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nant. la frise présente des vases et des iustruraenls sacrés. On trouve des corniches corinthiennes qui n'ont point de larmier, comme au temple de la Paix, au Cotisée et à l'arc des Lions, à Vérone. Il en est où l'on a mis deux quarts de rond taillés d'oves, l'un sous le denticule l'autre au-dessus, ainsi qu'on en a un exemple au temple de la Paix. Il y en a où l'ove est sous le denticule, le grand talon étant au-dessus comme aux trois colonnes du Vatican. Quelques-uns, comme au Panthéon, au temple de Fausiineet à celui de la Sibylle, n'ont point de denticules taillés; cela est suivant le précepte de Vitruvc. On voit des niches corinthiennes sans modillons : telles sont celles des temph
«s L'ARCHITECTURE.
la Sibylle, de Fausiine e( du portique de Septiuiius. Le frontispice do Néroo présente des modillons carrés à plusieurs faces. Les espaces carrés entre' les modillons sont ornés de rosaces trës-saiUantes et assez diverses. Le larmier, quand il existe, est tout lisse ou rehaussé de canaux et même de méaadres. 11 est rare que les moulures de la corniche soient simplement profilées; elles sont presque toujours taillées d'oves, de feuillages ou de raies-de-cœur. »
On a donné le nom d'ordre composite à une variété de l'ordre corinthien ; mais depuis longtemps on a cessé de considérer le composite comme UQ ordre spécial. L'arc de Titus peut servir de type pour le composite. Les feuilles du chapiteau sont d'acanthe, et les volutes angulaires, qui rentrent dans le vase du chapiteau, sont ornées sur les côtés d'un rinceau parti du fleuron qui est au milieu du tailloir.
On retrouve dans d'autres monuments des chapiteaux dont la décoration est un mélange do corinthien et d'ionique, comme il y en a où l'on voit, parmi les feuiUages, des trophées, des aigles (fig. 577), des
masques d'hommes, des poissons, des têtes de bœufs, etc. Mais un changement dans la décoration ornementale du chapiteau ne saurait constituer un ordre spécial.
On remarquera seulement que toutes ces fantaisies, qui se sont introduites peu à peu dans le chapiteau corinthien, s'éloignent de plus en plus du type primitif, pour se rapprocher insensiblement des modèles dont se sont inspirés les architectes pendant la première partie du moyen âge.
Gomme l'apparence des monuments romains est empruntée à l'art grec, on en conclut habituellement que les Romains n'ont rien inventé et qu'ils n'ont fait qu'imiter les Grecs. C'est une double erreur : l'art grec n'existe qu'à la condition d'être logique, c'est-à-dire d'unir dans une même pensée l'apparence et la réalité, tandis que Tart romain garde son génie propre dans la construction et n'emprunte sa parure aux Grecs qu'en la transformant selon ses besoins. L'art grec subsiste dans les monuments religieux des Romains; mais, dans les monuments civils, c'est-à-dire dans ceux qui constituent en propre j' architecture romaine, il s'efface absolument puisque son principe disparaît.
L'arcade romaine est essentiellement liée au pied-droit, qu'il soit accompagné ou non d'une colonne à titre d'ornement.
On commettrait une grande injustice en jugeant l'architecture romaine d'après les temples, puisque dans les monuments religieux, ils se sont tenus à peu de chose près au maintien d'une tradition dont il faut chercher l'origine en Grèce. Mais les édifices romains destinés à des usages civils resteront toujours comme d'admirables modèles, qui n'ont pas leur équivalent ailleurs. Si on peut blâmer, en principe, la superposition des ordres dans les monuments à plusieurs étages, on ne peut nier du moins que cette superposition n'ait été faite avec une grande logique et un goût souvent exquis. En plaçant en bas les pesantes constructions doriques, et en haut les motifs plus légers de l'ordre corinthien, les Romains ont trouvé le meilleur usage qu'on pût faire des colonnes grecques employées comme décoration.
