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frandes de toutes sortes. L'Acropole, qui sert de citadelle, est ud plateau sacré oii l'on accomplit des cérémonies, mais où l'on oe demeure pas.
Grâce aux monuments qui subsistent encore et en s'aidant des descriptions de Pausanias pour ceux qui sont détruits, l'Acropole d'Athènes est, de tous les lieus célèbres de l'antiquité, celui qu'oD peut étudier avec le plus de certitude.
Pausanias, qui vivait au ii' siècle de notre ère, a visité Alhëoes au temps oîi elle avait perdu son .importance, mais où elle avait encore conservé sa splendeur; nous le suivrons donc pas à pas.
C'est par le côté occidental {flg. 1,1!,) qu'il faut monter à l'Acropole; l'entrée était en effet de ce côté. En face de nous se dressent les Propylées avec leur escalier monumental ; un peu plus loin est le Parthénon, qui se présente également de face, et. de l'autre côté des Propylées, on voit la statue colossale de Minerve prolectrice, que les navigateurs apercevaient au loin en mer. Pour se rendre compte de la position de ces monuments, on doit se reporter au pian (fig, iil3) et se placer un peu en avant du point marqué I.
Avant d'examiner en détail les monuments qui décoraient l'Acropole, il faut regarder sur le plan la place que chacun d'eux occupait sur la montagne sainte.
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Les pROPTLËcs. — L.es Propylées, ronstructioa avancée en forme de portique qui décorait l'entrée de l'enceinte sacrée, ont été élevées l'an E|37 avant notre ère. On y arrivait par un escalier drrtsé en deux parties que séparait un vaste palier, commençant au pied du temple de la Victoire marqué J sur le plan (Qg. ^13} et D sur le jtau particulier des Propylées (Gg. kl5). Cet escalier a subi dans l'antiquité
des restaurations imporlantcs, notamment sous Auguste et sous Adrien, Les fouilles exécutées tie nos jours, sous la direction de Beulé, en ont fait connaître exactement la disposition primitive.
L'édifice, œuvre de Mnésiclès, était bâti en marbre et d'ordre d(h> rique à Texténear; mais le portique central, marqué A, était bordé de chaque côté par trois colonnes ioniques. Les Propylées n'étaient en réalité qu'une entrée monumentale bordée de deux ailes marquées B et G. La grande salle B, attenante à l'aile gauche de TédiGce, est la pinacothèque ou galerie de tableaux, décrite par Pausanias. L'ensemble de l'édifice s'est conservé jusqu'au xvn* siècle : les ducs d'Athènes en firent un château fort, et, plus tard, les Turcs y mirent un magasin à poudre et y ajoutèrent un dôme. La foudre, qui frappa ce monument en 1656, produisit une explosion qui le détruisit en partie : des grandes colonnes doriques de la façade deux seulement ont conservé leurs chapiteaux, et les colonnes ioniques sont encore plus dégradées.
En avant des Propylées, sur une terrasse haute de 8 mètres, se trouve le temple de la Victoire sans ailes (fig. /il5). Ce temple s'élevait à lendroit même d'où, suivant la fable, Egée se précipita en voyant le vaisseau de son fils Thésée revenir avec une voile noire. On y arrivait par un escalier qui se raccordait avec celui des Propylées. Ce petit temple, d'ordre ionique et d'une rare élégance, a été en partie détruit par les Turcs, qui y avaient établi une batterie; les frontons et le toit n'existent plus. La statue de la Victoire sans ailes, placée dans le temple, était une ancienne image en bois, très vénérée, comme toutes celles qui remontaient aux premiers temps de Part. « Les Athéniens, dit Pausanias, pensent que la Victoire restera toujours parmi eux, puisqu'elle n'a plus d'ailes. »
De l'autre côté du petit temple de la Victoire sans ailes, mais toujours en avant des Propylées, on voit sur le plan de TAcropole (fig. il3) un petit carré qui ne porte pas de numéro : c*est le piédestal de la statue élevée à Agrippa. Le mur ancien qui enfermait l'escalier du côté du nord est marqué par la lettre K: plus au nord on voit, en L, la fontaine Clepsydre et la grotte de Pan. L'eau de la fontaine Clepsydre, que les anciens croyaient en communication avec la mer, est d'un goût saumâtre ; on y arrivait par un escalier taillé dans le rocher.
Quand on avait dépassé le vestibule des Propylées, on trouvait plusieurs statues célèbres, entre autres, le groupe des trois Grâces, sculpté par Socrate le philosophe, la Minerve Hygie, dont le piédestal est encore debout, et une quantité de petits autels ou de monuments commémoratifs. A droite se trouvait l'enceinte consacrée à Diane Brauronia (G. fig. 413), dont le temple est détruit. On voyait là le Persée de Myron et un grand cheval de bronze, en souvenir du
Sg8 LA GRÈCE.
fameux cheval de Troie. L'eccelate coosacrée h Diane était séparée, par un mur dont il reste encore des traces, d'une autre enceinte ooasacrée à Minerve Ouvrière (H, Ùg. ftlSj-, mais il n'est rien resté des monuments qui s'y trouvaient.
Lk PARTHÊnoN. — Le Parthëaon, dont le nom veut dire temple de la Vierge, est situé au centre de l'Acropole. L'ancien temple qui était à cette place avait été détruit par les Perses; ce fut Périclès qui éleva
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l'édifice avec les contributions payées par les alliés des Athéniens. Callicrate et Iciinus on furent les architecles, et Phidias eut la direction de tous les travaux décorarifs.
Le plan du ParUiénon est un parallélogramme : sa longueur est de 7ù mètres, sa largeur de 35. Il est d'ordre dorique; la figure il6 nous montre le Parthénon tel qu'il était avant sa destruclion.
Il 1^ corps principal, dit Bculé, estun grand rectangle divisé en deux salles inégales. La plus grande, ouverte à roricnt, est proprement le temple : elle contenait la statue de Minerve. La plus petite est l'opistho-
dome. Tout autour de la Cella ainsi disposée règne un péristyle qui compte huit colonnes sur les façades, dix-sept sur les côtés, les colonnes d'angles deux fois comptées. L'édifice entier est élevé sur un soubassement de trois hauts degrés ; deux degrés un peu plus petits haussent encore le sol de la Cella au-dessus du niveau du portique. » Les deux frontons étaient décorés de statues exécutées par Phidias ou sous sa direction. Le fronton oriental (fig. 417) devait rappeler aux
•Aftiii
Pig. 417. — Fronton oriental du Parthénon en 1674.
Athéniens la naissance de leur déesse. L'artiste avait représenté Jupiter, assis sur son trône, au moment où Minerve vient au monde. Aux extrémités du fronton, l'on voyait la Nuit et le Jour, tous deux sur un char. Leurs chevaux semblaient, d'un côté, sortir de l'océan, et, de l'autre, y rentrer. Dans le fronton occidental (fig. 418), Minerve choisissait son peuple, et l'olivier poussait entre elle et Neptune vaincu. -Leurs chars
Fig. 418.— Fronton occidental du Parthénon en 1674.
étaient près d'eux, et les personnages divins, juges du différend, étaient rangés de chaque côté du fronton.
