‹ La Vie privée des anciens v. 4 1883 (volume 4)Chapitre 18 sur 54 · IM L*AS1B · texte numérisé non relu

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chaque cerde les créneaux sont peints de diverses couleurs. Mais aux deux derniers murs, ils sont plaqués les uns d*argent, les autres d'or. Déjocès donc bâtit ces murailles pour la sûreté de sa personne et pour renfermer son palais ; il ordonna ensuite au peuple de s'établir au pied des remparts. »

Le savant Creuzer voit un canCctëre symbolique dans la disposition qu'Hérodote attribue à cette ville. Suivant lui, Ecbatane, avec son palais au centre, représente, par ses sept enceintes et ses créneaux de couleurs différentes, les espaces des cieux qui, dans les idées des Mëdes, entourent le palais du soleil. Ce qui rend cette h)i)othëse assez probable, c'est que les Mèdes, venus après les Assyriens et les Chaidéens, leur ont emprunté leurs idées religieuses, aussi bien que leurs mœurs et leur architecture.

Il n'est rien resté de l'ancienne Su5e : toutefois, on y a découvert les vestiges d'un palais, mais tellement dévasté qu'il était difficile d'en reconnaître les dispositions. On a seulement constaté l'existence d'une grande salle hypostyle, pièce essentielle dans tous les palais royaux de l'Orient. Les briques, dont on retrouve des amas, sont quelquefois coloriées, et tout porte à croire que Tarchitecture ressemblait à celle des édifices babyloniens.

Suse était la capitale politique de la Perse comme Ecbatane était celle de la Médie. Mais il y avait, en outre, des métropoles religieuses, parmi lesquelles il faut citer en premier lieu l'ancienne ville de Pasargade où résidèrent Cyrus et Cambyse. La ville de Pasargade ne garda pas ses antiques prérogatives et, à partir de Darius, Persépolis devint la ville sainte ; c'est là que fut établi le tombeau des rois, qui avaient aussi en ce lieu un palais dont il subsiste des ruines magnifiques.

Diodore de Sicile nous a laissé quelques détails sur l'enceinte de Persépolis : a La citadelle était considérable ; elle était entourée d'une triple enceinte; la première, construite à grands frais, avait seize coudées de haut et était garnie de créneaux ; la seconde enceinte, de même construction que la première, avait le double de hauteur; enfin, la troisième, de forme carrée» avait soixante coudées de haut ; bâtie en granit, elle semblait par sa solidité défier le temps. Chacun des côtés avait des portes d'airain, et près de ces portes étaient des palissades de môme métal, tant pour inspirer de la terreur que pour assurer la défense. »

Les ruines de Persépolis, dont nous donnons le plan (fig. 158)* comptent parmi les plus importantes que nous ait laissées l'antiquité.

Peur éviter toute coofusioa, nous dirons tout d'abord que notre plan n'est pas orienté comme les cartes de géographie et que l'occident se trouve en bas. C'est, en effet, du côté de l'occident que s'ouvre en K le grand escalier par lequel on monte sur la plate-forme où sont

disposées les ruines. Cet escalier monumental, à rampes opposées et parallèles, est d'une largeur de 7 mètres : les pierres avec lesquelles il est construit sont si grandes qu'on a pu tailler jusqu'à dix marches dans un seul bloc. Il est interrompu au milieu par un vaste palier : la partie supérieure a quarante-huit marches et la partie inférieure cinquante-huit.

Quand on est arrivé sur la plate -forme, dont les terrasses sont circonscrites par une muraille à pic, on rencontre en B, directement en face de l'escalier qu'on vient de gravir, les restes d'un propylée précédant le palais qui est à droite en D. Quatre gros pieds-droits, placés symétriquement deux à deux, et quatre colonnes forment cette entrée. Les pieds-droits sont omés chacun d'un taureau ailé, analogue

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à ceux de Ninîve. Ce qui distingue le taureau persan du taureau assyrien, c'est que les plumes des ailes, au lieu d'être droites, se recourbent à leur extrémité.

