‹ La Vie privée des anciens v. 4 1883 (volume 2)Chapitre 9 sur 21 · III · texte numérisé non relu

III

vent, en aucune fagon, quand on les prend isolément, se comparer à celles de la période suivante; mais si on les considère dans leur ensemble, on verra que toutes les formes de Tart étaient trouvées, et que si le siècle de Périclës a été supérieur comme résultat, l'invention et l'effort appartiennent surtout au siècle précédent. C'est en effet la vie du gymnase qui a donné surtout aux Grecs le goût et le sentiment de la beauté dans les formes; c'est la piété des peuples qui a élevé partout des monuments en l'honneur des dieux protecteurs des cités; c'est l'amour de la liberté qui, en faisant naître le régime démocratique, a donné à Tart une mission sérieuse, en a fait l'expression d'une pensée générale. Celle-ci, n'étant pas subordonnée aux caprices d'un prince et aux variations de la mode, a résolu le problème d'une liberté illimitée dans la conception individuelle, unie à une obéissance rigoureuse à des principes logiques et invariables.

Le siècle de Pisistrate marque dans l'architecture une période d'éclat qui semble le prélude de celui de Périclès. Le temple de Jupiter olympien, à Athènes, avait été commencé sous Pisistrate ; c'était primitivement un édifice colossal d'ordre dorique. Dans la construction postérieure terminée sous les Romains, il est d'ordre corinthien.

Polycrate de Samos s'efforça de rivaliser avec Pisistrate, en élevant plusieurs édifices qui furent célèbres dans l'antiquité. Il fit venir Eupalinus de Mégare, déjà célèbre par une construction qui amenait dans sa ville natale les eaux d'une fontaine consacrée aux Muses, et le chargea de construire un vaste aqueduc dont on a retrouvé dernièrement les traces. Les architectes Rhœcus et Théodore de Samos avaient bâti un temple de Junon qui fut détruit pendant la guerre avec les Lacédémoniens. On attribue à Polycrate l'honneur d'avoir construit le nouveau temple qui fut d'ordre ionique, tandis que le monument pri mitif était dorique,

Théodore de Samos avait également commencé le fameux temple d'Éphèse, ou du moins, il avait consolidé le fond marécageux sur lequel il devait être bâti, car ce fut Chersiphron de Gnosse et son fils Métagène qui furent les architectes du temple. La construction en dura fort longtemps et il fut achevé par Demetrius et Pœonius d'Éphèse. Brûlé par Érostrate, le temple d'Éphèse fut relevé ensuite, ou du moins restauré par Dinocrate, architecte d'Alexandre. La plus grande partie des monuments antérieurs à Périclès dont il reste des ruines sont d'ordre dorique. L'ordre ionique semble donc postérieur, au moins dans la Grèce propre, et c'est dans les villes grecques de l'Asie Mineure

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qu'il a trouvé ses premières applications antérieurement aux guerres médiques.

Dans la période suivante nous voyons des artistes athéniens employés aux travaux du temple de Delphes, et l'école de Phidias orne de ses sculptures les temples d'Olympie et d'Élis. Cette période est celle qui vit s'élever les plus fameux monuments de la Grèce. Malheureusement, si nous connaissons les noms de quelques-uns des architectes qui les ont bâtis, nous ne savons absolument rien de leur histoire, et l'absence de renseignements rend toute biographie impossible.

Iclinus et Callicrate furent les architectes du Parthénon. Ictinus a en outre dirigé la construction du grand temple d'Eleusis, bâti par les architectes Coriebus et Métagène et terminé par Xénoclès. C'est également Ictinus qui a bâti le fameux temple d'Apollon Épicurios près Phigalde. Le temple était dorique. L'architecte Mnésiclès d'Athènes éleva les Propylées, superbes portiques qui servaient d'entrée à TAcropôle d'Athènes, et Libon d'Élée bâtit le fameux temple de Jupiter à Olympie. Deux célèbres sculpteurs, Polyclète et Scopas, ont aussi attaché leur nom à des édifices dont ils ont dirigé la construction. On doit à Polyclète d'Argos le grand théâtre d'Êpidaure, et à Scopas le temple de Minerve Aléa à Tégée, qui passait pour le plus beau du Péloponèse.

Parmi les architectes qui ont élevé des monuments d'ordre ionique, on connaît Hermogène, auteur du temple de Bacchus à Téos et d'Artémise Leucophrine à Magnésie sur le Méandre, Pithéas, auteur du temple de Minerve Poliade à Priône, dont la dédicace fut faite par Alexandre, Pœonius et Daphnis de Milet, qui relevèrent après sa destruction le Didymaeon de Milet.

