LES MO.NIIMENTS FUNÈBRES
il ï pris Taurasia, Cisaiin;i, dans le Samniuin; ayant soumis toute la Lucanie, il a emmené des otages » {fig. 51(j).
Le tombeau circulaire de Cécilia Mélella, fille de Quintus Métellus et Temme du triumvir Crassu?, est situé près de la voie Appienne,
Ce mausolée, le mieux conservé de la campagne de Rome, a 26 mètres de diamètre {fig. 517).
A l'extérieur, le monument présente une masse imposante et est formé de morceaux de travertin d'une dimension énorme. Une belle Irise en marbre décore la partie supérieure. Elle est formée de bucranes, ou têtes de bœufs desséchées, et reliées deux à deux par d'amples
guirlandes de fleurs et de fruits que surmonte une rosace d'une saillie
z prononcée. Ce système d'ornements court autour du moDument, mais s'iaterrompt sur la face qui regarde la voie Appienae, où il est remplacé par des trophées militaires, destinés sans doute à rappeler les exploits du père et de l'épouï de Cécilia Mélella.
On croit généralement que le doFsus de l'édifice était recouvert par une plantation de cyprès, comme il y en avait, d'après le récit de Strabon, sur le mausolée d'Auguste : d'autres croient que le monument était surmonté d'une coupole. Dans tous les cas, il a dû être primitivement orné de colonnes. A l'intérieur, il y a une salle ronde en forme
Pig. on. — lombMU dg C4dlii Uëlalla (Coupo).
LES MOISL'HENTS FllStBRES. «T
de pain de sucre Tlig' 517), dont le sommet est maintenant h découvert.
On a trouvé dans ce tombeau le sarcophage de Cécilîa Méiella que reproduit notre figure 518. Ce sarcophage en marbre est de forme ovale. U est cannelé et décoré de deux tôles de chevaux en saillie.
La base cl surtout le couvercle sont enrichis de mûandres et de riuccaux d'une grande délicatesse.
Cette forme circulaire que présentent plusieurs tombeaux romains, et que nous avons déjà vue chez les Étrusques, était pourtant moins commune que la forme pyramidale dont le tombeau de Caius Sextius va nous offrir un exfmplc.
Ce mausolée, dont la figure 519 fait comprendre la disposition intérieure, parait contemporain d'Auguste. On entre dans la chambre sépulcrale par un corridor étroit et peu élevé : des arabesques étaient peintes autour de la chambre, ainsi que sur la voûte qui est construite en plein cintre.
Des tombeaux analogues, mais moins importants et moins bien conservés, se retrouvent dans la Gaule romaine. Un monument de forme pyramidale se voit à peu de distance de Vienne en Dauphiné, sur la voie qui suivait le cours du Rhânc : on le désigne généralement sous le nom d'aiguille de Vienne (Gg. 520].
vts
L'ITALÎE.
V Ce mODuroent, dit le Guidt dans la France monumentale, occupe un espace de 6 mètres f|0 cenlimèires en carré, y compris ta saillie des piédestaux des colonnes placées aux angles. Sa hauteur, jusqu'audessus de l'entablement est de 6 mètres 65 centimètres; la pyramide avec son socle ayant près de IQ mètres, la hauteur totale de l'édiQce est de 16 mètres; les colonnes placées aux angles du monument sont engagées d'un quart dans le mur; les bases sont attiques et n'oal pas
été achevées; les chapiteaux, qui devaient être corinthiens, nesontpas terminés, non plus qu'une grande partie de l'édifice. Quatre arcades en plein cintre laissent voir un plafond très hardi, fait par encorbellement des pierres de l'architrave; elles sont supportées par les quatre clefs des arcades et recouvertes des pièces de la frise qui traverse le plafond d'un bout à l'autre. La pyramide porte sur le vide du plafond. »
L'édifice funéraire le plus important que nous aient laissé les Romains est le Château Saint-\nge. L'empereur Adrien le fit construire pour servir de sépulture à lui et àsessuccesseurs; ilvoulaitsurpassertout ce qu'avaient fait l'Egypte, la Grèce et l'Italie. Il le plaça près du Tibre, sur lequel il lit jeter un magnifique pont qui le joignait à la ville.
