‹ La Vie privée des anciens v. 4 1883 (volume 4)Chapitre 34 sur 54 · LL. — Li purte de kr «1 U port · texte numérisé non relu

LL. — Li purte de kr «1 U port

D. - Veatibule dTioDaour.

U. — U pont de U mac.

retiré après son abdication, et le palais qu'il y éleva est le monument le plus important de l'architectare romaine au iv siècle.

LES CONTRÉES DU NORD

L'Édifice avait une forinc rectangulaire et so divisait en quatre parlies S45parée3 par de longs portiques se coupant à angles droits dans les deux ases. Ces galeries aboutissent ainsi à quatre portes, désignées de la façon suivante (Qg, ù58) ; K, la porte dorh, au nord, était l'entrée principale de l'édifice; sur les côtés latéraux L, L, la porte de fer et la porte d'airain, el, au sud, du côté du golfe M, la perte de mer, qui s'ouvrait sur un souterrain exlrômement étroit. , Cette partie du palais, qui regarde la mer, contenait les appartements intimes, tandis que celle qui ouvre du côté de la porto d'or, K, était destinée aux prétoriens et aux gens de service. Ces derniers bâtiments (I et J du plan) sont aujourd'hui détruits.

Iliuclotian. — Péiialjlc.

Il n'en est pas de même du côté méridional, oii l'on retrouve encore d'imposants débris. Si, par exemple, on se place à peu prés au centre du plan, on aura devant soi le péristyle de l'ancien palais, tel que le représente notre figure 459 ; c'est ce qu'on appelle aujourd'hui la place du dôme. Elle est décorée de grandes colonnes à chapiteaux corinthiens supportant des arceaux en plein cintre, système contraire aux habitudes de l'arcliiteclure romaine, mais dont le style byzantin et romain devait offrir, par la suite, de nombreux exemples. Au fond de ce péri-

in LA GnËCB.

stjle on \on au sud une logg a tlt te tur quelques marches et soutenue par quatre b Iles colonnes de granit rouge Cette loggia donne acLts dans une consincton c rcula re D {fq !|5R1 qui paraît

avor été le seslibulc d honneur des apparlcmcnts imper aux Ceux-ci sont extrêmement délabrés on a cru retrouver I emplacement de quelques salles E F G H mais 1 st b ci d llicile de i dclcrmiier la destinât on

LES CONTRÉES DU NOUD. 423

Le petit bâtiment B a été longtemps désigné sousIenomd'Esculape; on croit y reconnaître aujourd'hui le mausolée même de Dioclétien. La partie la plus importante de ces ruines est le bâtiment marqué A; c'est un ancien temple de Jupiter ou de Diane, dont on a fait la cathédrale en y ajoutant un campanile qui date du xv* siècle. Notre figure 460 montre l'intérieur de ce temple, qui présente à l'extérieur une forme octogone. La décoration interne a subi récemment encore d'importantes modifications, nécessitées par les besoins du culte, modifications qui ont eu l'inconvénient d'altérer le caractère du monument.

L'enceinte du palais de Spalato est composée de murailles construites en grosses pierres à la base et flanquées de tours; celles qui occupent les angles de l'édifice avaient quatre étages, et quelques-unes sont encore debout. La façade du côté de la mer est décorée de 50 pilastres doriques et de 50 arcades formant une galerie portant probablement une rangée de statues. On a trouvé dans les ruines une foule de fragments antiques, qu'on a réunis pour en former un petit musée.

L'IsTRiE. — L'Istrie, petite presqu'île baignée par l'Adriatique et qu'on considère quelquefois comme faisant partie de l'Italie, passait dans l'antiquité pour une contrée à peu près inculte et dont les habitants étaient adonnés au brigandage.

