‹ La Vie privée des anciens v. 4 1883 (volume 4)Chapitre 31 sur 54 · LA GRECE PROPRE · texte numérisé non relu

LA GRECE PROPRE

Stratos, ancienne capitale, était située sur le fleuve AchéloQs, dont elle défendait le passage. L'enceinte hellénique est conservée dans toute son étendue avec ses tours et ses portes. Une seconde enceinte formait l'Acropole. On a retrouvé dans la ville les restes d'un temple dorique et, en dehors de Tenceinte, des débris de constructions et des tombeaux qui semblent indiquer un faubourg considérable.

Amphilochium, qui joua un rôle assez important pendant la guerre du Péloponnèse, a conservé aussi ses fortiûcations.

On a retrouvé seulement l'emplacement de l'antique Anactorium, qui n'a pas laissé de ruines. Cette ville était située sur le rivage d*Aclium, célèbre par le combat naval où Auguste défit les flottes d'Antoine et de Cléopâtre (3 ans avant J.-C).

Les ruines d'CEnia sont les plus intéressantes de la contrée. Les portes sont extrêmement curieuses parde qu'elles présentent les modèles de tous les styles, depuis le linteau droit jusqu'à la voûte à claveau des Étrusques. Mais ce que ces ruines offrent de plus singulier, ce sont les restes du port militaire. C'est un bassin creux et entouré d'abris pour les galères. Demère un ouvrage avancé et flanqué de tours étaient les chantiers de radoub et de construction. Ce port, aujourd'hui couvert de roseaux, communique avec un marais; ses défenses sont d'appareil cyclopéen.

L'ÉTOLiE. — L*Étolie (d^. 400 et 401), qui s*étend au sud jusqu'au golfe de Corinthe, était, comme TAcarnanie, un pays assez abrupt, et dont les habitants peu industrieux passaient pour vivre de brigandage, Thermus était regardée comme la capitale de cette contrée. C'est là que ^. ^^ - p. ^^^ se réunissaient les assemblées générales de Monnaies dÉtoiie.

la confédération étolienne. Les ruines de

Thermus montrent tout le parti que les Étoliens, peuple exclusivement militaire, savaient tirer des défenses naturelles de leur pays. L'Acropole était située sur une montagne triangulaire, flanquée de tous côtés de rochers droits comme des murailles, et on ne pouvait y arriver que par un étroit sentier. Les débris de l'enceinte sont dune extrême solidité : c'est d'ailleurs tout ce qui est resté de cette ville, où l'on chercherait en vain des vestiges d'édifices ou d'oeuvres d'art.

Calydon était la ville la plus célèbre de l*Étolie. La fameuse chasse de Calydon, où Méléagre tua le monstrueux sanglier dont Diane avait

infesté la conlrie. a fourni à la sculpture un ouvrage extrêmement céliibre, le Mùléagre, dont l'original cstàBome, etquenousreproduisois (fig. i02). Le héros, debout, a près de lui la hure du terrible sanglier, pour la dépouille duquel s'est élevée, après la victoire, la dispute qui eut pour résultat la mort de Méléagre.

C'est aussi dans le voisinage de Calydon que le centaure Nessus franchit le fleuve Événus, emportant Déjanire, et qu'il fut blessé mortellement par la Hècbe d'Hercule.

On a retrouvé dans l'ancienne Calydon les restes d'un temple consacre & Apollon et à Diane. Un espace assez étendu et couvert de débris marque l'emplacement de la ville, dont la forte enceinte est encore

Fis. ll-i. - M«lù;njro (lUlue jnliqueX visible à pCU pr6S partOUt.

La Doride, qu'on comprend souvent dans TÉIolie, est une pctilc contrée montagneuse, dont les limites ont souvent varié ; clic a reçu le nom de télrapolc, parce qu'elle renfermait quatre villes, dont aucune d'ailleurs n'a de célébrité.