La position respective des personnages n'a rien d'hypothétique : les figures 417 et 418 reproduisent les dessins deCarrey, élève de Lebrun, qui visita Athènes au xvii* siècle, à la suite de l'ambassadeur de France. Ces dessins sont le seul document connu qui reproduise les frontons dans leur intégrité, car, lorsque les statues ont été prises et emportées à Londres, elles étaient par terre, au milieu des cailloux et des ronces. Le milieu du fronton oriental, qui devait représenter la naissance de Minerve, est la seule partie dont la disposition soit inconnue. Elle a été détruite au vir siècle de notre ère, par les chrétiens, qui, en faisant du Parthénon une église, ouvrirent une fenêtre sur le fronton.
Les sujets représentés sur les métopes, quoique ne se rattachant pas
directement à Minerve, rappelaient la protection qu'elle accordait aux Aihéoiens daus les combats; ils fieraient les exploits des andens héros athéniens et, entre autres, la victoire de Thésée sur tes cenuures. Enfin la frise montrait les rites sacrés et les cérémonies qui avaient lieu en Tbooneur de ta déesse.
Le relief des sculptures qui décorent les métopes est très saillant et se détache presque complètement sur le fond; c'est le contraire qui a lieu pour lesbas-reliefs de la Cella, qui sont presque plats. La raison de cette dilTérence est facile à comprendre. Les métopes, qui sont à l'extérieur du monument, avaient besoin, pour être vues de loin, d'être fortement accentuées, tandis que, la frise de la Cella étant sous le portique et destinée à etr:; vue de près, la délicatesse du travail devait y remplacer l'énergie des parties extérieures. Les sujets, au lieu d'ôtre mouvementés comme ceux des métopes, présentent des attitudes rhylhmées, convenables pourlamarche d'une procession. C'est, en effet, al grande Tête de la déesse qui est représentée sur cette frise célèbre. Mais cette fête n'est pas traduite par le sculpteur comme clic aurait été racontée par l'historien. En Grèce, l'idéal a toujours ses droits à côté de la réalité, et les dieux ont leur place
comme les mortels dans la grande fête des Panathénées, qui fait le tour de Tédifice.
Les bas-reliefs de la Cella ont été exécutés par des artistes différents; mais l'unité du style dans la composition indique assez la direction suprême de Phidias. Les métopes, d*un caractère plus archaïque, sont attribués aux artistes de la génération précédente, aux vieux sculpteurs du temps de Cimon, pour lesquels Phidias était un novateur. Dans l'opinion de Beulé, Âlcamène serait l'auteur du fronton occidental, tandis que le fronton oriental aurait été exécuté directement par Phidias, qui s'était en outre réservé la statue de la déesse, placée à rintérieur du monument.
De toutes les Minerves créées par Phidias et par la statuaire antique, li plus célèbre comme art est cette grande Minerve du Parthénon : sa hautcurétait d'environ 37 pieds. Elle était en or et en ivoire, debout, la poitrine couverte par l'égide ornée de la tête de Méduse, et tenait d'une main sa lance, de l'autre une Victoire. Le casque était surmonté d'un sphinx au milieu, avec un griffon de chaque côté. La place qu'elle occupait dans le. temple se voit sur la figure 419, qui montre l'élévation latérale de rédifice.
Le Parthénon avait été converti en église par les chrétiens; les Turcs en firent une mosquée, en y ajoutant un minaret, qui a été enlevé depuis. C'est seulement depuis 1687 quecemonumentn estplus qu'une ruine. Pendant le siùge des Vénitiens, une bombe mit le feu à un magasin de poudre établi par les Turcs, et le temple sauta : huit colonnes du portique nord et six du portique sud furent renversées, ainsi qu'une grande partie de la Cella avec sa frise. Le temple se trouva coupé par le milieu et fit comme deux morceaux; cette disposition est visible sur notre figure 420, qui représente l'état actuel du Parthénon
Quand on quitte le Parthénon par la façade orientale, on trouve (fig. 413) en face la porte du temple, une substruction quadrangulaire, que Ton croit être l'emplacement d'un autel de Minerve. «Sur une ligne plus rapprochée du temple, dit le Guide en Grèce, et parallèlement à la façade, se dressaient à droite et à gauche un certain nombre de statues célèbres, savoir : en regard de l'angle nord-est du Parthénon, le Jupiter Polieus, le Jupiter de Léocharès, la Dispute de Minerve et Neptune, Procné et Itys; et, en regard de l'angle sud-est, l'Apollon Parnopios, bronze attribué à Phidias; Xantippc, Anacréon, lo et Calisto. Le long du mur de Cimon, au sud, était une série de figures, représentant la guerre des dieux et des géants, le combat des Athéniens contre
les Amazones, la bataille de Marathon, la déraite des Gaulois en Mysie. C etaitun présent d'Attale. Il ne reste plus rien de tous ces édifices. L'emplacement qu'occupaient les derniers monuments qu'on vient de nommer est indiqué sur le plan (fig. ^13), un peu au-dessus du mur de Cimon. (P.). "
Hemontant ensuite vers le nord, on trouve en E l'emplacement d'un petit temple rond, dédié à Rome et à Auguste, et on arrive ensuite à l'Érechlliéion (C. du plan ^13).
L'ËHEC^TH£lO^. — L'Érechthéion (fig. 421 et 422} était un édifice double, comprenant deux temples c lu d Pa drose al ouest et celui de Minerve Poliade (ou proteclrce de la v Ile) è I est et sur un n veau plus élevé. Un escal er condu sa t de I un à I autre les reliques pre
cFcuscs, dont la conservation était indispensable, expliquent, autant que l'inégalité du terrain, les Irrégularités de cet édifice. En effet, si le Parthénon était par sa dimension le monument le plus important de l'Acropole, l'Êrechtliéion en était le plus vénéré. C'est làqu'était laplus ancienne statue de Minerve, celle qui était tombée du ciel. C'est là que
Neptune et Minerve s'élaient disputés pour la possession d'Athènes; on y montrait la source sacrée produite par le trident de Neptune doot la marque se voyait sur le rocher, et le fameux olivier, source féconde de la richesse publique, puisqu'il était la souche de tous les oliviers de l'Altique, l'olivier saint que Minerve avait fait sui^r en frappant la terre de sa lance et que les flammes de Xerxès n'avaient pu détruire. Là aussi étaient l'autel de l'oubli, que les Athéniens élevèrent pour
réconcilier les divinités, et le tombeau d'I^rechthée.Enlin ce templeracontait l'origine même d'Athènes, puisqu'il était bâti sur remplacement de la maison de Cécrops. Aussi l'Érccblhéion était le centre de la fôte des Panathénées, la plus grande fèlc des Alhénicns.
