LE C03TDMB ROU&IN
d'un moindre prix, quelle est cette fureur de porter tout son revenu sur SOD corps T Nous avons la couleur du ciel lorsqu'il est sans nuage.
Pig.XIi. -
t. (FuniU* B«lbiu.)
Fig. 3nv. — JuUa «a C«ta.
lorsque la chaude haleine de l'autan n'amène pas la pluie. Nous avons celle de ce bélier, qui jadisscrvit à Phryxus et à Uellé, pour échapper aux artiAces d'ino. Celle-ci, qui imite le reflet des eaux, en a aussi tiré sou nom ; je croirais volontiers que les nymphes en sont revûtues. Celle-là imite le safran ; c'est la couleur dont se couvre la déesse qui verse la rosée, lorsqu'elle attelle ses coursiers qui ramènent le jour. L'une nous rappelle les myrtes de Paphos, l'autre la pourpre de l'améthyste ou la rose pâlissante, ou la grue de Thracc. Nous avons encore celle de vos châtaignes, Amaryllis, et celle des vertes amandes. La cire même a aussi donné son nom aux étolTes. Autant la torre produit des fleurs différentes lorsque, au retour du printemps, la vigne se couvre de bourgeons et le triste hiver disparaît, autant ou plus encore la laine prend diverses couleurs. »
tOS LB VËTSHKRT.
Les vêtements portatent^stHiTeDt des noms dirtérenls, suivant la auiLeur dont, ils éuieat teials, ce cpii fait.qut les auteurs andeos' om ploie Qt tr63 souvent, en parlant du costume, des termes qui n'im-r pliquent nulU'nient une ditTércnca dans ta forme du vêlemeni, mais seulement du ns la teinte. « i:t ces ftsmmeSt dit Plante, quels nouveaux noms n'inTtiUcnt-elJes pas tous les aosf LaMuniquc traDsparontû, la grosse tonique, la robo àfraugcs, la chemisette, la robe broddo, la, jaune souci, la safran, la jupo doloile ou de gsze, la robo montanle»
la négligée, la royale, lëtrangère, la vert de mer, la festonnée, la jauoe.de cire, la jaune de miel et tant de fariboles. Kilos ont été jus*, qu'à iHVndrf^! un nom île chical N'ODt-elles pas leurs bcttuiennesT' (les chiens laconiens avaient le poil fauve.) Et c'est pour tous ces l>eaux noms que les hommes en viennent à vendre leurs biens à l'encan, a
Les Pores de l'Église se sont, à leur tour, élevés contre ta recherche des couleurs dans le vêtement :
Il 11 faut, ditsainiClément d'Alexandrie, rejeter les couleurs éclatantes ; elles sont inutiles et attirent à- la corruption de ceux qui s'en parent de justes reproches. Ces vêtements magnifiques n'ont rien de plus que les autres pour défendre contre le froid. Toutes ces innombrables couleurs de mille sortes différentes sont le fruit d'une pensée pernicieuse qui détourne les vêtements de leor usage naturel pour les faire servir seulement aux plaisirs des yeux, l^in lie nous donc tous les habits où brille l'or, où la richesse des couleurs se mêle à celle des parfums, et sur lesquelles sont imprimées les trompeuses images des fleurs, des plantes et des animaux, ii
Lemêmeécrivain dit encore un peuplus loin : « Je loue et j'admire
LE COSTUUE ROMAIN. 209
l'ancienne république de Lacédémone, qui permettait aux seules femmes débauchées les habits de pourpre et les ornements d'or; car, par cette seule raison qu'elle les permettait aux courtisanes, elle empêchait les femmes chastes de les porter. Les archontes d'Athènes, au contraire, ville corrompue et efféminée, foulant aux pieds leur dignité d'hommes et de mngistrats, n'avaient pas honte de porter des robes traînantes d'une étoffe précieuse, et de mêler des cigales d'or dans leur chevelure ; accusant ainsi, par l'insolence de leur faste, leur corruption et leurs vices. Une folle émulation s'empara bientôt des peuples d'ionie, qui imitèrent ces modes impures, et dont Homère peint la mollesse par l'épitbète de peuples aux robes traînantes, qui lui sert à les désigner, n
Le costuue âTHUSQUR. — Ce qui frappe tout d'abord dans les plus anciens monuments étrusques, c'est leur caractère absolument
Femme étntiijne
OTÎental. I! siiflirniC, pour s'en convaincre, de re^ard^r le fameux sarco phage du Louvre, (|ue nous avons reproduit plus haut {fig. 510, t. I") et qu'on a longtemps dùsignc sous le nom de tombeau lydien, à cause de la ressemblance qu'on trouvait entre les ligures qui le décorent et
300 LB VÈTEMBIIT.
celles du mAme genre qui ont été découvertes en Asne Mineare. Ctfts inftience de l'Asie s'est eSiicée plus tard devant le goftt noaveMi importé de la Grèce, et ioot on conMate la présence uir les monnmeats d'une date postérieure.
Enfin, les derniers ouvrages des Étrusques se fondent absolomeDit avec ceux des Romains et, avant l'Empire, llndividualité de ce peu^ a' déjà complètement diqwru.
Le bonDetcoDîquereprésentésuruapetitbroiue étrusque (fig.S7S-S7^
iVneappsrencetoatàfDitariatique. Le pencmnage porte commevétemeat
de dessous une robe étçUée dontles maoclies D0
f^^^ descendent paaidusl»squelecoiide,et,ciHUa
KtB vêtement de dessus, une eq>éce d'écfaarpe
jetée sur les épaules comme un diAte. Pv devant, tes deux boots de ce petit mtDteaa ne vont pas beaucoup au-dessous des a^ns; mais, par derrière, U descend Jusque vers le < milieu des jambes. Aucune ceinture ne rattadw la robe de dessous autour du corps, et l'An peut observer la même chose sur U figure S77; mais, ici, le manteau, ou vêtement de dessus, est beaucoup plus grand : il est ramené sur la tête eo manière de capuchon, et, après avoir couvert les épaules comme avec une pAlerine, il redescend par derrière jusqu'au-dessus des talons. Les chaussures do cette figure sont extrêmement curieuses : elles sont formées de sandales beaucoup plus longues que le pied lui-même, en sorte que la semelle se projette en avant bien au delà des orteils et fait songer aux interminables palios que chaussent les
Lapons, pour franchir avec rapidité d'immenses étendues neigeuses.
Mais ce genre de chaussure ne doit pas offrir les mêmes qualités pour
la marche.
Fig. 3T!, - F
LA COIFFURE
Lt COIFFURE ÉGYPTIENNE. — Les da m es égyptiennes portaient CH général les cheveux longs et nattés. La coiffure, par derrière, consistait en un lon^ cordon de cheveux retombant sur le doif, tandis que dauirds cordons de la môme longueur pendaient de chaque c6té sur les épaules, ou bien descendaient sur la poitrine; les cheveux étaient disposés en triple natte dont on laissait quelquefois le bout libre; mais plus ordinairement on reliait ensemble deux ou trois nattes au moyen d'un cordon de laine placé à l'extrémité. Autour de la tête on p^ j-a.- Cûiffu™.«pu«na<,.
attachait quelquefois un filet comm3 ornement, et un boulon ou une fleur de lotus revenait sur le front
en manière de fcrronnière. Les
nattes tombant sur ]cs c6tés étaient retenues par un peigne ouunebande ornée de différentes manières et quelquefois une épingle les serrait par devant.
On a retrouvé un grand nombre de momies nattées de cette façon et dont les cheveux étaient parfiitement conservés.
Les grandes perruques portées
par des personnages royaux n'cm-
pôchent pas l'aspic, emblème des
Pharaons, de se dresser en avant
oyons dans les figures 378 et 37S.
du front, comme nous le
m LB VÊTBMEKT.
Les ^yptiens rasaient la tête de leurs enfants dès le plus bas âge» laiifôant seulement quelques boucles sur le front, sur les côtés et par derrière, et ceux-d allaient ainsi au soleil ardent de leur pays avec la tfite entièrement nue. Les paysans travaillaient également nû-tôte dans les champs; cependant on en voit quelquefois qui portent des espèces de bonnets, tantôt Marges, tantôt serrés autour de la tète, mais cet u^kge est en somme assez rare. Presque tout le monde allait tôte nue, et c'est à cette habitude qu'Hérodote attribue la dureté du crftne des Égyptiens cmnparé à celui des autres peuples. « J'ai vu là, dit-il, en parlant du champ de bataille qu^il visite, une chose très-surprenante que les habitants m'ont signalée. Les ossements de ceux qui de chaque côté sont morts dans ce coinbat, gisent séparés (ceux des Perses d'une part, ceux de3 Égyptiens de l'autre^ à la même distance qu'avant de se fH^ndre corps à oerpc^, et les crânes des Perses sont si faibles que, si tu veux^ les frapper avec un petit caillou tu les perces; ceux des Égyptiens, 4M1 cmitraire, sont si durs que tu les romprais difficilement avec unegroase pierre. Ils m'en ont donné le motif, et je n'ai pas eu de peine k les croire: c'est que les ^yptiens commencent, tout enfants, k se raser k tète, et que leur crâne s^épais^t par l'action du soleil. La même cause conserve leur chevelure ; en effet, nulle part on ne verrait si peo de chauves qu'en Egypte. Voilà donc pourquoi leur crâne est si dur. Celui des Perses, au contraire, n'a point de force, parce qu'ils se tiennent à l'ombre dès le jeune âge en portant des tiares de laine foulée. J'ai vu ces choses comme elles sont, et j'ai fait la même remarque à Paprémis sur ceux qui, avec Achémène, fils de Darius, ont été tués par Inare le Libyen. »
En Egypte, où tout le monde se rasait, les perruques et les fausses tresses étaient extrêmement usitées. C'était un préservatif contre Far* deur du soleil, et la perruque équivalait au turban actuel des Orientaux; aussi, dans la classe aisée, les hommes et les femmes en portaient. Seulement on sait que les hommes étaient toujours rasés et on n'a pas la même certitude pour les femmes. Wilkinson soutient qu'elles gardaient leurs cheveux et M. Mariette a remarqué que, sur une statue de femme, à Boulaq, le sculpteur a montré des cheveux qui s'échappent de la perruque et s'avancent sur le front.
Les Égyptiens prenaient le plus grand soin de cette chevelure artificielle qu'ils divisaient en une multitude de mèches très-fines habituellement roulées en spirale ; quelquefois aussi ils en formaient des tresses étagées en plusieurs rangs très-serrés et parfaitement réguliers. Leur
LA COIFFURE. an
système decoiiïure était en général extrêmement compliqué et devait demander un temps fort long et une patience extraordinaire. Aussi on comprend qu'ils aient eu la plupart du temps recours à des chevelures artiBcielles. On aretrouvù dans les tombeaux un assez grand nombre de perruques.
Les perruques ont naturellement beaucoup vari^ dans leurs fonne!>i la plus Bouvenl, elles sont courtes et à boucles carrées sous l'ancien empire, tandis que, sous le nouveau, elles sont beaucoup plus longues: lo sommet est bouclé et d<;s nattes descendent sur les épaules. Les grands musées d'Eurupv, et notamment le Brilish Muséum, en possèdent de ce georo (Pig. 380).
Les ^ïptiens ne portaient pas leur barlte, c'est un fait affirmé par la Bible, par Hérodote et Diodore de Sicile; aussi les monuments nous les montrent toujours rasés, et on sait qu'ils imposaient cette liabitude aux étrangers qu'ils prenaient à leur service.
Les dieux et les rois, qui, en Egypte, sont toujoursassimilés aux dieux, ont le menton orné d'une barbicbe postiche qui est assez généralemenf carrée par le bas; mais cet insigne a un caractère absolument sacré et n'implique nullement une mode ayant existé chez les Égyptiens.
Par suite de l'usage, universellement répandu, de se raser la barbe et les cheveux, les barbiers pullulaient en Egypte et y formaient une corporation extrêmement nombreuse. Il parait que néanmoins ils ne faisaient pas toujours fortune et que la concurrence engendrait môme la misère. Un papyrus, traduit par M. Maspéro, nous donne à ce sujet de curieux détails : » Le barbier rase jusqu'à la nuit, lorsqu'il se met à manger, alors seulement il se met sur le coude; il va do pâté de maisons en pâté de maisons pour chercher les pratiques, il se rompt les bras pour emplir son ventre, comme les abeilles vivent de leui's travaux. Plus lard, à midi, à l'heure ob il suppose que le soleil attire du sein de la terre d'épaisses et pesantes vapeurs qu'il mêle avec laîr, il brille de la myrrhe, car la chaleur de ce parfum dissout et dissipe les exhalaisons gros-
MM LS TfiTBXSNT-
sifires qal se coadenseot autour de nous. En effet, les médedns at>ieDt qu'un excellent remède contre les maladies épidémiques, c*est d'allumer de grands feui, comme pour nréfler l'air; et ce dernier résulut est encore mieux atteint lorsqu'on brûle des bois odorilérants, tels que le cypràs, le genévrier et le pin. n
La parfumerie de toilette avait en Egypte une très-grande itùfortance. Tout le monde se serrait d'essences, de pommades, et on poussait le raTQnement jusqu'à faire des catégories de parfums applicables
aux diiïéreDtes heures du jour. Plutarque, dans le traité d'Isis et d'Osiris, nous montre la manière dont les prêtres, qui en Egypte étaient renommés pour leur propreté et leur élégance, employaient les odeurs. « Comme l'air que nous respirons, dit-il, et au milieu duquel nous vivons n'a pas toujours les mêmes conditions atmosphériques et la mémo température ; que la nuit il se condense, pesant sur le corps et communiquant une sorte de découragement et d inquiétude à l'&me qui devient en quelque sorte ténébreuse et alourdie ; en raison de cela, les prêtres, aussitôt qu'ils sont levés, brûlent de la résine, lis pensent que c'est renouveler l'air et le purifier de tout mélange, que c'est réveiller de son état d'engourdissement l'âme qui est unie au corps (lig. 381). n Nous avons déjà parlé de la chevelure des peuples de l'Asie dans le chapitre que nous avons consacré à leur costume. Nous n'avons donc pas à y revenir ici.
La coiffure chez les Grecs. — Chez les anciens Grecs la coiffure formait une partie imporlante du vêtement, et on s'est efforcé do
LA COIFFURE
tout temps d'en combiner l'ajustement avec des ornements divers. Des voiles, des bandelettes de couleurs variées, l'or, les pierres précieuses» les fleurs, les parfums, étaient employés pour relever la parure. Ces coiffures, que les descriptions des poètes nous représentent comme extrêmement riches et compliquées, apparaissent rarement ainsi dans les statues. Mais les sculpteurs ont généralement adopté un genre de toilette en rapport avec ce que peut donner leur art, et n'ayant à rendre ni l'éclat, ni la transparence des tissus, ni la multiplicité des détails, ils n'ont reproduit de la coiiïure en particulier que ce qui pouvait produire un bon effet avec les ressources dont ils disposaient. Les vases offrent donc sous ce rapport des représentations plus fidèles, et encore atteignent-ils rarement la richesse et la profusion des descriptions données par les poètes : toutefois la facilité qu'on a de pouvoir tourner autour d'une statue est un grand avantage pour comprendre l'agencement souvent assez compliqué des boucles de la coiffure.