Tout près du propylée, on voit en C une belle citerne taillée dans le roc vif et, en D, un autre escalier, qui regarde le nord et mène au palais proprement dit marqué E. Ce superbe escalier (Gg. 159), qu'une inscription nous apprend avoir été bâti par Xercès, est décoré d'une longue série de bas-reliefs, où Ion voit entre autres les envoyés des pays conquis apportant au monarque leur tribut annuel. Des soixante-douze colonnes qui décoraient le palais de Xercès, treize seulement sont encore debout : des autres il n*est resté que la base. Le fût de ces colonnes, qui va en diminuant légèrement de bas en haut, porte cinquante-deux cannelures et repose sur un piédestal en forme de lotus renversé. Les chapiteaux sont de plusieurs sortes : les uns ont la forme d'un cratère renversé, surmonté d un autre cratère plus petit qui porte un dé cubique orné de volutes sur ses quatre faces; les autres se composent de deux corps d'animaux se rejoignant par le milieu du dos, lequel présente un espace carré destiné à recevoir les poutres du plafond. La disposition du palais présente une vaste salle hypostyle, avec des galeries séparées autrefois de la salle par des tapis attachés et suspendus aux colonnes; le haut de l'édifice, dont il n'est rien resté, devait être recouvert d'une toiture en bois de cèdre revêtu de lames métalliques.

Au delà de ce palais était un autre corps de bâtiment, s' élevant sur une terrasse un peu plus haute et marqué F sur le plan. Cette partie est très-délabrée; néanmoins on y a trouvé des bas-reliefs intéressants, notamment celui qui représente le roi de Perse sous un parasol. Dans le bâtiment marqué G, qui est aussi détérioré que le précédent, on a trouvé aussi de belles sculptures et un grand nombre de colonnes brisées. Toutes les constructions, placées sur le côte sud du plateau sont en général en très-mauvais état.

Si, maintenant, nous regardons le côté oriental, nous trouvons en M un édifice carré; il renfermait une grande salle hypostyle qui ne contenait pas moins de cent colonnes : il en subsiste fort peu de chose. Tout le plateau dePersépolis est d'ailleurs couvert de débris dont il est souvent fort difficile de reconnaître la disposition (fig. 160).

Le palais de Persépolis a été brûlé par les Macédoniens : Diodore de Sicile nous a rapporté le détail de cet incendie.

« Alexandre, dit-il, célébrant les victoires qu'il avait remportées, offrit à ses amis de splendides festins. Des courtisanes prirent part à ces

banquets, les libations se prolongèrent, et la fureur de l'ivresse s'empara de l'esprit des convives. Une des courtisanes admises à ces banquets. Thaïs, née dans l'Âttique, se mit alors à dire qu'un des plus beaux faits dont Alexandre pourrait s'illustrer en Asie, serait de venir avec elle et ses compagnes incendier le palais des fois, et faire disparaître ainsi en un clin d*œil, par des mains de femmes, ce fameux monument des Perses. Ces paroles s*adressant à des hommes jeunes, auxquels le vin avait déjà 6té l'usage de la raison, ne pouvaient manquer leur effet : l'un d'eux s'écria qu'il se mettrait à la tête, et qu'il fallait allumer des torches et venger les outrages que les temples des. Grecs avaient jadis reçus de la part des Perses. Les autres convives y applaudirent, s'écriant qu'Alexandre seul était digne de faire un tel exploit. Le roi se laissa entraîner, et tous les convives, se précipitant hors de la salle du festin, promirent à Bacchus d'exécuter une danse triomphale en son honneur. Aussitôt on apporta une multitude de torches allumées, et le roi s'avança à la tête de cette troupe de bacchantes conduite par Thaïs : la marche s'ouvrit au son des chants, des flûtes et des chalumeaux de ces courtisanes enivrées. Le roi et, après lui, Ihaîs jetèrent les premières torches sur le palais-, les autres suivirent cet exemple, et bientôt tout remplacement de l'édifice ne fut qu'une immense flamme. Ce qu'il y a de plus singulier, c'est que l'insulte que Xercès, roi des Perses, avait faite aux Athéniens en brûlant leur citadelle fut ainsi, au bout de tant d'années, vengé au milieu d'une fête, par une simple femme, citoyenne de la même ville d'Athènes. »

