‹ La Vie privée des anciens v. 4 1883 (volume 3)Chapitre 14 sur 25 · II · texte numérisé non relu

II

IN L'HABITATIOH.^

« LesMleon' de It tndttioii daviqne, dit M. Mariette, nom ont upptia que lel Égyptleos faisaient pen de cas de» demeures qu'ils ha- Utiieat pendant la vie, et qa'an contraire ils catouraienl de loiis leurs ■oiD» les flWiMHU étern^ln 6à Us devaient reposer apr^s leur mort. L'Atode dm^iiMiDiimeots est diKOMd avec le lémoignage des écrivain» , grvca et latins. Las n|a)soiis des villes étaient petites, étroites, Mties ] enboisetbriqaescnies; les tombeaux onttiravélessid-ciGs.Lo mobilier] fuBéraire répondait an tuie des tombes. Meubles, statues, stèles, amutetiBS, on entaisait autour du mort tant d'objets divers que lo fouilletir ! estquelqneMsétODné. Au O0Dtraire.ceqae nous connaissons des villes- i s Doosaatortoeàpeiiaerqulleo était de ces villes comme de J toutes les cités modernes de j^ rOricnt.où la vie en plein air J dilpense la grande masse des j haliitanls de cett<> recherche du luxe , qui est uu des besoins de notre civilisation, d

C' pendant, les magnifi- Qnes meubles dont on trouve les représentations sur les peinture'! des hypogées semblent indiquer des palais souvent somptueux, et il devait y avoir, dans tous les cas, une grande richesse décorative dans c^taifls intérieurs, car autrement ces meubles auraient fait un singulier effet. Ce que les auteurs anciens nous disent de l'exlrëme simplicité des maisons égyptiennes nous paraît devoir s'appliquer surtout à la façade.

Cette façade, quoique fort simple, n'est pas dépourvue d'élégance. La figure 572 nous en offre un modèle. On remarquera que l'ouverture des fenêtres affecte en général la forme d'une pyramide tronquée; les volets ont deux battants. En haut de la maison, on voit une terrasse abritée par un toit léger que supportent de petites colonnes; on allait là pour prendre le frais.

Quelquefois cette terrasse n'était pas couverte, et un système de ventilation était établi sur le toit qui est toujours plat. C'est ce que nousmontre la figure 573; derrière la maison représentée sur cette

L'HABITATION ÉGYPTIENNE

Fig. 578. — Maison. (D'après une peinture de Thèbes.)

figure, on voit apparaître des palmiers dont la hauteur dépasse celle du toit.

L'extérieur des maisons présente quelquefois un pavillon assez élevé, ayant de chaque côté un corps de bâtiment composé de deux galeries Tune sur l'autre. Ces galeries, soutenues par des piliers à chapiteaux, constituaient de véritablas salles ouvertes, dans lesquelles la famille pouvait prendre le repas en plein air. Les portes étaient à un ou deux battants et tournaient sur des gonds de métal. On les fermait avec un verrou ou une barre transversale. Les fenêtres du rez-de-chaussée sont généralement grillées;

celles du premier étage sont fort petites et présentent deux vantaux de différentes couleurs, Chaque maison était accompagnée d'un grenier ouvert sur le côté et d'une terrasse découverte : il y a presque toujours un jardin qui montre des bosquets de verdure, des berceaux de vignes et des arbres fruitiers.

« Le plan des maisons de ville et de campagne, dit M. Pierret, variait selon le caprice des constructeurs. Quelques-unes des premières comprenaient une série de chambres disposées sur les trois côtés d'une cour plantée d'arbres. D'autres consistaient en deux séries de chambres à gauche et à droite d'un corridor que précédait une cour donnant sur la rue; d'autres en une série de chambres rayonnant autour d'une sorte dHmpluvïum pavé en pierres, avec quelques arbres, une tente ou une fontaine au milieu. Quelquefois, un escalier conduisait de la rue aux chambres. Parfois, plusieurs petites maisons étaient reliées ensemble, le long d'une rue, par une cour commune. Les habitations n'avaient, d'ordinaire, qu'un rez-de-chaussée surmonté d'un ou deux étages au plus, avec une galerie-terrasse pour la sieste. C'est au premier étage qu'on recevait et qu'on couchait. Les maisons des riches couvraient un large espace : quelques-unes donnaient directement sur la rue ou en étaient séparées par une courte allée. Quelques maisons, plus grandes, étaient isolées avec deux ou trois entrées, et précédées d'un