Dans les figures d'ancien style, la chevelure se divisait sur les côtes et sur le devant en une infinité de petites boucles allongées ou de tresses presque aussi compliquées que celles desfigures égyptiennes. La figure 382, tirée des marbres d'Egine, montre que les Grecs apportaient dans les tire-bouchons autant de soin que les peuples de l'Asie. Cette coiffure, qui
était générale ou du moins très commune parmi les hommes, dans la période qui précède les guerres médiques, n'était pas universelle, car on trouve sur les vases des personnages qui ont les cheveux courts et d'autres qui laissent pendre leur chevelure le long du cou en longues mèches allongées. La chevelure en tire-bouchons frisés ne se présente pas toujours de la même façon. Les tire-bouchons qui retombent sur le cou sont quelquefois retenus par une épingle, comme on le voit sur les figures 383 et 384. Quelquefois, chez les hommes, on voit une sorte de natte entourer toute la tête et séparer le dessus, dont les cheveux sont maintenus lisses, des boucles qui retombent sur le front (ûg. 386). Chez les femmes, c'est ordinairement une petite bandelette qui fait cet office (fig. 385). Quelquefois ce ruban est ac-
Fig. 382. — Coiffure grecque.
(Époque archaïque.)
MB Ll VfiTBnilT.
ciHnpagaé de la tphtndonè, nom qii*«i doanùt h mx .budera destiai i coDUnir les ehenin et qui, luge dtni le milieD, allait des deox
oUéi eo se rétrédssaiit comme une fronde. Ce bandeau se mettait rar lederant de la tâte, et leseztrénùtés, qui étaient fntâtroitea, se liaient arec les bandelettes. La figure S87 noos montre la sphendooé.
Quelquerois les cheveux sont frisés autour du visage, tandis qu'ils conservent leur allure .libre derriôre la nuque (flg. 388); d'autres fois, comme dans la coiffure de la reine Bérénice (fig. 389 et 390), les cheveux de la nuque sont eux-mêmes frisés.
LA COIFFURE. 307
La chevelure de la reine Bérénice, femme de Plolémée, était célèbre dans l'antiquité : elle le devint surtout lorsque la reine en eut fait le
CoiBiuu grecqDU.
sacrifice aux dieux. Lorsque son mari revint de son expédition de Syrie, Bérénice alla consacrer sa chevelure à Vénus, dans un temple de 111e de Chypre. Au bout de quelque temps, la chevelure ayant disparu, un astronome prouva qu'elle avait été transportée au ciel et formait une constellation. Les poètes chantèrent cette métamorphose qui devint très populaire.
Coifliite de Déréoica.
Pour porter ainsi sa chevelure, il fallait qu'elle fût très abondante. Aussi un grand nombre de femmes suppléaient à ce qui leur manquait, à l'aide de cheveux artificiels.
La coiiïute ordinaire des femmes athéniennes, antérieurement aux guerres médiques, consistait à relever les cheveux tout autour de la
tête et à les réunir en pointe au sommet. Cette coiffure, appelée corymbe, est trCs-fréquente sur les vases. La plupart du temps, les cheveux sont alors Qxés avec un bandeau, un ftlct ou une pièce d'étoffe
(flg. 391 et 392). Ccst aussi ce que montre la ligure 393. Il y a> d'ailleurs, une très-grande variété dans ce genre de coiffure; ainsi
dans la figure 30!i, les cheveux sont relevés sur les côtés, et la touffe de rcilréuiilé ne s'échappe qu'en partie par derrière, tandis que, dans la figure 395, .celle touffe n'est plus entièrement enveloppée dans Je linge qui cnioure lu lêie et les cheveux tombent sur les tempes.
LA COIFFURE
Quand la chevelure était trop abondante pour être attachée d'une manière aussi simple, on la fixait en un arc double sur le haut de la
CoiSuict gitcqint.
téie, comme on le voit sur la Vénus de Médicis, sur la Diane à la biche, et même sur l'Apollon du Belvédère, car les hommes eux-mêmes portaient cette coilïure, qui est particulière aux temps primitifs et dont la représentation apparaît assez fréquemment sur les vases.
En Grèce, iacheveluredes femmes était quelquefois maintenue dans nne espèce de ûlet qui en portait la masse derrière la tête {fig. 396 et 397).
CaiOun> grecqu«t.
Les anciens attachaient à la chevelure une grande importance. On en peut juger par ce passage d'Apulée : u Parlez-moi d'une chevelure dont la couleur est aussi agréable que le lustre eo est parfait, dont l'éclat brille aux rayons du soleil, ou bien se reflète avec douceur, pré- Bentant divers agréments selon les divers accidents de la lumière.
LE TtTEMBHT.
Tanldt Ce sont des dieveox blimds, dont l'(u-, moins éMoniMUt k 1* racine, j prendra la couleur d'oa rayon de miel; tantôt ce Beraanairi|r âe Jais, qui le disputen aux nuancée axurées de la gt»^ da pigeon^
S*iEs sont parfumés des essences de l'Arabie, que 1» dent.dtm p fln s'y soit promenée et les ah réunis derrière la tête, un a à les voir y contemplera son image et sourira de plaisir. D'antres fois, tressés en nattes épaisses, ils couronneront la tête ; d'autres fois, librement répandus, ils ruisselleront en longue nappe derrière le dos. Enfin, la coifTu're est un ornement si avantageux que, malgré Tor, les vêtements superbes, les diamants, et toutes les autres séductions de la
coquetterie dont une femme se présentera parée, si la chevelnre est mal soignée, elle ne pourra espérer d'entendre louer sa toilette. »
LA COIFFURE
Ovide (Joune, dans son Arl d'aimer, quelques conseils sur la manière dont doit être coiffée une femme qui veut charmer, « N'ayez point les cheveux en désordre : selon qu'elle sera soignée, votre chevelure
Coilurei giecquei.
augmentera ou diminuera vos grâces. Il y a plusieurs manières de l'arranger : une femme doit choisir celle qui lui sied le mieux et consulter là-dessus son miroir. Un visage un peu allongé demande pour accompagnement des boucles détachées (dg. 398). Cet autre, plus arrondi, veut qu'on donne de l'élévation au front par un léger nœud et qu'on laisse les oreilles découvertes (fig. 399). Celle-ci doit laisser flotter -ses cheveux sur l'une et l'autre épaule ; celle-là doit les relever et le attachera la manière de Diane lorsqu'elle poursuit dans les bois les bétes ■effrayées. De grosses boucles lâchement attachées conviennent à l'une.
CoifluTBt gncquei
il faut à l'autre une coiffure en forme de tortue ; cet autre en veut une qui imite les ondulations des flots. Mais comme on ne saurait compter les glands que produit le chêne touffu, ni les abeflles du montHjbla, ot
les bëtes féroces dont les Alpes sont peuplées, ainsi je ne puis décrire toutes les manières de se parer. Chaque jour amène une mode nouvelle. Une coiffure négligée sied bien à pluàeurs; souvent vous la croiriez celle de la veille, et elle vient d'être arrangée de nouveau. » (Fig. 400, Z|01.ii02, I|03, ijOIi. Ù05et/|06.)
L'histoire de la barbe offre aussi diverses variations suivant les temps. L'usage de se raser ne s'est produit on Grèce qu'assez tard, et pendant longtemps encore après qu'il était passé dans les habitudes, ceux qui l'avaient adopté passaient pour cela seul pour des débauchés
et des efféminés. Si nous en croyons Clirjsippe (cité par Athénée), cette coutume ne serait même pas aoiôrieure à la période macédonienne. (I L'usage de se raser, dil-il, s'introduisit du temps d'Alexandre; jamais cela n'était arrivé auparavant. Tjmolliéc même, ce célèbre musicien, jouait de la flûte, sans songer à jeter à bas sa grande barbe... Quoiqu'il y eût à Rhodes uns loi qui défendait de se raser, tout le monde le faisait ; c'est pourquoi personne no dénon<;ait un autre à cet égard. AByzancc, la loi pni[ion<;ait une amende contre tout barbier qui aurait un rasoir, et cependant tous les barbiers en faisaient usage. »
L'usage de la barbe était assez général dans les villes grecques, à l'époque de la domination romaine, et plusieurs Pères de l'Église recommandent expressément de la porter. Voici ce que dit sur ce sujet saint Clément d'Alexandrie : a Je dois aussi quelques instructions sur la manière de porter la barbe et les cheveux. Les cheveux des hommes doivent être lisses et courts, leur barbe épaisse et touffue. H ne faut point que leurs cheveux retombent en boucles sur leurs épaules, comme ceux des femmes, mais qu'ils se conlenient de l'ornement de leur barbe. S'ils la coupent, ils ne la couperont point entièrement, car
LA COIFFURE. 313
c'est un spectacle honteux, et c'est aussi par trop ressembler à ceux qui l'arrachent et l'épilent, que de la raser jusqu'à la peau. Le psalmisle, plein d^admiration pour La belle et longue barbe d'Aaron, f répand dessus dans ses chants les parfums célestes. Si donc nous sommes obligés quelquefois de couper notre barbe ou nos cheveux par diverses circonstances qui n'ont aucun rapport avec le soin de notre beauté, lorsque par exemple nos cheveux, tombant sur nos yeux, nous empêchent de voir, ou que les poils de notre lèvre supérieure se mêlent À DOS aliments, il ne faut point les couper avec un rasoir, mais avec des ciseaux. Quant aux poils de notre barbe qui ne nous sont point incommodes, gardons-nous bien de les couper, puisqu'ils donnent à notre visage une gravité majestueuse, et qu'ils inspirent à ceux qui noDS voient une sorte de respect et de terreur filiale. »
1 tenaient pas
La coiffube chez les Romains. — Les Romains n moins que les Grecs à leur chevelure.
Les très jeunes gens portaient la chevelure flottante, mais quand ils arrivaient À la puberté, ils la consacraient à Apollon. Les hommes portaient en général les cheveux courts, et quand ils avaient échappé à quelque grand danger, ils les rasaient complètement. La manière dont ies cheveux étaient arrangés a varié suivant les temps: sous la République, ils étaient courts et droits, comme on le voit sur le buste de Brutus. Us furent au i contraire frisés sous l'Empire et redescendaient sur le front pendant le règne d'Auguste et de Tibère. Sous Néron, ils ne descendirent plus autant sur les sourcils, et on imagina de les rejeter en arrière. Les cheveux sont très bouclés au
temps de Domitien, mais sous Philippe et Gordien, ita redeviennent droits.
Les dames romaines se servaient de fers chauds pour fHser leur
chevelure, dont les boucles formaient quelquefois plusieurs étages
(fig. {|07). Il Les femmes, dit Teriullien, tournent leurs cheveux à
droite, et se servent pour cela d'une aiguille qu'elles manient déli-
ir. iO
3li LE VÊTEMENT.
catemcnt pour agencer leurs cheveux : la raie qu'elles laissent sur la
devant les font reconnaître pour femmes mariées, m
On a donné diiïérents noms aux différentes manières que les dames
romaines employaient pour s'arranger les cheveux (Og, 408, 109, 610, dll, 4)2, 413, Iilfi, 415 et 416). Ainsi le Tululus est le nom d'une coIHure qui consiste h rassembler les cheveux au sommet de la tëto en forme de cane, par-dessus lequel on mettait souvent un voile. VAnnulus est une coiffure où les cheveux sont arrangés en cercle comme des anneaux autour du derrière de la tôte, comme on le voit dans Plotine, femme de Trajan. Quand les boucles sont disposées par rangées superposées l'une sur lauire, c'est le Gradut, et la boucle pendante en tire-bouchon comme uno vrille ou le tortillement d'une frange est le Cincinnus. Enfin le Toms est une chevelure
ù grosses tresses, ou pour mieux dire une corde de cheveux.
FIg. 408. — Cainnn romiiiie.
Les Grecs: pI les Romains gardaient leur chevelure naturelle et la perruque n'était pas pour eux une nécessili; comme pour les Égyptiens, Mais ils ajoulaicnl à leurs cheveux de grosses tresses pour en augmenter le volume. Cet usage, qui a probablement existé de tout temps, est devaiu universel sous l'empire, à l'époque surtout où les femmes se
LA COIPFUB
sont mises à porter sur la tête un véritable monument de tresses et de nattes. C'est à cela qu'Ovide fait allusion dans son Ârl d'aimer lorsqu'il
dit aux Temmes : « Vous avez mille manières de voiler vos défauts : les nôtres sont dirflciles à cacher. L'âge fait tomber nos cheveux, comme Borée abat les feuilles des arbres. Une femme cache la blancheur des siens avec des herbes de la Germanie et l'art lui fournit une couleur plus belle que la couleur véritable. Une femme peut se parer d'une épaisse chevelure qu'elle aura achetée : avec de l'argent elle répare,
par des cheveux étrangers, la perte des siens. Elle ne rougit pas de faire ouvertement cette empiète, n
Les dames romaines, qui avaient généralement les cheveux noirs, mais qui étaient passionnées pour les cheveux d'un blond éclatant, portaient souvent des perruques blondes qui étaient montées sur des peaux de chevreau et qui étaient quelquefois rehaussées de poudre d'or. C'est en généra! de Germanie qu'on faisait venir ces perruques.
On attachait une telle importance à la couleur des cheveux, que le» femmes qui portaient les leurs avaient presque toujours soin de les teindre. On employait pour cet usage diverses préparations, telles
qu'une infusion de brou de noix, ou de la lie de vinaigre mêlée à de l'huile de Icnlisque. On fabriquait aussi un savon composé de cendre de hêtre et de suif de chèvre ; ce savon, qui était tantôt en pâte, tantôt liquide, venait de la Gaule.
Tous ces usages ont été flétris par les Pères de l'Église, h Nous ne devons pas, dit saint Cléraeni d'Alexandrie, changer par des couleurs artificielles la couleur naturelle de nos cheveux et de nos sourcils. S'il nous est défendu de porter des habits de couleurs différentes et mélangées, il nous l'est à plus forte raison de détruire la blanchcurde nos cheveux, qui est une cause de respect et un signe d'autorité, n
Les chrétiens cependant cédaient souveni à l'entraînement général; non seulement ils teignaient leurs cheveux, mais encore ils portaient perruque. Aussi ils s'attiraient quelquefois de sévères admonestations. Terlullien, les blâmant des soins excessifs qu'ils prennent de leur chevelure, ajoute : « Vous faites encore quelque chose de pis que cela.
LA COIFFURE. 317
VOUS attachez à vos cheveux naturels je ne sais quelle énormité de cheveux étrangers, tantôt en forme du fourreau de tête, tantôt en forme de bourrelet. Je me trompe fort si ces manières ne combattent pas directement le précepte du Seigneur. Il a prononcé que personne ne pourrait rien ajouter à sa taille ; cependant vous appliquez des perruques élevées en rond sur vos têtes, comme si vous vouliez les armer de boucliers. Si ces énormités ne vous font pas honte, rougissez au moins de la faute que vous commettez en les portant. Ne parez pas vos têtes saintes et chrétiennes de la dépouille de quelques têtes étrangères qui sont peut-être impures, malsaines et condamnées aux peines , de Tcnfer. »
Saint Clément d'Alexandrie est encore plus explicite : u Par-dessus tout, dit-il, les femmes doivent évHer de placer sur leurs têtes des cheveux qui aient appartenu à la tête des autres. Cet usage est souverainement impie. A qui, en effet, le prêtre imposera-t-il les mains? A qui donnera-t-il sa bénédiction? Ce ne sera point certes à cette femme, mais aux cheveux trompeurs qu'elle porte, et par ces cheveux, à une tête qui n'est point la sienne. »
Les admonestations sévères des Pères de TÉglise suffiraient pour montrer ^importance qu'on attachait à la coiffure sousTempire romain. « Quant aux femmes, dit saint Clément d'Alexandrie, il doit leur suffire de rendre leurs cheveux plus dociles et de les retenir dans les nœuds modestes d'un simple ruban; plus leur chevelure est simplement arrangée, plus leur beauté est vraie et digne de la pudeur de leur sexe. Tous ces plis, toutes ces tresses, ces boucles qu'elles entrelacent les unes dans les autres, les font ressembler à des courtisanes et les enlaidissent au lieu de les embellir, en leur faisant arracher violemment ceux de leurs cheveux qui n obéissent point à leurs caprices. La tête ainsi couverte d'ornements fragiles, elles n'osent point y porter les mains; elles craignent même de se livrer au sommeil de peur de détruire, sans le vouloir, ces parures bizarres et artificieuses qui leur ont coûté tant de soins.