La LocniDE. — La Locride est une contrée séparée en deux par la Pbocide, de telle façon qu'une partie était baignée par le golfe de C)rinihe, tandis que l'autre, située au nord de la Héolic, regardait l'ile d'i--ubée. La Locride comprenait (rois peuples ;

1° Les Locriens Ozolcs. Ce surnom, qui signifie puants, vient, diton, de l'habitude qu'avaient les Locrien-' primitifs de se vêtir avec des peaux de chèvre non tannées. Us avaient pour villes principales Nau~ pacte ol Amphisse.

2" Les Locriens Épicnémîdîens, dont le nom vient du mont Gncmis dont ils étaient voisins, avaient pour capitale Tlironion, détruite par

LA GRËCIi PROPRE. 37S

les Phocéens pendant la guerre sacrée. Alpines, située à l'entrée du défilé des Thcrmopyles, est célèbre par la défense de Léonidas.

3' Les Locriens Oponttens, dans la partie méridionale de la Locride, devaient leur surnom à la ville d'Oponte.

La Phogide. — LaPhocide, contrée montagneuse au milieu de laquelle s'élevait le Parnasse, avait pour capitale Delphes, le sanctuaire le plus important de l'antiquité. .Cette ctié sainte, située sur le penchant du Parnasse, marquait le centre de l'univers. On n'en pouvait

- QuenlU entra Apollon <t Herctde. l

douler, puisque Jupiter, ayant lâché au même moment deux colomhes aux deux extrémités du monde, elles se rencontrèrent juste à l'endroit où la Pythie rend ses oracles. Anciennement, ce lieu se nommait Pytho, à cause du serpent Python, qui demeurait là avant la victoire d'Apollon. La fameuse querelle entre Apollon et Hercule (fig. ÛOS) qui voulait

3Ta

LA GRËCE

ravir le tnSpied prophétique, est fréquemment représentée surlesvases peints et sur les bas-reliefs de l'époque archaïque.

Lo dieu établit solidement son culte à D.-lphes, et les jeux PythieDS furent iostiluùs en souvenir de sa victoire sur le serpent Python. Dans la grande période de la Grèce, ces jeux comprirent des combats gymniques et des courses de chars; à l'origine, les prix qu'on y distribuait en rtionncur d'Apollon étaient réservés exclusivement aux poètes musiciens qui s'otaient signalés par leurs talents. Mythologiquement, le dieu passait pour avoir participé lui-même à ces fêtes musicales, et c'est par là qu'on explique un certain nombre de bas-reltcrs. désii^nés

sous le nom de monuiuenls choragiques ; la figure kOk nous en oITre un exemple. Le dieu, en coslumo de cilliarède, pince de la lyre d'une main et reçoit de l'autre le vin de la libation qu'une Victoire ailée lui viTse dans une patèrc. Diane, portant un flambeau, etLatone, tenant un sceptre, suivent Apollon cl, derrière les déesses, le trépied qui doit être donné en prix est posé sur un cippc. Le temple de Delphes apparaît par-dessus i'cnceinle sacrée.

Une cité s'éleva peu à peu autour du sanctuaire d'Apollon. Les habitants de Cirrha, ville siluée au pied du Parnasse et qui sert de port à Delphes, frappaient d'un lourd impôt les pèlerins qui venaient faire leurs dévotions dans le temple. Le conseil des amphictyons s'en émut et déclara la guerre sacrée : Cirrha fut détruite et son territoire

LA GRECE PllOPRE. 371

consacréà ApolloD. Les dépouilles de la ville furent employées à fonder les jeux Pylhiens, qui se célébrèrent tous les quatre ans, à partir de l'an 586 avant J.-C.

Les habitants de Delphes, vivant presque exclusivement des revenus que les étrangers leur procuraient en venant consulter l'oracle et adorer le dieu, restèrent presque toujours étrangers à la politique-, mais les immenses richesses accumulées dans le temple ne pouvaient manquer d'attirer les convoitises des Barbares venus du dehors. Heureusement, le dieu savait se défendre : quand les Perses pénétrèrent dans le pays, ils furent écrasés sous les rochers qui roulaient de la montagne, et les mêmes prodiges se renouvelèrent lorsque les Gaulois voulurent piller le temple.