C'est probablement vers le môme temps qu'il faut placer Callimaque, auquel Yitruve attribue Tinvention du chapiteau corinthien. Le temple de Thésée, le temple de Minerve Poliade et celui d'Érechthée à Athènes, le grand temple de Némésis à Rhamnus, le temple de Jupiter Panhellénien à Égine, et bien d*autres édifices attestent la puissance et la fécondité de l'architecture dans l'époque qui s'étend des guerres médiques à Alexandre.

La guerre médique avait été pour la Grèce un désastre épouvantable, mais elle fut suivie d'une ère de prospérité inouïe, qui répond à la plus haute période où soit parvenu l'art dans l'antiquité. Pour bien comprendre l'influence qu'elle a eue sur le développement des beauxarts, il faut se rappeler que l'invasion des Perses était une guerre reli-

gieusc autant qu'une guerre nationale. Les envahisseurs détruisaient partout les temples; ils semblaient s*attaquer aux dieux en môme temps (}u'aux hommes. Les Grecs, attribuant à la protection des dieux autant qu'à la valeur de leurs soldats la délivrance de leur patrie, se crurent obligés par la reconnaissance à élever partout des temples magnifiques, qui étaient un trophée national autant qu'un lieu consacré à la prière. En même temps les villes, enrichies des dépouilles de TAsie, et ne redoutant plus rien pour l'avenir, se lançaient avec sécurité dans des entreprises qui attestaient la puissance publique et donnaient au travail un essor prodigieux, de sorte que les agoras, les gymnases et les théâtres s'élevaient en même temps que les temples.

Les hommes d'État, de leur côté, faisaient tout pour encourager et développer le travail. « En même temps que Thémistocle augmentait le nombre de ses vaisseaux, dit Diodore de Sicile, il persuada au peuple d'affranchir de tout impôt les locataires des maisons et les artisans, pour attirer de tous côtés les habitants dans Athènes et y réunir le plus grand nombre possible de professions et de m<^tiers, deux moyens qu*il jugeait avec raison les plus propres à favoriser Taccroissement des forces maritimes de l'état. »

Ce fut également dans ce but que Cimon et Périclès donnèrent un si grand essor à larchitecture, car l'adage si connu : « Quand le bâtiment va tout va », était déjà vrai dans ce temps-là et le sera dans tous les temps. Le discours de Périclès, rapporté par Plutarque, ne laisse aucun doute sur les motifs qui dirigèrent sa politique et le poussèrent i entreprendre d'aussi immenses travaux : « Des ateliers en tout genre mis en activité, 1 emploi et la fabrication d'une immense quantité de msùères alimentant l'industrie et les art*?, un mouvement général uti- (Sïint lous les bras, telles sont les ressources incalculables que ces tnTinx procurent déjà aux citoyens qui» presque tous, reçoivent de cette sorte des salaires du trésor public ; et c'est ainsi que la ville tire vtcUcm^me sa subsistance et son embellissement. Ceux que leur âge ei teur feite appellent à la profession des armes reçoivent de l'État une <^ikfe mi suffit à leur entretien. J'ai donc voulu que la classe du peuple «là fte iiil pas te service militaire, et qui vit de son travail, eût aussi a«t i «» Jfeïributîon de deniers publics; mais afin qu elle ne devînt ^ '« pÀ ik U pireaae ou de l'oisiveté, j'ai appliqué ces citoyens à la èegnnds édifices, où les arts de toute espèce trouveront ■■■■■■I ^MMMff ^'^^^ avons acheté la pierre, l'airain, livoire.

Tor, rébène, le cyprès; et des ouvriers sans nombre, charpentiers, maçons, forgerons, tailleurs de pierre, teinturiers, orfèvres, ébénistes, peintres, brodeurs, tourneurs, sont occupés à les mettre en œuvre. Les commerçants maritimes, les matelots et les pilotes conduisent par mer une immense quantité de matériaux; les voituriers, les charretiers en amènent par terre; les charrons, les cordiers, les tireurs de pierre, les bourreliers, les paveurs, les mineurs exercent à Tenvi leur induRtrie. Et chaque métier encore, tel qu'un général d'armée, tient sous lui une troupe de travailleurs sans profession déterminée, qui sont comme un corps de réserve et qu'il emploie en sous-ordre. Par là, tous les âges et toutes les conditions sont appelés à partager l'abondance que ces travaux répandent de toute part. »