LES MONUMENTS FLNÈUIIIIS. «9
Sur une base carrée d'une vasle surface s'élevaient, en pjTamide arrondie, trois ordres d'architecture, le loul en marbre de Paros, Chaque ordre se composait de colonnes de granit et de porphyre, qui formaient
Pig, UO. — AIgnUla ds
de superbes galeries, décorées de statues et de bas-reliefs. L'édiQce se terminait par une riche coupole au-dessus de laquelle on voyait une pomme de pm en bronze doré, qui, suivant la tradition, aurait contenu les cendres de l'empereur. L'entrée du mooumentélaitenrace lepoot du Tibre : de là on passatt dans une galerie haute et couverte, puis on arrivait, par un escalier en limaçon, à la ehambre du tombeau, qui se
trouvait au milieu du bâtiment. Cette chambre est construite i pierres de taille, voûtée, et pourvue de grandes niches et de bai nnur recevoir les urnes cinéraires et les aarcophaRes.
Constant n a porte le premier coup au mausolée d \dr en en le , dépou liant de ses tro s rangées de colonnes pour en orner ! intérieur de 1 egl se do Saint Paul hors des Murs Plus tard I fut empla> comme forteresse contre les Golhs, qui l'assiégeaient, et Bétisaire i briserles statues dont l'édifice était décoré pour en jeter les morceau sur les assaillants.
On donne le nom de cotumbaria à des chambres sépulcrales conte liant plusieurs rjitgs de petites niches dans lesquelles on plaçait 1
LES MONUMENTS FUNÈBIIES.
urnes renfermant les cendres el tes os briilés qu'on avaii recueillis du bûcher. Des inscriptions indiquaient le nom et la profession des personnes ensevelies, et on y ajoutait souvent des expressions affectueuses. Le columbarittm des Césars (fig. 521) est un caveau entouré de niches funùbres et dans lequel on descend par un escalier escarpé. Parmi les urnes trouvées dans les tombeaux du même genre, il y en a une
qui contient les cendres d'un chien favori. Des couloirs disposés autour des grands caveaus servaient de sépulture aux esclaves de bas
Les Bomains, comme les Grecs, ne mettaient pas les tombeaux dans l'intérieur des villes; ils les plaçaient le long des routes qui venaient y aboutir. Il y a pourtant quelques exceptions à celte règle, mais elles sont extrêmement rares et s'appliquent à des personnages d'un rang très élevé, qui considéraient comme une distinction suprême le droit de ne pas se conformer à l'usage. La voie Appienne, la plus célèbre et la plus belle des routes qui parlaient de Home, était couverte de tombeaux dont quelques-uns de la plus grande richesse : on trouve encore aujourd'hui sur une très grande étendue les ruines de ces monumenis, qui s'alignaient autrefois le long de la route el qui rappelaient la mémoire d'une foule d'hommes illustres, guerriers, législateurs, hommes d'État, orateurs, etc.
La rue des tombeaux, à Pompéi, nous fait encore mieux compreodre cet usage, parce que les moaumenls qui la bordent sont souvent très- Ijien conservés (fig. 522). Parmi les tombeaux fort nombreux qui sont sur cette voie, le plus beau est celui de Scaunis, que décorent des bas-reliefs bien intéressants représentant des combats de gladiatenrs.
Les anciens se promenaient volontiers parmi les tombeaux, près desquels on disposait souvent des bancs pour que l'on pût s'y reposer. Un exemple de cet usage se trouve dans le tombeau de Porcius, qui est en mémo temps celui de la prêtresse Mammia, sa (ille. Ce toinbeau. ^tué près de la porte de Poinpéi, renferme un vaste banc demi-cïrcu' laire (fig. bUS).
La Provence, si riche en monuments de l'époque romaine, possède quelques tombeaux intéressants, parmi lesquels il faut ci[er le mausolée d'Aix, qu'on voyait autrefois dans la cour du palais de justice de cette ville, mais qui n'existe plus aujourd'liui. 11 fut détruit au dernier siècle pour l'agrandissement du palais, et n'est plus connu que par les gravures et par une reproduction en liège qu'on voit au musée de la ville. Il était composé d'un soubassement carré en pierres de taille tfig. 52i) surmonté d'une tour ronde à deux étages, et décoré de
LES MOMIJIKNTS FUNEBRES. i&i
colonnes. On ne sait pas exactement quelle était la forme du sommet. Des urnes funiTHire^ el une bulle d'or ont été découvertes dans les rouilles tic ce monument funèbre.
En revanche, le tombeau de saint Rémi, prés d'Arles, est très bien conservé {fig.