Les Sépultures royales. — Le tombeau de Cyrus était dans l'ancienne cité de Pasargade : il s'élevait au milieu d'un jardin planté d'arbres touffus et arrosé d'eaux vives. Ce tombeau, dont Arrien a laissé une description, était un édifice carré posé sur une plate-forme de pierre, contenant une petite salle où l'on ne pouvait entrer que par une porte étroite et basse. L'urne d'or contenant les restes de Cyrus était conservée dans cette chambre, qui était décorée de tapis de pourpre; elle reposait sur une table aux pieds d'or massif couverte de riches tissus babyloniens; des armes, des bijoux et de superbes vêtements étaient déposés dans la salle. Quand Alexandre voulut visiter ce tombeau, il le trouva dépouillé de ses richesses; on croit avoir retrouvé récemment cette antique sépulture : elle est conforme aux descriptions des auteurs anciens, mais la chambre sépulcrale est absolument vide.

Des scrupules religieux cmpéchaieni les seclaleurs de Zoroaslre de souiller la terre ou le feu par le contact d'un cadavre, en sorte que le corpa ne pouvait être ni brûlé ni enterré. Cependant, le corps d'ua roi ae pouvait être livré en pàlure au^ botes, comme cela avait lieu pour les personnes de basse extraction. Aussi, nous voyons que le cercueil d'or qui renfermait les restes de Cjtus était simplement posé sur un lit au milieu de la chambre sépulcrale. Mais l'ensemble du monument était une véritable construction élevée sur le soi. 11 en est tout autrement pour le tombeau de Darius el des rois Achéméaides qui se voit à Persépolis. Celui-ci était adhérent au palais, mais creusé dans le roc à une assez grande hauteur. « C'est, dit Diodore de Sicile, un rocher taillé dont rintérieur renferme plusieurs compartiments ou étaient déposés les cercueils. Aucun passage fait de main d'homme n'y donnait

accès : les corps étaient introduits dans les lombeaui au moyen do machines artificiellement construites. <>

Un voyageur en Perse. H. Flandin, fait des lombes royales de Persépolis la description suivante :

il Deus tombes avaient été disposées sur la pente de la montagne

qui forme l'eDceiDte du palais à l'est. EUIes étaient creusées dans ta roche vive; aucune pièce rapportée ne Ggurait dans leur façade ornée de lignes architecturales et de bas-reliefs : c'était le rocher môme qui avait été (aillé et avait fourni, sans déplacement aucun, tous les maté^ riaux nécessaires à l'édification et à l'ornementation de ces monuments. Aucun escalier n'y conduisait, et il fallait pour atteindre ces tombes escalader les rochers.

u Le rocher avait été habilement taillé et ménagé. La façade ofTre à la base un portique simulé par quatre colonnes engagées; leurs chapiteaux sont formés de deux corps adossés de taureaux dont les fronts cornus supportent une corniche à denlicules {fig. ICI). Au-dessus de l'entablement, la façade se rétrécit et, dans un cadre compris entre deux parties saillantes du rocher, se trouve un grand bas-relief dont le sujet paraît essentiellement reUgieux. A la pnrtie supérieure est le mihr, qui semble présider à un acte du culte du feu, accompli par un personnage dans lequel j'ai cru reconnaître le roi. Ce personnage est debout, monté sur trois degrés. Il tient un arc de la main gauche et il étend la droite, en signe de serment ou d'adoration, vers un autel sur

Kig. 163. — Tomba ruyila, i l'enépolii.

lequel est représentée la flamme sacrée (lig. 162). Cette scène semble avoir pour motif la consécration de la foi au culte du feu par le souverain dont la dépouille mortelle a été déposée dans ce caveau. Cette première partie du bas-relief est placée sur une espèce de table, ornée d'une rangée d'oves et terminée aux deux bouts par le double corps

de ce monstre bizarre qui réunit la nature du lion à celle de Faigle. Quatorze figures sur deux rangs, de physioifomies et de costumes différents, paraissent supporter cette espèce d'estrade ; d'autres flgures sont placées sur le côté et semblent pleurer. »

LA PALESTINK.