La décoration. — La peinture décorative doit être envisagée surtout sous le rapport des convenances, c'est-à-dire du lien qui la rattache à l édifice qu'elle décore, et nous sommes forcés de convenir que nos idées à ce sujet sont complètement différentes de celles des Grecs, m. 58
ihS L-ARCUITECTURC.
^os peintres, .lorsqu'OD les appelle pour prêter leur concours à la décoration (l'un monument, ne manquent jamais de se récrier contre l'architecte qui n'a pas distribué la lumière à leur gré, ou qui leur a dooné des surfaces trop restreintes ou des panneaux trop élevés, de sorte qu'à les entendre on est tenté de se demander si c'est la peinture qui a mission de faire valoir l'édifice, ou bien si c'est l'édiQce qui a
mission do faire valoir la peinture. Cet antagonisme n'avait jamais lieu plKir^f, parce que la peinture n'était pas considérée comme un art |>linMnt>nt imitatif, mats bien plutôt comme un art décoratif, relevant vlo l'architecture, et se servant de l'irailation comme un moyen et non OHttino un but.
tM anciens ne faisaient pas de plafonds à sujet. Le peintre n'était Jmk- p«» dans la nécessité de placer au-dessus de la tète des spectatvHii'^uu itujvt coni;u comme un tableau ordinaire, ce qui implique
l'absiirdi-, ou dn faire plafimnor sa composilion en nionirant ses figures en raccourci et vues par la planle des pieds, ce qui est rarement heureux. Primilivpmenl les caissons des plafonds recevaient une décoration purement ornemeniale, des étoiles, par exemple. Plus tard Pausias
de Sicjone imagina d'y peindre des oiseaux, des fleurs ou des petites Hgures isolées, qu'il était facile de voir au premier coup d'ceil, et qui n'avaient aucune prétention à produire l'illusion d'un sujet.
Un autre point important à constater dans le système décoratif des anciens, c'est la division en compartiments.
Les plafonds étaient décorés d'apràs le système ornemental que nous appelons arabesques. C'étaient des rinceaux de feuillages, des
méandres distribués le long des poutres. Les caissons offraient des étoiles, des rosaces, et plus tard des masques, des têtes ou des figures isolées. La décoration des caissons par des peintures ou des sculptures
Fig. u».
peintes se retrouve dans toute l'aotiquité, depuis les monuments d'Athènes jusqu'à ceux de Baaibeck et de Palm^te.
Il nous reste malheureusement bien peu de plafonds antiques, par la raison que les maisons sont toutes effondrées ; mais nous pouvons nous en faire une idée approximative, au moins quant à la disposition.
Fig. 581.
par une décoration analogue qui se retrouve sur quelques murailles verticales. La figure 578, par exemple, nous offre dans chaque compartiment soit un petit enfant tenant un emblème, soit un oiseau ou une fleur. Dans la figure 579, un enfant ailé alterne avec une femme à demi nue, et toujours des fleurs s'échappent des angles, au centre desquels parait une rosace qui se relie à la suivante par une tige feuil-
lue. Il est bon de noter aussi que ces petites figures sont toujours placées diagonalement, cie manière à rompre les lignes du carré qu'elles sont chargées de décorer.
Les anciens ont trouvé dans leurs arabesques un thème inépuisable de fantaisies délicieuses. Le règne végétal s'y mêle à des représenta-^ lions d'animaux réels ou fantastiques. Les couleurs, toujours très-vives, ne sont jamais disparates, et la forme, toujours élégante, cherche les combinaisons décoratives les plus agréables pour l'œil. Ici (fig. 580), ce
tig. 582. — Peinture décorative.
sont des bœufs ou des chevaux qui courent parmi les enroulements de feuillages, et alternent avec des fleurs d'une dimension impossible. Plus loin (fig. 581)^ ce sont des chevaux ailés dont la croupe se termine eu tiges de plantes ou en larges feuilles, et qui surgissent de chaque côté d'une petite Psyché aux ailes de papillon.
Le mélange des oiseaux avec les guirlandes de feuillages et les rinceaux est très-fréquent sur les peintures décoratives de Pompéi. La figure 582 en offre un modèle d'une rare élégance. Sur la figure 583, les oiseaux ne sont plus posés sur une guirlande, mais sur de frôles tiges de plantes qui s'enroulent en laissant échapper des feuilles et viennent ensuite se rejoindre au centre.
