Histoire ancienne des peuples de V Orient
tOS LASIG.
faire alliance avec les païens, le sacerdoce se dresse contre lui et les prophètes surgissent pour annoocer la colëre du Dieu dlsraël. Quand, au contraire, c'est l'élément religieux qui prend le dessus, le vieux fond de la population païenne exprime son mécontentement en favorisant l'arrivée des étrangers, toujours prêts à profiler de ces interminables dissensions.
Le peu de monuments qui se rattachent à l'histoire des rois de luda sont loin d'être des témoignages de leur gloire. En Egypte, c'est un roi de Juda, dont Champollion croit avoir retrouvé l'image dans les ruines de Thëbes (fig. 165) : il est enchaîné.
Un bas-relief assyrien du musée britannique (fig. 166), nous montre un roi d'Israël, Jéhu, baisant la terre devant un roi d'Assyrie , Salmanasar, dont il implore l'assistance. Ce document, que la rareté des monuments sur l'histoire des Israélites rend infiniment précieux, est giavé sur une espèce ' d'obélisque dont nous avons au Louvre un moulage.
Linscripiion nous apprend que le roi d'Assyrie reçut un tribut de Jéhu , comme il en avait reçu d'ailleurs de tous les autres princes de
Syrie : le monument nous montre le roi d'Israël prosterné devant Salmanasar dont il reconnaît la suzeraineté. Les luttes des iuif^ contre les Assyriens aboutirent à la captivité de Babylone.
LA PALKSTINE.
La domioatioD persane fut favorable aux Juifs, que Cyrus rétablit à Jérusalem. Ils furent ensuite soumis aux princes macédonieas, mais sous les Macchabées, la Judée retrouva pour un moment un gouvernement national. Des artisans, venus de Grèce ou d'Asie Mineure , s'établirent alors en assez grand nombre en Palestine ; c'est ce qui explique le style des monuments qu'on trouve dans la contrée et principalement des tombeaux, dont la plupart furent, sinon élevés vers cette époque, du moins restaurés et modinés d'après un goilt qui se ressent de la présence de ces étrangers.
Les Juifs, dont la littérature poétique a tant d'importance, paraissent avoir eu également le goût de la musique ; mais ils n'étaient nullement portés vers les arts plastiques, dont le développement aurait été arrêté par leur loi religieuse qui proscrivait absolument les représentations figurées. L'emblème qu'on retrouve le plus souvent sur les très-rares monuments que ce peuple nous a laissés, est la grappe de raisin. On la
Wonnueijuiiaa, dutempa dsa Micchibéeg
trouve également sur plusieurs monnaies (fig. 169), ainsi que des instruments de musique, tnls que la trompette (fig 168], et la cithare dont on voit des exemples (fig. 167 et 170). Ces monnaies, qui remontent au temps des Macchabées, sont d'ailleursd'un travail excessivement grossier. Après la prise de Jérusalem par Pompée, la Judée jouit encore sousHérode et ses successeurs d'une grande prospérité. Mais, à la suite de la grande insurrection qui eut Heu contre les Romains, Jérusalem fut prise et détruite de fond en comble par Titus, et à partir de ce moment les Juifs cessèrent de faire une nation distincte. Une médaille de l'empereur Vespasien (fig. 171) fait allusion à la prise de Jérusalem et à la destruction de la nationalité juive. On y voit la Judée, personniûôe dans une femme assise et pleurant au pied d'un palmier; derrière elle.
Tempereur est deboul près d'un trophée d'armes. Un moaument bien autrement important et qui se rattache au même événement est le bas-relitf qui décore l'arc de triomphe de Titus à Rome. On a là une représentation peut-être unique des objets sacrés qui décoraient le temple de Jérusalem et que les Romains ont emportés triomphalement après leur victoire. On y remarque, entre autres, le fameux chandelier à sept branches, la table des pains de proposition et les trompettes sacrées (rig.172).
