LA SYRIE ET LA PIIËMCIE
core plus bizarre qu'à Paplios. h Rllc était, tlil Macrobe, habilite en femme. bien qu'elle ait une barbe, le raantien d'un homme et un spectre à la main. » Cette conception hybride ne pouvait ôlre acceptée par l'esprit grec, et, sous son inlluerce, le type abrupt et bizarre de lancienne Vénus de Chj'pre fit place à une figure de jeune fille, caractérisée par la grandeur démesurée de son diadème. La figure 220, d'après un fragment découvert à Chypre, nous montre une tête ceinte d une couronne richement travaillée d'où s'échappent de gracieuses boucles de cheveux.
La déesse de Chj'prc nou apparaît encore dans la figure 321 qui représente Vunus ass se les bras allongts sur les gcnouï et tenant uno (leur dans sa ma dro le Sa tête est co ftee d'une triple couronne de roses, son cou orn d une tr pie rangée de perles. C'est, en effet, au milieu des pierrer es eti icelantes deb fleurs et de l'encens qu'on honorait la déesse de Paphos et d \n athonte
La fleur que ces déesses tiennent a la main est un emblème caractéristique dn culte qu'on rendait à Vénus dans l'Ile de Chypre; la déesse est. en effet, le symbole du printemps et, à ce tilre, elle est l'épouso
d'Adonis, le bel adolescent qui, chez les Phéniciens, personnirie le soleil au moment de la première végétation.
Une prêtresse de Vénus, tenani une fleur, mais debout cette fois, et caractérisée par une coiiïure orientale en forme de mitre, est représentée sur noire figure 222,
Les principaux sanctuaires de la déesse étaient ceux de Paplios et d'Amathonte.
Paphos est le lieu où Vénus a paru pour la première fois, resplendissante de beauté et portée par lécumedes Hots. La ville était entièrement consacrée à cette déesse, qui avait deux temples, Tun dans la ville même, l'autre dans le bois sacré. De nombreux débris accumulés montrent remplacement de ces édifices.
Amaikonle était, comme Paphos, une ville consacrée à Vénus, ou plutôt à la déesse phénicienne que les Grecs ont transformée pour en fa e pe g a eux d Ap od e On a
ou é p d Ama h n p us monu Kij. m. menls n po an
Ce vase, qui ne mesu e pa mo □ d dans un seul bloc et pourvu dequatrc anses sculptées, avec un petit taureau au milieu ; nous donnons (lî g. 223) la représentation d'une de ces anses.
Salamim, sur la côte orientale , ville purement grecque et qui fui longtemps florissante, n'existe plus aujourd'hui. Une colline semée de débris et entourée d'une en- ^s
ceinte ruinée inarque emp a era n que a
s en au es un ase co os enan au mus e du Louvre
L*ASIB MINEURE. 253
Soli est une ancienne colonie athénienne qui s'appelait autrefois jEpeia, Plutarquenous rapporte par quelles circonstances son nom aurait été modiûé : « Solon, dit-il, étant venu dans file de Chypre, se lia d'amitié avec Philocyprus, un des rois de 111e qui habitait une petite ville bâtie par Démophon, fils de Thésée, près du fleuve Clarius. C'était un endroit fort d'assiette, mais du reste un terrain stérile et ingrat. Solon persuada au roi de transporter la ville dans une belle plaine située plus bas, et de lagrandir en la rendant plus agréable. 11 aida même à la construire et à la pourvoir de tout ce qui pouvait y faire régner l'abondance et contribuer à sa sûreté. Philocyprus eut bientôt un si grand nombre de sujets, qu'il encourut la jalousie des rois voisins. Aussi, par une juste reconnaissance pour Solon, donna-t-il à sa ville, qui s appelait d'abord yEpeia, le nom de Soli. »
Ciiium qui fut la patrie du philosophe Zenon, chef des Stoïciens, est signalée par Strabon comme possédant un beau port. Ce port est maintenant comblé, mais la ville ancienne a laissé des traces nombreuses, qui attestent le mélange des Phéniciens et des Grecs. Ces derniers avaient fini par avoir la prépondérance, car on trouve plus d'inscriptions grecques que d'inscriptions phéniciennes, et les débris des monuments se rattachent presque tous à une origine grecque. Cependant les fouilles ont mis à jour une grande pierre de basalte de sept pieds de haut sur deux et demi de large, couverte d'inscriptions cunéiformes et décorée sur la face supérieure de l'image en relief d'un prince ou d'un prêtre portant un sceptre dans sa main gauche. On croit reconnaître dans ce fragment un des rares monuments de la domination des Assyriens dans l'île de Chypre.
Aspect du pays. — Notions historioces. — La Cappadoce et le Pont. — La Porygie. — La Bithynie. — La Mysie. — La Lydie. — Les villes D*loNiE. — La Caiiib. — La Lycie. — La Pamphylib et la Cilicie.
AspcTE DU PAYS. — Situéc à l'extrémité la plus occidentale du conlinent asiatique, l'Asie Mineure est une vaste presqu'île qui s'avance
vers l'Europe comme une sentinelle avancée de TOrient. Le nom d'Asie Mineure n'est pas fort ancien et n'apparaît pas avant l'empire romain, mais il est aujourd'hui si universellement accepté pour désigner cette contrée, qu'il ne serait pas possible de lui en assigner un autre. Elle est bornée à l'est par l'Euphrate, au nord par le Pont-Euxin, au sud par la Méditerranée, et à l'ouest par la mer Egée. La dimension totale du pays est à peu près égale à celle de la France.
Gomme relief du sol, l'Asie Mineure présente un vaste plateau, couvert de lacs et hérissé de montagnes, s'abaissant, vers les trois mers qui la baignent, par des pentes plus ou moins abruptes. Ces montagnes forment, en courant de l'est à 1 ouest, deux chaînes principales qui sont le Taurus au sud et l'antî-Taurus au nord. Les rameaux qui s'en détachent sont séparés par des vallées profondes et boisées, où d'innombrables ruisseaux entretiennent la fraîcheur.
L'Halys est le fleuve le plus considérable de la péninsule; il se jette dans le Pont-Euxin (mer Noire), ainsi que le Thermodon, célèbre par le combat des Amazones, et le Sangarius qui arrose la Phrygle. Dans la Propontide (mer de Marmara), nous signalerons seulement le Granique, dont le nom est inséparable de celui d'Alexandre. Dans la mer Egée, viennent déboucher le Scamandre et le Simoïs, simples filets d'eau qu'Homère a rendus fameux; le Gaïque, l'Hermus, le Gaystre et le Méandre. La Méditerranée reçoit le Xante, torrent qui traverse la Lycie, le Gestrus, TEurymidon et le Mêlas, dans la Pamphylie, enfin, le Gydnus en Gilicie.
Notions historiques. — Des peuples nombreux et sortis de contrées différentes vinrent tour à tour s'établir dans l'Asie Mineure, et les traditions que chacun d'eux apportait, formèrent en se croisant la plupart des légendes dont s'enrichit la mythologie grecque.
Parmi ces traditions, il y en a une qui ne relève pas directement de l'histoire, mais que nous ne pouvons passer sous silence, parce qu'elle a été admise dans toute l'antiquité, c'est celle qui concerne les amazones. Ges femmes guerrières conservaient leur virginité pendant toute la durée du service militaire, et se mariaient ensuite pour avoir des enfants. Elles remplissaient les magistratures et toutes les fonctions publiques. Les hommes passaient leur vie à la maison, comme ailleurs les ménagères, et ne se livraient qu'à des occupations domestiques. Quand un enfant naissait, les amazones le remettaient entre les mains des hommes qui le nourrissaient de lait et d'autres aliments conve-
Dables à !<oq is&. Si I eafast éuit aoe Glle oa lui brûlait les mamelles, afin d'empécber ces orgao-^ de se développer par suite de l'âge; car
iPcmuu* de nM.)
des mamelles saillantes eussonl élê incommodes pour le maniement de l'arc. Les artistes, toutefois, n'ont tenu aucun compte de ce dernier
caractère, et, dans les statues notamment, les amazones ont presque toujours de Tort beaux seins.
L'ASIE HIRBURE. S?
Le costume de ces femmes guerrières présente une grande diversité dans les ornements des étoITes, cl réunit une richesse un peu sauvage à une véritable élégance. Quelquefois elles portent de longs pantalons étroits et des manches collantes : leur costume ressemble alors à une espèce de maillot tout bigarré de dessins, comme l'indique la figure 225. L'amazoae tieotsa hache sur l'épaule et adresse la parole à UD guerrier placé devant elle. La figure 2i'8 nous montre une amazone portant le costume qu'on voit aux guerriers grecs. C'est là un fait assez rare et qu'il était important de signaler. Elle est en compagnie d'une autre amazone vêtue à peu près comme celle de la figure précédente, sauf le capuchon.
Les amazones combattent souvent avec deux javelots, comme le montre la figure 229, dont le costume est d'ailleurs parfaitement bien caractérisé. Cette guerrière ne porte pasde pantalons; les jambes sont chaussées de brodequins très-élégants qui remontentjusqu'au-âessous du genou.
Une lai^e ceinture la serre à la taille, et deux bretelles qui se croisent sur la poitrine viennent s'y ajuster. La figure 227 nous offre une autre variante du costume des amazones; celle-ci a les jambes nues.
Le bouclier des amazones est généralement échancré, comme on le voit sur la figure 226, Celle-ci combat avec une épée courte et large : toutefois l'épée n'est pas l'arme habituelle deces héroïnes; plus orâinairement, elles tiennent
en maio un arc, dea javelots, ou bien encore une hache. Cette hache.
Pig. Si». — \auoBi, (D'iprèi
dont un côté est arrondi tandis que l'autre est pointu (fig. 230), est une arme caractéristique des amazones. Celle dernière figure est coifTée du bonnet que nous avons l'habitude de nommer bonnet phrygien, mais qui est commun à plusieurs peuples de l'Asie.
Le mythe des amazones se relie absolument au culte de Diane, qui parait avoir eu une grande importance dans les contrées que la mythologie leur assigne comme résidence. Quelquefois môme, comme sur la figure 232 que nous donnons plus loin, ces héroïnes portent ud costume analc^e à celui de la déesse : c'est la chemise courte des
L'ASIE HINEDRE. !50
Doriens que nous retrouvons aussi sur plusieurs statues célèbres, eotre autres sur la fameuse amazone du Vatican (&g. 231).
Pline parle de cinq statues d'amazones esécutées pour le temple de Diane à Éphèse, par autant de sculpteurs célèbres, entre lesquels il y eut un concours. Le ju^ment fut remis aux concurrents eux-mêmes, et chacun d'eu; plaça naturellement son œuvre au premier rang; la statue de Polyclète, qui, d'après le vote de ses rivaux, avait mérité la seconde place, oblint la première, et celle de Phidias fut classée immédiatement après. L'amazone du Vatican (Dg. 231) est regardée comme une imitation de celle qui remporta la victoi e, mais c'est une hypothèse dénuée de preuves sérieuses.
Les anciens historiens et les poêles font mention de plusieurs reines des Amazones dont les noms sont parvenus jusqu'à nous-, nous citerons parmi les plus fameuses :
Antiope qui, vaincue par Thésée, épousa son vainqueur ; Penthésilée, tuée par Achille au siège de Troie; Tbomyris, qui fit périr Cyrus; et, entin, Thalcslris, qui visita, dit-on, Al«xandre.
Les amazones sont assez sou> vent représentées sur les sarcophages, car on croyait rendre là un hommage à la valeur du défunt. Dans la figure 233, la tunique doricnne a été remplacée par un vêtement asiatique avec un pantalon à petits plisscrrés. La différence de costume qu'on remarque dans les amazones sur les monuments antiques, prouve la divergence des traditions qui se rapportent à ces héroïnes.
Les anciens croyaient les amazones originaires de Scytbie, pays oh plusieurs reines ont laissé un nom fameux dans l'histoire : on a sup-
posé qu'il pouvait y avoir dans les fables qui les cODceraeat comme de vagues souvenirs transformés par la mythologie. 11 parait certain, dans tous les cas, que les Scythes ont fait de nombreuses incursions dans l'Asie Mineure, et y ont fondé des établissements. Ib comptent mâme parmi ceux auxquels on attribue la population primitive de cette contrée. Quant aux éléments de la civilisation qui s'est développée en Asie Mineure, ils se rattachent à des événements sur lesquels on a des données historiques plus positives. Nous savons par Hérodote que l'Egypte a été longtemps maltresse du pays, bien que son influence y soit peu apparente. Mais il n'en est pas de même de l'Assyrie et de la Médie, avec
(D'sprèt nna psinturt de
lesquelles les provinces situées à l'orient de l'Halys, et notamment la Cappadocc, ofrrent de nombreuses similitudes. Les Phéniciens ont en grande partie peuplé la Cilicie, et envoyé des colonies sur toutes les côtes de la mer Egée, où les Grecs se sont établis ensuite. Il y a donc eu en cette contrée un mélange complet de l'Orient et de l'Occident, mélange qui apparaît surtout en Lydie à l'époque de Crésus. La Grèce et l'Asie semblent là se coudoyer absolument.
Après la chute du royaume lydien, l'Asie Mineure a passé successivement aux mains des Perses, des Grecs et des Romains, qui tous y ont laissé des traces de leur génie propre. Plusieurs royaumes, formés des débris de l'empire d'Alexandre, s'y sont successivement fondés, et quelques-uns tiennent dans l'histoire une place assez importante. Mais comme leurs limites ont été extrêmement variables, il vaut mieux en
L'ASII aiXErKE. Kl
parlëraépM'ift. «m jaM^ AaeaatiafmÊtrin i y ni <— fggu TAsie IliDeare. Pour oMie imét, ans fiiuKUim pv ks fr&naees orieDtales, on Tesprii aàaùijac s beancenp pJe pmaaacè qae diss
Fig. 133. — Aœuons t cbe»!.
(Bu-raliet d'ua Hrcaphag«.)
celles qui regardent la Grèce. Nous verrons tionc succcsaîvomont la Cappadoce et le Pont, la Phrygie, la Bilhynio, la Mysic, la Lydlo, les villes d'Ionie, la Carie, la Lycic, la Pamphylic et la Cilicie.
L\ Gappadoce et le Pont. — La Cappadoce, la contrée la plus orientale de l'Asie Mineure, conûne à TArménie dont elle est séparée par TEuphrate; le royaume de Pont, qui la borne au nord et s'étend à l'ouest jusqu'au fleuve Ualys, peut être considéré comme faisant partie de la môme contrée.
Après avoir appartenu successivement aux Perses et aux Grecs, ce pays, constitué en royaume, prit une grande importance avec Mithridate et unit par être réduit en province romaine.
Les anciens considéraient les habitants de la Gappadoce comme appartenant à la même race que les Syriens. C'est sur les rives du Thermodon, fleuve qui se jette dans le Pont-Euxin, qu'ils plaçaient le séjour des amazones; mais Tlièmisqfré{, qui, dans la fable, était leur lieu de résidence, n'a pas laissé de ruines antérieures à l'époque romaine.
L'ancienne capitale de la Cappadoce, Masaca, appelée Césarèe sous les Romains, était située dans une contrée volcanique, au pied du mont Argée, dont les neiges ne fondent jamais; Tabsence d'eau, la stérilité du sol et la fréquence des tremblements de terre ont arrêté les accroissements de cette ville, qui a pourtant laissé des ruines assez importantes. C'est à Amasèe, la patrie de Mithridate et du géographe Strabon, que sont les tombeaux des anciens rois; il en reste des ruines dont le style présente de Tanalogie avec ceux de Persépolis. Placée au fond d'une gorge profonde et escarpée dont tous les abords étaient défendus, cette ville passait autrefois pour extrêmement forte.
Sous la domination romaine, la ville la plus importante de la contrée fut Trapezus, aujourd'hui Trébizonde, mais cette ville n'a pas conservé d'antiquités intéressantes.
En redescendant vers le sud, on trouve Tyam, où naquit le fameux thaumaturge Apollonius; elle était bâtie sur une de ces hautes terrasses qu'on appelait autrefois chaussées de Sémiramis. Un superbe aqueduc, dont cinquante arcades sont encore debout, est tout ce qui reste de la ville antique.
Dans le mont Taurus, on trouvait Caslahales, dont le temple de Diane, signalé par Strabon, était desservi par des prêtresses, qui pouvaient, dit-on, marcher impunément pieds nus sur des charbons ardents. Au reste, Strabon nous dépeint toute cette contrée, qu'il connaissait à fond puisqu'il en était natif, comme un lieu de pèlerinage, où on accourait en foule pour assister aux cérémonies.
L'ASIE HtNEUBE.
Parmi ces sancltiaires fameux, les plus împorlants étaient Zèla, avec un grand temple consacré à la déesse Anaitis et les deux Comana, l'une ea Cappadoce, l'autre dans le Pont (lîg. 23/| et 235). Bien que soumis aornioalemeat aux autorités civiles, les habitants de ces villes relevaient bien plutôt du grand prêtre, et cette fonction était fort recherchée, car elle passait pour plus lucrative que celle du gouverneur de la province. A Comana, la déesse était desservie par six mille hiérodules, tant hommes que femmes. Le culte de la déesse était d'ailleurs purement asiatique, et ses cérémonies n'avaient rien de commun avec celles qui sont d'origine grecque.
Les ruines les plus importantes de la Cappadoce sont celles de PUrium, très-ancienne ville dont l'histoire ne fait mention que pour
Pig. UI, — Acropole ia Puriiu
raconter sa destruction par Crésus et la Iransportation de ses habitants dans d'autres contrées. Ce qui donne à ces ruines un très-grand intérêt, c'est leur caractère purement asiatique et antérieur à toute influence grecque. Il ne reste plus que les asises do son temple, dédié à la
vu L'ASIE.
déesse Anaitis; elles sont formées de blocs éoormes, et le plan de cet édifice présente suivant H Texier une grande analogie avec celui du temple de Jérusalem On vo t aussi à Plénum les débns de l'Acropole (ûg. 236) le rempart très épais et Tormé de pierres sèches d'appareil poljgooal est percé de portes dont lune est décorée de têtes de lion de 90 cent mètres de sa I e
, A quelque d stance de Pter um est une ence nte ta liée dans le roc, autour de laquelle sont sculptés des bas rel efs avec de nombreuses figures : ce sont es rochers d las 1 Ka a Notre f gure 23 doDoe un
fragment de ces bas-retiefs. Une femme, couronnée de tours et montée sur un lion, échange un emblème mystique avec un personnage, coiffé d'un bonnet long et pointu, et qui tient en main une massue. Des cortèges de figures toutes semblables et qui se suivent , des emblèmes qui trahissent comme un vague souvenir de l'Egypte et de la Phénicie, des animaux fantastiques comme on en trouve dans tout l'Orient, constituent la décoration énîgmatique de ces rochers sculptés. Mais le bonnet pointu et le soulier recourbé par le bout peuvent au moins donner à ce bas-reliefs une date approximative, celle de la domination des Mèdes dans cette partie de l'Asie Mineure.
L'ASIE MIKECRE. VIS
A l'occident du royaume de Pont, vient la Paphiagonie, qui a fait également partie des possessions de Milhridate. Parmi Ips villes de celte pruvincc, nous signalerons seulement Siiiope, qui devint très-importante par son commerce et sa marine, mais dont les ruines n'olTrent qu'un intérêt secondaire. Sinope est la pairie de Diogëne le cynique.
La PflBrciE.^LaPhrigie, située à l'occident de l'Asie Mineure, mais séparée de la mer par la Lydie et la Carie, a formé autrefois un royaume
indépendant. Vouée au culte de CybOrle, qui s'est répandu de là dans tout le monde antique, celte contrée a une très-grande importance mytho-
logique. Le roi de Phrygie, Midas, a été le compagnon de Bacchus, dont le cuite est si intimement lié à celui de Cybèle : cette liaison se rapporte à l'extension de la culture de la vigne, comme la plupart des mythes qui concernent Bacchus.
Malgré les fables que les Grecs ont attachées au roi Midas, il parait certain que ce nom a été porté par une dynastie de rois phrygiens, avant la conquête du pays par Grésus. Ces rois avaient établi leur résidence dans une contrée montagneuse qu'arrose le fleuve Sangarius. Une vallée» remplie de monuments funéraires, passe pour avoir été le lieu de leur sépulture. Le plus important de ces monuments a reçu le nom de Tcmibeau de Midas (fig. 238).
(( Le rocher sur lequel il est sculpté, dit M. Texier, est isolé de tous les autres, et présente une surface de k^O mètres carrés environ, sur laquelle sont sculptés des méandres en relief qui entourent une niche... A droite et à gauche de cette surface sont deux espèces de pilastres, qui supportent une frise, si Ton peut donner ce nom à un pareil ajustement. Les pilastres et la frise sont ornés de losanges en creux, dans l'intervalle desquels sont de petits quadrilatères. Le monument est couronné par un fronton, orné aussi de différents ajustements de losanges en creux et en relief. Au sommet du fronton sont deux sculptures circulaires, que Ton prendrait pour des boucliers, si les autres monuments de ce genre n'indiquaient que c est un ajustement particulier dans le genre des volutes. » M. Texier traduit ainsi l'inscription qui accompagne ce monument : Attjs, grand prêtre, a dèdiè ce cénotaphe au roi Midas, fils de Gordius.
Les tombeaux phrygiens présentent souvent, à Tintérieur, une disposition qu'il importe de signaler, u La coutume de l'ensevelissement sur des lits funèbres, dit M. Heuzey, paraît avoir pris naissance en Asie Mineure. S'il n'est pas possible de désigner le peuple qui Ta inventé, on peut dire pourtant que c'est en Phrygie qu'on en trouve les plus anciens exemples. » Les vallées intérieures de la Phrygie renferment, en effet» des grottes sépulcrales, caractérisées par de larges banquettes taillées dans les parois de la chambre funéraire. Ces lits sont en général au nombre de trois, de manière à former un véritable triclinium funéraire; ils étaient destinés à recevoir les corps.
Pessinunte ou Pessinus, la ville sainte des Phrygiens, était située aux pieds des monts Dindyme, dont les vallons retentissaient sans cesse du son des cymbales et des tambourins, et des hurlements que poussaient les adorateurs de Cybèle, qui a reçu de là le nom de Dindymène.
L'ASIE MINEURb. SOI
Cybèle, divinité d'origioe purement asiatique, était une personnifl-
catioD de la terre dans sa fécondité. Les Grecs l'identinèrenl promp-
tement avec Rhéa, mère de Jupiter, et
elle fut honorée sous l'empire romain
S0U9 lo nom dé M'ere des dieux. Mais son
culte à Rome mfime n'est pas trèsancien : Atlale, roi de Pergame, avait
donné aux Romains une image de la
déesse, qui manifesta tout de suite sa
puissance en montrant l'innocence de la
vestale Claudia Quiriaa. Cette vestale,
injustement accusée, conduisit avec sa
seule ceinture le vaisseau qui portait
la statue et l'amena dans le port du
Tibre, tandis qu'aucune force humaine
n'était parvenue à le faire bouger Ce miracle, qui fit acquitter la ves
talo et donna un ^and crédita la déesse
estfigurédansun bas-relief placé sur le
piédestal de la statue de Cybèle (fig
239). La déesse, assise sur un cube
symbole de l'immobilité de la terre est
couronnée de (ours et appuyée sur un
tympanon ou tambour, qui est snn at
tribut ordinaire.