Voici, figure 584, une décoration ornementale d'une conception assez bizarre, mais d'une grâce exquise par la disposition des lignes. Sur une feuille de nénufar, ou de plante aquatique, un rat, la queue
en l'air, guette un papillon placé sur une autre feuille et, en face d'eux, un serpent à gros ventre se dresse sur sa queue et semble regarder ce
WrO ^^K.^
Vi^» Ô6J. — remturo decoralivc.
qui va se passer. Tout cela est supporté par des rinceaux qui s'enroulent en laissant échapper des fleurs ou des feuillages.
Les chèvres et les cerfs bondissent à travers les enroulements du feuillage (fig. 585, 586) ou bien sous les festons de vignes chargées de
Fig. 584, — Peinturo décorative.
raisin : les paons, les oiseaux aquatiques jouent parmi les pampres. Les centaures, les sphinx, les griffons, les tritons et les sirènes, se mêlent aux enroulements du feuillage et se combinent avec les masques tragiques ou comiques, les enfants montés sur des dauphins. Les lions (fig. 587, 588), les cerfs, les hippocampes et les ichthyocentaures cou-
LARCHITECTCRE ROMAINE.
rent à travers les rinceaux qui les enlacent, et mille fleurs étranges, roses imaginaires, convolvulus fantastiques, s'échappent de tiges bizarrement contournées (flg. 589, 590, 591, 592). Des colonnes de verdure grimpent le long des murailles, les insectes et les petits oiseaux
Fig. ÔS5.
ing. ôôtf.
Peintures tfécoraUvw.
se posent sur les branches légères qui s'en échappent discrètement, des poissons, accrochés par des rubans, pendent aux détails de l'ornement, des amours et des danseuses d'un dessin charmant s'encadrent dans de gracieux losanges.
La peinture d'architecture et d'ornement tient une place plus importante encore que les paysages ou les sujets mythologiques. Mais ce mot d'architecture ne doit pas tromper le lecteur; il ne s'agit nullement
Fig. 581.
Fig. 588.
Peintures décoratÎTes.
ici de représentations de monuments réels. Ce sont des colonnades fantastiques, des palais d'une construction impossible, et qui ne peuvent exister qu'en rêve; des fleurs, des arabesques, des guirlandes, mêlées à de minces colonnettes d'or toutes enrubanées, des plantes grimpantes avec des oiseaux et des papillons qui volent autour, des danseuses et au milieu de tout cela un peuple de griffons pour décorer
les angles, de sphiax pour former les supports, de peUts amours pour courir dans les frises, des lions et des cerfs courant à U'avers les rinceaux, des figures assises sur le calice des fleurs, tout un monde imaginaire inventé pour le plaisir des yeux, où rien n'est logique, où rien n'est possible, mais où tout est absurbe et charmant. L'ornement pom-
péien, condamné par le classique Vitruve, attaqué comme un non-sens par une foule de critiques, sera toujours étudié par les décorateurs amis de la fantaisie et reste comme un des types du génie antique, bien moins raids et guindé que ne le prétendent les puristes.
Ces gracieuses conceptions, qui se reliaient souvent à des colon-
nettes fantastiques (lig. 593), appartiennent surtout à lepoque d'Auguste, mais, à cette époque même, ce genre de décoration arait trouvé des détracteurs qui voyaient là une décadence de l'art. Vitruve, nous l'avons dit, ne cache pas son opinion à ce sujet.
u La peinture, dit Vitruve, est la représentation des choses qui sont ou qui peuvent être, comme d'un homme, d'un édifice, d'un navire ou de tout autre objet que ce soit dont on imite la forme et la
L'ARCHITBCTDRK RO.MAINE.
