‹ La Vie privée des anciens v. 4 1883 (volume 4)Chapitre 37 sur 54 · IV · texte numérisé non relu

IV

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Pig, 49i. — ApolhéoM d'Hercule. (D'api&a a

de particulier, que le sujet est traité en caricature. Les centaures qui, sur les sarcophages d'une date postérieure, sont fréquemment mêlés aux scènes funèbres, traînent le char du héros, à côté duquel est une Victoire ailée, chargée de' tenir les rênes. Le caractère étrange des ligures, dont quelques-unes rappellent, par leur style, l'art de la Chine

OU du Japon, n'échappera assurément à personne ; mais la disposition de l'ensemble est la môme que celle qu'on voit sur plusieurs monuments.

Cette conception de la Grèce antique s'appliquait uniquement à des héros fort anciens, dont la biographie était toujours mêlée d'une foule de récits merveilleux constituant tout naturellement la légende du nouveau dieu; la démocratie jalouse des cités grecques n'aurait pas supporté qu'on décernât les honneurs divins à un citoyen vivant. Même pendant la période macédonienne, la déification du souverain- ne put entrer qu'indirectement dans les mœurs de la Grèce, et lorsque Alexandre, par un motif purement politique, se fit proclamer dieu en Egypte, il se déclara fils d'Ammon, divinité complètement étrangère à la Grèce. Ses successeurs furent déifiés par des raisons analogues : dans tout TOrient, les insignes royaux étaient associés aux emblèmes divins, et la puissance du roi n'aurait pas paru légitime si la personne royale n'avait pas été mêlée au culte des dieux nationaux. Mais ces princes, qui recevaient officiellement les honneurs divins, changeaient complètement de langage lorsqu'ils parlaient à des Grecs dans l'intimité : témoin Antigone, qui, s'entendant qualifier de dieu par un poète, son compatriote, luidit en riant d'aller demander à son valet de chambre s*il partageait sa manière de voir.

C'est à un tout autre point de vue qu'il faut considérer l'apothéose des empereurs romains. A l'époque où l'Empire s'établit, le sens purement physique des vieux mythes grecs était déjà profondément altéré. On admettait presque universellement que les anciennes divinités, honorées dans les temples, avaient été de simples mortels qui, par leurs vertus et leurs talents, s'étaient élevés au rang des dieux. On regardait Jupiter comme un ancien roi de Crète, et, pour expliquer comment son culte s'était répandu dans d'autres contrées, on disait qu'il y avait eu plusieurs rois du même nom, qu'on avait plus tard confondus ensemble.

Par une conséquence naturelle de cette transformation de l'ancien mythe, Auguste, lorsqu'il eut pacifié le monde, put se croire, sans trop d'absurdité, l'égal de Jupiter ou de Saturne. Les lettrés ne voyaient dans tout ceci que des fictions de langage; mais le peuple romam, qui savait par tradition que Romulus s'était enlevé vivant au ciel, entendit sans étonnement les poètes raconter que César était devenu une constellation, et rendit tout naturellement les honneurs divins à Auguste, qui était à ses yeux un dieu au moins aussi puissant (lue ceux dont la mythologie racontait l'histoire.

Une fois le principe admis, la flatterie devait naturellement multiplier les apothéoses en l'honneur des princes. Hérodien nous a transmis le récit des rites qui accompagnaient cette cérémonie. On faisait de l'empereur régnant une image en cire qu'on posait sur un lit d'ivoire, et on appelait le médecin, qui déclarait le prince atteint d'une maladie grave. Le sénat se rendait en corps auprès de l'auguste image. et le médecin renouvelait ses craintes : pendant six jours, les grands personnages et les députations de tous les corps de l'État venaient s'iaformer de la santé du malade, cl, le septiÈmc jour, le médecin déclarait qu'il était mort. Alors les sénateurs venaient eri grande cérémonie prendre le lit avec l'image en cire et l'apportaient au Champ de Mars, où un immense bûcher était préparé. Les consuls et tous les hauts fonctiodnaircs portant des torches mettaient le feu au bûcher et au moment où a llamn e mon a unagesno dsesars aux grands app aud ssem n s de anut ude Lagic qu es loseau de Jupiter, éta ce se cp sen er ame de 1 empe eur s c ëta t une impéra-

Fig. 491. ~ ApalhAot

trice qu'on voulait déifier, on remplaçait l'aigle par un paon, l'oiseau de Junon.

