II
Fig. 601. — Coftet égyptien.
Fig. C02. — Coffret avec le couvercle ouyert.
«I L'HABITITIOM.
lafoeptMe do'B'Mnilr, et tett poor oda fliAa SB eoAat pu- vue eqi&ea
de dnmitce OB de pod. laiiogan ioeau|H|,oa i
«nrtriHpanHdMmalMiaB. ' /^'ÀIm^
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M Moioa peiV'U coatiiatffoa do-Wt; leÉTÏeoK nnuitB Inofiiidi de EtiniAie à deariner oa an^ obtni, fwt «or les petUi oMte db vtoUaUe
La {rfiipart dea «effrett t nlMearepeat par de la manpMterie en deiplacagBB de IkA prédeax (Sg. Mft)u Qnelqnes-uM oMi itakot déoofde de pafmnns. Ceox 'Vd durent deMiné» k damaageafcKénfcespwtaieat ordiad-
omU de sajets relieieux, qui reivteeoteot le plw HMmnt de» oOraudM faitai à la diTiniti par Iw divan. Bembna de la faaiiAe-dB dtfoDt. ,, .
HnsbÉ^de cet oofflretB oat été déeoaverta à 9haim< «t l'im d'e«x, qoî iiliylnuioiiiiliiii British Muséum, eet particuUâreiiieiit remarqoabie
Pig. efti. — CoSnU
par la belle conservation des couleurs qui le décorent. I.e colTrel est d*ébène et enrichi à ses angles et sur le couvercle de petites plaques nni^s et bleues alternant avec de l'ivoire.
Les pieds sur lesquels reposent les colTrets constituent ordinaire-
L'HABITATION ÉGYPTIENNE. 403
ment l'ornementation adoptée pour les angles. Cependant il y a des coffres posés sur de véritables tables avec la tête et les pattes du lion, et le haut est quelqueEois décoré avec des oiseaux (ûg. 60&). Ceux-ci sont d'assez grands meubles, qui faisaient probablement dans l'appartement Toffice de nos armoires.
Outre ces grands coffrets, il y en avait de beaucoup plus petits, servant généralement à resserrer des objets de toilette. Ceux-ci sont d'une forme extrêmement variée et leur décoration ornementale est en général très-riche. Il y en a qui sont demi-circulaires et dont l'intérieur est
Plg* OOô. — Cktfiret A compartimenta.
divisé en plusieurs compartiments (fig. 605), d'autres qui ont la forme d'un étui, dont les deux parties sont insérées Tune dans l'autre. Des figures sont peintes sur quelques-uns, mais leur décoration reproduit plus habiluellement les faisceaux de joncs et les feuillages qu'on voit sur les colonnes, ou bien les feuilles de palmier ou de papyrus.
Jardins. — « Un vaste jardin, dit Champollion-Figeac, était une dépendance ordinaire d'une habitation égyptienne complèlc. II était carré; une palissade en bois formait sa clôture ; un côté longeait le Nil, ou un de ses canaux, et une rangée d'arbres taillés en cônes s'élevait entre le Nil et la palissade. L'entrée était de ce côté, et une double rangée de palmiers et d'arbres de forme pyramidale ombrageait uno large allée qui régnait sur les quatre faces. Le milieu était occupé par une vaste tonne en treilles, et le reste du sol par des carrés garnis d'arbres et de fleurs, par quatre pièces d'eau régulièrement disposées, qu'habitaient aussi des oiseaux aquatiques; par un petit pavillon à jour, espèce de siège ombragé; enfin, au fond du jardin, entre le berceau de vignes et la grande allée, était un kiosque à plusieurs chambres : la première, fermée et éclairée par des balcons à balustres; les trois autres, qui étaient à jour, renfermaient de Peau, des fruits et des offrandes. Quelquefois ces kiosques étaient construits en rotondes à balustre surmontées d'une voûte surbaissée. »
L'UABlTATIOIf.
La figure (îOO nous luonlre l'intérieur d'un jardin cgypiitti; si tous n'ùlaieot pas alisolumcat pareils à cel ut-ci. ils sVn ècarlaienl peu quant à l'ensemble, et un type analogue apparaît sur divers inonutneDts,
Co qui frappe tout d'abord dans celle peinture, c'est l'absence de perspective; néanmoins on y voil clairement un grand bassin long en forme de canal, bordé de chaque côlé par une rangée de palmiers. Tous les jardins étaient pourvus d'un bassin qui servait en même temps de vivier : les jiombreux canaux d'irrigalion, qui allaient porter partout les
eaui du Nil, donnaient aux propriétaires une grande facilité pour avoir des pièces d'eau.
Les Égyptiens étaient passionnés pour les fleurs et ils ne se contentaient pas de celles qui poussaient naturellement dans leur pays, mats ils en faisaient encore venir des contrées lointaines. Au&si les plantes rares ou extraordinaires figurent parmi les tributs que les peuples vaincus apportent aux vainqueurs. C'est ainsi que la figure 60Ï nous montre , un arbre exotique tout garni de ses feuilles el dont les racines sont enveloppées de terre et placée dans une espèce de caisse. Le tout mis dans une coifTe soigneusement suspendue par des cordes à une barre de bois portée par deux hommes. Il est donc certain que cet arbre était destiné à être replanté et acclimaté, sans doute, parce qu'on le considérait comme une plante utile ou curieuse.
L'HABITATIO» ËGYPTEENKB. 405
La maison sous les Ptolémées. — La destruction ou, si l'on veut, la transrormation d'Alexandrie, a été si complète, que les documents sur l'habitation égyptienne à Tëpoque piolémaïque sont encore plus rares que ceuï qui concernent la période pharaonique. Adéfautde reproductions graphiques, nous aurons recours aux renseignements fournis par les auteurs, mais il faut d'abord rappeler que ce n'est pas le style égyptien proprement dit, mais le style grec de la période macédonienne qui a toujours prévalu à Alexandrie. Dans la fameuse fête qu'il donna à Alexandrie, Ptolémëe Philométor fit construire un pavillon dont Athénée nous a laissé la description. » On avait élevé, dit-il, sur les deux faces de la longueur, cinq colonnes de bois, hautes decinquante
Fîg. on. ~ Uds pUnls
(Peintura da* lambeaux de Ooiun«h, pTè*Tbib«)J
coudées; mais il y avait une colonne de moins sur la largeur. Sur ces colonnes étaient des architraves formant un carré qui soutenait toute la couverture de la salle proprement dite où l'on mangeait. On y avait tendu, au milieu, un ciel couleur pourpre, bordé d'une bande blanche : aux deux côtés, de droite et de gauche, s'élevaient de grosses pièces de bois couvertes d'une tenture chamarrée en blanc, représentant des tours On avait tendu dans les intervalles de faux lambris peints. Quatre des colonnes avaient la forme d'un palmier et celles qui étaient dans les intervalles ressemblaient à un thyrse. En dehors de ces colonnes régnait sur trois c^tés un péi islyle qui formait avec les colonnes une galerie étroite et voûtée : c'estlùquerestaientlesgensdeceux qui étaient admis aux festins, et le dedans était tout garni d'une tenture de couleur pourpre. On avait suspendu au milieu, dans les différents intervalles, des peaux d'animaux aussi singulières par leur variété qu'étonnantes par leur grandeur. En dehors et tout autour du péristyle, on avait placé en plein air des lauriers, des mvrtes et autres arbres convenables aux
4H l/HABIT&TION.
dnoD8tniOM«tdaiitlefoDUIageftiniuJt une couverture continue. Tout lenl^tioiadiJdsfleanoâarUiânatMque l'Ëg^-pie produit abondam- BMDtet en tonte aaboo. Voilà pourquoi ce festin, fait au milieu do liltm>,pinit si ntràordiiuiniox étrangers. Eu effet on D'aiirailjamaispa IrOilTar dAl» une tutra TillOt pwr faire des couronne.i, toutes les flenn qu'oa fiMinit k iQisoD uix eouvivea ot dont le sol du pavillon était Joodté. Il J avait' sor les juabes de fwce qui soutenalmt le pavillon ceol animaiu ea mariMre, de la maia des plus habiles artisies. Dans les iaturallesoD voyait àa taUeaux da l'école de Sicyonc. On y avait «■d aftoroatiTwaeDt ptecA dobUhv feutres objets clioisis, des tunitpm dB dn{k d'bretdei tosblfes losplus brillantes, dont quelques- «MR rcfriienlatent dans lenntianu m£iiiG des figures de rois; d'antres dosBBjetfttfréBdeia M>ie,AtHleaas allient rangés par ordre et alter- DitifeineoidHiKRidiûrsd'or etd'wgent. On avait praliqui^, dans les partira Biq»ériearés, detaafOBceiDeBts où étaient divers pemonnagcs de tragédie, de comédie, Aa fritees satiriques, révolus des vrais habits oteTonïbles pour letirs riMes reapec(i&, de sorte qu'ils se trouvaient, sur dtaqno cAt^ TtA-fc-vls les lîiaË des aolret^. Au milieu des autres côtés, on avait laissé des cavités poor y placer de» trépieds de Delphes avec leurs supposa. Dm deux eOtés dn paVilltm 11 y avait intérieurement ceot lits d'or, à pieds de sphinx, couverts de tapis de pourpre eu laine de la première qualité. Le? soubassements de ces lits étaient d'un art et d'un goût exquis. Le sol des intervalles des lil^ était couvert do tapis do Perse dont le tissu représentait des animaux. Deux cents tables h trois pieds étaient dressées devant les convives, deux pour cbaqne lit, sur leur gradin qui était d'argent. Il y avait en vue, au fond de la salla^ cent cuvettes d'argent avec leur aiguière. En face, on avait dressé uue autre table pour poser les calices et tout ce qui était nécessaire p<Mir le service. Or toutes ces choses étaient d'or et enrichies de pierreries d'un travail admirable, n (Athénée).
La maison DBS ISRAfLTtPS. — La MAISON EN ASSYRIE. — LA MAISON
EN Perse. — La maison en Asie mineure.
La maison des Israélites. — Les patriarches demeuraient dans •des tentes qui ne devaient pas différer essentiellement de celles qu'ont encore aujourd'hui les Arabes nomades de ces contrées. Ces tentes paraissent avoir été en général divisées en deux compartiments, dont celm •de derrière était spécialement affecté à la demeure des femmes. La tenture en drap noir de poils de chèvres est indiquée dans la Bible.