TiKiire. Les premières choses que les anciens aient représeniiics sur les enduits sont les différentes bigarrures du marbre; ensuite i fait (les compariimcnts de cercles et de triangles jaunes et rouges, lis essayèrent après cela de représenter la vue de leurs édifices, par l'imitation des colonnes et de leurs anioriissemenis élevés: et lorsqu'ils ont voulu peindre en des lieux spacieux, ils y ont dessiné des perspectives comme sont celles des théâtres, pour les tragédies, pour les comédies et pour les pastorales ; dans les longues galeries ils peignaient des paysages représentant différents sites : les uns représentaient des ports, des promontoires, des rivages, des fleuïes, dos fontaines, des ruisseaux; les autres des temples, des bocages, des troupeaux, des bei^ers; et en quelques endroits ils ont fait des sujets. Ce genre de peinture représente les dieux tels qu'ils sont décrits dans les fables, on certains événements, comme les guerres de Troie et les voyages d'Ulysse dans les diverses parties du monde, de manière 5 ce que le paysage entre toujours dans leurs dessins; mais dans luutes leurs compositions ils ont constamment imité la nature et rendaient les oltjets lels qu'ils étaient naiurelloment. n
Ou peut, à la rigueur, comprendre le dédain d'un architecte paur des représentations de constructions qu'il juge irréalisables. Mais si l'on veut bien admettre un moment le point de vue du décorateur, dont l'imagination s'exerce sans, contrôle
comme sans danger pour la solidité d'un édillce imaginaire, on est obligé de convenir qu'il y a souvent dans cette architecture toute de caprice les plus ravissants motifs d'ensemble. Des personnages ne se rattachant à aucun sujet déterminé sont souvent môles à ces architectures peintes. La Ogure 594 montre une femme qui tient une sorte de cassolette , encadrée dans un gracieux portique que décore dans sa partie supérieure un personnage ailé conduisant deus chevaux. III. »
t"lj W3. -
L'ARCBITECTOBE.
tif. GM. ~- Espciwntutiaii uchiMctoniqua. <D'apiia nos psinturo io Pvmp«l.)
L'ARCHITECTORE ROHAINB.
b^tô. — l^:Iuluta a'uchUsciDie. <Poiu|mi.)
L'ARCIUTECTUHE.
big. âWJ. — Eopriicnliilion iichiloclui»!». (D'apcèi une peinture do Pampèi.)
Dans la figure 595 le foDd de la partie qui est au premier plan est rouge et le grand pilastre est blanc, ainsi que la bande qui traverse en laideur la partie supérieure. La corniche intérieure et ia frise sont rouges; rtiippogrilTe posé sur la corniche est vert. Tout le reste est
polBlDia aotiqn*.)
jaune. La Jeune femme qui lit au premier plan porte une tuoique verte et un manteau d'un rouge pftle.
L'architecture eotre dans la décoralim peinte h on litre purement ornemenlal. Ce ne sont pas des Ulfleei «dstut on mAme pouvtot exister qui figurent le plus soimDt lar In sont des
rêves bizarres, mais diamii sont méconnaes, anaii I
«10 L'ARCniTECTURB.
Bemblance est violée comme à plaisir. Des colonnades fanlasiiqiies se 1
parent de mille couleurs arbitraires, au milieu de palais incohérents, ' des portiques dont les minces colonnetles se croisent de cent façons
diverses, des galeries aériennes, des statues, des cavaliers, des tritons I
ou des sphinx, jouant sur les entablements, forment partout les assemblages les plus piquants et les plus imprévus (fig. 1%),
i^es peintures d'une maison antique, découvertes dans la villa Negroni, a Rome, étaient, suivant Raphaël Hengs, les mieux entendues qu'il ait jamais vues. Il y a dans cette décoration un gracieux mélange d'architecture peinte, d'arabesques, de figures isolées et de sujets. Deux pilastres d'ordre composite occupent le milieu de la muraille qui divisée dans sa largeur en trois companiincnts (lig.975.) G
L'ARCniTECTUnE ROHAINE.
milieu représente Vénus ot Adonis : ce sujet occupe tout le panneau, tandis que les deux^aulres sont décorés seulement par une figure isolée. Des animaux fantastiques peints dans le bas, une petite scène maritime dans le haut, sous le cintre, complètent cette décoration dont l'ensemble architectoniqne est des plus gracieux. Le sujet central avait fait donner à cette pièce le nom de salle d'Adonis.