La conquête de l'Asie par un prince grec et la fondation d'États grecs dans les anciennes provinces perses donnèrent aux beaux-arts et notamment à Tarchitecture une très-grande impulsion. Des villes nouvelles se fondèrent et de nouveaux sanctuaires s'ouvrirent aux dieux de la Grèce. Les Ptolémées, les Séleucides, les rois de Pergame et les autres princes attirèrent à leur cour des artistes grecs et ne cessèrent d'occuper un grand nombre d'artisans dans les édiflces qu'ils élevèrent à Tenvi. Philadelphie, Stratonicée, Antioche, Séleucie, Thessalonique, Alexandrie, furent des foyers nouveaux où le génie grec put se développer tout à 1 aise.

Les artistes grecs, ainsi transportés au milieu de pays nouveaux et de peuples d'origine différente, conservèrent quelque temps leur caractère propre, comme cela avait eu lieu dans les colonies pendant la période républicaine. La raison en est dans la séparation qui exista longtemps entre les anciens habitants et les Grecs demeurant seulement dans quelques villes, qui semblaient comme des oasis au milieu d'une terre étrangère.

Pourtant le relâchement du lien qui unissait l'art à la vie politique des anciennes villes libres, et la nécessité de satisfaire au caprice de quelques individus, ne pouvaient manquer d'amener une modification dans le style. Les merveilles de l'Orient devaient aussi exciter chez les artistes de cette époque le goût de la magnificence et des choses colossales. Les mœurs tendaient à se modifier, et la condition des artistes appelés à servir les princes qui les protégaient ne pouvait être la même qu'à l'époque où les artistes étaient eux-mêmes des citoyens, croyant faire acte de patriotisme en faisant un chef-d'œuvre dont l'éclat rejaillirait sur toute la nation. « Les arts, dit Ottfried Mùller, s'égarèrent né-

cessairement, lorsqu'ils eurent tantôt à satisfaire la soif de flatterie qui dévorait des villes inspirées par des motifs honteux et vils; tantôt à contenter les caprices de maîtres fatigués par l'éclat de la magnificence, et qu'ils durent créer à la hâte beaucoup de choses brillantes et passagères destinées aux fêtes des cours. »

Les architectes et les artistes en tout genre deviennent les ordonnateurs de ces fêtes prodigieuses, que les empereurs romains ont imitées plus tard des princes macédoniens, et qui n'ont plus, comme les fêtes d'Eleusis et des Panathénées, un caractère religieux et politique, mais servent à distraire les ennuis d'un prince fatigué de la toute-puissance. Dans les pompes d'Ântiochus IV, on voit figurer les statues de tous les dieux, démons et héros, avec de magniûques vêtements brodés en or. Partout l'influence orientale se substitue à la sobriété du génie grec. A Alexandrie, Ptolémée II donne, à l'occasion de la fête d'Adonis, un spectacle entièrement nouveau et qui montre d'ailleurs les progrès de l'art du machiniste. Vénus et Adonis sont étendus sous un berceau de feuillage et des Amours voltigent au-dessus de leurs têtes, puis deux aigles descendent du ciel et enlèvent Ganymède dans les airs, etc. Toutes les fêtes présentent le même caractère qui nous éloigne singulièrement des tragédies de Tépoque républicaine. Dans les fêtes données en l'honneur d'Alexandre divinisé on voit paraître des milliers de tableaux et des automates colossaux qui frappent l'esprit des populations. Partout l'or, l'ivoire, l'ébône, les tapis précieux attestent le luxe des rois grecs transformés en satrapes, et l'Asie, vaincue par les armes, impose ses mœurs à ses nouveaux maîtres. L'architecture résiste quelque temps et conserve ses traditions pour les proportions et l'ensomble des édifices, mais dans la décoration, la magnificence tend à se substituer à l'antique gravité, et la parure prend une importance de plus en plus prépondérante.

