CE
Fig, Mt. — Ptam ttpalcnle.
pérance chrétienne. La colombe est un symbole de l'Ame chrétienne, el l'agneau indiqua un membre du troupeau dont lésu3 est le chef.
C'est parmi les chrétiens d'Alexandrie que l'emblème du poition a pris naissance. On avait remarqué que si l'on prend l'un après l'autre les lettres initiales de vingt-sept vers sibyllins, elles forment, en les rapprochant, cinq mots grecs signifiant Jésuj- Cfirisl, Fils de Dieu, Sauveur; en réunissant ensuite la première lettre de chacun de ces mots, on a un mot (<x>ù:) qui signifie poiuon. Le poisson est devenu ainsi unemblèmesecretderalliementpourles chrétiens, etsaint Clément d'Alexandrie les engage à le faire graver sur leurs cachets. Une pierre sépulcrale , trouvée dans un cimetière de la voie latine, montre l'emblème du bon pasteur sous celui du poisson (Bg. 546).
La figure 5A7 montre le fond d'une coupe antique de la bibliothèque Vaticane dont la décoralion doit être postérieure à Constantin. On y voit teChristenlresalDtPierre et saint Paul. Au-dessous on retrouve leChristsous la forme d'un agneau place sur le mont Sion, d'où coulât les quatre fontaines évangéliques unies dans le mystique Jourdain {Jordam). Les Juifs et les Gentils s'avancent vers la montagne, venant de Jérusalem {Jerusale) et de Bethléem (Beclt) i ils ont tous pris la forme d'un agneau, suivant un usage assez fréquent parmi les premiers chrétiens, et dont nous retrouverons plus loin une autre application sur le sarcophage de Junlus Bassus, représenté figure 550,
Pig. SJ7. — Coupe ds U Bibliadièiic
Les traditions païennes, transformées par le christianisme, s'unissent souvent dans les catacombes aux traditions chrétiennes, et forment ensemble un symbolisme qui pai^ll un peu obscur aujourd'hui, mais
Pig.548. — Oipliée.
qu f.n t fim 1 er a x cl r l cn° des premiers siMes. Nous en avons i
lani Ulj-HO «t lei Sirènoi,
ixcmpic dans la liyurc 548. qui représente une décoration tirée du ciiiieiiùre de la voie Ardéatinn. Orplu-e, charmant les bêles féroces par
LES MOMJMENTS FUNÈBRES.
ses accorda, occupe le centre de la composition, et devient l'image du ^H
posent l'encadrement, on reconnaît aisément. Daniel dans la f lions, la résurrection de Lazare, Moïse frappant l'eau du roc
sse aux ler, etc.
Les fables les plus populaires du paganisme sont facilement acceptées par les cbrétieos, quand ils y trouvent une signification qui peut se rattacher à leur croyance. (7esl ainsi que sur un sarcophage découvert dans la crotte de Lucine on voit Ulysse attaché au mAt et échappant par là aux sirènes, personnification des séducUons daogereuses. Le mat est ici an emblème de l'Église, et le chrétien qui y demeure attaché devient par là inaccessible aux tentations (fig. 549). Cependant le plus souvent les sujets des sarcophages chrétiens sont lires de l'Ancien ou du Nouveau Testament : nous citerons pour exemple le fameux sarcophage de Junius Bassus, sur lequel on a lu l'inscription suivante : a Junius Bassus, qui vécut quarante-deux ans et deux mois. Dans l'année où il était préfet de la ville, il alla à Dieu, néophyte. « Ce
personnage, qui mourut Tan 35y est un des premiers grands patriciens qui aient embrassé lu christianisme.
Son sarcophage (fig. 550) est en marbre blanc et di\'isé en compartiments séparés par des pilastres et représentant divers sujets; on reconnaît dans le registre supérieur le sacrifice d'haac, VarrtiWion dv saint Pien-e, la loi donnée aux Apôirts, le Christ emmené par les Juifs, la condamnalion par Ponce-Pilale, et dans le registre inférieur Job et sa femme, Adam et Eve, l'enJrre du Clirist à Jtnisatem, Daniel dans ta fosse atix lions et saint Paul conduit au supplice. Ce que notre gravure n'a pu rendre qu'imparfaitement à cause de son exiguïté et de l'état fruste du monument, ce sont les peiiLs moulons placés sur les frises des cinq arches qui divisent la partie inférieure du monument. Tous ces agneaux ont une signification symbolique : lun fait jaillir l'eau du rocher, un autre ressuscite Lazare, etc.