525). (I Son plan est carré, dit le Guide tlnns la France momtmctitaU. Il s'élève avec élégance et majeslé sur un soolc construit en gros quarti rs de pierres à 19"', 3 de hauteur et forme une sorte dt p\ramide composée de tros ordonnances ; d'abord d une 'îorle de stylobale quadrangulaire orné, dans la parue supérieure de ses faces de quatre bas-reliefs represenlant des combats.
Au dessus s'élève une richi' ordonnance de portique el di, colonnes cannelées et engagées dont les chapiteaux sont cor nlhiciis. La troisiume ordonnance, qui couronne 1 Ldifice, forme un
' UBUMtén dAu
pein temple compose de di\ colonnes cannelées dont les chapiteaux corinthiens portent un entablement surmonté d'une calotte parabolique. » Les tombeaux qui portent à leurs angles des colonnes on des pilastres, ceux qui sont décorés d'arcatures avec des sujets en haulrelicf ou même en ronde bosse, ceux dont la décoration semble reproduire en petit la façade d'un temple, appartiennent généralement a l'époque impériale. Hais, comme le changement de culte n'a pas modifié sensiblement lestyle des monuments, ilesl souvent dillicile de leur assigner une date positive si on ne trouve pas dans les emblèmes un caractère spécial qui les fasse de suite reconnaître. Il en est résulté souvent des erreurs assez graves d'attribution .
Gomma monument funèbre de la décadence, on peut citer an tombeau romain situé prùs de Tarragone, et qu'on désigne ordinairement SDUS le nom de tombeau des Scipions (fig. 52ô). Une tradition, qui oc repose sur aucun fondement, veut que ce soit le mausolée élevé par Scipion l'Africain à la mémoire de son oncle et de son père. Il est de forme carrée et porte sur un s^cle de grandes pierres de taille. Les
deux figures irôs-muiilées qui le décorent paraissent, par le costume, remonter environ au m* siècle de notre ère. Il est néanmoins dliricile d'assigner à ce monument une date positive, mais il est certainement postérieur à l'établissement de l'Empire, car on y a retrouvé des monnaies d'Auguste et divers objets qui sont en complet désaccord avec l'attribution qui lui avait été primitivement donnée par l'opinion publique.
LES MONLMEMS FUNËBRtS. «5
Au reste, quoiqiic cet iiliûcc soil assurément un moriumenl funèbre, il n'est pas absolument certain que ce soit un véritable tombeau destiné à contenir les cendres d'un mort ; il est même probablement une construction élevée à la mémoire d'une personne enterrée ailleurs. En effet, il arrivait quelquefois qu'on personnage était honoré après sa mort d'un monumi^ul qui n'avait d'autre destination que de rappeler le
souvenir de son passage dans un pays qui n'était pas le sien, mais où il avait pu se distinguer par quelque action d'éclat, ou mériter l'estime des habitants par la sagesse de son administration.
Sur la route de Luxembourg à Trêves, on trouve un monument connu sous le nom do tombeau d'igel. C'est un obélisque à quatre pan!t. construit en grès rouge, haut de 26 mètres, et dont chaque face est
divisée en trois parties, un soubassemeot ou piédestal, un éta^ décon^ de pilastres supportant un entablement complet, et un attique qui sert de base au fronton et au toit qui le surmonte. Cet édifice est, ^ur toute saoétendue, couvert (t'inscriptionset de bas-reliefii extrêmement curieux. Quelques-uns représentent des transporlsouctiarriagesde marchandises, pour rappeler sans doute le commerce auquel s'élait livrée la famille des Secondinj, à laquelle appartient le monument (fig. 527).
Les tombeaux trouvés dans ks Vosges ont un caractère particulier. Ils sont taillés dans le grés vosgien et ont la forme d'un prisme triangulaire, quelquefois légèreraeot courbé en ogive. On en voit un assez grand nombre au musée de Saveme. Quelques-unes de ces stèles sont ornées de feuillages, et elles sont toutes percées en bas par une ouverture ogivale ou semi-circulaire qui communique avec la cavité renfermant les urnes funéraires (fig. 528), Les tombeaux trouvés à Liverdun, en Lorraine, ont amené la découverte d'une multitude d'objets gallo-romains, vases, médailles, objets de toilette, tels quebijoux, colliers, peignes, Fig. 5Î1. - ïuiobcimfiBoL etc., qui nous Initient à la vie
intime des anciens.