La seule ville digne d'être mentionnée est Pola, dont la fondation remonte à une époque mythologique ; très importante sous la domination romaine, elle a laissé des ruines magnifiques en témoignage de sa grandeur passée : u En premier lieu, dit le Guide en Grèce, un amphithéâtre (fig. 461) plus vaste que celui de Nîmes, mais inférieur à celui de Vérone (141 mètres de long sur 115 mètres de large). La circonférence extérieure, si souvent ruinée dans les édifices de ce genre, est d'une remarquable conservation. Il est bâti sur une hauteur, de telle sorte que, du côté de la terre ferme, il ne présente qu'un rang d'arcades, tandis que, du côté de la mer, il y en a deux rangs, surmontés d'un étage supplémentaire. Deux temples: le temple de Rome et d'Auguste, édifice d'une excellente conservation et d'une rare élégance, malgré sa petitesse, et datant évidemment du siècle d'Auguste ; \e temple de Diane, moins bien conservé, et converti en habitation moderne. On le désigne vulgairement sous le nom de Palais de Julie, probablement en souvenir de Julia Domna, femme de Septime Sévère, qui avait une prédilection particulière pour ce pays. La Porte dorée (Porta aurea), espèce d'arc de

LES CONTRÉES DU NORD. 435

triomphe élevé par un certain Sergius, forme encore la porte sud de la ville. On peut citer encore deux autres portes {Porta'herculea et Porla germina) et quelques portions des anciens murs. Tous ces édifices sont d'un calcaire blanc à grain fin, assez semblable à du marbre. Il ne reste malheureusement rien du théâtre romain, qui a été détruit, en 1636, pour bâtir la citadelle, ni des nombreux tombeaux et sarcophages, semés autour de la ville, dont Dante fait mention, n

La MÉsiE. — L'ancienne Mésie, dont l'emplacement est à peu près celui qu'occupent aujourd'hui la Bosnie, la Servie et la Bulgarie, était une vaste contrée peu habitée et qui passait pour malsaine à cause des marécages formés par le Danube. Sous la domination romaine, la Mésie fut dotée d'importantes voies de communication ; mais elle ne posséda jamais beaucoup de villes florissantes et n'a gardé nulle part de monuments qu'il soit important de signaler.

La Pannonie. — La Pannonie, que les Romains divisaient en supérieure et inférieure, répond aux provinces de l'Autriche situées au sud du Danube. Les peuples qui l'habitaient étaient sauvages et très belliqueux. Les Romains s'en emparèrent à cause des positions militaires qu'il était important pour eux de garder; la civilisation antique n'y prit jamais aucun développement, et, au point de vue auquel nous nous sommes placés, la Pannonie est une contrée qu'il faut nommer, mais sur laquelle il n'est pas utile de s'étendre.

La Dacie. — Au nord du Danube on trouvait la Dacie, qui forme aujourd'hui la Valachie, la Moldavie et une partie de la Hongrie. Les peuples barbares qui habitaient ces parages passaient pour extrêmement farouches. Ils ne furent soumis que sous Trajan, qui fonda dans la contrée de nombreuses colonies. La figure 462 représente Trajan imploré par les Daces : on sait, en effet, que ce fut pour perpétuer le souvenir de la brillante expédition de cet empereur que fut élevée la colonne Trajane, où l'art trouve de si beaux modèles, et l'archéologie de si précieux documents.

Bien que la Dacie ne soit pas restée bien longtemps sous la domination romaine, elle en a conservé quelques souvenirs. Le plus curieux, assurément, est le pont élevé par Trajan sur le Danube. Ce pont célèbre a été jeté sur le fleuve par l'architecte Apollodore de Damas, qui éleva aussi, à Rome, la colonne Trajane, sur laquelle le pont dont nous parlons 1. 54

LES C0RTBÊE5 DD SOKO. OJ

est figuré (fig. &6S). Cest l'otiTrage de ce genre le plus bardi qu'ail cxécdté l'aotiquité. le fieure en cetetidroit a'a^ant pas moins de

le. Ml. — PoMd* TT^an

1,206 mètres de large et de 6 mètres de prorondeur. Les piles en sont encwe visibles quand les eaux sont basses.