A l'époque où le christianisme triomphant peut se montrer ostensilemenl, on voit dos sarcophages d'une grande richesse décorative
<fig. 551 el 552}. Leur Toroie ne dîSére pas essentiellement de celle qui était employée pour les sarcophages des potens, Mais, à déraut de sujcLi
LuDpei chiéticnaoï.
se retrouve également dans les premiers temps du christianisme. De même que les sarcophages, les lumpes chrétiennes se Tont aisément reconnaître par l'emblème qui les décore (lig. 653 et 55Z|).
La Sicile. — La Sicile (flg. 555] est le sol classique de la tnyitiologie, au moins autant que la Grèce propre. L'Ile elle-même fait en quelque sorte partie de la mythologie : si elle occupe la place que nous
lui voyons sur la carte, c'est que, dans la lulte des dieux contre les fils de la terre, elle a été lancée sur le géant Encelade, qu'elle écrase de son poids. Le géant vomit encore des flammes par le cralère de l'Etna, et, si le pays est sujet aux tremblements de terre, c'est qu Encelade se démène parfois dans la position gênante où le courroux des dieux le relient depuis tant de siècles. C'est aussi dans les forges de l'Etna que Vulcain forge les foudres de Jupiter avec laide de ses hideux cyclopes.
L'ITALIE HÉBIDIONALE, SUT
Au ceQlre de l'Ile est la plaine d'Enna, où habite Cérës : c'est l^que' S8 fille Proserpine a été enlevée par Plutoa, tandis qu'elle jouait avec ses jeunes compagnes et cueillait des fleurs dans la prairie. » Enna, dit Cicéron, est sur une hauteur qui domine tout au loin. A son sommet est un large plateau arrosé par des eaux qui ne Urissent jamais. Elle est isolée et comme détachée de toutes parts; elle est partout envtroanée de lacs, de bois sacrés, ou les fleurs les plus agréables se renouvellent dans toutes les saisons de l'année. Le seul aspect des lieux semble attester ce que nous avons appris dès notre enfance sur l'enlé-
MédaUloD da Sjncou.
vement de la jeune déesse. En efl'el on aperçoit à peu de distance une caverne ouverte au nord; c'est de là, dit-on, que le dieu des enfers sortit tout à coup sur un char et vint enlever Proserpine. » Les dernières traces des temples de Gérés et de Proserpine ont disparu depuis longtemps de cette contrée, et les récils des poètes sont les seub souvenirs quon puisse y évoquer.
L'art cependant est venu en aide aux poètes, et le fameux médaillon de Syracuse, où l'on voit Proserpine, déesse des moissons, avec despoissons dans le champ, est un chef-d'œuvre comparable à ce que l'anliquité a produit de plus beau (Og. 556-557).
Historiquement les premiers habitants de la Sicile paraissent avoir été les Sicancs, ou Sicules, venus de Tltalie, mais la Sicile a reçu trèsanciennement des colonies phéniciennes, qui se sont établies sur le littoral, et plus tard des colonies grecques, qui fondèrent la plupart des grandes villes de la côte et arrivèrent promptement à un haut degré de prospérité et de civilisation. Ces difl'érents peuples ont laissé des traces de leur passage sur le sol sicilien : on regarde comme apparten»"'
e,g. UB.
aux plus anciens habitants les constructions de Céphalu et les excavations souterraines de l'tle, et l'on a retrouvé aussi quelques sépultures phéniciennes. Les Grecs ont élevé partout de spleadides monumeats dont il reste des ruines imposantes : la sculpture y apparaît dès le début et encore toute imprégnée de traditions orientales, comme on le voit aux métopes archaïques de Sélinontc.
Les monnaies grecques de la Sicile sont extrêmement nombreuses. Parmi les emblèmes qui les caractérisent, il y en a un fort singulier qui se rapporte h la forme '^ ; -^ triangulaire de l'île. Il r^ré- ' ^ sente trois jambes sans corps
mais reliées ensemble et qui paraissent courir l'une après l'autre. Le bout du pied fait allusion à chacune des pointes du triangle (Sg. 558- 559). Les emblèmes marilimes sont également tr^ fréquents : ce sont habituellement des poissons, un fragment de navire ou bien le trident de Neptune.