C'est Vénus et Mars qui forment le sujet principal de la décoration
représentée figure 598, et on retrouve encore Vénus dans la figure 599, mais cette fois assise sur un rocher et accompagnée d'une nymi-he. Dans ces deui décorations, qui sont également tirées de la villa Negroni, on remarquera que le sujet qui occupe le milieu ne forme qu'un accident, important il est vrai, d'un ensemble qui est surtout ornemental. Le compartiment qui l'encadrait était rouge vif dans l'une des deux peintures et jaune dans l'autre. Les colonnettes, les candélabres formant piédeslal, les pampres et les ornements divers sont en général d'une grands irivadtâ de ton, mats l'ensemble offre celte sobriété de décors « le trait distinctif du goût des Grecs et des Bo-
Les auteurs sont en cela d'accord avec les rares fragments qui nous sont restés de la peinture murale des anciens. Lucien décrit ainsi la décoration d'un appartement : « On doit encore admirer la beauté des plafonds, qui ne présentent aucune superQuité dans les ornements, aucune surcharge qui choque le goût, mais un emploi convenable et mesuré de l'or sans qu'on puisse reprocher d'avoir plaint le métal. Ainsi la voûte de cet appartement, ce qu'on pourrait appeler la tête, présente, sans autre parure, un aspect aimable; elle n'a d'or que
comme le ciel embelli, pendant la nuit. ù'JIoiles qui brillent de distance en distance, et llcuri de feux qui ne luisent que par intervalles. Si, on cITcl, CCS feux étincelaient de toutes paris, loin que le ciel nous parût beau, il serait terrible. Ici, au contraire, on voit que l'or n'est pas inutile, ni répandu parmi les autres ornements que pour le seul plaisir de la vue; il brille d'un éclat agréable et colore de ses reflets l'appartement tout entier. Lorsque la lumière vient à frapper cet or, ils forment ensemble une clarté vive, qui répand au loin la sérénité de ses rayons. Quant aux autres ornements de l'appartement, aux peintures ~ des murailles, à la richesse des couleurs, à la vivacité, à la perfection et â la vérité du dessin, on peut les comparer à une prairie émaillée de fleurs; seulement, ces fleurs se fanent, se desséchent, sech^ngeot
et perdent leur fraîcheur, tandis qu'ici le printemps est perpétuel, la prairie toujours fraîche, les fleurs étemelles, car la vue seule les touche et cueille ce spectacle enchanteur. »
Xénophon dit, en rapportant une opinion de Socrate : « En un mot, la plus belle maison et la plus agréable est celle où l'on peut se retirer avec le plus d'agrément en toutes saisons, et renfermer avec le plus de sécurité tout ce que l'on possède. Quant aux peintures et aux variétés de couleurs, elles ôtent plus d'agrément qu'elles n'en procurent. » 11 faut conclure de là que des peintures existaient déjà chez les particuliers à Athènes au temps de Socrate, et que dans l'opinion du philosophe, une bonne distribution et la faculté de placer toutes choses convenablement était préférable à une profusion de peintures qui encombrent les murailles et occupent une place qu'on aurait eu avantage à utiliser autrement.
Constatons toutefois que ce n'est qu'à partir d'Alexandre que leur usage devint général. On saitqu'Àgatharchus a décoré la maison d'Âlcibiade, mais tout le monde n'est pas Âlcibiade, et son exemple ne saurait faire loi dans la question. Les artistes grecs de la grande période se souciaient peu des particuliers; ils préféraient garder leur talent pour la décoration des édiûces, et se présenter ainsi aux suffrages du public. Les peintres pompéiens doivent être rattachés, pour les traditions de leur art, aux écoles de peintures qui florissaient sous les successeurs d'Alexandre. A cette époque, les mœurs étaient changées et les particuliers avaient gagné ce qu'avait perdu la vie publique.
Les Romains employaient beaucoup de stuc pour masquer certaines parties de la construction 'qui ne devaient pas être vues au dehors.
