I. — Laïupo ftuèbio
tOS L'ITALIE.
qu'on )e lui donDâL Ainsi Joseph prit le corps et l'enreloppa dans un lïDceul blanc; et le mit dans son sépulcre qui éuit neuf et qu'il avait fait tailler pour lui-même dans le roc; et ayant roulé une grande pierre à l'entrée du sépulcre, il s'en alla, a
Les Catacombes chb£tienhbs. — Peu d'années aVant la naissance de Jésus-Christ, plusieurs milliers de Juifs furent transportés à Rome par suite des victoires de Pompée. Le terrain où était leur cimetière se trouvait sur les flancs d'une colline près du mont Janicule, et les pre-
miers chrétiens qui vinrent s'établir à Rome, étant absolument confondus avec les Juifs, furent inhumés dans le même terrain. Mais quand les chrétiens furent plus nombreux, ils eurent des cimetières particuliers. dont rentrée était généralement dans le domaine de l'un d'eux. Le respect que les païens portaient aux morts pouvait transformer ces cimetières en asile les jours de persécution ; mais ils n'étaient point construits en vue de la célébration du service divin, et ils ont toujours été employ'ès comme lieu desépulture. On y rencontre néanmoins de véritables chapelles; on offrait d'ailleurs le sacrifice eucharistique sur le tombeau de
Pig. 53Û.
non pas dans la superficie du sol entainù, mais bien dans la quantité de galeries creusées à différents niveaux, quelquefois à quatre ou cinq étages les unes sous les autres. Il a été calculé exactement que dans un espace carré ayant cent vingt-cinq pieds romains de côté il n"y n pas moins de sept à huit cents mètres do galeries; la somme totale de toutes les lignes d'excavation semble mouler au ciiiffre énorme de cinq cent quatre-vingts kilomètres, la longueur de rUalic. D'après les légendes populaires, et même d'après l'opinion des savants, on a longtemps considéré ces catacombes comme toutes liées entre elles et formant un réseau non interrompu autour de Rome. Mais les condilions géologiques
othydrauliques du sol donnent un démenil fonnel à celle hypothèse, el oni imposé des limites infranchissables aux nécropoles souterraines, gui sont restées séparées les unes des autres. »
La Ggure 535, qui représente le plan d'une cntacombe. moi)tre la disposition de ce genre de cimetière. Des galeries très-étroites et remplies de tombeaux se croisent ensemble comme les rues d'une ville et donnent quelquefois accès à des chambres (cubicula) dans lesquelles se trouvaient également des tombeaus.
Le tombeau chrétien des catacombes est une niche juste assez spacieuse pour recevoir un cadavre, et disposée dans les parois latérales
Pig. 537. — Clupelle Si
dune loiisao galerie creusée dans le foc; chaque paroi reçoit plusieurs niches au-dessus l'une de l'autre, et les galeries elles-mêmes sont superposées, comme le monire la figure 536, qui représente le cimetière Saint-Calixte.
La cataconibe de Saînl-Cali<(le, la plus vaste de toutes celles qui entourent Rome, a sa porte d'entrée à droite de la voie Appienne, Elle est à plusieurs étages; on y descend par un large escalier, qui fut prohabiement construit après Constantin, quand les pèlerins venaient en foule visiter les catacombes : leurs pieuses mains ont gravé Sur la muraille de nombreuses inscriptions dont plusieurs sont conservées. Ce sont tantôt des noms propres, tantôt des souhaits. On y voit une crypte
découvert par M. de Bossiet qui esi un des poînla les plus intOressams des catacombes (fig. 537).
On donne le nom de cubicula aux chambres dans lesquelles soni
disposés les tombeaux. Quelques-unes de ces chambres retircrmcnt le tombeau d'un marlyr; à l'anniversaire de sa mort (qu'on appelait la naissance dans le langage symbolique de l'Église primitive], cette tombe devenait im autel où les chrétiens se réunissaient pour célébrer les saints myslLTes. L'air et la lumière arrivaient dans ces chambres au
moyen d'une ouverture communiquant avec la surface du sol, comme le montre la figure 538, qui représente une section de chambre dans la catacoinbc des saints Marcellin et Pierre.
Les Ûgures que nous venons de voir montrent un grand nombre de tombes superposées dans les parois des murs d'une salle. Il y a aussi
LKS HONUHEKTS FUKÈBBES.
des caveaux qui semblent avoir appartenu plus spécialement à une famille, car le nombre des lombes y est beaucoup plus restreint : ta Dgure 539, qui montre un cubieutam du cimetière de Sainte-Agnès, ofTre ua exempte de ces salles peu remplies, mats où les fidèles se réunissaient peut-être pour recevoir un ensei^ement religieux ou pour assister à certaines cérémonies.