Le lion est l'animal consacre a Cj
bèle et, sur plusieurs monuments (fig.
2/|0), on voit la déesse conduisant un char attelé de lions.
Les préires de Cybèle avaient le rang de prijices, et le temple qu'ils desservaient à Pessinunie était renommé dans toute l'antiquité; on a retrouvé l'emplacement de ce temple ; les débris qui en subsistent paraissent appartenir à l'époque macédonienne.
Le palais des rois de Phrygie, qui s'élevait sur les bords du lleuve Sangarius, avait été autrefois une véritable ville, mais au temps de Strabon il uy avait plus là qu'un village. L'ancienne Célènes, célèbre dans la mythologie par les aventures du
-CfMlo
Silène Marsyas, avait été prinailivement la capitale de la Phr^e. Marsyas est une antique personnification de la musique phrygienne. Quand Minerve eut inventé la flâle, elle rejeta avec mépris cet instrument qui l'obligeait & faire une vilaine grimace en enDant ses joues pour la faire vibrer. Marsyas ramassa aussit&t la flûte et , n'ayant pas les mêmes scrupules que la déesse, il se mit à en jouer et devint d'une habileté telle qu'il réglait à sa volonté le cours des fleuves. C'est ainsi qu'il préserva la Phrygie d'une invasion, en faisant déborder une rivière devant l'armée ennemie qui ne parvint pas à la franchir. Une monnaie des Apaméens représente Marsyas jouant de la double flùle (fig. 2E|1} et placé sur le fleuve Méandre, que représentent allégoriquement les deux sinuosités sur lesquelles reposent les pieds du Silène. Endé de ses succès, Marsyas osa défier Apollon : le dieu vainquit la flûte phrygienne avec sa lyre ipunieiu.) grecque, et écorcha sans pitié SOD ennemi après l'avoir attaché à un arbre. Les nymphes de la contrée pleurèrent si abondamment que leurs larmes formèrent la rivière qui porte le nom de Marsyas. Cette fable n'est qu'une des mille manières dont ta mythologie traduit la rivalité des Grecs et des Orientaux.
L'antique ville de Célënes fut ruinée par les guerres. Antiochus Soter, qui la releva, lui donna le nom d'^pam^«, que portaitsa mère.
Celte cité devint très-importante par son commerce; quelques-unes de ses mi>niiaies sont parvenues jusqu'à nous (fig. 242et2E|3). pjg.i4i. Fig. m3.
Antiochus Soter donna aussi le Monnaie dApuné». (Phrjgie.)
nom de sa femme, Laodice, à une ville qu'il fonda sur le Lycus, Laodieèt; cette ville acquit une grande renommée par la beauté de ses laines qu'on exportait partout. Plusieurs citoyens opulents contribuèrent àson embellissement; Straboa cite entre autres Hiéron, qui lui Qt une donation magniRque et y éleva à ses frais plusieurs monuments somptueux. Les ruines qui subsistent de Laodicée datent toutes de l'époque romaine.
La ville d'Aizani n'a pas une grande importance dans l'histoire, mais elle a laissé des ruines magnifiques. L'édifice qui attire d'abord les regards est un temple de Jupiter, tout en marbre blanc, placé sur une vaste terrasse, à laquelle on parvient en traversant des décombres amoDCelés. Uix-huil colonnes d'ordre ionique sont encore debout. De
vastes souterrains placés sous l'acropole, les ruines de deux autres temples, d'uu agora, d'un hippodrome assez vaste, d'un théâtre considérable creusé dans la colline et avec des gradins en marbre blanc, attestent la magnificence de cette cité, à peine mentionnée par les auteurs anciens. Le Rhyndacus, qui séparait la ville en deux parties, était bordé de quais ornés de sculptures et traversé par deux ponts de marbre qui subsistent encore. De nombreux lombeaux se voient en dehors de la ville.
Il faut encore citer, parmi les villes phrygiennes, Hiérapolîs, connue par ses eaux minérales qui y faisaient adluer les malades de toutes les parties de l'Asie Mineure; il en reste un théâtre, un arc de triomphe et des thermes. 11 ne subsiste rien de I ancienne Acmonia, dont la fondation remonte a l'époque mythologique mais on en a quelques jolies Fig. £i4. pig.x-c. médailles (fig Sii et 2Ù5) *"""*« d-AcmoBi^
Ancyre (aujourd hai Angora], dans la Galatie phrygienne, a conservé des ruines gréco romaines d'un grand intérêt, entre autres le fameux monument où est la copie du testament d'Auguste, inscrit à Rome sur deux tables de bronze. Le temple d'Augute a conservé sa belle porte en marbre et les deux murs paral< lèles qui formaient le grand c6té de la Cella. La ville de Germa, qui fut fondée par les Galalesctdcvintplus tard une colonie romaine assez importante, n'a pas laissé d'autres monuments que SCS médailles. L'une d'elles {ûg. {itaprei une médaille ant qao ) gdft) esi particulièrement intéressante parce qu elle représente les trois Grâces vêtues : elle date de l'époque romaine.
La Bithymie — Les provinces de Bithynie et do Mysie, situées contre le Bosphore et l'Hellespont, formaient la contrée qu'on appelait précédemment Petite Phrygie. C'est un pays riche en souvenirs historiques et en villes autrefois florissanies. En Bithynie, il faut nommer Héraclée qui avait un bon port sur le Pont- Euxin, d'où celte ville a pris le nom d'HcracIca Ponlica; on en a quelques médailles (fig. W et 2Z|8).
ie d'Hnaclu. Foutica
Pnua, aujourd'hui Brousse, au pied du mont Olympe, était une ville peu importante avant l'époque byzantine. Chalcidoine, sur le Bosphore en face de Byzance, était au contraire une ville florissante, bien qu'elle ait été appelée ville det aveugles, parce que ses fondateurs avaient méconnu l'admirable situation de Byzance. Cette épithëte fut, suivant Strabon, prononcée par la Pythie dans un oracle donné aux fondateurs de Byzance.
Nicomidie, sur la Proponlide, devint sous la domination romaine le siège du gouverneur de la province et fut plus tard le séjour favori de plusieurs empereurs, notamment de Dioclélien et de Constantin, Ellen'a pas conservé de monuments antiques, mais on voit, à quelques lieues de là, sur le Sangarius, UD pont élevé par Justinicn, qui pnsse pour une des plus belles constructions romaines dans ce genre. L'historien Arrien est natif de cette ville.
La ville la plus importante de la Bithynie était Nicie, où s'est tenu, en 325, le fameux concile œcuménique, auquel on doit le Symbole des Apôtres. Elle n'a gardé de son ancienne splendeur que ses portes et ses murailles, mais elles sont d'une admirable conservation. Il y a deux enceintes flanquées de tours demi-circulaires (fig. S50) : l'une a cent huit tours, et l'autre cent trente. Strabon signale la disposition particulière de cette ville : ii Elle' est, ditil, de forme carrée et percée de quatre portes; comme elle est bâtie toute en plaine', et que ses rues tirées au cordeau SG coupent à angle droit, on peut, d'une certaine pierre qui s'élève au centre du gymnase, apercevoir à la fois les quatre portes, a Les quatre portes dont parle Strabon subsistent encore; l'une d'elles est accompagnée d'un arc Fig. «B. — Nicée. de triomphe.
(D-«ptè> uoa mMiuio aoiique.) Qn a conservé de belles médailles
de Nicée; la plupart se rattachent à l'époque romaine. Celle dont on voit le revers (fig, 249) représente Esculape entre Hygie et Télesphore.
La Mtsib. — L'ancienne Troade faisait partie de la province de Hysie, mais il n'est rien subsisté de la ville de Troie. Son emplacement même a été l'objet de discussions ardentes; ce qui rend cette
recherche extrêmement difficile, c'est que les deux rivières dont parle Homère, et notamment le Simols, ont souvent fore peu d'eau en été, et deviennent, en hiver, des torrents dévastateurs dont le lit parait avoir changé plusieurs fois de direction. De nos jours, des fouilles, exécutées sous la direction du docteur Schlieman, ont amené la découverte d'objets intéressants, que Fauteur des fouilles regarde comme provenant de la ville de Priam. Toutefois, cette prétention a été vivement contestée par des archéologues très-instruits; mais, tout en niant les attributions données, tous ont reconnu l'énorme antiquité dès objets découverts.
C'est aussi avec une grande réserve qu'on doit accepter, pour certains monuments funéraires, les attributions qu*on en fait à des person* nages dont la vie, tout empreinte de merveilleux, appartient au domaine de la mythologie autant qu'à celui de Thistoirc. Tels sont les tombeaux d'Achille, de Patrocle, d'Ajax, etc. Le plus grand do ces monuments est celui qu*on désigne sous le nom de tombeau d'IIus; il est construit sur un tertre naturel et s'élève à une hauteur de 20 mètres, llus, petitûls du fleuve Scamandre, est le fondateur d'Uion. Sur plusieurs de ces ttJtmuH, dont la construction est fort ancienne, on trouve des débris de l'époque macédonienne ou romaine. Les anciens, grands admirateurs d'Homère, ont, en effet, élevé plusieurs autels aux héros qu'ils croyaient ensevelis en ces lieux.
Du reste, les anciens se sont toujours trompés dans leurs suppositions sur remplacement où s'était élevée la ville de Priam. Six siècles après la destruction de Troie, une ville nouvelle s'éleva à l'endroit où l'on supposait qu'avait été l'ancienne. Elle reçut le nom de Nouvelle Ilion, et les habitants, qui se disaient issus des anciens Troyens, reçurent, à ce titre, de nombreuses faveurs des rois de Perse, et ensuite d'Alexandre le Grand, admirateur passionné des œuvres d'Homère. Plus tard les Romains, qui voulaient rattacher leur origine à Énée, lui accordèrent de nouveaux privilèges; malgré cela, cette ville ne s'éleva jamais à un bien haut degré de prospérité. On a reconnu, de nos jours, que cette nouvelle llion n'était pas du tout sur l'emplacement de l'ancienne ville.
La ville d'Alexandria-Troas, fondée par Alexandre et agrandie par Antigone, a laissé quelques antiquités de l'époque macédonienne et romaine.
Bien autrement intéressantes soQt les ruines d'Àssos, situées un peu plus au sud : ses murailles, les mieux conservées parmi les
murailles grecques de l'Asie Mineure, sont faites avec de grands blocs de trachyte, sans mortier ni ciment. Des tours carrées et des portes, dont les pierres sont appareillées en encorbellement, attestent l'antiquité de ces murs. Une de ces portes est ogivale, forme qui se retrouve souvent en Asie Mineure et parait avoir été assez usitée du viu® au v* siècle avant notre ère.
Plusieurs routes, dont la trace est encore visible, conduisaient à Tacropole, au centre duquel s'élevait un temple dorique d'un style trèsarchaïque; nous avons au Louvre plusieurs bas-reliefs et un chapiteau de ce temple. Saint Paul et saint Luc sont venus prêcher à Assos.
La ville la plus importante de la Mysie était Pergame, qui fut quelque temps capitale d'un royaume puissant. Elle possédait un temple d*Esculape avec une École de médecine extrêmement célèbre : Pergame est la patrie de Gallien. C'était une ville savante, et sa bibliothèque, qui contenait deux cent mille volumes, ne le cédait qu'à celle d'Alexandrie. C'est à Pergame que fut inventé le parchemin, afin de suppléer au papyrus que le roi d'Egypte, Ptolémée, refusait de laisser exporter.
La ville de Pergame renfermait un grand nombre de monuments remarquables par leur magnificence. C'est là qu'a été trouvé le fameux vase, maintenant au Louvre, et qui est connu sous le nom de Vase de Pergame. Outre l'acropole, situé sur une éminence qui dominait la ville, on trouve à Pergame les débris du palais de Lysimaque, les restes d'un pont romain, une basilique chrétienne antérieure à Justinien, les restes d'un théâtre, et un très-curieux amphithéâtre qui est coupé au milieu par un ravin profond dans lequel coule un ruisseau. « Des rocher?, dit le Guide en Orient, couronnent de chaque côté ce ravin, sur lequel on jetait sans doute un plancher mobile, quand on voulait unir les deux parties de l'amphithéâtre. Un barrage placé en travers arrêtait les eaux qui remplissaient le ravin et formaient, au besoin, un bassin sufiisant pour les joutes nautiques. »
Parmi les autres villes de la Mysie, il faut citer i46ydo5, située dans la partie la plus étroite de l'Hellespont (Dardanelles). C'est là que Xercès a jeté un pont de bateaux pour passer d'Asie en Europe. Il ne reste aucun vestige de cette ville, non plus que de Lampsaque, que le roi de Perse avait donnée à Thémistocle pour lui fournir sa provision de vin.
Lampsaque était surtout connue par le culte spécial qu'on y rendait à Priape, et par les mœurs licencieuses de ses habitants. Priape, divinité asiatique, dont la mission est de féconder les champs et de faire multiplier les troupeaux, passait pour fils de Bacchus et de Vénus.
■jto Janon. qui éuii soavml ea qoeieUe avec Vôras, le fil naître avec gîté (elle. qa« Vénus, honieose d'avoir on pareil fils, l'abaodooiu. Des berjeffs rKoefllirenl lenoaTean-Déeirameoèreot à Lampsaqne. où les habians s'empress^vol de loi rendre les hMUWors diviiis. L'attribal de niape, doai la ondité naïre ne cfaoqnait personne dans les temps primitUs. ne lui était pas particulier, et il le partageait arec loos les dieu chnnpëlres qui eiptimeot rêtemelle fécondité de la nature. Phtpe a presque too- • jours la forme d'un hermës : les images de ce dieu (fig. 251} étaient peintes en rouge; il porte babituellement ea ■ain des fruits cl une serpette, ou bien une corne d'abondance.
Cyzifiw était une ville importante et qui a conservé quelques restes, entre autres les fameuses murailles qui furent attaquées vainement par Vitbridate. On a retrouvé ausà les restes d'un agon et #nB amphitbéâtre qu'on croil avoir été bâti sous Gallien. La ville était bâtie sur une petite lie, que deuxpoots reliaient au cootinent dn tejnps deStrabon, mais qui aujourd'hui s'y trouve complètement annexée; elle étart en outre pourvue d'un double port.
En face de la côte de Uysie, était Pile de Lesbos, célèbre par ses rf ns, par ses carrières de marbre, et surtout par le talent musical de SM babiunls. C'est sur ses rivages que. selon la fable, la tête et la lyre 4'Oiphée furent apportées par les flois, quand l'épous d'Eundice fut mis en pièces par les Bacchantes. Lesbos possédait plusieurs cités flornsantes, entre autres MilyUnt, ËpicureotArisiolc y ont professé; Pittaeus, Alcée elSaphoy sont nés. Chaque année il y avait à Mityléne des luttes fameuses, ou l'on venait de toute part pour disputer le prix de poésie.
L« Ltdie. — La Lydie a été en quelque sorte te berceau des traditions de la Grèce, avec laquelle elle s'est trouvée en rapport dès la pins haute antiquité par les marins qui sillonnaient la mer Égéc. Le mont Tmole, si célèbre dans la mythologie, était le père de Tantale, premier roi de Lydie, suivant la fable. On connaît le repas que.ce roi offrit am dieux et le châtiment qui en fut la conséquence. Le fils de Tantale, Pélops, qui fut le père de 'l'hyesle et d'Atrée, le grand-pére d'Agamem- DM ei de Ménélas, donna son nom au Péloponèse, et toute l'histoire des temps héroïques se rattache à lui.
Lo dieu national de la Lydie, Bassareus, était un vainqueur de fliltient, qui avait parcouru les contrées les plus lointaines de l'Asie.
L'ASIE HINEORE.
Son retour de l'Iode est figuré sur un vase peint, où I'oq voit le dieu monté sur un chameau à deux bosses (Hg. 252), animal parUculier k U
Bactriaoe et aux contrées situées au nord de l'Iodus. Le caractère oriental des figures est trés-proaoQCé. Aussi, les Grecs l'ont promple-
ment identifié avec Bacchus, conquérant de l'Inde; c'est le type primitif de cette divinité qui, dans nos musées, est ordinairemeat désignée sous
le nom de Bacchus indien. Les Hénades, compagnes du dieu, portent souvent une longue robe appelée bassara, sur laquelle elles jetaient ordinairement une peau de panthère (fig. 253). Le personnage qui. sur cette Ggure, précède la Ménade est Bacchus ou Baasareus : il tient en main la canlhare mystique. Il porte aussi la longue robe en tissu transparent; mais la peau de panthère qui le recouvre est serrée dans une ceinture, et la tête de lanimal pend par devant.
La statuaire grecque nous a laissé un admirable type du Bacchua lydien, dans plusieurs bustes (fig. 255), et surtout dans la belle figure 25k qu'on désignait autrefois sous le nom de Sardanapale, sur la foi
d'une inscription placée suf le vâtemcnt du personnage, mais qu'on a
reconnue, depuis, être une addition faite postérieurement au monument.
C'est un personnage vêtu d'une ample tunique, enveloppé d'un large
L'ASIE HINEDRE. - SH
manteau qui entoure deux fois le corps : il porte une longue barbe, et sa l6te, dont les cheveux sont relevés vers les tempes, est d une douceur et d'une gravité sans pareille.
Tout le cortège habituel de Bacchus, c'està-dire les Satyres et les Ménades, a son origine en Asie Mineure. La panthère est l'animal favori de ce dieu, comme le lion est l'animal de Cybèle. Aussi, dans plusieurs représentations, Bacchus nous apparaît monté sur une panthère et tenanten main la canthare sacrée (Hg. 256). On remarquera sur celle reprësenlatton, dont le caractère oriental est néanmoins trèsprononcé, Bacchus imberbe: mais, en général, on donne le nom de Baccbus-Thébain aux représentations du dieu lorsqu'il est sans barbe, par opposition au Bacchus oriental qui est barbu; du reste, le dieu apparaît sous ces deux aspects en Grèce aussi bien qu'en Asie : seulement, c'est en Asie, et plus particulièrement en Lydie, que le type dj Bacchus barbu a pris naissance en imitation des figures assyriennes, et c'est là, aussi, que s'est for-
m^'^fe^lJ^
wj
Fig. SX. — Bacïhui
mée la singulière conception des Satyres. Toujours le dieu en est escorté. Dans la figure 256, les Ménades portent le flambeau auquel
sont attachées les bandelettes sacrées, cd même temps que les Satyres jouent de U double Sûte. La peau de panthère, attribut caractéristique des suivants de Bacchus, reparaît sur le bras des Ménades, et les Satyres la portent nouée autour de leur cou. Souvent une panthère accompagne les jeunes satyres qui portent le thyrse orné de ses baidilittes, comme le montre la figure 257. Nous reparlerons de
Bacchus et de ses attributs à propos de Thèbes, qui fut. son principal sanctuaire dans la Grèce d'Europe.
Les traditions rapportées par les mythologues sur les amours d'Hercule et d'Omphale sont d'origine lydienne, et se rattachent directement à l'histoire de la contrée.
Sandon, l'Hercule lydien, a été confondu par les Grecs avec l'infatigable héros qui, dans les mythes d'origine hellénique, ne se repose jamais et est incapable d'aucune faiblesse. Mais l'Hercule lydien luimême n'est qu'une transformation d'un type encore plus ancien, l'Hercule assyrien, que l'on croit reconnaître dans le personnage qui tient un lion dans son bras, et dont nous avons au Louvre une représentation
colossale {ùg. 25S). Ce personnage serait ainsi le plus ancien type connu d'Hercule.
Omphale est une reine de Lydie, que la légende nous représente souffletant de sa sandale le héros qui &le à ses pieds nous devons à cette tradition qui plaisait aux artistes de I anti quité, une foule de monuments qui font toujours allusion à la force domptée par l'amour (Gg 259} ; mais c'est une concep tion tout orientale, qu 1 faut en passant restituera la Lydie dont elle est originaire
Les descendants d Hercule et d'Omphale régnèrent long temps en Lydie. Le dernier d'entre eux, Caiidaule avait une femme dont la beauté te rendait si fier qu'il la fit voir nue à son favori Gygès pour jouir de son admiration Mais la reine, piquée de cet affront posa à Gyg6s l'allcrnative ou dépérir lui-même ou de faire périr Candaulc . Gygès n'hésita pas : à l'aide d'un anneau qui rendait invisible, il s'introduisit dans l'appartemeat royal et tua le roi. Il épousa ensuite la reine, s'empara du trône, et devint la souche d'une dynastie nouvelle avec laquelle nous quittons la mythologie pour entrer dans l'histoire {718 avant Jésus-Christ). i.-.,.™. -- ™-..™ v- «,--..,
Cette dynastie régna jusqu'à la chute de l'empire lydien sous Crésus.
Crésus, le riche Crésus, est le dernier roi de la Lydie ; il en marque
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aussi la période la plus brillante. Prince guerrier, il conquît presquo toute l'Asie Mineure, et imposa le tribut aux villes grecques de la c6(e. Ami des lettres et des sciences, il vit k sa cour Ésope le fabuliste et Soloa le législateur. Après avoir étalé pompeusement ses trésors devant Solon,
Pig. !S9. — Harcule et Ooiphale.
il lui demanda avec oi^eil quel était l'homme le plus heureux qu'il ait encore rencontré ; Solon ayant cité plusieurs noms obscurs, Crésus manifesta son étODoement de n'être pas nommé avant eux, et Soton lui répondit qu'avant la mort d'un homme il était impossible de savoir s'il avait été vraiment heureux. Plus tard, quand Cyrus, roi de Perse, après avoir
vaincu Crésus et s'être emparé de ses Élats, condamna fe malheureux roi de Lydie à être brûlé vif, Crésus, en montant sur le bbcher s'écria plusieurs fois : « Solon, Solon I » — Cyrus lui ayant demandé ce que ce mot signiliait, le roi de Lydie lui raconta l'entretien qu'il avait eu avec le philosophe grec, et Cyrus, frappé de l'inconstance de la fortune, le iit retirer du bûcher, et lui accorda son amitié. Une curieuse peinture de vase (fig. 260) montre Crésus assis sur le bûcher, où il s'apprête à la mort en faisant une libation aux dieux.
A partir de la conquête de Cyrus, la Lydie n'a plus de vie propre, mais elle est restée, jusqu'à la chute du monde antique, une des provinces les plus riches de l'Asie. Sardes , l'ancienne capitale de ]a Lydie, située au pied du mont Traole, sur la rivière du Pactole, près de sa jonction avec l'Hcrmus, était renfermée dans une triple muraille, et défendue par une citadelle réputée inexpugnable, située en haut d'un rocher escarpé. On y célébrait tous les cinq ans des jeux magnifiques en
l'honneur de Diane, à qui on avait élevé un temple magnifique aux environs de la ville, sur le lac Gygëa. La fondation de Pergame a beaucoup diminué l'importance de cetle ville autrefois irès-riche et très-peuplée.
