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sortes : celles qui sont eu costume militaire, celles qui sont en toge et celles où lo personnage est entièrement nu. Ces dernières sont des apothéoses; les dieux et les héros, c'est-à-dire les personnages nés d'un dieu, étaient représentés nus, et les empereurs, étant divinisés, avaien naturellement droit au même honneur. Aussi dans ces derniers portraits la lâtc seule donne la ressemblance du modèle, tandis que le corps est fait en dehors de lui et suivant les types consacrés. C'est ainsi que, pendant les désordres qui signalèrent la période impériale, les sculpteurs faisaientàl'avancc des figures nues dont la tête était seulement dégrossie; de cette manière on n'était jamais pris au dépourvu, car à chaque avènement nouveau il stilTiï^ait de travailler au visage. Les gouverneurs de province pouvaient ainsi prouver leur zèle au nouvel empereur en mettant Irts promptemeni sa statut.
sur les places publiques Mais les em ptreurs se succédaient a\ec une telle rapidité quon imag na au lieu de remplacer la statue de subst tuer sim plement une tête à une autre A ss les statues de nos musées o it elles presque toujours des têtes rapportées et 1 on ne peut jamais affirmer qu elles ont etL faites pour le corps sur lequel nous les voyons
Les statues qui montrent I empereur avec sa toge sont c\tiémement nombreuses On peut voir par la figure 485 que limage d Auguste ne montre aucun msigno disimctif et le même personnage aurait été représente de la même m an ère s il eut été consul ou même simplement sénateur.
■Cet état de choses toutefois se modilîa avec l'invasion des moeurs orientales sous les successeurs de Septime Sévère; à ce moment, te faste asiatique l'emporta définitivement sur les vieilles traditions, f^î"clétien adopta le diadème persan et les chaussures brodées '
sous les empereurs d'Orient, l'étiquelte de la cour fut réglée sur celle qui était en usage dans les anciennes monarchies de l'Orient. Les monuments montrent des personnages agenouillés ou prosternés devant Justinien ou les empereurs de cette époque, mais ces attitudes d'humilité prises en face du maître ne se voient pas aux débuts de l'Empire.
Suétone parle, il est vrai, des sénateurs qui se prosternent devant Tibère, mais aucun monument ne nous autorise à croire qu'il y a là antre chose qu'une Torme de langage. Si dans une représentation contemporame des Césars vous voyez un homme qui plie le genou et baisse la tâte devant l'empereur, vous pouvez être certain que le personnage qui prend celle altitude est un captif étranger, mais non un Romain.
La toge était le vêtement que les
empereurs portaient à la ville, parce
' qu'elle était le costume national des
'" "" °""""' ■■■"■'■"'■' Romains; ils ne portaient le costume
militaire qu'en dehurs de Rome. Lorsque l'empereur porte le costume de général en chef (fig. 486), son vêtement ne se distingue de celui des autres généraux que parce qu'il est plus riche. Nous n'avons pas à insister sur ces vêtements, que nousdécrivûn^ en détail dans la partie de notre travail qui concerne spécialement le costume civil et militaire. Nous ferons seulement remarquer que la couronne de feuilles, qui, pour les soldats ramains, était une marque de valeur et un insigne honorifique, est fréquemment portée par les empereurs, en leur qualité de chef de l'armée.
Une belle composition de la colonne Trajane {ûg. 487) nous montre l'empereur Trojan présidant le conseil de guerre. L'empereur, monté sur une estrade et entouré de ses ollîciers, est en grande tenue militaire. Le costume qu'il porte est exactement pareil à celui qu'on voit aux deux généraux qui sont assis à ses côtés. Le manteau de ces personnages, lixé sur l'épaule droite, était teint en pourpre, car c'est seu-
■4U L'ITALIG.
lement sous la décadence que le droit de porter un manteau teint en pourpre est devenu l'apanage exclusif de la famille impériale et l'attribut essentiel du souverain.