L'édifice est bâti en marbre pentélique; il était entièrement couvert, et une lampe d'or, précieuK ouvrage sculpté par Callrniaque, y brûlait nuit et jour dcvantrimage vénérée de la déesse. Celle lampe était suspendue à un palmier de bronze qui montait jusqu'au plafond et dissimulait la fumée. Le temple renfermait, en outre, une infmité de reliques saintes; les trophées pris sur les Perses avaient été déposés là, à l'exception du trône de Xerxés, qui était dans le Purihénon,
mS^âde ouest (fig. fi23) était comprise dans l'enceinte réservi;e des prêtresses, qui sonl probablement figurées sous forme de cariatides dans le joli portique appelé Pamlrosion. Ces jeunes filles, dont le mouvement est si souple, doot la forme est si élégante, sont conçues et traitées d'une façon qui en fait des supports présentant h l'cGil l'apparence d'une merveilleuse solidité : des colonnes sembleraient moins résistantes. Ces figures sont exbaussécs sur une plinthe, et chacune
d'elles fléchit la jambe qui se trouve le plus prts du centre 4e l'édifice, ce qui donne de la variété au groupe en même temps que de la logique au mouvement. C'est h qu'on peut voir à quel point le sculpteur entrait dans les vues de l'archilecle, à quel point leurs éludes étaient dirigées simultanément et convergeaient vers le même but. On serait tenté de croire, en voyant ce monument, qu'il est l'œuvre d'un artiste unique, architecte et sculpteur tout à la fois.
396 LA GRÈCEw
La silhouette de cet édifice est extrêmement remarquable, particuliôrement dans la composition des angles. La chevelure des jeunes filles est disposée pour recevoir un chapiteau circulaire, orné d'un rang d'oves et de fers de lance, et, comme un fronton aurait surchargé ces supports féminins, la tribune est simplement couverte par une terrasse, et l'entablement sans frise se compose d'une simple corniche qui porte sur larchitrave.
Quand on quitte lÉrechthéion, on trouve, à l'angle de l'enceinte sacrée, un rocher aplani, marquant l'emplacement d'un vaste piédestal (D du plan 413). C'est là que s élevait la fameuse Minerve colossale, coulée en bronze par Phidias. Cette statue, qu'il ne faut pas confondre avec celle qui était dans le Parthénon, s'élevait d'un tiers plus haut que tous les édifices, et on l'apercevait de partout, mais principalement en regardant l'Acropole du côté du nord, comme le montre la figure 424. C'est de ce côté que le rocher offre son plus grand escarpement.
La ville. — Lysippe dit dans une de ses comédies : « Qui ne désire pas voir Athènes est stupide; qui la voit sans s'y plaire est plus stupide encore, mais le comble de la stupidité est de la voir, de s'y plaire et de la quitter. » Malgré Timmense célébrité d'Athènes, nous trouvons peu de descriptions de la ville même dans les auteurs anciens; ils parlent à peu près exclusivement des monuments qui la décorent. Mais le portrait coloré qu'en a tracé Viollet-Le-Duc résume très bien Tidée que nous pouvons nous faire de cette cité célèbre : « Nulle cité, dit-il, n'était plus active, et, pour qui venait de l'Asie ou de rÉg^T)te, il semblait, en parcourant Athènes, qu'on entrait dans une fourmilière. Possédant au moment de sa plus grande puissance les trois ports de Munychie, de Phalère et du Pirée, elle couvrait un territoire dont le périmètre était de deux cents stades (185 kilomètres), mais c'était autour de l'Acropole que les maisons étaient serrées et la population toujours en activité. Là, les chariots se croisaient, pleins de marchandises, venant des ports ou les y conduisant. Le peuple, vivant sur les places, dans les rues, était affairé, menant grand bruit. Puis dos boutiques, des ateliers entraient et sortaient sans cesse des étrangers qui venaient acheter et vendre, des esclaves portant des messages ou (les objets. Les femmes circulaient dans les rues comme les hommes, se rendant aux marchés, aux jeux, aux confréries. Dès Taube, de grosses troupes de paysans apportaient des légumes, des fruits, des
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volailles, et criaient leurs denrées par les rues. Les maisons élégantes occupaient la seconde zone; elles possédaient, la plupart, un jardin et parfois des dépendances importantes. On voyait autour d'elles des clients, des parasites qui attendaient Theure du maître et qui, pour passer le temps, s'entretenaient des nouvelles du jour, répétant les propos vrais ou faux qui couraient la ville, faisaient causer les esclaves, raillaient entre eux les étrangers qui passaient ou les interpellaient pour se donner le plaisir de critiquer leur accent, leur démarche, leurs habits. »
Quoique la première place revienne de droit à l'Acropole, quand on parle d'Athènes, la ville elle-même présente le plus vif intérêt, soit sous le rapport de l'art, soit à cause des souvenirs dont on trouve la trace à chaque pas. C'est une étude toujours instructive, môme lorsqu'il ne reste du passé que des débris informes. Ainsi, on a retrouvé l'emplacement du Pnyx, où se tenaient les assemblées populaires. L'enceinte figure un hémicycle dont la base est le rocher dans lequel la tribune a été taillée sur place à môme le mirbre de la colline. C'est un gros bloc, formant une espèce d'estrade composée de trois marches. « Tout cet ensemble, dit M. Burnouf, est d'une grande majesté. 11 plaçait les pieds de l'orateur au-dessus du peuple; il paraissait sur un piédestal proportionné à sa taille, et sa voix descendait d'en haut sur la foule attentive et passionnée. De sa main droite, il pouvait montrer les Propylùes. Au-dessous de lui, sur l'estrade de marbre, étaient assis les grclTiers écrivant sur leurs genoux ou feuilletant les actes publics pour y chercher les preuves dont ils avaient besoin.»
On sait l'importance qu'avaient à Athènes les assemblées populaires; mais, pour se rendre un compte exact de ce qu'était cette démocratie, il faut se rappeler qu'il y avait dans cette ville 30,000 citoyens en état de porter les armes, et que la place publique en pouvait contenir au plus 5,000. Ceux qui étaient à leur travail, ou qui n'avaient pas su arriver les premiers, n'entendaient donc pas les orateurs et ne pouvaient voter en connaissance de cause, si même il leur était possible de voter. Il est donc présumable que les familles opulentes et pouvant envoyer, à leurs frais, un certain nombre de citoyens dévoués à leurs intérêts, devaient avoir une influence tout à fait prépondérante.
On croit aussi avoir retrouvé quelques traces de VAréopage, dans quelques blocs de pierre auxquels aboutit un escalier taillé dans le roc ; mais, ici, il règne encore bien des incertitudes. On montre aussi l'emplacement de l'ancien Prytanée, où étaient conservées les lois de Selon,
etlesrestes d'uD portique auquel od a donné, sans preuves positives, le nom de porte de VAgora.