On comprend qu'il en fut tout autrement après la sortie d'Egypte, Les Israélites habitèrent alors des cités florissantes et les maisons parti- -culières durent se ressentir de la prospérité générale. Malheureusement il nous est bien difficile de nous faire une idée très-exacte de leur disposition, môme en réunissant le peu de renseignements que nous fournissent les textes sacrés.
On sait que les pauvres bâtissaient leurs maisons avec de l'argile : (( Combien plus ceux qui demeurent dans des maisons d'argile, dont le fondement est dans la poudre, seront-ils consumés à la rencontre d'un vermisseau? » (Job. k, 19). Il y avait aussi des maisons en briques: « Les briques sont tombées, mais nous bâtirons avec des pierres de taille ; les figuiers sauvages ont été coupés, mais nous les changerons en cèdres. » (Isaïe, 9, 9.) Enfin la Bible nous signale des maisons en pierre : « Au septième jour le sacrificateur regardera et s'il voit que la plaie se soit étendue aux parois de la maison — alors il commandera d'arracher les pierres infectées et de les jeter hors de la ville dans un lieu souillé. » {Lévitique, 14, 40.)
Les maisons des riches se bâtissaient avec de la pierre de taille : « Et Salomon fît à la fîlle de Pharaon une maison bâtie comme ce portique. Toutes ces choses étaient de pierres de prix, de la même mesure que les pierres de taille sciées avec une scie en dedans et en dehors, et depuis le fond jusqu'aux corniches, et par dehors jusqu'au grand parvis. Le fondement aussi était de pierre de prix, de grandes pierres, de pierres de dix coudées et des pierres de huit coudées. » (Rois, I, 7, 9.)
Les bâtiments d'une maison riche ou d'un palais étaient disposas autour d'une cour carrée dans laquelle était un puits ou une citerne : <i Et ils vinrent à Bahurim, dans la maison d'un homme qui avait un puits en sa cour dans lequel ils descendirent. » (Samuel, II, 17, 18.) Il est probuble que daus les maisons très opulentes, ccHa citerne était remplacée par un véritable bassin dans lequel on pouvait se baigner ; H El il arriva le soir que David se leva de dessus son lit, et comme il se promenait sur la plate-forme du palais royal, il vil de dessus cette plaie-forrae une femme qui se baignait, et cette femme-là i4ail belle Ji voir. " (Samuel, II, 11, 2.) On voit par là que les toits étaient construits en plates- formes ou lerrassessur lesquelles on se promenait. Ces terrasses servaient aussi pour placer dilTércnts objets de ménage : « Or clic avait fait monter des hommes sur le loit et les avait cachés dans des chpnevoites de lin qu'elle avait arrangées sur le toit, n (îosué, II, 6.) Les jours de troubles nu de réjouissances, le peuple montait en foule sur ces terrasses : « Qu'as-tu maintenant que tu es montée sur tes toits, ville pleine de troubles, ville broyante, ville qui ne demandais qu'à ic réjouir, n (Isalc, 22, 1.)
Les fenêtres étaient garnies de jalousies qui laissaient passer l'air en iolerceptanl les rayons du soleil. " La mère de Sisera regardait par la fenêtre et s'iîcriait en regardant par ks ircillis : « Pourquoi son char a tarde-t-ilàvenir7n (Juges,5,28.jLecantiquedeSal{]moaditdeméme: « Le voilà qui se tient derrière noire muraille; il regarde par les fenâtres, il s'avance par les treillis, ii (Cantique, 2, 9.)
Les Juifs opulents avaient des habitations pour l'été, d'autres pour l'hiver; car on lit dans le prophète Amos : u Et je frapperai la maison d'hiver avec la maison d'été, et les palais d'ivoire seront détruits et les graodes maisons prendront feu. » (Amos, 3, 15.) Un voit, par là que l'ivoire était employé pour lambrisser les palais.
Nous sommes réduits à quelques phrases éparses dans les textes sacrés, pour tout ce qui concerne le mobilier des Hébreux. Dans les Proverbes, la courtisane vante les tissus qui garnissent son lit et. les parfums qu'elle y a mis: " J'ai garni mon lit de garnitures d'ouvrage entrecoupé de fil d'Egypte, j'ai parfumé ma couche de myrrhe, d'aloôs et de cinnamome. » (Proverbes, 7, 16.) Le Cantique dei cantiques donne un peu plus de détails sur le lit de Salomon : n Le roi Salomon s'est fait un lit de bots du Liban, — il a fait ses piliers d'argent, son lit d'or et son ciel d'écarlatc. n (Cantique, 3, 10.) On peut conclure de là que le lit était en bois précieux incrusté d'cr et d'argent, et recouvert de
tissus (le pourpre; mais le moindre monument figuré donnerait un renseignement bien plus précis que tous ces textes.
'Les Juifs avaient en outre, comme la plupart des Asiatiques, des lits ou des sophas sur lesquels on s'asseyait pour prendre les repas : « Et tu t'es assise sur un lit honorable, devant lequel il y avait une table dressée, sur laquelle tu as mis mon encens et mon parfum. » (Ézéchiel, 23, 41.^.
La maison en Asstrib. — La grande plaine qu'arrosent le Tigre ctTEuphrate manque absolument de carrières, et les forêts font également défaut à ces contrées. Pourtant une grande civilisation a passé là et on se demande avec étonnement comment pouvaient être les habitations de peuples qui n'avaient à leurs dispositions ni les grandes assises, ni les bois de construction.
Strabon nous fournit à ce sujet quelques renseignements.
« A cause de la rareté du bois de charpente, dit Strabon, on construit avec des poutres et des piliers de palmier. On entrelace ces piliers avec des cordelettes de jonc et on y applique des couleurs. On enduii les portes d'asphalte. Celles-ci sont hautes, et toutes les maisons ont le sommet en cône, vu l'absence du bois de construction; car la contrée «st nue; il n'y a en grande partie que des arbustes, abstraction faite du palmier. Ce dernier est très-abondant dans la Babylonie. »
Si le sol de la Babylonie fournit peu d'arbres, on y trouve une argile excellente, qui, cuite au four, ou même simplement séchée au soleil, acquiert une dureté extraordinaire. On se servait de bitume pour faire un ciment qu'on mêlait de chaux, dont on alternait les cou- <:hes avec des lits de joncs ou des feuilles de palmiers. La pénurie des matériaux a peut-être contribué plus qu'on ne pense à rendre les architectes inventifs. Presque toujours réduits à construire des maisons avec les plantes des marais, ils en liaient plusieurs tiges ensemble, et en courbaient les faisceaux en manière d'arche, formant ainsi une sorte de charpente sur laquelle on étendait des nattes. Que ce soit pour cette raison ou pour une autre, les Assyriens passent pour être le peuple qui a le plus anciennement employé la voûte, et la coupole parait avoir été adoptée dans les vastes palais des rois d'Assyrie.
La disposition des taureaux ailés mérite d'être signalée. Ils se présentent de face quand on arrive dans le palais et forment les piedsdroits des portes. Vus par les côtés, ils sont en bas-relief, et leur pied de devant est doublé pour que l'animal paraisse complet lorsqu'il est re- II. 52
pardù de face. L'animal est Jonc en réalito pourvu de cinq paltes, mais telle diiïonnité n'est apparente ni de face ni de prol'il.
Aa-deasiis de ces ligures de taureaux, la porte se dispose en voftlc cinlréc dont l'archivolte est décorée de briques émaillées. Les revêtements en faïence émaiilée étaient très employés dansl'aûcieone Assyrie et c'est probablement !à que les arcliilccies persans du moyen âge ont puisé les traditions dont ils ont fait souvent des emplois si lieureux. II semble aussi qu'il y ait eu dans les palais assyriens quelques salles recouvertes par des coupoles hémisphériques, qui faisaient saillie audessus des terrasses Établies sur les toils plats du palais.Ces terrasses, qui formaient probablement des jardins, étaient bordées par un feston lie créneaux en gradins, reproduits sur plusieurs bas-reliefs.
u Quelques-uns des palais assyriens, dit M, Lcnormant, occupent une énoriue étendue. Celui de Sennacbérib à KoyoundjiJt couvre une surfjCL- presque égale à celle du grand temple de Karnnk en Egypte. Le plan, du reste, en est toujours le même ; ce sout des successions d'immenses cours carrées, plus ou moins nombreuses suivant le développement donné à rédifice, autour desquelles se groupent des salles disposées en enfdade, sans aucun passage de dégagement. D'autres cour^ ou esplanades sont placées entre l'édifice lui-même et la muraille en (■■liasse qui borde extérieurement le monticule sur lequel il est bâli. Les salles n'ont jamais plus de AO pieds de laideur, mais leur longueur est souvent très considérable, ce qui leur donne l'aspect de véritables galeries. La plus grande de celles du palais de Khorsabad a 116 pieds de long : dans le palais d'Assourbanipal à Ninroud, on en trouve une qui a 1Z|0 pieds; enfm la longueur de la principale salle du palais de Koyoundjik est de 180 pieds. Ces longues galeries, qui serraient de salles de cérémonies, constituent une des particularités les plus caractéristiques de l'arcbiteclure assyrienne. Les parois intérieures des grandes salles étaient décorées de revêtements en pierre, sculptés jusqu'à une certaine hauteur, et au-dessus, de briques émaillées. D'autres salles étaient uniquement décorées par ce dernier procédé. Les simples chambres ou les salles moins luxueuses, destinées à des occasions moins solennelles, avaient leurs murailles recouvertes d'un enduit de stuc coloré, quelquefois avec des peintures à fresque. Nous apprenons aussi par les inscriptions qu'il y avait beaucoup de pièces entiôrement lambrissées de bois et qu'on y employait les essences les plus précieuses; les espèces nommées comme servant à former ces lambris sont le pin maritime, le sapin, le cyprès, le cèdre, le pistachier sauvage, l'ébène
et le santal. On n'en a pas jusqu'à présent retrouvé de vestiges, car lous les palais fouillés avaient été dévastes par l'incendie, dans les désastres qui marquèrent la fia de l'empire d'Assyrie. — Pour les réunions auxquelles les grandes galeries intérieures ne suffisaient pas, c'étaient les cours elles-mêmes, décorées de gigautesques sculptures sur toutes leurs faces et couvertes d'un vélum étendu dans ces occasions, qui servaient de salles. De minces colonnes, quelquefois en pierre, plus souvent en bois revêtu de métal, soutenaient autour de ces cours des portiques en bois peints do couleurs éclatantes. Quelquefois elle» imitaient
des palmiers ou d'autres arbres, le plus souvent elles étaient Wminées par des cbapiteauK à volutes, origine première de l'ordre ionique; quelquefois enfin elles étaient surmontées par des figures de métal représentant des animaux réels ou fantastiques. »
Le roi Sargon parle lui-rnéme du palais de Korsabad dans cette inscription. Il J'ai bâti dans la ville un palais couvert en peau de cétacés, avec des boiseries en santal, ébène, cèdre, cyprès, pistachier sauvage,' un palais d'une incomparable splendeur, pour le siège de ma royauté... J'y ai écrit la gloire des dieux. Au-dessus, j'ai bâti une charpente en bois de cèdre. J'ai revêtu les poudres do bronze... J'ai fait un escalier en spirale sur le modèle de celui du grand temple de Syrie qu'on nomme Bettilasni... J'ai sculpté avec art des pierres de la montagne. Pour décorer les portes, j'ai fait des enjolivements dans les linteaux et les monianis ; j'ai placé au-dessus des traverses en pierre de gypse... Mon
m L'HABITATlOa.^;
palais renfome de l'or, de l'argent, des vases de ces deux mitaiti, im eoaleun, du fer, les prodoits de nombreases mines, des étoBea telniBS' en safran, des &«p8 bleus et pourprée, de l'ambre gris, des pe«z 4a cétacés, de perles, du bois de sanul et d'ébbie, dos cfaerinz d'^fpts, des ânes, dm mulets, des champaux, du' bntio de tontes sortai. »■.