Détruite sous Tibère, par un tremblement de terre , elle fut aussitôt rebâtie, et devint un des sièges les plus anciens Je la religion chrétienne, et l'une des sept églises auxquelles saint Jean adresse son Apocalypse. Magnisie avait aussi un temple célèbre, dédié à Diane Leucopbryne ; plusieurs bas-reliefs, provenant de ses ruines, se voient aujourd'hui au Louvre. Le sol est couvert de débris de colonnes, mais les murailles, composées de blocs de pierre de grande dimension, sont très-bien conservées. Le temple de Magnésie avait été bSti par le fameux architecte Hermo^jéne. Vitruve en parle ainsi : « Dans la ville de Magnésie, dil-il, on voit le temple de Diane Leucophrync. Si l'on en excepte le temple d'Éphèse, ce monumcnl, par la richesse des offrandes, par ses justes proportions et l'art avec lequel il est construit, par l'ornementation du lieu sacré], surpasse tous les temples d'Asie , et par sa grandeur il les surpasse aussi tous, excepté deux , celui de Didyme et celui
F'g. "M. Fi«. «Ot. d'ÉphèSC. 1)
plusieurs fois ruinée, mais dont il reste encore quelques débris; on connaît de jolies monnaies (fig. 263 et 26/i] de cette ville.
Les villes [>'1ohie. — L'Asie Mineure est la contrée où s'est opéré le mélange des mœurs de l'Orient avec celles de la Grèce. En effet, le fond de la population était asiatique, mais presque toutes les villes de
la côte étaient complètement grecques. Elles devaient leur fondation à des colonies éoliennes, ioniennes et doriennes, mais les villes ioniennes, établies pour la plupart sur les côtes de la Lydie, étaient les plus nombreuses et les plus importantes. Ces villes avaient formé une espèce de confédération, qui fut promptement enveloppée dans le royaume de Lydie, mais qui primitivement portait le nom d'ionie.
L'Ionie a été réputée dans toute l'antiquité pour son luxe, sa civilisation raffinée et la mollesse de ses habitants; les arts et les sciences y ont été cultivés à une époque où la Grèce proprement dite était encore passablement barbare; et c'est là encore que, sous la décadence, les travaux de l'intelligence ont trouvé leur dernier refuge.
MUet , située à Tembouchure du Méandre , était particulièrement renommée pour son opulence et pour sa mollesse. Cette ville fameuse avait quatre ports dont un pouvait contenir une flotte entière; de là vient qu'elle a été longtemps toute-puissante sur la Méditerranée et le Pont- Euxin, et qu'elle a fondé un nombre prodigieux de colonies. Pline en compte jusqu'à quatre-vingts, parmi lesquelles il faut citer Abydos, Cyzique et Sinope. Comme toutes les villes de llonie, Miletaété plusieurs fois détruite et rebâtie : quand la ville fut prise par les Perses, tous les habitants furent réduits en esclavage et emmenés à Suse. Les Grecs virent là la réalisation d'un oracle qui avait dit : « Pour toi, ô ville de Milet, artisan de tant de maux, tes richesses serviront de récompense à bien des gens; tes femmes laveront les pieds d'un grand nombre d'hommes aux longs cheveux, et mon temple de Didyme sera confié à d'autres soins. »
Apollon était la grande divinité des Milésiens, comme Diane était la grande divinité des Éphésiens. Le temple d'Apollon Dydiméen, près de Milet, a été fouillé dans ces dernières années, et le musée du Louvre s'est enrichi de plusieurs fragments importants provenant de ces fouilles ; il y a surtout deux bases de colonnes *^' j^onaaie de Mult
qui sont de la plus grande magnificence.
Éphèse, la plus ancienne ville et la métropole de Tlonie, a été, suivant la tradition, bâtie par les Amazones. D'après la mythologie, une statue de Diane, présent de Jupiter, fut consacrée par l'amazone Smyrna, dans un temple rustique qui n'était probablement qu'un tronc d'arbre : l'ancienne Éphèse portait en effet le nom de Smyrne.
Quant à l'image de Diane qu'on y vénérait, c'était une divinité
Pi g. ïas.
purement asiatique, qui n'a jamais eu aucun rapport avec l'Artémis
des Grecs. Il est certain que lorsque les colons grecs arrivëreot en ce lieu, ils Y trouvèrent un culte déjà établi depuis longtemps, et confondirent leur divinité avec celle qu'on vénérait dans le pays. C'est ce qui fait que sur les monnaies d'Éphëse ((ig. 267 et 268}' on voit d'un cdié l'abeille, sj'mbole de TanutniDui d'éph«i«. tique Diane asiatique, el de l'autre la
biche, qui a toujours été l'attribut de la Diane ou plutût de l'Artémis
desGrecs. La Diane d'Ëphèse, personnification assez vague de la fécondité de
la nature, était représentée sous la
forme d'une momie (fig. 269) : ses
Dombreusi^s mamelles indiquaient la
grande nourrice de l'univers, et les
têtes de bœuf dont elle était couverte
étaient un symbole de l'agriculture.
Quoi qu'il en soit, la grande célébrité
d'Éphèsc vient surtout de son temple do
Diane, qui était bâti à peu de distance
de la cité. Ce fameux temple, qui renfermait des richesses immenses el était
desservi par un collège de prêtres magnifiquement doté, fut brillé par Éros-
trate, la nuit même de la naissance
d'Alexandre. Érostrate déclara qu'il n'a-
vaiteu d'autre raison, en détruisant un
monument aussi célèbre, que de faire
connaître son nom à la postérité, et
les Éphésicns firent aussitôt une loi pour
défendre de le prononcer jamais; mais
ils nepurenlempécherce fou d'atteindre
le but qu'il poursuivait, puisque son
nom est parvenu jusqu'à nous. Le temple
d'Éphèse fut bientât rebâti plus somptueux encore qu'auparavant. (u»p"> un« •m™ lamiii» / Éphèsc a donné le jour au philosophe Heraclite et au peintre Par-
rhasius; cette ville a eu une grande importance dans l'antiquité et,
neifÉphËte
pendant les premiers temps du christianisme, elle fut visitée par saint Paul et saint Jean qui adressèrent des épîtres à ses habitants.
La ville d'Éphèse a été détruite ou déplacée jusqu'à sept fois. Ces déplacements de villes, dont les historiens anciens font souvent mention, nous causent toujours un étonnementqui augmente encore quand nous voyons la manière dont ils s'opéraient. Strabon raconte gravement le stratagème employé par Lysimaque pour déplacer les habitants d'Ëphèse. Il avait fait bâtir une enceinte nouvelle dans un emplacement qu'il jugeait plus avantageux; mais les habitants s'obstinaient à rester dans leurs anciennes maisons. Un jour qu'il pleuvait à torrents, Lysimaque fît boucher tous les égouts , de manière à produire une inondation qui obligea les Éphésiens à aller demeurer dans le lieu qu'il leur destinait.
Après tous les bouleversements que celte ville a subis, il est aujourd'hui fort difficile de déterminer ses emplacements successifs, car des débris de tous les âges sont répandus dans la plame. Néanmoins, les murailles de Lysimaque sont encore debout sur une étendue de deux kilomètres, en suivant les pentes de la montagne. Elles ont conservé les tours carrées qui les flanquaient de distance en distance. Le stade, le théâtre et les thermos appartiennent à lepoque romaine. Quant au fameux temple de Tantique Éphèse, on n'a pas encore pu en déterminer remplacement d'une manière définitive. Après avoir été dépouillé par Néron et pillé par les Goths, les matériaux qui le composaient furent utilisés par les chrétiens. Les douze colonnes de marbre vert qui décorent la nef de Sainte-Sophie furent enlevées par Justinien des ruines du temple : mais ce ne sont pas les grandes colonnes, car celles-ci avaient soixante pieds de haut et n'auraient pu être transportées qu'en morceaux.
Smyme, qui avait d'abord appartenu aux Éoliens, a été admise plus tard à faire partie de la confédération ionienne. La fondation de cette ville remonte mythologiquement à Tantale, tradition qui en atteste la haute antiquité. D'après une autre version, la population primitive de Smyme serait simplement un démembrement de celle d'Éphèse. Cette ville, plusieurs fois détruite, se releva toujours : c'est la seule ville grecque de celte côte dont la prospérité ait survécu aux événements de l'histoire et, aujourd'hui encore, elle forme une des stations les plus importantes du Levant.
La fête des Éleuthéries, qui se célébrait à Smyme avec une grande pompe, était destinée à rappeler un fait qui nous retrace un côté curieux des mœurs des âges primitifs. La ville étant assiégée par les Lydiens, ceux-ci contraignirent les habitants à leur envoyer leurs
femmes. Les assiégea étaient sur le point de céder, quand les servantes se proposàrenl pour remplacer leurs maîtresses; elles se rendirent alors au camp des Lydiens, et s'y comportèrent de telle fat^n que ceuxci Tinirent par tomber entre les mains des habitants de la ville. Smyme était une des villes qui se glorifiaient d'avoir donné le jour à Homère, et on montrait près de la ville une grotte où Homère avait, disait-on, composé ses poésies. Onavaitconstruit en l'honDcur du divin vieillard un
Fig. «70. Pig. *ll. . , . . n ■ ^ 3
Smyrne, qui a raconté la fin de la guerre de Troie, était aussi natif de cette ville
Les environs de Smyrne sont remarquables à cause de plusieurs monuments qui remontent à lu plus haute antiquité. On y voit d'abord plusieurs lumuli à base circulaire et reposant, les uns sur un soubassement en maçonnerie, les autres sur le roc. Le plus important est celui qu'on désigne sous le nom de tombeau de Tantale, à cause des rapports qu'il présente avec la description de Pausanias. La base de ce monument décrit un cercle parfait et le couronnement était conique. Sa hauteur totale mesurait 27 ■',60 et son diamètre est de 35-, 60, Au centre était une chambre rectangulaire.
Une autre antiquité d'un bien plus grand intérêt se voit à Nymphi, prés de Smyrne. C'est une figure haute de 2", 50, sculptée en relief et enfoncée dans une baie creusée sur la surface plate du rocher; le personnage est debout, vu de profil et tenant ses armes (fig. 272).
Hérodote décrit une figure analogue, qu'il regarde comme une image du conquérant Sésostris, ce qui fait que ce bas-relief a été longtemps désigné sous le nom de trophée de Sésostris. Cette opinion a été vivement combattue de nos jours, et les archéologues s'accordent pour assigner une origine purement asiatique à ce curieux monument.
La ville de PrUiiè ne fut renommée ni par son commerce, ni par son industrie, mais c'était un sanctuaire religieun fort important. Elle nommait le président des fêtes que les Ioniens célébraient en l'honneur de Neptune. Les monuments de Priène étaient tous consacrés au culte et aux fôlcs religieuses. 11 y avait notamment, à Priène, un temple très-fameux dédié à Minerve Poliade, dont il reste des ruines assez importantes. Ce temple était l'ouvrage de Pythius, un des architectes les plus fameux de l'antiquité. « Pjthius, dit Vitruve, cet ancien architecte
L'ASIE HINECRE. S87
qui s'est rendu célèbre par la coostruction du temple de MiDer^'e dans la ville de Priène, avait écrit un ouvrage sur l'architecture, dont la perte est bieo regrettable Le temple de Pnène était d ordre lontque Cotophon dODt les ruines ont presque entièrement disparu était surtout renommé pour son oracle d Apollon éubli à Claros dans le voisinage Le culte d Apollon dans cette contrée était extrêmement
F g ara — Bi U«C i Njmphl prè> de Smj
ancien L antiquité du sanctuaire de Claros devance les premiers temps de la civilisation hellénique il était déjà célèbre au temps de la guerre de Troie Après la prise de Troie le devin Calchas qui avait accompagné les Grecs, vint dans le bois sacré d Apollon à Claros ilyrencon tra Mopsus, qui le surpassait dans l'art de la divination. Calchas ne put direcombienily avaitde figues dans un figuier du voisinage, et Mopsus
déclara sans hésiter qu'il y en avait dix mille moios une; Calchas en mourut de chagrin. Le temple d'Apollon s'élevait sur une esplanade de rochers dominant la mer : on en a retrouvé l'emplacement.
Libidot était connue par ses eaux thermales qui attiraient un grand nombre de malades. Elle était située entre Coloplioa etTéos; le sol qu'elle occupait a ^rdé quelques débris.
Téos était une ville carîenne dont la population se trouva absorbée par les colons venus de GrÈco. Téos, qui est la patrie du poète AnacréoD, honorait Bacchus d'un culte particulier et les fêtes qu'on rendait à ce dieu étaient fort célèbres, CommeBacchusestl'inventeur de la comédie, Téos était devenu le point de réunion de tous tes comédiens qui avaient formé là une confrérie. Les entrepreneurs de spectacles et les organisateurs de fêtes publiques \enaient, en ce lieu, chercher des troupes d'acteurs qu'ils trouvaient tout oi^anisées. De là, elles partaient pour donner des repriiscnlations dans toutes les villes du monde antique, et une inscription trouvée à Vienne, en Dauphiné, constate qu'il CD venait jusqu'en Gaule. Le [emplc de Bacchus à Téos a laissé des rumes importantes : il avait été bâti par l'architecte Hermogèoe. Le théâtre subsiste aussi, mais dépouillé de ses sièges.
Clazomine, située non loin
/^'* '^-îâ^V /Sî^S^^^N dcSmyrne, était encore une vil le ^ ^ " ' '" importante au temps d'Héro-
dote, bàtic en grande partie dans une île aujourd'hui à peu près déserte, Alexandre avait relié la ville au continent par une uoDnaio dB ciuornÈns chaussée dofit on croit avoir
retrouvé les traces. Il ne mslc presque rien des anciens édifices de Clazomène {fig. 273 et 27ù).
Erythrx, balte par une colonie do Cretois qui se mêlèrent aux anciens habitants de la contrée, avait un temple fameux dédié à Hercule. La statue de ce dieu avait été apportée de Tyr en Phénicie, sur un radeau que les habitants, malgré tous leurs efforts, ne purent jamais conduire à terre Un pécheur fut averti en songe que le radeau ne pourrait être amené que par des femmes et au moyen d'une corde tressée avec leurs cheveux. Les femmes d'Erythrœ refusèrent de couper leur chevelure, mais des femmes tliraces qui habitaient la ville Qrent une corde de leurs cheveux et amenèrent la statue. On éleva au dieu un temple dans l'mtérieur de la ville, et les femmes thraces avaient
Pig 875. Pig. «16.
Monnaie d'érythne.
seules le droit d y entrer : la corde faite avec leurs cheveux était conservée comme une précieuse relique ag temps de Pausanias. Les ruines d*ErythraB semblent mdiquer une ville assez forte, et de nombreux fragments de colonnes éparses témoignent de sa richesse passée (ûg. 275 et 276).
Phocée, fondée par les Phocéens de Grèce, devint une ville assez riche pour établir elle-même plusieurs colonies, dont la plus importanteest Massalia (Marseille), en Gaule. La plupart des habitants de Phocée s'embarquèrent pour
échapper à la domination de Cyrus, et vinrent s'établir dans la nouvelle colonie.
Outre ces villes continentales, Samos et Chio, dans les îles qui portent le même nom, faisaient partie de la Confédération ionienne. Llle de Samos, située dans le voisinage d'Éphèse, se vantait d'avoir vu naître Junon; la déesse avait en ce lieu un temple magnifique qui renfermait des statues admirables et une grande quantité de vases précieux. Il y avait aussi des temples consacrés à Diane, Vénus, Minerve, . Cérës, Apollon, Neptune et Bacchus; mais'celui de Junon éclipsait tous les autres, et Hérodote le signale comme un des plus beaux qu'il y ait en Grèce. Aujourd'hui, quelques monceaux de pierres indiquent seuls l'emplacement de ce temple fameux.
Au temps d'Hérodote, Samos (fig 277 et 278) était regardée comme
i'ig 2T7. Fig. 218.
Monnaie de Samos.
Pig. il9. Pig 280
Monnaie de Chio.
une des villes les plus policées du monde connu. Elle était le centre des talents, du luxe, des sciences et des arts de l'Ionie. Son école de statuaire fut très-importante dans la période archaïque, et les architectes samiens étaient renommés dans toute la Grèce. Elle a donné le jour à plusieurs peintres très-célèbres, entre autres à Timanthe. Les poteries de Samos étaient connues dans tout le monde ancien. Le célèbre philosophe Pythagore était natif de Samos.
Chio (fig. 279 et 280), capitale de 111e du même Dom, était renommée pour ses vias exquis et ses marbres magaiûques. Chio est la patrie de Théocrite, et comptait parmi les villes qui se disputaient l'honneur d'avoir donné le jour à Homère.
La Carie. — La Carie, située au sud-ouest de l'Asie Mineure, avait pour population primitive une race asiatique, mais plusieurs colonies doriennes s'étaient établies sur les côtes. Mylasa, l'ancienne capitale, était autrefois renommée pour la beauté de ses édifices, qui sont aujourd'hui détruits. 11 est pourtant resté près de cette ville un tombeau extrêmement curieux : il se compose d*un soubassement dans lequel est la chambre sépulcrale, et qui est -surmonté d'un édicule quadrilatère dont chaque face est ornée de colonnes à chapiteaux décorés de feuilles d'acanthe. Les angles sont formés par quatre pilastres carrés. Cet édifice paraît remonter tout au plus au ii' siècle de notre ère (fig. 281).
Une voie sacrée, pavée en marbre, conduisais de làà Labranda,o\xéià\i un temple de Jupiter. Dans la même contrée on Voyait encore Stratonicèe, dont les monuments ne sont plus aujourd'hui qu'un amas de ruines.
Halicarnasse, ville dorienne, qui fut la patrie d'Hérodote, doit sa célébrité à Mausole, roi de Carie, qui la choisit pour capitale. Son palais avait une vue magnifique sur le port et la ville. Mais le monu* ment le plus fameux d'Halicarnasse était le monument funèbre connu sous le nom de Mausolée, que la reine Artémise avait élevé à son époux Mausole ; cet édifice, qui fut placé au rang des sept merveilles du monde, était l'œuvre des architectes Pytheos et Satyres. Il se composait d'un soubassement rectangulaire avec une pyramide tronquée, formée de 24 gradins, et surmontée d'un quadrige. La pyramide était accompagnée d'une colonnade et décorée de bas-reliefs dus aux plus fameux sculpteurs du temps, Mausole est mort Tan 353 avant J.-C, c'est-à-dire au moment de la plus belle époque de Tart.
Cnidej ville dorienne, située en partie sur une petite île unie à la côte par une chaussée, avait deux ports et faisait un commerce considérable. Strabon s'exprime ainsi en parlant de cette ville : « Vient ensuite Cnide avec ses deux ports, dont l'un destiné aux trirèmes peut être fermé; l'autre peut contenir une vingtaine de vaisseaux. Devant Cnide est une île d'environ sept stades de circuit, élevée en amphithéâtre, et jointe à la terre ferme par un môle qui fait de Cnide une double ville, car une partie des Cnidiens habite l'île qui abrite les deux ports. »
La ville de Cnîde était célèbre par son temple de Véoua; et U fameuse Vénus de Praxitèle, qui y était renfermée, attirait dans ses mursuD nombre considérable de voyageurs. On connaît ce mot de Pline : u De toutes les parties de la terre, on navigue vers Cnide pour y voir la statue de Vénus. » On croit avoir une imitation de cette Vénus sur ie revers d'un médaillon de Caracalla, frappé à Cnide (lïg.
282) et sur une autre médaille de la même ville, où la déesac est associée à Esculape (Ùg.
283). Laposedecesdeux figures, prototypes de la Vénus de Médicis et de la Vénus du Capitole, est !k peu près identique, etl'on a lieu de présumer que lesCnidiens ont dùreproduire dans cesmédailIeslechef-d'œuvredontilsétaientsiDers.
La Vénus de Praxitèle était pour les habitants une source de richesses, à cause des voyageurs qui affluaient pour la voir. Le roi Nicomède offrit aux Cnidiens, s'ils voulaient la lui céder, d'acquitter en échange la totalité de leurs dettes qui étaient considérables. Ils refusireni cette proposition et avec raison, ajoutePline,carcechcfd œuvre fait la splendeur de leur ville.
Lucien, qui a fait comme tout le monde le voyage obligé de Cnide, ra- iMonnaiu da couIb.)
conte ainsi l'impression qu'il a reçue dans la ville et dans le temple : n Mous nous déterminâmes alors à débarquer à Cnide pour voir la ville et y admirer le temple de Vénus, célùbre par la statue de Vénus, chef-d'œuvre de Praxitèle. Nous atteignîmes le rivage sans accident, comme si la déesse elle-même eût guidé noire barque. Pendant que les matelots s'occupaient aux préparatifs ordinaires, je fis le tour de 1» ville, ayant avec moi deux de mes aimables compagnons. Nous nous amusâmes des petites figures de poterie, bizarres et lascives, dont cette ville consacrée à Vénus abonde. Quand nous eûmes visité le
' L'ASIE HIKEL'RE. S»
portique de Sostrate, et que nous eûmes vu tout ce qu'il y avait d'iotéressant, nous nous dirigeâmes vers le temple de Vénus.
a En approchant de l'enceinte sacrée, les parfums les plus délicieui nous enivrèrent; car au dedans il n'y a pas de pavé poli, mais l'area est disposée comme il convient à un sanctuaire de Vénus, et abonde en arbres odoriférants qui parfument l'air de leurs senteurs. Le myrie. qui fleurit sans cesse et se couvre d'une profusion de fruits, honore surtout la déesse; aucun des arbres n'y souffre de la vieillesse; ils sont toujours jeunes, et poussent toujours de nouveaux rejetons. Ceux qui ne produisent pas de fruits se distinguent par leur beauté : tels sont le cyprès élancé, le grand platane et le laurier. Le lierre embrasse amoureusement tous ces arbres, pendant que la vigne montre l'heureuse union des deux divinités. Sous les épais ombrages se trouvent des lieux de repos, destinés à des repas joyeux et qui, quoique rarement visités par les habitants de la ville, reçoivent de nombreuses visites des étrangers. Après nous être avidement rassasiés des beautés de la nature, .nous entrâmes dans le temple... Nous tournâmes autour du posticum oii le gardien de la porte nous ayant ouvert, nous fûmes frappés d'un étonnement subit à la vue du chef-d'œuvre. Nous ne pûmes nous empêcher de manifester h plusieurs reprises notre "(^^.i^H'^rd^T admiration. »
On a retrouvé, à Cnide. l'emplacement du temple de Vénus dont les débris sont d'ailleurs réduits à bien peu de chose; on y voit aussi les restes de deux théâtres, des tombeaux, etdivers ouvrages cyclopécns. Les monnaies de Cnide montrent en général d'un câté l'image de la déesse, de l'autre la léte et la patte d'un lion (fig. 28i).