« Toutes ces bandelettes, tous ces réseaux de formes et de couleurs différentes dont elles attachent et enveloppent leur chevelure ; toutes ces tresses innombrables qu'elles enlacent les unes dans les autres avec mille soins curieux et recherchés; tous ces miroirs de forme et de matière magnifique à l'aide desquelles elles composent leur visage et leur maintien, afin de mieux séduire ceux qui, comme des enfants privés de raison, se laissent prendre à ces trompeurs appas ; tous ces soins.
dis- je, toutes ces recherches proclament leur opprobre et leur corruptioD. Elles se créent une beauté fausse, et, comme si elles avaient fait un superbe ouvrage, elles prennent un miroir pour la regarder, au lieu d'un voile pour la couvrir et la cacher. » (Saint Clément d'Alexandrie.)
Pline fournit quelques renseignements sur la barbe, o Un point, dit-il, sur lequel toutes les nations se sont accordées, c'est Tusage de se faire la barbe, mais il s'est introduit tardivement chez les Romains. Les premiers barbiers vinrent de Sicile, Tan k^k de la fondation de Rome. Us furent amenés par P. Ticinius Mena, au rapport de Varron Jusque-là les Romains avaient porté la barbe. Le premier qui prit l'ha bitude de se faire raser tous les jours fut le second Scipion l'Africain. Le dieu Auguste s'est toujours rasé. »
En Italie, il faut remonter jusqu'aux Scipions pour trouver l'habitude de se raser. Aulu-Gelle répète la même assertion que Pline- U résulte de là que ni le premier Africain ni l'Asiatique n'avaient abandonné Tusage de porter la barbe longue.
Sous la décadence, quand l'usage de se raser et de s'épiler fut devenu général, les philosophes et ceux qui se piquaient de conserver des mœurs viriles mettaient une sorte d'affectation à garder toute leur barbe. Les habitants d'Antioche, qui étaient presque tous chrétiens, s'étant moqué do rempereur Julien à cause de sa barbe négligée, il leur répondit par une satire (Le Misopogon) dont le lecteur comprendra facilement l'ironie et rexagéralion : « Et d'abord, commencions par le visage. La nature, j'en conviens, ne me l'avait donné ni trop beau, ni agréable, ni séduisant, et moi, par une humeur sauvage et quinteuse, j'y ai ajouté cette énorme barbe, pour punir, ce semble, la nature de ne m'avoir pas fait plus beau. J'y laisse courir les poux, comme des bêtes dans une forêt: je n'ai pas la liberté de manger avidement ni de boire la bouche bien ouverte ; il faut, voyez-vous, que je prenne garde d'avaler à mon insu des poils avec mon pain. Quant à recevoir ou à donner des baisers, c'est difficile; car une telle barbe joint à d'autres inconvénients celui de ne pouvoir, en appliquant une partie nette sur une partie lisse, cueillir d'une lèvre collée à une autre lèvre cette suavité, dont parle un des poëtes inspirés de Pan et de Calliope. Vous dites qu'il en faudrait faire des cordes; j'y consens de bon cœur, si toutefois vous pouvez l'arracher et si sa rudesse ne donne pas trop de mal à vos mains tendres et délicates. Que personne de vous ne se figure que je suis chagriné de vos brocarts ; j'y prête moi-même le flanc, avec mon menton
LA COIFFURE
de bouc, lorsque je pourrais, ce me semble, Tavoirdoux et poli comme les jolis garçons et comme toutes les femmes à qui la nature a fait don de l'amabilité. Vous, au contraire, même dans la vieillesse, semblables à vos fils et à vos filles, grâce à la mollesse de votre vie, vous épiiez soigneusement votre menton, et ne vous montrez hommes que par le front et non comme moi P^i* les joues. Mais pour moi, ce n'est pas assez de cette longue barbe, ma tête, aussi, n'est pas bien ajustée, il est rare que je me fasse couper les cheveux ou rogner les ongles, et mes doigts sont presque toujours noircis d'encre. Voulez- vous entrer dans mes secrets? J'ai la poitrine poilue et velue, comme le lion, roi des animaux, et je ne l'ai jamais rendue lisse, soit bizarrerie, soit petitesse d'esprit. 11 en est de même du reste de mon corps ; rien n'en est délicat et doux. Je vous dirais bien s'il s'y trouvait quelque verrue, comme en avait Cimon; mais c'en est assez; parlons d'autre chose. »
Le bonnet. — La forme primiiive du bonnet est circulaire et semblable à la partie supérieure de la tête, qu'il est destiné à couvrir pour la garantir du froid et de la pluie. Suivant Hérodote, les Égyptiens avaient généralement la tête nue. Il n'en était pas de même chez les peuples de l'Asie, et nous avons parlé, en décrivant leur costume, du bonnet phrygien, de la mitre, de la tiare, etc. Dans la société grecque et romaine, les hommes sortaient presque tou-
jours tête nue; et, en cas de mauvais temps ou de froid, ils se recouvraient soit avec un pan de leur draperie, soit avec le capuchon du manteau, dont l'usage était devenu universel à la fin de l'empire romain. Néanmoins, on voit sur quelques monuments, représentant Ulysse ou les
Pig. 4n Chapeau.
FJg 41b.
Caapeaoz.
Fis. 419.
Dioscures, une espèce de bonnet de feutre, qui paraît, d 'ailleurs, avoir été en usage chez presque tous les peuples de l'antiquité, mais qui
3» m TttBMBlIF.
semble avoir été porté. principalemeat par les maiins et tes gens du
peqple. La ^pire kH donnela forme la plus habituelle dB,ee bomei
qui M dilRre da boanet phr^^ qa'en ce qull n'a pas le p^t retOBT en avant qoe noua voyons aux figims d» P&ris et de Ganyméde, Le' bcnnet ^e les Romains nommaient ptisut est à.peo prte analogue k celui qa'on vient àfi ^nit, mais quelquefois plus arrondi {HP^ ki hant, Cependant l'homme des dbainpv «s to voyageur avait surtout besoin 4*00 di^wn capable de le préservw des ardenn da soleil : de Ut l'usage da jMau, de la emmlm et de différents chapeaux à grands bordi, qui (Qg. &iB et ki9), sons des titres dlffirmtB, reproduisent un type & peu prés analogue.
Le pétase est d'i^gine th'essalienne : ^tetaa cbapMH defentreà
tnid bas et à larges borda attaché par des cordons qne Voa DOaalt dsp*
riére la tête (Ûg. 420). La plupart des
cavaliers des Panalbébées portent le
pétase ; sur les vases peints, lepétase,
rejeté en arrière, indique presque
toujours un voyageur. La causia est
un chapeau du même genre, mais dont
les bords sont relevés au lieu û'ëtre
simplement à plat : c'est la coiffure
macédonienne (fig. Ji21).
On voit aussi sur quelques figures
représentées sur les vases, des chapeaux dont le bord est un peu plus petit
-que dans les chapeaux précédents,
mais qui avaient cela de particulier
qu'on les portait en les inclinant sur
lo front, comme le montra la kb-wi, — cunia.
figure £|22, tirée d'un vase peint,
La bandelette qui maintient le chapeau sur la tête ne passe pas
sous le menton, comme on le voit souvent chez nous, mais elle va
s'atucher derrière la tête. Presque tous les chapeaux de ce genre
-étaient disposés de façon à pouvoir se rejeter en arrière, en retombant
LA COIFFURE. Ht
sur le d03 lorsqu'on voulait avoir la té(e découverte. Cette disposition est très visible sur un bas-relief antique qui représente Antiope et ses fils, que nous avons reproduit plus haut sur la figure Ziik-
Enfin, les terres cuites grecques présentent également des chapeaux dont la forme dilfôre un peu de ceux que nous avons montrés jusqu'ici d'après les basreliefsou lea vases peints. Une lerrecuite, par exemple, découverte dans les fouilles de Tanagra nous ofl're un petit gar<^D assis prés d'un masque : son chapeau ressemble exactement pour la forme à ceux que les jeunes gens portent encore assez souvent aujourd'hui. Ou voit aussi sur les terres cuites quelques chapeaux qui se distinguent par cette particularité, qu'au lieu de s'emboUer sur la tête, ils y sont amplement posés.
Le petit gardon, représenté sur la figure {|23, porte un chapeau plat qui ressemble à une petite planchette arrondie, et la petite fille, que montre la figure hik, est coiffée de la même planchette surmontée d'un cAne. Cette coiffure était probablement fixée à la chevelure par une épingle ou par une bandelette, mais il est quelquefois difficile d'en
comprendre la contexture d'après les monuments. Cependant quelques coiffures de l'extrême Orient rappellent assez celle-ci.
Plutarque, dans les Questions Romaines, nous informe des circonstances spéciales dans lesquelles on devait Ater son chapeau ou bien le garder sur la tête. « Pourquoi, dit-il, en adorant les Dieux, se voile-t-on la tête, taudis que si l'on rencontre des personnes dignes d'être honorées, et que l'on se trouve avoir son manteau sur la tête, on se découvre? — Celte coutradictiou semble rendre la difficulté plus grande... On se découvre devant les personnages puissants, non pour leur rendre hommage, mais plutdt pour écarter d'eux la jalousie qu'ils inspireraient s'ils avaient l'air de réclamer les mêmes honneurs que les Dieux ; on veut faire voir, au contraire, que loin de se réjouir d'hon-
« LB VÊTBKENT.
□eors annblables, Os les Bopporteraient impatjemineiit. Qaant à mK^uÎ; regarde les Oieox, on les adwait de cette fa^oa pour s'humilier soi-
fP*
même en se coorraot la tftte : on pIutAt, tétait afla de ae pas «'uposer à entendre du dehors, pendant sa prière, desparoles sinistres et dfr mauvais ai^re, que Pon remettait ainsi son manteau Jusque pardessus ses oreilles. On redoutait en effet beaucoup ces paroles ; et ce qui 1» (iémODtre, c'est qu'on a l'habitude de provoquer ud grand tapage d'instruineots de cuivre quand on se présente pour consulter un oracle. »
LA CHAUSSURE I siiii>jiLB3. — Les bottines. — Lis
Les sandales. — Malgré la diversité de leurs formes, les chaussures des anciens peuvent se rattacher à trois types principaux, la sandale, la bottine et le soulier fermé. La sandale est une semelle qui garantit le dessous du pied, mais ne recouvre pas le dessus et qui se fixe à la jambe au moyen de cordons ou de lacets. Les sandales égyp-
lieimes, les plus anciennes que l'on connaisse, étaient généralement tressées avec des feuilles de palmier ou des tiges de papyrus. Quelquefois le travail était formé de petits carrés très-serrés présentant assez bien l'apparence d'un tissu (fig. 425) ; d'autres fob, il se compo-
Pig. 4iS. — SameUe igjplii
sait de petites bandes plates, qu'on joignait les unes aux autres, comme le montre la figure 426. On employait également pour les semelles du cuir, du liège, ou même du bois.
Pig. 4Sa. — tMnidIs tg7pti«iiM.
Quelquefois les sandales égyptiennes sont' doublées d'une toile sur laquelle sont des dessins. On y voit notamment des figures d'Asiatiques ou de DËgres (fig. A37}.
Ce n'est pas, comme on pourrait le croire, que les Égyptiens aient voulu se donner l'innocent plaisir de fouler aux pieds leurs ennemis. Il y a là un emblème religieux qu'on trouve également formulé dans les textes :
Que tes ennemis soient joui tes ^'«- *"'•■ -
sandales. Il s'agit simplement
d'un vœu adressé au mort pour qu'il triomphe des puissances amies des ténèbres. Les sandales qui portent cette inscription sont toujours des objets funéraires.
Les sandales égyptiennes étaient retenues au pied soit à l'aide d'une simple corde (fig. 428), soit au moyen d'une grosse tresse.
ta ^ Ll |tTKIIBnT.-
Li flgàn &S1> représente uaeuunssnre égyplienoefule enpapymt et qui appanîeat i ii collectioa de Beriio : Ici lien M plieâ sur M
coo-de^ied et poami d'un appeadice desfloé fc passer entre le grand orteil et le do^ voiain. Ce genre de chaussure a été également employé par les Romains qiii le fabriquaient avec des petites bandes de sanlw tressées, inais il n'était en usage que dans la classe {«nTre.
Pig. 410. — Stodsl» igyfUtaiat.
Dans ces sandales, la semelle suit exactement la forme du pied, mais il y en a d'autres dont le bout se relève en pointe, en décrivant
une ligne courbe quelquefois assez prononcée. Ces chaussures à extrémité relevée se rencontrent chez plusieurs peuples de l'Asie; on en trouve également en ^pte, où elles ont peut-être été introduites à l'époque de Cambyse (Rg. ù30-ft31).
Quelquefois la sandale, au lieu de consister en une simple semelle, était pourvue d'un petit rebord qui entourait tout le pied sans cependant en recouvrir la partie supérieure. La ligure U32 nous oITre un
Vig. 431. — SaDdala
exemple de ce genre de chaussure telle qu'elle a été employée par les
Pig. 4M. — Ctiaauuia égyptiaona.
Les femmes portaient souvent en Grèce el à Rome des espèces de
OiaunuTW gtecqaM.
Plg. 444.
pantoufles, dont l'empeigne couvrait les doigts et la partie antérieure du pied, mais laissait le cou-de-pied à découvert ainsi que le talon. Les peintures de Pompéi montrent plusieurs exemples de ce genre de chaussure.
LE VÈTEMKST.
£a Grèce, la chaussure, la plus habiluelle pour les hommes, consistait en une peau de bceuT placée sous le pied comme semelle et se relevant un peu par-dessus les orteils. Des courroies la Pixaient autour de la partie inKricupe de lajambe cl sur le cou-de-pied, commeoa la voit sur les figures i33 et kH-
D'autres chaussures, également très-communes, mais qui sont portées par une classe plus distinguée, présentent un peu plus de complication, puisqu'clk-s ont, contrairement aux précédentes. une semelle séparée du soulier, qui est cousu par-dessus comme les nôtres (fig. i35).
Ou lixait à cette semelle qui, est parfoisassez épaisse, une pibco de cuir étroite qui recouvrait seulement le laluu et lescôtésdu pied, mais h laquelle s'adaptaient des brides qu'on entrcla(;ait sur le cou-depied jusqu'à la cheville en formant des dessins de fantaisie. Cette chaussure fait en quelque sorte partie du costume national des Grecs, cl c'est elle qui, presque partout, accompagne le pallium et la chlamyde sur les monuments. Il est à remarquer que la petite bande de cuir qui relie la
semelle passe toujours entre l'orteil et le second doigt- Il faut observer aussi que le talon est quelquefois découvert comme on le voit sur les figures i[|36 et I|37, La semelle dont se servaient les dames grecques et romaines était or^ioairement en liège. Ou mettait quelquefois deux
OU trois semelles adaptées l'uoe sur l'autre pour préserver le pied de l'humidité.
Les bottines. — Od se servait également de bottines montantes, dont la figure j|38 nous oiïre un exemple. 11 y eu avait un grand nombre d'espèœs différentes; mais, )e plus souvent, ce sont des brodequins ouverts par devant et percés de petits trous près des bords pour passer les lacets qui serrent la jambe. Les gens du peuple, surtout à la campagne, portaient des bottines de peau non tannée et garnie de son poil: elles montaient jusqu'au mollet et se laçaient par devant comme celles des gens de la ville. Les brodequins des ^ ^ chasseurs offraient souvent cette parti- "-^^gr^/^"^ cularité que l'estrémité du pied était ng. 4S8. - Bottine.
découverte, l'empeigne s'arrélant un peu
avant les doigta qui, de cette façon, demeuraient libres. C'est ce genre dechaussure que les sculpteurs donnent habituellement h Diane chas-
Boltjnea grecquu.