La figure 493 est peut-être ce que nous avons de plus complet comme représentation idéale d'une apothéose. L'empereur Antonio le

Pieux, en Jupiter, et rimpératricc Paustioe, sa femme, en Judoo, sont enlevés au ciel par un génie ailé qui tient en main le globe du monde ; près de chacun d'eux vole un aigle aux ailes étendues. Sur te plan inférieur, la déesse Rome, assise sur un monceau d'armea, est accoudée sur un bouclier où sont représentés Romulus et Rémus. En face d'elle, le génie du Champ de Mars, où l'on dressait le bûcher des empereurs, est flguré sous la forme d'un jeune homme tenant en main l'obélisque d'Héliopolis.

L'apothéose de Germanicus (Hg, !i%) est représentée sur un camée

exirômement célèbre, qui fut rapporté de Constantinople au si* siècle et donné en 1684 & Louis XIV, par les bénédictins de.Toul, qui en étaient I. Ce camée représente Germanicus sur les ailes d'un aigle;

4M L'ITALI£.

pitwr (Rg. ^99) parait fort aDcien, d'après la manière irrûgulière dont les pierres ont été taillés.

Parmi les tombeaux étrisques on considère comme les plus

anciens ceux qui sont creusés dans le flani! des rocherseiqui n'ont d'apparent que la façade, comme celui de Casiel-d Asso ou de Toscaneila. Au reste, il est impossible d'assigner une date a ces monumenls.parceque 1 1 nature du sol a dû nécessairement influer beaucoup sur la construciioa.

Ainsi les tombeaux qui n'ont d'apparent que la façade sont lous dans des contrées montagneuses et hérissées de rochers, tandis que les tombeaux qui ont sur le sol une coostructioo conique ou pyramidale sont daus un pays de plaine.

Aquelque distance de Vitcrbe, dans un terrain volcanique hérissé de crevasses et coupé de gorges profondes, on trouve les restes de plu-

LES HOMIIIE.XTS FU.XEBRES. 4»

Pour les Ëirusques. c*est au omlntre l'inhumation qui pr<L^'al»it dans les usages de la oalion; mais à mosuro que rèli^uivul lïtrustinp dimiDue et s'efface devant Rome triomphante, l'habitude do llDcint^riv* tion reprend le dessus, au point que, au moment où rEoipirr^ s'tJiahlil, elle est devenue à peu près générale dans toute rilalie.

D'après l'opinioD la plus répandue aujourd'hui parmi los arrhtS)logues, l'habitude d'inhumer les morts serait venue do LjUic, dont lt>s Étrusques sont originaires.

Malgré les différences qu'on trouve dans les tODlboaux ùtruaquoii, on peut, au point de vue de l'architecturo, lesclasscr on deux grandcn Ciitégunes ceux qui ont des constructions OD saillie et cuix qui sont adosses aux rochers la chambre funtrairo est toujours soulerruiuv.

Les constructions cooiqucs sont les plus nombrcusoi nn peut oa voir la disposition intérieure sur la Gguro lt^&, U la furmo extérieure sur les figures E|97 et h^S. Ce sont simplement des tumuU

conlcnanl une chambre fna^.rnirf, Muterrainn et rnmmi-nt «^tArimremeni par un revêtement ':n pii-.rr':. Il *ai impoMibl« A'^m^ftKtmtK date, même approiiriuiive. 4 cr^i m'irmmftnt*, Ih u'ft^nrUKwy-M pxt Um» à la mâme époqoe, et }*■. Ki/kU: fin rM,wir.tUin pt:ul»i4Kr ii tf^jiotfSitf»: ceux qui sool pfa» «Ki&n» *\'if. 1^ *>iU':*. AioM It UHnit':»n rlil ^D^

talcs. Cette façade, qui a quelquefois l'apparence de frontons, prend

\*jSi^

dans d'autres occasions i'aspccl d'une porte simult''C, en Terme

"cè^

Fig 503 — Pluu

TomLea.1 à Cane

de pyramide tronquée, et dâcorte d'une simple moulure (fig 501) A l'inlérieur, la chambre funèbre estquctquefois de formcroude ou ovoïde.