Les Patriarches. — Les Juges. — Les Rois.

Division dk la Palestine. — Jérusalem. — Les autres villes

DE Palestine. — Les peuples voisins.

Les Patriarches. — Les traditions nationales des Juifs, rapportées dans rÉcriture sainte, sont empreintes d'un caractère merveilleux qui en atteste la haute antiquité. Malgré quelques divergences de détail que présentent les récits des étrangers, cette histoire offre un ensemble assez complet. Une tribu nomade, venue de la Ghaldée, franchit l'Euphrate et vint s'établir en Syrie. Ses chefs primitifs sont d'abord Abraham, Tancêtre de la nation, et ensuite Israël, qui lui a donné son nom. Les Hébreux (gens d'au delà du fleuve) désertèrent le pays de Chanaan pour éviter une famine et se rendirent en Egypte oii il y avait du blé en abondance. L'Egypte était alors sous h domination des rois Pasteurs, qui, étant originaires d'Asie, accueillaient volontiers les étrangers venus du même pays qu'eux. Mais, quand les Pasteurs furent expulsés d'Egypte par les dynasties nationales, la situation des Hébreux fut toute différente, et les Égyptiens, ne voyant plus en eux que des étrangers, les confondirent dans la haine commune qu'ils portaient aux nomades ennemis de leur culte et envahisseurs de leur pays.

Les Hébreux, commandés par Moïse, furent obligés de quitter la contrée et de retourner en Asie. Pour se rendre dans le pays de Chanaan, qu'ils regardaient comme le patrimoine de leurs aïeux, ils ne purent prendre la route directe de Tisthme de Suez, parce que les Pharaons occupaient militairement toutes les positions et qu'il aurait fallu combattre avec peu de chance de succès. Ils préférèrent traverser la mer Rouge et le désert, et arrivèrent par la rive orientale du Jourdain, tour-

LA PALESTINE. l»

nant ainsi la difficulté. Moïse mourut avant d'entrer dans la terre promise, mais Josué, qui tui succéda dans le commandement, s'empara de Jéricho, la place la plus forte du pays, et, à partir de ce moment. Il ne rencontra plus de résistance sérieuse.

Parmi les monuments découverts en Egypte, aucun ne se rapporte au séjour des Hébreux dans la contrée. Mais on voit assez fréquemment des personnages que leur type et leur costume font aisément reconnaître pour asiatiques : les Juifs devaient avoir une certaine ressemblance

Pig. 133. — Piimnoitm uialiquu.

avec ceux que montre notre figure 163, représentant des prisonniers dont le premier a les mains attachées derrière le dos.

Les peuples qui habitaient à l'orient de la vallée du Nil sont, en

générât, caractérisés parleur barbe et par un nez fortement busqué, comme on peut le voir dans la figure 16ii, tirée des peintures de Thôbcs.

Le personnage qui, dans cette figure, marche en avant des autres, est un Égyptien, et la différence notable du profil suffirait pour montrer la distance profonde qui les sépare. Une particularité assez curieuse du costume de ces Asiatiques est la petite croix que deux d'entre eux portent au cou, et qui est probablement une amulette dont la signification symbolique nous est inconnue.