La Sctthib. — Les vastes coatrécs qui forment aujourd'hui h Russie et la Tartarie indépendantes étaient désignées, dans l'anliquiié. sous le nom de Scythie. Tous les peuples qui habiiaieiit depuis le mont Imaûs (Hymalaya) jusqu'à la Germanie élaienl considérés comme di's Scythes; la distinction, assez vague d'ailleurs, qu'on faisait entre les Sci'thes d'Europe et les Scythes d'Asie, était purement géographique, et n'impliquait nullement aux yeux des anciens une différence de race ou de nation. Us n'avaient aucune notion do l'étendue de ces contrées du côté du nord et l's regardaient comme absolument inhabitables.

K Dans tout le pays dont je viens de parler, dit Hérodote, l'hiver est si rude et le froid si insupportable pendant huit mois entiers, qu'en répandant de l'eau sur la terre on n'y faii point de boue, mais seulement en y allumant du feu. La mer se glace dans cet aiïreux climat, ainsi que tout le bosphore Cimménen; les Scythes do la Chcrsonëse passent en corps d'armée sur cette glace et y conduisent leurs chariots.... Quant aux plumes dont les Scythes disent que l'air est tellement rempli qu'ils ne peuvent ni voir ce qui est ;iu delà, ni pénétrer plus avant, voici l'opinion que j'en ai. Il neige toujours dans les régions situées au-dessus de la Scythie, mais vraisemblablement moins en été qu'en hiver. Quiconque a vu de près la neige tomber ù gros flocons, comprendra facilement ce que je dis : clic ressemble en effet à des plumes. Je pense donc que cette partie du continent qui est au nord est inhabitable à cause des grands froids, et que.

L« Toi Uokadphii^).

lorsque les Scythes et leurs voisins parlent de plumes, ils oe le font que par comparaison avec la neige. Voilà ce qu'on dit de ces pays si éloignés, n

Le pays occupépar les Scythes était trop pauvre pour tenter beaucoup Pambitiondesconquérasts; mais, par une raison inverse, leurs hordes nomades ont plus d'une fois envahi des contrées plus favorisées. Il n'y a pas jusqu'à l'Inde ou ils n'aient pénétré, et ce qui est plus extraordinaire, c'est qu'on a conservé un monument de leur passage. Cest une monnaie (fig. £|6Ù-I|65) où l'on voit, d'un c6té, le roi scjthe Mokadphtsés, et de l'autre, Siva sur le bœuf Nandi. Ce roi barbare porte une espèce de gros paletot qui lui donne l'air assez étrange.

Toutefois quelques colonies grecques vinrent s'établir sur les côtes de la Scythie, principalement à l'embouchure des grands fleuves. Après avoir traversé de vastes solitudes, le Tanals se jette dans une espèce de grand lac ou de mer, appelé Palus Méotide (mer d'Azof), qui se joint au Pont-Euxin (mer Noire] par le bosphore Cimmérien. Là était la ville grecque de Panticapée, qui fut longtemps capitale d'un petit royaume sur la côte orientale de la Chersonèse tauriquc. » Panticapée — dit Slrabon — couvre les flancs d'une colline de 20 stades de circuit. Dans sa partie orienlalc se trouvent le port, des arsenaux ou chantiers pour trente navires environ et aussi l'Acropole. Celte ville est d'origine roilùsienne. n Nous donnons (fig. I|66'/|67) une monnaie de Panticapée : elle représente, d'un côté, la tête de Pan, de l'autre, un grilTon.Le griffon est un animal fabuleux qu'on disait habiter du côté des Scythes.

L'EMl'lHE D'ORIENT

NOTioKS HisTOHioDES. — L'empire d'Orient a éiù constitué définitivement à la mort de Tliéodosc, l'an 3'J5 du noire ère. Un partage

Fig. 468 — Bi>Li(

t déjà èlé tait en 30!i, entre Valentinien I" et V.ilen<i, et Dioclétic

«0 LA CnËCB.