La décadence de ta Sicile date dos guerres puniques : les Carthaginois ont détruit un grand nombre des plus bnllcs cités grecques ; les Romains ont achevé de ruiner celles qui restaient. Slrabon nous dépeint l'état de l'île au siècle d'Auguste. « Dans l'intérieur, dit-il, on ne trouverait guère aujourd'hui quedos habitations de bergers, car il n'y a plus, que je sache, de vrai centre de population, ni à Himéra, ni à Gélani à Callipolis, ni à Sclinonte, ni à Eubcca, elc, toutes villes dont l'origine Oit grecque. Quant aux villes fondées par les Barbares, comme l'était Camici, elles ont aussi pour la plupart complètement disparu. Frappé do cet abandon du pays, de riches Romains se rendirent acquéreurs dos montagnes et de la meilleure partie des plaines et livrèrent ces terres à dos éleveurs de chevaux, do bœufs et do brebis, leurs esclaves. Mais la présence do cotte nouvelle population fit courir plus d'une fois aux Siciliens de grands dangers; car ces pfltres, qui ne s'étaient d'abord livrés qu'à dos brigandages isolés, individuels. Unirent par former des bandes qui portèrent la dévastation jusque clans les villes, comme l'atteste l'occupation d'Enna par la bande d'Eunus. De nos jours, tout dernièromont même, on a amené à Rome un • certain Sélurus. dit le fils de l'.'Eiiw, parce qu'à la télé d'une véritable
armée il avait longtemps couru et dévasté les environs île cette montagne, et nous l'avons vu dans le cirque, à la suite d'un combat de gladiateurs, déchiré par les bêtes i.
Malgré son état de décadence, la Sicile était comme un grenier d'abondance pendant toute la durée de l'empire romain, et ses villes déchues ou ruinées étaient continuellement visitées par les jeunes gens de grande famille qui venaient admirer les monuments encore debout ou jouir de la beauté des sites. Le mont jEtna était particulièrement fréquenté par les touristes qui voulaient faire l'ascension du volcan. Au pied même de la montagne était Catane, qui, malgré les destructions causées par le volcan et par les guerres, a conservé d'importantes antiquités. L'amphiihéâtre, un des plus grands qu'ait élevés l'antiquité, est en partie recouvert par la lave et par des construction modernes. Le théâtre était bSti sur le penchant d'une colline : les fondements grecs, découvertsenl86Zi, supportaientunédificede construction romaine : les colonnes et les bas-reliefs qui le décoraient ont' été enlevés, avec une grande partie des matériaux, pendant le moyen âge, pour la construction
(le la cathédrale. Près de là on trouve les restes d'un odéon, aujourd'hui presque entièrement recouvert par des habitations privées. On a trouvé aussi à Catane des bains et des sépultures romaines.
Messine (fig. 560-561) a été, sous ce rapport, moins favorisée et n'a laissé aucune ruine. Les monnaies de cette ville présentL-nt une trèsgrande variété, mais le lièvre courant est l'emblème qu'on y trouve le plus souvent.
Entre Catane et Messine était Taormina, ville fondée au iv* siècle avant Jésus-Christ par les habitants de Naxos, et dont il reste un théâtre fort curieux parce qu'il est un des mieux conservés que nous ait laissés l'aniiquilé. Il pouvait contenir 35,000 personnes, cequi laisse présumer une population considérable pour cette ville, qui n'eut jamais une grande importance historique.
Non loin de là on trouvait Naxos (fig. 562-563) et Mègan, que Strabon regarde comme les plus anciennes colonies grecques de la Sicile. Ces villes n'ont pas de ruines; mais on en a consarvé de bellesmédailles.
ExamiDOosinaintenantcequi reste de l'ancienae Syraeuu (fig. 566). La vilie moderne est tout entière renfermée dans 111e d'Ortygie. qaî contient la fontaine Aréthuse, célèbre dans la mytholc^îe etqui maintenant est le rendez-vous des blanchisseuses de la ville. La cathédrale est b&lie sur l'emplacemeni d'un édifice antique qu'on f'is- i^- F'g. 5(3. croit avoir été le temple de
■lOL Minerve ; il en reste encore
des colonnes engagées dans ta maçonnerie. Ce temple, dont Cicéroô vante la magnificence et qui fut dépouillé par Verres, parait avoir étô
Fi g. SS4. — Plan de Sjtac
coiislruit sur un type analogue à ceux d'Agrigente ei de Paestum, Près de là éiait le temple Oc Dime, dont les restes sont enclavés dans une maison pariiculière.