La figure i|39 nous montre également une bottine montante ouverte et lassée par devant: ce qu'elle offre de particulier, c'est que l'extrémité se relève en pointe comme cela arrive souventdans les chaussures orientales. Outre ces bottines, on employait quelquefois de véritables bottes, comme celle qui est représentée sur la figure hkO.
Les sénateurs romains portaient une chaussure particulière, montant sur la jambe jusqu'au bas du mollet, et attachée par des courroies
8» LB VSTBMBNT.
qui' so crofsairat 8or le coti-de-pied. Ua oroement ea forttie de citrissant 6tait le caractère distinctif de cette chaussure; toutefois cet mnement» appelé bma par les auteurs, n'est pas aiq[»rent dam les statues.
Le brodequin des acteurs ^giques, aiq[>elé cothurne, était caractérisé par répaisseur de la semelle ; nous démrons cette diaussure en parlant du théâtre.
Lis souLiias. — Les souliers, dont l'usage est si général diex tes peuples modernes, étaient beaucoup moiiB employés dans l'antiquité. En £gyp^^» OA A^ parait pas s'en être servi antérieurement aux Ptolémées. La fkMrme dessouliors était à peu prés pareille à celle qui a cours parmi nous.
Cependant il y a quelques différences qu'il est bon de s^aleri. La figure 441 montre jun soulier qui se nouait parnlessus h Faite d'un
Fig. 441. — Soulier égyptien nos itemeUe.
lacet ou d'un cordon qui était habituellement en cuir comme le soulier lui-même. Ce que cette chaussure offre de particulier, c'est qu'elle est dépourvue de semelle, le morceau de peau dont elle est formée pré* sentant partout la même épaisseur.
Fig. 44S. — Soulier égyptien arec lemello.
Toutefois ce système n'était pas général et la figure 442 nous montre une chaussure égyptienne pourvue d'une forte semelle.
Nous avons TU déjà des sandales et des bottiaes dont l'estrémité se relève en décrivant une courbure assez prononcée. La figure kk^ nous
- Soulici isrptiea i bout recombi.
montre un soulier égyptien qui présente le môme caractère. Presque tous les peuples de l'Asie ancienne ont employé des chaussures de ce genre, et on en trouve également sur les monuments étrusques. On peut en voir un exemple dans le grand sarcophage du musée Campana que reproduit notre figure 510 du tome I".
La figure kkU montre un soulier grec qui diffère peu de ceux que nous employons. Il est bon d'observer toutefois que ce genre de chaussures n'apparaît en Grèce que d'une manière tout à fait exceptionnelle. La bottine et la sandale sont beaucoup plus fréquentes sur les monuments.
Les soldats romains, qui faisaient des map ches continuelles, devaient être chaussés très- p^ ^^^^ g^^,j^, solidement. Pour empêcher la chaussure de s'user trop vite, et augmenter encore sa solidité, on mettait sous la semelle une quantité de gros clous, comme on rn voit encore de nos jours aux paysans. Ces clous donnaient naturellement à la chaussure une grande pesanteur et c'est pour cela que Juvénal plaint le malheureux sur le pied duquel un soldat a marcha par mégarde. Il n'est pas resté de chaussures à clous, mais on en voit la représentation dans uno curieuse lampe que nous reproduisons (fig. I|I|5 et /|I|6}.
Les pauvres se servaient souvent de chaussures de bois comme Dos sabots. Quant aux classes riches sous l'empire romain, le luxe qu'elles déployaient est tel que rien n'en peut donner une idée dans nos sociétés mudemes. Les Pères de l'Église s'élevèrent avec véhémence contre cet abus, comme on peut le voir dans le passage suivant, tiré du Pédagogue de saint Clément d'Alexandrie.
« Les femmes vaines et orgueil leusesmontrentleurmolle délicatesse jusque dans la chaussure même. Leurs sandales sont enrichies de
«• LS VSTBHIHT.
broderies d'or et relevées par des clous du même métal. Plusieurs même y ont fait graver des embrassements amoureux, comme po«r laisser sur la terre des traces de la auruptùm de leur kme. Una de nous ces tnmipeuses chaussures où brillmt l'or ot les [Herreries, tes pantoufles d'Atbènes et de Sicyoae, les souliers do Perse et d'Élrurid I 11 suCElt que les souliers remplissent Uen l'usage naturel pour lequel ils
u (d'apita Di
ont été faits, c'est-à-dire de couvrir les pieds et de les défendre, en marchant, contre tout ce qui peut les blesser. On accordera aux femmes des souliers blancs quand elles demeureront à la ville et qu'elles ne feront point de voyages ; car, dans les voyages, on a besoin de souliers huilés et relevés de clous. Du reste, elles ne demeureront jamais les pieds nus, cela est contraire à la bienséance, et peut ôlre nuisible à la délicatesse de leurs sens, plus facilement blessés que les nôtres. Quant aux hommes, il leur est honorable de ne point se servir de souliers, qui sont une espèce d'entrave et de liens; c'est même un exercice trèssalutaire pour la santé et pour la souplesse des membres que d'aUer pieds nus quand on peut le faire sans s'incommoder. Si nous n'allons point en voyage, et qu'il nous soit impossible d'aller pieds nus, nous nous servirons d'une simple semelle à laquelle les Athéniens donnent un nom particulier qui indique, je crois, que cette espèce de cbaussurâ laisse approcher le pied de la poussière. »
vu
LA PARURE
Lis DiACtHis. -
Les diadèues. — Les diadèmes ne paraissent pas avoir été en usage dans l'aocienne Egypte. Cependant le catalogue du musée de Boulai] en signale un qu'on prendrait plus volontiers pour un bracelet d'humérus. Mais il n'y a aucun doute sur son usage, puisqu'il a été trouvé sur le sommet de la tête d'une reine, et en partie engagé dans ses cheveux. Deux sphinx eu or alTrontés en forment le principal motif décoratif.
Fig. 447. — CoucoDiia ds Tlg* bérolQU.
Dans les temps héroïques, les rois et les personnages opulents portaient des diadèmes ou des couronnes, mais cet ornement de la tête n'était aucunement considéré comme un signe d'autorité; c'était une simple parure. Un des personnages retrouvés par M. Schlieman, dans les tombeaux de Mycënes, avail sur la tête une couronne d'or que reproduit la figure ù£|7. Cette couronne, travaillée au repoussé, est enrichie de grandes feuilles d'or qui y ont été adaptées. Les ornements qui le décorent ressemblent à des boucliers.
Nous avons déjà montré, à propos des usages funèbres, les riches couronnes d'or que l'on déposait dans les tombeaux (Gg. 203). Le
â3t LB TSTBMSHT.
musée du LouTre en possède placeurs qui sont d'une grande bonté. Quelquefois ce sont des diadèmes fort simptea: U y ea a qui consiateat «n une lame de métal souple et étroite faisant l'offlce du ruban qitf serait les cheveux du devant de ceux du reste de la tète. D'utm* au contraire, sont d'une oraernentatioa excessiveineat ridie, et les bijoutiers étrusques ont fait dans ce genre dos chefs-d'œuvre que l'iadustrie moderne s'efforce souvent d'imhiT. Toutefois les vases peints | ne nous offrent jamais la représentation de ces richc^s diadëmes, et i cens qu'on y voit sont au contraire d'une remarquable simplicité. Ceux J qu'on trouve le plus habituellement ont la (wme d'un croissant qui se i pta^t sur le frcnt comme le montrent les ligures W et d/iQ.
TStw iiMMmiu.
Le goQt des bijoux prit des proportions énormes, surtout chez les femmes de mauvaise vie. Aussi les écrivains distinguent soigneusement la parure d'une honnête femme et celle d'une femme de mauvaise vie. C'est ce que nous voyons dans ce passage de Lucien : a Une femme belle et modeste se contente de porter quelques bijoux propres à relever sa beauté, un collier mince autour du cou, une b^pje légère au doigt, des pendants aux oreilles, une agrafe, une bandelette qui arrête ses cheveux flottants, sans ajouter à ses attraits d'autre parure que ce que la pourpre ajoute k un vêtement. Mais les courtisanes, surtout celles qui sont laides, mettent une robe toute de pourpre, se font le cou tout entier d'or, usent du luxe comme moyen de séduction, et suppléent par les ornements extérieurs à ce qui leur manque de beauté. Elles s'imaginent que leurs bras seront plus blancs, quand on y verra
LA PARURE. 333
l)ri]ler l'or ; que la forme disgracieuse de leur pied se perdra dans For •de leurs sandales ; que leur visage deviendra plus admirable quand il resplendira d'un éclat emprunté. Voilà ce que font les courtisanes, mais la femme pudique ne porte l'or qu'autant qu'il convient et où il en faut. »
Pline rapporte les folles dépenses auxquelles se livraient quelquefois les dames romaines pour leur parure : » J'ai vu, dit-il, LoUia Paulina, qui fut la femme de l'empereur Galigula (et ce n'était pas une fête sérieuse, une cérémonie solennelle, c'était un simple souper de fiançailles ordinaires) ; je l'ai vue, dis-je, couverte d'émeraudes et de perles qui se relevaient par leur mélange alternatif sur la tête, dans ses cheveux, dans ses cordons, à ses oreilles, à son cou, à ses bracelets, à ses doigts: tout cela valait &0 millions de sesterces (8,/iOO,000 fr.) ; «t elle était en état de prouver immédiatement par les quittances que telle en était la valeur. Et ces perles provenaient non pas des dons d'un prince prodigue, mais des trésors de son aïeul, trésors qui étaient la dépouille des provinces. Voilà à quoi aboutissent les concussions I M. Lollius fut déshonoré dans tout l'Orient pour les présents qu'il avait extorqués aux rois, disgracié par G. César, fils d*Auguste, et obligé de s'empoisonner, aûn que sa petite-fille se montrât, à la clarté des flambeaux, chargée de [|0 millions de sesterces I D'un côté, qu'on mette en regard ce que Gurius ou Fabricius ont porté dans les triomphes; qu'on -se représente les brancards triomphaux; et d'un autre côté une seule femmelette de l'empire, une Lollia placée à table : n*aimerait-on pas mieux les faire descendre de leurs triomphes que de préparer un tel scandale ? »
Le collier. — Le collier des Égyptiens peut être considéré sous trois points de vue : comme insigne honorifique, comme emblème funéraire, ou comme ornement de toilette.
Comme insigne honorifique, le collier était l'équivalent, non pas de la croix d'honneur, mais du degré le plus élevé de la Légion d'honneur, grand-croix, par exemple. 11 n'était porté que par des personnages du plus haut rang, et était en même temps la marque d'un grand commandement. Cet usage paraît même remonter à une trèshaute antiquité. On lit dans la Genèse : « Pharaon dit encore à Joseph : Je t'ai établi sur toute l'Egypte ; alors Pharaon ôta son anneau de sa main et le mit en celle de Joseph, et il le revêtit d'une robe de lin fin, et il lui mit un collier d'or au cou. Et il le fit monter sur un char qui
LB V&TEHBNT.
était te second aprèa le sien, et on criait devint lui : Qu'on s'agenoaillet Et il l'établit sur toat le pays d'e«ypt«. »
L'iovestttiure do collier d'or, qui était le plus haut signe hooor^ que, èit représentée sur un bas^elief do Louvre, découvert par M. H** riette près de la tombe d'Apis (fig. bSO). On y voit le nrt- S«ti 1^
(XIX* dynastie) se penchant sur une sorte de balcon d'où il semble adresser laparole au persoonage placé devant lui. Un épervîersacré tient un flabellum au-dessus de la tële du Pharaon qui préside la cérémonie de l'investiture du collier d'or. Le personnage honoré de cette récompense est revêtu de la robe de iîn et lève le bras en signe d'allégresse pendant que deux prêtres lui attachent un collier à plusieurs rangs. Sur une table placée devant lui, on voit divers insignes qui lui sont encore destinés, entre autres une paire de bracelets, et, derrière lui, un cône préparé pour orner sa tête est posé sur une tabl'i plus petite. L'inscription explicative porte : « Le roi dit aux chers qui approchent sa personne : Donnez l'or des vaillances au dévoué chargé du trône royal, Har-Khcm. Qu'il jouisse d'une longue vie et d'une vieillesse heureuse, car sa bouche n'a pas péché dans la demeure royale. Puissent ses pas se diriger du siège çu'il occupe vers une bonne sépulture, n On sait qu'une bonne sépulture était la chose la plus désirable pour un ^^tiea et le meilleur souhait qu'on pouvait lut faire. Des scènes analo-
LA PARURE
guesà Dotre monument du Louvre sont reproduites sur les tombeaux de Thèbes.
Les emblèmes religieux apparaissent partout dans l'ornement égjptien : on n'est donc pas surpris de les trouver même dans des colliers qui étaient simplement des objets de toilette (Gg. ^51). Les poissons sacrés, les lézards, les vipères, l'œil symbolique d'Horus, les fleurs de lotus forment les motifs de colliers à plusieurs rangs, dont les extrémités, qui s'attachaient sur les épaules, sont habituellement formées par une tête d'épervier.
Selon les prescriptions du rituel, un collier devait être suspendu avecquelques autresomemen tssymboliques au cou de chaque défunt.
Ce collier funéraire est appelé Ousehh; il s'agrafait sur les épaules et couvrait presque entièrement la poitrine. On le cousait à la momie à l'aide de petits anneaux soudés par derrière.
Le musée de Boulaq renferme de riches colliers funéraires. Des
cordes enroulées, des fleurs à quatre pétales épanouies en croix, des lions et des antilopes courant, des chacals assis, des vautours, des vipères ailées, des agrafes à tête d'épervier forment une décoration aussi ricbe que variée. Le scarabée ailé, symbole de résurrection, et l'oiseau à tète humaine, emblème de l'âme, apparaissent naturellement sur ces monuments.
On voit quelquefois un bijou représentant une Ame sous la forme d'oiseau à tète humaine ; ce bijou apparaît fréquemment à Memphis, sous les Ptolémées, A la même époque, on fabriquait en grand nombre des amulettes en pâte de verre noir, composées de deux doigls humains, dont l'un dépasse l'autre; ces objets, accompagnant habituellement le scarabée funéraire (flg. 1152), se rattachaient à certaines pratiques mystérieuses dont on n'a pas encore trouvé l'explication.
Une autre amulette, dont le sens n'est pas encore bien connu.
Tig. iSi. — Pngmanl da colli
Les amulettes étaient, au reste, d'un usage très-général. Aussi le» enfants ég)'ptiens, même lorsqu'ils ont le corps absolument nu, portent souvent un collier de perles, au centre duquel on plaçait une amulette
LA PARURE. 337
qui coQsistait en un morceau de papyrus attaché ou cousu dans une petite poche en linge et contenant des invocations, et plus souvent encore en emblèmes religieux ou images de divinités.
Le musée de Boulaq est le plus riche du monde en bijouterie égyptienne. On se rappelle encore la sensation de surprises que causa aux hommes spéciaux la vue des bijoux de l'Egypte ancienne qui (igurèi-ent à l'Exposition universelle de 1867. Parmi les plus belles pièces, il faut signaler une magnifique cha'ne dont le fermoir est formé par deux têtes d'oies qui relient les extrémités ; un scarabée est pendu à la chaîne. « Les pattes, dit le catalogue, sont d'un travail si fin qu'on les croirait moulées sur nature ; elles sont soudées au corps qui est d'or massif. Le corselet et les élytres sont en pâte de verre bleu tendre rayée par des lignes d'or. »
Les OLseaui, et notamment les vautours, jouent un grand r6le dans la décoration des bijoux égyptiens; et il faut convenir que les artisans ont su en tirer le meilleur parti. Le collier dont nous donnons un fragment (fig. A53) est un des plus magnifiques spécimens de la bijouterie antique. Des fleurs et des jetons alternés forment l'ensemble du collier auquel est suspendu un vautour dont les ailes éployées décrivent une grande ligne courbe. Dans la figure Z|5Ii, les ailes ont un caractère plus raide et plus impérieux, mais qui n'est pas sans grandeur.