Aphrodisias était, comme Cnide, une ville consacrée à Vénus. Le temple de la déesse a laissé des ruines considérables; seize colonnes Fig ÏS5, - vsoui. som encore debout, au milieu de débris en
[MonnaiedAp rudm».,) marbrc blauc. A gauchc du temple s'élevait une grande place entourée d'une colonnade ionique. Le stade et l'arône, dont vingt-sis rangs de gradins garnissaient le pourtour, sont assez bien conservés. Les monnaies d'Aphrodisias représentent généralement Vénus avec divers attributs (fig. 385),
A un tout autre ordre d'idées appartiennent les ruines de l'antiqueville d'Iassus, qui couvrent un Ilot escarpé réuni au continent par un isthme. C'est une longue muraille abrupte, que M. Texier regarde
commo u 1 camp retranché des L leges (f ^ 286 On a retrouve dans le mén c en iro t des tombea \ de d verses époques et les restes d un théUre
En facp dos côtes de Carre, est l'ile do Rhodes; d'après la fable, cette tle est surgie du sein des flols pour être donnée au Soleil, qui avait été oublié dans le partage que les dieux firent de l'univers, après leur victoire contre les Titans. Elle possédait plusieurs villes fameuses, entre autres Lindes et Camiros, où des fouilles récemment exécutées ont amené d'importantes découvertes qui ont singulièrement (Monnaicdï Rhoacs,) enrichi notre musée du Louvre, Mais aucune cité n'égalait en importance la ville mémo de Modesj capitale de llie. Cette cité renommée pour ses llcurs, dont on voit l'empreinte marquée sur ses monnaies (fig. 387), passait en effet pour une des plus belles villes de l'antiquité. Les arts et les sciences jouent un grand riMc dans l'his-
L'ASIE HINBUKB. 395
toire de Rhodes, doDt les écoles avaient une célébrité égale à celle d'Athènes. Ce futlàque Cicéron alla preodredes leçoas du rhéteur Molofl. Rhodes est la patrie du peintre Protogène, et des trois sculpteurs Agésandre, Polydore et Athénodore, auxquels on doit le célèbre groupe du Laocoon, une des rares statues antiques doDtl'auteursoit connu.
Aristide (/n Rhodiaca) a laissé une curieuse description de Rhodes. « Dans l'intérieur de Rhodes, on oe voyait point une petite maison à -c6té d'une grande; toutes les habitations étaient d'une égale hauteur et offraient la même ordonnance d'architecture, de manière que la ville entière ne semblait former qu'un seul édifice. Des rues fort larges la traversaient dans toute son étendue. Elles étaient percées avec tant d'art que, de quelque côté que l'on portât ses regards, l'intérieur offrait toujours une belle décoration. Les murs, dans la vaste enceinte de ta ville, étant entrecoupés de tours d'une hauteur et d'une beauté surprenantes, excitaient surtout l'admiration. Leurs sommets élevés servaient de phare aux navigateurs. »
La statue colossale du Soleil, placée à l'entrée du port, passait pour une des sept merveilles du monde.
L.e fameux colosse de Rhodes, œuvre de Charés de Lindos, élève de Lysippe, était placé à l'entrée du port; d'après les évaluations des auteurs anciens, il n'avait guère moins de Zlx mètres de hauteur. Il avait été élevé, après le siège de Rhodes, par Démétrius Poliorcète, et fut renversé, selon Pline, quarante-six ans après son érection, par un tremblement de terre qui dot avoir lieu entre les années 229 et 226 av. J.-C. Us Rhadiens reçurent des sommes considérables des rois et des peuples de la Grèce pour relever celte colossale statue du Soleil qui excitait une admi ration universelle. Mais un oracle ayant défendu de le rétablir, les autorités en profitèrent pour faire un autre emploi de leur argent, et le colosse demeura gisant à terre pendant plusieurs siècles.
Ce fut seulement l'an 672 ap. J.-C. qu'il fut dépecé par les Arabes, et les morceaux en furent vendus à un marchand juif qui en chargea neuf cents chameaux, s'il faut en croire les historiens byzantins toujours suspects d'exagération. Aucun auteur ancien no dit que ce colosse ait jamais servi de phare, et il est fort peu probable qu'il ait écarté les jambes pour laisser passer les navires. Quelques archéologues ont pensé
qu'une monnaie de bronze, frappée dans l'Ile de Rhodes au commencement de l'empire romain (fig. 288) , devait être une reproduction du fameux colosse; mais, si ingénieuse que soit cette supposition, elle ne repose sur aucune certitude historique.
Cot (rig. 289 et 290). ville priacipale de llle du même nom, était célèbre par son temple d'Esculape à qui l'Ile était consacrée. Cette lie produisait des vins renommés, des parfums, des poteries; mais son industrie consistait surtout en étoffes de soie légère et transparente, que portaient souvent les uonnus de Cot. danseuses et les courtisanes, et
dont les peintures antiques nous montrent de fréquentes représentations. Cos est la patrie du médecin Hippocrate et du peintre Apelles.
L\ LrciB. — La Lycie, située au sud de l'Asie Mineure et dans le voisinage de nie de Rhodes, a reçu de bonne h«ure des colons grecs. La fable des Harpies et des filles de Pandarus forme, avec le combat
de Bellérophon contre la Chinière, le fond des traditions mythologiques
L'Asit Hl^El:ltli. S9:
de ce pays. Les Harpies soni tics feumiL's à corps d'oiseaux, comme celle qui est représeolée sur noire ligure 291. Elles enlevèrent les malheureuses filles de Pandarus et lus donnèrenl pour suivantes aux Furies. Les Harpies élaient liUes de Neptune et de la Mer les poêles de l'âge primitif les disent fort belles, mais ceu\ dts ipoques postérieures les dépeignent sous des formes hideuses causant la famine partout où elles passent, et revenant toujours lorsqu on les a cliassuos. On a donné de ce mythe plusieurs explications : suivant les plus récentes, les Harpies seraient une personnification des vents qui accompagnent la tempête. Le nom de Lycien, donné à Apollon montre aussi que celle contrée revendiquait l'honneur d'avoir donné le jour au dieu de la lyre,
Parmi les monuments assez nombreux que renferme la Lycle, les plus importants sont les tombeaux. H y a, en effet, dans ce pays, deus espèces de monuments funéraires qui ne ressemblent en rien au slylc grec, et dont on ne trouve l'analogue dans aucun autre pays. La première catégorie comprend les tombeaux taillés dans le roc : ils ont cela de remarquable qu'on y Voit clairement l'imitation de constructions en bois, comme l'indique notre ligure 292, d'après un tombeau de Myra.
Lo toit repose sur des rondins, et l'édifice est divisé en plusieurs compartiments séparés par des montants et des traverses ressemblant parfaitement à des solives. L'intérieur présente plusieurs diambres qui communiquent entre elles : ces tombeaux sont souvent décorés de figures sculptées en bas-relief, el dont plusieurs ont conservé des traces évidentes de couleur. On y a trouvé plusieurs inscriptions en caractères lyciens; les lettres qui les composent sont peintes alternativement en bleu et en rouge. Ces excavations sont creusées dans le flanc de la montagne et souvent assez rapprochées les unes des autres.
Une autre série de tombeaux lyciens consiste en sarcopbages isolés et posés sur un soubassement en forme de dé. Le tombeau propremeal dit a la forme d'une barque renversée, dont les deux versants sont convexes et arrondU, de manière qu'ils forment à leur jonction un arc ogi-
val, comme le montre noire figure 203. Ces deux versants sont décores de têtes de lion saillantes, et le faite est couronné par un chéneau sur lequel était sans doute ajusté un ornement en forme d'acrotère. Il est bon de remarquer que la forme d'arc brisé n'est pas ici un fait isolé formant exception, mais qu elle se retrouve sur un assez grand nombre
de sarcophages lyciçns. L'imitation des constructions en bois se retrouve encore dans cette catégorie de monuments, et une porte à deux battants est simulée sous l'arcade ogivab qui constitue le tombeau proprement dit. L'intérieur des tombeaux lyciens renferme généralement des banquettes funéraires destinées à servir de lits aux morts. La plupart de ces tombeaux sont d'ailleurs d'une date moins ancienne que ceux que nous avons vus dans d'autres parties de l'Asie Mineure.
Xanthus, la ville la plus importante de la Lycie, fut prise et détruite de fond en comble par Harpagus, général de Cyrus le Grand. Elle se releva pourtant, mais elle fut de nouveau détruite par Brutus, le meurtrier de César, et à partir de ce moment il n'en est plus question dans rhistoire. Les ruines sont importantes, et la beauté des fragments qui en proviennent, maintenant au Musée britannique, donne une haute idée du degré de civilisation auquel le pays était arrivé. Ces fragments proviennent du monument désigné sous le nom de tombeau des Harpies; cet édiûce se composait d'un soubassement carré contenant une chambre sépulcrale, et surmonté d'un édicule dans le genre du tomneau de Mylasa, en Carie.
Tlos, une des six villes de la confédération lycicnne, renferme des ruines importantes de l'époque romaine, entre autres un théâtre admirablement conservé. Les flancs de Tacropole sont remplis d'excavations funéraires, présentant la forme d'un petit temple dont le fronton repose sur des colonnes d'un style très-primitif; leur fût, beaucoup plus large à la base qu'au sommet, est couronné par un chapiteau massif. Le souvenir de Bellérophon a laissé des traces profondes dans ces contrées; son combat contre la Chimère est représenté sur un des tombeaux.
Pinara est une ville que l'histoire nomme à peine, mais l'importance de ses ruines supplée au silence des écrivains. « Dans toute la période hellénique, dit M. Texier, il n'est pas fait mention de cette ville, et elle paraît être restée tout à fait en dehors des affaires politiques sous l'empire romain. Oubliée de la sorte, ses ruines se sont conservées presque intactes au milieu d'un peuple qui est peu destructeur, et représentent encore aux yeux du voyageur le tableau d'une grande cité lycienne, avec ses monuments publics entourés de tous côtés par les toçibeaux des générations passées. Une roche colossale, ayant la forme d'une pyramide tronquée, domine un profond précipice ; elle est couronnée de fortifications et percée de milliers de tombeaux. Dans le fond du ravin, on aperçoit les monuments de la ville et de nombreux sarcophages; les sommets ombreux du Cragus se découpant en lir^^
accentuées, occupent le fond du tableau; ëii un mot, tout concourt à prouver que l'ancienne Pioara est une des villes les plus populeuses, les plus puissantes de la Lycie. n
P(Uara , ville très-commerçante et renommée pour son oracle d'Apollon, possède encore un théâtre avec trente et une rangées de gradins, uD temple romain, un arc de triomphe et une vaste nécropole avec de nombreux tombeaux lyciens.
L'antique Telmissus possède des ruines considérables disséminées sur une grande surface. Au bas d'un ravin profond on trouve les restes d'un ancien théâtre parfaitement conservé, avec vingt-huit rangs de gradins. L'ancienne acropole occupaitunmameloo isolé, àl'est de la ville; mais au nord se trouve une vaste nécropole qui est de beaucoup la partie la plus intértssante des rumes
Il y a trois catégories de tombeaux : les tombeaux romains, les tombeaux grecs et les tombeaux lyciens. Les tombeaux grecs sont en forme de temple, avec un fronton d'ordre ionique et creusés dans la paroi d'un rocher vertical, Le plus fameux est connu sous le nom de tombeau d'Amyntas. « 11 se compose, dit M. Texier, d'un portique d'ordre ionique formé de deux colonnes et de deux pilastres supportant un entablement orné de denlicules et un fronton décoré de palmetles. La porte du monument est dans le stylo grec avec des consoles, et les vantaux simulent une porte véritable avec ses clous el ses serrures. Chacun des pilastres est orné de trois patéres. La porte est divisée en quatre panneaux simulés; un seul est ouvert; il était jadis fermé par une dalle; il donne accès dans une chambre sépulcrale où sont disposées des banquettes pour déposer les corps. C'est une règle invariable dans tous les tombeaux de la Lycie, taillés dans le.roc. Aucun ne contient do sar-
L'ASIE MII\El'Ri:. aot
cophage: les corps étaient déposés sur des banquettes qui sont ordinairement sculptées en forme de lits funèbres; en cela ils sont simiblables à ceux des Étnisques, qui étaient saus un peuple asiatique, « Cette disposition est parfaitement visible dans les figures 2Â et 295 qui représentent le plan et l'élévation du tombeau d'Amynlas
Il faut encore citer pirmt les \i!!ls Ijcicnne': Atitiphfllu^ a\ec s s innombrables tombeaux clagts sur une colline dont la mer baigne It pied, son agon son ihéitre et ses antiennes murailles La nécropole d'Antrpheltus comprend deux sortes de tombeaux les sarcophages tl
m L'ASIE,
les monuments ta I es dans le roc C est à cette dem ère série qs^qppar ent le moDumeot reprodu t c -dessous (ûg 296} L entrée de li chambre sépulcrale est de forme o^va e et des panneaux sont simatés à I n ér eur Elle est accompagnée de deux inscnpt ons une en Ijc en, 1 autre en lat n cette dern ère est ains contjue Ctaudta Rtcelta a ta sœur a nie monument de piite el de touven r
Pig tStf. uibea i
Phe lus n a garde que sa n po e Mj a la v I e ou sa n Paul a débarqué, a des ruines importantes. Son tli<;ritre parait avoir été un des plus grands de l'antiquité : mais, parmi les colonnes de granit qui le décoraient, une seule est resiée debout; les autres gisent à terre, avec des masques et des fragments de toute espèce. La nécropole de Myra contient plusieurs tombeaux décorés de bas-reliefs de style arcbaTque.
'%erUi
renferme d'anciennes murailles qui servent de soubassement
Plg. Wi, — Odéom, uiUé dini Ja roc, s ApulK
à un château turc moderne ; au pied de ce château est un odéum (fig, 297}, taillé dans le roc et dont toutes les pierres subsistent eocore.
La Pauphïlie et la Cilicie. — La Pamphylie, située au sud de l'Asie Mineure, est beaucoup moins riche ne monuments et eu souvenirs que les provinces prdcddentes. Les principales villes, Perga, Altalée, Olbia et Side n'ont pas laissé de ruines importantes.
Les anciens auteurs sont d'accord pour regarder les habitanis de la Cilicie comme d'origine phénicienne, et pour les représenter comme de hardis pirates. Une médaille phénicienne, trouvée en Cilicie (fig. 298), nous montre des guerriers sur une embarcation dont lavant figure une léte de cheval.
A l'exception de Tane et d'Anchiale, la Cilicie n'avait guère de villes. Les historiens grecs parlent de ces deux villes, à propos d'une inscription, placée sur le tombeau de Sardanapale et qui était ainsi conçue : << Sardanapale, fils d'Anaxyndarax, a bâti Tarse et Anchiale en un jour; passant, mange, bois, ris, le reste ne vaut rien. » Il n'est rien resté d' Anchiale. Tarse était une ville florissante, située sur le Cydnus. On a trouvé près de Tarse, plusieurs médaillons en or qui remontent au temps de Caracalla et
représentent Alexandre le Grand (fig. 299 et 300). Tarse a été le centre d'une école littéraire célèbre dans l'antiquité; elle a donné le jour
au philosophe Athénodore, au rhéteur Hermogène et à saint Paul.
L'bmpirb d'Alexandre. — Les Séleucides. — Le déiiembreiient.
Les Parthes. — Les Sassahides.
L'Empire d'Alexandre. — Le vaste empire fondé par Alexandre comprenait, outre les possessions d'Europe, toutes les provinces qui avaient autrefois fait partie des empires d'Assyrie et de Perse. Alexandre, qui est mort à trente-deux ans, n'avait eu le temps de réaliser qu'uno partie des projets qu'il expose dans une sorte do testament dont ses j;énéraux prirent connaissance après sa mort. «Les Mémoires laissés par Aleitfmdre, dit Diodore de Sicile, renfermaient, entre autres grands projets , les suivants , qui méritent d'être rapportés. Alexandre ordonnait de construire mille bâtiments de guerre plus grands que les trirèmes, dans les chantiers de la Phénicie, de la Syrie, do la Cilicie et de Tîle de Chypre. Ces bâtiments devaient'ôtre employés à une expédition contre les Carthaginois et les autres nations qui habitent les côtes de la Libye, de l'ibérie et tout le littoral jusqu'en Sicile. Une route devait être pratiquée tout le long des côtes de la Libye, jusqu'aux colonnes d'Hercule. Il ordonnait d'élever six temples magnifiques dont chacun devait coûter 1,500 talents (8,250,000 francs), d'établir des chantiers et de creuser des ports dans les emplacements les plus propices pour recevoir tant de navires. Il voulait opérer une grande fusion dans les populations des divers États, transporter des colonies d'Asie en Europe et réciproquement, effectuer par des mariage» et des alliances de famille une communauté dlntéréts entre ces deux grands continents. Après la lecture de ces projets, les Macédoniens, malgré leur respect pour Alexandre, décidèrent de n'y pas donner suite, parce qu'ils les regardèrent comme trop ardus et inexécutabl^rs. »
Le système politique d'Alexandre est tout entier cont/;nu dans ca passage : unir l'Orient et l'Occident, fondre la Grèce avec la Perse, tel est le but invariable qu'il a poursuivi dans sr;s expéditions* Pour y arriver, il fondait des villes grecques et plaçait toujours ses officiers à la tête des troupes qu'il laissait dans les provino.'S amqnU^in, Mais il laissait aux peuples vaincus les institutions qu'ils avalent auparavant* et
confiait les fonctions civiles àdes hommes nés daos le pays qu'ils étaient chargés d'administrer. Malheureusement, son expédition d'Asie n'avait été qu'une course brillante et rapide : il avait ébauché maints projets qu'il n'avait pas eu le temps de réaliser. Le30ppositioDsderaces,demœurset surtout d'intérêts étaieot autant de causes de dissolution qui devaient promptement détruire ses tentatives d'unité. Un fait remarquable à constater, c'est qu'aucune révolte ne se manifesta contre la domination grecque; mais, tandis que les Grecs se disputaient entre eux, l'influence de leurs idées alla toujours en déclinant, et l'élément oriental, d'abord complètement effacé, finit par reprendre complètement le dessus.
Aussitôt après la mort d'Alexandre, ses généraux commencèrent à se disputer la prééminence ; nous n'avons pas à entrer dans le détail de cette guerre de succession. Un de ses principaux lieutenants, Antigone, prit, après de nombreux succès, le titre de roi d'Asie (11g. 301 et 302). C'est & cette occasion qu'un poète s'étant avisé de le qualifier de dieu, il répondit simplement : 0 Mon valet de chambre sait bien le contraire», et congédia le poëte. Antigone ne parvint pas à reconstituer l'empire d'Alexandre, car les autres généraux s'étant ligués contre lui, il fut vaincu et tué à la bataille d'ipsus, l'an 301 av. J.-C.
Les Séledcides. — Trois royaumes se formèrent après la mort d'Antigone des débris de l'empire d'Alexandre. Ce furent ceux de Macédoine, d'Égj-pte et de Syrie. Nous n'avons à nous occuper ici que de ce dernier qui eut pour fondateur Séleucus Nicator, un des généraux d'Alexandre, vicloricux d'Anligone à la bataille d'ipsus. Sous le nom de Syrie, Séleucus 1" Nicalor réunit sous le même sceptre la plus grande partie de l'Asie, et c'est de lui que vient le titre de Séleucides, que portèrent les princes qui régnèrent après lui. Les médailles de Séleucus Nicator ont, comme emblème, des cornes, en souvenir d'Alexandre, et des ailes, que portent quelquefois les Séleucides, par allusion à Persée de qui ils prétendaient descendre (fig. 303 et 30f|) ; au revers on voit une victoire et un trophée.
Ces emblèmes, toutefois, ne sont pas ceux qu'on trouve le plus corn-
munémeot auxSéleucides, qui portent plus souvent le diadème, emblème habituel des rois grecs de la période macédonienne C'est cet emblème que nous voyons (fig. 305) à Antiochus Soter, fils et successeur de Scicucus Nicator. Le diadème des rois grecs est un large bandeau blanc attaché autour de la tête et noué par derrière. Une figure d'Apollon assis se voit au revers de cette médaille(fîg. 306], dont lesemblèmes sont absolument grecs, comme tous ceux qui se rattachent aux Séleucides. La puissance des Séleucides reçut une première atteinte sous le règne d'Antiochus Soter. Les Gaulois firent irruption en Asie Mineure et s'emparèrent d'une partie de la Phrygie, qui prit d'eux le nom de Galatie. Le royaume de Pei^ame se forma à la même époque, et l'on vil bientôt les Parthes former un État mdépendant. D'autres États tentèrent peu i pou de se constituer aux dépens de l'empire des Séleucides.
Les emblèmes des Séleucides ne Fig Jtn Fin JOB. Fièrent pas beaucoup, comme nous le
séienetii ji montre la médaille de Séleucus 11 , qui
porte également te diadème (fig. 307) et dont le revers (Dg. 308) présente aussi une image d'Apollon. Le soulèvement des Maahabées sous Antiochus le Grand, et plusieurs autres révoltes fomentées par les Romains, affaiblirent singulièrement l'empire des Séleucides, et les luttes qui survinrent sous Antiochus X (Qg. 309 et 310), achevèrent de le ruiner. Ilétaitréduilà quelques provinces, quand Pompée, vainqueur de Hilhridate, s'empara de la Syrie qu'il réduisit en province romaine, l'an 6I| av. J.-C, et mit ainsi Tm à la dynastie des rois grecs.
Fig. 310.
Le dËmembrehent. — Parallèlement à l'empire des Séleucides et le plus souvent à ses dépens, plusieurs royaumes indépendants s'étaient formés en Asie. Outre le royaume de Pergamc, dont nous avons parlé plus haut, la Bithynie, qui avait été mal soumise aux Macédoniens, se constitua en royaume indépendant et en dehors des Séleucides. Parmi les rois de Bithyoïe, il faut citer : Nicomède I", qui appela les
30B L'ASIB.
Gaulois en Asie Mineure et les établit en Galatie; Prusias I" qui donna asile à Annibal, après la prise de Cartilage par les Romains ; Niconiëde II, qui eut un règne fort long et fut l'ami de Mithridate, (fig. Ml et 312); enCn, Nicomëde IV, qui légua par testament son royaume aux Romains, l'an 75 avant J.-C., et fut le dernier des rois de Eithynie. Les emblèmes de ces rois ne didërenl pas de ceux des autres rois grecs.
11 en est de même pour les rois de Cappadoce et de Pont sur lesquels nous ne nous étendrons pas, malgré leur importance historique, parce que, au point de vue de nos études, ils ne nous offriraient rien de particulier. On sait que Mithridate, qui fut un des plus terribles adversaires des Romains , avait réuni sous le môme sceptre le Pont et la Cappadoce ng. ju. . et une grande partie de l'Asie Mineure, toi de u
Nous donnons, à cause de sa coiffure, un roi de Characène(fig. 313), pays situé au sud dehBabylonie, ctquiaprés avoir été un moment indépendant fut réuni au vaste empire fondé par les Parthes. L'Arménie, vaste plateau situé au pied du Caucase et qui renferme les sources du Tigre et de l'Euphrate, sut de bonne heure s'affranchir du joug macédonien, mais les diverses contrées de ce pays paraissent avoir obéi longtemps à des souverains indépendants les uns des autres, et l'histoire politique de l'Arménie dans cette . période ne prend d'importance qu'avec Tigrano, La série iDidAtiiisniB. numismatique des rois d'Arménie nous offre quelques pariicularilés dans la coiffure dignes d'être signalées, La figure 31ii nous montre le roi Samès, sur lequel l'histoire ne nous apprend rien, sinon qu'il fonda la ville de Samosate, où naquit plus tard Lucien. La figure 315 représente son successeur Xercès qui épousa la sœur d'un roi de Syrie qu'on présume être Antiochus IV Épiphane. Ces deux personnages portentune espècedc bonnet qui parait avoir été de substance molle, et dont ^« ^'S- la forme est assez semblable à celle du bonnet phrygien, avec cette différence toutefois qu'il n'est pas recourbé en avant.