L'IJABITATIO.N.

tenaicnl deux colonnes ornées de bannerons ; de plus

-. ivaient une double rangûe de colonnes alternant avec

ttres maisons avaient un escalier conduisant h une

-tuiiiic ie, avec une enlrée entre deux pylônes, comme les

iii|)les; unu rangée d'arbres courait parallëlemeut au front de la

...aison. »

C'est aux Égyptiens que les Grecs et les Romains ont emprunté les modules de la plupart de leurs clefs, de leurs serrures cl en général de l'iuies les fei'iiietures. Une peinture deTlièbes, représentant une porte iVypl c, montre les deux verrous attachés h des battants séparés et, en mme en bas, se rencontrant eu sens opposé, (Fig. 57fi.)

Pig. 675. — Détiil dM gonili.

(D'*p[ii una pabtore de Thèbei.}

Les gonds des port's n'étaient pas exactement faits comme les noires. La porte s'ouvrait à l'aide d'un pivot, Gxé en haut et en bas, de manière à tourner dans une crapaudine. Ce système, que la figure 575 explique suDisammeut, remplaçait les charnières que nous plaçons sur \v cûté.

Les meubles. — Les meubles en bois retrouvés en Egypte sont assez rare.=i, mais on en voit de nombreuses représentations dans les peintures (|ui décorent les tombeaux, si riches en sujets de la vieprivée. On voit des personnagos des deux sexes réunis pour boire, manger ou écouter de la musique : quelques-uns sont assis sur des chaises de bois, on des tabourets recouverts de riches tissus ; ces sièges portent sur des pieds d animaux sculptés et dorés.

!• Les meubles en bois commun, dit Champollion-rigeac, en bois

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rares ou exotiques, en métaux ornés de dorures ou ciselés ; les étoffes unies, brochées, brodées, teintes et peintes, en lin, en coton ou en soie, produits des manufactures nationales ou étrangères, contribuaient à l'agrément des maisons égyptiennes et aux commodités de la vie intérieure. Les lits, garnis de matelas, avaient extérieurement la forme d'un lion, d'un chacal, d'un taureau ou d*un sphinx debout sur leurs quatre pieds; la tête de quadrupède, plus élevée, servait de dossier pour le chevet, et l'imitation minutieuse de ses divers membres donnait l'occasion d'ajouter au bois, outre les couleurs, l'or et l'émail. On fabriquait avec le même soin les marchepieds, les lits de repos à dossier et à chevet, les divans, les canapés, les armoires à deux portes, les buffets, tablettes, cassettes et coffrets, et tous les objets de cette nature nécessaires au service d'une famille. »

Les sièges que nous présentent les monuments figurés de l'Egypte peuvent se diviser en deux classes bien distinctes : ceux qui proviennent de la forme minérale ou géométrique, et ceux qui se rattachent à la forme animale. La caisse ou, la pierre taillée en cube est la forme la plus simple et peut-être la plus ancienne. Un pavé cubique, sur lequel on pose un coussin po u le rendre plus doux, voilà le principe. On en trouve ainsi, dépourvu de toute espèce d'ornement, dans les nécropoles de Thëbes. Habituellement ils sont acccompagnés d'un commencement de dossier fort bas; la couverture pliée, qui sert de coussin, se relève légèrement à la partie postérieure du siège et passe par-dessus pour retomberen arrière un peu plus bsfs que la partie plate sur laquelle l'homme est assis.