Non loin de là est la Tour des Vents (fig. Ù25), monument qui ne
parait pas antérieur à la domination romaine, et qui servait à la fois de girouette, de cadran solaire et d'horloge hydraulique. « C'est dit, le Guide, une tour octogone, tout en marbre blanc. Chacune de ses faces est orientée vers les huit points de l'horizon athénien, auxquels corrcsrespondaieut les vents, dont les noms et les figures symboliques sont sculptés sur la frise. Au-dessous de chacune de ces figures, on remarque un cadran solaire. La cymaise, au-dessous de la frise, est ornée de tStes de lions servant de gouttières A l'intérieur de l'édifice, on distingue
encore, dans le pavement, des cavités et des canaux qui appartenaient sans doute à là clepsydre ou horloge hydraulique. Celle-ci recevait ses eaux de la fontaine de l'Acropole par un aqueduc dont on voit encore quelques arcades. »
Le monument choragique de Lysicrate appartient, au contraire, à la belle époque de la Grèce : on le regarde comme le plus ancien édifice auquel Tordre corinthien ait été appliqué partout. 11 se compose de trois parties : un soubassement quadrangulaire, une colonnade circulaire et une coupole avec un fleuron qui offre une gracieuse composition de feuillage. Les bas-reliefs de la frise représentent les aventures de Bacchus avec les pirates tyrrhéniens. Le monument était situé dans la rue des Trépieds, sur les côtés de laquelle les vainqueurs des jeux scéniques avaient élevé de petits monuments, destinés à porter le trépied qu'ils avaient gagné par leur victoire dans ces luttes et où l'on inscrivait le nom du triomphateur. Parmi ces monuments, autrefois nombreux et variés, celui-ci est le seul qui soit resté. Sur Tarchitrave on lit cette inscription : « Lysicrate de Cicyne, flls de Lysithidès, avait fait la dépense du chœur. La tribu Acamantide avait remporté 2e prix pour les chœurs de jeunes gens. Théon était le joueur de flûte, Lysiade athénien était le poète, Évaénètes l'archonte. »
Parmi les temples restés debout en dehors de l'Acropole, le plus important est le temple de Thésée, monument funéraire construit pour recevoir les restes de ce héros, que Cimon, fils de Miltiade, avait, sur la foi d'un oracle, retrouvé dans la petite île de Scyros. C'est le monument de l'ordre dorique le mieux conservé que nous ait laissé l'antiquité. Il fut élevé, trente ans avant le Parthénon, par l'architecte Micon.
Le temple de Jupiter Olympien, situé à quelque distance de la ville, avait été commencé sous Pisistrate. Les travaux, interrompus pendant plusieurs siècles, furent repris sous la période macédonienne, puis suspendus de nouveau. Sylla en enleva les colonnes pour les envoyer à Rome; mais le monument fut enGn repris et terminé sous Hadrien. Il était d'ordre corinthien, avec 10 colonnes sur chaque face et 22 sur chacun des côtés latéraux. 11 ne reste plus que 16 colonnes de cet édifice, qui, pendant des siècles, a été comme une carrière où les habitants d'Athènes venaient prendre des matériaux. Cette ruine est d'un grand effet, à cause de son isolement dans la plaine et surtout de sa position : on a de là une vue magnifique sur l'Acropole et toute la contrée environnante.
ATHÈNES. iOl
Non loiti est la fontaine CaiUrrkoé, dont l'eau, autrefois renammée pour sa pureté, servait daus les cérémouies sacrées mats qui n'est p)us qu'uDâ mare d'eau sale
Le thèâtn de Bacchus, ou ont été représentés les chefs-d'œuvre d'Eschyle, de Sophocle, d'Euripide et d Aristophane, a laissé quelques débris. Il est dilTtcile aujourd'hui de se rendre compte de sa ^lendeur passée; deux rangs de sièges creusés dans le rocher et appartenant aux gradins supérieurs, sont tout ce qu on en a retrouvé. L'emplacement de ce théâtre, au pied de l'Acropole, est marqué sur (uMaiiiei
une médaille que reproduit la figure /|26.
Il fautencore citer, parmi lesmonuraents d'Athènes, \eihiâire<eHèrode AUieus. qui a laissé des ruines très-vastes, mais dont la construciion accuse unepériode de décadence, etrarcd'ffadn'etijqui donnait accèsà un quartier nouveau, élevé sous cet empereur. L'inscription gravée sur la frise de cet arc portait, d'un côté : C'est ici l'Athènes de Thésée, l'ancienne ville; et, de l'autre : C'est ici la ville d'Hadrien et non celle de Thésif.
Le port. — Athènes est distante de la mer d'environ 6 kilomètres. La presqu'île du Pirée ou Munychie, qui s'avance dans la direction de Salamine, consiste en deux collines rocheuses séparées par un isihme étroit. Jusqu'aux guerres médiques, le petit port de Phalère, placé à l'entrée de l'isthme, était le seul dont on se servît. Les ports du Pirée et de Munychie furent forlifiés par Thémistocle, qui joignit la presqu'île à la ville d'Athènes par des fortifications au milieu desquelles passait une route : c'est ce qu'on a appelé les longs murs (fig. /i27). Le port du Pirée, beaucoup plus grand que les deux autres, prit, à partir de ce moment, une grande importance militaire et commerciale. Mais le Pirée fut détruit par Sylla, et, au temps de Sirabon, il n'y avait plus en ce lieu qu'un petit village.
Les environs d'Athènes. —Aucun des monuments qui décoraient autrefois le Pirée n'a laissé de ruines; on a reconnu pourtant la trace des anciennes fortifications qui reliaient le port avec la ville d'Athènes. Près du rivage qui regarde Salauiinc, on voit une fosse creusée dans le rocher et que la vague vient remplir : près de là gisent quelques
MI
tronçons de colonnes. On croit voir, en ce lieu, l'emplacement du tombeau de Thémistocle, qui est mort à Magnésie et dont les cendres auraient été rapportées près du rivage qu'il avait illustré. On donne aussi le nom de trAne de Xcrxës à un 'petit mamelon situé un peu plus loin
(fig. 1(27} et où Xentès se serait placé pour voir le combat des deus flottes.
Le mont Hymette, dont le miel était si renommé, et le mont Pentélique, célèbre par ses carrières de marbre, n'ont pas conservé de traces du passé. Dans la plaine de Maralbon on trouve un petit monticule qu'on a quelquefois regardé comme le tombeau des Athéniens morts dans la bataille. Le caractère beaucoup plus ancien de petils objets trouvés près do là a fait penser à quelques archéologues qjjp c'était plutôt un tumulus de l'âge prébisloriquc.
Le fameux temple de Minerve, au cap Sunium, n'a conservé aucune des colonnes de sa façade : les faces latérales en avaient chacune 12. On en voit encore 9 du côté du sud et 2 du côté du nord, avec leur
architrave. On trouve aussi quelques traces de fortifications au pied de la montagne.
Èteusis, dont la fondation remonte aux temps les plus reculés, doit sa célébrité aux mystères qu'on y célébrait en l'honneur de Gérés et de Proserpine : c'était la plus importante cérémonie religieuse de toute la Grèce. Eleusis était à l'origine un des douze États dont se composait l'Atttque. A la suite d'une guerre qui éclata entre les deux cités, les Éleusiniens vaincus reconnurent la suprématie politique d'Athènes, à la condition que celle-ci respecterait ses mystères et lui garderait toute son importance religieuse. Eleusis conserva, en cfCet, pendant toute la durée du paganisme, son caractère de sanctuaire religieux. Elle fut détruite de fond en comble par Alaric, et, à partir de ce moment, le nom de cette ville n'apparaît plus dans l'histoire.
Eleusis passait pour ôire le premier point de la Grèce où le blé avait été planté. C'est là que Triptolème avait appris aux hommes à labourer la terre, et les Éleusiniens montraient avec orgueil le premier champ qui, suivant les traditions grecques, avait été ensemencé. Triptolème, filsd'un roi d'Eleusis qui avaitdonné l'hospitalité à Cérès, était aussi l'instituteur desmysières de la déesse. Un vase grec(rig. 628) montre Cérès remettant des épis à Triptolème, à qui elle a prêté son char attelé de serpents pour parcourir la terre.