3oa
Le bonne! arméDien prend une forme différenle sur uoe monnaie de Mitbridate, jeune prince qui appartenait par sa mère à')a famille des Séleucides et qui eut des démSIés avec les rois de Pergame et de Cappadoce (flg. 316). ici le bonnet est tout à fait conique et so rapproclie de la mitre persane : cette coiffure retombe par derrière, de manière à protéger le cou, ce qui peut faire supposer qu'on s'en servait à la guerre. uithridi»,
Le personnage représeolé sur notre figure 317 est "' ** *"" '*' Tlgrane, le plus illustre des rois d'Arménie. 11 s'empara de la Syrie et devint un des plus puissants princes de l'Asie, mais ayant donné asile à son beau-père , le fameux Mithridate^ roi de Pont, il attira dans ses États l'invasion des troupes de Lucullus et Tigtuw. " de Pompée. La figure que nous don-
nons est tirée d'une médatlie frappée à Antioche, qui faisait alors partie de ses États; la ville personniGéese voit au revers (Gg, 318), avec le fleuve Oronte à ses côtés. Tîgraneporteunemiire orientale richement décorée, qui se découpe par le haut en petits angles égaux et retombe sur le cou pour le protéger.
La statue de Tiridate (Bg. 319). roi^ d'Arménie, nous montre un costume tout à fait asiatique : le pantalon est très-caractéristique-, la coifl'ure diffère beaucoup de celles que nous avons vues aux autres rois de cette contrée.
La Bactriane, située au delà de la mer Caspienne, ne pouvait manquer, par suite de son éloignement du centre, de se détacher promptement de la monarchie des Séleucides. Sous Antiochus 11 elle forma un État indépendant, qui fut gouverné, au moins à l'origine, par une dynastie
de princes grecs. Des médailles, récem- ^^^ ,,, ^.^,^^ ^^^^^^ ^,.^^ ment découvertes pour la plupart, reproduisent les traits des rois à demi barbares, pour qui elles ont été faîtes.
La figure 320 représente Eucralide. Tout ce qu'oD sait sur ce prince est contenu dans un passage de Justin : u Eucralide conduisit beaucoup de grandes guerres avec valeur; il en était épuisé, lorsqu'il soutint avec trais cents soldats un siège contre Démétrius, roi des ladiens, et par de continuelles sorties Qnit par vaincre une armée de soixante mille hommes. C'est pourquoi, délivré le cinquième mois du siège, il s'empara de l'Inde. Il en revenait, lorsqu'il fut assassiné par son fils, qu'il avait associé à la royauté. Celui-ci, loin de dissimuler ce parricide, comme s'il eût tué un ennemi et non un père, poussa son char sur ces restes sanglants et les fit rejeter sans sépulture. » Eucratide marque le point culminant de la puissance greco-bactrienne.
La médaille d'or d'Eocratide, récemment acquise par le cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale, est un des morceaux les plus précieux de la collection. Le roi de Bactriane, vu de profil, est coiffé duo casque à larges bords et à longue crinière. Les bouts du diadème des- pîg. cendent derrière les épaules, ce qui prouve que les rois de Bactriane, comme ceux de la Macédoine
le casque (ûg. 320). Le revers de cette médaille représente Castor et Pollux.
Notre figure 321 montre un autre roi de Bactriane, Anti-Alcides : celui-ci est coiffé d'un simple pétase, qui laisse apercevoir le diadème dont le front est ceint, La figure 322 nous montre un roi coiffé d'une tête d'éléphant, sans doute par allusion aux guerres que les rois de Bactriane avaient continuellement avec les rois de l'Inde, qui combattent toujours montés sur des éléphants.
li d* Bictiita*.
portaient cet
Les Parthes. — Vers l'an 256 avant I.-C. , les Parlhes, peuple Scythe établi au sud de la mer Caspienne, et qui avait subi tour à tour le joug des Perses et des Macédoniens, se détachèrent de la monarchie des Séleucides et se donnèrent des rois particuliers. Ces rois s'appellent tous Arsace, qui est le nom du fondateur de la dynastie, mais ils y ajoutent un nom particulier qui les fait reconnaître. Les rois Parlhes
Arsacides devinrent tellement puissants, que l'empire qu'ils fondèrent comprenait tous les pays compris entre la mer Caspienne et le golfe arabique; ils disputèrent avec succès l'empire du monde aux Romains. Ils ont opéré une réaction contre les idées et les goûts de la Grèce, apportés en Orient par les Séleucides, et ont affecté en général de porter un costume asiatique.
L'accroissement rapide de la puissance des Parthes remplissait d'étonnement les historiens romains. « Les Parthes, dit Justin, aujourd'hui maîtres de l'Orient et comme de moitié avec les Romains dans le partage de l'empire du monde, étaient des exilés scythes. Leur nom môme le prouve; car en langue scythe, Parthe veut dire exilé. Du temps des Assyriens et des Mèdes, ils furent, de tous les Orientaux, les plus inconnus. Dans la suite, lorsque l'empire de l'Orient passa des Mèdes aux Perses, traités comme un peuple vil et sans nom, ils devinrent la proie des vainqueurs. Enfin, quand les Macédoniens eurent triomphé de l'Orient, ils les asservirent. Étrange fortune de ces peuples qui les éleva au plus haut degré de 'a puissance et leur soumit ceux dont ils avaient d'abord été les esclaves! Rome même, à l'époque de sa plus grande puissance, leur fit trois fois la guerre par ses plus illustres généraux, et, seuls de toutes les nations, non-seulement ils furent ses égaux, mais encore ses vainqueurs. )>
Le même écrivain nous donne ensuite quelques détails sur les mœurs de ce peuple.
« Pour varier leurs plaisirs, dit-il, les Parthes ont chacun plusieurs femmes, et nul crime n'est puni chez eux plus sévèrement que l'adultère. Aussi, non-seulement l'accès des festins, mais même la vue des hommes est-elle interdite aux femmes. Ils ne vivent que de leur chasse. Ils sont toujours à cheval; c'est à cheval qu'ils combattent, mangent, exercent leurs fonctions privées ou publiques; c'est à cheval qu'ils voyagent, s'arrêtent, trafiquent et conversent; et ce qui distingue les esclaves des hommes libres, c'est que les uns vont toujours à cheval, et les autres à pied. Ils n'ensevelissent pas les morts; ils les donnent à dévorer aux oiseaux et aux chiens, et enterrent seulement les os décharnés. Les fleuves sont, parmi leurs dieux, l'objet d'un culte particulier. La hauteur, la turbulence, la fourberie, l'insolence sont le fond de leur caractère; et la violence est à leurs yeux le partage des hommes, comme la douceur est celui des femmes. Ennemis du repos, soit chez eux, soit chez les autres, ils sont naturellement taciturnes, plus prompts à agir qu'à parler, et également discrets sur leur bonne et leur mau-
[, roi parthi
vaise fortune. Ils obéissent â leur chef par crainte et non par honneur. Ardents au plaisir, sobres de nourriture , ils ne tiennent leur parole qu'autant que leur intérêt l'exige. »
La série Dumismatique des rois parthes arsacides est assez nombreuse et nous présente certains types intéressantssous le rapport de la coiffure. Les figures 323 et 3211 montrent le même personnage , Tiridate (Arsace II), frère d'Arsacel", fondateur de la dynastie. Ce prince est imberbe et porte une espèce de bonnet phrygien ; ce bonnet, toutefois, ne retombe pas par devant et ressemble beaucoup par la forme à celui que noua avons vu déjà sur la tête de quelques rois d'Arménie.
La figure 325 représente Arsace VI (Mithridate I*'}; ce souverain, qui a régné pendant plus de cinquante ans, est un de ceux qui ont le plus contribué à la puissance des Parthes, au profit desquels il a relevé en quelque sorte la domination des anciens Mëdes.
Son Qls Arsace VII (Phraate II), qui l'avait puissamment secondé dans ses nombreuses campagnes et qui lui succéda, est représenté sur la figure 326.
I pulhei trocidst.
Ces deux princes portent la tiare médique, ainsi qu'Arsace XI (SanatrécÈs) dont nous reproduisons l'image [Qg. 327). Cette tiare, diversement ornèmenlée, présente toujours laforme d'une demi-sphère et est entourée à sa base d'un diadème ou ruban qui retombe derrière la tête. Le diadème apparaît seul dans la figure 328 qui représente Arsace XIII (Mithridate III).
Le roi parthe arsacide, dont l'image est reproduite dans les Ggures
L'ASIE CONQBISE.
329 et 330, est Araace XV (Hiraate IV}. Ce persODDage est remarquable par la dispost^on de sa chevelure à plusieurs rangs, qui parait être uoe réminisceDce de la coifTure propre aux Mëdes.
rlh« trucida.
La femme d'Arsace XV, Musa, est représentée sur le revers d'uoe médaille parttie (fig. 331), dont la face offre évidemment l'image de son mari, bien qu'on l'ait regardée longtemps comme la représentation d'un autre personnage. La rareté des figures de femmes dans les monuments orientaux nous a décidé à donner cette Ggure, remarquable d'ailleurs par la coiffure et le diadème qui se contourne en arriére après avoir ceint le front.
Les types monétaires, à partir de cette époque, c'esl-à-dirc du régne de Claude, dcvicnneni, dans tout l'Orient, d'une extrême grossièreté d'exécution, et le diadème étrange d'Arsace XXI (Gotarzôs) est assez difficile à comprendre (fig 332). Celui d'Arsace XXllI (Vologèsel") nous montre une forme dé]k connue (fig. 333], mais nous appelons l'atlentioii (fig. 33I|) sur la disposition en nattes do la barbe et des cheveux d'Arsace XXVI 11 (Vologèac III], contemporain do Marc-Aurèle et l'un des derniers Arsacidcs.
Les Sassanides, — Sous les rois paribes arsacides, l'Asie s'était peu à peu déshabituée des coutumes et des traditions que les Grecs leur avaient apportées, mais la véritable réaction contre les idées occîdeDtales fut l'œuvre des Sassaaides. Le second empire perse, qdi remplaça celui des Parthes dans la haute Asie, eut pour fondateur le Perse Artaxerce, dont la famille prétendait descendre de la famille royale des Acbémé- Dides. Le titre de Sassanides que prirent les rois de cette dynastie vient de Sassan, grand-père d' Artaxerce. L'abandon total des idées occidentales introduites en Asie par les Grecs et les Romains, et le retour aux mœurs traditionnelles de l'Orteni, forment I ; caractère essentiel de l'époque des Sassanides.
Le costume des premiers Sassanides ne diffère pas essentiellement de celui des derniers Arsacides; cependant on vit bientôt apparaître certains emblèmes spéciaux qui caractérisent les princes de cette dynastie. 11 faut rfter en première ligne le globe, probablement emblème solaire, et qui devient Ici la marque distioclive des rois. A l'époque de Sapor ce globe est énorme, tandis que, sous ses prédécesseurs, il est d'une dimension plus restreinte.
La figure 335, qui représente Varahran II et sa femme, nous en fournit un exemple.
etiafemme. La caloite qui couvre la tète du prince
ressemble à un casque plutôt qu'à une tiare, elle a des ailes et elle est surmontée du globe. L'épouse de Varahran est coiffée d'un diadème qui se termine en avant par une tête d'animal. Nous appellerons spécialement l'attention sur les deux rubans fixés au diadème du roi et qui flottent derrière sa tête au lieu de retomber sur le dos. Cet emblème, qui n'est ici qu'à l'état rudimentaire, mais qui preud ensuite une importance démesurée, demande une explication particulière.
Plusieurs parties importantes du costume des princes sassanides ont leur origine dans le culte des Perses : dans le nombre, on peut comprendre ces larges bandelettes Hoitantes, semblables aux ailes du surplis de nos prêtres. Ces bandelettes terminaient le kosii; c'était primitivement une ceinture mystique portée par les Parsis.
a Les Parsis prétendent, dit Anquetil Duperron dans son étude sur le Zend-Avesta, que c'est Djemmid qui, instruit par Hom, a inventé le faut). AvantZoroastre, quelques parsis le portaient en écharpe, d'autres
L'ASIE COXQUISE. 315
le mettaient autour de leur tête; maioteDant, il leur sert A première ceinture, n
Chez les princes sassanides, ces larges rubans plissés se portaient quelquefois comm% ceinture, mais toujours on les voit adaptés au diadème et floltaat comme des banderoles derrière la tête du monarque.
Le costume des rois sassanides est très-visiblement iodiquédans UD grand bas-relief donc la signification n'a pu encore être résolue d'une manière bien satisfaisante. Ce bas-relief contient trois personnages, vêtus à peu près de la même façon : nous reproduisons celui du milieu qui est visiblement le roi, puisqu'il porte le globe royal sur la tiare dont il est coiffé (fig. 336].
Nous retrouvons ici, comme dans toutes les figures sassanides, les immenses rubaps tuyautés qui partent du diadème et flottent derrière le dos. La tunique à manches est serrée au milieu du corps par une ceinture qui s'agrafe par devant et se termine par deux laides rubans. Elle descend jusqu'aux genoux et laisse alors voir un pantalon bouffant jusqu'en bas qui s'adapte à la chaussure.
L'étude de l'histoire, lorsqu'elle est faite sans l'aide de documents graphiques, nous laisse dans l'esprit des idées et des appréciations singulièrement erronées. Vous sou venez -vous de l'impression qu'on ressent quand on est jeune, en lisant, dans l'histoire romaine , la tragique aventure de l'empereur Valérien? Ce prince avait tourné ses armes contre la Perse, c Alexandre, il ferait tout plier sous son joug; mais la fortuue, qui lui avait souri dans bien des circonstances, l'abandonna le jour d'une grande bataille et il tomba entre les mains du roi de Perse, Sapor. Le vainqueur, sans pitié pour son captif, l'employa comme un marchepied dont il se servait pour monter surson char, et, quand il le trouva suffisamment humilié, il le fit écorcher vif et suspendit sa peau dans un temple. N'est-ce pas qu'au récit de celte histoire l'imagination vous représente Sapor
sans doute que, nouvel
comme ud barbare grossier, à la puissante musculature, à la chevelure inculte et hérissée, aux allures abruptes et brutalesT Eh bien, Sapor étaii exactement le contraire; c'était un parfait gommeux, peigné, lissé, frisé, parfumé, enrubanné du haut en bas. 11 ferait florès dans dos bals publics, et les commis en nouveautés qui, la raie au milieu mfmDt, reçoivent leurs clientes à la porte du magasin, paraîtraient à côté de lui des rustauds mal décrottés.
Pour s'en convaincre, il suffit de regarder (fig. 337 et 338) le portrait de Sapor. C'est une statue qui mesure près de 7 mètres de hauteur; elle est aujourd'hui renversée, mais elle a <iubi en somme peu de muti> lalions, et son excellent état de conservation la rend d'autant plus curieuse. Ce monumeni, un des plus intéressants parmi ceux des princes sassanides, est placé à l'entrée d'une grotte naturelle, située à l'entrée d'une monlagnc.
Le monarque est coiffé d'une couronne murale avec des créneaux
(flg 337 et 338), mais qui cette fois n est pas surmontée du globe comme dous le montre ci dessous la ligure 339 qui représente le même personnage achevai IciSaporestdebout, et son costume royal est bien caractérisé Les cheveux, soigneusement bouclés ressortent par la parRe supéneure et s étendent en longues mèches flottantes de chaque côté de la figure Un nche collier orne le cou le vêtement consiste en un justaucorps d une étoffe flexible et un pantalon collant M Teuer
fait observer que le manteau, qui de tout temps fut un des attributs de la puissance royale, a été délaissé par les princes de la dynastie sassanide ; en revanche, il y a une profusion de rubans comme on n'en a jamais vu chez un roi guerrier. Il y en a même qui semblent fort gênants, et ceux qui liennenl à sa chaussure, notamment, devaient singulièrement embarrasser sa marche. I^urtant, ils font incontestablement partie de son costume habituel, car on les retrouve, flottants sous ses pieds, dans les nombreux bàs-reliefs où Sapar est représenté à cheval. Ces bas-reliefs, qu'on retrouve en grand nombre dans toutes les contrées où ont régné les princes sassanides, sont généralement taillés <lans le roc et présentent presque toujours des variantes d'un thème unique, dont le sujet principal est le triomphe de Sapor sur Valérien.
Dans celui que nous reproduisons, le roi de Perse porte la couronne murale surmontée du globe : il est, d'ailleurs, parfaitement reconnaissable à ses petites moustaches pointues et à sa chevelure frisée. Son cheval, dont le poitrail est orné de disques de métal, foule aux pieds un guerrier vaincu. Devant Sapor, l'empereur Valérien, un genou en terre et les mains jointes, semble demander grâce. Des officiers de Tarmée perse sont placés derrière lui, et, dans le ciel, un génie ailé présente au vainqueur une corne d'abondance. Suivant M. Texier, cet emblème, essentiellement romain, prouve que le^ monument a été exécuté par des prisonniers, ou au moins par des artistes venus d'Occident. Ces bas-reliefs, sculptés dans le flanc d'une montagne aux environs de Schiraz, présentent de grandes analogies avec ceux qu'on trouve à Nakch-y-Roustem, près de Persépolis.
Chosroès I", qu'on a surnommé le Grand, est ce roi qui a fait les grandes guerres contre l'empereur Justinien et son général Bélisaire. On a deux portraits de ce monarque, l'un en buste sur une médaille sassanide, l'autre en pied, sur un verre de couleur blanche, au fond d'une coupe composée de pièces de rapport en verres de différentes couleurs. C'est ce portrait sur verre que reproduit notre figure 3i0.
Voici comment le catalogue de la Bibliothèque nationale décrit cette pièce fameuse : « Ce médaillon représente Chosroès !•', assis sur un trône dont les pieds sont des chevaux ailés. Le dossier du trône se voit à la droite du monarque, par une faute de perspective qui n'étonnera pas sur un monument de cette époque. La couronne est formée dune mitre ronde sur laquelle paraissent un croissant et des pointes en forme de créneaux ; la mitre est surmontée d'un second croissant portant le globe du sojeil d'où s'échappent deux bandelettes flottantes. Le roi est vu de face ; ses cheveux sont partagés en deux grosses touffes frisées tombant sur les épaules ; il a la barbe épaisse, mais courte et non frisée, il est vêtu d'une robe brodée, candys, et s'appuie des deux mains sur le pommeau de son épée enfermée dans un fourreau. De ses épaules partent deux bandelettes, analogues à celles qui font partie de sa couronne, mais plus grandes; deux autres bandelettes encore plus grandes partent de son buste et flottent horizontalement à gliuche ; ce sont les bouts du kosti. »
La coupe de Chosroès I" était autrefois connue sous le nom de coupe de Salomon. Elle portait cette désignation dans le trésor de l'abbaye de Saint-Denis, qui l'avait reçue en don de Charles le Chauve. On suppose que cette coupe a été prise comme. butin par les armées
de l'empereur d'Orient, dans les guerres qu'elles soutinrent contre les rois de Perse, mais on ignore l'époque précise oh elle est venue de CoDstantioople en* Occident.
Nous appellerons un moment l'attention sur le trône de Chosroès I", qui n'est pas sans analogie avec celui dont se sert encore aujourd'hui le scbah de Perse. C'est une espèce de lit ou divan muni d'un large dossier, mais d'une forme tout à fait différente de celui que nous avons vu aux rois assyriens, et aux anciens rois de Perse de la dynastie des Achéménideï. Avec Chosroès en effet l'antiquité est finie et le moyen âge comment^; ce prince est contemporain de Justinien, qui bàli^ à Coostantinople l'église de Sainte-Sophie , le premier grand monument que l'art du moyen âge ait élevé en Orient.
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Aperçu géoghaphique. — Aspect du pays. — Configcration des villes. Les tombeaux. — Notions historiques. — Emblèmes et insignes.
Aperçu géographique. — La contrée dont nous allons parler s'étend depuis le Danube jusqu'à la mer Méditerranée. Toutefois le pays que les Grecs appelaient Hellas, et où le génie antique a atteint son plus grand développement, n'en occupe que la portion méridionale avec les îles adjacentes. Le Péloponnèse, qui la termine au sud, est une presqu'île reliée au continent par l'isthme de Corinthe. Au nord de Tisthme était la Grèce propre, dont la Thessalie et TÉpire forment la partie la plus septentrionale. Les îles très- nombreuses qui avoisinent la Grèce n'ont jamais constitué un ensemble politique, mais leur situation intermédiaire entre l'Asie et l'Europe en a fait de bonne heure des centres de tommerce et d'industrie.
C'est dans le Péloponnèse, la Grèce propre et les îles, que s'est développée la civilisation hellénique j mais les vastes pays situés plus au nord doivent aussi trouver leur place ici. Ce sont j'IUyrie, la Macédoine et la Thrace : la Macédoine a asservi la Grèce à partir d'Alexandre , et c'est une ville de Thrace, l'ancienne Byzance, devenue Constantinople, qui a été la capitale de Tempire d'Orient. Ces pays, bien qu'étrangers à la Grèce au début, s'y rattachent forcément par l'histoire des temps postérieurs.
On peut considérer les montagnes de la Grèce comme des ramifications de la chaîne du Pinde, qui court entre l'Épire et la Thessalie, et n'est elle-même qu'un rameau détaché de l'Hémus (aujourd'hui les Balkans), Les noms de ces montagnes réveilent une foule de souvenirs mythologiques. AiTOsée par une multitude de ruisseaux et de petites
M LA UBECtL
rivières, la Grèce n'a, pour ainsi dire, pas de fleuves navigables; mais ses ebtes, découpées par des goires nombreux, ses Iles, qui présentent partout des abris aux navigateurs, en oat fait un pays exceptionnellement doué pour la farilité des communications.
Aspect dc pats. — La Grèce antique avait un aspect dont aucune contrée moderne ne saurait nous donner l'idée. Lliabitude de personnifier toutes les forces de la nature avait fait élever partout de petites constructions d'un style champêtre : iDdépendamment des temples qui dominaient les villes du haut des acropoles, une multitude innombrable de petites chapelles s'échelonnaient tout le long des chemins. Les peintures de Pompéi nous montrent ces chapelles rustiques (Gg. S&l), où la piété des peuples apportait continuellement des offrandes de gâteaux ou de fruits.
Ces petits monuments n'étaient bien souventqu'un autel élevé en gazon ou formé de quelques pierres grossièrement assemblées.
Ils élaieni, en général, dédiés à la divinité locale. Une catégorie de monuments, extrôiiiement nombreuse , qu'on rencontrait sur tous les chemins, k l'angle de tous les carrefours, est celle qu'on désigne habituelle-'»
ment sous le nom d'Hermès.
Ces images primitives n'ont jamais passé pour représenter en réalité les traits d'une divinité; elles étaient simplement chargées de la rappeler par un signe symbolique, compris des populations. Un pilier de bois pouvait donc être exposé comme image du culte, et, pour devenir un objet de vénération, ce simulacre avait bien moins
Fi». 311. — Clupolla i
0 peialBre de Fompél.)
besoin d'une forme neitement délcrminéo que d'une consécration recooQue. Pour donner au signe un rapport plus direct avec l'idée qu'il était chargé de représenter, il suflisait d'ajouter au pilier une léte grossièrement travaillée et l'attribut générateur qui exprimait la puissance fécondante du dieu (tîg. 3i!|3}.
