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Les populations primitives. — La plus grande obscurité enveloppe les origines historiques du peuple italien. La population qui a laissé les traces les plus anciennes est généralement regardée comme appartenant à la race pélasgique. Les monuments cyclopéens qui couvrent l'Italie comme la Grèce semblent indiquer une souche commune, malgré les différences du langage. Toutefois Thistoire nous montre les deux peuples se développant parallèlement, mais non d*une façon identique. De part et d'autre, des invasions viennent implanter sur le sol des populations nouvelles; mais tandis que, en Grèce, la race conquérante des Hellènes se mêle partout à la race primitive et associe son génie propre à celui des anciens habitants, un phénomène inverse se produit en Italie. L'ancienne population italiote est refoulée dans ses montagnes, sans pouvoir s'assimiler aux conquérants étrusques ou aux colons grecs qui viennent s'établir sur son sol et couvrir ses côtes de villes florissantes. Cette population de montagnards conserve un caractère de rudesse et une simplicité de mœurs qui forment un singulier contraste avec la brillante civilisation qui la pres^^e de toutes parts.
Les Grecs et les Étrusques se sont établis en Italie d'une manière tout à fait différente. Les Grecs ont fondé un grand nombre de villes dans la Sicile et l'Italie méridionale; ils cnt toujours formé leurs établissements sur le bord de la mer et, s occupant exclusivement du commerce maritime, n'ont jamais pénétré dans l'intérieur des terres; ils ont conservé entièrement leurs habitudes et leurs traditions nationales, sans rien emprunter, mais aussi sans rien donner aux populations indigènes, qu'ils refoulaient loin des côtes, et qui, sur leurs montagnes, se maintenaient dans un état à demi sauvage.
Il n'en fut pas de même des Etrusques, qui s'établirent principalement au nord du Tibre, et dont les principales villes étaient toujours dans l'intérieur des terres. Le pays qu'ils habitaient est situé entre l'Arno et le Tibre. Ils ne franchirent ce dernier qu'accidentellement, et le fleuve séparait ainsi deux peuples, l'un transformé par les Étrusques, l'autre formé par les anciens Italiens et demeuré dans un état presque barbare.
Ainsi, tandis que l'Éirune avait déjà une organisation à peu près complète et une civilisation avancée, le Latium conservait une rudesse et une simplicité de mœurs qui formaient avec ie pays voisin un contraste frappant. Le Tibre coulait entre deux populations complètement différentes : l'une, formée d'artisans et dirigée par un sacerdoce instruit et versé dans toutes les connaissances qu'on pouvait avoir en ces temps reculés; l'autre, composée de laboureurs sans besoins, méprisant
l'industrie, mais robustes, patients et aptes à recevoir une puissante organisation militaire. C'est au milieu de ces hommes aux mœurs agrestes — dont le Latium était rempli vers le viir siècle avant notre ère — qu'a surgi le peuple romain dont la domination devait s'étendre sur l'Italie d'abord et ensuite sur le monde antique. L'unité romaine s'est faite en passant par diverses phases. Les Romains, peuple à demi sauvage, comme tous ceux qui habitaient l'Italie centrale, avaient sur les autres l'avantage d'être sur les confins de l'Étrurie. Méprisant le travail des mains, ils laissèrent volontiers l'industrie aux Étrusques, mais ils leur empruntèrent leur savante organisation, leurs rites, leur hiérarchie civile, militaire et religieuse; poursuivant toujours une politique de centralisation, ils unirent toutes les énergies de la vieille race, et formèrent peu à peu la plus formidable armée, et la mieux disciplinée, qu'on ait encore vue dans Thistoire.
Les insignes d'autorité. — Nous avons vu que la démocratie jalouse des Grecs, et particulièrement celle des Athéniens, empêchait les personnages qui dirigeaient les affaires publiques de porter des signes extérieurs marquant l'autorité dont ils étaient revêtus. Il n'en était pas de même chez les Romains, peuple de soldats et de fonctionnaires, ayant un respect profond pour la hiérarchie, et chez lequel le grade ou. la fonction devait toujours être visible et facilement reconnaissable. Mais, à l'exception de la louve, dont l'emblème se rattachait à une légende locale, les insignes habituels aux Romains sont presque tous empruntés aux Étrusques. De même que les petits tyrans de la Grèce, antérieurement aux guerres médiqucs, cherchent à ressembler aux monarques de l'Asie, beaucoup plus riches et régnant sur des contrées plus civilisées, les premiers rois de Rome sont en quelque sorte le décalque des princes qui régnent sur les villes étrusques.
Le sceptre des rois étrusques diffère peu par la forme de ceux que nous avons vus en Grèce. Un insigne d'autorité qui est tout à fait spécial à l'Italie, c'est le faisceau et la hache du licteur.
Les licteurs, chargés de précéder les magistrats, n'étaient jamais des patriciens, mais ils devaient être citoyens. Leur mission consistait : 1» à écarter le peuple dans la rue; 2® à frapper à la porte du magistrat lorsqu'il rentrait chez lui, ou à celle de la personne chez laquelle il se rendait; 3» à faire rendre au magistrat qu'ils escortaient les honneurs dus à son rang; h^ à arrêter les personnes que le magistrat leur désignait, ou à faire exécuter ses sentences.
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terminer aux angles par une tête de cheval, après avoir décrit une courbe
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assez gracieuse. Au centre sont des médaillons contenant des têtes. Un tombeau gallo-romain du musée d'Avignon montre une chaise curule (Ûg.
Îi82) assez ditTérentedes sièges de bronze dùcotiverls ù Pompéi, Coite chaise ne laisse aucun doute sur le rang du magistrat auquel elle appartenait, puisque des faisceaux, au centre desquels s'élève la hache, sont représentés sur les côtés.