Le temple de Cérès à Eleusis était, selon Strabon, le plus grand de
LA URÉCb.
construit sur les plans d'ictious, un des architectes est rieD resté, mais un puits antique, découvert dans une grotte sacrée, passe pour être celui qu'a décrit Pausanias et autour duquel, selon la tradition, les femmes d'Eleusis formèrent le premier chœur en l'honneur de la dl-essc. Sur les monnaies d'Eleusis, on voit Cérës (fig. Ii2% assise sur un char ailé que traînent des serpents; la déesse lient en main des épis. Au revers (fig. (|30), on voit un porc, symbole de la fécondité.
Pif. 430.
LES ILES DE LA GRECE
Le^ groupes d'îles — Les Iles très nombreuses qui avoisinent la Grèce n'ont jamais formé de groupement politique nettement déterminé ; la destinée historique de chacune d'elles s'est accomplie isolément et sans exercer une grande influence sur la destinée des lies voisines. C'est donc, uniquementd'aprés leur étendue ou leur emplacement géographique, et sans se préoccuper des rapports des gouvernements ou des races, qu'il est possible d'en étabhr le classement.
Sous le rapport de l'étendue, l'ile de Crète et l'Ile d'Eubée sont les plus importantes, et c'est par elles que nous commencerons notre examen descriptif. Ensuite nous étudierons les îles de la côte orientale, Égine et Salamine, les Iles de la mer Egée et les Cyclades. Enfin nous terminerons par les lies situées sur la côte occidentale et méridiODale, qu'on désigne généralement sous le nom d'iles Ioniennes.
LES ILES DB LA GRiXIE.
La Ci iTE. — Llle de Orèie (Candie} présente un teniioire fort ilioDsé de Test à l'ouesi {ùg. 431) ei an coniCKir irrêçuli^ ooapé de golfes pro-
Fig. 43i . — Carte do l'ilo do Croie.
fonds. Elle est traversée dans toute son étendue par une chaîne do montagnes, dont les principaux groupes forment le mont Ida et le mont Dicté, célèbres tous deux dans la mythologie. Cette lie, qui se vantait d'avoir vu naître Jupiter et qui montrait avec orgueil son tombeau, était destinée, par sa situation, à servir de lien entre les traditions diverses de peuples dont la race et le génie étaient absolument diiïdrents. Plac('e entre la Grèce, l'Asie Mineure, la Phénicie et l'Egypte, et cuntinuellement visitée parles matelots venus de ces contriics, ell(3 était en outre peuplée de colons qui avaient apporté là leurs croyances multiples. Il n est donc pas étonnant que les fables Cretoises tiennent tant de place dans la m^'thologie et que tant de récits merveilleux viennent se rattacher au mont Ida et au mont Dicté.
Ces fabîes, dans ce qu'elles ont d'essentiel, rappellent d'ailleurs leur origine. Ce sont des Phrygiens qui, sous le nom de Dactiles Iddens ou de Curetés, apportèrent dans Tlle les arts et les idées religieuse;» de l'Asie Mineure, et c'est à eux qu'on doit rattacher toutes les fables cod« cernant Fenfance de Jupiter. L'histoire de Tenlèvement d'Europe; est, au contraire, d'origine phénicienne. Aux Grecs appartient évidemment le c6té poétique dj récit, aussi bien que les jolis camées qui le reproduisent (Gg. 632;. Mais, quand le roi des dieux se change en taureau pour séduire la fille du roi de Phénicie, qu'il emporte ensaite
à travers les mers, il ne fait qu'emprunter la forme des divinités orientales, car, depuis le bœuf Apis qu'on adore aux bords du Nil jusqu'aux
taureaux ailés qui gardent tes palais de Mnive, l'idée du divin se manifeste partout sous cette forme.
La même idée se trouve reproduite dans la fable'dePasiphaé, amoureuse du taureau et donnant le jour an Minolaure, monstre à tête de taureau. On peut bien aussi voir un souvenir de l'Égjpte dans ce fameux labyrinthe que Dédale conlruisit pour le roi Minos et qui rappelait celui des Égyptiens; mais l'hisloirc do Thésée, tuant le Minotaure et se conduisant dans le labyrinthe avec le ûl qu'Arianne lui a donné, est tout à fait conforme à l'esprit grec.
C'est prés de Cnosse que cet événement s'est passé, et les monnaies de cette ville montrent effectivement la représentation du labyrinibe (fig. h^h) ou celle du Minolaure (fig. i33). Des fragments de murailles de l'époque romaine sont tout ce qui reste aujourd'hui de l'antique cité, dont te sage roi Minos avait été le fondateur, et où les Cretois montraient avec orgueil le lieu oii Jupiter avait passé son enfance et celui où il avait son tombeau.
Sur le versant opposé du mont Ida était l'ancienne Gorft/iw, dont les ruines, disséminées sur une vaste étendue de terrain, attestent
LES ILES DE LA GRÈCE. 407
rimportance passée. II y avait là un temple d'Apollon très vénéré. Ces villes sont les seules de la Crète où Ton signale des antiquités. Cette île, qui possédait cent villes au temps d'Homère et qui demeura florissante pendant toute l'antiquité, est aujourd'hui habitée par une population misérable et peu nombreuse
L'EuBÉE. — L'Eubée est une grande île qui s'étend du sud au nord, le long de l'Attique, de la Béotie, du pays des Locriens et d'une partie de la Thessalie. C'est une contrée extrêmement fertile, qui produit en abondance du blé, du vin, de l'huile et des fruits. On y trouve aussi des mines de cuivre et de fer, et ses ouvriers passaient pour très habiles dans Tart d'exploiter ces métaux. Les carrières du mont Ocha, près du port de Caryste, produisaient un marbre d'un vert grisâtre et veiné de différentes nuances, dont les anciens faisaient un grand usage pour les colonnes des édifices.
L'île d'Eubée, qui ne rappelle pas de bien grands souvenirs historiques, ne présente pas non plus de ruines importantes. Elle possédait néanmoins quelques villes florissantes.
Chalds, située sur le détroit, s'élevait sur le penchant d'une montagne : le travail du cuivre était la principale industrie des habitants. Un pont, jeté sur le bras le plus étroit de l'Euripe, réunissait l'île au continent. La ville était ornée de nombreux monuments dont il ne reste plus aucune trace aujourd'hui.
Érètrie, située également sur le détroit, mais un peu au sud de Chalcis, était renommée pour les tableaux et les statues qu'on y admirait. On accusait ses habitants d'avoir une prononciation un peu barbare, qui fut souvent au théâtre l'objet des moqueries des Athéniens. Le taureau tournant la tête et se grattant la patte, qu'on voit sur quelques monnaies d'Érétrie, est regardé comme un souvenir des emblèmes orientaux.
Non loin de la côte orientale de TEubée, on trouve la petite île de Scyros, où mourut Thésée, et où Achille, lorsqu'il était déguisé en fille à la cour du roi Lycomède, fut découvert par une ruse d'Ulysse.
ÉGiNE ET Salamine. —Le golfe de Saronique, situé entre l'Attique et le Péloponèse, renferme plusieurs îles, dont deux sont particulièrement remarquables par les souvenirs qui s'y rattachent.
L'île de Satemirw, située tout près d'Athènes, éveille en nous les plus glorieux souvenirs de l'histoire grecque : malheureusement cette île,
qui D'est aujourd'hui qu'un rocher stérile, n'a conservé aucun vestige d'antiquités qui mérite d'être signalé.