Cette scène se rapporte à la vie militaire des empereurs; on peut môme rattacher à la môme série, malgré son caractère fantastique, le grand camée triomplial (fig. Ù88) où l'empereur Claude, son épouse.
Messalinc, et leurs enfants, Brilannicus et Octavie, Ijgurenlsurunchar irainé par deux centaures. Claude est ici représenté dans son costume de triomphateur; il porte la couronne de laurier, la lunique et a toge. Les centaures foulent aux pieds des barbares, qui sont probablement les Bretons, auxquels il a fait la guerre.
Si la vie militaire des empereurs est expliquée par un assez grand nombre de monuments, il n'en est pas de même pour leur vie civile, ei nous ne pouvons, faute de documents graphiques, montrer comment se passaient les réceptions, et quelle tournure avaient les grandes fêtes dont Tacite et Suétone ont donné de si curieuses descriptions, mais nous devons noter l'habitude qu'avaient les membres de la famille impériale de se faire représenter avec les emblèmes des divinités.
Un célèbre camée, provenant de l'abbaye de Poissy et qui fait
maintenant partie du cabioet impérial de Vienne, va nous en fournir UQ exemple trôs-complet {fig. 489). — Sur le plan supérieur, Auguste, représenté en Jupiter, est assis sur son trône; dans sa main droite il
- ApolhtOH d'AugoiM.
lient le lituus augurai, et dans la gauche, le sceptre. L'aigle du roi desdieus est aux pieds du trône, et devant la télé de l'empereur est le signe du capricorne, qui présida à sa naissance. Derrière le trdne, on voit l'Abondance, caractérisée par sa corne, l 'Océan, qui porte «ne épaisse chevelure, et la Terre, qui pose une couronne de chêne sur la tête d'Auguste. L'impératrice Livie, placée à côté de l'empereur et assise sur le môme trône, est identifiée avec la déesse Rome : elle porte le casque à triple crête, et tient dans la main droite une lance, tandis que la gauche repose sur le pommeau d'une épée. Près d'elle est Germanicus, et plus loin Tibère, qui descend de sonchar triomphal, escorté d'une Victoire ailée placée derrière lui. Dans le plan inférieur, des soldats romains et des auxiliaires érigent un trophée, auquel ils vont.
«se L'ITALIE.
attacher ^atre prisonniers en costume barbare, deux hommes et deux fcmnics.
Agrippine et Germanicus sont représentés ensemble dao3 ua superbe
camée, où on les voit tous deux debout sur un char traîné par des serpents ailés, analt^ue à celui de Gérés {Hr, !|90). Pour rendre l'assimi-
laiion plus <':vidontc. Agrippine lienl on main les pavois qui sont un attribut de Giirts; t]iiantàGcrmanicus, il est simplemeutri.'vêtu delà cuirasse.
KOTIONS GÉNÉRALES. 4S7
Sur un célèbre camée du cabinet de Vienne, on voit les tètes de l'empereur Claude et de Messaline , et, ea regard, celles de leurs enfants, BritannicusetOctavie. Claude et Britannicus {fig. A91}S0Dt couronnés de chêne. Le bas est occupé par des cornes d'abondance placées en demicercle; au milieu est un aigle aux ailes déployées, et au pourtour sont des armes.
L'apothéose. — L'apothéose ou déification était une cérémonie religieuse par laquelle un homme illustre était mis au rang des dieux. Cet usage venait d'une croyance commune aux Grecs et aux Bomains, et d'après laquelle les anciens héros étaient après leur mort assimilés à la divinité. Hercule est en Grèce le tjpe le plus complet d'un héros divinisé : tandis que son corps mortel est consumé sur le bûcher du mont Œla, Hercule, monté sur un char que conduit la Victoire, est emporté au séjour des dieux, oii il épouse Hébé, la Jeunesse. Cette scène est représentée sur plusieurs monuments. Notre frgure 492 offre cela