tig. ton. — PuMumcgiA poiuiu uu Mae.
Les monuments assyriens, si intéressants à consulter pour tout ce qui concerne l'histoire du costume, sont beaucoup moins riches en représeniations figurées lorsqu'il s'agit des meubles. Ceux que l'on voit appartiennent presque toujours à la maison royale et no nous renseignent que bien indirectement sur les meubles en «sage dans le pays.
En revanche ils sont d'une forme extrêmement originale et méritent sous ce rapport une attention particulière.
Voici d'abord (ûg. 608) un trône assyrien, ou, si Ton aime mieux^ une chaise royale. Le dossier n'en est pas très élevé et les pieds reposent sur deux cônes renversés do grande dimension, dont la forme a quelque analogie avec celle d'une pomme de pin. Les bras du fauteuil sont supportés par trois petits personnages sculptés, mais ce qu'il y a de plus caractéristique comme système décoratif, c'est assurément le petit cheval qui est figuré sur les côtés et dont la tête, qui se projette en avant, termine le bras du fauteuil d'une manière tout à fait originale. Cette forme du trône se retrouve plusieurs fois reproduite sur les bas reliefs assyriens.
11 paraît au surplus qu'il y avait des trônes roulants, car la figure 609 nous montre un trône identique à celui qu'on vient de voir, mais adapté sur deux roues et pourvu d'un timon qui permettait de le transformer en char. Le peu de hauteur des roues ne permet
pas de supposer toutefois que ce char ait pu être traîné par des chevaux, mais ii l'était probablement par les eunuques, qui sur notre figure 609, le tiennent sur leurs épaules, et on peut supposer que le roi se faisait traîner par ses serviteurs dans les avenues de son parc. Ce trône roulant peut aider à faire comprendre, au moins pour une partie, le mot de Daniel : a Son trône était de flammes et ses roues de feu ardent. »
La figure 610 montre une table; e!h est olacée devant le lit du roi Assarhaddon, que nous avons représenté ailleurs (fig. 115). On peut ici en voir aisément les détails, et on remarquera que les ornements qui décorent ce meuble et particulièrement ceux de la tige centrale impliquent l'emploi du métal. Cette table avec ses pieds en griffes
Fig. 610. — Tablo as^yrionnu.
M» ■/ L-HABITATION
de lioo, portant sur des supports coniques, est extrêmement élL'gante.
Si les mopumenis assyriens nous fournissent des documenta qui I font COBQlNreDdre l'appareil pompeux des rois, ils sont au contraire n inuTres pour tout ce qui touche l'ameublement des particuliers. NouttJ
UByrWQ diui lu
avons, il est vrai, des représentations do tentes oii l'on voit des couchettes et des sièges, mais il s'agit ici d'un camp et par conséquent de meubles portatifs. Cependant le lit représenté sur la Tigure &ii nous montre une forme de couchette qui n'a rien de somptueux et qui nous donne probablement le type d'un meuble assez eniployi^. Ce Ut se relève au-dessous de la tête pour exhausser le matelas qui est d'ailleurs fort épais.
Voici mainlenaut (fig. 612) un siège en forme de pliant, qui ne présente
aucun caractère luxueux. La scène en
eiïet se passe sous une (ente, et a probablement trait à la vie des camps. Le mobilier de cette tente est d'ailleurs assez maigre, et les deux personnages qui avaient ce pliante côté d'eux ont préféré s'asseoir sur une pierre.
L\ MAISON EN Perse. — Nous n'avons presque aucun renseignement sur les habitations de la Perse, ni sur celles de la Médie. Cependant Polybe a laissé quelques mots sur la résidence royale d'Ecbatane, qui était située dans la citadelle. « Ce palais, dit-il, a sept stades de tour; la grandeur et la beauté des bâtiments donnent une grande idée de la puissance de ceux qui les ont élevés les premiers; car, quoique tout ce qu'il y avait en bois fût de cèdre et de cyprès, on n'y avait rien laissé à nu. Les poutres, les lambris et les colonnes qui soutenaient les portiques et les péristyles étaient revêtus, les uns de lames d'argent, les autres de lames d'or. Toutes les tuiles étaient d'argent. La plupart de ces richesses furent enlevées par les Macédoniens du temps d'Alexandre; Antigone et Séleucus Nicanor pillèrent le reste. Cependant lorsque Antiochus entra dans ce royaume, le temple d'iEna était encore environné de colonnes dorées, et on trouva dedans une grande quantité de tuiles d'argent, quelques briques d'or, et beaucoup de briques d'argent. On fit de tout cela de la monnaie au coin d'Antiochus, qui se monta à la somme de quatre mille talents. »
La description que Polybe vient de nous donner du palais des rois peut s'appliquer à tous ceux des monarques orientaux dans l'antiquité. Les colonnes, les poutres, les caissons en bois de cèdre et de cyprès étaient revêtus de lames d'or et d'argent," et les tuiles du toit sont désignées dans plusieurs palais comme faites en argent massif.
Antérieurement aux guerres modiques, le luxe de l'Asie était pour les Grecs un sujet perpétuel d'étonnement. « Xerxès, dit Hérodote, s'élant sauvé de la Grèce, laissa tout son appareil à Mardonius. Pausanias, voyant cette magnificence, tant en or qu'en argent, en pavillons du travail le plus riche et le plus varié, ordonna aux cuisiniers de préparer un repas, comme ils le faisaient pour Mardonius. Lorsqu'ils l'eurent fait, Pausanias contempla avec étonnement les lits d'or et d'argent couverts de tapis, les tables d'argent, le splendide appareil de ce repas et tout ce qu'on avait servi; mais, voulant aussitôt s'en moquer, il ordonna à ses gens de lui préparer à manger à la Lacédémonicnne. Le repas étant prêt, Pausanias éclate de rire, fait venir les capitaines grecs et leur montrant la différence des deitx appareils : « Je vous ai, dit-il, rassemblés ici, pour vous prouver l'excès de folie du général des Mèdes; lui qui, pouvant vivre avec tant de somptuosité et de grandeur, s'est avisé de venir chez des gens aussi misérables que nous. » (Hérodote.)
Les Mèdes et les Perses, qui ont dominé dans toute l'Asie occidentale, ne paraissent pas avoir modifié sensiblement les formes dp mobilier
qoi étaient ce. usaga chez les Assyrinns. Les liis(orii?i)s anciens nous parlratcominucllomcnt du luxe ot de la molksse des Modes et des Panes, iuis sous ces oonis ils entendent toujours les usages relatir» inx ^Vlldcs monardiics asiatiques entre Icsqueites ils semblent ne I^it aocDDc distinction.
■ Citait sur un trône d'or, dit Atliéaée. que le roi s'asseyait pood
donner des audiences, et ce trône était placé entre quatre petites colonnnes enrichies de pierreries. Au-dessus on tendait un lapis pourpre jaspé. Le trône du roi de Perse est figuré sur la figure 613: c'est un fauteuil dépourvu de bras, un tabouret est posé sous les pieds du roi.
La décoration des meubles de la Perse consiste presque toujours dans une succession de moulures dans lesquelles vient presque toujours s'interposer, une patte de lion, comme le montre la figure 61^.
Les tables aussi bien que les chaises reproduisent avec une certaine uniformité les variantes de ce type. Voici pourtant (fig. 615) une table sur laquelle nous trouvons les chapelets de perles et des espèces d'oves assez analogues à rornemeniation employée parmi les Grecs.
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Fig. 614. — Mouble poroo.
Mais ce qui est beaucoup plus curieux, c'est que les pieds du meuble sont terminés dans leur partie supérieure par une* tête d'animal fantastique, dont Tallure rappelle absolument les figures grimaçantes dont
Fig. 615. — Table perse.
l'emploi est si fréquent encore aujourd'hui pour les meubles en usage dans l'extrême Orient.