Ltle d'Égine est, sous ce rapport, mieux partagée ; elle est située à peu de distance du Péloponnèse, è peu près en face d'Épidaure. Égine porte le nom d'une nymphe cël6bre dans la mythologie pour avoir été aimée de Jupiter. La contrée, ayant été ravagée par une peste horrible, fut repeuplée par des fourmis que Jupiter changea en hommes à la prière d'Éaque, roi de l'Ile. Cette île devient extrêmement florissante dans la période historique ; l'art ot l'industrie d'Égine atteignirent, dès le vi* siècle avant notre ère, un degré de perfection qui la plaça à la tôte de la Grèce. On a donné le nom d'école d'Égine h un groupe d'artistes,' et principalement de sculpteurs, qui curent, antérieurement à Phidias, une grande importance dans l'histoire de l'art.
L'île d'Égine renferme quelques ruines intéressantes, entre autres, le fameux temple de Minerve (Gg. ^35) connu sous le nom de temple
de Jupiter Panhellénicn, Le temple de Minerve, élevé sur trois gradins apparents faisant le tour de l'édiDce, avait six colonnes de face sur
LES ILES DE LA GRËCE
douze de côté, en comprenant celles des angles. A l'intérieur, il contenait deux colonnades superposées. Le sujet représenté sur le fronton orienlal était l'expédition des héros éginëtes sous la conduite de Minerve, et on voyait sur le fronton occidental (Dg. 436) 1c combat desGrecset des Troycns autour du corps de Patrocle. Ces sculptures ont un caractère archaïque très prononcé, qui fait un singulier contraste avec celles du Parthénon, exécutées peut-être un demi-siècle aprùs.
C'est principalement Hur les restes du temple d'Égine que se sont appuyés les architectes qui ont voulu démontrer que la polychromie était en usage dans les monuments grecs.
« En effet, dit M. Charles Garnier, il n'y a pas, en Grèce , de temple qui conserve autant de traces de couleur que celui d'Égine, et, malgré les vingttrois siècles qui se sont écouliJs depuis sa fondation, les couleurs que l'on retrouve sont encore quelquefois d'un grand éclat et d'une grande vivacité.
Lorsque j'en présentai la restauration extérieure et intérieure, tout était complèlemenl peint avec des tons très vigoureux. Je ne m'étais pas laissé aller k un caprice, mais j'avais suivi toutes les données qui
4to LA GRÈCE.
exisfaient et qui avaient été vues soit par les voyageurs qui m'avaient précédé, soit par moi-même, n
C'est dans llle d"Égine que la numismatique parait avoir pris naissance : les monnaies de llle d'Égine (Bg. 437-438) sont d'un caractère ex- "* "iioiiD«iB d-Égine' * "* trômement archaïque.
Les ILES DE LA MER Égée. — La formation de ces lies, d'un sol généralement volcanique, s'expliquait mythologiquemcnt par l'effroyable combat dans lequel les géants avaient fini par être écrasés sous les roches amoncelées. Poséidon (Neptune) avait joué un rôle im-
portant dans ce combat et puissamment contribué à ta victoire de Jupiter. Une curieuse peinture de vase (flg. 439) montre le dieu des mers, qui vient de terrasser avec son trident le géant Éphialles, et qui Ee prépare à l'ensevelir sous le poids d'une ile qu'il tient à la main. Celte Ile est rendue sous la forme d'un rocher sur lequel on voit figurer des animaux et des plantes, qui expriment les productions de ec rocher. Dans les récits poétiques, ce sont do véritables lies et des contrées eniières que les dieux lancent contre les géants.
La plus importante des îles de la mer Égée est celle de Le^nnos (Staliméne}.
LES ILES DE LA GRÈGE
Cette île volcanique était mythologiquement le séjour de Vulcain, qui tomba là lorsque son père le précipita du ciel. Il y établit sa première forge, fable qui prouve que les habitants de Lemnos ont été, dès la plus haute antiquité, renommés pour leur habileté dans les travaux métallurgiques. C'est à Lemnos que le dieu forgeron épousa Vénus et découvrit ses intrigues avec Mars. Les femmes de Lemnos reprochèrent à la divinité son inconduite avec une vivacité telle, que Vénus irritée les frappa d'un fléau qui éloigna d'elles leurs maris. Furieuses de cet abandon, les Lemniennes massacrèrent tous les hommes de l'île, laquelle, par suite de ce crime serait infailliblement devenue déserte, si Jason et ses Argonautes n'étaient passés par là quelques années après. Telles sont les traditions mythologiques de Lemnos et elles étaient si populaires en Grèce que, pour parler dlune femme atroce, on la qualifiait de Lemnienne"! C'est aussi à Lemnos que Philoctète iut abandonné par les Grecs. Dans la période historique, Lemnos fut une île florissante par son industrie, mais elle n'a aucun monument qui puisse témoigner de son ancienne opulence.
Samothrace, île peu fertile et dépourvue de commerce, a du toute sa célébrité dans le monde antique à ses mystères religieux, où l'on retrouve une influence phénicienne très prononcée. Toutelois le culte énigmatique des dieux Cabires, dont la mythologie grecque taisait des fils de Vulcain, n'a pas encore été expliqué d'une manière bien satisfaisante. Ce futàSamothraceque le Phénicien Cadmus épousa Harmonie et vit tous les dieux conviés à son festin de noces. On trouve aans cette île quelques constructions cyclopéennes, et les restes d'un temple qu'on croit avoir été dédié aux dieux Cabires.
L'île de lliasos, où les Phéniciens exploitaient autrefois des mines d'or, est située près des côtes de Thrace. Quelques restes de fortifications antiques subsistent encore dans cette île. Hercule et Bacchus étaient spécialement honorés à Thasos, et l'image de ces divinités est un emblème assez fréquent sur les monnaies de la ville (fig. 440).
Fig. 440.
If onnaie de Thasos.
Les Cyclades. — On donne le nom de Cyclades (fig. 441) à un groupe d'îles situées au nord de la Crète, entre la Grèce et l'Asie Mineure. Habitées par une population mixte, où les Grecs se trouvaient mêlés à d'anciens colons phéniciens, ces îles ont longtemps servi de trait d'union
entre l'Europe et l'Asie, et l^civilisalioay apris de bonne heure un assez grand développement. Lei Iles qui composent l'archipel des Cyclades
sont fort nombreiisos; nous nous conte niomn'; de nommer les principaïes.
Déhs, l'Ile sacrée d'Apollon, que
Neptune avail fait sortir des eauï pour
servir d'asile à Lalonc cl qui, après avoir
longtemps llotlê sur la mer, s'était enfin
fixée au centre de l'archipel, était un des
lieux de pèlerinage les plus fréquentés
de la Grèce. Elle n'a pas laissé de ruines
importanles, mais les débris disséminés partout atlcslcnt la grandeur
de cet antique sanctuaire (fig, iii2-iî|3).
Mélos (Milo), oii on a retrouvé la fameuse statue du Louvre, a conservé les ruines d'un théâtre et plusieurs tombeaux. La pomme qui parait sur les monnaies de Mélos rappelle à la fois le nom grec de Hle qui veut dire pomme, et le fruit qui était un aijribui de Vénus, divinité spécialement adorée à Mélos.
Naxos, de tous temps renommée pour ses vins exquis, était l'île chère à Bacchus : c'est sur ces rivages qu'il rencontra Ariane, que l'hésée avait abandonnée.