Ll;S MONUMENTS FUNÈBRES.

comme le montrent les figures 502 à 5Ûi, qui représentent la coupe et le plan de ces lomboaux

Les tombeaux di, Tarquinie {GornPio) sont criu-'t'î dans Ip sol et présentent une ou plusimii chambres symétriques auxquelles on descend par un escalier. Au-dessus de ces souterrains s'élevaient des [umuli aujourd'hui presque tous détruits, bien qu on ail retrouvé la trace de près de six cenis d'entre eux Ces tu i muli étaient composés d'un

soubassement circulaire, construit en pierres appareillées, et surmonté d'un cône de terre. Une et quelquefois plusieurs portes conduisaient 3 la chambre sépulcrale. Le plafond de ces chambres est quelquefois une votlie parabolique dans If ^cnro di" rnlle du trésor de M>i'i ■■■■ - Il . ii . li' . I . ■ -' .. ! i. ■ |. ■■iii.int do larges

Fig.SOS. -

plaies-bandes et divisé en caissons creusi5s dans le roc. La figure 505, représentant la chambre sépulcrale à laquelle on a donné le nom de la Tomba di Cardinale, peut donner une idée de ce genre de consiruclions. Le plafond de celte chambre repose sur quatre gros piliers carrés ménagés dans le massif de la colline. Les nrncs et les sarcophages étaient placés sur une sorte de banquette faisant le tour de la chambre. La figure 506 est une chambre sépulcrale dont on voit le plan en

507. On y remarque ta disposition intérieure de la porte d'entrée, décorée de peintures.

L'ancienne Gœré est un des points de l'Étrurie où l'on trouve les tombeaux les plus intéressants.

Il L'espèce de presqu'île, entourée de profonds ravins, qui formait

l'emplacement de l'ancienne ville de Cœré, dit H. Noël des Vergers {l'Étrurie ei les Élrusqties), se trouve flanquée de deux autres plateaux s'avani^ant c'Ralemenl en promontoires dans la plaine et qui ont servi lous deux de nécropole aux habitants de la cité. L'un (mOHreiïÈaHoiic^ contenait quelques-unes des chambres sépulcrales les plus riches en nmnuinents de lout genre qui aient été ouvertes depuis le commencement de ce siècle ; l'autre (banditaccia) est une vériiable ville des morts où les tombes par milliers présentent des voies régulières, et où les fouilles nombreuses, qui ont formé en partie le musée étrusque du Vatican, sont loin Vie. au" th-oiiirs d'avoir épuisé les trésors enfouis dans ses profon-

muKoaUo. (Plm.) Jeurs. H

Les plus anciens tumuli de Cœré ont des chambres intérieures dont la construction affecte la forme pyramidale. Dans l'un d'eux ûg. 50S), on a trouvé un lit de bronze sur lequel un squelette était encore couché; mais il esi tombé en poussière dès qu'on y a touché. Toutefois ce mode d'inhumation n'esl pas le plus fréquent, et, dans un

comme on le voit sur la figure 509, qui représente Tintérieur d'un tombeau a Volaterra.

Les sujets retracés dans les chambres sépulcrales des Étrusques fournissent les notions les plus curieuses sur les mœurs de l'ancienne ttrurie. Les danses, les banquets, les cérémonies profanes ou religieuses sont retracées dans un style archaïque qui dénote une haute antiquité.

LE3 MONUMENTS FUNËBRES. 471

Quand le corps a été inhumé et non brûlé, il est en général disposé de telle fa<^D que le défunt puisse voir la fête ou le banquet donné en son honneur qui est représenté sur la muraille.