avait établi une séparatioa entre les provinces de l'Occitleni et celles de l'Orient. NéaDinoins Arcadius, Tils de Théodose, est regardé comme le premier des empereurs d'Orient, La première période de l'empire d'Orient est la seule qui se rattache à l'antiquité ; car, à partir du VII* siècle, c'est l'esprit du moyen âge qui domine partout. Le v* et

le VI* siècle sont donc les seuls dont nous devions nous occuper ici. Un très grand changement dans les mœurs s'opère à celte époque. Le culte des anciens dieux a fait place partout au clirîstianisme triomphant. Les empereurs, tous occupés de querelles théologiques, ne savent pas résister aux Barbares, et l'empire s'afTaiblit sans

L'EMPIRE D'ORIE.NT

cesse par des divisions intestines. Il semble que l'Orient, conquis autrefois par Alexandre, s'impose maintenaDt au vieui monde grec, twnbé en décrépitude. Des intrigues de femmes et d'eunuques et des conspirations de palais remplissent toute cette longue histoire, qui rappelle de tout point celle des grandes monarchies d'Asie. Dans toute cette

période, le peuple ne compte pourrien, cl, s'il fait acte d'existence, c'est seulement lorsqu'il s'agit des jeux du cirque ou lorsqu'il prend part aux subtilités des diepules religieuses; mais le sentimcat de la patrie, qui était la passion dominante de l'antiquité, a complètement disparu

«âS LA GRECE.

La figure Z|68, qui montre l'empereur Théodose eotre ses deux fils, Honorîus et Arcadius, présente une physionomie qui tient plus du moyen à^e que de l'antiquité. Mais, avec les grandes mosaïques de saml Vital de Baveane, exécutées sous JustiDien , on sent que le monde antique est absolument fini et que l'humanité cherche dans une direction nouvelle les principes qui doivent la guider.

Dans la flgure Z|69, l'empereur Justinien, la t4te au milieu du nimbe, apparaît entouré de son clergé et suivi de ses gardes . l'évftque tenant la croix, les prêtres portant les saintes reliques et les instruments du culte.marcheatàses côtés.

L'impératrice IhéoUora, celte comédienne, qui, après avoir été au théâtre, fat élevée à la souveraine puissance, figure au centre de la coniposilion suivante {fig hlO) elle est niinbec comme son époux, et, suivie de ses femmes elle porte au temple ses offrandes. Son costume est d'une 3 inouïe Une chose remarquable c'est l'ovale très allongé de Msage sur lequel percent Icux grande yeux noirs avec les sourcils

L'EMPIRE D'OBIENT.

qui se rejoignent. Quelques auteurs ont cru voir dans cette curieuse physionomie uoe intention de l'artiste, qui aurait voulu rendre ainsi une eiqiression lascive rappelant les longues prostitutions de l'impératrice; mais l'art byiantin n'avait guère de ces finesses et s'inquiétait assez peu de la mobilité des traits. Il faut remarquer, d'ailleurs, que les femmes représentées sur cette mosaïque se ressemblent toutes, ce qui dénote chez le peintre l'habitude d'exécuter de pratique des risages d'après un type déterminé.

Le diptyque d'Anastase nous montre les transformations du costume Ktnsuiaire, au commencement du vi* siècle. Anastase était consul d'Orient pour l'année 517 : il est représenté assis sur sa chaise curule (fig. ii71). De la main droite, il lient la mappa circensis, avec laquelle il donnait le signal des jeux, et, de la gauche, le seipio ou sceptre consulaire.

GoNSTAnTiNOPLE. — La ville de Constantinople (fig. A72), élevée sur remplacement de l'ancienne Byzance, a été de tout temps la capitale de l'empire d'Orient. La fondation de Byzance remonte au vn* siècle avant notre ère : un oracle d'Apollon avait déterminé l'emplacement

Plan de ConituitÏDOpla i

de la ville, qui occupait le sommet d'un triangle formé par la jonction des eaux de la Proponlide (mer de Marmara), du bosphore de Thrace et de la rivière Lycus. C'était un sol privilégié où l'on trouvait tout en abondance; néanmoins Ja richesse de Byzance venait surtout des droits qu'elle prélevait sur les navires qui allaient chercher du blé dans le Pont-Euxin. Cette ville fut, dans l'antiquité, beaucoup plus commerçante que guerrière. Après avoir été soumise aux Perses et mêlée aux

43f LA GRÈCE.

querelles d'Athènes et de Sparte, elle devint l'alliée des Romains et finit par être annexée à l'empire.