Cette forme absolument élémentaire se maintient pourtant dans une époque plus avancée, ou du moins elle s'applique aux sièges sur lesquels reposent des grands personnages, aussi bien qu'à ceux des pauvres gens. Les Égyptiens se plaisaient à ces formes primordiales, qui ne se contournent jamais et expriment nettement leur destination. Quand le siège est destiné à des divinités ou à des personnages opulents, il se couvre d'une riche décoration, mais il reste absolument le même dans ses lignes générales. Les nécropoles de TÉgypte en fournissent de nombreux exemples dans les peintures qui les décorent.

Cette sorte de siège, nous l'avons dit, est une simple caisse dépourvue de ce que nous appelons les pieds (fig. 576). Mais elle est susceptible de se couvrir d'ornements, et nous la voyons en effet plus ou moins richement décorée suivant l'importance du personnage qui en use. Cette décoration consiste tantôt en petits carreaux, en losanges, en

teaiUas de poiM»M, en fleari-^B^lotu, en personnages. Tout le sys- 1 IèB»anMlBeiUil.dM£BrptiMiS7pHK. Nous devons noter cependant |

une subdivision trés-curiensé ef qnl revient très-fréquemment : ell»'' consiste à inscrire dans le carré formé par la caisse un autre carré qui en forme le quart. Soit que cette subdivision soit dépourvue d'ornements, soit qu'elle en soit chargée {Gg.577), elle est généralement apparente, et, dans ce dernier cas, le décor n'est pas le même dans le petit carré que dans le grand où il est inscrit. On voit pourtant des sièges qui n'ont pas cette subdivision, maisilssontbeaucoup moins fréquents sur les monuments (fig. 578}.

La seconde espèce de chaise qu'on trouve dans les monuments égyptiens, et qui n'est, à vrai dire, qu'un diminutif des lib en usage dans le même pays, est empruntée k la forme animale. Consciencieux dans tout ce qu'ils font, les Égyptiens ont soin que les pieds de devant d'une chaise aient toujoura la fonno

5ii;);a igs^itta.

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des membres antérieurs de Tanimal, tandis que les pieds de derrière ressemblent aux membres postérieurs (ûg. 579 à 580). Les sièges pren-

Fig. 579. — Chaise égyptienne à dossier renversé.

nent par là une solidité apparente qui charme l'œil par la pondération des lignes : car la partie postérieure de la chaise étant destinée à supporter un poids très-supérieur à Tautre partie, semble aussi plus solide, à cause de la cuisse de Tanimal, qui est presque toujours très apparente et contribue à donner au meuble une tournure gracieuse.

Fig. 580. — Une chaise à dossier.

Fig. 581. — Chaise avec son coussin.

On remarquera que le pied de devant de ces chaises se rejette légèrement en arrière par le bas, comme pour imiter la marche de l'animal. Le dossier, assez élevé, presque vertical dans sa partie postérieure et légèrement incliné dans sa partie antérieure pour faciliter le mouvement en arrière du dos. La figure 579 nous montre une variété de ce type, mais avec le dos plus renversé et le pied de devant tout droit. Dans cette figure comme dans la suivante, il est bon d'observer que

le pied do la chaise ne porte pas directement sur la patte d'animal placé à la base, mais cellc-K:i est elle-même poséû sur une espèce do J petit socle.

La Tigure 581 appartient encore à ta même espèce de chaise. Celld-J ci représente un siègo qui est garni de son coussin; il a les pieds joints 1 par une traverse et reposant directement sur le aol. Il y a ausi dinient de bras que nous n'avions pas trouvé aux précédents.

ISous avons remarqué que les chaises qui ont la forme d'une caisse j sont presque toujours pourvues d'un dossier ir^s-bas. II s'élève au con- 1 traire jusqu'à la hauteur de l'épaulo J dans celles qui ont des pattes d'anl- 1 maux.

Nous signalerons en passant uno 1 espèce pariiculiôrc de siège dont l© I type semble appartenir surtout à f l'Ethiopie. Celui-ci affecte la forme | d'un animal sur lequel on i quelque sorte placé une aelle decha-i val. La tête de l'animal parait sur la j devant et la queue se relève par der- I rière. La figure 582 nous en offre un exemple et on en retrouve plusieurs absolument semblables dans les mo- Duments de la Nubie.