Nous n'avons malheureusement aucune représentation de lits et nous sommes obligés de nous en tenir aux récits des auteurs anciens. Xénophon rapporte que les Perses, « non contents d'avoir des lits très-mollets, posent môme les pieds de leurs lits sur des tapis, afin que le plancher n'y oppose pas une trop dure résistance et que les, tapis cèdent mo le-
■.•KABITATIOK.
itan «Cet pmr avoir des lits bcaucoap mleOi coaCBolioiuiéH ^e eesi tlei OrecB. * Timagoras de Crète anit r^a eatra tatna ftittmtê d'Aitaurite no superbe lit à pieds d'argent avec ane gsmitare frto-ridie; snis es prince lui avait envoyé eo mtoe temps on domestiqae pour lui {Hr^tarer sa coucbc, disant que 1m Grecs n'y eplmdaiBat rien, m
t Selon Q»rès de Hitylène, cité par Alhânée, les rois de Perse poussèrent leur molle volupté et leur luxe jusqu'à se faire pratiquer h la tAte de leur Ut BOB lalle k daq lili dans Ufnelle Ils leDaient toujours en réserve cinq mille talents en or; c'est ce qu'on appelait l'oreiller du roi. Au pied du Ut était pratifiito une aoire pièce à trois lits, où il y avait trais mille talents d'argent; ooTapp^ait le marchepied du nA. Oo voyait dans sa chambre à coucher une vigne d'or enrichie de pioreriea, qui s'étendait an-^asos du lit Amynte dit uiCdic. dans soo idnânire, que cette vigne avait ses grappes foitnécs des pierres le& plus précfeoses et que jwès d'elle oa avait posé on cratère d'or, ouvrage da Théodore de Samos. > . » -. .
La haisor kn Asti Mihurb. — Vltrofe nous a lai lignes sur les hd)itationB phrygiennes, n Les Phrygiens, dit-il, qai ha» bitent un pays où il n'y a point de forêts qui leur fournissent du boia pour bâtir, creusent de petits tertres naturetlemeot élevés, établissent des chemins pour entrer dans l'espace qu'ils ont pratiqué et qu'ils font aussi grand que le lieu le permet; sur les bords de ce creux, ils placent plusieurs perches liées ensemble et assemblées en pointe par le haut, ils couvrent ce toit avec des cannes et du chaume, et sur cela ils entassent encore de la terre eu monceau; par ce moyen, ils rendent leurs habitations irës-chaudes en hiver et trës-fraldies en été. En d'autres pays, on couvre les cabanes avec des herbes prises dans les étangs, et c'est ainsi que, selon les lieus, on adopte diverses manières de bâtir. A Marseille, au lieu de tuiles, les maisons sont couvertes de terre grasse pétrie avec de la paille; à Athènes, on montre encore, comme une chose curieuse par son antiquité, les toits de l'Aréopage faits aussi en terre grasse; et dans le temple du Capitole, la cabane de Romulus, couverte de chaume, fait voir cette ancienne manière de bâtir. Toutes ces observations font assez juger quels étaient les bâtiments anciens n.
Les meubles n'étaient assurément pas les mêmes dans les diOérentes
parties de l'Asie Mineure, et les migrations successives qui se sont établies dans ce pays en ont profondément modifié les mœurs.
Voici (fig. 616) un lit d'après un bas-relief lycien, qui se rapproche bien plus des formes usitées en Grèce que de celles qui avaient cours de l'autre cAté de l'Euphrate. 11 faut séparer l'Asie Mineure du reste de l'Orient; elle a été l'institutrice de la Grèce, et c'est surtout dans les variétés du style grec qu'il faat chercher les meubles qu'employaient les riches habitants des riches cités ioniennes qui peuplaient la dUe et
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PIg. 410. — Lil lycun.
les lies de la mer I^ée. Si I'chi veut se reporter au trOne de Crésos (tome i.fig. 260) et le comparer à ceux que nous allons voirmaintenant, on comprendra que, pour ce qui concerne le mobilier, il était impossible de séparer la Grèce d'Asie de la Grèce d'Europe.
Lk UAisoK. — C'est par les descriptions d'Homère que nous pouvons nous faire une idée approximative de ce qu'étaient les palais des rois dans l'âge hérolqne. Ces habitations, qui comprenaient un corps de ' l(^s pour les hommes el un autre pour les femmes, avaient une enceinte fortifiée et offraient une apparence toute militaire. De chaque
iSI> L'HABITATION. 1
côlij de la porlc il y avail des baucs de pierre, où les hommes s'as- J ecyaiciiL pour faire la conversation. 1
Les écuries, les remises pour \m chars et les magasins à fourragaJ élaiont disposés ;iiilour de la cour. La salle des liomiues était très ^a-J cieuse et oruùo de colonnes supportanl la toiture; des sièges couverts^ de tapis étaient raiigùs tout aiiloui-. Cette pièce, qui êtail la plus ioipor-^1 taaEe, était précédée d'un vestibule où dormaient les étrangers. Autoun de la ^ande snlle étaient disposée les appartements des hommes, matsfl ceux des femmes paraissent avoir été à un étage supérieur, car danal Homère, nous voyons toujours Hélène ou Pénélope descendre de leura J appartements ou y remonter avec leurs femmes. Le centre de la cour J principale offrait toujours un autel consacré à Jupiter. I
Voici la descriplioD qu'Homtre nous donne du palais d'Alcmoâs ; I H La haute demeure du magnanime AlcinoOs brille ainsi que la ciartâ J de la lune et la splendide lumière du soleil. Les murailles sont de 1 toutes parts revêtues d'airain, depuis l'entrée du palais jusqu'au fond I des appartements; tout autour des murailles règne une corniclieazurâe.,fl L'intérieur de celte demeure inébranlable est fermé par des portes d'or; \ )c9 montants d'argent reposent sur le seuil d'airain; le linteau des portes est aussi en argent et l'anneau en or. Aux extrémités des portes on aperçoit des ibiens d'or et d'ar^'^ent qu'av.iit forgés Vulcain avec un art merveilleux pour garder la demeure du magnanime Alcinoûs; cee chiens sont immortels et pour toujours exempts de vieillesse. Dans l'iatérieur du palais, depuis le seuil jusqu'à l'extrémité des vastes salles, se trouvent des sièges rangés le long de la muraille. Ces sièges août recouverts de tissus finement travaillés par des mains de femmes; 1& s'asseyent les chefs des Phéaciens pour goûter les douceurs du repos, car ils ont chaque jour de nouvelles fêtes. Sur de maguiQqueB piédestaux s'élèvent des statues en or représentant des hommes encore jeunes, tenant entre leurs mains des flambeaux qui servent à éclairer, pendant la nuit, la salle des convives. Cinquante femmes esclaves servent dans ce palais; les unes broient sous la meule le jaune froment; les autres tissent la laine ou filent la toile, et tes mains de ces femmes sont ausû mobiles que les feuilles d'un haut peuplier agité par le vent. »
L'art décoratif des palais d'Homère semble se rattachera unearcbi" tecture à revêtements métalliques, où l'or, l'argent, l'airain et l'ivoire s'incrustent dans les frises, recouvrent les portes et s'appliquent le long des murs. Il est bon de noter que les portes n'avaient point de serrares; elles se fermaient par un verrou ou un loquet en bois ou ea méiat.
L'IIABITATIOIN EN GRÈCE. 42i
quelquefois par de simples ligatures en corde. Dans les temps primitifs, la mitoyenneté n'existait pas : chaque maison était circonscrite dans un enclos entouré par des espaces libres. 11 y avait des caves creusées sous terre pour conserver les vins, l'huile et la farine, mais il ne semble pas que Tusage des cuisines ait été pratiqué : les mets étaient préparés dans la salle môme où on prenait le festin. 11 y avai( entre l'enceinte et l'habitation proprement dite un espace assez étendu. Le palais d'Ulysse avait un verger, et dans celui d'Àlcinoûs nous voyons deux fontaines jaillissantes dont les eaux étaient amenées jusque devant le palais.
Si Homère nous fournit quelques renseignements sur les habitations de l'âge héroïque, les auteurs d'un âge postérieur sont à peu près muets sur la demeure des Grecs à l'époque des guerres médiques ; les fouilles tentées en Grèce n'ont pas encore pu mettre à jour une maison dont le plan puisse être déterminé d*une manière positive. Les explications que Vitruvc a données sur la maison grecque manquent tellement de précision que les architectes qui ont^ voulu faire une reconstitution en le suivant à la lettre sont arrivés à des résultats si -complètement différents qu'on ne peut y voir que de simples hypothèses. Les maisons de Pompéi, bien qu'elles appartiennent au monde romain, sont encore les meilleurs documents que nous puissions consulter sur la disposition d'une maison antique, et nous leur consacrerons un chapitre spécial.
Pour le moment nous devons donc nous en tenir à ce que disent les écrivains qui ont traité des mœurs des Grecs en les comparant aux mœurs romaines. Nous savons que les femmes grecques vivaient dans le gynécée, et que leur appartement était complètement séparé de celui des hommes, mais la distribution des pièces qui composaient le gynécée ne nous est pas connue. Dans l'un comme dans l'autre appartement, les chambres étaient disposées autour d'une petite cour entourée d'un portique.
a Une loi de Lycurgue, dit 'Plutarque, proscrivait toute magnificence. Elle ordonnait de n'employer que la cognée pour faire les planchers des maisons, et la scie pour faire les portes, avec défense de se servir d'aucun autre instrument. Lycurgue avait pensé que le luxe et la superfluité ne peuvent prendre pied dans une maison ainsi construite. Quel homme en effet aurait assez peu de bon sens et de goût pour porter dans une maison si simple et même si grossière des lits à pieds d'argent, des tapis de pourpre, de la vaisselle d'or et toute la somptuosité
L'IIABITATIOS.
qui en esLia suiic. N'(;sl-on pas au contrnîro f<ircé d'assortir tes lirs àl h inaisofl. les couvertures aux lils, et tous les autres meubles aux ^nl^• m vcrturcs? C'est celte coutume de construire ainsi les maison!) qui fît que 1 l'nncion L^oiichida;!, roi de Sparte, aj-aut remarqué en soupanl à Co-l riulhe que le plnnctter de la salle était magninquement lambris<4é, de- J manda ^ son hâte si djus »on pays les arbres avaient iialurejleiueaf I cetlo forme. »
G6 passage nous montre que les Spartiates conservaient dans leiiis J mœurs une siniplicilô assez voisine de la barbarie, ce qui est parfaite- ] ment conforme à tout co que noos I savons d'eux; mais il prouve également que cet exemple D'état I pasj suivi par les autres peuples do Ib9 Grèce, oîi le lusc envahit partoaP^ les hautes classes de la société. 4 C'est contre cet accroissement du ] luxe que s'éleva la secte des cj— niques dont le philosophe Diog&na ' est le représentant le plus famettx.
On sait qu'il habitait dans* un tonneau (Qg, (il7), mais il paraît avoir été le seul de sa sccle qui ait poussé à ce point la logique de ses doctrines. Le fuxe qu'il voulait proscrire ne s'en porta pas plus ma), et ne fit même qu'augmenter pendant la période macédonienne et romaine.