Constantin voulut faire de Byzance sa capitale et changer son nom en celui de la Nouvelle-Rome, mais le nom de Constantinople a prévalu. Le triangle au bout duquel était bâtie l'ancienne cité comprenait sept collines, que l'empereur voûtait faire entrer dans la ville nouvelle. Constantin, à pied et suivi d'un nombreux cortège, traça lui-même avec la pointe d'une lance l'enceinte de sa capitale, prétendant suivre ud guide divin, invisible pour ses courtisans.

Si Constantin a transformé Byzance et fondé en quelque sorte la nouvelle capitale de l'Orient, les .

bâtiments qu'il y a élevés ont sans doute étéfaits à la h&te, car il n'en est rien resté, et la grande époque de Constantinople, au point de vue de l'architecture, est le règne de Justinien. Au reste, cette ville, qui était encore si splendide au temps des croisades, offre aujourd'hui peu de vestiges de son ancienne magnificence.

Le palais impérial. — Le palais impérial, abandonné dés le XH* siècle de noire ère par les empereurs byzantins, n'a laissé aucune trace, et son emplacement môme est occupé aujourd'liui par un quartier turc. On croyait autrefois que le palais impérial occupait exactement l'emplacement des jardins du sérail, mais cette hypothûse est maintenant abandonnée. On admet généralement que l'ancienne Byzance était située à la pointe de la Corne d'Or; Constantin établit sa résidence au sud de la vieille cité, c'est-à-diro sur la côte qui regarde la mer de Marmara, formant aujourd'hui le quartier qui s'étend de Sainte: -Sophie à l'hippodrome et au centre duquel se trouve la mosquée d'Achmelh.

« Ce palais, dit H. Labarte, ne présentait pas un édifice régulier avec une f;ii;ade pompeuse ouverte sur une place publique. Originairement élevé par Constantin, dont il portail le nom, il avait élé reconstruit en partie par Justinien au vi' siècle. Depuis et durant cinq siècles, desconstruc lions importantes y avaienlété successivement ajoutées par plusieurs empereurs, en sorte que, au lieu de présenter un tout homogène, le palais impérial n'était autre chose qu'une accumulation d'édifices de différentes époques plus ou moins heureusement agencés. »

L'EMPIRE D'ORIENT

Ce fut la conquête de ConstaDlinople par les Laliiis qui causa la ruine du palais impérial et de l'hippodrome, qui y atlcnait. Comme il ne reste aucun vestige des bàlimenls qui composaient ce palais, il est difficile d'en donner une description. On distinguait dans le palais trois groupes principaux : la Chaicé et la Daphné, deux bâtiments qui datai'înt de Gonslanlin, servaient aux réceptions ; la Palais sacré, donnant sur les jardins , contenait lus appartements priVL's ■!

l'empereur, Lesjarii.

contenaient en ouU' plusieurs chapelles et divers petits édifices, parmi lesquels il faut citer le Palais de porphyre, où les impératrices faisaient leurs couches, ce qui a fait donner le nom de ForphyrogénÈtes à plusieurs princes byzaiilios, nés en ce lieu. Il j avait aussi un donjon , dernier refuge des empereurs en cas de sédition, avec un port réervé au service par-

ticulier de la maison impériale. Enfin un phare correspondait avec un édifice semblable sur la côte d'Asie, et un système de sémaphores, s'étendant jusqu'aux extrémités de l'empire, transmettait, par le signal des feux qu'on y allumait, les ordres venus de Constantînople et y apportait les nouvelles relatives aux incursions continuelles des Barbares.