Tous les sièges dont nous venons de parler sont représentés sur des peintures égyptiennes, et la fréquente répétition des mêmes types permet d'alTirmer que cette forme était fort en usage dans la demeure des souverains et des grands personnages pendant les xvnr et sa* dynasties, c'est-à-dire à l'époque ou l'on place généralement le départ des Israélites d'Egypte. Quelques meubles réels ont été aussi retrouvés dans les tombeaux ; ceux-ci sont probablement d'une date plus récente. Leur décoralion est dans tous les cas beaucoup moins riche et ce ne sont assurément pas des meubles royaux. Ils sont d'ailleurs d'une forme tout à fait diifércnte et d'un aspect en général plus b-apu, bien que quelques-uns d'entre eux reposent également sur des pattes d'animaux. Nous avons au Louvre un curieux fauteuil orné d'incrustations en ivoire : il était pourvu d'un fond tressé dont on possède encore les débris. Il y a aussi divers fragments qui ont dii appartenir à des meubles extrftmemeut riches : on peut citer entre autres un b&lon orné de cylindres

Pig 5S>. — Si^ igjplisii.

L'HABITATION ÉGYPTIENNE

en faïence bleue et en bois doré qui sont placés alternativement. Le British Muséum, si riche en antiquités égyptiennes, nous montre aussi plusieurs chaises ou fauteuils (fig. 583, 58/i et 585). Il y a entre autres un siège en ébëne rehaussé d'ornements en ivoire. D'autres chaises à dossier, d'uncaractèreplus massif, ont dû appartenir à des personnages moins opuienis. On y rencontre aussi quelques véritables fauteuils pourvus de bras qui moment jusqu'à i'aissolledu personnage assi.c. Mais cette sorte de fauteuil à bras ■est loin d'être d'une allure aussi riche que les fauteuils bien rembourrés, que nous allons voir bienlûl. u Les fauteuils à bras, dit Champollion-Figeac, garnis et recouverts de riches étoffes, étaient ornés de sculptures trës-variécs, religieuses ou

- CtuiH «g^'iiUem

Siégei igjptiBUi m Wuite bntumqii

historiques. Des figures de peuples vaincus soutenaient le siège comme symbole de leur servitude. Un tabouret était semblable pour l'étotfe et les ornements au fauteuil dont il était l'accessoire. Pour des sièges pliants en bois, les pieds avaient la forme du cou el de la tête du cygne.

■ABITATIOH.

D'aotres fiiuleuilsiblmt en Ix^ de cMre,iiienistteâlTtrire«td'fibèBe,| ft les fiiégcs CQ joiMt a(4klem«nt treaBéa.a

Bien nVgale la rlBhesse desfoalenlla représentés du» les peintptes ^ui clécorcni le toinbeandeRaiiiBès III à nimbes ^K. BM à 58JQ. Gesoat (li< ip-ands ei moellrax sièges recoaTertt d'un ipfb coagaîii décwé fl'4- I loUes. DoitlI^iiteoU dimt les preda oat la iOraie d'an plUnt. «i ntt 4m phaSflUjm^i donnent kit décoration an aspect étrange^. SU).

Fig. sas. — F(uMml tgjpliaii.

Ces prisonniers ont les coudes liés aux bras du pliant. Autour du cou, ils ont un cordon teiminé par une Deur de lotus, la plante sacrée des Égyptiens. Au-dessous du siège et entre les deux bras supérieurs du pliant est une lâte de sanglier vue de face.

Voici maintenant un fauteuil dont les pieds sont complètement droits et décorés d'ornements en écaille (fig. 587). Ces pieds ont la forme d'un gros cylindre et se rétrécissent par le bas. La base même du pied est

L'HABITATION ÉGYPTIENNE

afo

une espèce de coloonelte étroite posée sur un socle en forme d'escalier avec un chapiteau analogue. Des fleurs de lotus décorent l'espace compris entre les deux pieds du siège.