L'ITALIE MÉRIDIOiNALE. 511
L'Âchradine, plateau complètement désert aujourd'hui, était la partie la plus peuplée de la ville antique. Ce quartier, fortifié par de hautes murailles dont les restes subsistent encore, renfermait la place du marché avec ses colonnades, la Curie et divers autres monuments. On y a retrouvé des bains, de vastes catacombes qui s'étendaient également sous le quartier de Tyché. Elles forment des rues aboutissant à des carrefours et bordées de columbaria ou niches destinées à ensevelir les morts. Quelques-uns de ces tombeaux portent des emblèmes chrétiens.
Le quartier de Tyché, encore très -peuplé au commencement de Tempire romain, offre néanmoins peu de ruines remarquables Mais il n'en est pas de même de Néapolis, la ville neuve : on trouve là l'amphithéâtre, situé sur une pente de terrain et en partie taillé dans le roc, et le théâtre, également taillé dans le roc et qui était, suivant Diodore, le plus beau de la Sicile. On a calculé qu'il pouvait contenir 2&,000. spectateurs, et il en reste une quarantaine de gradins assez bien conservés. On trouve aussi dans Néapolis quelques tombeaux parmi lesquels il faut distinguer ceux qui ont reçu la dénomination assez arbitraire de tombeau de Timoléon et de tombeau d'Archimède
Vis-à-vis de ces ruines sont les Latomies, vastes carrières exploitées par les Syracusains, qui y faisaient travailler leurs prisonniers de guerre, et lesquelles paraissent également avoir servi de prison. La plus importante est celle qui a reçu le nom d'Oreilie de Denys, par suite d'une tradition d'après laquelle Denys avait fait construire des prisons dont l'acoustique, habilement ménagée, lui permettait d'entendre tout ce qui s*y disait à voix basse.
Le plateau des Épipoles, où était la citadelle, possède des fortifications assez bien conservées. Enfin sur un coteau placé près de la ville, on trouve deux colonnes, seuls restes d'un fameux temple de Jupiter Olympien, où était une grande statue du dieu, couverte par Gélon d'un manteau d'or, que Denys lui enleva, sous prétexte qu'il était trop chaud pour l'été et trop froid pour Thiver.
La ville de Syracuse est celle où l'art du graveur en médailles paraît avoir été poussé le plus loin. Nous en avons déjà donné des échantillons Jans les figures 556, 557, 558, 559. La figure 565-566 nous montre un type différent; elle représente le roi Hiéron H, qui fut l'allié des Carthaginois et s'attira par là la haine des Romains.
Il n'est resté aucune trace de Gela, ville autrefois riche et puissante, mais qui avait déjà cessé d exister au temps d'Auguste. C'est le trop
plein tle la population de Gela qui alla fonder Agrigente. « la plus belle ville des mortels « selon Rndare. C'est là que le fameux tyran Pbalarii menait, dit-on, des captifs vivants dans un taureau d'airain rougi aa feu, ou ils expiraient en poussant des cris affreux. Sa cruauté le rendit odieux aux Grecs, qui adoptèrent le gouvernement démocratique. Agrigeote aueignil bientôt un haut degré de prospérité, et sa population dépassa 200,000 habitants. Dans une suite de guerres heureuses contre lesCarthaginois, lesAgrigentins employèrent leurs nombreux prisonniersà faire de gigantesques constructions. Cependant la ville finit par-étre prise et en partie détruite par Hamilcar. Elle se releva pourtant un moment avec Timoléon, mais elle Tmit par succomber tout à fait dans sa lutte contre tes Romains. Depuis ce temps, Agrigente (aujourd'hui Girgenti) perdit toute son importance, comme la plupart des villes situées sur la côte méridionale do la Sicile.