La figure 5/|0 nous fait bien comprendre la transition d'une chambre à une autre; on voit au fond un couloir qui coupe le premier transversalement pour s'engager dans des directions différentes. Cette fleure représente la crypte de saint Corneille, pape et martyr : elle fut découverte en 1852 par M. de Rossi avec l'inscription de son tombeau. Sur des peintures byzantines d une date postérieure, on voit l'image de saint Corneille et de saint Gyprien, qui ne furent pas martyrisés la même année, mats qui le furent te même mois et le même jour. Cette dé' coration, du reste, parait avoir été refaite sur une peinture plus ancienne.
En effet, un assez grand nombre de tombeaux ont été décorés de peintures, et c'est dans les catacombes de Rome qu'un peut étudier les premiers bégayements de l'art chrétien. La disposition des peintures aussi bien que les sujets qu'elles représentent offrent, au double point de vue de l'ait et de l'histoire, un intérêt tout particulier.
La figure 5M montre une décoration sépulcrale peinte entre deux tombes superposées. Le repas des chrétiens (l'agape) est figuré au centre de la composition. A gauche est un trépied portant le pain et le poisson, entre une orante qui lève les bras dans l'attitude consacrée et un prêtre qui consacre les offrandes. A droite, Abraham est peint au moment où il va sacrifier son Gis Isaac. Enfin, de chaque c61é, un fossoyeur debout tient en main son instrument et étend le bras vers la scène peinte au centre.
On donne le nom d'arcosoltum à un genre particulier de tombeaux
qui soni surmonttJs d'un<^ niche vofilce en demi-cercle. Quelques-uns de ces tombeaux soniornés d'une décoration assez riche. La Tigure 542 nous montre un arcosolium du ciraelièrc de Prétextât qui passe pour un des plus anciens, La décoration de cet arcosulium paraît remonter au deuxième siècle de notre ère. Oual* guirlandes s'enroulent autour de la voûte, et j au-dessous d'elles se déroule une longue fresque
Ei
représentant des moissonneurs. Enfin, plus bas et dans Tare de la voûte, il y avait une scène champêtre au centre de laquelle était peint le Bon Pasleur, Mais cette peinture a été presque entièrement détruite parles chrétiens d'un âge postérieur, qui. désireux de reposer auprès des martyrs, percèrent la muraille pour y établir une tombe (fig. 5ù2), Sur le bord de la niche où est cette tombe, on voit une inscription dont le ^ens est : « Que Janvier, Agatopus, Féticissimus, martyrs, rafralchisseot
l'àme de »
Au cimetière de Domltille, le Christ est représenté assis au milieu de ses disciples. Malheureusement la peinture a été fort endommagée par un tombeau qu'on a creusé dans le mur de telle façon qu'il tronque
voit si souvent sur les monumenis païens. Mais la vigne n'est pas seulement ici un ornement cairicieux; elle devient un emblème chrù-
Pig. 544. — Cftrica tare 'd'an crucifié.
tien, et les colombes qu'on voit «ur ses rameaux représentent les fidèles que le Saint-Esprit anime de son soufQe.
Les emblèmes chrétiens forment une sorte de langue hiératique dont la signiGcation est souvent difficile à comprendre pour un moderne, mais qui avait pour les premiers chrétiens l'avantage de présenter une sorte d'énigme dont leurs ennemis ne pouvaient pénétrer le sens caché.
Un fait curieux à observer c'est que les scènes de la Passion n'apparaissent jamais sur les monuments chrétiens antérieurs à Constantin, et que la plus ancienne représentation connue d'une mise en croix se rapporte à une caricature païenne (fig.
bkh)* Cette caricature, tracée à la pointe sur le stuc d'une muraille, dans le palais des Césars, représente un personnage à tête d'âne attaché à une croix : on sait en effet que les chrétiens, dont les mystères étaient tenus très secrets, ont été accusés d'adorer un âne. A côté du personnage cruciûé est un homme debout, avec une inscription en caractères très-irréguliers dont le sens est : «Alexamène adore son Dieu ».
Cette caricature a probablement été faite par un soldat païen qui voulait se moquer de son camarade chrétien; car l'endroit où elle a été trouvée paraît être remplacement d'une salle qui servait de corps de garde.
Vancre, la colombe et Vagneau ont dans le symbolisme chrétien une signiGcation déterminée et dont l'interprétation n'est pas douteuse. Une pierre tombale (ûg. 545), tirée de la crypte de Lucine, présente les trois emblèmes réunis. On remarquera que Vancre est traversée par une barre, ce qui forme une image secrète de la croix, fondement de Tes-
(FAVniNIANVM."^
Fig. 545. — Pierro lombale.