Viiruvc, dans le préambule du second livre de son traité d'architec-

Mr^. Mit>nto comment Dinocrate devint Tarchitecte du roi de Macé-

\^^^H\ Voulant avoir accès auprès du roi, il s'était muni de lettres

»im<^ ï<^Sk |vr^mnages les plus distingués de la cour. Mais s'aperçevant

^iN'-^MkM ^\^ chacun lui disait de belles paroles, mais ne s'empressait

)l^^<^ t>tAiyvK)uir^ auprès du souverain, il imagina un stratagème pour

^ !i|rî^ i;y<MtsA^|Ucr« S*étant dépouillé de ses habits et frotté le corps

iVtiitK it. *k*^ vNMfcXW June peau de lion, prend en main une massue,

% iiitei^^sN«^ut|^^9ie^ nuMo h la foule qui entourait le roi. Étonné de

>^ t^v^UHMhHK 1^ v^ ordonne qu'on lui amène cet homme, et Dino-

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crate arrive au pied du trône d'Alexandre qui lui demande qui il est. « Je suis, dit-il, Tarchitecte Dinocrate, Macédonien, qui apporte à Alexandre des pensées et des desseins dignes de sa grandeur. J*ai l'orme le projet de donner au mont Athos la forme d'un homme qui tient en sa main gauche une grande ville et en sa droite une coupe qui reçoit les eaux de tous les Qeuves qui découlent de cette montagne pour les verser dans la mer. » Alexandre n'adopta pas le projet, mais Tarchitecte lui plut, et il dut à sa bonne mine et à son stratagème d'être choisi pour tracer le plan d'Alexandrie, pour rebâtir le temple d'Éphèse, et d'être employé par le roi pour une foule de travaux importants. On attribue aussi à Dinocrate le fameux bûcher d'Épliestion : mais son œuvre la plus considérable est toujours le plan d'Alexandrie, dont Sostrate construisit le phare, si admiré dans l'antiquité. Meton partage avec Dinocrate la gloire d'avoir construit des villes sur un plan méthodique et régulier. Mais avant eux Hippodamus de Milet avait fait du Pirée une ville magnifique et bâti à Rhodes une cité nouvelle. C'est à son influence qu'on doit d'avoir pour le tracé un plan régulier en place des plans tortueux de l'ancienne Grèce.

Vitruve fait une longue énumération des artistes grecs qui ont écrit sur l'architecture. « Silène, dit Vitruve, fit un livre des proportions de l'ordre dorique; Théodorius écrivit sur le temple de Junon, d'ordre dorique, qui est à Samos ; Ghersiphron et Métagène écrivirent sur celui de Diane, d'ordre ionique, qui est à Éphèse; Philéos sur celui de Minerve qui est d'ordre ionique, à Priène; Ictinus et Carpion sur un autre temple de Minerve, aussi d'ordre ionique, qui est à Athènes; Théodorius, Phocéen, sur la coupole qui est à Delphes; Philon sur les proportions des temples et de l'arsenal qui était au Pirée; Hermogène sur le temple de Diane, qui est pseudodiptère et d'ordre ionique, en Magnésie, et sur celui de Bacchus, qui est monoptère, en l'île de Téos; Argelius sur les proportions de Tordre corinthien et sur le temple d'Esculape, qui est d'ordre ionique, et que l'on dit avoir été fait de sa propre main, dans le pays des Tralliens. Enfin Satynis et Phyteus écrivirent sur le Mausolée, auquel ils ont travaillé avec tant de succès que cet ouvrage a mérité l'approbation de tous les siècles qui ont loué et admiré Fart incomparable qu'ils y ont employé. Léocharès, Briaxès, Scopas et Praxitèle, et, selon quelques-uns, Timothée, ornèrent cet édifice à l'envi Tun de l'autre. Ghacun d'eux entreprit une des faces, et leur ouvrage fut trouvé si parfait, que cet édifice a été mis au nombre des sept merveilles du monde. 11 y a encore eu d'autres artistes

moins célèbres qui ont écrit sur les proportions, savoir : Mexaris, Théo* dicès, Démophilos, Proclis, Léonidès, Silanion, Mélampus, Samacus, Euphranor. Ceux qui ont traité des machines sont Diadès, Archytas, Archimëde, Gtésibius, Nymphodorus, Philon de Byzance, Diphilos, Gharidas, Polydos, Pyros, Âgésistrates. » Tous les ouvrages d*architecture dont parle Vitruve sont perdus aujourd'hui.