UoDiiaie da CùKjn.
LES ILES DE LA GRÈCE. il3
Iles Ioniehhes, — On désigne sous le nom dlles Ioniennes un groupe d'Iles qui s'étend irrégulièrement, du nord au sud, le long de la côte occidentale de la Grèce. Dans l'antiquité, ces lies étaient absolument séparées et indépendantes, en sorte qu'elles n'ont pas eu d'histoire collective.
Corq/ra (Corfou) est le pays des Phéaciens , dont le roi Alcinoûs donna l'iiospilalité à Clysse. On montre encore l'endroit (tout 6, fait hypothétique, bien entendu) où la belle Nausicaa allait laver son linge lorsqu'elle aperçut le héros pour la premièrefois.On a tentéquelques fouilles dans l'antiqueville de Corcyre, d'après la description qu'en fait Thucydide; mais elles n'ont pas amené de résultats bien importants (fig. khh' 4(i5).
L'Ile de Paras et celle de Leucade, où était autrefois un temple d'Apollon, n'offrent aujourd'hui rien de bien intéressant.
Ithaque, où vécut la cbaste Pénélope, possède quelques débris de l'âge pélasgique, qu'on a voulu rattacher aux souvenirs d'Ulysse {fig. Uti6). Un débris d'enceinte, qu'on a baptisé palais d'Ulysse, un rochcroù se cachèrent les prétendants pour surprendre Télémaque à son retour de Pylos, et une plaine où le berger Eumée menait paître ses troupeaux, sont les principales curiosités qu'on montre aux voyageurs.
Cêphatinie , la plus grande des îles Ioniennes, et Zacynlhe, où Énée éleva un temple à Vénus, n'ont pas conservé d'antiquités remarquables. Quant à Cythire (Cérigo), elle ne présente aujourd'hui qu'un rocher stérile, incapable de nourrir quelques malheureux qui l'habitent et hanté par d'innombrables chauves-souris. On n'a retrouvé aucune trace du temple de la déesse qui faisait naître des fleurs sous ses pas. Cythère a été autrefois une colonie phénicienne et l'on pense que c'est par là que le culte de Vénus a été introduit en Grèce.
LES CONTRÉES DU NORD
. — La MiCÉDOiNi. — L* Thi — La «litt. — La pAHNOiftE.
- La ScttHiE.
L« MONARCHIE MACÉDONIeN^E. — La Macédoinc ((ig. /|/|7) a été longtemps considérée par les Grecs comme une contrée à peu près barbare. C'est un pays, en général stérile, qui s'étend entre la Thcssalie, l'illyrie
417, — Carte de U U.
et la Thracc. A part quelques colonies grecques (établies sur ces côles, la Macédoinc n'a, pour ainsi dire, pas d'histoire avant Philippe et Alexandre. Ce pays fut compltilcmenl en dehors de la civilisation grecque des premiers temps. Cet isolement s'explique par les hautes montagnes qui séparent la Macédoine de la Grèce : le mont Olympe était considéré comme inaccessible, et les Grecs franchissaient bien rarement ses cols abrupts et ses gorges arides. Les côtes seules, profondément échancrées par la mer Egée, présentaient quelques villes
LES CONTRÉES DU NORDi 415
fraDchemeDI grecques et qui c'avaient que peu de rapports avec celles de l'intérieur. Ce fut, eo réalité, Philippe qui fonda la puissance macédonienne, en lui doDuant une organisation toute militaire, qu'Alexandre développa encore. A l'aide de celte armée, Alexandre commença par imp<Ber son pouvoir à la Grèce et se rendit ensuite maître de l'Asie jusqu'à l'Indua. Les traits d'Alexandre nous ont été conservés sur pluKcurs bustes, et le héros nous apparaît avec son costume do guerre sur la fameuse mosaïque de Pompéi, dont la ligure AUS reproduit un fragment.
Pig. 44B. — Alsundie le Oraud.
P'apiii une moulque do Pampii.)
Les cheveux du roi sont châtains. Sa cuirasse est hlanche avec une ceinture verte bordée de jaune ; la Gorgone qui est peinte au milieu a le visage couleur de chair et tes cheveux blonds avec des serpents verts. Les deux épauliôres de la cuirasse sont rougeâtrcs avec des ornements blancs et les attaches sont en cuir. Le manteau qui est pardessus la cuirasse est d'un rouge violâtre.
La Grèce, asservie par Alexandre, initia ses vainqueurs a sa civilisation à ce point qu'il n'y eut bientôt plus de différence entre un Grec et un Macédonien. Les Macédoniens avaient tout à gagner à ce contact; mais les Grecs, eo perdant leur indépendance, se pliârenl aux mœurs monarchiques.
LA GRËCE.
Certaine; etnblèmos furcDl adoptés par les rois de Macédoine, et les monnaies les représentent quelquefois avec des cornes. Fious avons déjà expliqué pourquoi Alexandre se fit proclamer Qls d'AmmoD, et nous avons donné ((i$. 60} une médaille qui le représente avec des cornes de bélier. Les cornes se M«d»iiia ffAieiaadro. rctrouvent également, mais dans une
disposition dilTùrcnto, sur ta figure E|ii9-ù50 et le même emblème se rencontre sur plusieurs rois de Macédoine, comme on peul le voir sur la figure /|5i-Z|53, qui représente une médaille d'Antigone Gonatas, Cet emblème, du reste, n'est pas particulier à la Macédoine, et il peut être appliqué, en général, '''»■ '^^- "a- **■
MMïille d'Anligono QoiuUu.
à tous les successeurs d Alexandre. Il en est de même pour les insignes d'autorité, et le disdënie que nous voyons à Philippe V (Bg. 453) ne diffère pas essentiellement de ceux que nous avons vus auxPlo-
lémécs (fig. 50 et 5/i} ou bien aux Séleucides (fig. 305, 307, 309), Il n'y a donc pas à insister sur les emblèmes macédoniens, qui ne présentent rien d'absolument spécial.
La Macédoine. — La Macédoine n'est pas aussi riche en villes célèbres que le Péloponnèse ou la Grèce propre; cependant il y en a quelques-unes qu'il est nécessaire do signaler ici,
Pella, lieu de naissance d'Alexandre le Grand, fut, à partir de Philippe, la résidence habituelle des rois de Macédoine. Ce privilège lui fut donné à cause do la situation exceptionnellement forte de cette ville, qui renfermait le palais, le trésor des rois de Macédoine et la prison d'État. L'emplacement de l'ancienne ville a été nettement déterminé; les monuments qui l'cnricliissaient ont tous disparu.
Édcsse ou Éyée {aujourd'hui Vodkena), l'ancienne capitale de la Macédoine antérieurement à Philippe, contenait les tombeaux des rois, qui devaient toujours être enterrés eu ce lieu, parce qu'un oracle avait
LES CONTRÉES DU IfORD. 417
{)rédit que, si leurs cendres reposaient ailleurs, le pays serait expose aux plus grandes calamités. On a retrouvé dans cette contrée de nom* breuses antiquités, mais peu de ruines importantes.