Les restes d'Agrigente offrent un spécimen des plus belles ruines connues. 11 reste encore seize colonnes debout du temple de Junon, où Zeuxis avait peint la fameuse image de la déesse d'après le modèle des cinq plus belles jeunes filles de la ville. Près de là est le temple dit de la Concorde, remarquable par sa conservation, due peut-être à ce qu'il a servi d'église an moyen âge, et le temple d'Hercule, dont une seule colonne est restée debout au milieu des débris amoncelés. Là était une statut' d'Hercule, ouvragi' de Myron, dont Cicéron parie comme de la plus belle chose qu'il ait vue. Verres voulut l'enlevcrimais lesprêlres, soutenus par le peuple, repoussèrent ses satellites. On trouve ensuite le tombeau de Théron et les fondations du grand temple de Jupiter Olympien, le plus vaste édiOce qu'aient jamais construit les artistes grecs, « C'est, dit Diodore de Sicile, le plus grand de tous les temples de la Sicile, et on peut à cet égard le comparer avec les plus beaux qui existent, bien qu'il n'ait jamais été achevé. Sur la façade orientale on a représenté le combat des Géants, ouvrage de sculpture remarquable par sa dimension et sa beautû; la prise de Troie est figurée sur la façade occidentale. »
Les colonnes de cet édifice gigantesque ont un diamètre qui dépasse
de 32 cenlimètres celui de la colonne Trajane à Rome ou de (a colonne Vendôme à Paris, et chacune des cannelures peut servir de guérite à un homme. Le nom de Umple des Giants. sous lequel cette ruine fut longtemps connue, vient des énormes figures d'Atlantes, dont trois étaient restées debout au xiv siècle. Un de cp-s colosses est encore gisant sur le sol, au milieu des colonnes renversées, mais la plus grande panie des pierres de l'édifice a été enlevée pour la construction du môle de Girgenti. Des restes d'un temple de Vulcain, d'un temple d'Esculape, d'un temple de Castor et Pollux, et des débris de Fenceinie fortifiée complètent ce qui reste des i
La ville d'Agrigente plaçait généralement la figure d'un crabe au
iloiiasls d'AgngcnM.
d'Agrigcnte.
revers de ses monnaies {fig- 567-£
)8). Ce crabe, quelquefois mis seul, est souvent aussi accompagné d'autres emblèmes, comme le poisson, le lièvre ou la serpent qu'un aigle tient dans ses serres. Le culte de lupiter est caractérisé sur plusieurs monnaies par l'aigle tenant le foudre du roi des dieux ou placé sur le chapiteau d'une colonne; celui d'Apollon, par la tête du dieu, le trépied sacré ou le quadrige (fig. 560-570).
La fondation de Ségette passait pour antérieure à celle de la plupart des colonies grecques de la Sicile. D'après la tradition, elle aurait été fondée par Éoée et les Troyens fugitifs. Rivale de Sélinonte, elle invoqua l'aide des Athéniens; mais, après la défaite de Nicias, elle fut soumise aux Carthaginois. Pendant les guerres puniques, Ségeste prit parti pour les Komains et n'eut pas à s'en repentir, car, après la destruction do Cartilage, Scipion lui rendit une grande et admirable statue de Gérés qui avait été emportée à Carthage : cette statue fut ensuite ravie aux habitants par la cupidité de Verres. « I>es vierges et les matrones de Ségeste, dit Cicéron, accompagnèrent la déesse jusqu'auTt bornes de leur territoire, ne cessant de répandre sur cette image sacrée des
514 L'ITALIB.
essences, de brûler de l'encens et des parrums, de la couvrir de co»roDnes et de llcurs, o
Ségcste, qui parait avoir été détruite par les Sarrasins au ce siècle, a laissé quelques ruines : un temple dorique, composé de trente-six colonnes, d'une hauteur de 0 mâtres, sur 2 mètres de diamètre. Un théâtre, placé sur une émineoce voisine, montre encore ses vingt rangs de gradins. Au pied de la colline coulent deux ruisseaux, que les habitants de Ségeste appelaient le Simoîs et le Scamaudre Fig. 571. - Monimo da en souvcnir de leur origine troyenne.