L'hippodrome. — L'hippodrome était antérieur non-seulement au palais des empereurs, mais à la fondation même de Constantinople. 11 a été bâti par Septime Sévère, près de l'ancienne Byzance. Comme le terrain s'abaissait en escarpement vers le sud, on établit le sol de cette partie sur des voûtes immenses reposant sur des piliers: ces souterrains sont désignés sous le nom de la Citerne froide. Tout cet immense édifice fut construit sur le plan du Circus Maximus de Rome : ses débris forment aujourd'hui le lieu quelesTurcsappellentAt-Méidan, place des chevaux. Constantin et ses successeurs embellirent beaucoup l'édifice, mais sans altérer en rien le plan primitif.

L'hippodrome se composait d'une vaste surface plane terminée à l'un desescôtés par un hémicycleoù s élevaient desgradinsquise prolongeaient sur les deux faces latérales. Ces gradins, construits en marbre, étaient séparés de l'arène par un fossé profond destiné à préserver les spectateurs des botes féroces, dans les représentations de chasses ou de combats. Les courses de chars étaient le spectacle qui passionnait le plus la multitude. La Spina, sorte de terrasse ou arête autour de laquelle tournaient les chars et qui se terminait à ses deux extrémités par une triple borne , offrait sur son axe trois monuments qu'on y voit encore : l'obélisque amené de la haute Egypte par Théodose le Grand, la pyramide de Constantin Porphyrogénôtc et la colonne Serpentine, qui portait le trépied de Delphes.

En haut des gradins régnait une terrasse toute couverte de statues et d'où l'on avait une vue magnifique sur la ville et sur la mer. Mais ce que l'hippodrome offrait de plus remarquable comme disposition, c'était la tribune impériale d'où l'empereur venait présider aux jeux sans sortir de son palais. La figure 475 montre cette tribune, dans laquelle on voit l'empereur Théodose, accompagné de ses deux fils Arcadius et Hoonrius. Aucun escalier n'y communiquait de l'hippodrome : précaution de l'architecte qui voulait mettre l'empereur à l'abri des émeutes. Le palais, en effet, était une véritable citadelle. Outre la loge de l'empereur, il y en avait une autre, réservée à l'impératrice et aux dames de la cour.

L'EMPIRE D'ORIENT

L'ÉGLISE SiiMTE-SoPHiB. — Uo forum où se trouvait la colonne militaire, point où convergeaient toutes les routes de l'empire, et décoré d'une statue colossale de Justinien, reliait le palais impérial à la fameuse église de Sainte-Sophie. IVimitivement cette église avait été dédiée à la Sagesse divine; mais, comme le mot Sophie veut dire sagesse, la légende byzantine fit de celle-ci une sainte martyrisée avec ses trois filles :

sainte Foi, sainte Espérance et sainteCharité. Le premier édifice ayant été brûlé dans une émeute, Justinien, en le rebâtissant, voulut en faire le plus beau monument de la chrétienté. Il enjoignit aux gouverneurs de provmce, en Europe et en Asie, de rechercher partout les marbres qu'on pourrait retrouver dans les anciens édifices païens, et on en apporta

de toutes parts à Constantînople. Le préteur d'cphèse envoya des colonnes de marbre vert tacheté de noir, enlevées au fameux temple de Diane; et de Syrie arrivèrent, sur des radeaux, des colonnes provenant du grand temple du Soleil à Balbeck. Les temples de Délos, de Cyzique, d'Isis et Osiris en Egypte furent aussi mis à contribution, a L'église (fig. 476), dit M. Texier, est bâtie sur un plan carré de 81 mètres de long sur 60 de large; au centre de ce carré s'élève la coupole, dont le diamètre de 35 mètres, détermine la largeur de la nef; la coupole est supportée par quatre grands arcs qui forment quatre pendentifs; sur les deux arcs perpendiculaires à Taxe de la nef s'appuient deux voûtes hémisphériques, qui donnent au plan de la nef une forme ovoïde; cha- <:un de ces deux hémisphères est loi-même pénétré par deux hémis* phères plus petits, qui sont soutenus par des colonnes. Cette superposition de coupoles, dont les points d appui ne sont pas apparents, donne à toute la fabrique un aspect de légèreté inimaginable. »