On sait quelle importance l'oracle de Delphes avait dans l'antiquité. On n'aurait rien osé entreprendre sans l'avoir consulté. Cet éclat ne dura pas au delà de la domination romaine, Sylla pilla le temple d'Apollon qui, au temps de Strabon, avait perdu la plus grande partie de ses richesses. Néron emporta encore 500 statues; Adrien et les Antonins tentèrent de lui rendre sa splendeur passée, mais Constantin lui enleva de nouveau ses richesses pour orner sa capitale, et l'oracle, discrédité depuis longtemps, fut déDoilivement aboli sous Théodose, qui proscrivit par tous les moyens les restes du paganisme.

On n'a retrouvé aucun fragment authentique du temple lui-même, ni aucun des monuments décrits par Pausanias. La fameuse fontaine Castalie, qui servait aux ablutions, existe toujours et fournit ses eaux à un monastère établi sur l'emplacement de l'ancien gymnase.

Suivant une tradition rapportée par Pausanias, le premier temple élevé à Delphes, en l'honneur d'Apollon, avait été une cabane faite de branches de laurierprovenanl de la vallée de Tempe; le second temple avait été fabriqué par des abeilles avec leur cire et

leurs propres ailes; le troiâème était d'airain; le quatrième, construit en marbre, avait été brûlé dans la 58* olympiade; le cinquième, enfin, avait été bâti par le soin des amphictyons avec l'argent consacré aux dieux. Nous donnons, ci-dessus, une médaille de Delphes (fig. Îi05 et 406),

Outre Delphes, il faut citer dans la Phocide : Èlatée, ville importante par sa position militaire; Daulis et Anlieyre.

Fig 407. Pig. 408.

Médaille* de la Béotie. '

Fig. 400. Fig. 4ia

MéJailles de Tlièbes.

La Béotie. — La Béotie (Gg. l\01 et /i08), située au nord de TAttique,

était une contrée montagneuse « mais extrêmement fertile. Ses habitants passaient pour un peu lourds d*esprit :

cependant la Béotie a donné le jour à une foule d'hommes illustres dans tous les genres, et peu de pays ont laissé un aussi grand nombre de légendes poétiques et d'aussi grands souvenirs historiques.

Thébes (fig. h^9 et UO), fondée par une colonie phénicienne venue en Grèce à la suite de Cadmus, est la '

ville de l'antiquité qui a fourni le plus de fables à la mythologie. Ses murailles s'élevèrent d'elles-mêmes au son de la lyre d'Amphion. C'est àThèbes que le culte de Bacchus s'est développé d'abord pour se répandre ensuite dans toute la Grèce. L'histoire de Laïus et de Jocaste,

les malheurs d'GEdipe, le dévouement d' Antigène, la lutte d'Étéocle et de Polynice, la guerre des sept chefs, ont eu Thèbes pour théâtre.

Cette ville, au temps d'Épaminondas, devint une des premières de la Grèce. Elle succomba, plus tard, dans sa lutte contre les Macédoniens, et fut détruite par Alexandre qui n'épargna que la maison de Pindare. Rebâtie vingt ans après par Cassandre, elle ne retrouva jamais son ancienne splendeur, et, au temps de Pausanias (174 ans après J.-C.)» elle était à peine habitée. Quelques fragments de constructions cyclopéennes et de rares débris, épars dans la contrée, sont tout ce qui reste aujourd'hui de cette cité célèbre.

Au sud de Thèbes est le mont Cithéron, qui joue un si grand rôle dans l'histoire de la Grèce primitive. C'est là que les bacchantes allaient célébrer leurs orgies, pousser les hurlements sacrés et danser, au son du tambourin. C'est là que le roi Penthée fut déchiré par les femmes de sa famille que la liqueur bachique avait affolées ; c'est là aussi que, plus tard, CEdipe enfant fut exposé par ordre de Laïus et recueilli par le berger Phorbas.

La ville de Platée, si célèbre par le rôle qu'elle a joué dans les guerres médiques, était située au pied du mont Cithéron. L'ancienne muraille de la ville a laissé des restes qui présentent un ensemble

Page 1