Élevée sur les flancs d'un coteau qui domine la mer, Tandenne Therma ne fut d'abord qu'un petit bourg de la Macédoine. Cassandre, un des anciens généraux d'Alexandre, l'agrandit considérablement et l*appela ThessaUmique^ du nom de sa femme. Cette ville devint trèsimportante sous la domination romaine, et, au temps de Strabon, elle était la première des villes de Macédoine. Elle se couvrit de monuments splendides, parmi lesquels on citait notamment son hippodrome, qui rivalisait avec ceux de Rome et de Byzance. Sous Théodose, les courses ■de chars occasionnèrent une émeute terrible entre les différents partis du cirque. On traîna dans la boue les images de Tempereur, qui se vengea par un terrible massacre : ce fut à tette occasion que saint Ambroise soumit Théodose à une pénitence publique, demeurée célèbre 4ans l'histoire
Thessalonique a été longtemps considérée comme la capitale du christianisme en Orient; la plupart des monuments qu'on y trouve se rattachent à la période chrétienne. Les propylées de Thippodrome ont laissé des restes intéressants, entre autres des cariatides qui sont maintenant au Lou\Te : d'après les légendes locales, ces ûgures, autrefois vivantes, auraient été pétriûées par enchantement.
On voit aussi dans la ville un arc de triomphe à moitié ruiné, élevé par Constantin; mais ce sont surtout les vieilles églises, du plus ancien style byzantin, qui constituent la valeur archéologique de Thessalonique. La plus curieuse, dédiée à saint Georges, est connue sous le nom de la Rotonde, et remonte, dit-on, à Constantin. Les mosaïques qui la décorent sont considérées comme Tœuvre capitale des peintres byzantins. La cathédrale, élevée par Justinien sur le même plan que Sainte-Sophie de Constantinople, est également ornée de mosaïques célèbres.
Pydna est la première ville maritime que les Macédoniens aient possédée : c'est aussi près de cette \i\\e que s'est livrée la fameuse bataille après laquelle les Romains, commandés par Paul-Émile, devinrent maîtres de la Macédoine. Les localités voisines ont gardé de nombreuses traces de cette importante cité, qui n'a pourtant laissé aucun monument; mais les tombeaux découverts par M. Heuzey sont extrêmement intéressants au point de vue archéologique.
Akanthos (Érisso) a est cette langue de terre, large tout au plus de
2 kilomètres, que Xeraès fit couper pour éviter de doubler le promontoire d'Acié, autrefois si fatal à la flotte de Darius. Plusieurs auteurs, ancleus et modernes, ont regardé cette entreprise de Xentès comme une fable sortie de l'imaginatioD des historiens grecs, mais les découvertes récentes ont donné raison aus assertions d'Hérodote et de Thucydide; on retrouve encore, du côté sud, des excavations, des terraswments et des fondations qui indiquent la direction du canal de Xersès. L'exécution du travail était facile, grâce à la nature du terrain : on comprend d'ailleurs ces avantages à une époque où la navigation était peu avancée; car, même de nos jours, les marins grecs hésitent à doubler le mont Athos pendant les mois d'hiver, n "
Les monnaies d'Akanthos, en Macédoine (Qg. l\5li'kbb), présentent souvent, et sous divers aspects, l'image d'un lion terrassant un taureau; les archéologues voient dans cet emblème une importation orientale. La victoire du lion sur le taureau représentait, dans lescultesdc l'Orient, le triomphe du soleil sur les ténèbres, ou de l'âme sur la matière.
Otynth» était située sur le promontoire de Pelléne (Cassandra) et en vue du golfe de Salonique. Les ruines de cette ville ont servi de carrière aux moines du mont Athos pour la conslruclion de leurs couvents.
Polidée, dont l'antique port n'est plus qu'un vaste marais, n'a conservé d'autre trace qu'un reste de muraille qui traversait l'isthme. Au sud de la Macédoine, il faut nommer l'antique Dion (Malalhna) où l'on a retrouvé quelques antiquités.
Amphipolis, près do l'embouchure du Strymon, a gardé quelques restes do ses fortifications ; mais, parmi les anciennes villes de Macédoine, il en est pou qui aient conservé des ruines aussi importantes que Philippes. Cette ville, située sur les confins de la Thrace, est célèbre par la défaite de l'armée de Brutus et de Cassius, poursuivie par celle d'Octavo et d'Anloinc ; c'est là aussi qu'eut lieu la première prédication de saint Paul en Europe. L'enceinte hellénique et l'Acropole montrent, par leurs débris, l'importance militaire que cette place avait dans l'antiquilé. On y voit aussi les restes d'un théâtre et de nombreuses inscriptions et monuments votifs disséminés dans les rochers du voisinage.
LES CONTRSeS du NORD. tift
La Thrace.— La Tlirace est une contrée située au norddelaMacédoîne et dont les limites ont beaucoup varié. Elle est demeurée étrangère au grand courant de la civilisation; Içs villes que nous signalerons sont toujours des colonies grecques ou romaines. Quelquesunes sont fort anciennes. Les plus importantes sont :
j46(f*re(flg.456-i57), ville dont la fondation mythologique remonte à Hercule, et qui a joué un grand rôle dans Itiistoire : elle n'a pas laissé de ruines; HèracUe ou Pirinthe, lieu de retraite d'Alcibiadc ; Adrianopolis (Andrinople), ville importante, élevée par Hadrien sur l'emplacement de la très antique cité d'Orestias, où Oreste '^'s-*^- A-khàt^^*"'
s'était puriné du meurtre de sa
mère; enfin, Byzance, qui était dûjà importante sous les Grecs, et qui devint la capitale de l'empire d'Orient. Nous reparlerons plus loin de celte ville, dont les souvenirs et les monuments se rattachent presque tous à l'époque byzantine.
L'Illyrie. — Cette contrée, qui s'étendait le long de la mer Adriatique, comprenait l'illyrie grecque au sud et la Dalmatie au nord.
Les principales villes de l'Illirie grecque sont : Apoltonia et Dyrrachium. C'est un monastère qui occupe aujourd'hui l'emplacement d'Apollonia, ville opulente, où Octave achevait ses éludes lorsqu'il fut rappelé à Rome par la mort de César. On y a découvert plusieurs froments antiques apportés depuis au musée du Louvre.
Dyrrachium (Durazzo) est une colonie romaine qui a remplacé l'ancienne ville grecque d'Èpidamnos. Celait le port le plus fréquenté pour se rendre de Grèce en Italie, Ce port, centre d'un commerce immense, présentait en tout temps une extrême animation. Cicéron vint y passer son temps d'exil, lorsqu'il fut chassé de Rome. « Je suis venu à Dyrra' chium, — dit-il, dans une de ses lettres, — vil' s libre, agréable et voisine de l'Italie; mais si son bruit me gêne, je me rendrai ailleurs. » Les villes de grand commerce étaient, en effet, fort bruyantes. Dyrrachium a conservé une partie de ses murailles romaines, et un grand nombre de fragments antiques sont encore encastrés dans des constructions d'une époque postérieure. Les monnaies de Dyrrachium et d'Apollonia représentent une vache allaitant son veau.
Il faut encore citer l'antique fAchnidos, qui n'a pas laissé de mines.
Salone, dans Tancienne Dalmatie.'est la ville où Dioclétien s'était
PIg. 458. — PliD da pilali de Dioclélien 1 fïilana tSpalg (smple d» Jnpim oa de Diine G. P. O. II. — Sil1«> di
(C»th*d«lB).