""""^ Les monnaies sont tout ce qui reste de la ville
de Camarina, colonie des Svracussins. L'emblème qu'on y voit représenté (fig. 571) est un cygne, souvent accompagné d'une femme nue qu'il porte en croupe. Une autre monnaie de la même ville, mais celle-ci d'un caractère très-archaïque, montre d'un côté un masque de théâtre ou une tête dt Méduse et de l'autre six globules, marque du semis (fig. 572-
___. ng. a... rig. o,a,
'■ llonniio d« Câmiriii»,
Sélimnie, une des plus grandes villes de la Sicile, est située sur la côte méridionale de lHo, presque eo face de Cartilage, Elle fut fondée au vu" siècle avant notre (Te, par une colonie de Mégariens ; l'Acropole était située sur une colline, séparée de la ville par une vallée marécageuse qu'Empédocle était parvenu à dessécher, mnis d'où s'exIialent aujourd'hui des miasmes pestilentiels qui rendent la contrée inhabitable. Les habitants de Sélinonle étaient en train de bilir en cet endroit un nouveau quartier, quand une armée carthaginoise, forte de 100,000 hommes, vint assiéger la ville, qui fut mise à feu et à sang. Les habitants furent massacrés ou emmenés en esclavage. Sélinonte se releva pourtant peu à peu ; mais, cent cinquante ans plus tard, elle fut de nouveau détruite par les Carthaginois, et, depuis ce temps, elle n'existe plus qu'à l'état de souvenir. Les habitants furent transportés j Lilybéc (aujourd'hui Marsala), etsous Auguste il n'y avait en ce lieu qu'un monceau de ruines.
11 n'existe aucune trace de la ville proprement dite, mais l'Acropole a laissé des ruinps magnifiques. On y trouve plusieurs temples : celui qu'on croit avoir été consacré à Jupiter Olympien était un des pins
L'ITALIB MÉRIDIONALE. 615
vastes de l'antiquité. Il n'était pas complètement achevé au moment de sa destruction, car deui colonnes seulement sont cannelées; d'autres sont taillées à facettes pour recevoir des cannelures, et d'autres sont encore rondes et unies. Les sculptures des métopes de Sélioonte sont regardées comme les plus anciens monuments delà statuaire grecque : elles ont été transportées au musée de Palerme. La Tigure 51h, qui représente Perses coupant la tête de Méduse, est un des plus curieux spécimens de l'art grec dans son enfance.
Sur la pointe occidentale de la Sicile est Drèpanum (aujourd'hui Trapani)au pied du mont Éryx. Cette ville antique, donc il ne reste aucune trace, est pleine de souvenirs mythologiques. Son nom grec veut dire faucille : il vient de ce que Saturne, chassé du ciel par Jupiter, laissa tomberen cet endroit la faucille avec laquelle il avait mutilé son père, (m^u^ d, s*Uno»u.}
ou, suivant d'autres, de ce que le rivage présente à cet endroit la forme d'une faucille. C'est là que mourut Anchise et qu'Énée célébra les jeux décrits par Virgile. Quand Hamilcar détruisit la ville d'Éryx, située sur un plateau, au sommet de la montagne voisine, il transporta les habitants dans la ville de Drèpanum.
Ce mont Éryx était célèbre dans l'antiquité par le culte qu'on y rendait à Vénus : il est fort élevé et complètement isolé, ce qui le fait paraître encore plus haut. Éryx, fils de Vénus, qui fut tué par Hercule, avait été enterré en ce lieu. Dédale y avait élevé un temple à la déesse et fondé une ville qu'il avait entourée de fortes murailles. Historiquement, la ville d'Érjx semble avoir eu pour origine une colonie phénicienne, et le culte qu'on y rendait à Vénus rappelle la Vénus asiatique beaucoup plus que l'Aphrodite grecque.
On visite encore remplacement de l'ancienne Éryx, près de laquelle se trouve maintenant la ville de San-Ciuliano : un couvent occupe la place du temple de Vénus, dont on a retrouvé les substruclions, ainsi qu'un ancien puits où l'on prenaitde l'eau pour les ablutions. D'innombrables colombes habitaient autrefois les jardins de la déesse : on sait que la colombe était l'oiseau consacré à Vénus. « Ces oiseaux, dit
. «g. SÎ(L
M- de Quairefages, oat conservé leurs anciennes habitudes, et bravent aujourd'hui les fusils des chasseurs, comme ils ont bravé au moyen tge les foudres de l'excommunication : ils viennent tous les ans nicher parmi les rochers du voisinage, s
En continuant sa route par la cAte septentrionale de l'Italie, onreocontrajt Panorme, aujourd'hui Païenne. Cette ville était loin d'avoir dans l'antiquité lunportance qu'elle a acquise de nos jours. Ses jolies médailles sont tout ce qui lui reste de son passé (11g. 575-576).