La destruction de Jérusalem amena la dispersion des Juif>t dans les diverses provinces de l'empire romain, A partir de cette époque, ils cessèrent d'avoir une patrie circonscrite sur la carte ; mais ils ne firent aucune concession sous le rapport de leurs opinions religieuses; et ce peuple qui, tant qu'il avait existé politiquement, s'était tant de fois laissé entraîner à des rébellions contre le sacerdoce qui le dirigeait, fut, à partirde ce jour, inél>ranlable dans sa foi. Les Juifs formèrent, dans toutes les villes romaines, un groupe particulier, conservant son culte cl ses usages, enlerrantses morts selon ses rites particuliers. Des lampes sépulcrales, portant pour emblème le chandelier à sept branches (fig. 173), ontété trouvées à Rome dans remplacement de l'ancien cimetière juif.
Division de la Palestini;. — La Palestine comprend la contrée située entre la Syrie au nord et l'Arabie au sud. Elle est traversée par une chaîne de montagnes, le Liban, et arrosée par un fleuve, le Jourdain, qui va se jeter dans la mer Morie ou lac Asphaltite (fig. 17/i).
Les Hébreux divisèrent la Palestine en douze cantons, répartis entre les douze tribus. Sous Roboani, fils de Salomon, dix tribus se séparèrent et le pays se trouva divisé en deux royaumes, celui d'Israël et celui de Juda. A partir des Macchabées, nous trouvons la Palestine divisée en quatre provinces qui sont la Galilée, la Samarie, la Judée ci la Pérée, située à l'orient du Jourdain.
La province la plus septentrionale de la Palestine était la Galilée :
Fig. 174. — Carte de U Palestine et de U Sjrie.
elle était voisine de la Phénicie. Tibériade, qui en fut la capitale sous la domination romaine, était une ville importante. Elle fut bâtie par Hérode Antipas, sous le règne de Tibère,, dont elle prit le nom. Les Juils orthodoxes montrèrent une grande répugnance pour le séjour de cette ville, dont on avait établi les fondations sur d* anciens tombeaux qu'il avait fallu détruire; Hérode y attira des Juifs pauvres et môme des païens, en leur donnant des terrains et en leur accordant divers privilèges, et la ville nouvelle atteignit bientôt une grande prospérité. Après la destruction de Jérusalem, les principaux docteurs juifs ne voulant pas quitter la terre sainte, vinrent s'établir à Tibériade, qui devint alors un point central pour l'érudition rabbinique. Cette ville a conservé des ruines assez importantes, entre autres, les thermes, où il y a des sources dont les eaux attirent encore aujourd'hui les malades.
 défaut de cités bien importantes, l'ancienne Galilée renfermait du moins quelques points intéressants par les souvenirs qui s'y rattachent : Nazareth, où Jésus a passé son enfance; Cana, où il a fait son premier miracle; Beihsaxda, lieu de naissance des apôtres Pierre et André; Caphamaum, dont il est fréquemment question dans l'Évangile; Endor^ où le roi Saûl consulta la Pythonisse, etc. Au point de vue monumental nous n'avons aucune antiquité à signaler.
Samarie était la ville la plus importante de la contrée qui vient après la Galilée et à laquelle elle a donné son nom. Cette ville, détruite par Salmanasar et redevenue florissante sous Hérode, a laissé peu de ruines antiques. On trouve pourtant, sur la colline qu'occupait Samarie, quelques colonnes debout, que l'on regarde comme les restes d'un temple romain dédié à Auguste.
Non loin de là était Sichem (aujourd'hui Naplouse), une des plus anciennes villes du pays de Chanaan, puisqu'il en est question dans l'histoire d'Abraham. On montre aux environs le Puits de Jacob, où la tradition place l'entretien que Jésus eut avec la Samaritaine, et le Tombeau de Joseph, dont les cendres auraient été rapportées d'Egypte en ce lieu. Ce monument est en grande vénération dans le pays. C'est à Sichem que s'est tenue, après la mort de Salomon, la grande assemblée à la suite de laquelle eut lieu le schisme des dix tribus. L'empereur Vespasien avait fait de Sichem une colonie romaine.
JÉRUSALEM. — La Judée proprement dite avait pour capitale Jéru^ salem, une des plus célèbres villes du monde. Elle était à la fois la