Un bas-relief gallo-romain découvert à Sens, où il était encastré dans les restes de Tancienne muraille, montre des stucateurs et des peintres montés sur leurs échafaudages et travaillant à la décoration d'une salle (ûg. 600).
Le Pavage. — En Grèce, le pavage des édifices se faisait en briques ou en marbre. Les dalles, généralement de couleurs variées, étaient souvent disposées pour former divers dessins. Les ornements le pavage se prêtent à toutes les idées, à tous les caprices : grecques, entrelacs, rinceaux, festons, enroulements se trouvent à profusion dans les pavages antiques. Il est difficile de savoir quel genre de décoration les Grecs ont adopté en premier lieu, mais d'après la tournure de leur esprit, ami des alternances et des ornements répétés» on peut admettre que le pavé devait répondre à Is ^éoontira du plafond, et que
Hï t'ARCHITECTORE^ ^|
SCS compartiments diversement colorés étaient disposés en \ue d'un H accord avec les caissons des sofDles et de la voûte. Le goùl pour les pa- H vages de diverses couleurs a existé chez les Grecs comme chez les Ro- H
mains et les forni tradilionnclleme
i'in. OUI.— v-ïi-b-e lioiiisjua.
es habituelles du dallage antique se l pendant une grande partie du moy
sont conservées H n ■
en qu'avec des se d'hexagones , X dans la partie ^H 5 et de ^H s der ^M
iJ
■OMnHrizMuÉrjBE
r-^ r ^ r-^ n ri r^
La variété ioG lignes droites ae se coupant par 1' centrale de l'aut pies de nuances et des carrés alte
ri ri ri ri ri ri k^ k.i L.J L^ k.^ k.i
oie de dessins qu'on peut obtenir r voit dans la figure 601 qui se comp ntersection des angles de chacun d'eu e, dans la figure 602 formée de carr iverses, dans la figure 603 qni form rnés. dans la fiRurt' C.Ofi. où les hfxag
LaBCIIITECTCRE nOMAlNB. (75
de lignes qui les divisent d'uoe fa(;on triis-oompliquée en apparence. (IQoique très-simpie comme principe ornemiîiiul. pic. C'est ici qu'on
l«lnfîOnf«j
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I^D^ln^!!
[X^bX^bN^
peut voir les ressources immenses qu'offre au dessinateur l'agencement
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métriques. Malgré le désordre apparent de cette figure, >sain tout aussi régulier que celui de la Ogure 605 qui,
au premier abord, a l'air de prûscnter beaucoup plus de symiilrie. La figure 606. qui se compose de triaugles el d'hexagones séparés par des i
rectangles, est eocore une variante de celles qu'on a vues précédemoient.
C'est une grecque, dont les bandes simulent une saillie, que dous
iWk^KW
^?v>r^y>rM^
présente la figure 607, dont le type se trouve à Pompéi avec de nombreuses variantes- Dans la figure 608, nous voyons des carrés qui jouent avec des cercles de la façon la plus originale, mais avec la figure 609, nous trouvons une série de cercles qui, eu s'emboilant les uns daus'les autres,.
L'ARCHITECTUKE ROMAINE.
produisent un hexagone. Ces cercles, en effel, ne sont pas complètemcnl ronds; les pans coupés qui les produisent sont composés de car-
rés et de triangles alternant de inaniâro à produire une appareace circulaire.
La Tigure 610 est un labyrinthe entouré par des tours, dont quatre sont percées d'une porte centrale. Les lignes noires simulant les murs, il Taut partir d'une de ces portes et revenir an |)oinl de départ en sui-
vanl l'espace libre indiqué par le blanc; il v a là un souvenir mylholch
^è^T^^X^JiY'
*%-"<r>éûbtfflw
Inique da labyrinthe bâti par Dédale dans l'ile de Crùte et des palais qui l'entouraient.
