LA SYRIE ET LA PHÉMCIE. S
trieux Telchines de Rhodes, qui répandent dans 111e la connaissance et le goût des arts manuels.
Les établissements grecs dans l'île de Chypre ne sont pas antérieurs à la guerre de Troie, mais ils finirent par occuper la plus grande partie du pays qui perdit peu à peu son caractère oriental primitif. Ce mélange de races produisit le culte d'Aphrodite ou Vénus, qui est originaire de Chypre et se répandit de \k dans les lies de la Grèce et ensuite dans tout l'OccidenL Ce fait s'est traduit mythologiquement dans la fable : la déesse, sortie do l'écume des flots sur le rivage de Chypre, navigue ensuite vers la Grèce et aborde à Cythère.
11 y a cependant un ablmc entre la gracieuse création de la Grèce et l'ancieime divinité de Chypre, qui n'est qu'une forme de l'Astarté phénicienne. Celle-ci représentait la force créatrice cl reproductive qui entretient et fait multiplier tous les êtres qui ont vie sur la terre. Mais ce sont les Grecs qui ont foi^é la légende de cette divinité, et qui lui ont donné la forme qu'elle aprise dans l'art. La déesse primitive de Paphos n'avait même pas la forme humaine. C'est, dit Tacite, un bloc arrondi, plus large à la base et se rétrécissant au sommet comme une pyramide. L'historien ajoute que la signification de cet emblème est demeurée inconnue. Les n^édailles de Chypre offrent, en effet, l'image du temple de Paphos, gravée sur le revers avec la divinité que les Phéniciens adoraient primitivement sous la forme d'une pierre conique, le plus ancien type connu de la déesse Astarté, plus tard idcnliflée avec
de Chypre.
Vénus. La figure 217 est une médaille du temps d'Auguste : elle nous montre l'antique idole conique dans sa simplicité primitive. Dans une autre médaille, frappée (fig. 218) sous Vespasien, on voit la même idole avec une étoile e( un flambeau à chacun de ses côtés. Enfin une médaille de Julia Domna, mère de Caracalla (fig. 219), présente lo même '• 3Ï
SSO L'ASIB.
symbole, mais celte fois beaucoup plus complet, ici, la pierre cODïque se rapproche uo peu plus de la figure humaine puisqu'on y reconnaît l'emplacement de la tète et des rudiments de braa. Au dessous du temple, apparaît le croissant de la lune surmonté d'une étoile à huit rayons. On retrouve les deux candélabres, et on voit en plus deus colombes posées sur les toits du temple ; une autre colombe est au pied de l'édUice dans une espèce de cour entourée d'une balustrade.
Ces représentations barbares devaient nécessairement se modifier au contact de la Grèce. Si l'on voulait remonter la série des transformations que Vénus a subies avant d'arriver au type qui a prévalu dans la belle époque de l'art, on assisterait aune évolution religieuse qui embrasse une période de près de mille ans. Or, entre uo Grec ou un Romain des grands siècles et un matelot phénicien de l'époque primitive, il y a autant de dilTérence qu'entre un seigneur de la cour de Louis XV et les grossiers compagnons des rois mérovingiens.
Parmi les statuettes primitives trouvées à Chypre, il y en a une dont
le front est orné d'une couronne, oii l'on voit des trous destinés sans
doute à recevoir des étoiles ou des fleurs : elle porte également des
colliers, mais ce. qu'elle a surtout de remarquable, c'est que ses bras
sont dans une attitude aaaiogue à celle de la Vénus de Médicis, et de la
plupart des Vénus de la grande
époque. Comme il n'y a dans cette
idole aucune recherche de la
grâce, on comprend plus aisément
la signification symbolique de ce
geste consacré. La déesse pose
une main sur ses flancs qui ont
porté le genre humain et l'autre
sur le sein qui le nourrit. Dansles
statues de la grande époque, le
mouvement de la Vénus semble
exprimer l'émotion de la pudeur
et s'étonner d'être nue. Rien de
pareil dans les images du premier
"^ âges : celle-ci représenient la
■ ^ jf I m^j-g universelle qui montrecru-
ment ce qu'elle est, et affirme par lit sa puissance et son rôle créateur.
La Vénus primitive prit dans la ville d'Amathontc une forme en-