‹ La Vie privée des anciens v. 4 1883 (volume 4)Chapitre 21 sur 54 · L*AS1E · texte numérisé non relu

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portiers étaient établis dans les tours, comme le montre un passage de Samuel : a Puis la sentinelle vit un autre homme qui courait et elle cria au portier : Voilà un homme qui court tout seul. »

Le saint sépulcre et les lieux qui furent témoins de la Passion sont naturellement les points où se rendent tout d'abord les pèlerins et les touristes qui visitent Jérusalem. Mais, malgré l'intérêt particulier qui s'attache à ces pieux souvenirs, nous devons nous abstenir d'une description qui serait nécessairement en dehors du cadre que nous nous sommes tracé.

Quand on sort de Jérusalem par la porte orientale, nommée par les chrétiens porte Saint-Étienne, par suite d*une tradition contestée qui place près de ce lieu la mort du premier martyr, on arrive à la vallée de Josaphat. A chaque pas, le pèlerin rencontre ici de pieux souvenirs, car, à défaut d'une grande certitude historique, des traditions anciennes ont donné des nouis à chaque monticule, presque à chaque caillou. Après avoir traversé le torrent desséché du Cédron, on arrive au pied du mont des Oliviers : on voit d*abord une petite église, où l'on montre le tombeau de la Vierge et celui de saint Joseph, u M. de Vogué, dit le Guide en Orient, a démontré que cette tradition est erronée et que ces chapelles ont servi de sépultures à plusieurs personnages de la dynastie latine de Jérusalem. » Ensuite, on voit la Grotte de l'Agonie, le jardin de Gethsemani, dans lequel on montre l'endroit où s'est accomplie la trahison de Judas, puis une église qui marque remplacement où a eu lieu l'Ascension.

La vallée de Josaphat, dont notre figure 178 donne une vue d'ensemble, est remplie de monuments funèbres : quelques-uns méritent d'être signalés. Le premier qu on rencontre a reçu, sans beaucoup de raison, le nom de Tombeau des Prophètes. C'est un caveau circulaire d'où partent des galeries présentant un assez grand nombre de niches funéraires. On ne connaît exactement ni la date ni l'histoire de ce monument.

Le Tombeau d'Absalon (fig. 179), qui vient ensuite, est un monolithe cubique dont la base est taillée dans le roc, et dont la partie supérieure est en maçonnerie. « Elle se compose, dit le Guide et} Orient, d'un dé carré surmonté d'un cylindre qui se termine par un tore figurant un énorme, câble tordu; le tout est surmonté d'une sorte de pyramide évidée en gorge et couronnée d'une toufTe de palmes. La hauteur totale du monument est de 16"», 30. Sa base est à demi enterrée sous "' les pierres que, depuis des siècles, les Juifs lancent contre la tombe

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maudile. <> La date de ce monument, qu'on désignait autrerois sous le nom de tombeau d'Ezéciiias, est inconnue : on le croit rontemporain dHi5™ic.

Dans le même groupe de rochers est un riche fronton, orné d'acrotères et de rinceaux, auquel on a donné te nom de Tombeau de Josaphat (fig. 1801. On voit encore là deux autres monuments connus sous les noms de Tombeart de saint Jacques et de Tombeau de Zacharie. Ces divers tombeaux sont l'objet d'une grande vénéraiion, mais leur origine historique est Irôs-probl émail que.

Enfin, il Taut encore mentioDoer la Iklraiie des Apôira (Gg 181). C'est une frise dorique, offrant des métopes séparûes chacune par un irigtypbe : cette frise est suppiH-tée par des colonnes. Suivant la tradition, les apôtres auraient trouvé en ce lieu un refuge après l'arrestation de Jêsus-Cbrist.

D'autres monuments funéraires non moins intéressants se trouvent au aord de Jérusalem . en sortant par la porte dite porte de Damas

- TombaiD da Jouph».