Le pavé de Téglisc était en marbre vert de Proconèse, les panneaux 4es murs étaient rehaussés de mosaïques; l'or, Targent, les pierres précieuses étincelaient de toutes parts, et des lampes innombrables illuminaient de leur flamme les métaux éblouissants. Quand on fit la dédicace de Tédifice, Tempereur, accompagné du patriarche Eutychius, s'avança vers le temple et s'écria en entrant : « Gloire à Dieu, qui m'a jugé digne de terminer un tel ouvrage. Je t'ai vaincu, ô Salomon ! ))

Aujourd'hui, cette antique église, convertie en mosquée, est bien <:hangée. Les minarets et les contre-forts massifs élevés depuis la domination musulmane en ont sensiblement modifié l'aspect extérieur, et les grandes mosaïques chrétiennes qui décoraient les coupoles ont été recouvertes par un badigeon.

L'église Saint-Jean Stoudios, élevée en 436, ne formait pas la croix et n'était pas surmontée d'un dôme. Cette église, la plus ancienne de Constaniinople, rappelle par son plan la basilique de Saint-Laurent hors des murs, à Rome. Elle est aujourd'hui convertie en mosquée.

Les antiquités. — En dehors des églises byzantines, on trouve peu d'antiquités à Constantinople. 11 faut citer pourtant la colonne Serpentine, ainsi nommée parce qu'elle est formée de trois serpents enroulés dont les têtes ont été brisées. Cette colonne, d'après les archéologues, serait celle qui portait à Delphes le trépied d'Apollon. £lle est en fort mauvais état, mais elle a une grande importance

L'EMPIRE D'ORIENT. 43

historique, parce qu'on y trouve le oom des cités grecques qui se sont levées pour combattre tes Perses.

Il faut aussi noter comme curiosité le monumeot qu'on désigne sous le oom de colonne Brûlée, apportée de Borne, dit-on, par Constantin. Elle était surmontée d'une statue d'Apollon, que l'empereur voulut faire considérer comme son image; et, pour affirmer sa foi chrétienne, il aurait, selon la tradition, remplacé les rayons du dieu, par les clous de la passion. It ne reste aujourd'hui qu'un fiit de colonne, noirci par les incendies,

Enfin il i^ faut pas quitter Constantinople sans avoir mentionnél'aqueduc de Valens, dont il reste encore une portion considérable, la citerne des mille el une colonnes, aujourd'hui à sec; l'obélisque de Théodose , la coloone de Marcien et celle d'Arcadius, dont il ne reste plus que le piédestal, haut d'environ 6 métrés, et le commencement du fût de la colonne.

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Constitution physique db l*Italib. — Les populations primitives. — Les insignes d'autorité : licteurs, chaise curule, consuls, prétbiirs,

QUBSTEURS, TRIBUNS, ÉDILES, ETC. ^ LeS EMBLEMES

IMPÉRIAUX. — > L'apothéose.

Constitution physique de l'Italie. — L'Italie est bornée, au nord, par les Alpes, qui la séparent de l'Europe centrale et septentrionale, et de tous les autres côtés elle est entourée par les eaux de la Méditerranée. La mer qui baigne ses côtes avait reçu le nom de mer Tyrrhénienne, à l'occident, mer Ionienne, au sud, et mer Adriatique, du côté de Torient. Outre son territoire continental, Fltalie possède trois grandes îles, la Sicile, la Sardaigne et la Corse, qui s'y rattachent directement par les productions du sol et par la population, mais dont une seule, la Sicile, a eu dans l'antiquité une grande importance his*torique.

La conGguration du sol italien divise l'ensemble du pays en plusieurs contrées distinctes et qui ont joué dans l'histoire un rôle spécial. Au nord, la vaste plaine du Pô, coupée par de grands lacs, sillonnée de rivières et parfaitement circonscrite par les Alpes, a été de bonne heure envahie par les Gaulois, qui s'y sont fortement établis. Cette contrée, que les Romains appelaient la Gaule cisalpine, n'offrait aucun des caractères de Tltalie proprement dite, et n*est entrée que tard dans le mouvement de la civilisation. La véritable péninsule ne commence qu'avec le mouvement tournant des Apennins.

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