L'orucincnt des figures 611 à 013, cxclusivemeul composé do
L'ARCHITBCTDHE ROMAIhE. 479
lijjocs courhpg qni se délacheot sur un fond clair et s'encadrent dans
11) rcclangic noir, présente des combinaisons d'un eoùl ctiarnianl,
480 L'ARCniTRCTUBE.
Nous arrivons à un ornement un peu plus compliqué, composé d'une ' tige qui s'enroule et aboutit à une feuille dont la pointe regaid,- le haut el lebas allernaiivement. Mais laflgure 61fi, bien que composée presque exclusivement de lignes droites, forme uu ensemble décoratif complet, par le balancement ingénieus des formes et par la variété des J teintes.
iffliiBiiiiil
Enfin, la figure 615 nous montre un ornement extrêmement gracieux, mais qui appartient à la mosaïque plutût qu'au pavage proprement dit.
Les édifices. — Les Romains ont laissé dans tous les pays qu'ils ont occupés des souvenirs grandioses de leur domination. Nous avons parlé déjà des grandes voies de communication qui reliaient les provinces entre elles (page 326), ainsi que du forum, qui occupait, ei général, le point central de la cité. Si nous en croyons Vitruve, la coU' structioQ d'une ville nouvelle devait être conforme à certains règle menis, fondés sur une longue expérience. L'orientation des rues principales et rcmplacemeni des principaux édifices n'avait rien d'arbitraire. H Après avoir fixé la division des rues, dit-il, il faudra choisir l'emplacement des édifices qui sont d'un usage commun à toute la ville, tels que les temples, le forum et autre lieu de réunion pour les citoyens; cor si la ville est aur h bord de la mer.il faudra que la place
L'ARCHITECTURE ROMAINE. Mi
publique soit près du port, tandis que si la ville est éloignée de la mer, le forum devra être au centre. Les temples des dieux tutéiaires, de môme que ceux de Jupiter, de Junon et de Minerve, seront placés dans Tendroit le plus élevé, aûn que de là on découvre la plus grande partie des murailles de là ville ; les temples de Mercure, d'Isis et de Sérapis seront placés dans le marché, et ceux d'Apollon et de Bacchus. proche le théâtre; lorsqu'il n'y aura point de lieu particulièrement destiné pour les exercices, ni d'amphithéâtre, le temple d'Hercule sera placé près le cirque ; celui de Mars dans un champ hors de la ville, de môme que celui de Vénus qui doit ôtre proche les portes. Les motifs de cette disposition sont expliqués dans les livres des aruspices toscans, .qui veulent que les temples de Vénus, de Vulcain et de Mars soient bâiis hors la ville, d'abord pour éviter aux jeunes gens et aux mères de famille les occasions de débauche qui se présenteraient si le temple de Vénus était dans la ville; ensuite pour préserver les maisons du péril des incendies, en attirant hors la ville, par des sacrifices à Vulcain, tous les effets de la puissance de ce dieu (Vulcain est le feu personnifié). Enfin, ils pensent, en plaçant le temple de Mars hors les murailles, empocher les meurtres et les querelles parmi les citoyens et les assurer contre les entreprises des ennemis. Le temple de Gérés doit encore ôtre bâti hors la ville, en un lieu reculé, et où l'on ne soit obligé d*aller que pour y sacrifier, parce que ce lieu doit ôtre abordé avec beaucoup de respect et avec une grande sainteté de mœurs. Les temples des autres dieux doivent aussi ôtre placés dans des lieux commodes pour leurs sacrifices. »
Les temples romains ne diffèrent pas essentiellement par leur forme de ceux dont nous avons parlé à propos des Grecs (page 638); nous reviendrons sur leur disposition à propos des cérémonies qui s'y accomplissaient. Ge n'est pas dans les édifices religieux que l'architecture romaine a montré sa puissante originalité, c'est surtout dans ceux qui étaient consacrés à Futilité publique ou aux amusements du peuple.
Il subsiste aujourd'hui bien peu de choses des temps primitifs de Rome. L'édifice le plus important dont il soit fait mention pendant cette période est le grand cloaque, dont la construction, faite par un architecte étrusque, est attribuée au règne de Tarquin l'Ancien. Ge canal excitait au plus haut point l'admiration des Romains. La voûte est formée de voussoirs ou pierres taillées en coins et dirigées vers le centre de la courbe, et c'est un des plus anciens, sinon le plus ancien