L'architecture aussi bien que les arts qui en dépendent, la sculpture et la peinture, était une profession excessivement respectée en Grèce, et qui, par conséquent, devait être exercée exclusivement par des citoyens. Tout ce qui touche à Fart était intimement lié à l'idée de la patrie et à l'idée religieuse, ce qui était la môme chose, puisque le dieu était invoqué comme protecteur de la cité. Le sculpteur observait dans les gymnases les mouvements des athlètes, et l'architecte, exercé à la pratique de la géométrie et des mathématiques, était l'ami des philosophes et comptait parmi les gens les plus instruits de la cité. Il était également lié avec l'homme d'État, car la construction d'un édifice n'était pas une aflaire de luxe ou de caprice, mais une affaire publique et vraiment nationale, à laquelle tout le monde s'intéressait puisqu'on croyait que la beauté d'un temple pouvait attirer sur la ville qui l'avait élevé une protection plus ei&cace.

Les arts, placés sous la protection spéciale des dieux, attiraient de grands honneurs à ceux qui les pratiquaient avec éclat. Ce n'étaient pas seulement des récompenses honorifiques, comme la proclamation au théâtre ou dans les jeux publics du nom de Tartiste jugé le plus habile, la couronne décernée par le peuple, etc.; il y avait encore des avantages positifs. Dans le recueil des lois d'Athènes, nous voyons : « Que le plus habile dans chaque art soit nourri au pr^tanée et qu'il occupe la première place. »

La nourriture au prytanée était souvent accordée au père, aux enfants, qui'lquefois môme aux descendants à perpétuité de celui qu'on voulait honorer. « Quand Polygnole eut peint à Delphes la prise de Troie, dit Emeric David, les amphictyons lui firent des remerciements solennels et décrétèrent q l'il aurait sa nourriture dans tous les pr^tanées de la Grèce. 11 reçut des Athéniens le droit de cité. » Quelquefois aussi on élevait aux artistes une statue à côté du chef-d'œuvre qui le avait illustrés.

Le style pélasgique. — Les Grecs attribuaient aux Cyclopes les anciennes constructions qui cou\Taient le sol de leur pays et dont ils

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ignoraient l'origine. Comme des ruines du môme genre se retrouvent en Asie Mineure, en Italie, et dans tous les pays anciennement occupés par les Pélasges, on leur donne aujourd'hui le nom de monuments pélasgiques. Ces constructions se composent d'énormes blocs de pierre de forme polygonale irrégulière, posés les uns sur les autres. Toutefois cette manière de bâtir a subi d'importantes modifications suivant les époques et on y distingue plusieurs périodes. Les murailles les plus anciennes, par exemple celles de Tirynthe, se composaient de quartiers de rochers à peine dégrossis; des pierres de petite dimension remplissaient les interstices que les grands blocs avaient laissés entre eux. On vit ensuite des pierres polygonales assemblées avec un grand soin, et parfaitement reliées entre elles, quoique sans ciment; mais elles étaient toujours de forme et de grandeur irrégulières, quoique taillées avec une certaine précision.

Les Pélasges ne connaissaient pas Péquerre. Âristote nous apprend qu'ils se servaient d'une règle de plomb qui se pliait à la configuration générale de chaque grand bloc, pour en tracer l'épure et le tailler. Les murs de Mantinée fournissent un exemple de cette seconde période où les pierres sont taillées au lieu d'être brutes. Les murailles de Mycënes, de Platée et de Chéronée nous montrent la forme la plus perfectionnée de l'appareil pélasgique. Les pierres commencent à prendre la forme quadrangulaire et. à se ranger par assises horizontales.

Les portes qui donnaient accès à travers ces murailles ne sont pas toutes de la même forme. Quelquefois elles sont ogivales comme on le voit dans la galerie de Tirynthe (tome I, fig. 383), ou dans l'acropole d'Arpinum, en Italie (tome I, Iig. 630), et alors elles sont bâties en encorbellement. Dans d'autres cas, elles ont la forme d'une pyramide tronquée, comme dans la porte de Norba (tome I, fig. 624), ou dans celle du trésor des Atrides à Mycènes (tome I, fig. 387). Dans cette dernière, l'architrave placée au-dessus de la porte est surmontée d'une ouverture triangulaire, formant un vide et faisant ainsi l'office d'un arc de décharge. Mais les portes les plus communes et les plus anciennes se composent simplement de deux blocs formant des jambages, ou des montants, soit perpendiculaires, soit inclinés, et surmontés d'une énorme pierre. La porte des lions à Mycènes présente un exemple de ce genre de construction (tome I, fig. 38/i).

Cette porte, si curieuse sous tous les rapports, nous offre le seul spécimen connu de l'ornementation appliquée à l'architecture pélasgique. Cette ornementation sert de décoration à des colonnes, genre de

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