain trèslin et couverte d une engohe d'un beau poli. La face principale du
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vase représente des amazones se livrant à leurs exercices ; outre la valeur artistique de ces figures, on y trouve les renseignemonts K's plus curieux sur l'histoire du costume, et nous y avons fait, ici même, plusieurs emprunts (tome II, fig. 364 et 365). L"envors du vnse représente une scène d'un tout autre genre : ce sont des femmes au bain s'exerçant à la natation, sujet très-rare, quoiqu'il ne soit pas unique dans la céramique grecque. Les frises et les anses sont ornées de palmettes et de guirlandes de lierre en noir, tracées sur fond rouge.
Fig. 213. — Vaso a ligures rouges.
Arachioii, fils d'IIermoclès, potier; Archèchles, potier; Archonidas, potier; Aristophane, peintre; Astcas, peintre; Cép/w/os, potier; Cachrylim, potier ; Chacrestrate, potier ; Chares. — Les ouvrages de ce potier ont été découverts dans la Grèce propre, où il avait sans doute sa fabrique. Cliaritcus, potier; Chxlis. — On a découvert en Italie et dans la Grèce propre des vases portant le nom de ce pouer, et qui paraissent se rattacher à la même fabrication. Chiron. — Lo vase qui porte ce nom a été découvert en Grèce, mais sa conservation, suivant !\L Albert Dûment, n'est pas sullisanle pour qu'on en puisse rien afllrmer avec certitude. Cholcos, potier; Clèophradis, potier; Clilias, peintre; Deiniadcs,
LA CÉRAMIQUE
potior; Doris, peintre; Èpictctc. — Les ouvrages de ce céramiste ont été trouvés en Étrurie, cnCampanie et même en Crimée. On n'en a pas encore découvert en Grèce, mais on suppose qu"il y avait sa fabrique. Epilimns, |)Otier ; Er{/inus, potier ; Ergolimos. — Des vases portant ce nom et présentant la même fabrication ont été trouvés en Italie et dans la Grèce propre. Ergotimos travaillait en Grèce ; Exekias, potier et peintre; Euchéros, fils d'Ergotimos, peintre, travaillait en Grèce, proba-
Kig. 214. — \a:»u uu turiuu Uu U;iv.
blcmcnt dans la fabrique de son père. Eullujmùle, peintre ; Euonymos, peintre; Euphronius, potier et peintre; Euxillieus, potier; Glaucytts, potier; Hector, peintre ; Ilàjias, peintre, travaillait en Grèce ; Iknnxus, potier; llcrmogtnes, potier. — Une coupe du Louvre, décorée de palmcttes, porte son nom. //iVro», potier. — Un vase du Louvre, représentant d'un côté Achille d;ins sa tente, de l'autre A^'aniemuon oniiuenant Briséis, provient ilr la l'abriiiuc de Iliéron. Hiliiiiis, potier, travaillait en Grèce. Ses vases sont à ligures rouges, [fippœiliimus, [ic'iniw ; llisfliilus, potier; //!/;)4(4-, peintre ; Lrtii'mos, peintre; Mikadas, potier; Mulias, potier:
L'INDUSTRIE
Naucydès, potier; Néandre, potier; Nearchos, travaillait en Grèce. — Vases à figures noires ; Nicosth'rne^. — Les va^es de Nicoslhôncs ont
Fig. 21."). — \',is.' en forme de tùte.
été découverts en Italie et en Grèce. Cotte fabrique était extrêmement célèbre. Voici ce qu'en dit M. de Witle, à propos dos ouvrages conser-
Fig'. 216. — RhytuD à tùte do chimiiro.
Fig. 217. — Rhyton fi lùto do beliur.
vés au Louvre : « Les vases et les coupes de la fabrique de Nicosihènes, qui ont été classés séparément dans cette immense collection, constituent une des plus intéressantes séries pour l'étude des fabriques. Nicostliènes a fait un 2;rnnd nombre de vases; presque tous ceux (juL
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font partie de la collection se distinguent par une forme particulière; ce sont de petites amphores garnies d'anses larges et plates. Les anses, aussi bien que la panse du vase, sont elles-mêmes enrichies de peintures. Le plus grand nombre de vases qui portent la signature de Nicosthônes, connus jusqu'à ce jour, sont à peintures noires sur fond rouge. 11 y en a pourtant ù peintures rouges, et d'autres ont des peinlures blanches appliquées sur le fond noir. Et, comme on trouve également des vases à reliefs en terre noire de travail étrusque, ayant la l'orme exacte des petites amphores signées par Nicosthèncs, plusieurs
Fig. 218. — Khylon à tèlo do lioeuf.
ariliéologues italiens ont été portés à admettre une fabrique locale et loute particulière de ces amphores à anses pkiles. Cette fabrique aurait <luré plusieurs siècles; il y aurait eu d':ibord des vases noirs avec ou sans reliefs, d'autres à peintures noires, rougos ou blanches sur fond noir. Ce sont les vases à figures d'hommes ou d'animaux, noires, rouges ou blanches, ou simplement décorés de palmettes, qui portent seuls le nom de Nicosthènes. »
Parmi les vases du Louvre qui portent la signature de Nicosthènes ou qui sont considérés comme sortant de sa fabrique, plusieurs sont décorés de sujets mythologiques : Combat de Thésée contre une Amazone, entre deux sphinx; — Lutte dUrrcule contre le lion de ^'cmrc: — Dnnse bachique; — Hmniiin de diinnilis ; — Unie portant son pbr Anchise. On y trouve égalemcni drs cavaliers, des lutteurs, des courses ù cheval et à pied, des cerfs, des lions, etc.