Les Juges. — Âpres la mort de Moïse et de Josué, une grande anarchie s'établit parmi les conquérants. Les Hébreux, nomades et habitués à vivre sous la tente, se trouvaient subitement habiter un pays couvert de villes dont ils étaient politiquement les maîtres, mais dont là civilisation plus raffinée était pour eux un perpétuel sujet de tentations. Un grand nombre d'entre eux avaient contracté des unions avec les femmes du pays, et Tunité religieuse établie par Moïse était sérieusement menacée. Ce n'est pas que le peuple voulût renoncer à Javeh, le Dieu national dont Moïse avait promulgué la loi sur la montagne, mais il aurait volontiers associé son culte à celui des autres dieux de la contrée. L.es peuplades voisines, jalouses de la suprématie naissante d'Israël, s'ingéraient volontiers dans les affaires de la nation et y trouvaient souvent des partisans. Les Hébreux restés fidèles combattaient ces prétentions, et l'énergie de ces luttes est personnifiée dans la légende de Samson, THercule du peuple d'Israël. Cependant, malgré les miracles prodigués en faveur des adorateurs de Javeh, les affaires marchaient en somme assez mal, quand un homme de génie, Samuel, parvint à reconstituer la nation et à lui rendre momentanément l'unité qu'elle avait perdue depuis Moïse.

En fondant le pouvoir théocratique, Samuel avait besoin d'un bras pour le défendre, et Saùl fut choisi pour remplir ce rôle. Mais, en prenant le titre de roi, Saiil ne voulut pas accepter longtemps la tutelle oii on voulait le tenir et la guerre civile éclata. Samuel, dont le crédit était immense, suscita à Saûl un rival dans la personne de David, qu'il sacra roi d'Israël, et auquel se rattache la grandeur politique de la nation.

Pendant la période d'anarchie qui précéda l'établissement d'un royaume régulier, le peuple n'eut d'autres chefs que les Juges, dont l'autorité, à la fois religieuse et militaire, fut toujours contestée et ne parvint pas à établir un état définitif. Ce fut d'ailleurs une époque d'une extrême barbarie, et l'histoire de k fille de Jephté semble prouver que les sacrifices humains, qui paraissent avpir été pratiqués par tous

les peuples de la Syrie, étaient également admis parmi les Israélites. Nous ne connaissons aucun monument qui se rattache à la période des Juges.

Les Rois. — David fut un serviteur zélé des vieilles traditions d'Israël en même temps qu'un grand capitaine. Il étendit au loin ses conquêtes et, pour maintenir la suprématie de son peuple, il établit sa capitale dans le lieu qui prit le nom de Jérusalem ; il y transporta l'arche sainte, emblème religieux auquel.se rattachaient toutes les croyances des Hébreux. Son successeur Salomon éleva au Dieu d'Israël le temple qui l'a rendu si fameux, et son règne marque le plus haut degré de puissance auquel soit arrivée la nation. Sa cour fastueuse était réglée selon Tusagç des monarchies orientales, et son nom, devenu légendaire, éveille dans l'esprit des idées inouïes de luxe et de prospérité. « Quoiqu'il fût plein de respect pour la loi juive, dit M. MaspéroS il ne se piquait pas d'une fidélité exclusive au Dieu national. Moitié débauche, moitié politique, il avait multiplié le nombre de ses femmes outre mesure et rempli son harem d'étrangères, esclaves achetées sur les marchés d'Egypte et de Phénicie, ou simples otages qui répondaient de la fidélité de leur père ou de leurs frères; la mère de son fils aîné était une Ammonite, la reine une Égyptienne.

(( De même que les pharaons, sans rien relâcher de leur piété, avaient fait des offrandes aux dieux des vaincus, Salomon, pour plaire à ses femmes et sans doute aussi à ses vassaux païens, non-seulement toléra, mais pratiqua lui-même à Toccasion les cultes étrangers. »

Le zèle que Salomon montra pour le Dieu d'Israël, et la tolérance dont il usa toujours pour les croyances des peuples qui lui étaient soumis, ne purent établir entre ces peuples divers l'union qu'il avait rêvée. Aussitôt qu'il fut mort, non-seulement les nations conquises s'empressèrent de recouvrer leur indépendance, mais le peuple même d'Israël se divisa, et le schisme des dix tribus réduisit singulièrement le royaume de Juda.

La puissance tout artificielle que David et Salomon avaient donnée à leur peuple n'avait pas été de longue durée : les causes mêmes qui l'avaient empêché de subsister arrêtèrent absolument son essor par la suite. L'histoire des rois de Juda n'offre, en effet, qu'une longue suite de désastres militaires et de luttes intestines. Quand le pouvoir royal veut

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