Flg. iM. — Bijoa ég^plien.
Quelquefois aussi on voit dans les colliers de petits cylindres en or. ornés de légendes gravées : on y enfermait un fragment de texte sacré en papyrus, auquel on attachait certaines vertus, probablement le pouvoir de chasser le mauvais sort. On peut également citer un collier composé d'yeux symboliques en argent alternant avec des petits grains en terre émaillée.
On y voit quequefols des mouches en or massif, auxquelles on prête une signification symbolique, sur laquelle toutefois les archéologues
va MUH itas Raccord (flg. k&i). Ua cbamuot collier du Lixtvre (sàUe civile, ^aioe P) est fondé dis petileà vipères sacrées qui reldvent la tête, avec une pea-' deloque qui se térmtne par une l«te de la déesse Uatlior.
Ud pechvat du musée de Boulaq est signalé comme an des objete les plus piécfent de la bijouterie égyptiemia.
M La forme générale do oi»oumeot, dit le catalogue, est celle d'un petit nao» ou dupelle. Au centre, Amosto «st debout sur une bsrque. Deta divinités, Aomioo et Ffao, loi versent sur la tfite l'etui de pnrificadon. Deui ^«rinn ^* nent au-dessus de ta seine comme des symboles du soleil ^viflant Le travail de ce beau monument est tout h faithors ligne. Le fond des figures est découpé à jour. Les figures elles-mêmes sont dessinées par des cloisons d'or dans lesquelles on a introduit des plaquettes de pierres dures.
ton oiiUIn <sn>tl*n-
cornaline, turquoise, lapis, pâte imitant le feldspath vert. Ainsi disposée, cette sorte de mosaïque, où chaque couleur est séparée de celle qui l'avoisine par un brillant filet d'or, dunne un ensemble aussi harmor nieux que riche. »
L'argent est en général plus rare que l'or dans les bijoux égyptiens. Mais l'habileté des ouvriers dans le travail des métaux n'a jamais été dépassée et les petites chaînettes en or sont aussi souples que celles qui sortent aujourd'hui de nos ateliers les plus en renom.
Chez les Grecs et chez les Romains, l'usage des colliers était trèsgénéral, et, à l'exception de la classe pauvre, presque toutes les femmes
LA PARURE
eo portaient. « Ces colliers, dit l'ancien catalogue du musée Campana. se composaient soit de simples fils d'or tressés ou contournés en nœuds ou en agrafes, soit d'une série de grains d'ambre, de grenats ou d'émeraudes (auxquels on supposait de; vertus médicales particulières), soit
PrtigaiBat da collier.
de perles fines, de pâtes de verre ou d'émaux entremêlés par groupes, ou alternant avec des boules, des vases, des glands, des coquilles, des
Fragment ie collier.
léles d'hommes ou d'animaux, en or ciselé ou estampé. Quelquefois, cette première série est accompagnée de deux autres qui descendent plus bas, jusque vers la poitrine; mais plus fréquemment, c'est un nombre variable de cbalncttcs qui viennent se suspendre à la chaîne principale ou s'y attacher en festons. Le milieu du collier porte égale-
ment im peadant de, dimeusioos plus grandes. Tantôt c'est une fleor» ufie.tâte. d'animal .00 un sciunibée ; d'autres fois on mofceau de sQex taillé en ^Inte de flèche ou en foudre. Ces «>rtes de pierres, qui j^ retrpttfent auBtd dans d'autres omementSt étaient des amulettes M
Fig. 450. — Fragment de collier.
avaient une signification particulière dans la céraunoscopie, c'est-àdire dans la science fulgurale des augures étrusques. Souvent enfin, lo pendant du milieu est formé par une bulle d'or, ornée de bas-reliefs ciselés ou estampés (fig. 456, (i57, 458 et 459). »
Les pendants d'oreilles. — Les dames égyptiennes portaient des boucles d'oreilles d'une forme assez variée (fig. 460 et 461). Quelquefois elles sont larges et rondes, ou bien faites avec un anneau formé de plusieurs anneaux soudés ensemble.
Une tête de gazelle, ou des vipères sacrées, dont le corps est enrichi de pierres précieuses, forment souvent à ces pendants d'oreilles une décoration extrêmement élégante. On y voit aussi paraître Tégide de Pacht Le catalogue du musée de Boulaq signale comme pièce capitale un bijou dont il donne la description suivante, a Une paire de
LA PARUnE.
magnifiques peadants d'oreilles en or, recouverts d'un riche vernis rougeàtre. Ces ornements pesants n'ont pu servir qu'attachés par un SI, soit à l'oreille elle-mâme autour de laquelle ce fil se serait enroulé, soit à la coiffure symbolique dont était décoré le personnage auquel ces pendants d'oreilles furent destinés. Un disque lenticulaire, garni à sa circonférence d'une gorge de poulie, fonne la partie principale de nos deux monuments. A ce disque sont suspendus cinq urœus coiffés du soleil, qui eui-mômes soutiennent, an bout de sept chatneltes d'or, sept urœus (aspics) également munis du globle emblématique. >>
Les pendants d'oreilles ont toujours été en usage en Grèce et h Rome. Les peintures de vase en montrent fréquemment dans la coiffure des femmes (Gg. Z|62 et A63]. La collection des bijoux antiques
au Ixiuvre possède plusieurs boucles d'oreilles dont la forme est d'une élégance exquise. Les bijoutiers grecs, étrusques et romains ont apporté dans ce genre de travail un goût et une délicatesse incomparables.
Ovide, dans son Art d'aimer, s'élève contre le luxe^des boucles d'oreilles et la dimension qu'on leur donnait. «Nechai^z point, dit-il, vos oreilles de ces pierres de grand pnx que le noir Indien recueille sur le bord de la vaste plaine. Ne vous montrez point avec des vête-
313 LE VÊTEMEST.
Qienls tout pesants d'or : ces richesses que vous étalez pour nous séduire^ souvent nous éloignent de vous. » Plusieurs bijoux d'une grande élégance, mais d'une simplicité un peu atTectêe, témoignent de l'horreur qu'on avait dans l'antiquité pour tout ce qui est lourd et surchargt!. Le»
figures j[i6i à 467 se composent aimplementd'uneoudeux petites perles de métal, qui vacillent au bout d'un Hl d'or. D'autres pendants d'oreilles sont forraiisd'un petit triangle d'or mobile, dont nnedcs facelles scintille à la lumière (fig. 469), ou bleo d'une graine (Dg. 470), ou bien, encore d'un petit amour voltigeant (fig. 1(68).
La figure 471 affecte la forme d'une corne enroulée dont le gros bout se termine par une espèce de tête de folie; et, pouc affirmer davantage le caractère scéolque de ce bijou , chacun des pendants.
LA PARURE
-d'oreilles porte» suspendue après un anneau, un petit enfant, cacbant sa tête derrière un masque de théâtre ou faisant de la musique.
Pig. 471. — Pendants d'oreilles*
D*autres bijoux nous montrent à quel point le caprice et la fantaisie s'ingéniaient à trouver des motifs variés. Tantôt c'est une petite urne suspendue à une fleur (Gg. /i73), tantôt un petit oiseau voltigeant au*
Pig. 472.
Pig. 473.
Pendants d'oreilles.
Pig. 474.
flessus d'un nid formé par un panier (fig. 472), tantôt des graines de iormes différentes reliées ensemble par un petit ûl d'or (fig. /(74).
LE VÊTEMKNT.
Les fleurs (ûg. /i77} et les oiseaux (dg. i|75 el î|76] sont tréquemment employés dans la Uécoraliou des pendants d'oreilles, dont la forma varie à l'inTmi.
Quelquefois c'est uhl' rosace eu or, oruée au centre d'une pierre pré-
cieuse ou d'une fleur eu relief, portant latéralement deux éléganlet chaînettes, el au milieu uuo pierro riclietnctit eochâsséc (Qg. fi79), oh ] un cygne'qui allooge gracieusement I son cou (178},
D'aulrt's fois, c'est un paon en verre blou traasparent, dont la queue et les ailes sont ornées d'émaux et de fils d'or. L'oiseau est suspendu à une rosace eu or. oruée au centre d'une fleur en relief et portant latéralement deux chaînettes.
Les perles sont assez fréquentes sur les pendants d'oreilles antiques, ii \u premier rang, dit Pline le naturaliste, au faite, pour ainsi dire, de tous les joyaux sont les perles. C'est spécialement l'océan Indieu qui les envoie, et elles nous arrivent à travers taot de mers et tant de terres, malgré les ardeurs d'un soleil brûlant; et encore les Indiens eux-mêmes n'eu preDUent-ils que dans un très petit nombre d'il es. Elles sont les plus abondantes à Taprobane et à Stols, ainsi qu'à Perinsula, promontoire de l'Inde. Les plus estimées sont celles de la côte d'Arabie, sur le golfe Persigue. Les femmes mettent leur gloire k
cil chaîner leurs doigts, et à en suspendre deux et trois à leurs oreilles. H y a, pour cet objet de luxe, des noms et des rafûnemcnts inventés par une excessive corruption. Une boucle d'oreille qui porte deux ou trois perles s'appelle grelot, comme si les femmes se plaisaient au bruit et au choc de ces perles. Déjà tes moins riches affectent ces joyaus ; elles disent qu'une perle est en public le licteur d'une femme. Bien plus,. elles en porienl à leurs pieds; elles en ornent les cordons de leur chaussure, mais encore leur chaussure tout entière; ce n'est plus assez de porter des perles, il faut les fouler ei marcher dessus, "
Les Romains poussèrent leur passion pour la bijouterie jusqu'aux dernières limites du luxe. Pétrone parle du prix exorbitant que coulaient quelquefois les pendants d'oreilles. " Scintilla" détache de son cou une cassolette d'or, et en tire deux pendants d'oreilles, qu'elle fait admirer à Fortunata. Grâce à la générosité de mon mari, personne, tlit-elle, n'en a de plus beaux. — Parbleu, dit Habbinas, ne m'as-ta pas ruiné pour l'acheter ces babioles de Terre? Cerlos, si j'avais une iillo je lui ferais couper les oreilles, d
Les bracelets. — Les bracelets se portaient à différentes parties du bras. On en mettait soit au poignet, soit au-dessus du coude, soit encore plus haut, autour de l'humérus. De là, la différence qu'on trouve dans la dimension de ces bracelets, dont quelques-uns sont d'un diamètre relativement considérable.
Les Égyptiens étaient grands amateurs de bracelets et en portaient quelquefois plusieurs. Il y a des bracelets de toute espèce ; en ivoire, en
a» LB VftTBHBNT-
broQze, en porcelaine, en argent M en or. La décontiOQ Mi m^ txUémarnent variée.
Houfl avonsvau musée âgyptien du Louvre [salle drile, vitrine 9), lui nperlM bracelet qui repréaeate un lion et un grilBin accroupis H milieu de bouquets de lotus (Sg. I18O).
Les bracelets égyptiens sont souveùt industés d'anaux, ou fHatbt de p&tes de verre taillées k l'avance et ajustées dans des clotama d'or, comme des pierres fines,
Flusieuis sont formés par des grains de lapis, altwnant avw da» grains d'v ou de quartz rouge, et montés sur dee flb d'or très-fleiUiles-
Fi(. 481. — Bncalst igjftiea.
Il y a des bracelets à double cbaroiëre, ornés de figures d'or finement grayées, qui se détachent sur un food de pâte de verre bleu imitant le lapis.
Le musée de Boulaq, au Caire, est particulièrement riche en bracelets. On peut citer entre autres un grand bracelet qui n'a pu être porté qu'à l'humérus : il est composé de deux parties réunies par une cbapnière.
L'une des deus représente un épervier aux ailes éployées : le jeu des plumes a été imité d'une manière surprenante par de petites pierres de lapis, de cornaline etde pâtes de verre de la couleur du feldspath, enchâssées dans des cbisoos d'or. Les ^ptieus étaient d'une remarquable habileté dans ce genre de travail.
Ailleurs on voit pour décoration une lai^e torsade supportant un
LA PARURE
cartouche royal flanqua de deux sphinx : un appendice, orné d'iocrustations, empêchait le bracelet do tourner stir le bras. Sur un autre, on Toit une espèce de damier dont chaque case est de deux couleurs ; la fermeture est faite par une aiguillette d'or qui réunit deux lames du même métal.
La figure k^i nous montre un bracelet décoré défigures qu'encadrent des lotus et des plantes aquatiques. D'un cdié, c'est un personnage qui coupe les herijes d'eau avec sa faucille ; de l'autre, un personnage monté sur un petit bateau est occupé à faire de la musique.
Ces bracelets sont d'une grande largeur et devaient couvrir une partie du poignet. Quelques figures éthiopiennes nous montrent même des personnages portaut une espèce de bracelet qui recouvre entièrement
Pig. 481. — FiEUIe Ur^o di
le bras jusqu'au coude. Nous en donnons un exemple dans ti tirée de la décoration du temple de Naga, en Nubie.
Le personnage, ici représenté, est une déesse. Outre cet îmmensêl bracelet, qui a l'air d'une véritable mitaine, elle porte au-dessous d» J l'épaule un autre bracelet moins volumineus, mais pourtant as5>ez.'l lai^.
D'autres bracelets, au contraire, semblent de simples anneaux, 1 comme on le voit sur la figure ii83, où le bijou se compose d'une lor- 1 sade.
Fig. 483. — Bracslel.
Outre les bracelets qui se mettaient aux bras, on a retrouvé des anneaux d'or qu'on se plaçait autour de la jambe. Ces anneaui sont plats et creux; leur circonférence extérieure est bordée par une petite chaînette en or imitant le filigrane.
Les peuplades voisines de l'Egypte portaient également des anneaux aux jambes. Hérodote signale en particulier les Guidanes. « Chez ceuxci, dit-il, les femmes portent autour de la cheville du pied des anneaux de cuir chacune en grand nombre, pour ce motif, dit-on, qu'elles s'ajustent un nouvel anneau toutes les fois qu'un homme nouveau s'unit à elles; celle qui en a le plus est jugée la meilleure, parce qu'elle a été aimée du plus grand nombre d'hommes. »
Les peuples orientaux ont toujours été très amoureux de la parure : le bracelet est un bijou qui tient une grande importance dans le costume assyrien. Ou en voit de différentes formes, mais qui peuvent, en général, se rattacher à trois types principaux. La figure 48ù est une espèce de faisceau contourné en manière de serpent et dont les tiges sont reliées entre elles par dos petits cordons qui les croisent à angle
LA PARURE
droit. Oa a pu voir déjà par les exemples donnés plus haut que les Assyriens de haut parage portaient habituellenaent deux bracelets. Celui qui est ici représenté se portait, non pas au poignet, mais autour de l'avant-bras, un peu au-dessus de la saignée du coude.
Biicaleli uijrtiaiu.
La flgure A83, au contraire, montre un bijou qui, de mSme que le suivant, se portait toujours au poignet. C'est un bracelet plat et uni qui se ferme par le moyen de deux petites têtes adaptées dans une sorte de fleur ornementale.