Les sarcophages romains sont souvent décorés de bas-reliefs dont le sujet se rattache presque toujours à la vie future, bien que la scène soit toujours présentée sous une forme mythologique. Très souvent les centaures sont représentés comme les conducteurs des âmes, qu'ils charment par leur musique.
LKS MONUMENTS FU\ÊDHES.
Dans un assez grand nombre de monumenls. le grand voyage s'accomplit par mer : ce sont alors les tritons, les hippocampes, les néréides ou les dauphins qui portent en croupe le voyageur qu'ils conduisent aux île; Fortunées. Les âmes sont généralement représentées avec des ailes dr< papillon : quelquefois même elles prennent la forme d'un papillon véritable. Sur un monument funèbre on voit un oiseau qui cherche vainement à saisir avec son bec un papillon qui lui échappe et s'envole ; c'est un embli>me de I ame qui échappe à la mort.
L^ même idée se représente sous toutes ses formes et la fable de
Promélhée délivré des soulTrances qu'il avait endurées est un symbole qu'on rencontre assez souvent sur les sarcophages du ni" et du r/* siècle.
La tête redoutée de Méduse, qui éloigne les maléfices, se présente quelquefois sur les monuments, La Mort, sous la forme d'un squelette ou d'une figure décharnée, si fréquente au moyen âge, est, au contraire, très rare dans l'antiquité. On voit pourtant sur un tombeau de Pompéi un squelette qui pare une femme avec des bandelettes et des rubans, et un cippe du musée de Naples montre un squelette de la bouche duquel s'échappe un papillon. La forme que prend habituellement 1»
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Mort est un petit génie qui tient uti flambeau renversé. Les attributs bachiques sont également très fréquenta sur les sarcophages, parce qne la mort est assimilée au sommeil, et que ,Ie sommeil le plus doux est celui que cause l'i^Tcsse. Les masques scéniques apparaissent fréqueniment aux angles des saro^hages, parce que lavie est assimilée à ud rôle que l'homme est appelé à jouer quand il est sur la terre. Comme la vie u ■ ■"'-■'[ù.'r''>'StuiiB\ estun composé de plaisirs et de s:^HFR;Pj'VCi^.-^fj^l^ peines, on voit quelquefois d'un côté un masque comique et de Tautre un masque tragique. La présence des Muses daos les monuments funèbres se rattache également au rôle que le défunt a joué pendant sa vie, car elles sont les inspiratrices du théâtre.
Une autre série de monuments se rapporte à la >ie de famille et montre le banquet funùbre des époux. Si c'est le tombeau d'un enfant, on exprime la tendresse de ses parents pardesoiseauxquiveillenl sur un nid et apportent la nourriture à leurs petits, ou par d'autres emblèmes analogues.
Quelques tombeaux rappellent les inslrumenls de travail des artisans. C'est ainsi que, dans un petit village près de Capoue, on a trouvé un tombeau élevé par un certain ifarcuj Hordonius Philargurus Labeo, fabricant de lanternes, à sa femme Fiavia Claudia Philumena. Outre le titre bien •exprimé de la profession, tanlernarius, on trouve encore sur le monument un signe bien caractéristique, une petite lanterne dans son enveloppe (fig. 529).
Sur un tombeau découverte Anlibes [fig. 530), on lit une inscription ainsi conçue : « Aux mânes de l'enfant Septentrion, ègé de douze ans, qui, sur le théâtre d'Aniipolis, dansa deux Jours et sut plaire, m
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LES HOriUHBNTS FUKEBRES. 48B
L'usage d'enterrer les morts et celui de les brûler a existé simultanément dans toute l'aotiquité. De là vient que, dans les mêmes localités, on trouve souvent des urnes destinées à contenir des cendres, et des sarcophages renfermant des corps.
Mais comme les Gaulois ne brûlaient pas les morts, l'bâbitude de les enterrer a toujours prévalu chez eus, même sous la domination romaine. On avait l'habitude de couvrir le défunt des vêtements et des bijoux qu'il avait en mourant et de placer près de lui les objets dont il avait fait usage pendant sa vie. De là aussi vient la grande quanUtê d'objets que l'on trouve dans les tombeaux gallo-romains.
La Tigure 531 nous montre la coupe d'un tombeau gallo-romain trouvé près de la ville de Sainl-Médard-des-Prés, en Vendée, par M. Benjamin Fillon.
On y voit très-bien la place qu'occupaient les urnes et les vases funéraires auprès du défunt, dont le corps est couché dans sa bière.