La figure 588 nous prëseale un fauteuil royal du même caractère que les précédents, mais dont les pieds reprennent les formes animales que nous avons signalées précédemment dans les sièges égyptiens. CeS'

- Fauieuil tgyptiei

deux pieds sont joints par des traverses et l'espace qui les sépare est, comme dans la figure précédente, enrichi de fleurs de lotus.

Ces fauteuils à coussins étoiles, qu'on voit représentés dans les tombes royales de Thébes, peuvent nous donner une idée du luxe qui régnait à la cour des Pharaans : car tous ces meubles étaient à l'unisson, et la décoration do l'appartement était assurément du même style. Si l'on considère l'énorme antiquité di la civilisation égyptienne, et le degré de perfection où l'industrie était arrivée, à une époque qui marque pour nous le commencanent de la période historique, on comprendra

■n L'HABITA TIO IL

nnipanaooe qne VÉgrP^ i dH exercer bu- tt» Mtkna postMenres, et PadmiraCoD qu'elle Iniqurùt un Gréa qui. au tempe de U plus brilitB(e,époqtie de Thèbes, étateot <?ncorL> plongés dans une Itarliarîo | OOnaidéCe. Qaaot à Borne, Un'eofaut mima pas parler: sa foiidatiai) «st postérieure de plariears litelea à l'époque où sa fabriquaient les nmibles qiv nona aoBunes en train d'examiner.

PmuleuiU igjptleni.

Les collections égyptiennes possèdent aussi des pliants et des tabourets. Les pliants dont les pieds sont formés de tètes d'oie comme on le voit (Hg. 590) ne diffèrent paa sensiblement de ceux qui sont eii usage chez nous. Les labourels étaient généralement recouverts avec du cuir. On en faisait à quatre ou trois pieds. Les tabourets à quatre pieds sont souvent assez riches (fig. 501) : le montant, qui est toujours droit, est quelquefois en èbëne incrusté d'ivoire ; souvent aussi, il est doré ou enrichi de faïences.

L'HABITATION ÉGYPTIENNE

Les artisans de l'antiquité se servaient habituel lement pour leur travail de labourels à trois pieds, légèrement creusés, et d'une apparence rude et solide. Ces sièges grossiers, qui étaient à la fois un meuble et un instrument de travail, se transmettaient de père en Cls et devaient servir

i plusieurs générations. Leur usage remonte à la plus haute antiquité, puisque nous les trouvons en Egypte (Hg. 592) ; on remarquera que les montants sont recourbés et non pas droits. La même forme de siège, avec de très-légères variantes, était employée par les artisans grecs et romains.

Les peintures égyptiennes nous montrent assez fréquemment des lits funèbres, cil l'on voit un mort attendant sa résurrection. Il est probable que ces lils ne différaient point essentiellement de CI3UX dont on faisait usage à la même époque pour dormir ou se reposer. Car, p^g, mj. - sits" à'tniuLO.

d'après les croyances des Égyptiens, le

mort devait reirouver dans son tombeau les meubles dont il avait l'habitude de se servir lorsqu'il était sur la terre.

Le support des lits, soit en bois, soit en métal, imitait toujours à r.es extrémités les formes d'un animal. C'était souvent un lion; quelquefois les pieds de devant sont ceux d'un lion et ceux de derrière ceux d'une gazelle. La queue se relève assez souvent et on suppose qu'elle devait servir à accrocher quelque filet destiné à préserver le dormeur

df- la piqilro des mouches et dos autres insectes si communs en Egypte

|. SM, — Ul égïpUsn

Dans cette figure l'imitation de l'animal est aussi complète que possible. Au-dessous de l'opeilier, on voit le cou du lion qui se redresse et < la tête forme le haut du support:

aux pieds du lit, la jambe postérieure de l'animal est fortement rcjctée en arrière pour exprimer la marche, ei la queue se relève. Il est à remarquer que la plupart des litséj^'ptiens présentent unedisposition contraire!

c'est-à-dire que le plus souvent l'oreiller porte sur la jambe de derrière de l'animal dont le membre antérieur se trouve au pied du Ut. On peut voir cette disposition dans la figure 59^.