Le plus original, on pourrait presque dire le plus assyrien de ces bijoux est celui que reproduit notre ûgiire It86 ; il se compose de quatre (leurs aDalogues à celle qui servait de fermeture au dernier bijou. Ces fleurs, dont la surface convexe est extrêmement bombée, embrassent les quatre côtés du bras, sans laisser aucun espace intermitlenl. Nous avons vu ces bijoux au bras d'un roi d'Assyrie, dans notre figure 296.
On remarquera que les bracelets ont eu dans l'anliquité grecque une importance assez minime relativement à celle des colliers et des couronnes. On en trouve même assez rarement sur les ligures qui décorent les vases grecs, mais ce bijou, qu'on rencontre quelquefois chez les Étrusques, est devenu très à la mode sous l'empire romain.
i( Les bracelets antiques que nous possédons, dit M. Ch. Clément, dans la notice du musée Campana, sont en général d'un travail assez simple. Ils sont formés soit d'un fil en or, en argent ou en bronze, soit de bandes ou de plaques réunies, plus ou moins ornés de fils appliqués, de cordelé ou de granulé, terminés de diverses manières, surtout
HO LE TfiTBHEtlT.
en tfttes de wrpenis. Il est k ramarqner que i
Fit. -t^- — Br*celBI.
presque jamais ni les pierres fines, nilespîïtes de verre, ni lesùioatix,*qui entreDt très-fréquemment dans la composition des colliers, des peadaiit3 d'oreilles el des bagues, et que le travail du métal fait tous les frais de leur ornemenlatioo. » |Fig. k^l et ^88.) ^ «^
ne. ««. — BneiM.
Les Grecs et les Romains ont souvent adopté le eerpent comme forme ornementale pour les bracelets. Quelquefois, comme dans la figure ù89, le serpent a la forme pleine et s'enroule simplement autour
Pig. 4Ba. — BnciiGt ulique.
du bras. Dans d'autres occasions, au lieu d'être arrondi, le serpent se déroule en une spirale plate comme un ruban et la téle seule est
LA PARORE.
pleine. A cette catégorie de bijoux appartient un admirable bracelet d'or massif, découvert à Pompéi et que reproduit notre ligure I|90. Les
décQuiCTl 1 Pompéi.
écailles sont marquées seulement dans la partie supérieure à partir du cou et dans la partie inférieure un peu au-dessus de la queue. Le milieu du corps est uni et travaillé au marteau, car c'est le seul moyen do rendre le bracelet élastique et dilatable à volonté.
I^ queue est annelée et se redresse à l'extrémité dans uo mouvement infiniment gracieux. Mais la tête est, sans contredit, la partie la plus remarquable de ce beau bijou (fig. fi91); elle est soudée avec le reste du corps.
Les yeux étincelants du reptile sont imités avec deux rubis, et sa langue vibrante est formée d'une petite lame de métal fixée dans la Fig. 49i. - liio du «rpani.
gueule. Les dents et les écailles sont travaillées au ciseau avec une délicatesse exquise.
Sous la période impériale, quand les dames romaines prirent l'habitude de se couvrir de bijoux, les bracelets eurent naturellement une grande importance. On en peut juger par le passage suivant que nous extrayons du Sfllj/n'con de Pétrone.
u La robe de Fortunata, retroussée par une ceinture vert pâle, lais-
LE VfiTEMÉNT.
sait apercevoir au-dessous sa tunique couleur cerise, ses Jarreti^w ea torsade d*or et ses moles ornées de. broderies du même métal» Aprèft avoir essuyé ses mains au mouchoir qu'elle portait autour du co«, die se plaça sur le même lit qu'occupait réponse d'Habbinas, Scintilla^ qui lui en témoigna sa satisfaction. Elles en vinrent bientôt à un tôl d^pé^ d'intimité, que Fortunata, détachant de nea gros bras les hracdtlÉ dont ils étaient ornés, les offrit à l'admiration de SdnttUa. Enfin elle dta jusqu'à ses jarretières ; elle ôta même le réseau de sa cràAire qu'dle assura être filé de r<Mr le ^us par, Trimaldon, qui le remarqua, fli apporter tous les bijoux de sa femme. — Voyes, dit-B, «fuel eift Tatti^ raU d'une femmel C'est ainsi que nous nous dépouilk»» f€m eltes, sots que nous sommes ! Ces bracelets doivent peser six livres et demi^; j*en ai moi-même un de dix livres, que j'ai foit faire avec les miÛiteMi voués à Mercure. — ^ Et, pour nous montrer quHl n'en imposait pas, il fit apporter une balance, et tous les convives jurent fntte de i^rifier le poids de chacun de ces bracelets, n
Les EA6UBS. — L'usage des bagues, sdt comme omràenlB des doigts, soit comme cachets, remonte à la plus haute antiqirïté. Les Égyptiens ont été de tout temps tirèshamateurs de bagues : on vdt
quelquefois deux ou trois anneaux au même doigt. Mais c'est le troisième doigt qui était regardé par excellence comme le doigt des bagues. On portait même quelquefois des anneaux au pouce. Quelques bagues étaient très-simples : il y en avait qui étaient faites avec un scarabée
Pig. 49'^.
Fig. 493.
Cachets égyptiens.
Fig. 494.
ou une pierre gravée. Quelquefois elles avaient la forme d une coquille, d'un nœud, d'un serpent, et elles portaient une devise. La plupart du temps, les bagues étaient en or, et rarement de bronze, quoique ce métal ait été fréquemment employé pour les cachets (fig. 492 à ft97).
LA PARERE. 3S3
La monture ordinaire des scarabées placés sur les bagues se composait d'un Cl d'or qui s'amincissait aux extrémités et s'enroulait de chaque côté sur l'anneau. Ces scarabées, étant la plupart du temps destinés à servir de cachets, portaient généralement au revers une gravure ou une légende ayant trait à un sujet religieux. Une belle bague en or du Louvre représente une dame devant le colîret sacré d'Osiris. 11 y a de ces bagues qui sont pourvues d'un cachet mobile au travers duquel passe une aiguille destinée a le Taire mouvoir. Les plus anciens anneaux sont pourvus d'un cachet assez lourd dont la forme est quelquefob cubique, mais plus souvent ovoïde.
Fig. 4M.
Cachet* égyptien).
Outre les bagues en or, on en a retrouvé un très-grand nombre en terre émaillée, quelques-unes décorées de la tête d'isis. Quelques-unes portaient, gravés sur le chaton, des souhaits de bonne année.
Sur une momie du British Muséum, on voit deux mains croisées avec des bagues à presque tous les doigts, y compris le pouce. La main gauche en est complètement chargée : trois anneaux sur l'index, deux aux deux doigts suivants et un seulement au petit doigt. La main droite porte seulement un anneau au pouce et deux sur le troisième doigt. Ces mains sont taillées dans le bois et les doigts sont en partie cassés. Wilkinson fait observer que la main gauche est en général plus ornée que la droite.
On voit dans tous les cabinets d'antiquités un grand nombre de scarabées sculptés en diverses matières et de diverses grandeurs. La partie supérieure représente l'insecte, et la partie inférieure, qui est plane et de forme à peu près ovale, porte le plus souvent des caractères hiéroglyphiques sculptés eu creux. La plupart de ces scarabées
35i LE VÊTEMERT.
sont percés dans leur longueur d'un trou par lequel il parait qu'on passait un fil pour les suspendre; tout annonce que les scarabées étaient des amulettes.
L'usage des bagues et des cachets parait avoir été répandu en Orient. Aès une trôs haute antiquité. Nous le trouvons en Babylonie, en Perse, en Phénide, et parmi les Juifs. 11 est probable que c'est par l'Asie Mineure qu'il s'est introduit parmi les Grecs : mais il ne semble pas qu'il* ait existé au temps de la guerre de Troie. Du moins IlcAère« qui déoit avec tant de complaisance les vêtements et les obj^ prédeux qui pa». reat ses héros, ne (Ut rien sur les bagues.
Dans la période historique, les Grecs, imités plus tard par les IhK mains, portaient toujours un anneau au quatrième doigt de la main gauche. « Vdci, dit Aulu-Gelle, la raison qu'en donne Apion, dans ses Égypliaques : En disséquant les corps humains, selon la coutume égj|K tienne, la science appelée par les Grecs anatomie fit déomvrir un nerf très délié, partant de ce seul doigt pour se diriger vers le oosar, où il vient aboutir, et l'on accorda cette distinction à ce doigt, à cause do ce lien, de cette espèce de rapport qui l'unit au cœur, la partie noble» de l'homme. ».
L'usage des bagues parait a^ez ancien en Italie, et les étrusques en ont porté antérieurement aux Romains. Ceux-ci se servaient primitivement d*anneaux en fer, et ce n'est que vers la fin de la république qu on a commencé à employer dans la vie usuelle des bagues en métal précieux. Pline le Naturaliste est formel à cet égard. « 11 est démontré, dit-il, qu'à Rome les sénateurs ont porté fort tard les anneaux d'or. La république en donnait seulementàses ambassadeurs; sans doute parce que c'était chez les étrangers la plus haute marque de distinction. Nul autre n'avait le droit de les porter même dans la cérémonie du triomphe; et, quoique la couronne étrusque d'or fût suspendue sur la lête du triomphateur, il n'avait qu'un anneau de fer, comme l'esclave qui soutenait la couronne. Ce fut ainsi que Marius triompha de Jugurtha. Il ne prit l'anneau d'or qu'à son troisième consulat. Ceux môme qui l'avaient reçu à titre d'ambassadeurs ne le portaient qu'en public. Dans leurs maisons, ils reprenaient celui de fer. C'est par une suite de cet usage que, aujourd'hui encore, on envoie aux fiancées un anneau de fer sans pierreries. »
Sous l'empire, I usage s'introduisit de faire graver Timage du souverain sur la chaton de la bague. On commença aussi à porter des anneaux à plusieurs doigts et même à en porter plusieurs au même doigt. Les
LA PARKRE. 355
pères do l'Église s'élevèrent contre cet usage, et saint Clément d'Alexandrie donne les prescriptions suivantes sur l'unique anneau qu'il est permis aux chrétiens de porter, ainsi que sur la décoraiion dont il peut être orné : « Si |des emplois publics ou le soin de nos affaires particulières nous éloignent de notre famille, il nous est permis d'avoir un anneau qui nous serve à sceller et à enfermer plus sûrement les objets de quelque importance ; tous les autres anneaux qui ne sont point destinés à cet usage nous sont interdits. Quant à l'anneau qu'il nous est permis d'avoir, il ne faut pas le porter au même doigt que les femmes, mais à l'extrémité du petit doigt, afin qu'il n'embarrasse point l'usage de la main. Les images qu'on y fait graver et qui nous servent de sceau doivent être de préférence une colombe, un poisson, un vais> seau aux ailes déployées; on y peut encore faire graver une lyre ou une ancre ; enfin un homme qui, péchant au bord de la mer, nous rappelle saint Pierre et Moïse. Mais il faut se garder de porter h ses doigta l'image des idoles, dont la pensée seule est un crime. »
Agrafes et boucles. — Outre les bijoux qui servaient directement à l'ornement de la personne, il y en avait qui, comme les agrafes et les iwucles, peuvent être considérés comme de simples additions au vête-
ment. Néanmoins, comme les voiles et les draperies sans couture formaient une partie importante du costume antique, ces bijoux accès-
a» LE VtTSMBHT.
Bctfm étatent quelquefois irta viribtes et devaient, fw OMHéquest, étn aasezrtobemeal décoras.
Las figures k98 et &M nous iBOOtrent la rorme la pin h»MtadlB des flbulM dOBt on se samit poin- fiier les tûsua légtas. Ce* flbide^ doDt'k pointe est disposée de manière h ne jamais piquer Iw éaigOi 4ù la personne qui s'en sert, Ugarent en très grand ntaabn dans ta Repart des collections de bijoux antiques: elles étaient presque toa}oân en or. Ce genre d'agrafes était d'un emploi trës-firéqgent, mais das fibules de ce genre n'auraient pas été suffisantes pour maintenir oa vêtement un peu lourd, oHnme les amples manteaux qui enveloppaient tOQt le c«ps. Les figures 600 A 603 nous mimtrentdes agrafas n
destinées à flxer de lourdes étoffes. Ces agrafes, dont toute la partie interne était dissimulée sous les plis du manteau, présentaient exté-
rieurement l'appareoce d'une plaque métallique de forme ronde ou carrée.
LA PARURE
La boucle d'argent représentée sur la figure 503 et dont on voit le proGl en 50/i servait probablement à fixer une ceinture. La plaque
Fie. SIX- " Boucle d'argeat. (ProBI.)
circulaire, qui faisait le milieu de la ceinlurc, est décorée d'une figure de la Lune montée sur un bige et tenant un flambeau. Un croissant pare le front de la déesse et sept constellations apparaissent sur le champ de la plaque. Cette boucle, qui est au musée de Naples, est d'un travail très-soigné comme ciselure, et a sans doute appartenu à un personnage opulent.
Pig. SOï. — Boucle d'i
Une autre boucle du même musée, qu'on voit sur la figure 505, est ornée d'un petit bas-relief circulaire représentant la dispute de Neptune et de Minerve, près de l'olivier sacré. Ces boucles avaient pour mission (le maintenir la ceinlurc assez serrée autour du corps. La ceinture faisait l'office de poche en même temps qu'elle entourait le vêtement de dessous. En effet, les anciens avaient l'habitude d'y suspendre leur bourse et d'y placer les papiers qu'ils pouvaient porter avec eux. L'absence de ceinture autour de la tunique était considérée comme une trôs-paide négligence, et, excepté les moments de grande afUiction,
LE VSTBHBIfT.
comme le deoll, pendiat l«q&^ les ehereoz étaient épan vt h» Tètoments ea dâsordre, c'eût M une marque dloconfeDUice de. oe pM
aroir le con*B eotouré et boudé par une ceinture.
Vin
Lis aiKsui. — Lti PAarmi. — £> »id bt Li »•■■«*«. Lu iriMitt. — Ltf nisxBS. — Lx tnwtAU.t.
.M Niions. —De tonales objets qui coQcerQentlatoilette,Ieplaè impartant, c'ect le miroir. Lei anciens m coDnihwle.pi pm les préparations qo» Doos e«iployoDS aujœinrhol ponrMra réfléchir les objets daos une vitre, ea sorte que les miroirs dont ils se servaient n'étaient pas CD verre, mais en métal poli. En outre, le miroir n'a jamais été regardé comme un objet d'ameublement, mais simplementcommeuDobjetde toilette : les miroirs antiques sont 'toujours portatifs, et comme il faut un maacbe pour les tenir, leur forme a en somme très peu varié. Le type le plus anciende cette formeso trouve en ^ypte, elles miroirs grecs ou romains ne didêrent de ceux-ci que par leur décoration.
1^ Cgure 506 montre comment on se servait du miroir. Tous lea
miroirs qu'on a trouvés dans les fouilles soot à peu près pareils h celui qui esl représenté ici : ils se composent d'un disque ca mêla! poli, auquel adhère un manche co bois ou en métal Le disque ne varie guère, mais la forme ei la dcco raiioD du manche sont extrêmement varies
Nous avons, au musée du Louvre, plusieurs mi roirs égyptiens (salle civile, vitrine U) dans l'un d'eux, le manche se compose d'une jeune fille nue, qui se coiffe de la main droite, tandis que la gauche tient un chat qui, selon M. de Rougé, est ici un emblème de la toilette. On sait que la propreté des chats est proverbiale dans tous les pays.
Le monstrueux dieu Bôs, dont l'image grimaçante apparaît dans tous les objets de toilette, se montre aussi dans les manches de miroir, et il parait que cet emblème est fort ancien, car le catalogue du musée de Boulaq signale (n" Û75) un miroir, présentant cette décoration, qui a été découvert dans une tombe de l'ancien empire. On en a trouvé dans les tombeaux de la dix-neuviéme dynastie, où
lUroin égjpliei».
le disque est emboîté dans une tête d'Haihor, portant le visage d'une femme avec les oreilles de vache.