Ces pieux servaient en même temps de poteaux indicateurs, et portaient souvent des inscriptions pour guider les voyageurs. Comme on les plaçait principalement dans les carrefours, on leur donnait quelquefois deux faces, de façon que le dieu pût voir deux chemins à la fois et exercer partout sa protection vigilante. Dans les époques postérieures, ces hermès furent exécutés en pierre ou en marbre, et les têtes qui surmontent le pilier carré sont quelquefois très belles. -'
Les hermès sont figurés sur un assez grand nombre . de monuments. ^—
L.a figure 3113 nous montre quel était le genre de ^' ' soins qui leur était prodigué dans les campagnes. Deux femmes apportent des vases dans lesquels un paysan, ceint d'une peau de
Fig. 3i3. — NgUujtga d'un Iltrmèt.
chèvre, prend de l'eau pour laver la statue, en présence d'une prêtresse qui tient un rameau.
Quand on passait sar
LA GRËCB.
une route, on adressait une petite prière h, Thermes, comme la montre la figure 3AIi. lirée d'une peinture de vase.
Quoique Hennés fût la divinité à laquelle étaient le plus souvent affectés les monuments que nous venons de décrire, on en élevait aussi à d'autres dieux et notamment à Bacchus. La pose d'un de ces tiermès bachiques est Qgurée sur une lampe antique (Gg. 3f|5). Au reste, cette Qgure n'est peutêtre pas positivement un hermès puisquelle a des
bras. On voit souvent des carrés; seulement Bacchus est une divinité agricole , tandis que Hermès est spécialement consacré à la garde des chemins.
Ce caractère de gardien des carrefours se retrouve sur quelques monuments qui représentent non plus seulement la tête d'un hermès surmontant un pilier, mais le dieu luimême dans l'exercice de sa Tonction. Une jolie pierre gravée nous montre Mercure ( en grec Hermès) louchant
letes de Bacchus surmontant des piliers-
(D'sprJi une tsmpe antiijiic.)
colonne milliaire avec son caducée.
Configuration des
Au début de la civilisatioa
grecque, la nécessité de se défendre obligea les habitants à choisir pour résidence les hauteurs, qui étaient plus faciles à fortifier que les plaines. La crainte des pirates faisait aussi qu'on s'établissait à une certaine distance de la mer. Athènes, Corinthe, Argos, Sicyone commencèrent ainsi; plus tard les habitants descendirent de la ville haute pour se rapprocher du bord de la mer, qui n'offrait plus le même danger. La ville haute, qui avait été le berceau de la cité primitive, devint alors une enceinte sacrée où Ton venait honorer les dieux, mais où Ton n'habitait plus.
D'autres villes, au contraire, exclusivement maritimes, n'étaient à l'origine que des nids de pirates, et, comme leurs vaisseaux faisaient leur force, elles s'établissaient le long des baies où elles trouvaient un abri contre la tempête, en même temps qu'une plus grande facilité pour les incursions de leurs marins.
Dans la seconde période, celle qui précède les guerres médiques, les villes grecques présentent ui^e physionomie toute particulière. Du temps de Pisistrate, il est probable que les maisons, sans alignement, s'élevaient dans des rues étroites et tortueuses. Toujours est-il que les habitations privées étaient extrêmement modestes, construites pour la plupart en bois, quelquefois en briques, mais toujours très-petites. A cette époque, on ne vivait pas chez soi, mais à l'agora, sur la place publique. Les édifices prenaient dans l'aspecl général de la ville une importance d'autant plus grande, et chacun sentait qu'il n'était quelque chose que par la cité à laquelle il appartenait.
Les Ioniens, établis sur les côtes de l'Asie Mineure et depuis longtemps en contact avec la civilisation de l'Orient, ont pris avant les Grecs d'Europe des habitudes de luxe, de bien-être et de politesse, lis n'avaient pas la rudesse des Dorions, et s'enrichirent assez promptement par le commerce. Ils fondèrent de nombreuses colonies. Pourvues dès le début d'une force militaire assez imposante et d'une marine capable de les protéger contre la piraterie, ces colonies purent s'établir avec une sécurité relative, qui devait nécessairement modifier le système de construction des antiques cités. Gomme les villes américaines modernes, elles arrivaient souvent en peu d'années à une prospérité inouïe; quelquefois même, elles s'établissaient d'un coup, avec un plan arrêté d'avance, dans une localité déterminée au point de vue de la salubrité, des facilités de commerce et de la défense militaire. Les rues, tirées au cordeau, se croisaient à angle droit et partaient de la place
3SS tA GRECE.
OÙ se trouvateol les grands édifices, les temples, le marché et tous tes établissements qui servaient à la vie publique.
Ce système, qui prit naissance dans les villes d'Ionie, fut bientôt appliqué à toutes les autres, et, à partir des guerres médiques, il fut adopté universellement. On vit alors, surtout dans les périodes macédonienne et romaine, un fait analogue à celui qui se passe aujourd'hui : des villes ancîennei^, bâties suivant le système primiiif, avec des rues étroites et des constructions irrégulières, et des villes d'une fondation plus nouvelle, bâties avec la régularité d'un édifice. Puis, les villos anciennes s'enrichirent peu à peu de quartiers construits d'après la nouvelle mode, et le petit peuple fut relégué dans les vieux quartiers. Quant à la classe opulente, elle occupa les fauboui^, où elle se trouvait plus à l'aise pour établir les jardins qui devaient ac- Pig. wa. - w.««do.i»c,. compagner ses somptueuses
(D'apcèi ua buri^liel.) habltaliOnS.
Les villes antiques prennent dans l'art la forme d'une femme dont la tête est couronnée de tours et qui est l'emblème, soit de la ville elle-même, soit de la déesse qui la protège.
Les représentations de ce genre sont assez fréquentes sur les monnaies; on en voit aussi quelquefois sur les bas-reliefs {(ig. 3/i6).
Les toubeaux. — Les anciens monuments funéraires de la Grèce se composaient d'un tumulus environné de murs et ordinairement surmonté d'une stèle portant le nom du défunt. Les lois de Lycurçue et de Solon ne toléraient pas la magnificence dans les sépultures: mais, quand ces lois furent tombées en désuétude, on vit des tombeaux décorés avec le plus grand luxe.
A l'origine, les tombeaux étaient dans les habitations mêmes, et l'urne funéraire se plaçait probablement tout près de la pierre du foyer,
NOTIONS GÉNÉRALES. aSO
sur laquelle le feu brillait perpétuellement en l'honneur dos aïeux; mais, plus tard, les sijpullures furent reportées en dehors de l'enceinte
Les Athéniens se conformaient rigoureusement à cet usage, comme on le voit dans une lettre de Sulpicius à Cicéron, où il parle de son colltl^guo Marcetlus. Cctui-ci venait dêlre assassiné près d'Athènes par un furieux, nommé Magius, qui se poignarda ensuite lui-même, u M'étant rendu chez mon ami, dit Sulpicius, j'y trouvai deux affranchis, mais peu d'esclaves; la plupart s'étaient enfuis par la peur qu'ils éprouvaient, parce que leur maître avait été assassmé devant son logis; je fus obligé de le mettre dans ma chaise à porteur pour l'apporter dans la ville. Je lui fis faire des funérailles magnifiques; mais je ne pus jamais obtenir des Athéniens !a permission de l'ensevelir dans la ville, parce que, disaientils, leurs lois sacrées * *' le défendaient. En effet, ils n'avaient jamais donné cette aulorisatiOD à personne. Ils m'accordèrent pourtant tout ce qui était en leur pouvoir, c'est-à-dire la permission de le faire enterrer dans tel gymnase qu'il me plairait. Je choisis l'Académie, le plus célèbre gjmnase qui soit dans l'univers. Par mes soins et à ma prière, les Athéniens lut
firent ea cet endroit ud tombeau de marbre. Je lui ai rendu ainsi tous les devoirs que réclamaient ma qualité de collègue et la parenté qui nous unissait. »
Les tombeaux ont pris différentes formes selon le lieu et le pays où ils ont été élevés. On a voulu voir, dans la disposition du bûcher, le modèle de la forme pyramidale, qui a été très-fréquemment adoptée. Il est certain que, quand on lit les descriptions qui ont été faites d'après le bûcher d'Éphestioo, on y retrouve en grande partie le principe qui a dirigé l'architecte dans le tombeau de Mausole, que plusieurs écrivains anciens ont considéré comme une des merveilles du monde.
La stèle qui, dans un grand nombre de tombeaux, surmontait le tumulus, était une pierre prismalique portant une inscription (fig. Si|7) ou un petit bas-relief allégorique (flg. 3I|8}.
D'autres monuments funèbres présentaient un aspect tout différent Pausanias nous apprend que les Sicyoniens creusaient une fosse pour y déposer le cercueil, qu'ils recouvraient ensuite de terre. Ils élevaient, au-dessus, un édicule porté sur quatre colonnes et surmonté d'un toit comme un temple. Il n'est guère reslé de monuments funéraires de ce genre, mais la représentation en est très commune sur les vases peints.
Les tombeaux macédoniens méritent aussi une mention spéciale.
M. Heuzcy, qui a fait de la Macé- Fig. W8. — swi« *a marbra. doine ufiC élude approfondie, a dé-
couvert dans ce pays, notamment à Pydna et à Palaliiza, des monuments funèbres du plus grand intérêt. Ce sont des cliambres taillàes dans le flanc des collines et qui semblent disposées comme si elles étuient habitées par le mort- Ces chambres contiennent, non pas des sarcophages creusés pour enfermer un corps, mais des massifs pleins, imitant la forme d'un lit, avec ses pieds, ses balustres et même son matelas, sculptés dans la pierre avec un soin extrême (fig. 3£i9). Deux lils du même genre
étaient placés en face l'un de l'autre contre les mors latéraux du mémo caveau. La porte de ce caveau était formée de deux vantaux qui avaient été arrachés de leurs gonds, dans une époque încouDue, par des chercheurs de trésors.
Ce genre de constructions funèbres est spécial à la Macédoine et ne se retrouve pas dans la Grèce propre : on ne trouve, d'ailleurs, près de ces lits, ni les vases ni aucun des ustensiles qu'on rencontre généralement dans les tombeaux grecs.
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Fig. 319. - Tomboau macédonisn.
En Grèce, chaque familie avait unesépuiture séparée, etl'on regardait comme un grand opprobre de ne pas reposer dans le tombeau de ses pères. Si un citoyen était mort à la guerre et loin de son pays, on inscrivait son nom sur le monument de la famille.
On donnait le nom de cénotaphes, c'est-à-dire tombeaux vides, à des monuments funèbres élevés en l'honneur de certains personnages dont les cendres étaient déposées ailleurs.
Les cippes sont des monuments funèbres dont la forme est celle d'une colonne peu élevée, sans bases ni chapiteau, quelquefois ronde, mais plus souvent quadrangulaire, et sur lesquels on mettait des inscriptions ou des bas-reliefs.
Les représentations réelles de la Mort sont extrêmement rares sur les monuments funèbres de l'antiquité ; le corps qui n'a plus de vie semblait aux anciens ne plus appartenir au domaine de l'art; mais la décoration des tombeaux ou des vases funèbres représente souvent . des scènes mythologiques dont le sujet est quelquefois une allusion
directe à la vie ou à la mort du dt'funt. Ainsi, on devait préférer lliis* toire de Héléagre, d'Actéon ou d'Adonis pour un chasseur, les Muses pour un poète, la mort de Sémélé pour une femme morte en couche. L'enlèvement de Ganymëde ou de Céphale sont des sujets funèbres qui indiquent la mort d'un jeune homme, tandis que le rapt de Proserpine, de TbéUs ou d'Égine fait allusion à la mort d'une jeune aile.
Le combat des Amazones figure aussi sur un certain nombre de monuments funèbres, et l'admiration qu'inspirait aux anciens le courage de ces héroïnes peut faire supposer que ce sujet était surtout consacré aux guerriers.
Ce combat est représenté sur un beau sarcophage (fig. 350), d'une
Flg. S50. -
forme assez fréquente dans l'antiquité. Nous ferons observer toutefois que les bas-reliefs qui le décorent appartiennent à l'art grec, tandis que les figures couchées semblent avoir été exécutées postérieurement pour les Romains qui y ont été inhumés; ces figures représentent deux époux accoudés sur un lit.
Les bas-reliefs qui décorent les monuments funèbres nous montrent
fréquemment des scènes d'adieu, tantôt entre parents, tantôt entre amis. La figure 351 montre les adieus d'un mari à sa femme : il est bon de remarquer que, dans cette classe de monuments, ce n'est pas le personnaf^e debout qui désigne le mort, c'est, au contraire, celui qui est assis. Un sujet de ce genre se trouve également sur un vase trouvé à Salamine. Un enfant et un petit chien qui jappe, souvenir du foyer domestique, sont placés entre les époux.
Ailleurs, c'est un père qui serre la main de son fils (fig. 352) avant de partir pour le grand voyage, ou bien ce sont deux amis qui se disent au revoir. Quelquefois on voit apparaître, derrière les personnages principaux, des figures subalternes, apportant des vases : ce sont les offrandes que l'on faisait aux mânes.
Ailleurs, on voit un jeune enfant debout devant une image de Mer-
cure Énagonios, protecteur des gymnases. Le père pose la main sur le buste du dieu, tandis que la mère, enveloppée dans sa robe talaire, semble écarter de ses yeux le grand voile qui lui couvre la face, pour voir son fils qu'une mort prématurée lui a enlevé, comme noas l'apprend une loscripIioD placée sur le monument.
Dans une aulre catégorie de monuments, le mort est représenté par un personnage à cheval qui part pour le grand voyage. Sur les urnes funéraires étrusques, l'adieu se fait souvent devant une colonne funèbre surmontée d'une pomme de pin ou bien encore devant une porte.
Lorsqu'un des personnages porte sur la tête le modius, on voit qu'il s'agit d'une imitation du repas de Plu ton et de Proserpine.
Le caractère funèbre de la scène s'affirme quelquefois d'une manière différente. Ainsi, une tétc de clieval à travers une fenêtre est l'emblème du grand voyage, qu'on symbolise aussi par un serpent buvant dans la coupe remplie de vin.
D'autres fois encore on
voit une procession de
Fig. ïM, - vut tuoèuro. personuages en prière,
s'approchant du banquet et
portant le cochon ou le mouton destiné au sacrifice.
Les offrandes aux morts son t fréquemment représentées sur les vases. On trouve des noms sur des cippcs ornés de casques, de colonnes, d'hérûon en forme de temple, où sont suspendus des armes, des vases dressés, des branches d'arbres et quelquefois la figure du défunt.
L'action de ceindre des bandelettes, de verser de l'huile, du via des phiales, indiquent des sujets funéraires. Il en est de même de l'offrande de corbeilles et de petits coffrets. On apporte au défunt les éventails, le miroir, la cassette à vêtements qui ont fait sa joie pendant la vie. Quelquefois le mort est assis, un bâton à la main, dans un petit temple, ou bieo il est adossé à une colonne ionienne et reçoit des libations. Les combats do coqs sont aussi des emblèmes funéraires.
Sur les vases funèbres, on voit souvent un édicule avec un éphëbe tenant des armes, et quelquefois accompagné d'un cheval ou d'un chien. Sur d'autres, c'est uue femme qui tient un miroir ou un évenLiil ; ou bien des éphèbes et des femmes portant des bandelettes, des lécy- Ibus ou d'autres offrandes destinées à honorer la mémoire du mort.
Quelquefois aussi une amphore, une plante ou une fleur remplacent les ligures. Les allusions funèbres sont plus communes sur les vases trouvés en Grèce que sur ceux de Nola, de la Sicile ou de l'Étruric.
La figure 353 montre un vase funèbre d'une grande Tîchesse décorative, en même temps que très complet par ses emblèmes. Au centre est un édicule, avec un jeune homme assis sur sa chlamydc et tenant en main un vase cannelé. Quatre personnages, deux hommes et deux femmes, sont placés autour de l'édicule et tiennent en main différents objets relatifs aux mystères : des cassettes, un miroir, une couronne, un éventail. Les anses du vase sont ornées de masques, et le col est enrichi de superbes palmettes.
C'est une femme qui est représentée dans la figure 35Z|. Elle est debout dans.son édicule et tient une coupe. On remarquera que les personnages placés sur tes deux cAlés de l'édiculc se présentent dans une disposition à peu près aua-
Flg. 3M. — Vmb tu
LA GRËCE.
logue. Cette mise eo scène était en quelque sorte traditioDnelIe, car elle se retrouve sur ud très grand nombre de vases funèbres. On peut la voir en détail sur la figure 355.
Ici, le jeune homme placé dans l'édicule est debout : il a la télé ceiote d'une bandelette et tient d'une main un bâton, tandis que de l'autre il semble caresser un chien. Une bandelette sacrée, symbole des mystères, est suspendue aux parois du temple.
La bandelette prend quelquefois, sur les vases, une importance capitale (ûg. 356). Ici, elle est suspendue après un cippe qui décore le vase. Le nombre des personnages n'est pas le même que dans les ligures précédentes; on y voit seulement deux femmes, tenant un miroir et une branche de feuillage.
Le miroir qui reflète la vie du défunt est, avec la bandelette de l'initiation, l'emblème qui parait le plus ordinairement sur les vases funèbres.
Les lécithus forment une catégorie de vases particulière à l'Altique; ils se distinguent par leur forme allongée et par leur décor qui se compose de (igitrcs se détachant sur un fond blanc [fig. 357). La plupart de ces vases paraissent remonter au v* et au tv* siècle avant notre ère. Les sujets qu'ils représentent n'olfrent pas une très-grande variété;
KOTIONS GÉNÉRALES. 337
quelques-uos sont iuléresaaots, parce qu'ils fournissent des reoseignemeols sur les riles funéraires des Athéniens.
C'était un usage presque général dans l'antiquité de placer des lampes dans les tombeaux, à côté des vases funÈbrcs contenant les cendres du défunt : on a vu là un symbole du dépari de rame, que les a regardaient comme une émanation du feu. Beaucoup de lampes
ont été retrouvées dans les tombeaux; on en mettait de formes trèsdifférentes, et il serait assutément diOicile de déterminer d'une maniéro positive celles qui ont eu plus spécialement une destination sépulcrale.
L'usage des lampes funèbres se retrouve chez presque tous les peuples aDcleos, mais celui des petites flguriaes, déposées dans les tumbeauK, se rattache plus particuliëremeutà la Grèce. Ces figurines ont souvent un trou dans le dos, ce qui semblerait indiquer qu'elles étaient accrochées : elles sont en terre cuite et portent presque toujours des traces de couleur. Les gens qui fabriquaient ces charmantes statuettes n'ont laissé aucun nom dans la sculpture : ils s'intilulaient
fitjuiine) funtturei [[«duiim
simplement laiseurs de poupées, et les petits chefs-d'œuvre que nous admirons ne semblent pas leur avoir demandé de bien grands efforts.
Ces peiites figures constituent peut-être la découverte la plus importante de notre temps sur l'antiquité, dont elles révèlent un côté intime à peu près ignoré jusqu'à ce jour. Elles ne se rattachent, en effet, à aucune ville en particulier, à aucune époque nettement déterminée; mais elles représentent la population féminine qui suivait \eè convois, les pleureuses des nécropoles. Si l'on dépose près du mort des vivres pour
NOTIONS GÉNÉRALEH. 339
sa Dourriture, des meubles et des ustensiles pour son usage, ne faut-il pas aussi des flg:ures dont l'image lui rappelle la vie passée? Dans l'Inde, l'épouse cherche la mort sur le bûcher de son mari; en Grèce, elle dépose dans sa tombe l'image d'une compagne qui pense k lui et n'attend pour le rejoindre que l'arrêt du destin.
La plupart de ces petites figures, exquises dans leur tournure, ont une expression de tristesse bien en rapport avec leur rôle.
Un des types les plus communs est celui de la jeune femme voilée et enveloppée dans un grand manteau. Les mains sont presque toujours cachées, la télel'cstsouvent en partie (ûg. 358 et 359). Le voile était, dans toute l'antiquité, l'emblème des femmes mariées et, à Thèbes en particulier, les femmes se masquaient presque eniiërement le visage avec leur voile, comme elles le font encore aujourd'hui dans l'Orient,
La femme mariée, au reste, ne paraît pas seule dans ces petites figurines; on y voit aussi la jeune fille, reconnaissablo à sa tête découverte, et dont les mains se cachent sous le manteau (ftg. 360).
Ces figurines présentent d'ailleurs un caractère extrêmement varié; nous avons signalé seulement les types qui se reocontreol le plus fréquemment.
e fille).
Notions historiques. — On n'a aucune donnée certaine sur les premiers habitants de la Grèce, auxquels on donne habituellement le nom de Pélasgcs. Cette population mystérieuse se présente, aux débuts de l'histoire, comme une énigme impossible à déchiffrer. On serait tenté de croire que ses mœurs devaient ressembler passablement à celles des Cyclopes, si bien décrites par Homère, et qu'il n'y avait à l'origine ni villes ni gouvernements, mais simplement des tribus se disputant la suprématie du pays. Agriculteurs dans les plaines, pasteurs dans les montagnes, pirates sur les mers, les habitants primitifs de la Grèce sont guerriers en tout temps. Les immenses constructions que l'étonnement et l'effroi des âges postérieurs ont attribuées aux Cyclopes montrent une
société où la guerre est à Tétat permanent, mais elles attestent aussi, chez ceux qui les ont élevées, une énergie et une continuité de volonté qui marquent le début d*une civilisation puissante.
D'après les traditions mythologiques des Grecs, ce seraient des colons, venus de TÉgypte ou de la Phénicie, qui auraient apporté dans leur pays les premiers germes de la civilisation Les légendes de Cadmus, de Danaùs et de Cécrops prouvent que les Grecs admettaient une influence venue de l'Orient; le caractère absolument fabuleux des récits qui concernent ces personnages empêche qu'on ne puisse les considérer comme historiques, mais l'infiltration en Grèce de traditions orientales est un fait aujourd'hui hors de doute. L'Asie a été liastitutrice de la Grèce et de TÉtrurie, car on reconnaît une origine commune dans l'industrie des Grecs et dans celle des Étrusques.
Ces longues files d'animaux que Ton voit disposées par zones sur les vases peints de style primitif et sur les plus anciens monuments de la métallurgie sont d'origine assyrienne. Les premiers modèles ont dû être importés en Europe par des vaisseaux phéniciens, et les indigènes ont ensuite appris à les fabriquer eux-mêmes. Mais ce qu'il y a de remarquable, c'est que l'imitation des premiers types a persisté à une époque où l'art occidental était, sous d'autres rapports, complètement dégagé de toute imitation et avait conquis déjà une indépendance absolue.
Voici, par exemple (fig. 361), un miroir étrusque : les figures n'ont assurément rien d'oriental dans le style, mais les animaux qui forment l'encadrement ont une parenté évidente avec ceux des Assyxiens ou des Perses, et l'on sent ici, comme dans les vases, l'imitation des riches tapis de Babylone si recherchés dans toute Tantiquité. Ce sont des lions combattant des taureaux, des panthères ou des griffons, des animaux au corps allongé, à la tournure svelte, qui se dévorent les uns les autres. 11 est évident aussi que le caractère symbolique de ces animaux a complètement disparu, et qu'ils n'apparaissent ici que comme ornements décoratifs.
Néanmoins cette influence des industries de TOrient s'est fait sentir surtout pendant la période que l'on est convenu d'appeler l'âge héroïque. Les rois de cette époque, gouvernant un pays beaucoup moins civilisé que l'Asie, rêvaient tous de ressembler aux grands monarques ou aux satrapes de l'Orient dont la cour était extrêmement policée. Ils recherchaient particulièrement les objets de fabrication asiatique et
enoouragealeDt, dans leurs villes, l'établissement des ouvriers étrangers.