Nous trouvons dans le livre d'Apulée une petite deàcription qui nous fait connaître la physionomie d'une maison opulente pendant cette période :
« Après les premières politesses, nous fîmes une vingtaine de pas, et nous arrivâmes à la maison de B^Trhéne. Elle était précédée d'une magninque galerie, aux quatre angles de laquelle s'élevaient des colonnes surmontées de statues de la Victoire. Une Diane en marbre de Paros, était placée exactement au milieu de l'enceinte entière; elle semblait venir au-devant de ceux qui entraient et son caractère de majesté inspirait la vénération. Des chiens l'entouraient des deux cdtés et ces animaux étaient aussi en pierre; leurs yeux étaient menaçants, leurs oreilles dressées, leurs naseaux ouverts, leur gueule prèteàdévo-
Fig. an. -
rer; et si du voisinage il se fût fait entendre un aboiement, c*eût été à croire qu'il sortait de ces gosiers de pierre. Pour parler d'un détail où l'artiste plein de génie s'était surpassé lui-même, pendant que ces chiens, le corps et lo poitrail jetés en avant, posaient sur deux de leurs deux pieds, jes deux autres semblaient courir. Derrière la déesse s'élevait, en forme de grotte, un rocher tapissé de mousse, de gazon, de liane flexible, et çà et là de pampres et d'arbustes, qui de distance en distance sortaient en fleurs de la pierre. Le reflet de la statue se projetait dans Tintérieur, grâce à la transparence du marbre. Tout au rebord du rocher pendaient des fruits et des raisins si admirablement sculptés, que Part rivalisait avec la nature et qu'ils étaient d*une vérité parfaite ; et si l'on se penchait pour regarder dans les ruisseaux qui s'échappaient en molles ondulations des pieds de la déesse, on était tenté de croire que, comme des grappes suspendues à des vignes, ces fruits présentaient entre autres caractères de vérité Tillusion du mouvement. A travers le feuillage, on apercevait un Actéon en pierre, penché le dos en avant, qui attendait avec un regard curieux que la déesse vînt se baigner dans la fontaine de la grotte, et qui commençait déjà à être changé en cerf. »
Les meubles. — Les descriptions d'Homère nous montrent l'importance qu'on attachait dans l'âge héroïque au travail riche et orné des meubles tels que les sièges, les lits, les coffres, les coupes, et surtout les armes. Le mobilier de cette époque se caractérise par un mélange singulier de luxe et de barbarie. Les meubles en bois, grossièrement dégrossis avec une hache, étaient ensuite creusés, percés et ornés avec beaucoup de soin d'incrustations en or, en argent et en ivoire. Les artisans ne formaient pas une classe particulière dans la société, ou du moins, tout le monde travaillait au mobilier de son habitation, les rois comme les autres. Quand Ulysse veut se faire reconnaître de Pénélope, il lui fait la description de son lit : « Je l'ai construit moi-même, dit-il, seul, sans aucun secours, et ce travail est un signe que tu ne peux méconnaître. Dans l'intérieur des cours s'élevait un florissant olivier verdoyant et plein de sève. Son énorme tronc n'était pas moins gros qu'une colonne. Ramassai d'énormes pierres, je bâtis tout autour, jusqu'à ce qu'il y fût enfermé, les murs de la chambre nuptiale; je la couvris iun toit et je la fermai de portes épaisses, solidement adaptées. Alors, je fls tomber les rameaux touffus de l'arbre : je tranchai, à partir des racines, la surface du tronc, puis m'aidant ha-
L'B. 4 BIT ATI 07t.
Itilecncitit de la hache d'airain Cl du oonWu, je le polis, j'en Gs les piods du lit, et le Irouai à l'ûde d'one urière. Sur ce pied je coitstniîsis eDliéremeat ma couche. quRJ'tiKrusiai «for, dargeiil ci d'ivoire et dool je format le fond avec des courroies prises dans dc9 dépouilles de liureau, teintes d'uno pourpre i^lataDtc. a
Lfs meubles représentes sur les vases ancien stjle trahi»- .Bcnt le» influences que l'Orient conserva longtemps sur les mœurs et les Î^IwiustrieB de U Grince. La figure 618 monireTtiésées'apprôtaut à châtier le brigand Procusie, qui voulait que loul le monde fût à la t«itle de son
vtg. eu, - Le
- Lit giso. (iriprta usa
lit, et coupait les pieds de ceux qui le dépassaient en longueur. Le lit quo'noijs voyons ici rappelle les formes usitées en Egypte et présente l'aspect d'un animal en marche. Toutefois, cette forme de lit est rare sur les monuments, qui montrent bien plutôt des meubles analogues à ceux qui étaient employés dans l'Asie Mineure dans une période assez
L'HABITATION EN GRËCG. 4»
reculée, et que nous retrouvons eo Grèce, au temps des guerres médiques.
la figure 619 nous montre le type le plus pur du meuble grec : c'est un lit pris sur un vase peint. Les supports du lit soni plats et découpés surlescftlés: ils présentent la forme d'un pilastre avec chapiteaux ioniques. Cette forme est caractéristique dans le mobilier grec ; on la retrouve sur le beau lit funèbre que M. Heuzey a découvert en Macédoine et qui est maintenant au Musée du Louvre. (Fig. 620.)
Pig fl«) — Li ma d n
Outre les lits couchettes, les Grecs avaient des litsderepos, sur lesquels ils se tenaient plus volontiers que sur les sièges. Cet usage du reste est d'importation asiatique. Comme les mœurs orientâtes s'infiltraient peu à peu dans les populations grecques, nous voyons la transformation s'opérer d'abord dans l'Asie Mineure. Ainsi les Grecs d'Asie prirent l'habitude de se coucher sur des lits au lieu de s'asseoir, avant les Grecs des Iles, et ceux-ci devancèrent dans cet usage les Grecs du continent. Hérodote nous raconte comment Polycrate, tyran de Samos, reçut l'envoyé du Perse Orétôs; h 11 était, dit-il, sur un lit de repos, dans l'appartement des hommes, le visage du cèté du mur, et ne daigna point se tourner. » Il parait certain que l'usage des lits de repos était à peu près général en Grèce à l'époque des guerres médiques. Mais ce qui est remarquable, c'est que cet usage fut introduit par les hommes et non par les femmes, qui n'adoptèrent que plus tard les divaus élevés couverts de coussins et de riches tissus. Les chaises, les
tabourets el les autres siiîgcs resl6rent longtemps en usage dans les gynécées.
Nous voyons par les vases peints coniraeot ûtaknt conformés les lits de repos des Grecs, La fitrme générale en est toujours assez simple et ne dilTôrc pas senaitilenient de celle des lits destinés au sommeil. Cependant, ceux-ci étaient souvent pourvus sur un côté seulement d'un support destiné h soulever la tôtc, tandis que sur les lits de repos on voit des deux côtés un rebord semblable qui bervait à soutenir les coussins comme le montre la tlgure 621.
Flg. «1,
Il est probable que les Lacédémooiens ont dû adopter le plus tard possible l'habitude des lits de repos.
Les habitudes ioniennes gagnèrent peu h peu tous les peuples de la Grèce et les Spartiates cus-mèmes finirent par mettre dans leur ameublement autant de luxe que les autres, a Ils couvraient leurs lits, dit Athénée, de tapis tellement précieux et par leur grandeur et par la beauté du travail, que les personnes invitées à leurs soupers, quelquefois n'osaient pas appuyer leur coude sur les oreillers; ceux-là, qui jadis pouvaient rester pendant tout un repas s'appuyant sur la traverse nue du Ut, déployaient maintenant cette magnificence. »
Les sièges dont les Grecs se servaient peuvent se rapporter à troi»
types prtDcipaux : les sièges h balustres, les siégea à pieds ronds, et les sièges recourbés. C'est probablement à la première catégorie qu'il faut rattacher les trônes dont parle Homère, Ces trônes dont se servaient les dieux et les rois étaient richement travaillés et couverts d'in-
Filî, ta. — TrOno gnc, (D'»prii ou psiat
crustations : dans l'époque archaïque, les pieds assez épais sont fortement échancrés. Mais ce qui distingue particulièrement le trône c'est l'accompagnement indispensable d'un tabouret de pied, comme nous le voyons sur un vase peint de la Bibliothèque nationale. (Fig. 622.) Une peinture de Pompéi nous montre un héros assis sur un siège
droit et à grand dossier. Les pieds du siège sont aplatis et décnnpés coaformément à ceux que nous avons déjà vus, mais les bras sont au contraire très-maigres et semblent formés d'une simple baguette (flg. 623) ; ils sont en outre décorés de griffons. Le style de cette cbaise est assez lourd, et la cloclie renversée 'qui se voit à la base du pied est d'un goût
SiAge grec. (D'aprèi uoe peinlura do l'ompéi.)
douteux. Cette forme en cloche se trouve fréquemment sur les meubles romains de l'époque impériale : mais la construction môme du meuble est absolument grecque et n'a rien de romain. Les Grecs seuls et aussi les Étrusques faisaient des sièges dont les pieds étaient formés de planchettes minces, plates et découpées sur les côtés. On retrouvera le type de ces meubles dans la ligure 619, qui représente un lit grec; du reste, on en a déjà vu aussi un spécimen sur le trdne que représente la figure 622.
La persistance des types grecs alourdis par le goOt romain est également remarquable sur la chaise représentée figure 62i|, sur laquelle est assis un Jupiter. Cette statue appartient en eiïet à l'époque impériale; toutefois elle a subi tant de restaurations, qu'il est difficile de la prendre absolument comme modèle de meuble antique.
Fig. âïL — Siège grec. (Li'*p[i> ima itatiu.)
Outre les chaises à balustres dont nous avons parlé, les femmes grecques se servaient de sièges à pieds droits et de forme arrondie. Un bas-relief récemment découvert en Grèce (fig. 625) nous montre une chaise de celle espèce. Elle est pourvue d'un grand dosssier droit et de bras également droits et qui se terminent par une petite tête de bélier. On voit sur une peinture de Pompéi, représentant Léda, une chaise du
L'H*BITATIOS.
même genre, maie dont b dos est recourbé {fig. 62C). Les piods.qui se 1er-
minent en bas par une pointu, sont d'un style beaucoup moins pur que
ceux de la chaise précédente qui appartient h la belle époque de l'art grec.