M» LE TftTEMfllir.
Un motif ds déeoratim qii'oa troan qntiqoefou sur les mlrolcs égjptiena connita en deux penoo&aget agenouîllte, doat fan tkot le sceptre dirin et l'antre ooe 9(»te de masse d'ume i^ipaji^ m Pépanle. On rat aussi, dtns les peintare», des ntinrin dont Vtncadnunent est enrichi de tAtes d'animaox, tels qù« te dMnl, la booqnetin ou tes oies du Nil. Le manche des miroirs se compose aasai soarontdela tig» avec la. fleur ipanonie du papyrus oo tiien awoirft d'une petite colonnotte omementâe. (Fig. 507, SOS et 509.)
Pig. SIO. -- UiiLlr 4tni(qua.
Le disque est toujours d'une forme ronde ou ovoïde : il est quelquefois très pesant et était souvent revêtu d'un vernis d'or qui lui donnait la propriété de réfléchir les objets avec la plus grande netteté.
Le mCme principe décoratif :b retrouve dans les miroirs grecs ou étrusques. Le manche ou support est très souvent caractérisé par une figure: ici, c'est un atlante nu, qui porte son fardeau (fig. 510); pluï loin, c'est une femme, dont le vêtement fournit de curieux documents sur le costume étrusque (lig. 511),
Le revers du disque poli dans lequel oo se regardait était soureot décoré de petites scènes gravées dans le métal et encadrées de gra-
cieux ornements, comme le montrent les figures 512 et 513, Nous
Ht LR TtTKmtHT.
aroDs montré ailleurs lU min^ dont le principe àéeatvGî ett emprturté ■oxOrieQUux.
Fig. 618. ■
' llirair trouTi i Pnmp^
Toutes les femmes avaient ud miroir. Les courtisanes vieillies faisaient quelquefois hommage de leur miroir dans le temple de Vénus, qui avait été bienveillante pour elle. C'est ce qu'on voit par une épigramme votive de l'anthologie grecque: « Moi, cette Gère Lais, dont la Grèce était le jouet, et qui avais à ma porte un essaim de jeunes
amants, je consacre à Vénua ce miroir, parce que je ne veax pas me voir telle que je suis, et que je ne peux pas me voir telle que j'étais. »
Les FAHPnus. — Tous les peuples de l'antiquité ont usé des parfums; les auteurs grecs et latins y font de fréquentes allusious, et nos
n i pufunii.
collections publiques sont remplies d'objets s'y rattachant. Ce sont des petiis vases destinés à contenir des odeurs, des boites pour les pommades, des cuillères dans lesquelles on mettait divers ingrédients colorants, et mille autres objets qui montrent que, sous ce rapport, les anciens étaient au moins aussi avancés que nous pouvons l'être aujourd'hui. Les vases qui avaient celle destination étaient généralement de forme allongée, avec un goulot fort étroit, dans lequel on trempait une aiguille ou un pinceau pour y prendre le suc colorant, ou bien qu'on versait goutte à goutte sur la chevelure ou la barbe si c'était un parfum. (Fîg. bit, et 515.)
Beaucoup de ces petits vases étaient en verre et le musée du Louvre en possède une assez riche collection. Mais il y a aussi des vases à parfum en argile peinte, dùcorés de sujets ou d'ornements sur la panse. Nous donnons, figures 516 et 517, deux vases donl la forme répond au type le plus habituellement consacré à cet usage: la panse est assez
3U LE VËTBMBKT.
enflée, te col étroit et le goulot s'épanouit à l'ouverture aimmb le catica d'une fleur.
Quoique la forme de ces vases soit généralement allongée, on en trouve également d'une (orme très-différente, qui paraissent avoir servi également pour des usages de toilette (Hg. 518).
Les parfums et les onguents que les Égyplliens employaient pour la toilette étaient habituellement renfermés dans des vases d'albâtre ou de porcelaine. Les pots à pommade affectent souvent chez eux ta forme d'une colonne ou hicn celle d'un nœud de roseau qu'on imitait avec de la terre émail^ lée. Le monstrueux dieu Bèsqui, malgré sa laideur, parait avoir eu de l'importance dans la toilette, apparaît fréquemment dans la décoration de ces petits vase:;. Nous avons au Louvre un pot en terre émaillée verte orné de lions alternant avec le dieu Bës qui est représenté dansant. Plusieurs de ces pots étaient également destinés^ à contenir des préparations pharmaceutiques. On peut aussi attribuer k cet usage des petites boites sur lesquelles on trouve
Pig. S18. — Vase à
des inscriptions de ce genre : « Pour arrêter le sang, pour ôter la douleur, etc. »
Les parfums que les anciens employaient venaient généraleiAent de l'Arabie et des contrées orientales. L'usage en était universel et on en employait pour toutes choses. Les Pères de l'Église se sont élevés avec une grande énergie contre cette parfumerie qu'ils signalent comme un agent de corruption. Les sévères réprimandes qu'ils adressent à la société de leur temps sont pleines de renseignements curieux. « Il existe de nos jours une inOnité de parfums dont la nature et les noms diffèrent: végétal, minéral, royal; celui qu'on extrait de la cire, celui que donne un arbrisseau d'Egypte. Parmi ces parfums les plus estimés sont celui de Chypre et le nard. Viennent ensuite les essences de lys et de rose, et mille autres dont les femmes se servent, soit en pâte, soit secs, soit liquides ; elles s'arrosent et s'inondent de ceux-ci ; elles respirent l'odeur de ceux-là. Chaque jour on en invente de nouveaux, afin de satisfaire et rassasier cet insatiable désir qu'elles ont de paraître belles. Elles en arrosent leurs vêtements, leurs meubles, leurs lits; elles les brûlent dans l'intérieur de leurs appartements. II n*est point enfin jusqu'aux vases destinés aux plus vils besoins qu'elles ne forcent à en répandre les plus voluptueuses odeurs.
« Il n'est pas de moyens de tromper qu'elles n'imaginent et ne mettent en usage. Celles qui sont petites attachent et cousent sous leur iîhaussure d'épaisses semelles de liège; celles qui sont grandes ont, au contraire, des semelles extrêmement légères et amincies, et quand elles sortent, elles ont grand soin de tenir leur tête abaissée autour de leur taille. Leurs hanches et leurs cuisses sont-elles plates et sans grâce, elles épaississent leurs vêtements par des pièces rapportées sur les parties de leur corps qui leur semblent défectueuses, afin que ceux qui viennent les visiter s'extasient sur l'élégance de leur forme et de leur tournure. Leur sein est-il flasque et tombant comme celui des nourrices que les poètes comiques introduisent sur le théâtre, elles ont des machines pour le relever ; est-il trop plat et trop enfoncé, elles se donnent, pour le faire avancer, une torture perpétuelle.' Si leurs sourcils sont blonds, elles les noircissent avec de la suie ; s'ils sont noirs, elles les blanchissent avec du blanc de céruse ; enfin, s'ils sont trop blancs, une mixtion faite exprès efface et détruit cette blancheur. Ont-elles quelque partie du corps ou la peau soit plus blanche et plus fine, c'est celle-là qu'elles ont soin de montrer. Leurs dents sont-elles belles et bien rangées, elles rient sans cesse pour qu'on admire la beauté de
an Ll TSTB1RIIT.
leiir bondie. Gales oo triste^, A nlmpcHle, il fant qti'enes riàot lant le joar, et afin de n'y p(^t manquer, elles ftlaoeot entre lenrs lArresnoe petits brandie de myrte qai les tlmt toniotura entr'otrrartea, ■ (^aint XUément d'Aienndrie.)
Li r'ABD ET LA pouHADi. '— L'Egypte est le pays de l'andqnilé qui a le plus aima le fard et la pommade. C'est dn moins ce qa'U «tt pemds de sapposer d'après la quantité énorme de petits ustensiles de tirilette qn'f!» a tnnnti dans les tombeaux de l^gyple. La poodre d'antimoine dont on se servait pour noiri-ir les paupières était fort emplovAe. Le musée de Roulaq renfénM un cnrieux flacon de poudro d'antimoine dont la forme est celle d'un épervicr mitre; la mitre sert de bouchon. Il y en a un antre qui présente la figure monstrueuse du di^u BAs, et U coifl^re da dieu sert de goulot. Ce dieu Bès, dont le cnlte paratt originaire d'Asie, apparaît le plus aotiTent comme une divinité présidant h la danse, h la musique et aux plidsirs. C'est à ce titre qu'on le voit si souvent figurer sur les petits objets à l'usage des femmes, tels que fioles à parfums, manches de miroir, etc. Les Égyptiens se servaient pour mettre la pommade de petits ustensiles, qui ne paraissent pas avoir été employés ailleurs, et qui présentent généralement la forme |de cuillères ; aus^ on les désigne habituellement sons le nom de cuillères de toilette. Ces cuillères sont en bois et plusieurs sont travaillées avec un soin infini. On en a retrouvé un très-grand nombre dans les tombeaux égyptiens et le musée du Louvre en possède une riche collection. La forme du récipient est rectangulaire ou ovoïde, elle manche est généralement asses court, mais presque toujours richement décoré (fig. 519).
Le plus souvent ce sont des fleurs ou des boutons de lotus, des gerbes de roseaux, ou des plantes ingénieusement agencées, qui forment l'ensemble de cette décoration (Gg. 520, 521 et 522). Mais la figure humaine vient aussi quelquefois se mêler aux plantes et aux fleurs,
et plusieurs de ces manches constituent de ravissants motifs {Qg. 523). Nous eo avons au musée égyptien du Louvre plusieurs charmants spécimens : tanUït c'est une Égyptienne portant de gros bouquets ou des oiseaux, lantdt c'est une femme occupée à couper des lotus. Ailleurs, une jeune QIIb joue du luth au milieu des lotus où les oiseaux se reposent, ou bien une autre jeune fille cette fois semble danser au son de l'instrument dont elle joue (Qg. 5%, 525, 526 et 527).
Quelquefois la figure humaine forme le manche à elle toute seule, et c'est alors qu'on voit l'ingéniosité de l'ouvrier dans l'agencement de ces petits objets. Tantôt c'est un esclave qui porte une cruche sur son épaule, tantôt une gazelle aux pieds liés, tantôt c'est un nageur qui pousse devant lui un oiseau aquatique, dont le ventre ouvert sert de récipient, tandis que les ailes qui s'écartent ou se rapprochent à volonté forment le couvercle (fig. 528 et 520J.
aSB I-G TfiTBHENT.
Le catalogue (la miisâe de fioulaq décrit aiaù UQ usteB^e dèce genre t « Va maDCbe de bdte è parfum ou de cuillère. Il se terminait soit par une aorte de godet en fonne de cartouche ou de fleur, soit par im oiseau dont le corps était creux et dont les ailes ens'ouvrant serraient de courercle. Ce manche représente une femme nue, nt^eant, les bras étendus devant elle. Sa belle coiffure est relevée en tresse artistement arrangée. Elle a sur l'oreille droite la grosse tresse pendante qui caractérise les princesses, u
Les Grecs et les Romains ont mis moins de raffinement dans leurs petilâ pois à pommade, quelques-uns cependant sont assez remarquables. On a découvert à Fompéi une petite fiole en cristal qui gardait encore à l'intérieur des restes de pâle rougeàtre. C'était évidemment un cosraélique destiné à la toilette. Le fard el les pommades se mettaient également dans de petites bottes d'ivoire, comme Celles qu'on a
rotrouvées à Pompéi et qui font maintenant partie du musée de Naples (fig. 530-531).
On employait pour le fard diiïérents ingrédients dont les auteurs oat souvent parlé, et dont quelques-uns paraissent assez bizarres. C'est ainsi que pour blanchir ta peau on se servait de erocodilèe, Uniment
ï.g. 6*8. — CuUlèro
tiré des excriîments du crocodile. On faisait aussi des cosmétiques pour les joues, pour les paupières, etc. Pline raconte que le lait d'âneasc passait pour avoir la propriété d'enlever les rides. Ce fut Poppée, la maltresse de Néron, qui mit le lait d'ânesse à la mode-, elle s'en fai-
*m LS TlTsmirr.
.dit BAme dn bains, et pour celk elle mit des troqwnx d'iMne* qui la aaivaieot dana ses y
Les Fâres de l'éf^ a'tievèrent avec leor YéhétoBa» onUs^n contra ces nsages qu'ils qnaUflaient d'impies. ■ Ahl celles qni dolTeot scandaliser des yeux chrdlieDS, je vais le dire, moivtfécrie saintJMnie, ■dans une lettre à Hercella : ce sbot celles qui ae bartMollleot de tontes -sortes de farda la visage et les paupières, et qui Doiis moatroot, emuM ■des idoles, des (aces de pUtre plus blaocbes que nature, où, si elles Tenaient tout i couphrwser une larme, on «a verrail le sillon tracé sur .leur» Joues ; celles à qid les années veoues ne peuvent apprendre •qu'elles sont vieilles; qui éldrent sur leur tète un édifice de cbeveux empruntés et se refont une jeunesse menteuse par-dessus leurs rides; qui, toutes tremblantes par l'&go, se redonneDl des airs de jeunes filles au milieu de la troupe de leurs petits -enfants ; voili ce qui doit faire rougir une chrétienne. »
Fig. £30.
BoItM d'iTOlr* pour U
pommide, dieoaiaitsi â Poinp4L
a Cet amour frivole de la parure n'entraîne pas seulement les femmes, dit saint Clément d'Alexandrie , mais les hommes mêmes.
tant le luxe a fait parmi nous de progrès afîreux et rapides I Ces vains ornements accusent hautement la corruption de leur cœur. Devenus femmes par leurs mœurs, ils le deviennent par leurs vêtements. Semblables par l'arrangement de leur chevelure à des esclaves ou à des courtisanes, à peine couverts de vêtements légers et transparents,' la bouche pleine de mastic, le corps inondé de parfums, errant tout le jour sur nos places publiques, ils s'y font gloire de leur détestable mollesse. C'est pour eux que nos cités regorgent de ces ouvriers inutiles incessamment occupés à masier, poisser, épiler ces misérables qui ne sont plus d'aucun sexe ; c'est pour eux que s^élèvent ces innombrables boutiques, ouvertes nuit et jour, où les artisans de ce commerce impur, spéculant sur la folie, s'enrichissent rapidement. C'est là que, sans honte d'eux-mêmes, ils s'enduisent de poix et livrent aux mains et aux instruments de mille esclaves les parties les plus secrètes de leur corps, se réjouissant de voir leur peau devenir 4isse et douce comme celle des femmes sous Faction violente de la poix. Leur impudence ne peut sans doute aller plus loin; mais, puisqu'il n'est rien qu'ils ne fassent, il n'est rien que je doive taire. » (Saint Clément d'Alexandrie.)
Les épingles. — L'origine des épingles remonte aux temps préhistoriques : on en trouve dans les plus anciens tombeaux. Avant qu'on sût travailler les métaux, on faisait des épingles ou des aiguilles avec des arêtes de poissons ou le dard des arbustes épineux. Dès que le bronze apparaît, on en fait avec cette matière sans cesser pour cela d'en faire avec de l'ivoire ou des os travaillés. Tous les métaux ont été successivement employés pour la confection des épingles, et on leur a donné de bonne heure les formes les plus variées. Les aiguilles à coudre dont on se servait pour la confection des vêtements étaient fort petites et pointues comme les nôtres, mais leur exiguïté môme fait qu'on en a retrouvé fort peu, la rouille les ayant rongées sous Faction du temps.
En revanche, on a retrouvé à Pompéi et ailleurs un nombre considérable d'épingles à cheveux : on les reconnaît à ce qu'elles sont en général beaucoup plus grandes que les autres. Ces épingles avaien dans la toilette féminine un rôle extrêmement important.