Quant au fond même de la population, il s'était renouvelé par des
invasions successives. Les Hellènes avaient succédé aux Pélasges et S'étaient eux-mêmes subdivisés en plusieurs groupes, parmi lesquels on dislingue surtout les Doriens et les Ioniens.
L'influence des Doriens sur la marche des arts a été considérable (la prépondérance d'Athènes ne date que des guerres médiques), et, quand on veut remonter aux sources de la civilisation hellénique, on retrouve partout les idées, le caractère et les usages de la race dorienne. C'est à Sparte qu'on peut étudier le caractère dorien dans ce qu'il a de plus énergiquement accentué. Au premier abord, quand on voit en ce pays une aristocratie militaire qui professe une suprême horreur pour le travail et des troupeaux d'ilotes réduits au plus dur esclavage, on se demande où était la place des artistes dans une pareille société. Cependant c'est dans les cités doriennes, dont Torganisation se rapproche toujours plus ou moins de celle de Sparte, que Fart prend d'abord son développement, et, parmi les artistes de la première époque dont le nom est parvenu jusqu'à nous, la plupart se rattachent aux écoles doriennes.
Dans tous les cas, l'élément dorien représente assurément ce qu'il y a de plus personnel dans l'art grec, tandis qu'Athènes était, par ses relations avec les villes ioniennes de l'Asie Mineure, l'intermédiaire naturel entre TOrient et la Grèce, mais un intermédiaire intelligent, qui n'emprunte qu'à la condition de transformer tout ce qu'il touche. Après les guerres médiques, la fusion fut complète au point de vue du travail ; plus tard, les divisions qui éclatèrent dans la politique préparèrent le triomphe des Macédoniens et ensuite des Romains.
La période qui s'étend des guerres modiques à la domination macédonienne est celle où l'art grec s'est élevé le plus haut, et le siècle de Périclès est toujours celui auquel on fait allusion quand on veut désigner l'apogée de la civilisation grecque.
Emblèmes et insignes. — Nous avons vu en Egypte, en Assyrie, en Perse, des figures ailées, représentant la divinité, planer au-dessus de la tête des rois, qu'elles couvrent de leur protection. On ne trouve rien de pareil en Grèce : les dieux sont multiples, ils prennent part aux querelles des hommes et choisissent celui qu'ils veulent protéger; mais ils ne sont jamais liés à la personne royale, parce que les rois, contrairement à ce qui se passe en Orient, ne sont jamais chefs du sacerdoce et ne représentent aux yeux des populations aucun pouvoir religieux.
Les rois grecs de Tàge héroïque sont de véritables chefs de clan, indépendants les uns des autres, et leur autorité se montre surtout à la guerre. Mais jamais un roi grec n'est confondu avec la divinité ou
placé sous sa proleclion immédiate. S'il arrive, en effet, qu'une divinité agisse eo faveur d'un roi, c'est en vue de sa personne, mais non de son caractère royal ; presque toujours, d'ailleurs, c'est pour le protéger contre une autre divinité. Ainsi Neplune poursuit de sa colère Ulysse, que Minerve protège- mais quand on voit Minerve près du héros, elle garde sou rôle de déesse et n'est nullementplacec là à titre d'emblème protecteur du roi et attaché à sa personne
Le diadème et 1 sccpcre sont des insignes que perlent également les diLUX cl les rois La belle figure antique du Louvre, qu on d signait autre fois sous le nom d Jupiter Trophonius montre un riche diadème orné d palmettes (Pig. 362). On voit souvent dans les représentations de Junon ou de Vénus une espLCC dt diadème dune forme parlicu lière, et il est au moins tre probable que les reines devaient porter souvent um, coiffure ana logue.
Il parait certain que le dia dème a été dans la haute anti quilé, un losignt, di. puissance et d'autorité. Il ne faudrait pas en conclure qu'il fût un emblème exclusif de la royauté;
les personnages qui fréquentaient le roi pouvaient également le porter, el, plus tard, il devint un simple bijou, totalement dépourvu de signification. Ainsi la , figure ci-apriis, tirée d'un vase peint qui représente les noces de Thétis et Pelée, montre une coiffure qui indique un rang élevé, mais n'implique pas nécessairement l'autorité royale, car on rencontre souvent, à côté l'une de l'autre, plusieurs figures qui sont cnifféos de la même manière {(1^. 363).
Ce que nous avons dit de la couronne el du diadème peut également s'appliquer au sceptre, qui, dans toute Tantiquité, a été considéré comme une marque d'autorité, mais sans être l'apanage exclusif des rois.
Primitivement, le sceptre des rois grecs n'était probablement pas
auire cliosc que la lance qu'ils portaient dans les combats; lorsqu'ils vont au conseil ou qu'ils rendent la justice, la pointe disparaît ou est rcmplacùc par un ornement en or ou en ivoire.
Les monuments nous offrent quelques exemples do sceptres qui ont conservé la pointe de la lance et que l'on voit entre les mains des femmes. La pointe de la lance perd alors toutà fait son caractère d'arme offensive par l'addition des petits ornements arrondis qui en garnissent les deus tranchants.
Ce genre de sceptre se trouve aussi quelquefois dans les mains des divinités et des personnages allégoriques : le plus souvent la pointe
elle-mâme s'arrondit et prend simplement la [forme d'un ovale trésalloagé et garni sur les cdtés de petites boules. Cest ce que nous montre la figure 36ù, également empruntée à un vase peint. Ici, le
sceptre est une simpli; marque de dignité et ne possède plus rien de son ancien caractère belliqueux.
Quelquefois une espèce de pomme ou de boule aplatii sépare le bois qui forme le manche, de lanci niic pointe de lance di. venue un simpk ornement. C est mcmc la 11 vériiablesceptrcrojal lelquc le ponaicnt les rois de 1 cpoquu héroïque. Le sceptre des dieux ^' ^ -«"»"=« "e B^diu.-
ne diffère pas de celui des rois, comme le montre la figure 365, qui
représente la naissance de Bacchus. L'enfant sort de la cuisse de Jupiter^ où il était renfermé depuis la mort de sa mère Sémélé, et il s'élance dans les bras de Mercure, qui va le porter aux nymphes chargées de son éducation. Le roi des dieux est caractérisé par le sceptre qu'il tient à la main.
Dans les fouilles exécutées à Mycènes en 1877, M. Schliemann a
découvert deux sceptres (fig. 366 et 367), qui remontent à une très-haute antiquité et dont il donne la description suivante. « La tige d'argent de chacun de ces sceptres a été plaquée d'or, comme on peut le voir sur la partie qui s'enfonce dans les pommeaux de cristal de roche tournés avec tant d'élégance. La boule de cristal est ornée de sillons verticaux et percée dans toute sa longueur (fig. 367).... Je prie le lecteur d'observer que ces énormes tiges en argent plaqué d'or s'enfonçaient, sans nul doute, dans des bâtons de bois revêtus de plaques d'or.
Qu'il y ait eu une grande quantité de ces bâtons plaqués d'or, on n'en peut pas douter quand on voit la grande quantité de tubes d'or qui ont été trouvés dans ces tombeaux, et qui contiennent encore des morceaux de bois, tantôt carbonisés, tantôt en bon état de conservation. » Le sceptre d'Agamemnon était particulièrement célèbre dans l'antiquité. Voici ce qu'en dit Homère : « Le puissant Agamemnon se lève, tenant à la main le sceptre que jadis a fabriqué Vulcain. Ce dieu Toffrit au fils de Saturne; Jupiter en fit don au subtil meurtrier d'Argus; Mercure en gratifia Pélops, qui le donna au pasteur des peuples, Atrée; celui-ci, enfin, à sa mort, le laissa à Thycste riche en troupeaux, et Thyeste lui-même le transmit à Agamemnon, afin qu'il gouvernât de nombreuses îles et l'Argolide entière. »
Ce sceptre, qui avait la forme d'une lance, était conservé en Béotie comme une relique, et Pausanias rapporte qu'on lui rendait les honneurs divins. « La principale divinité des Chéronéens, dit-il, est ce
Fig. 306.
Sceptre grec.
Fig. 367.
Sceptre grec.
sœptre chanté par Homère, que Vulcaio avait fait pour Jupiter et qui deviat la propriété d'Agamcmnon. Ils le révèrent particulièrement et on est tenté de croire qu'il a en eiïet quelque chose de divin, quaDdon considère la gloire qui a rejailli sur ceux par les mains de qui il a passé.LesChéronéens assurent qu'il fut trouvé avec beaucoup d'or entre Chéronée et Panopé, ville de la Phocide, sur les confins des deux Ëtats, et qu'ils abandonnèrent volontiers l'or aux Phocéeus.à condition que le sceptre leur demeurerait. Il y a bien de l'apparence qu'il fut apporté dans la Phocide par Élecire. fille d'Agamemnon. On n'a point bâti de temple public à cette espèce de divinité, mais chaque année un prêtre a som de garder ce fceptrc dans sa maison, oii tous les jours on lui fait des sacrifices et on lui offre toutes sortes de viandes et de confitures. De tous les ouvrages de Vulcam vantés par les poètes et la renommée, il n'y en a certainement point d'aussi célèbre, ni qui mérite autant d'honneur quu le sceptre dont je viens de parler. :>
Les rois de la Grèce d'Europe portaient les mêmes insignes que ceux de la Grèce d'Asie, qu'ils s'efforçaient d'ailleurs d'imiter en tous points. Le manche du sceptre royal était habituellement recouvert d'ornemcots en cuivre, en ivoire, en argent, ou en or.
Dans Vlhade, c'est avec un sceptre orné de clous d'or qu'Achille se rend à l'assemblée des chefs, et tous les princes ligués contre Troie portent également des sceptres d'or.
Enfin, sur certains monuments, l'ancien fer de lance disparaît complètement et le sceptre n'est plus qu'un long bSton terminé par une boule dans sa partie supérieure (fig. 368). L'absence de l'ornement qui couronne la boule dans le sceptre royal est ordinairement l'indice d'une position hiérarchique moins élevée. Toutefois on ne saurait établir à cet égard aucune règle positive, la forme du sceptre ayant considérablement varié; le long bàlon que les vieillards et les hommes faits tenaient à la main était réputé donner plus de gravité à leur maintien, et imposait plus de respect.
- SceptrD leimloé
Dans tous les cas, cette longue canne, qu'elle fût ou non décorée d'un ornement à sa partie supérieure, était toujours considérée comme UD ÎDsigne d'autorité. Aussi, non-seulement les magistrats en sont pourvus (fig. 369], mais nous la retrouvons encore dans la main des précepteurs ou des pédagi^es.
Il faut encore signaler le caducée que portaient les hérauts et les ambassadeurs, et qui est devenu pour celle raison rattributde Mercure, le messager des dieui. Le caducée n'est, en réalité, qu'une forme particulière du sceptre: il implique un pouvoir passager, comme celui dont sont revêtus les ministres chargés d'un traité, et non une autorité régulière et permanente comme celle des rois ou des magistrats.
Le bâton ou sceptre qui, dans les lemps héroïques, avait été la marque disiinctive de l'autorité, „ ,„ „ . ■ cesse compléiement d'être un in-
Fig, 369. — Uagitlr^it '
•rec lo ace Ire Signe dans la période républicaine.
Les personnages qui jouërent le plus grand rôle dans les aiïaircs publiques apparaissent sur les monuments avec un costume civil ou mililaire ne différant en rien de ceux que nous voyons à des hommes obscurs; il semble que la démocratie jalouse de cen époques agitées n'ait pas même laissé à ceux qui gouvernaient l'État le petit plaisir d'un signe extérieur quelconque qui pût aider à faire reconnaître l'autorité dont ils étaient revêtus.
AsriCT DD VAIS.— La Coi
L'AiCADtE. — L'Ane
AspKCT DH PAYS. — Le Péloponnèse est une presqu'île située dans la partie la plus méridionale de la Grèce, dont elle est séparée par un
Fig. ffîO. ~ La PélopOBBiM.
isthme étroit, appelé isthme de Coriitihe (Rg. 370). Les ancieDS ont tenté
plusieurs fois, mais sans succts, de couper cet isthme, afin d'établir une commusication entre les deux mers qui le baignent. Le Péloponnèse est hérissé, surtout dans sa partie centrale, de montagnes élevées, dont la chaîne principale s'étend jusqu'au sud do la péninsule, et s'abaisse vers le cap Ténare, où était, suivant la mythologie, l'entrée des enfers : c'est, en effet, par là qu'Hercule est descendu chez Pluton; c'est là qu'il a enchaîné Cerbère. Ces montagnes forment plusieurs groupes dont le plus célèbre est celui du mont Taygéle, où Diane aimait à chasser.
Plusieurs rivières sortent de ces montagnes. Il faut cilcr d'abord le fleuve Alphée qui prend sa source dans l'Arcadic et va se jeter dans la mer Ionienne, un peu plus bas que 111e de Zacynlhe. C'est le fleuve le plus considérable du Péloponnèse, bien qu'il n'ait pas trente Meues de cours. Il est surtout célèbre dans !a mythologie: le fleuve Alphée devint épris de la nymphe Aréthuse qui, pour éviter ses poursuites, se mit sous la protection de Diane.
La déesse iransporla la nymphe en Sicile de l'autre cûté de la mer, — Il y a, en effet, à Syracuse, un ruisseau qui porte le nom d'Aréthuse; car, dans les fables grecques, les nymphes ne sont autre chose que les ruisseaux personnifiés. — Mais le fleuve continue ses poursuites à travers la mer et arriva ainsi jusqu'à Syracuse, où il unit ses eaux à celles de la nymphe. Cette légende vient de la croyance où étaient les anciens qu'un objet jeté dans le fleuve Alphée était porté par les courants jusque sur la côte de Sicile ; elle a Inspiré plusieurs ouvrages d'art remarquables, entre autres un magnifique vase en terre que nous reproduisons (fig. 371). L'AIphée reçoit les eaux de l'Érymanthe. rivière fameuse par la vîc-
Fig. ni.
LE PÉLOPONNÈSE. 35t
toire d'Hercufe sur un sanglier énormo qu'Eurj-sthée lui avait ordonné (le combattre.
LEurotas, qui passe à Sparlc et se jette dans le golfe de Lacooie, est, apr>>3 l'AIphée, le cours d'eau le plus important du Péloponnèse.
Le Péloponnèse renfermait un grand nombre de villes fameuses, et formait plusieurs États dont les principaux sont : la Corinthie, la Sicyonie et l'Achaïc au nord, l'Arcadie au centre, l'Elide à l'ouest, l'Argolido à l'est, la Messénie et la Laconie au sud.
La ConiNTHiB. — La Corinliiic est une toute petite province dont l'importance vient uniquement de sa situation sur l'isthme. Les jeux Islhmiques, institués en l'honneur de Neptune, s'y célébraient tous les
quatre ans. Neptune était, en effet, la grande divinité de ce lieu, rendezvous do navigateurs.
La ville de Corînthe, située à proximité des deux mers, était autrefois célùbre par ses poteries, par son airain, et suilout par ses courti-
LA GRËCE.
sanes. « A Corinlhe, dît Strabon, le grand nombre de courtisanes attachées au temple de Vénus allirait aux époques des grandes fêles une foule immense d'étrangers, ii Les riches marchands, les militaires venaient s'y ruiner et s'y ruiner irrémédiablement, ce qui a donné lieu à ce proverbe bien connu : 11 n'est pas donné à tout le monde d'aller à Corinlhe.
Corinthe a élé détruite de fond en comble par les Romains, et au temps de Pausanias il ne restait pas trace des anciens habitants. Les- Corinthiens de cette cpoquc provenaient d'une colonie romaine établie par Jules César. On voit aujourd'hui, à Corinlhe, les restes d'un temple dont la construction est extrêmement ancienne, et qui remonte à la ville grecque primitive. Sept colonnes sont encore debout, et cinq d'entre elles portent leur architrave : ces colonnes ont à peine en hauteur quatre fois leur diamètre et les fûts sont monolithes (fig. 372). L'art grec ne montre nulle part des proportions aussi courtes, cl le monument devait
Fig. «73. — B«-tBllcl d'
avoir dans son ensemble un aspect de puissance et même de pesanteur qui dénote une période où la grâce est encore subordonnée à la force. La figure 373 montre un bas-rclicf sculpté sur la margelle d'un puits découvert à Corinlhe. Ce bas-relief de l'ancienne Corinthe peut nous donner l'idée du genre de décoration employé dans les monuments petits et grands dont cette ville était remplie.
Pégase, le cheval ailé que Minerve a donné au héros coriotliieD Bellérophon pour aller combalire la Chimère, esl un emblème que l'on trouve fréquemment sur les monnaies de Corinlhe (fig. 37i}. Le dauphin joue aussi un grand r6le dans l'histoire mythologique de cette ville, puisque c'est lui qui a sauvé la vie à Mélicerie. Sur une monnaie de l'époque impériale (fig, 375), nous voyons Mélicerie couché sur son dauphin et placé
dans le temple de Neptune, donl ia coupole est formée d'écaillés de poisson el bordée de deux dauphins qui dressent la queue. Sur une autre monnaie, le dauphin vient déposer le jeune Mélicerie près du pin où le héros Sisyphe l'a recueilli. Ce pin apparaît encore sur une autre monnaie (fig.
376 el 377), où l'on voit l'acropole, la citadelle de Corinthe, avec le temple de Neptune el la grotte dans laquelle Mélicerie avait été déposé.
Plg. 818.
La Sictobie. — La Sicyonie est une pclile contrée située à l'est de l'Achaïe, dont on la considérait môme quelquefois comme une dépendance; Sicyone en était ia capitale (fig. 378 et 379). Cette ville, placée sur un plateau élevé d'où la vue s'élend au loin vers l'Acro-Corinthe, le golfe de Lépante et les montagnes de la Béolie, a été longtemps le siège principal de l'art grec.
Elle a donné son nom à une des grandes écoles de peinture, qui eut pour fondateur Eupompe, el produisit Pamphilc
et Apelles; comme sculpteurs, elle a donné naissance à Canachus dans l'époque archaïque, et à Lysippe dans la période macédonienne.
L'industrie de Sicyone était aussi très-importante, surtout pour les articles de toilette, parmi lesquels on cite une espèce particulière de chaussure très-estimée dans toute ta Grèce. Les débris d'un temple et d'un théâtre sont tout ce qui reste de l'ancienne cité.
L'AcHAiE. — L'Achaïe, dans laquelle on comprend quelquefois la Sicyonic et môme la Corinthie, est la contrée qui occupe le nord du Péloponnèse, le long du golfe de Gorinthe. tes villes principales étaient Dymes, sur la côte occidentale, Pairœ, aujourd'hui Patras, jEgium, et PeUène. Ces villes n'ont pas laissé de ruines importantes, mais seulement des débris qui permettent d'en déterminer exactement remplacement.
L'Élidb. — L'Élide est une contrée qui s'étend à l'ouest du Péloponnèse, le long des côtes de la mer Ionienne. La ville principale, Élis, était une cité fort ancienne, et Pausanias la cite comme ayant conservé encore de son temps le caractère des villes d'un âge primitif. «La place publique d'ÉIis, dit-il, n'est point faite comme celle des villes d'Ionie, ni môme des villes voisines; elle est bâtie à l'ancienne mode. Les portiques en sont distants les uns des autres et séparés par des rues de traverse. Le portique le plus exposé au midi est d'architecture dorique. Trois rangs de colonnes le partagent en trois ; on élève à Jupiter des autels qui sont adossés contre ces colonnes, de manière qu'ils sont à découvert, et qu'ils donnent sur la placei On les fait et on les défait en très-peu de temps selon le besoin. »
Le gymnase d'Élis avait une grande réputation ; c'était le premier établissement de la Grèce pour l'éducation intellectuelle et physique. Il comprenait des esplanades pour les courses et pour la lutte, toutes bordées de platanes et de monuments religieux et artistiques, dont on cherche vainement aujourd'hui à déterminer la place. Sur des monnaies d'Élis, on voit l'aigle de Jupiter accompagné du foudre et de la couronne d'olivier, souvenir des jeux que l'Élidc célébrait en l'honneur du dieu.
Pise, dont la fondation était contemporaine de celle d'Élis, a été longtemps choisie pour les jeux en l'honneur de Jupiter. Mais cette suprématie éveilla la jalousie desÉléens, et cette ville fut détruite de fond en comble, à ce point que Pausanias put à peine reconnaître l'emplacement qu'elle avait occupé. Néanmoins, pendant toute la grande période de l'antiquité, les grands jeux furent célébrés tout près de là, dans le bois sacré de l'Altys, au lieu nommé Olympie, qui n'était pas à proprement parler une ville, mais un enclos vénéré, au milieu duquel s'élevait le temple le plus fameux de l'antiquité {ùq. 380).
L'emplacement de ce temple a été reconnu en premier lieu par l'expédition française de Morée, et on y a exécuté récemment encore des fouilles importantes.
Quelques débris se voient au musée du Louvre, entre autres d^ fragments de métopes représentant les travaux d'Hercule.
Le temple était d'ordre dorique; le fronton antérieur représentait la lutte de Pélops et d'OËnomaûs, le fronton postérieur, le combat des Lapithes et des centaures. C'est dans l'intérieur du temple qu'on voyait la statue colossale de Jupiter Olympien, en or et en ivoire; elle était considérée comme le chef-d'œuvre de Phidias et passait pour une dessept merveilles du monde. Sa hauteur était telle que, bien qu'assise, cette statue atteignait presque la voûte du temple (fig. 380).
L'Arcadie. — Placée au centre du Péloponnèse, la montagneuse Arcadie, qui n'a joué presque aucun rôle dans l'histoire politique de la Grècer était surtout habitée par des pasteurs. Le dieu Pan, dont le culte a pris naissance en Arcadie, avait pour mission spéciale de faire multiplier les troupeaux, et ce dieu cornu, aux pieds de chèvre, fait une singulière figure au milieu des magnifiques divinités qui peuplaient l'Olympe grec. C'est sur le sommet du mont Lycée, consacrée ce dieu, que Jupiter et Saturne avaient disputé le prix de la lutte, avant la création du genre humain, et c'est dans ces parages que Lycaon fut changé en loup, et la nymphe Calisto, en ourse.
L'Arcadie, malgré le caractère pastoral de ses habitants, renfermait plusieurs villes intéressantes. Mégalopolis qui, dans les périodes macédonienne et romaine, fut la capitale de l'Arcadic, est une ville dont l'origine est relativement récente, puisqu'elle a été bâtie par Épaminondas. Elle est la patrie de Philopœmcn et de l'historien Polybc. On a retrouvé remplacement de son théâtre, — au dire de Pausanias, le plus grand de toute la Grèce, — mais les ruines de Mégalopolis se réduisent en somme à peu de chose.
Mantinée, célèbre par la grande victoire qu 'Épaminondas remporta près de ses murs, n'était pas située, comme les autres villes grecques, sur une hauteur et sur le flanc d'une colline : elle était bâtie en plaine et traversée par une rivière. 11 ne reste plus rien des monuments décrits par Pausanias, si ce n'est quelques vestiges du théâtre. On a retrouvé, cependant, des parties de l'ancien mur d'enceinte, qui était très-solidement bâti et flanqué de 129 tours.
