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Quand un visiteur se présentait, le portier lui demandait son nom, et selon l'importance de l'arrivant, ce portier, suivant les ordres qu'il avait reçus, le laissait passer tout de suite, le faisait attendre ou l'éconduisait tout simplement. Dans les grandes maisons, le portier était un personnage auquel les petits clients faisaient leur cour pour avoir accès plus facilement auprès du patron. Il parait aussi que les portiers avaient quelquefois le goût des oiseaux, car nous lisons dans Pétrone : « Sous le vestibule se tenait le portier, habillé de vert, avec une ceinture couleur cerise; il écossait des pois dans un plat d'argent. Au-dessus du seuil était suspendue une cage d'or renfermant une pie au plumage bigarré, qui saluait do ses cris ceux qui entraient. »
Quand on avait sonné ou frappé avecTanneau, le portier sortait de sa loge, et se présentant devant le visiteur avec la baguette dont il était armé et qui était Tinsigne de sa profession, il disait : « Qui es-tu? » Aussitôt un chien toujours posté à côté du portier se mettait à aboyer, jusqu'à ce que ce portier lui eût imposé silence. Le chien était considéré comme un gardien de toute nécessité dans les maisons antiques et les chiens molosses étaient surtout estimés pour la garde des maisons. Quelquefois cependant ce chien était simplement peint et quelquefois, paraitil, avec une grande vérité. Nous lisons en effet dans Pétrone : « A la gauche de l'entrée, près de la loge du portier, j'aperçus un énchrme dogue enchaîné au-dessus duquel était écrit en lettres capitales : Gare, gare le chien I Ce n'était qu'un dogue en peinture, mais sa vue me causa un tel effroi que je faillis tomber à la renverse et me casser les jambes. »
On a trouvé en effet dans une maison de Pompéî une mosaïque représentant un chien, comme celui que décrit Pétrone, avec l'inscription : CAVE GANEM. (fîg. 659.)
L'atrium. — L'atrium est en quelque sorte le principe des habitations romaines : c'est la pièce centrale de la maison, celle dans laquelle donnent toutes les autres; on y place les images des ancêtres, l'autel domestique, le lit nuptial ; c'est le lieu de réunion de la famille.
Dans les premiers temps, l'atrium était la pièce où la maîtresse de la maison travaillait avec ses esclaves. Les portraits de famille étaient là, rangés chacun dans une petite niche au bas de laquelle une inscription rappelait les honneurs ou les belles actions de chacun d'eux. En réalité, l'atrium est une cour carrée, habituellement entourée de portiques, et formant le centre de l'habitation, puisqu'il donne accès à toutes les chambres de la maison. Mais les riqhes Romains qui recevaient de nombreux clients et ne voulaient pas les voir se mêler à leur famille avaient un second corps de bâtiment (le peristylium) destiné uniquement à la vie intime, et l'atrium devint alors pour eux la salle de réception où ils traitaient les affaires. 11 y a donc dans la maison d'un Romain opulent deux grandes salles ouvertes par le haut, ou plutôt deux cours autour desquelles sont disposées toutes les chambres de l'appartement. La première est l'atrium, où le maître de la maison reçoit ses amis et ses clients ; la seconde est le peristylium, où il vit avec sa famille. C'est ainsi que de nos jours nous voyons les notaires, les banquiers, etc.« avoir deux appartements dont l'un est consacré au
L'alrium est une pièce rectangulaire recevant la lumière par ur ouverture placée au cciUrt: et sous laquelle est un bassin ou tombent li eaux pluviales. En réalité l'atrium est une cour, et c'est pour celted raison qu'on le confond souvent avec le cavœdium, qui est la cour pro-'l
premeot dite. Mais l'atrium, sauf l'ouverture placée au milieu, est antiërcineut abritée par les tail3 qui reposent sur des colonuades faisant portique.
La maison de Cornélius Rufas, dans laquelle on 3 retrouvé le buMfl du propriétaire (Itg. 660), montre bien la disposition du bassin, près duquel on plai:ait assez souvent une table en marbre. Cette table est habituellement accoiDpagnée d'une fontaine dont les eaus se déversent dans le bassin, placé au milieu de l'atrium. Dans la maison de Cornélius Rufus, la fontaine n'est plus apparente, mais on peut voir sa place (fig. 661) dans le bas»n de la maison des NérUdes, où elle est
également accompagnée d'une table de forme assez riche et portée par des griiïons.
Ces fontaines avaient pour objet de répandre la fraîcheur dans les pièces de l'appartement, dont l'entrée avait presque toujours accès dans l'atrium. Elles étaient d'une forme très variée. Celle qui est représentée figure 662 a été trouvée dans l'atrium toscan de la maison du Faune à Pompéi; elle devait être placée dans l'impluvium de cette maison, car les morceaux séparés qui la composaient et qui ont été ensuite réunis ont été trouvés là. Elle se compose d'une petite colonne cannelée et surmontée d'une vasque avec une espèce de couvercle décoré de cinq petits animaux, canard, grenouille, etc. Cas animaux étaient en communication avec des tuyaux internes et fournissaient des petits filets d'eau jaillissant par-dessus les bords de la coupe. Le bord
- L"HABiTAT10N.
de la vasque ofTre des saillies pareilles à celles d'une lampe à dix becs et le dessous étail oroé de feuillages et de masques de satyres.
Les galeries qui entourent l'atrium sont dassùes par Vilruve en cinq catégories diiïérentes auxquelles il donne les noms suivants :
1° L'alrium toscan, ]e plus ancien et le plus fréquemment employé; il se compose de quatre poutres se croisant à angles droits en fixant leurs extrémités dans les murs de l'édifice. II n'a pas de cour et les
toits retombent juste au-dessus du bassin dans lequel ils versent leurs eaux. L'atrium toscan n'ayant pas de colonnes est nécessairement de petite dimension, mais il n'en est pas moins richement décoré. 2* L'a- Irivm tétraslyle diffère de l'atrium toscan par les quatre colonnes placées à l'intersection des poutres ; il est d'ailleurs un peu plus grand, mais il présente la même disposition. 3° L'atrium corinthien est encore plus grand et se distingue surtout par le nombre des colonnes qui supportent ses portiques, W L'atrium displuviatum diffère complètement des précédents: les eaux, au lieu de tomber directement dans ie bassin du milieu, se déversent daQS une espèce de cbeneau, d'où elles