Le consulat, institué l'an 2i3 de Rome, 509 ans avant Jésus-Christ, a été aboli sous Justinien, aprè;s avoir duré 1,050 ans. Les attributions des consuls ont beaucoup varié, puisque, après avoir été, au début, une sorte de pouvoir suprême, le consulat, dès la fin de la Fig 48*. - siègp hononiiqua ddconni République, était devenu une magistrature très limitée, et, à la un de l'Empire, une fonction purement honorifique. Mais si le rOle et l'action des consuls se sont modifiés suivant les circonstances. leurs insignes sont
restés les mêmes, ou du moins n'ont subi que des transformations peu sensibles en apparence.
Les emblèmes d'autorité qui caractérisent les consuls sont : 1*> la toge prétexte, c'est-à-dire bordée d'une large bande de pourpre; — 2<» lo laticlave, tunique également bordée de pourpre et accompagnée de nœuds soit de pourpre, soit d'or; cette bande de pourpre descendait perpendiculairement sur la poitrine. Il est bon de remarquer que ni la bande pourpre du laticlave ni celle de la toge prétexte n'apparaissent sur aucun monument antique, et qu'il faut sur ce sujet nous en tenir aux descriptions écrites. La raison en est que nous n'avons pas de peintures antiques représentant des magistrats romains, et que, dans les statues, le sculpteur retrace uniquement les objets qui font saillie, sans se préoccuper aucunement des modifications de couleurs qui peuvent être apportées dans le costume.
Le préteur est, en quelque sorte le suppléant des consuls, auxquels il est pourtant inférieur, puisqu'il n'a que six licteurs au lieu de douze. Ses fonctions, d'ailleurs, sont purement civiles, et il ne commande pas les armées. Dans les aiïaires civiles, il a une robe de pourpre qu'il échange contre une robe noire dans les affaires qui entraînent la peine capitale. Le tribunal où siège le préteur est toujours plus élevé que les bancs où sont les juges : ce magistrat a droit au siège d'ivoire, et, quand il rend la justice, on pose près de lui une lance et une épée pour marquer son pouvoir.
Les questeurs^ chargés de l'administration des revenus publics, n'ont pas de licteurs, parce qu'ils n'ont pas le droit de faire arrêter un citoyen. Il en est de même pour les censeurs, qui divisent les citoyens en centuries, répartissent les taxes et font le dénombrement du peuple.
Contrairement aux usages établis parmi les magistrats romains, dont le rang et la hiérarchie sont toujours visibles dans les emblèmes qui les distinguent, les tribuns du peuple ne portaient aucun insigne extérieur et ne se distinguaient en rien des autres citoyens. Cette simplicité apparente est, d'ailleurs, bien d'accord avec l'institution même du tribunat, magistrature plébéienne chargée de s'opposer aux empiétements des patriciens et de défendre les. intérêts populaires, mais dépourvue des honneurs qu'on rendait aux patriciens chargés de hautes fonctions. A l'origine, les tribuns, accompagnés d un viator, qui remplissait près d'eux les fonctions de valet, demeuraient assis sur un banc en dehors du Sénat, dans le sein duquel ils ne pouvaient être appelés que sur un ordre spécial des consuls : seulement toutes les décisions
du Sénat leur étaient communiquées, et ils pouvaient en ennpêcher rapplication par un seul mot : veto. La puissance tribunitienne ne se borna pas là; elle alla toujours en croissant pendant la République, et, après avoir été vivement combattue par Sylla, elle finit par être complètement absorbée dans le pouvoir des empereurs, qui réunirent en
leur personne l'autorité inhérente à toutes les charges anciennes.
Les èdiUs plébéieiis, spécialement chargés de Tentrcticn des aqueducs et des autres édiûces d'utilité publique, étaient comme les assesseurs des tribuns et ne portaient pas d'insignes (fig. i83-ù8i). Les édiles curules étaient choisis parmi les patriciens et chargés de la direction des grands jeux, que très-souvent ils devaient faire représenter à leurs frais. On les prenait toujours parmi .les citoyens opulents; ils étaient fort honorés, portaient la robe prétexte, avaient droit au siège d'ivoire et possédaient en outre le privilège de faire porter Timage de leurs ancêtres dans les cérémonies publiques.
Fig. -iiia. Fig 484
Édiles plébéiens.
(D'après une monnaie antiquo.)
Les emblèmes impériaux. — Primitivement, le 'terme d'empereur (imperator) était un titre honorifique décerné à un général romain, à la suite d'une grande victoire. Mais il n'appartenait ni au sénat ni au peuple de donner ce titre, l'armée victorieuse avait seule ce droit. Celui qui en avait été revêtu le gardait jusqu'après son triomphe, et, si les honneurs du triomphe ne lui étaient pas accordés, jusqu'au moment où il recevait notification du refus. César, étant dictateur, voulut perpétuer ce titre dans sa personne, et sous le gouvernement fondé par Auguste le terme d'empereur fut appliqué spécialement au chef de rÉtat, auquel il servit en quelque sorte de prénom ; ainsi Ton dit l'empereur Auguste, tandis que, sous la République, on aurait dit Auguste empereur.
Les empereurs romains, qui réunirent en leur personne le pouvoir militaire, judiciaire, civil et religieux, ne s'attribuèrent pourtant aucun insigne particulier qui pût caractériser leur suprématie. Il est vrai que les licteurs portaient devant eux des faisceaux couronnés de lauriers, comme ceux des généraux vainqueurs ; mais ces insignes, aussi bien que la toge de pourpre, n'appartiennent pas en propre à l'Empire, puisqu'ils sont antérieurs à sa fondation. Les statues impériales sont de trois
KOTIONS GÉNÉRALES.