11 nous reste à décrire la forme des sarcophages et des urnes funéraires qu'on a trouvés en si grand nombre dans les tombeaus étrusques, «t dont la plupart ont pris place dans les grandes collections d'anti- <]uités. Parmi les sarcophages les plus remarquables, il faut citer le précieuxmonumentqui a été découvert dans une des chambres funèbres •deCœré; il représente (fig. 510) un homme etune femme couchéssur un

iptugt trouid du* on tombeau de Conë. (Uuada du Lonne.)

lit mortuaire. L'homme posé sur ce Ht présente un visage allongé, un menton pointu, des pommettes saillantes, des yeux fortement relevés vers les tempes. Ce type semble oriental, et il en est de même de la mitre, des souliers à pointe recourbée et de la décoration du lit, dont les pieds évidés et les palmettes rappellent plusieurs monuments de l'Asie Mineure. Ces raisons avaient paru suOisantes pour faire donner à ce monument le titre de tombeau lydien; on admet aujourd'hui qu'il est étrusque, et l'on fait remonter sa fabrication au vii° ou au vni* siècle avant notre ère. Mais ses caractères franchement asiatiques viennent à l'appui de ceux qui regardent les Étrusques comme provenant d'une 'émigration lydienne, venue en Italie, à une époque indéterminée.

11 y a une catégorie de sarcophages qui méritent une attention particulière, à cause du sujei qui est sculpté sur le soubassement et qui représente presque toujours un combat. On a cherché (flg. 511) un sujet mythologique dans ce combat tant de fois répété; quand deux personnages semblent luHer à outrance, on y voit Étéocle et Poly-

bJ

oice. Celle interprétation me semble un peu forcée, et j'inclinerais plutôt à croire que ce combat est simplement la représentation de ceux qui avaient lieu après la mort d'un guerrier et qui ont été l'origine des combats de gladiateurs. Quelquefois on voit des figures ailées qui regardent et semblent assister les combattants : ces anges se retrouvent dans une foule de monuments étrusques et se rattachent toujours à des idées funèbres (Qg. 512).

Outre les sarcophages, il y a des urnes et des vases dans presque tous les tombeaux. Souvi'nt anssî, près du monument funèbre, on voit

LES MONUMENTS FUKÈBRES.

un lit ou des meubles ayant appartenu au défunt. Les débris d'un char en bronze découvert dans un tombeau étrusque soot maintenant au musée de Munich. Les candélabres elles miroirs, qu'on voiteo si grand nombre dans noscollections,proviennenttousde monuments funéraires. Quelques tombeaux présentent à l'intérieur une disposition qui repro-

Pig. SIS. — Suco[ih>g« ttnuqua.

duit évidemment celle qu'avait la demeure du défunt quand il vivait : il devait y retrouver les armes et les ustensiles dont il avait coutume de se servir. Enfin il y a quelques sarcophages ou urnes qui ont ta forme de véritables maisons et qui fournissent mâme sous ce rapport de bien précieux renseignements à l'archéologie (Qg. 513 et 5U).

Les anciens tombeaus du Lalium et de l'Italie centrale devaient présenter une grande analogie avec ceus qu'on a retrouvés dans l'ancienne Étrurie. Seulement on connaît si peu de monuments funèbres se rattachant aux époques primitives qu'il est diflicile d'en déterminer les caractères spéciaux. Un tombeau consulaire qui se voit dans le jardin d'un couvent de Pallazuola, près d'Albe la Longue, paraît remonter à une époque fort ancienne, car il est taillé dans le rocher, comme les tombeaux .étrusques, dont il diffère pour-

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ra. '^ Ti;aç«fir des âammses. C* r.-.an^.t, Wïii^ -laiii» fn.'îfr av^. rosao^ et trzî^pfHS. e« <^a pépe~ , Mf i*>iran>ï >î ftw^fijai des sujauçm» d'.Utw. t Le zoùt iréa par

iri<;nt<li! l'un grec tombant pour ainsi dire en pleine sauvagerie romaine. I';jr lii m.-iti6rc, par ,1a forme des lettres et le style de l'inscription, il

iiuiiH r<^|inis<;nic la rudesse des Romains à cette époque. » Le tombeau porte une inscription dont voici la traduction : v. Cornélius Lucius iicipioii lliirltatus, fils (le Gnaius, homme courageux et prudent, dont la licniifi'' l'ïg.'ilait la vertu. Il a (i\!- parmi vous consul, censeur, édile.

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