‹ La Vie privée des anciens v. 4 1883 (volume 4)Chapitre 20 sur 54 · L*AS1E · texte numérisé non relu

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ville sainte, la capitale politique, et la place la plus forte de la Palestine. G*est au roi David que Jérusalem doit son importance; avant lui elle portait le nom de Jébus.

u Jébus, dit M. Maspéro S s'élevait sur une éminence entourée à l'est, au sud et à Touest, par le lit du Kédron et la gorge de Uinnom, bornée au nord par une légère dépression de terrain. Elle ne présentait pas une surface unie : elle était coupée en deux par un ravin profond qui courait du nord au sud et séparait les hauteurs de Sion des collines de Millo et de Moriah. Un assaut vigoureux, conduit par Joab, fît tomber la ville aux mains des Hébreux. En changeant de possesseur, elle changea de nom : elle devint Jérusalem. David se hâta de la mettre en état de défense : laissant Moriah au peuple, il établit sa résidence à Sion et fortifia Millo, sans toutefois enfermer ces trois points dans une enceinte continue. Plus tard, quand le succès de ses premières guerres lui donna quelques instants de repos, il se fît construire, par des ouvriers tyriens, un palais en bois de cèdre et en pierre de taille; pour le moment, il alla chercher Tarche à Kiriath-Jéarim, où elle était restée depuis la mort d*Éli, et la plaça auprès de lui sur la colline de Sion. C'était faire de Jérusalem non-seulement la capitale politique, mais la captale religieuse du pays. »

Ce fut sous le règne de Salomon que Jérusalem atteignit le plus haut degré de splendeur auquel elle soit parvenue. La construction de temple et d' autres édifices magnifiques et les rapports commerciaux établis entre Tlnde et l'Afrique en firent pendant quelque temps le centre de la civilisation dans TAsie occidentale. Toutefois cette prospérité dura peu, et, pendant trois siècles, les invasions qui ravagèrent successivement le pays et les guerres intérieures amoindrirent beaucoup son importance. Prise et détruite par Nabuchodonosor, 587 ans avant J.-C, elle se releva après la captivité de Babylone, fut de nouveau prise par Pompée et devint tributaire de Rome. A la suite d'une révolte, Jérusalem soutint contre l'empereur Titus un siège célèbre et fut détruite de fond en comble.

Soixante ans plus tard, Hadrien éleva sur son emplacement une ville nouvelle qu'il nomma ^lia Capt<o/ma, et un temple de Jupiter Capitolin se dressa à la place même où avait été le sanctuaire d*Israël. Il est resté quelques médailles (fig. 175 et 176) de cette ville qui, sous Constantin, reprit le nom de Jérusalem qu'elle a toujours porté depuis.

i. Histoire ancienne des peuples de VOrient.

Les dilTérenls quartiers do Jérusalem furent successivement entourés de murailles épaisses. Josëphe en distingue trois dont la plus aocienne environnait Sion. Ces murailles, garnies d'un parapet crénelé, étaient construites obliquement ou en zigzag : elles étaient flanquées de 16I| tours, dont 90 se trouvaient sur l'enceinte extérieure, ik dans la seconde et 60 sur l'ancienne muraille de Sion.

Jérusalem avait 120,000 habitants au temps d'Alexandre le Grand, et la population était sans doute beaucoup plus considérable sous le règne de Titus : mais le chiffre de 1,100,000 hommes, donné par Jnséphe comme celui des habitants ayant perdu la vie pendant le siège, est évidemment très-exagéré.

Le principal monument de Jérusalem était d' abord le temple , bâti par Salomon, brfilé par Nabuchodonosor, mais rebâti et considérablement agrandi dans la suite. Hérode a élevé dans cette ville un grand nombre d'édifices superbes, entre autres le palais royal, qui était de marbre blanc, et dont la magniricence, selon Josèphe, était au del^ de toute description.

Jérusalem était assise sur plusieurs collines dont la place est indiquée sur notre plan (fig. 177). Nous voyons d'abord la plus célèbre de toutes, la colline de Sion, où étail l'ancienne citadelle, et qu'on désignait sous le nom de haute ville. La vallée de Hinnom en forme la limite au sud et à l'ouest. Sion est séparée de la colline d'Akra, ou basse ville, par un vallon nommé Tyropœon, ou vallon des fromagers. C'est de ce côté que la ville a pris son grand développement à partir de David. Nous lisons dans les psaumes : " Il s'élève magnifiquement, délice de toute la terre, le mont Sion; du côlé nord est la ville du grand roi, a C'est sur la colline d'Akra qu'est aujourd'hui l'église du Saint- Sépulcre.

Le quartier de Besetha, appelé ville neuve, n'est pas mentionné dans la Bible, et Joséphe nous apprend qu'il fut enclavé dans la villa

par Hérodc Agrippa. EdHii, à l'est d'Akra, est la colline de Moriîih où, selon la tradition, Abraham conduisit son fils Isaac pour le sacrifier : c'est sur cette colline que s'élevait le fameux temple de Salomon ■.

La Bible est Irès-sobrc de renseignemenfî sur l'aspecl que présent talent les villes Israélites. Les rues et les places paraissent avoir emprunté leurs noms de l'industrie qui s'y pratiquait habiluellement : ainsi la rue des Bou!aiigers est mentionnée dans Jérémie. Il n'est pas certain que les rues aient été pavées avant Hérodc, mais la ville a eu de tout temps des citernes et des puits publics; il en est plusieurs fois question dans l'Écriture.

Les trilmnaui et les grandes places oij se tenaient les marcbés étaient situés prés des portes de la ville. Ainsi, nous lisons dans la Itible : « Demain à cette heure on donnera le sac de farine pour un sicle et les deux sacs d'orge pour un sicle à la porte de Samarie. » Ces portes c.taicnt surmontées d'un bâtiment et. flanquées de tours fortiflées. Des

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