I,es plus importants sont ceux qu'on désigne sous le nom de Tombeaux des rois. Ces tombeaux, fameux par les discussions archéologiques qu'ils ont soulevées, sont situés à environ 800 mètres de la route de Damas. « Un plan incliné vers l'est, dit M. de Saulcy, et placé entre deux murailles de rochers, aboulil à une paroi verticale, dans laquelle esi percé un soupirail do.inant sur une sorte de citerne,,. Dans la muraille de gauche est une porte en plein cintre, ornée d'un simple filet creuxà l'extérieur. Cette porte, enterrée jusqu'à lanaissancp

palkstim;.

du Ciflire. débouche sur une large cour carrée, à parois verticales liiilées dans le roc, et dont 11' sol est rendu inégal par des atcumuhtions de décombres. Dans la niuraillc du fond est pratiqué, avec un art irës-remarquabte, un large vestibule soutenu autrefois par deut

colonnes dont il ne reste qu'un seul chapiteau appcnJu à droite au plafond. Au-dessus du vestibule court une longue frise sculptée avec une délicatesse et un goût exquis. Le centre de la frise est occupé par une grappe de raisin, emblème de la terre promise et type habituel des monnaies asmonéenocs. \ droite cl à gauche sont placées symé-

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triquement une triple palmu d'un dessin élégant, une couronne e triglyphes alternant avec des patôres ou boucliers ronds répétés trois l fois. Au-dessous règne une guirlande de feuillages et de fruits retom- 1 bant à angle droit de chaque côté de l'ouverture du vestibule. Au dessus des trigljphes commence une belle corniche malheureusement irÈs-endommagée. Une fois descendu sur le sol du vestibule on aperçoit, au fond de la paroi de gauche, une petite porte basse par ' laquelle on ne peut passer qu'en rampant, n Nous reproduisons ci- I dessous (fig. 182) l'entrûe des Tovibeaux des rois de Judn.

Après avoir franchi un corridor, on pénètre dans une antichambre percée de trois portes. Celle du milieu ouvre surun caveau renfermant neuf trous pratiqués dans le rocher pour recevoir des cercueils. H Chacune des trois faces autres que la face d'entrée est percée de trois ouvertures : les doux latérales n'ont que ta moitié de la hauteur de l'ouverture centrale; les six ouvertures latérales donnent accès dans des lombes simples et les truii centrales dans de petites chambres présentant une couchette à droite et à gauche, et au fond une autre couchette placée transversalement ; en loutquinze lits. Deux de ces chambres sont munies, au-dessus de chaque couchette, d'entailles destinées à contenir des lampes sépulcrales. Quant simples, on remarque au fond un carré, probablement destiné à cacher deg trésors ou objets précieux. Au fond de la chambre à trois cou-

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cheties, percée dans la face nord, et au-dessous de la couchette du fond, est une ouverture qui communique par un plan incliné et voûté «lana une dernière chambre située précisément en face de la porte d'entrée principale, et qui paraît n'avoir contenu qu'un sarcophage. Cest Ih que H. de Saulcy a trouvé les deux morceaux du beau sarcophage qu'on peut aujourd'hui admirer au Louvre', n

Ce monument (Hg. 183 ù 185], qui occupait la place d'honneur dans le caveau, est regardé par l'éminent archéologue comme étant le tombeau élevé par Salomon à son p6re David. Cette opinion est assurément contestable, mais lesarcophagc, qui acertaincment appartenu àun personnage puissant est extrêmement intéressant par 1 ornementation qui le décore et dont le style n'a pas son équivalent dans dautros pays.

Voici la description qu en a donnée M de Saulc\ dans son Histoire

de l'art judaïque. « 11 est fortdiilicile de se Taire une idée de la richesse des ornements de ce précieux monument, quand on ne ta pas sous les yeux... C'est une sorte de tuile bombée, en calcaire compacte, d'un grain très-fin, et par conséquent très-dur, dans lequel courent de petites fibres de silex. Une moulure, formée de deux plates-bandes enfermant une doucinc, encadre toute la surface concave; au-dessus

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