La figure 627 est une peinture de Pompéi, qui repri^sente Hélène
IRI Paris. Hélène est assise sur un siégo sans dossier, dont les pieds sont également droits et de forme arrondie. Il est bon de remarquer que
Fig. (ttS. — CfailM gracias.
les sièges que nous avons vus jusqu'ici sont toujours accompagnés d'un tabouret pour mettre les pieds.
Les peintures de vases nous montrent fréquemment des femmes assises sur des chaises légères, et dont les pieds fortement arqués vont en s'amincisaant vers le bas de manière à être souvent d'une extrême ténuité à l'endroit où ils touchaient le sol. Ces chaises, sur lesquelles on posait une peau de béte ou un coussin épais, comme le montrent nos figures 628 et 629, sont pourvues d'un dossier très-lai^e et fortement renversé en arrière. Ce sont toujours des femmes que l'on voit assises sur ces chaises, qui sont extrêmement légères et le plus souvent dépourvues de bras.
Cette forme de chaise se retrouve avec des variantes sur une foule
L'HABITATION EN GRËCB. 431
de monuments antiques et elle persista dans l'époque romaine. En elTet, on la retrouve Don-seulement sur des peintures de Pompé), mais
Pig. W7. ~- SIégs lU) doat«r.
même dans des staïues de l'époque romaine : ainsi la belle statue d'Agripplue nous montre un siège à dossier renversé, dont la structure dérive évidemment des chaises grecques ûgurées sur les vases.
Pig. eia. — Chiiw gracqne.
- Les hommes ont aussi quelquefois des chaises à pieds recourbés et pourvues d'un large dossier. Elles se distinguent des précédentes, en
ceqa'MlQSMmtbMaeoapidvBaassives, car laformc gânéraledu raeuble f)>t à pra prti la mAme. La belle statue, de .Ménandre (Qg. 630) nous (^fre na modale «tcelleot de ce genre de siège, qui répond à non
fauieuils de bureau, et dont l'allui-e grave convient parfaitement à un homme d'Étal ou à un écrivain.
L'usage des coffres pour resserrer les vêtements et les objets précieux remonte assurément à une très haute antiquité. Nous le voyons mentionné dans Homère : « Arétè apporte de la chambre un coffre magnirique; elle y dépose les riches présents, les vêtements ei l'ur que
L'HABITAT10^' EN GRËCE. 433
les Phéaciens avaient donnés à Ulysse, et elle y place aussi la tunique et le manteau : puis elle adresse à l'éirangcr ces rapides paroles: H Noble voyageur, examine ce couvercle et ferme-le toi-même avec une chaîne pour que l'on ne te dérobe rien, pendant ton voyage, lorsque tu goûteras les douceurs du sommeil sur ton sombre navire. » (Ulysse ches Âlcinoûs, Odyssée.
Les vases grecs nous montrent des femmes occupées à ranger les vêtements dans lescoffres. Sur d'autres on en voit qui sont assises sur le colTre, car, lorsqu'il était fermé, ce coffre servait de siège. (Fig. 632) . Ces coffres étaient quelquefois de grande dimension, caril est assez souvenlquestion de personnages qui s'y sont tenus caches. Un vase nous montre le jeune Pcrsée que sa mère enferme dans uq coffre destiné à
être ensuite jeté à la mer. Il y a même des coffres où l'on voi deux pei^ sonnE^es. Sur un vase nous voyons Tcnnès et sa sœur Hémithée sortant du coflre où les avait enfermés Cycnus. fFrg. 632.) Évidemment ce sont là des sujets mythologiques dont on ne saurait déduire aucune réalité historique. Mais danscee représentations, les artistes ont dû figurer les meubles qu'ils avaient habituellement sous les yeux, et en peut en conclure que les anciens se servaient de coffres de grande dimension et d'une structure extrêmement solide. Les anciens ne se servaient pas de clefs ni de serrures pour fermer leurs coffres et leurs buffets. Ils les scellaient avec le chaton de leur anneau qui servait alors de cachet. On employait les clefs seulement pour les portes des édifices ou des maisons, mais on n'en usait pas pour les objets mobiliers.
Fig. M*. — CoSre.
Lis HiiBOHS. — Les habitants de l'Italie primitive paraissent avoir hibité dea cabanes, ou plutôt lies huttes de forme arrondie. Il n'en est oatnreUameat resté aucune, mais le musée britannique possède une aDcJanDs poterie, qui a dû servir d'urne sépulcrale et dont la forme est cd^ d'une maison.
Qeit probable que la cabane de RomuUis, qu'on montrait au Capi-
tôle, ressemblait à ce petit monument auquel on attribue une haute antiquité (fig. 633). Nous avons déjà donné (tome i, fig. 513), un monument du même genre, et au-dessous une autre urne qui cette fois montre une maison déforme rectangulaire. Cette dernière forme est celle que paraissent avoir adoptée les Étrusques, qui abandonnèrent ainsi la forme ronde des habitations pélasgiques de l'Italie primitive.
La cabane étrusque était en effet rectangulaire, et comme elle était ■ ouverte par le haut, on y a vu le principe de l'atrium romain, qui D'est pas autre chose en efi'et qu'une cour entourée d'un portique autour du- ^ quel sont disposées les chambres.
A Rome, on appelait domus une maison particulière occupée par un
seul propriétaire et sa famille, par opposition à Vinsula qui était construite pour recevoir un certain nombre de familles différentes auxquelles on[\2i louait en chambres, en étages ou en appartements. Les riches Romains habitaient toujours une maison seule, répondant à ce que nous appelons des hôtels. Les personnes moins aisées, qui tenaient pourtant à être absolument chez elles, possédaient seulement une fraction de maison. En effet, comme le titre de locataire était en quelque sorte déshonorant, parce qu'il indiquait un aventurier n'ayant pas ses lares à demeure fixe, on avait des maisons collectives. On se réunissait donc à plusieurs pour faire bâtir à frais communs, ou acheter ensemble une maison, dont chacun des propriétaires possédait en propre soit le rez de chaussée, soit un étage. Mais ces tiers ou quarts de propnétaires constituaient en somme une classe cxtrômem3nt restreinte, qui ne pouvait se comparer, ni par le nombre aux simples locataires, ni par la position aux véritables propriétaires.
Les artisans qui venaient dans une grande ville pour chercher du travail et qui n*y devaient pas faire un séjour de longue durée occupaient des petits logements qu'on leur louait avec le peu de meubles qui leur était nécessaire. Ces sortes de locataires ambulants, qui ne tenaient à rien, n'avaient pas de lares à honorer, pas d'aïeux dans la cité, et étaient partout considérés comme des étrangers et très généralement méprisés.
Les maisons de Pompéi sont de deux sortes ; celles qui ont seulement une porte sur la rue étaient de simples habitations, tandis que celles qui étaient entourées de boutiques servaient à la fois de maison d'habitation et de maison de rapport. Les boutiques ne communiquaient pas avec l'appartement situé autour de la cour intérieure, mais un grand nombre sont accompagnées d'un petit réduit, ou arrière-boutique, qui servait probablement de logement au boutiquier; quelquefois aussi ce logement est situé au premier étage, mais toujours isolé de Thabitation centrale.
Dans plusieurs de ces boutiques on a retrouvé le comptoir du marchand; mais ce marchand était souvent, non pas un véritable locataire, mais un simple agent, ou commis chargé de débiter les marchandises appartenant au propriétaire habitant la maison intérieure. Ces boutiques étaient en générai extrêmement petites, et l'acheteur devait être obligé la plupart du temps de stationner dans la rue. Les boutiques se fermaient la nuit avec des volets à coulisses, et le nom du marchand était écrit au-dessus avec des lettres rouges. Les enseignes sont assez rares,
cependant on en a trouvé quelques-unes; ainsi, pour un marchand de vin, deux hommes portant une amphore, pour une école de gladiateurs, deux gladiateurs combattant, pour une école d'enfants, un pédagogue donnant une correction à un petit garçon qui est porté sur les épaules d'un autre.
Les maisons n^avaient pas de numéros, mais le nom du propriétaire était souvent écrit sur la porte en lettres noires ou rouges. Ce sont aussi des inscriptions qui remplaçaient les écriteaux de nos maisons de location.
Les meubles. — 11 faut distinguer dans les lits romains ceux qui servaient comme couchettes et ceux qu'on employait comme nos sophas ou nos canapés. La Ogure 634 montre la véritable couchette prise
Fig. 634. — Lit romaia
sous son asjiect le plus simple, on y voit clairement le côté où sera placé Toreiller et les lanières croisées sur lesquelles on va placer le matelas. Les matelas qui étaient posés sur ce réseau était habituellement rembourrés avec des flocons de laines ou des plumes. « La plume, sous le poids de ton corps, dit Martial, te laiSvSe-t-elle sentir de trop près la sangle, prends cette bourre fournie par la laine de Leuconium. »
11 parait, toutefois, que cette recommandation du poète latin ne pouvait s'ap[)li(|uer qu'à ceux dont la bourse était assez bien garnie, et qu'il y avait une autre espèce de bourre pour les personnes plus modestes, (( On appelle bourre du cirque, dit notre auteur, le jonc de nos marais, au pauvre elle tient lieu de bourre de Leuconium. »
On avait aussi des couvertures, soit pour se coucher dessus, soit pour s'en couvrir quand on dormait. Les couvertures fabriquées à Sardes étaient estimées pour leur finesse et leur légèreté. Tyr, Sidon, Cartilage, Milet, Corinthe, Alexandrie, ont été également des centres importants de fabrication. Les couvertures étaient souvent brodées et leurs tissus étaient teints de couleurs brillantes. En hiver on se servait
de fourrures. Lorsque les mœurs orientales pénélrèrent à Rome, on voulut se procurer toutes les commodités de la vie et tous les raffinements de la mollesse. Ce fut alors qu'on employa la laine de Milet et le duvet le plus fin pour en faire des coussins et des oreillers.