Orchoméne, qu'il ne faut pas confondre |avec la ville de Béotie qui porte le même nom, n'a pas non plus laissé de ruines, et on peut en dire autant de Tégée, dont le temple était, au dire de Pausanias, le plus grand et le plus beau du Péloponnèse.
LE PÉLOPONNËSB. Kl
Slymphale est un peu mieux partagée, mais, comme la description qu'en donne Pausanias est insuffisante, on ne sait pas au juste à quoi peuvent se rapporter les ruines qu'on a trouvées sur son emplacement. Près de Stymphale était un lac, célèbre dans la mythologie par les oiseaux meurtriers dont Hercule délivra la contrée : les monnaies de Slymphale (dg. 381 et 333) montrent le héros Pig. »si. pig.asi.
les ajuslant avec ses flèches ou les Monaii*! d» Btr»p(>»iB.
combattant avec sa massue.
Phigalù, une des villes les plus anciennes et les plus importantes de lArcadic, élait située sur un plateau élevé, dont les pentes abruptes sont baignées de deux eûtes par un torrent. Les murailles de cette ville sont regardées comme un des restes les plus remarquables de l'architecture militaire des Grecs. L'enceinte, qui suit la crétc du plateau, est de construction polygonale flanquée de lours rondes. Quelques débris de cclonnea marquent l'emplacement de l'ancien temple de Diane. Près de là sont les fameuses cascades de la Néda, que Beulé compare à celles de Tivoli. C'est un pays rempli de grottes profondes, dans lesquelles Gérés se retirait pour pleurer le rapt de sa fille Proserpine.
Non loin de Phigalie, on trouve le fameux temple de Bassae, élevé par les Phigaliens en l'honneur d'\pollon Épicourios (secourable), qui les avait préservés d'une épidémie pendant !a guerre du Péloponnèse. Il a été construit sous la direction d'Ictinus, un des architectes du Parthénon d'Athènes, Trente-six colonnes avec leur architrave sont encore debout, et le terrain est jonché de débris de tout genre.
L'Abgolide. — L'Argolide, qui formait la parlieorientale du Péloponnèse, était une contrée spécialement consacrée i Junon, divinité qui a toujours été considérée comme la prolectrice d'Argos.
On a retrouvé les traces de son temple, et on y a pratiqué des fouilles qui ont amené la découverte de quelques fragments précieux. Il avait été bàU près de l'emplacement d'un autre temple, beaucoup plus ancien, détruit en ^23 avant J.-C. par un incendie. Ce dernier était établi sur un plateau triangulaire formé de substructions cyclopéennes.
Argot était regardée comme une des villes les plus anciennes de la Grèce : une foule de traditions mythologiques se rattachent à ses origines, depuis l'Égyptien Danaûs jusqu'à Oreste. Dans '■ «^"inde Usto-
rique, Argoa eut toujours une grande imporlacce et sa population égalait celle d'Alhtines. Elle avait sur lo golfe un port appelé Nauplia. Pausanias fait une pompeuse description des monuments magnifiques qu'on admirait dans cette ville célèbre, mais Ai^os a été si souvent détruite, qu'il reste aujourd'hui bien peu de chose de la ville antique. Nous citerons sculcraect le théâtre, taillé dans le flanc de la montagne et qui pouvait contenir vingt mille personnes; on y voit encore soixaatedcu\ gradins assez bien conservés.
Les monnaies d'Argos portent naturellement l'image deJunoQ; sur le revers on voit souvent un loup à mi-corps; c'était le symbole des Argicns. Il est quelquefois accompagné de poissons, pour exprimer le caractère maritime de la cité.
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L'ancienne Tirynthc a compté au nombre de ses rois Amphilrj'on et
Hercule. Cette ville a été détruite dès une haute antiquité par les Argiens, et avait cessé d*exister depuis longtemps quand Pausanias visita la Grèce. « Il ne reste de Tirynthe, dit-il, que les murs, qui sont l'ouvrage des Cyclopes. Ils sont construits de pierres brutes, toutes d'une telle dimension que deux mulets attelés n'ébranleraient même pas la plus petite. Les interstices sont remplis de petites pierres qui servent de liaison aux grosses. »
Les murailles de Tirynthe sont une des plus étonnantes constructions que nous ait laissées Tantiquité primitive. Elles ont environ douze mètres de hauteur sur quinze d'épaisseur; elles sont formées de blocs énormes.
Cette enceinte ne présente ni bastions, ni tours, ni aucun des accessoires qu on prodigua plus tard dans les fortifications, mais on y trouve des constructions fort singulières, connues sous le nom de galeries de Tirynthe (fig. 383). Ces galeries sont pratiquées dans l'épaisseur des murailles, et leur voûte présente la forme d'une ogive, formée d'assises horizontales disposées en encorbellement; d'autres pierres sont placées horizontalement à la partie supérieure. On ignore la destination exacte de ces galeries qui communiquaient sans doute avec des constructions disparues. Le docteur Schlieman fit faire, en 1877, des fouilles à Tirynthe, et découvrit quelques objets intéressants; mais ces fouilles sont bien loin d'avoir Timportance de celles qu'il entreprit quelques semaines plus tard, dans l'antique cité de Mycènes
Mycènes, fondée par Persée, fils de Jupiter, est une ville dont l'histoire est presque entièrement mythologique. Le massacre des enfants de Thyeste, l'assassinat d'Agamemnon par Égisthe et Clytemnestre, la vengeance d*Oreste, etc., sont des événements qui ont eu Mycènes pour théâtre et qui ont souvent inspiré les poètes tragiques de l'antiquité. Sous rinfluence dorienne, Argos devint bientôt plus puissante que Mycènes; les Argiens s'emparèrent de cette ville en 468 (av. J.-C.) et en chassèrent tous les habitants. Depuis cette époque, et malgré quelques tentatives de reconstruction, Mycènes est toujours demeurée à peu près déserte.
La conservation des ruines de Mycènes est probablement due à l'emplacement de cette ville, située dans un endroit sauvage et surtout assez éloigné de tout centre de population. Il est plus facile aux habitants d*Argos et de Nauplie de prendre de nouveaux blocs de pierre dans les carrières qui avoisinent leur ville, qv "bercher dans
la vieille cité abandonnée. Plac^ milieu de
montagnes escarpées, Mycènes, minée depuis trois mille ans, offre encore aujourd'hui letypelemîeux conservé d'une place forte aux temps héroïques.
Les murailles sont cyclopéennes et pélasgiques. Ce dernier appareil est particulièrement remarquable à Mycènes : les polygones sont paii'aitement rapportés, sans le secours de petites pierres, et soigneusement taillés sur leur surface extérieure. Près de ta porte des Lions, on voit des blocs presque quadrangulaires et rangés par assises borizontales, mais dont les joints présentent des lignes obliques et irréguliëres, au lieu des lignes verticales et régulières qui caractérisent l'appareil bellénique
La porte des Lions (fig. 38Ii) est située à l'angle nord-ouest de l'Acropole: elle est évasée par le bas et formée de trois grosses pierres; celle
du linteau a h'^fiO de longueur. Elle supporte un bloc où sont sculptés deux lions qui se dressent face à face et sont séparés par une colonne. Leurs têtes ont disparu, ainsi que le chapiteau de la colonne. Cette espèce d'écusson était le symbole d'Apollon Agyeus, le gardien des portes. La porte est elle-même précédée d'une avenue de quinze mètres de long sur neuf mètres de large, comprise entre deux gros murs.
Les ruines de Mycènes semblent être aujourd'hui dans un état analogue à celui ou elles étaient quand Pausanias les a visitées. Les fouilles récentes donnent un grand intérêt au passage sur lequel s'est appuyé le docteur Schlieman pour sa découverte. Le voici : « Au nombre des ruines du rempart se trouve la porte sur laquelle se dressent des lions. On dit que le mur et la porte sont l'œuvre des Cyclopes. On trouve dans les ruines de Mycènes la fontaine de Persée et les édiûces souterrains où Atrée et ses enfants conservaient leurs trésors. On y trouve aussi la tombe d'Atrée et celle des compagnons d'Agamemnon qui, à leur retour de Troie, furent massacrés par Égisthe pendant un banquet. Les Lacédémoniens d'Amyclée doutent de l'identité du sépulcre de Cassandre. On y trouve enûn le tombeau d'Agamemnon et celui d'Eurymédon.Télédamos et Pélops furent déposés dans le même tombeau, car on dit que ces deux jumeaux, fils de Cassandre, furent égorgés par Égisthe en même temps que leur mère. On 'enterra Clytemnestre et Égisthe à une petite distance à lextérieur des murs, parce qu'on ne les jugea pas dignes d'être inhumés à l'intérieur, là où reposaient Agamemnon et tous ceux qui avaient été enterrés avec lui.»
Pausanias ne donne aucun autre détail, et c'est en suivant sa courte description que plusieurs archéologues avaient fait des fouilles demeurées sans résultat. Le docteur Schlieman, dans un travail lu devant la Société des antiquaires de Londres, a exposé les raisons qui lui ont fait entreprendre de nouvelles fouilles dans une autre direction. • Heureusement pour moi, dit-il, ce passage de Pausanias relatif à la situation des tombeaux a toujours reçu une fausse interprétation. Leake, Dodwell, Prokesch, Curtius, qui ont exploré le Péloponnèse tout entier Pausanias en main, se sont complètement mépris, parce qu'ils ont pensé que Tauteur grec, en parlant des murailles, indiquait celles de la ville, et non celles de l'Acropole. En conséquence, ils ont cherché les cinq tombeaux dans la ville basse et le tombeau de Clytemnestre et d'Égisthe en dehors des murailles de cette ville basse. Mais la preuve que Pausanias voulait indiquer les murs de la citadelle, c'est qu'il parle de la porte des Lions qui existe dans ces murs. »
CoDform6mciu à l'idée qu'il poursuivait, le docteur Schlieman a fait creuser 3fi puits; 28 n'ont donné aucun résultat, mais les six derniers l'ont amplemeot dédommagé. Près de la porte des Lions, oo trouva d'abord un grand cercle de pierres plates légèrement inclinées et disptsées parallèlement sur deux rangs. Dans la partie occidentale du ceri^le, on découvrit bientôt trois rangées de stèles, parmi lesquelles njuf étaient encore debout. Sous l'une d'elles était un cadavre portant une sorte de cuirasse formée de plaques d'or. Plusieurs stèles sont sculptées et retracent des scènes de combat.
Au - dessous des pierres plates et inclinées sont de vastes chambres creusées dans le roc : le docteur Schlieman a trouvé dans la première trois cadavres, reposant sur un lit de cuilloux et entourés encore des cendres du bûcher funéraire. Ce sont des cadavres de ft'mmes littéralement couvertes de bijoux.
De nombreuses pièces dorfévrerieétaieutdé.
p)3ées dans ce sépulcre. Nous citerons entre autres ; douze couronnes en or, dix diadèmes en or, dont deux ont conservé une partie de cràoe humain, une grande couronne ornée de trente feuilles en or, six coupes d'or ornées, deux plaques d'or décorées de tours sur lesquelles se tient un pigeon, deux autres représentant de grands oiseaux, sept, des lions assis, onze, des cerfs; quatre petits lions en or, diverses statuettes représentant des femmes et de nombreux fra^ents en or.
On découvrit ensuite une seconde chambre funéraire de 8 mètres de lonçsur6 de large: les restes de cinq hommes, dont les corps avaient
à Uycènc).
été évidemment brûlés dans cette chambre même, étaient étendus au milieu. Ils étaient couverts de bijoux portant tous les traces de l'action du feu. Les crânes étaient dans un tel état de décomposition, qu'aucun ne put être sauvé. Mais trois de ces personna^^es avaient la tête recouverte d'un masque en or massif (ûg. 385 et 386). Ces masques sont d'un travail primitif extrémemen t soigné dans les détails et on pourrait y compter les poils des cils et des favoris. Un des cadavres portait, outre son masque, un casque en or massif, dont l'arrière est sculpté de façon à imiter la chevelure; il avait une cuirasse composée de plaques d'or. Le docteur Schlieman voit ici le corps d'Agamemnoo et de ses compagnons, massacrés par Égislhe et Clytemnestre.
La haute antiquité de ces tombes ne saurait être contestée : l'absence de toute inscription semble indiquer que l'alphabet n'était pas connu à Mycènes à l'époque où
les corps ont été déposés ^ f^^^^^^^^g^
en ce lieu. L'absence com- ""^
plëte de fer, la présence de trente-cinq flèches dont la pointe est en obsidienne et les nombreux fragments de poterie dont aucune n'est faite au tour sont des indices qui rappellent une ipoque au moins bien voi ne de celle qu'on assigne à la guerre de Troie, Des contestations ne pouvaient manquer de survenir au sujet des individualités historiques que le docteur Schlieman attribue aui personnages dont il a retrouvé les tombeaux; ce n'est pas ici le lieu de les discuter; mais nous ne pouvions négliger de signaler l'importance de cette découverte.
Non loin de l'Acropole, dans l'emplacement occupé par la ville basse, est le Trésor des Àtrides, qu'on désignait autrefois sous le nom de tombeau d'Agamemnon. Cette construction souterraine, regardée comme un des restes les plus curieux de l'architecture primitive des Grecs, est admirablement conservée.
Une avenue en ruine, ouverte sur le flanc de la colline, condp*''
Fig-SSe.
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une porle formée de trois gros blocs : le linteau est un monolithe ( 8">,15 delongueursur.6 ,50 de profondeur et 1 ,22 de hauteur (fig. 387).
n On pénétre, dit le Guide en Grèce, dans la grande sallo cîrc laire, dont la voûte présente une forme parabolique (lîg. 388), Elle a environ 12 mètres de hauteur sur 15 mètres de diamètre (fig, 389 et 390). Ce monument, qui semble construit d'hier el qui a pourtanl traversé tant de siècles, frappe vivement par son caractère de grandeur et de force. Le mode de construction de la voûte est surtout remarquable. Des assises annulaires horizontales ont été posées les unes sur les autres en encorbellement, de manière à observer la courbe que l'on
LE Pfll.OPOPiNÊSE. 305
voulait obtenir: les arêtes inférieures ont rnauite étÔ abattues au ciseau. Comme ces espèces de voussoirs n'étaient pas taillés en coins, il restait
Triioc iet Atrldei, coupt.
entre eux des intervalles triangulaires. Ces intervalles sont remplis par de petites pierres introduites par force, ce qui donne a chaque rang d'assise horizontale la solidité que l'on obtient ordinairement par un joint concentrique dans toute sa longueur. Le sommet de la voùlc s'ouvre à la partie supérieure de la colline dans laquelle le monument est creusé. La muraille se découvre à fleur de terre, el c'est en cet endroit qu'on peut le mieux se rendre compte des détails de la construction. La
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AUi4«i plus
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du sommet qui a été enlevée n'était pas une clef de voûte,.
306 LA GRËCE.
mais seulement un couvercle, un bouchon, s'il est permis de s'exprimer ainsi. Les traces de clous en cuivre que l'oa remarque à l'in- Icrieur semblent indiquer que les murs étaient recouverts de plaques de métal, comme l'était à Argos la salle d'airain décrite par Pausanias. A droite de la grande salle on en trouve une seconde de forme carrée et simplement taillée dans le roc, »
On ne connaît pas exactement la destination de ce monument, mais on croit qu'il a dû, selon un usage fréquent dans l'âge héroïque, renfermer des coffrets, des armes et des ornements précieux, et on lui a donné, d'après Pausanias, le nom de trésor d'Alrée, parce qu'on en fait remonter la construction au temps dos Atrides,
Tréz'enc, si célèbre par l'histoire tragique d'Hippolyte, n'a pas laissé de ruines importantes"! on peut en dire autant d'Hemitone, qui était comme Trézène une ville consacrée à Neptune.
Dans l'intérieur de l'Argolide, nous devons également signaler le
fameux marais de Lerae, où Hercule tua ITiydre. Au dire des anciens, c'était un lac sans fond, et Néron tenta en vain de le sonder. C'est aujourd'hui un marécage couvert de plantes aquatiques.
Némèe est célèbre par les jeux qu'on y célébrait et surtout par le lion tué par Hercule.
Némée n'a jamais été une ville importante; mais elle attirait les voyageurs par ses jeux périodiques et par son bois sacré qui renfermait un stade, un théâtre, et le temple de Jupiter Néméen. L'emplacement de ce temple a été retrouvé : trois colonnes doriques, hautes) d'environ 10 mètres, sont encore debout.
Épidaure, célèbre par son temple d^Esculape, était un point de réunion où accouraient, de tous les points de la Grèce, les malades atteints d'un mal chronique, ou ceux qu'attiraient les distractions qu'on trouve toujours dans une station de santé. 11 y avait entre autres un magnifique théâtre.
Il ne reste malheureusement rien du fameux temple d'Esculape, dont on croit avoir retrouvé l'emplacement au fond du vallon sacré, près du petit village de Koroni, — dont le nom vient sans doute de Goronis, la nymphe aimée d'Apollon qui fut mère du dieu de la médecine. — Ce temple était le centre d'un grand établissement où les malades se fai-* saient soigner sous la protection du dieu dont les prêtres exerçaient tous la médecine. Des ex-voto et de nombreuses inscriptions placées sur des colonnes rappelaient les guérisons mémorables et le traitement qui avait réussi. Plusieurs de ces colonnes existaient encore au temps de Pausanias. Comme il n'était permis ni de naître ni de mourir dans l'enceinte sacrée, des bâtiments spéciaux, placés en dehors, recevaient les femmes en couche et les malades à l'agonie, et les employés du temple venaient leur donner les soins nécessaires.
La Laconie. — La Laconie forme la partie sud-est du Péloponnèse. La capitale de la Laconie est Sparte ou Lacédémone, ville toute militaire, organisée comme un camp et rebelle à la civilisation. L'absence totale de monuments dans cette ville célèbre avait vivement frappé les anciens. «Si la ville de Lacédémone, dit Thucydide, était dévastée et qu'il ne restât que ses temples et les fondements des autres édifices, je crois qu'après un long temps, la postérité ajouterait peu de foi à sa puissance. Et cependant, sur cinq parties du Péloponnèse, elle en possède deux, elle commande au reste et elle a au dehors un grand nombre d'alliés. Mais, composée de bâtiments contigus, comme on n'y recherche
la magnificence, ni dans les temples, ni dans les autres édifices, et que la population y est divisée par bourgades, suivant l'ancien usage de la Grèce, elle parait bien au-dessous de ce qu'elle est. Si de même il arrivait qu'Athènes fût dévastée, on se figurerait, à Tinspectioa de ses ruines, que sa puissance est double de ce qu'elle est en effet. »
Sparte n'a laissé dans l'histoire que son nom, et ses ruines sont si peu apparentes, que remplacement môme de l'antique cité a été longtemps ignoré.
Non loin de Sparte était Amyclée, une des plus anciennes villes du Péloponnèse, célèbre par le culte qu'on y rendait à Apollon. Il reste quelques fragments de colonnes et les soubassements du temple Gythium, qu'on regardait comme le port de Sparte, et Hélos, dont les habitants, connus sous le nom d'Hilotes, furent réduits en esclavage par les Lacédémouiens, n'ont pas laissé de ruines qui méritent d'être signalées ici.
Llle deCythëre, située au sud delà Laconie, était autrefois fameuse par le culte qu'on y rendait à Vénus : au temps de la mythologie, les fleurs naissaient d'elles-mêmes sous les pas de la déesse, dont Cythêre était la résidence favorite. Aujourd'hui cette île n'est plus qu'un rocher dénudé, que hantent les chauves-souris.
La Messénie. — La Messénie, au sud-ouest du Péloponnèse, est une contrée peu montueuse et extrêmement fertile, qui excita de bonne heure la convoitise des Lacédémoniens. Ils parvinrent à s'en emparer après trois guerres meurtrières, célèbres dans l'histoire grecque.
Messène, devenue plus tard la ville la plus importante du pays, n'en était pas pourtant la plus ancienne, puisque sa fondation date seulement d'Épaminondas. Cette ville aujourd'hui disparue n'a laissSque quelques ruines dispersées au milieu des champs et des bois d'oliviers.
Outre Messône, il faut citer Ira et Itliôme, ces remparts de Tantique résistance des Messéniens, et Pylos, où régna le roi Nestor. Pylos, située près de lendroit où est aujourd'hui Navarin, n'a pas laissé de ruines, mais on montre aux environs une vaste grotte qu'on désigne comme le lieu où, selon la mythologie, Mercure avait caché les bœufs qu'il avait volés à Apollon.
LA GBÈCE PBOPRE.
L& THB33ALIE — La Thessalie, située entre la Grèce propre et la Macédoine et baignée à l'est par la mer Egée, est une contrée monlueuse, sujette aux tremblements de (erre et qui a fourni à la mythologie de nombreuses légendes. Elle a été le théâtre du déluge de Deucalion, le lieu de la lutte des Géants, lorsqu'ils tentèrent d'escalader le ciel. Les géants, personnification des grands cataclysmes, furent pourtant vaincus par leï dieux, qui représentent pour les Grecs l'ordre régulier
de l'univers. Les géants étaient enfants de la Terre, et l'art leur donne souvent une forme anguipède, c'est-à-dire que le corps est terminé dans sa partie inférieure par des serpents en guise de jambes (Qg. 391).
La ThGssalic est circonscrite par de hautes montagnes , dont les principales sont : au nord, le mont Olympe, où les dieux avaient établi leur résidence, à l'ouest, le Pinde et au sud l'OEta, enfin l'Ossa et le Pélion, si célèbres dans la guerre des Géants. C'est là qu'est la vallée de Tempe, vantée par les poêles.
Les vallées de la ThessalienourrissaieiUuDe race decbevaux renom mes, et les Tliessalicns ont passé de tout temps pour d'excellents cavaliers, ce <jui a donné lieu aux fables sur les centaures qui sont originaires de cette contrée.
La Tlicssalie (flg. 392) formait cinq contrées qui sont : 1» L'Histiéotide, sur les penlcs orientales du Pindo. Les villes principales, Gomphi et Tricca, n'ont pas laissé de ruines.
2. La Pélusgioiide, au sud du mont Olympe; on y trouvait Gowios, dans la vallée de Tempe, ci tarisse, ancienne capitale dos États d'Achille.
MédMiiBi de Lariiw '^*^'"^ ^''"*' Passait pour estrôme-
ment ancienne, puisqu'on en attribuait la fondation à Acrisius, le grand-père de Persée {iig. 393 et 39ù).
LA URËCE PROPRE. 371
3" La Tliessaliotide, au centre de la Thessalie. C'est là que se trou* ïait la ville de Pharsale, célèbre dans l'histoire par la grande victoire que Ciîsar y remporta sur Pompée (l'an dS avant J.-C). M. Heuzey a découvert près de cette ville un beau bas-relief qui représente deui déesses tenant une fleur, et qui est maintenant au Louvre,
4" La Magnisie, le long des côtes de la mer Egée, avait pour capi-. taie la ville de Magnésie, et pour ville principale lolcos, d'où Jason partit avec les Argonautes, pour aller 'a la recherche de la Toison d'or.
5° La Phthiotide occupait la partie méridionale de la Thessalie; parmi les villes de ce pays, il faut citer Phères, où régnait le roi Admôte dont Apollon a gardé les troupeaux, et Ani hela, près du passage des Thermopyles.