LA SYRIE ET LA PHÉMCIE
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faiteurs et des sauveurs les Aradiens qui leur avyent accordé l'hospitalité, et ils s'en moDtrèreat reconnaissants, surtout après leur retour dans leur pairie. Ce fut par ce moyen que les Aradiens purent acquérir une grande portion de la côte, qu'ils possèdent encore maintenant, et prospérer sous toiis les autres rapports. Ils ajoutèrent à cette cause de prospérité par leur intelligence et leur activité pour la navigation; el, quoiqu'ils eussent sous les yeux l'exemple des Ciliciens, leurs voisins, qui se livraient à ta piraterie, jamais ils ne voulurent faire cause commune aveceux, en prenant part à ce genre de brigandage. » Nous donnons t^gnw- Pig.iu
{fig. 213 el 2U) une monnaie d'A- ■ '""•'• '*'"*""■
radus; elle représente une tète de femme avec un voile, couronnée de tours pourvues de créneaux d'une forme particulière aux villes de l'Asie. Byblos (Djebel), située sur une petite éminence à peu de distance de la mer, a été particulièrement célèbre dans l'antiquité par le culte qu'on y rendait au dieu syrien Adonis. Les fêtes qui avaient lieu pour célébrer la mort et la résurrection du jeune dieu attiraient dans cette ville un concours immense de population. Les mamelons qui descendent du mont Liban à la Méditeranaée étaient couverts de sanctuaires, ou de petits autels ombragés de caroubiers. Avec les pierres qui en proviennent, on a élevé de petites chapelles chrétiennes et plusieurs portent innocemment des inscriptions en l'honneur de Jupiter, de Vénus ou d'Astarté. L'un des deux cètés de l'élégant baptistère de Djebel, dit M. Renan, est formé par une pierre énorme qui a servi de fronton monolithe à un temple dans le style égypto-phénicien. On y retrouve tous les emblèmes communs à l'Egypte et à la Phénicie dont parle PhiloD de Byblos (globe ailé environné de serpents, etc.). Il ne reste rien aujourd'hui du fameux temple de Byblos, mais on croit en avoir une sorte de représentation sur le revers d'une monnaie de Macrin (ûg. 215 et 216).
TripotU (Tripoli) était une ville formée de trois quartiers, habités par une population différente : le premier passait pour avoir été
Uonode de Uacrin.
fondé par les Sidoniens, le second par les Tyriens, le troisième par les Aradiens. Chacun de ces peuples continua à habiter exclusivement son quartier. « Tripolis, dit Diodore de Sicile, est une ville trèscélèbre de la Phénicie : elle se compose de trois villes séparées l'une de l'autre par un stade d'intervalle. Elle renferme le sénat des Phéniciens, qui délibère sur les affaires les plus importantes de l'État. D
Cette ville, qui a su garder jusqu'à nos jours une certaine importance, n*a pas conservé de ruines antiques.
Béryte (Beyrouth) était située à cinq ou six lieues de Sidon, dont elle était probablement une colonie. Cette ville a été. détruite plusieurs fois, et notamment pendant les guerres de Syrie. Sous Justinien, il y eut à Béryte une école célèbre pour renseignement de la jurisprudence. Cette ville est aujourd'hui une des stations commerciales les plus importantes du Levant. La ville ancienne n'a pas laissé de traces, mais dans les environs on voit de nombreuses antiquités, entre autres des stèles assyriennes; Tune d'elles présentait la figure dun roi. La côle offre de nombreuses inscriptions gravées sur les rochers.
La dernière ville que nous ayons à signaler sur celte côte est Ptolè^ maïs (aujourd'hui Sain t-Jean-d' Acre). Cette ville, située près du Mont- Thabor et du Mont-Carmel, n'a pas laissé d'antiquité : elle a été extrêmement florissante sous la période macédonienne et romaine.
L'île de Chypre. — L'île de Chypre (anciennement Cypre) est située, dans la partie la plus orientale de la Méditerranée, * au sud de la Cilicie et à l'ouest de la Syrie. Elle présente la forme dun triangle allongé et est couverte de montagnes élevées, avec de nombreux vallons dont la fertilité était proverbiale dans l'antiquité. Les premiers habitants qu'elle reçut du continent passent pour avoir été des Phéniciens et des Ciliciens; à ces éléments de population il ne tarda pas à s'en ajouter de nouveaux. Un mot d'Hérodote a fait croire longtemps à une ancienne émigration égyptienne contemporaine des Pasteurs; mais aucun document nouveau n'est venu confirmer cette hypothèse. En revanche, il est impossible de ne pas admettre les anciens rapports de l'île de Chypre avec les populations phrygiennes de l'Asie Mineure. Ce sont les Corybantes, prêtres phrygiens de Cybèle, qui exploitent les mines de cuivre dans l'île de Chypre, et adaptent les danses orgiastiques au culte d'Aphrodite. On y retrouve également les Dactyles Idéens, autre caste de mineurs également vouée à Cybèle, et les indus-