Caton achetait pour sa salle à manger des couvertures babyloniennes au prix de 800,000 sesterces (environ 160,000 francs); Néron paya des couvertures quatre millions de sesterces. Au festin de Trimalcion, les couches sont rembourrées de laines teintes en pourpre et en écarlate; puis on garnit les lits de couvertures où sont représentés des sujets de chasse. Ces couvertures ne couvraient pas le lit entier et les convives n'avaient pas à se lever quand on voulait les changer, c'était une draperie posée au-dessus des malelas et couvrant les pieds du lit.
Les Romafns étaient passionnés pour les ornements ciselés et sculptés. Les Pères de l'Église ne pouvaient manquer de s'élever contre ce luxe, et saint Clément d'Alexandrie défend de se servir des Uls sculptés et allègue pour cela des raisons assez singulières : u 11 faut bannir de nos lits une vaine magnificence : les oreillers, les couvertures enrichies d'or et de pierreries, les maoleaux précieux, les rideaux, les voiles étincelants et mille autres inventions du luxe, plus molles et plus voluptueuses que le'sommeil même. Il ne faut dormirni dans des lils à pieds et à colonnes d'argent, qui trahissent un excessif oi^ueil, ni dans des lits enrichis d'ivoire, cette dépouille inanimée de l'éléphant. Que le lit ne soit point travaillé avec une vaine et curieuse recherche; que les pieds qui le supportent soient simples et tout unis. Les innombrables ciselures dont l'art du tourneur les embellit servent souvent de retraite à des insectes nuisibles qui s'y cachent et que la main n'y peut aller chercher pour les détruire. »
4Î8 L'HAniTATlOJÎ.
Outre les lits somptueux dont parlent les auteurs, 11 y avait des lits plus simples qui proliablernsnt appartenaient à la classe moyenne. La figure 635, tirée d'une peinture tie Pompéi, peut nous en donner une idée.
Le support des lits était souvent en bois, mais on en faisait aussi en
Pig. m, — ut MDC uniflD.
bronze, en écaille, en ivoire, en argent et même en or, ou du moins garni avecdes- matières précieuses. Des sangles ou des lanières rormaient
Fig. em. '
une espèce de réseau sur lequel on posait le matelas. La figure 636 nous montre le corps même du meuble avec la sangle. Les barres de bronze simulant une corde et terminées par des têtes de serpents sont évidemment disposées pour recevoir des oreillers des deux côtés; il est donc orésumable que nous avons ici un lit de repos.
Les pieds des lits romains sont en général un peu massifs. Ce qui est caractéristique dans la décadence, c'est l'importance démesurée que prend l'oreiller, comme on peut le voir dans la ligure 637, qui montre le lit d'Énée d'après une miniature de Virgile du Vatican.
La flgure 638 nous montre un lit de repos extrêmement bas et dont la forme rappelle singulièrement celle des canapés qui furent si k la mode au commencement de ce siècle. Les tables qui se pla<;aieat devant ces lits étaient toujours extrêmement petites, mais l'eiigulté de celle-ci est telle qu'il n'y faut pas voir autre chose qu'une erreur ou un parti pris du sculpteur.
Anciennement les tables étaient simplement en bois de noyer, et ce n'est que sous la domination romaine qu'on a fait usage de bois rares
et de métaux précieux pour leur décoration. On donna alors aux tables des pieds d'ivoire, dont la forme était empruntée à divers animaux, priacipalemént au lion et au léopard.
Cette innovation d'un luxe inconnu aux époques primitives excita beaucoup la verve satirique des écrivains moralistes. C'est ainsi que nous lisons dans Juvénal : « Autrefois les tables n'étaient faites qu'avec les arbres du pays. Si par hasard le vent renversait un vieux noyer, il était consacré à cet usage. Hais aujourd'hui, les riches mangent sans plaisir, le turbot et le daim sont pour eux sans saveur, les essences et les roses sans parfum, si leur table n'est soutenue par un grand léopard à gueule béanle, fait avec l'ivoiredesplus belles dentsquenouscnvoient Syène, la Mauritanie, l'Inde et les forôls de l'Arabie, où les déposa l'éléphant fatigué de leur poids. C'est là ce qui aiguise leur appétit et
I/HABITATION
exdtel0iirestomie:(iaeUblsàpied d'argent est pour eux ce que serait ^ Mgt où loaeaà de fer. Loin de moi ce convive superbe, qui do me «i lui qoeponr mépriser ma ra£-diocrité. » B bols le plas estimé pour les tables ôlait le ciire ou thuya, et Pline noits tppread le prix exorintsnt qae les gens riches payaient les meubles bUlSAvecce b<^ « Aa moat Atlas oonline la Mauritanie, abondante en ^éHn8,-et d'où nous vleonent ces tables extravagantes que les femmes 'VjflBctiBiit aux hommes, comme les hommes leur reprochent les perles. ''.H'iriÉîTl aujourd'hui une table que Cici^ron acheta un million de sesterce» ' (3x5,1100 ir.). On parie aussi de la table de Galhis Asinius, qui fut payée lOue cent mille sestertfls. A la mort du roi Juha, deux tables furent vendues, l'une douse cent mille seMerces, l'autre un peu moins. Dernièrement, an incendie a consumé une table hérèdilaire dans la famille des Cétb^us; elle avait (»&té quatorze cent mille sesterces; k ce prix on aurait pu acquérir une vaate propriété. »
Kine nous ^jvend tpte le [oincipal mérite de ces tables de cîincmsistait dans leur couleur. « Dans les unes, dit-il, ce sont des veines étendues et proloi^iées; ce qui les a fait nommer tigrines. Dans les autres, des Kgnea recourbées fimneot de petits tourbillons. Celles-là sont appelées panthirlnes. H y en a de tivclées, qui ont plus de prix quand elles imitant les yeux de la queue dti paon. Aprî-s celles dont je viens de parler, on estime encore les tables dont la madrure offre un amas de grains pressés-, d'où on les a nommées tables à graines de persil. Mais dans toutes, la couleur est le point essentiel ; on préfère celles dont les veines éclatantes ont la couleur du vin miellé. Ensuite on recherche la grandeur. On emploie aujourd'hui un tronc entier, et même plusieurs, pour une table. Les naufrages nous ont récemment appris que le citre se desséche à la mer, et qu'il n'est pas de procédé plus certain pour le durcir et pour le rendre incorruptible. Les tables s'entretiennent et prennent du lustre, frottées avec la main sèche, surtout au sortir du bain. Le vin ne les tache pas : c'est pour lui qu'elles sont faites, » (Pline.)
En dehors de la classe opulente, le bois dont on se servait habituellement pour les tables était l'érable ou le noyer, mais on employait surtout les racines de ces arbres, à cause des figures qu'y forme l'irrégularité de leurs fibres. Sans avoir la valeur des tables de citre, cellesci étaient quelqueTois fort riches, et souvent elles étaient couvertes de lames de bronze ou d'at^ent.
Martial fait parler ainsi tes trois espèces de tables qui étaient le
L'HABITATION ROUAINE. 441
plus employées par les Romains. — Table à collation, n Si tu me crois garnie de l'écaillé femelle d'une tortue de terre, lu te trompes ; la mienne est mâle et vient d'une iortue de mer. n — Tdik de dire. « Reçois ce précieux cadeau des forêts de l'Atlas; son pesant d'or ne vaudrait pas autant. » — Table d'érable. « Je ne suis pas veinée, c'est vrai; je ne 'suis pas fille des bois de la Mauritanie ; mais je me suis trouvée aux fesllDS les plus somptueux. » — Dents d'éléphant. « Ces dems ont enlevé de lourds taureaux et tu demandes si elles pourront soutenir des tables de citre libyen? »
Fig. tat. — 1»ble i pisdi «D forme
Quant aux pieds de la table, ils affectaient souvent la lorme de griffons, de sphinx ou d'animaux faniasliques. Chez les riches, ces pieds do table étaient généralement en argent ou en ivoire.
Nous avons vu que les tables des anciens étaient généralement do petites dimensions. Une des plus grandes tables connues était celle do Ptolémée, fils de luba, roi de Mauritanie. Elle avait quatre pieds et demi de diamètre sur trois pouces d'épaisseur, et les deux morceaux qui la composaient étaient si bien réunis qu'il était impossible de voir la jointure. Néanmoins, les tables faites d'un seul morceau étaient encore plus estimées : Tibère en avait une qutexcédait quatre piedsetdont l'épaisseur était de six pouces. Elle était faite d'un nœud du tronc.
Mi LMIADITATIOS.
pi'is daDs la partie qui est sous terre, ce qui avait bi?auconp plus (Je valeur que les nreuda des branches.
Il Coroêlius Nùpos nous a transmis qu'avant la victoire de Sylla, i| n'existait dans Kome que deux lits de table garnis en argent. Feneslella, qui mourut la dernii>re année de Tibère, écritquel'on commença de son temps à revêtir d'argent lessurtouts de table, qu'à celle époque l'usa^ s't^tablit de les garnir en écaille. Pou de temps avant lui, on les faisait en bois, ronds et massifs, pas beaucoup plus grands que les tables, et
poiQlun uiUiiiisj
il parait que dans son enfance on avait commencé à en faire des carrés, de plusieurs morceaux assemblés ou revêtus en érable ou en citre. Mais bientôt on garnit en argent les angles et les jointures. » (Pline.)
« Quant aux lits de table, aux buffets garnis d'airain, L. PisoQ nous apprend que Cti. Manlius les apporta le premier dans son triomphe, l'an 567, après la conquête de l'Asie. Antias écrit que L. Crassus, héritier de l'orateur Crassus, vendit un grand nombre de lits garais d'airain. » (Pline.)
Une table de marbre était souvent placée dans l'atrium à c6té du bassin ou de la fontaine. La figure 6I|0 nous offre un fort beau modèle
de ces tables; celle-ci repose sur trois pattes de lion surmontées d'une tête. Dans l'atrium de la maison de Méléagre, on a également trouvé une magniGque table de marbre blanc soutenue par des griffons enlre lesquels sont sculptées des cornes d'abondance et do petites lëtes dV mour. Les tables de ce genre faisaient partie de la décoration de la maison, mais il serait difficile de leur assigner une destination précise dans le mobilier romain, puisqu'elles ne servaient jamais pour les repas.
Fig. Ml. — Cabant.