Le musée du Louvre possède une riche collection d'épingles antiques. « Leur forme, dit la notice des bijoux, publiée par M. Ch. Clément, leurs dimensions, la matière dont elles se composaient, variaient
IVf LR TtTBMtMT.
•ulTant le .rang; Tk^ le cosbiine. las drcoQStuieea paniculiôrcs d^| iponient, legoAtouIec^rieedae^eaqulIfltpcRlideiH, et les aames IviDiloM en po8>âdaieat on nombre onsid^afala. L'extrémité supélieure de cas 4piB|^ était qoelquefus |MKéé d'an trou où ^e passait le lacet deatîDé k séparer les chevaux de denitee amogés co tresses i^ de ceux de devant, ordinairement Irisés et releréabu moyen du fer
cliaud. D'autres fois, elles servaient à retenir sur le sommet de la této l'échafaudage plus ou moins élevé de la coiffure ; plus rarement enfin, elles s'attachaient d'avant en arrière, de manière à séparerles cheveux en deux bandeaux semblables. La léte de ces épingles était formée tantôt par un simple bouton de métal estampé ou ciselé, tantôt par un gland, une ^enade ou une fleur ; quelquefois par une tête d'animal ou par UD buste humain ; souvent par un chapiteau supporunt un génie, un amour, une ligure quelconque, ou même un groupe complet (Og. 532 à 5ii(|).
« La tige des épingles à cheveux est souvent creuse, et, dans ce cas, elle renfermait des paifums et quelquefois du poison. Suivant Dion Cassius, Cléopâtre se serait donné la mort au moyen du poison qu'elle conservait dans une de ses épingles, et celui que Ton trouva dans les cheveux de Martina, la Brinvilliers du temps de Tibère, était peut-être aussi conservé dans la tige d'une épingle à cheveux. »
Fig. 537.
Fig. 538. Fig. 539.
Épingle* pour coiffaret.
Les figures 5/i5 et 546 représentent des épingles d'origine étrusque. La première se termine par un chapiteau surmonté d'une boule, et la seconde par une tôle de bélier posée sur une espèce de tambour : mais, avant d'arriver au tambour, la tige traverse trois lentilles qui lui donnent une grande élégance. Cette épingle est en argent. Les Athéniens, avant les guerres médiques, se servaient pour tenir leurs cheveux d'épingles surmontées de cigales dor; cet usage venait d'Asie Mineure. Car, dans les temps anciens, et surtout en Orient, les hommes portaient les cheveux longs comme les femmes. Plus tard, on a porté les cheveux courts, mais les femmes grecques, et encore plus les romaines, avaient toujours une profusion d'épingles pour maintenir leurs cheveux.
LE TGTEMENT.
( c'est un pclil animal ou une main qui forme la tête de- .i!i7, 5/18, 5Î|9). Hais bien souvent aussi ce sont de graiR figurines qui en consiiiucnl la décoration (fig. 550. 551 linsi que la figure 553 nous montre une épingle d'ivoire mus naissante, qui tord ses cheveux en sortant du sein eaux. Il y en a parmi ces peiiles Ogurines qui sont des petils chefs-
d'œuvre, comparables aux belles statues antiques. C'est ce qui avait tant frappé Winckelmann, lorsqu'on lui montra des épingles d'ai^ent décorées de petits sujets qui venaient d'être découvertes à Herculanum et dont il a laissé la description suivante : n La plus grosse, dit-il, longue de huit pouces, est terminée par un chapiteaa d'ordre corinthien, sur lequel est une Vénus,'^ qui l'Amour présente un miroir. Sur une autre de ces épingles, surmontée aussi d'un chapiteau d'(Hrdro corinthien, sont deux petites figures de l'Amour et Psyché qui 8'em-
brassent; une autre est ornée de deux bustes; la plus petite représente Vénus appuyée sur le socle d'une figure de Priape, et elle touche de la main droite son pied qui est levé. »
Fig. 545.
Fig. 546. Fig, 547.
Épingles pour coiffdros.
Fig. 549.
Ce fut avec une de ces grandes épingles à cheveux que Fui vie, femme de Marc Antoine, perça la langue de Gicéron dont elle tenait sur ses genoux la tête sanglante.
Dans la société romaine, l'échafaudage de la chevelure d'une.femme était une grosse affaire, et les épingles étaient de toute nécessité pour le maintenir. De nombreuses servantes faisaient Toffice de coiffeuses près des dames opulentes qui, si nous en croyons les auteurs satiriques, ne les traitaient pas toujours avec douceur. « Par la f^ute d'une épingle mal attachée, dit Martial, une seule boucle de cheveux déran-
IM LE TSTBaBin.
gèdtrédifloBdela.MiUSsndeLdagé.Poar:'i0 7cqgerd'un lel forfait, Lidi^ft^iI».iBiiiinote donir^qnileld tnitrifélé, eLIuiarradbiott les dternix, la teonm aon Ht eoopt. Abtflent-ioi désorinaîs. Ltlafft, d'ajoiter ti fuuate dev^m. Qa'Micuiie dM Jeunes nUes qui
Fig. KO. Fie- ^1- <^- 3^ ^- ^U'
ftpJDglM antiquei.
te servent ne mette la main à ta tête insensée. Que la salamandre y laisse des traces de son renin, ou qu'elle soit dépouillée par le rasoir impitoyable, afin que ton image devienne digne de ton iniroir. n Javénal est encore plus explicite: h ... Pourquoi cette boucle trop hauteî Aussitôt un nerf de bœuf fait justicede l'attentat commis sur un cheveu. Est-ce la faute de cette fille si ton nez te déplaît ? Une autre à gauche
peigne, démâle sa chevelure el la roule en anneaux. Au conseil préside une vieille émérite qui, de l'aiguille, est passée à la quenouille. Elle opine la première, puis les subalternes à leur tour, chacune selon son âge ou son talent; on dirait qu'il s'agit de la vie ou de l'honneur, tant elle tient à paraître belle! Elle bâtit sa chevelure de tant d'étages, elle l'exhausse de tant d'orbites enchâssés les uns dans les autres, qu'en face on la prendrait pour Aodromaque; par derrière elle décroit; ce n'est plus la même femme. (luvénal). a
Les épingles se mettaient dans des petits étuis comme celui qui est représenté sur la figure 55/i, ou bien dans une espèce de boite ronde comme celle que montre la môme Qgure et qui a 'été découverte à Pompéi.
On a également retrouvé dans les tombeaux égyptiens de fines aiguilles de bronze : elles sont assez longues et percées à leur extrémité de trous, imperceptibles. Les aiguilles de tête sont souvent «rnées d'un singe assis; le petit prisonnier nègre dont les mains sont passées dans des menottes était aussi un ornement assez fréquemment usité.
On a découvert en Egypte des petites tortues d'or qui se rattachent par leur destination au sujet qui nous occupe (fig. 555, 556). Le musée
Pig. 5U. — reuu l>
de Boulaq en possède une en bois, qui a été trouvée dans un tombeau de la onzième dynastie. Les trous pratiqués sur son dos servaient, suivant le catal(%ue, à ficher des épingles en bois, dont quelques-unes ise terminaient par des tôtes de chicu!;.
tes égyptiens avaîeni des épingles en bois ou en ivoire, dout les
Fis. &»- — PtUllB lonue a
S servaient pour se teiiidre les cils et les paupières avec du
noir d'antimoÎDe. Ces aiguilles avaioel la forme de petites massues
légèrement arrondies du bout. On les resserrait avec des étuis faits avec ces bois précieux que leur fournissaient à titre de redevances les peuples qu'ils avaient vaincus. Ces étuis sont souvent très chargés d'ornements: il. y en a qui affectent la forme d'un chapiteau de colonne (fig. 557) ; quelques-uns aussi sont enrichis de peintures (fig. 558).
Les peignes. — Les Égyptiens se servaient de peignes en bois pourvus d'une double rangée de dents. La partie pleine était décorée d'ornements très variés. On peut voir au musée égyptien du Louvre (salle civile, armoire D), plusieurs peignes fort intéressants : Tun d'eux est orné d'un bouquetin qui met un genou en terre. On a retrouvé aussi dans les tombeaux un certain nombre de peignes avec une ornementation de style asiatique et qui paraissent postérieurs à l'invasion de €ambyse«
Les peignes dont se servaient les Romains étaient généralement formés de deux rangées de petites dents serrées et ne différaient guère de ceux qu'on emploie aujourd'hui. On se servait aussi de démêloirs,
Fig. 580. — Peigne.
dont la figure 559 nous montre un spécimen. Enfin les femmes se mettaient quelquefois dans les cheveux des peignes concaves, comme ceux avec lesquels elles retiennent aujourd'hui leurs nattes, mais en général l'usage des épingles était beaucoup plus fréquent que celui des peignes pour maintenir les cheveux.
La figure 561 montre une jeune Qlle à sa toilette d'après une terre cuite antique. C'était encore le temps de la simplicité des mœurs, où une femme croyait pouvoir arranger ellemême sa chevelure. Il n'en fut plus de même sous l'empire romain. « Une multitude d'esclaves, de l'un «t de l'autre sexe, dit saint .Clément d'Alexandrie, se presse autour
Fig. 560. — Pdlgne.
LE VtTEMENT.
ânsfcmmes pour servir ii l'cntreiîian de leur parure et de leur beantâj 11 en est qui priisiJent à leurs miroirs, d'autres à leurs coiflarea, d'autres 1 enllii i. leurs peignes et aux tresses de leurs cheveus. "
Pig. SOI. — Jeune (enmie à u toilelte.
Les peignes, les éluis à épingles, les petites âoles destinées à godtonir les pommades et les parfums, se resserraient dans des bo!tes en bronze. Les cistes, auxquelles on a attribué longtemps un usage purement religieux et qu'on croyait avoir été employées uniquement dao» les mystères, étaient destinées h contenir divers objets de toilette à l'usage des femmes (fig. 562). ,
Ces soins excessifs donnés à la toilette contrastaient avec l'austéritéque les Pères de l'Église prêchaient aux femmes chrétiennes, a Nolr& jeune veuve, dit saint Jérôme dans une lettre à Marcella, passait autre" fois de longues heures à sa toilelte, et tout le jour cherchait devant son miroir ce qui manquait à sa parure... Autrefois ses esclaves arran^
LA TOILETTE. 38r
gcaient sa chevelure avec art, et mettaient à la torture, sous des mitres de frisure, sa tète innocente; elle dédaig:ne aujourd'hui tous ces soins, et sait qu'il suffit à une femme d'ôtre voilée. Pour elle, la plume était une couche trop dure ; elle soulTrait à dormir sur les lits somptueux ;.
Pig. SM. — CiiU étnuquc.
maintenant, vigilante pour la prière, la première elle se lève... La robeest de couleur sombre ! elle la salira moins en se prosternant sur la Icrre nue. La chaussure est commune 1 le prix des souliers dorés est donné aux pauvres. Aux ceintures ornées d'or et de pierreries a succédé une simple ceinture de laine blanche, moins pour ceindre sa taille que pour retenir son vêtement. »
Les éventails. — Aussi loin qu'on veuille remonter dans l'histoire des sociétés antiques, on trouve l'usage dei éventails. Mais ces
«n LE VÊTEMENT.
éfeotailfl n'éttieat pas lout h fait conformés comme les ndires. Ils no N fenadent pts et Iw tlamcs no les lenaieni -ptta à la main : c'est toa- JonntUM serrante qd est ciiargée d'aj^iier l'air autour du visage de lanr miltroBSB. OlériB dit h Aatiptioo dans [Eunwjm de TéreDce : «.... Oo Tient prendre h jeune Tille pour la conduire au bain. Elle y va, es biîgne et rerieat; après quoi elles (les sen-antes) la melient au lit. Je me tiens debout, attpudant les ordres qu'elles pourront me donner. One d'etlés s'approebe ; n Çà, Doms, me dit-elle, prends cet évenUiil, et • rafraldlis l'air aaUmr d'elle, en faisant comme ceci, pendant que nous ■ nooi baigneroilB. Lonquc nous aurons Qni, tu pourras te mettre dans c le biio k ton tour, ai le cœur t'en dit. n Ovide nouN apprend que l'art de manier l'iventail était un des moyens de séduction des galants du Itooe. Il conslale'qtM l'on a souvent obtenu les bonnes grâces des damée pour les énit doucement rafiaichies à l'aide de l'éveutail. Nous voyons, dans une so6ne de gyiëcée que reproduit la figure 133, une jwnefllle eatralQtf^érfenter sa maîtresse. Aussi l'éventail est presque ttrajours poarrq Sm. long manche qui penneltail à la personne chargâc da porter l'iveatait de se tenir à une certaine distanf|^4gjgpjfljj| ^e voulait domwr de l'air et de la fraîcheur.
Pis. S«8. — ËTBDtul l«Tptlaa bit >tw dei tnaiUM lèclisi.
Ce caractère est parUculièremeot remarquable dans l'andraoe
Egypte. Nous reproduisons les deux types d'éventails qui se rencontrent )e plus commuDément dans ce pays. Celui que montre la figure 563 est fait avec des feuilles sèches. On remarquera que le flabellura qu'on portait comme insigne royal autour des Pharaons (tome I, fig. ^1 et k^), n'est pas autre chose qu'un éventail de ce genre placé sur une tige extrêmement élevée,
La ligure 56^ montre un éventail fait de plumes d'oiseau placées sur une tige de bois en forme de lotus.
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Cet éveulail parait avoir servi de type à ceux qui ont été adoptés plus tard par les Grecs. La disposition des plumes ou des feuilles desséchées dont on se servait pour faire les éventails est presque toujours la même; elles partent d'un centre commun autour duquel elles rayonnent (fig. 565, 566 et 567). D'autres fois, l'éventail affecte plus directement la forme d'une feuille unique (fig. 568, 569, 570). Les peintures de vases, sur lesquelles les représentations d'éventails sont
LÊVETEMElîTr
«ttirémemenl fréquentes, monircni de ti^s-nombreuses variantes d^s lypes que nous avons donnés, mais ils sont loujotirs composés d'uu
iirancho et d'une partie plate, et ressemblent assez a ceux donc tes Japonais se servent encore aujourd'hui.
L'HABITATION ÉGYPTIENNE
La maison socs les Pharaons. — Les uecbles. — Les jardins.
La maison soos les Ptolémées.
La maison sous les Pharaons. — » Les premiers habitants de rÉgypte, dit Diodore de Sicile, se construisaient des habitations avec des roseaux. Les traces de cet usage se trouvent encore chez les pâtres égyptiens qui, même aujourd'hui, ne connaissent d'autres habitations que les cabanes de roseaux dont ils se contentent. » Il est certain que, dans l'ancienne Egypte, non-seulement les bergers, mais encore tout l€| menu peuple, habitait non pas de véritables maisons, mais de simples abris composés de quatre murs, avec un toit de branches de palmier épaissi avec de la terre glaise.
Ces anciennes demeures étaient, autant que possible, bâties sur un lieu un peu plus élevé que le reste de la plaine, afin d'éviter les inondations qui les auraient réduites en boue, et tout le talent du constructeur consistait à mêler les roseaux au limon assez habilement pour que celui-ci résistât à l'action envahissante des eaux. Toutefois, ces cabanes doivent avoir existé principalement dans la basse Egypte, caria vallée supérieure du Nil offrait, par les grottes naturelles percées dans le flanc des montagnes, de nombreux abris, qui ont dû être de très-bonno heure imités artificiellement.
Dans la classe aisée, les maisons étaient bâties en briques crues, peintes de diverses couleurs. Mais, en Egypte, les maisons annonçaient rarement à l'extérieur une grande apparence de luxe.