L'usage des vases funèbres se montre en Italie comme en Grèce et en général dans tout le monde antique. Il en est de même des lampes, dont on a retrouvé une très-grande quantité dans les tombeaux romains.
Kg. 599- — lombMU d'i
fig. tM. — lombam gallo-tODula (CoBp«).
Le fou était pour les anciens l'emblème de la vie, parce que la flamme remue sans cesse et semble vouloir monter vers lé ciel. L'usage des lampes déposées dans les tombeaux se.ratlacbe à l'idée de la vie future. Dans les monuments consacrés, à. la sépijlture des grandes familles^ un serviteur préposé à la garde du monument avait en même temps pour mission d'entretenir le fèu de la lampe funèbre. La forme et la déco*
«P L'ITALIB.
raiîoD de ces lampes sont d'une grande variété. Nous eu signateroDs quelques-unes - à cause de leur çarafï^re plus, pantculiérement' funèbre..
La lampe représentée sur la jigure 532 est. décoréie^ d'une statuette d'Hercule enCupidon. Le héros qui avait élevé lui-même le bûcher sur lequel son corps avait été brùlé^ur le mOntCEta, et qui s'était ensuite élevé au rang des dieux, semblfiit éminemment propre k décorer un monument funéraire.
L'uniOD de t'Amour avec E^ché, symbole de l'&me humaine, suQirait pour expliquer la présence deCupidon sut* les mêmes monuments. Mais, daasune foule de cas, Cupidon et Hercule sont confondusdans un type commun qui réunit les attributs des deux divinités.
La figure 533 no^s offlre un Irès-curieux exemple de cette association. Pour accentuer davantage son caractère d'Hercule, l'artiste lui a donné la peau du lion de Némée, qui vientse croi- Ber sur sa poitrine ; maislesdeux grandes ailes sont un attribut de Cupidon, surtout lorsqu'il est considéré dans son caractère funÈbre.
Un grand nombre de lampes qui ne sont ornées d'aucune décoration funèbre ont été également revouvées dans les tombeaux. On déposait à titre de meubles divers objets qui avaient appartenu au mort,' mais qui n'avaient pas pour cela une destination funéraire. On range ordinairement parmi les lampes funèbres celles qui, par leur forme, ne semblent pas' avoir été d'un emploi journalier. Celle qui est représentée sur la figure 531 n'a pas de poignées.. ' '
L'usage de placer une lampe à cdté'du mort était universelle, dans
LES MONUMENTS FUNËBBtiS.
l'antiquilé : il a persisté dans les preiniers' te'dipS Su christiaoîsme, puisque dous le retrouvons/dans les catacombes. .
tes lampes se plaçaient quelquefois sur le càt:ueîl qui contenait le corps ou les cendres du défunt. Pétrone, en . parlant d'une femme qui s'obstine à vouloir rester dans le caveau où on venait de déposer les restes de son mari, ajoute : « Une servante fidèle l'avaitaccompagnéedànssa triste retraite^ mêlant ses larmes à celles de sa maîtresse, et ranimant la lampe placée sur le cercueil toutes les fois qu'elle était prête à s'éteindre. »
11 arrivait en effet quelquefoisqiic des veuves, ne se contentant pas des signes ordinaires de la douleur, comme de marcher, les cheveux épars, à la suite du char funèbre, ou de se meurtrir les seins devant tous les assistants, accompagnaient le défunt jusqu'à sa dernière demeure, dont on ne pouvait ensuite les arracher qu'à grandpeine. Ces signes extérieurs de désolation, qu'ils fussent sincères ou simulés, prouvent l'importance que l'antiquité attachait aux rites funèbres, et eipli'iuent pourquoi la privation de fuoéraill^es était un châtiment réservé aux criminels. Ceux-ci n'avaient pas droit à la sépulture, etonétait obligé de mettre des soldats préposés à la garde des malheureux qui avaient subi la peine capitale, pour empêcher leurs parents ou leurs amis d'enlever le corps et de l'ensevelir ensuite.
La privation de sépulture était la conséquence ordinaire du supplice de la croix, que l'on regardait comme infamant. Les récits évangéliquea prouvent néanmoins que les amis d'un crucifié obtenaient quelquefois l'autorisation de déposer son corps dans un tombeau.
u Et le soir étant venu, dit saint Matthieu, un homme riche, nommé Joseph, qui était d'Arimathie, et qui avait aussi été disciple de Jésus, vint vers Pilate et demanda le corps de Jésus; et Pilate commanda
Pig. S83. -