Nous De reviendrons pas sur la disposition des lits de table dont nous avons parlé plus haut à propos des repas. Notons seulement qu'à Borne, la table qui recevait des convives de distinction était souvent abritée sous des tentures de prix. Une de ces tentures qui tomba sur les convives dans un festin fait le sujet d'une satire d'Horace : u Ici, le dais mal attaché tombe à grand bruit sur la table et nous voilà couverts de poussière. On eût dit un nuage épais, soulevé par l'aquilon dans les plaines de la Campaniel Ah! quelle peur I Bientôt rassurés, nous respirons. Scui, notre hâte, accablé comme s'il eût perdu un Cls unique à la fleur de l'âge, se met à fondre en larmes. »
Un meuble qu'il ne faut pas oublier dans la salle à manger romaine, c'est le buffet (ùg. 6kO). Le buffet était un meuble d'apparat sur lequel on exposait avec ostentation les vases précieux, les ustensiles d'or ou d'argent, ou même les petits objets que nous plaçons aujourd'hui sur les étagères. Les vases et les coupes qu'on posait sur les buffets ne servaient en général que dans les grandes occasions, pour célébrer l'anniversaire
4U L'HMITATION.
d'une nabsanCQ paresémple. Miia Ils roslaleol h demcuro sur le bufllet.™ comme us wnemeot somptaeox et cootribuaisnt ainsi à la ricliessc apparente do mobilier.
On plaidai! également sur les
r^^i buTIets des espèces de cabarets
M^~J loui garnis de leurs pièces, connue
6n en voit un représenté sur notre -figure 6E|1. Cette disposition est celle qui a été adoptée par les conrvalGurs dans presque tous les masi^es, mais les petites pièces qui aoùl à l'intérieur n'ont pas été trouvées à la place qu'elles occupent ici. On a môme contesté que la pièce principale fût un cabaret et quelques-uns ont voulu y voir un réchaud.
Les chaises dont se servaient les Étrusques et qu'ont employées après eux les Romains avaient un grand rapport avec celles que nous
avons vues en usage parmi les Grecs. Celle qu'on voit sur le joli bronze
étrusque, représentée Dgure 6i|2, rappelle en effet beaucoup les meubles de même usage que nous avons signalés dans le mobilier grec.
Les Étrusques employaient aussi
des sièges sans dossier, comme
celui que montre la ligure 6Î|3.
Ce siège, qui repose sur des pattes
de lion, est en outre décoré de
grillons.
Les chaises à dossier renversé,
comme nous les voyons en Grèce,
étaient également usitées à Rome.
Une statue du musée du Capîtole
représente l'impératrice Agrippine
assise sur un siège de ce genre.
Les Romains ne paraissent pas s'être beaucoup servis d'armoires ni
de meubles h tiroir du genre de nos commodes. On resserrait le linge
dans des coffrets quelquefois très-riches. Les objets les plus précieux'
Il dtcntqae.
et les valeurs métalliques trouvaleal place daus des coffre-forO; les fouilles exécutées dans les villes du Vésuve en ont mis à jour plusieurs.
la Dgure 6I|I| représente un coffre-fort trouvé dans l'atrium de la
g. 044. — CoSn-fort liDUvA à Pampii.
maison du questeur à Pompéi, qui resserrait probablement là l'argent qu'il avait reçu et dont il devait rendre compte. La caisse est en bois, doublée de bronze au dedans et de fer à l'extérieur : elle reposait sur des piédestaux assez élevés et revêtus de marbre. Les coffres de ce genre sont généralement garnis de plaques de bronze. On suppose que
les gardiens des deniers publics devaient être pourvus de meubles de ce genre et c'est même là ce qui a fait donner à ta maison dont nous parlons le nom sous lequel elle est connue. Un coffre-fort du m<ïmc
sout géiiôraleraentdécofés de sculptures et enricliis d'ornements, ren- J fermaient quelquefois des sommes coasidérables (fig. 64^ et 6i!|6) . Cest | à cela quo Juvénal fait allusion, lorsque, se moquant des gens qui dé-* pensent plus que leur fortune ne le comporterait, il dît : « lis ne voient'l pas k quel point une petite bourse diffùre d'un coffre-fort, d
IjtHinES DB SIRVICB.
Le vestibule. — L'entrée des maisons de Pompéi était quelquefois assez élevée, mais généralement étroite. Presque partout etieest décorée de deux pilastres avec des chapiteaux dont l'ornementation est assez variée. En revanche, l'aspect général des entrées de maison est
assfiz uniforme : celle de la maison de Pansa (fig. 6(i7) en donnera assez neitemenl l'idée, parce que, malgré son état de délabremeol, c'est encore une des mieux conservées.
La porte d'entrée, placée entre les deus pilastres, était généralement posée sur une ou deux marches, et les battants sont presque tou-
jours surmontés d'une imposte destinée à éclairer le couloir intérieur; c'est ce qui explique pourquoi l'entrée de la maison parait trop haute pour sa largeur, effet qui disparaîtrait naturellement, si elle était encore pourvue des marches d'entrée et des battants de la porte.
La ligure 6fi8 montre l'entrée extérieure d'une maison, telle qu'elle dei'ait être avant la destruction. Elle est ouverte sur un corridor (prothyntm), qui conduit à une porte ouvrant sur la cour intérieure (atrium) : cette disposition se reproduit sur la plupart des maisons de Pompéi.
Ou voit que pour entrer dans Tiniérieur de la maison, il faut gravir
La figure 6i9 montre une inscription de ce geore, prise dans la des Vestales, à Pompùi.
Dans les maisons grecques, les portes extérieures oe Couvraient pascumrac les nôtres en dedans de la maison, mais du dedans au dehors.. Dans les comédies de Plaute et de Térencc, où la scène se passe habituellement en GrÈce, on voit souvent les personnages qui veulent sortir de leur maison donner un coup en dedans de la porte. Ce signal était
destioé à avertir ceux qui passaieot dans la rue en longeant les maisons qu'ils eussent à se garer, pour éviter d'être heurtés par la porte qu'on allait ouvrir.
Il n'en était pas de même pour les maisons romaines, dont la porte s'ouvrait au contraire en dedans. Ce fut par une distinction bonoriOque que Valérius Publicola, dans les premiers temps de la république, obtint d'avoir l'entrée de sa maison qui s'ouvrait en dehors, h la maDière des Grecs, mais il parait que sa porte était alors la seule à Rome qui s'ouvrit de cette façon.
Les portes sont en bois de chêne et toujours à deux battants composés de montants verticaux, que partagent des pièces de bois transversales : elles sont ornées de clous en métal, souvent dorés et toujours [reluisants. Les battants tournaient sur un pivot, faisant l'office de nos charnières; mais, au lieu d'être
appliqué sur les celés, le pivot était adapté dans des trous que l'on établissait sur le seuil et sur le linteau. On a retrouvé cependant à Pompéi plusieurs charnières dont la ligure 650 reproduit le principal
type.
Extérieurement le chambranle du châssis de la porlo était pourvoi iruno moulure ([iji faisait saillie au devant du montant cl cachait ain le pivot sur lequel ta porto tournait. La figure 651 montre une porl romaine, mais la moulure a été enA
^ig. 9^. — UlJtfdU lie iiutls.
porte représentée i Virgile du Vaiicaa
levée du côlé droit, ce qui perim de voir le pivot et la cavité dai laquelle il s'emboîte, tandis q k' battant du côté gauche est tel qu'il apparaissait exlérieuremeDl c'est-à-dire que le pivot est cat derriôro les moulures. Ces moalures avaient aussi l'avantage d'empêcher "l'air extérieur de pénétrer par les fentes de la porte.
Les portes intérieures, celli qui donnaient sur l'atrium, pi exemple, éiaient souvent muniesd'un rideau fixé à une tringle pai des anneaux, et pouvaniainsi s'ouvrir et se fermer à volonté. La la figure 652 est tirée d'une miniature du
•er
ies^^P
Ces rideaux faisaient à peu près l'ofTice de nos portières; ils éiaient quelquefois d'une seule pièce; mais le plus souvent ils étaient formés de deux pièces séparées analogues aux rideaui de nos fenfttres.
Les portes se fermaient soit avec des targettes de fer assujetties sur les battaals au moyen d'une espèce de cadenas, soit arec des verrous. 1] y en avait presque toujours deux, un pour chaque montant, et quelquefois quatre. C'est pour cela que lorsqu'il est question de fermer une porte, on dit i< les verrous u au pluriel. Les clefs de porte étaient en général fort grandes. On en a retrouvé plusieurs dans les fouilles de Pompéi; nous les reproduisons dans les figures 653 à 657.
Les jours de fêtes ou de réjouissances de famille, on décorait les portes avec des guirlandes de fleurs et de feuillages. Dans les mœurs antiques, l'entrée d'une maison était considérée comme sacrée. L'ensemble de la porte, janva, était dédié à Janus, mais les par- ' lies qui la composent étaient placées chacune sous la protection d'une divinité particulière. Ainsi Forculus présidait aux battants, fores, Limentinus veillait sur le liotetu et sur le seuil, Hmen, enfin pour la conservation des gonds, cardims. on invoquait la déesse Cardea.
Pour avertir le portier, quand on arrivait du dehors, on avait des sonnettes d'airain, mats plus souvent encore on frappait avec un petit maneau ou un anneau fixé après la porte. Ces anneaux, souvent richement ornés ou reliés à un masque humain ou à une tête d'animal, formait presque toujours un joli sujet de décoration pour la porte; la figure 658 nous montre un de ces anneaux, qui est retenu au montant de la porte par une jolie tête ailée.
Le couloir qui suit immédiatement la porte extérieure de la maison aboutit, comme nous l'avons vu figure 6Ii8, k une seconde porte qui donne accès à la pièce principale de la maison, l'atrium. Ce couloir (prothyrium) est souvent décoré de peintures; dans la maison dite des colormes de mosaïque, à Pompéi, il a des panneaux rouges et jaunes séparés par des architectures, des petits cartels contenant des masques tragiques, des paysages, des oiseaux et des poissons. Presque toutes les maisons romaines étaient pourvues de ce corridor; cependant on cite
Fig. BS8.
ds porta.
gueltpjos exceptions, par exemple dans la maison de Polybe à Pompéi,^ Oii il y a deux portes doonanl sur la même rue eî ouvrant directement I Bur les salles. Mais c'est là un fait absolument exceptionnel, car î dans une maison un peu considérable, il fallait un portier, ot i logement <lu portier donnait presque toujours sur le couloir d'entrée (voir Dg. 6/18).
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