Ici le coussin qui recouvre le lit retombe derrière le dossier. Par une disposition analogue à celle que nous avons déjà signalée pour les sièges, la patte d'animal qui forme le pied du lit repose, non pas directement sur le sol, ^* '**■

mais sur un petit dé cubique.

It y avait des lits qui étaient d'une hauteur suffisante pour qu'on fAt

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obligé d'avoir un escabeau pour y monter : une peinture du tombeau des rois à Thèbes nous montre un de ces lits eniièrement recouvert d'une housse bleue qui retombe par-dessus le rebord du lit. L'oreiller est placé au milieu et il est probable que lorsqu'on voulait s'étendre, on enlevait la housse placée à l'extrémité du lit pour y placer l'oreiller (fig, 595).

Sur une peinture du tombeau de Ramsès II à Thèbes, on voit un lit en forme de divan, dont la base, qui paraît être en bois, est décorée de figures jaunes se détachant sur un fond

bleu clair. Le coussin est une étoffe violette enrichie d'étoiles brodées (fig. 596). Les pauvres se servaient comme lits de grandes nattes de jonc sur lesquelles ils s'étendaient.

La figure 597 nous montre un meuble d'une forme particulière qui pourrait être une table aussi bien qu'un lit. Il est pourvu de têtes de

Fig. 596. — Lit égypUen.

Fig. 597. — Lit de repos égyptien.

lions à SCS angles et repose également sur des pieds d'animaux. Mais les tables de cette forme étaient fort peu usitées dans l'ancienne Egypte, et elles n'auraient guère pu servir que comme supports. Nous croyons plutôt qu'il faut voir là une espèce de lit de repos, sur lequel on posait probablement un coussin pour s'y étendre pendant les grandes chaleurs du jour.

Les tables. — Les tables dont se servaient les Égyptiens étaient de forme ovale ou rectangulaire et reposaient sur trois ou quatre pieds (fig. 598). Plusieurs de ces tables sont ornées de dessins ou d'hiéro-

grand nombre de petites tables rondes qui portent sur un pied unique.

Ce sont ces petites tables sur lesquelles on posait les rafralchiasemenls et autres mois pendant les réunions de famille, ou môme dans les festins (fig. 599). Leur exiguïté peut paraître singulière, mais elle tient à la manière dont les Égyptiens prenaient leurs repas.

L'HABITATION rCYPTIENNE.

En effet. Athénée nous apprend que chez eux on ne dressait pas de table pour les repas, mais que les plats étaient apportés à la ronde, à chacun des convives qui le tenait dans sa main. Cet usage singulier est conûrmé par les monuments, dans lesquels on ne voit jamais les convives attablés, tandis qu'on en voit fréquemment qui ont à la main une coupe ou un plat.

Ces petites tables rondes sont simplement formées d'un disque rond, portant sur un pied qui prend quelquefois la forme d'un captif, comme le montre la fjgure 600.

Les effets se resserraient dans des coffrets de différentes grandeurs. La plupart de ces coffrets sont pourvus d'un couvercle légèrement incliné et recourbé dans sa partie supérieure, sur laquelle était placé un bouton destiné à le soulever. La figure 601 nous montre un de ces coffrets, muni de son couvercle. -C'est la forme qu'on trouve le plus souvent aux coffrets égyptiens, et elle est bien particulière à cette contrée, car on ne la rencontre chez aucun autre peuple de l'antiquité. La forme du couvercle et son inclinaison sont très-caractéristiques. Quelquefois le couvercle se fermait en glissant dans une rainure pratiquée dans le coffre, comme on le voit sur beaucoup de

nos boîtes à couleur ou de nos boîtes à jeu, mais plus souvent il s'enlevait simplement au lieu de glisser, et on le posait à terre quand on voulait prendre quelque chose dans le coffre (fig. 602). Quelques-uns avaient des pieds, mais d'autres en étaient dépourvus et reposaient simplement sur le sol.

Il y avait aussi des coffrets

dont le couvercle était simple-

• ment plat et d'autres s'élevaient

en formant un angle comme les toits penchés d'une maison. Dans

ceux-ci, le couvercle était divisé en deux parties, dont une seule était

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