Toute cette c6te, ainsi que lesllesquilavoisinent, estcé- 16bre dans la mythologie. C'est là qu'on trouvait les cavernes habitées par les cyclopcs ; c'est là que Polyphème cliantait amoureusement pour attendrir Galatéc, qui se riait de tui. Lcsiles Éoliennea (Lipari) habitées par Éole, le roi des vents, étaient, à cause de leur caractère volcanique , considérées également comme le séjour habituel de Vulcain , qui avait W ses forges : c'est pour cela que limage de ce dieu se trouve sur les monnaies de ce groupe d'Iles (fig. 577-578).
Beaucoup plus au nord se trouvent lest les de Sardaigne et de Corse, ou les Pliéniduns ont laissé des traces de leur passage, mais qui n'eurent aucune importance réelle dans lemonde antique. On trouve en Sardaigne un assez grand nombre de monuments funèbres, appelés Nuraghes, qui présentent en général la forme d'une tour ou d'un cône et dont la construction est attribuée aux Pclasges.
Fig. 577.
la dn tle( ËoUcudm-
La Grande'Gbèce. — Les côtes de l'Italie méridionale étaient couvertes de colonies grecques, formant des villes puissantes et nombreuses, qui pour la plupart étaient déjà ruinées à l'époque de la domination romaine, mais qui ont joué un rùle très-important dans l'Iiistoire ancienne. Ces colonies, souvent bien plus peuplées et surtout bien
plus riches que la métropole , ont exercé une telle influence sur la contrée où elles s'étaient étcblies, que la langue grecque s'y est maintenue pendant plusieurs siècles après la conquête romaine. Le pays où se trouvaient la plupart d'entre elles a reçu le nom deGrande-
Fig. S'd. — Carte de la grande Grèce.
Grèce, et était divisé en quatre parties, TApulie, la Messapie, la Lucanie et le Brutium (ûg. 579).
L'Apolie. — L'Apulie, située le long de TAdriatique, renfermait peu de villes importantes. On y voyait pourtant Luceric, ville fondée par Diomède et qui fut longtemps puissante; Venusium, la patrie d'Horace; Canusium (Canosa), où l'on a découvert des tombeaux avec de nombreuses antiquités; Teanum^ Aquilonia, etc.
5W L'iTALIK.
La Messapie. — La Messapie (aujourd'hui terre d'Otrame) était la partie de l'ilalic la plus rapprocltée do la Grôce. Bnmdusium (Brindisi), sans avoir l'importance qu'elle a acquise de dos jours, élatl déjà nne ville extrâmemenl comraerçaote. C'est là qu'aboutissait la voie Appienne. La ville la plus flo- 1 rissante de la contrée était Tarenle, donl la fondaliOD mythologique remonte à Taras, fils de Neptune. Ce personnage esl représenté sur les uoDDaio do Tirents. monnaies de la ville, monté sur un
dauphin ou bien sur un cheval, animal également consacré à Neptune (fig. 580-581). Strabon signale à Tarante une statue de Jupiter en airain, qui était la plus graode que l'on connût après le colosse de Rhodes.
Fig. 581.
e Sjbutt.
La Lucanie. — La Lucante, entre le golfe de Tarente et celui de
F^stum, était couverte de colonies grecques. Cest là qu'on trouvait la
riche Sybaris, dont le luxe était proverbial
dans l'aDiiquité. Elle a été ruinée cinq Jois et
s'est releviïe cinq fois ; sa destruction dernière
a été si complète qu'il n'en est rien resté, et il
n'a pas encore été possible de déterminer exac-
temcntson emplacenieul. « La ville de Sybaris,
dit Strabon, jouissait aucicnnement d'une prospérité cjclraord inaire : ainsi elle commandait à
quatre peuples, ses voisins, et comptait dans sa
dépendance immédiate jusqu'à vingt-cinq villes; elle put armer 300,000
hommes contre Crotoiic, et son enceinte, près des borda du Crathis. mesurait une circonrérence de 50 stades. Mais, par la faute de ses habitants, par un effet de leur mollesse et de leur indolence, toute cette prospérité fut anéantie par les Crotoniales, et cela dans l'espace de soixante-dix joui-s. Les Crotoniates, maîtres de la ville, délournÈrent le cours du
Crethis et la noyèrent sous les eaux du lleuve. n
Une ville nouvelle du nom de Tliurium s'est élevéi! près de l'endroit
où avait été Sybaris ; mais pas plus que sa devancière elle n'a laissé de
L'ITALIE HËRIDIONALE. 519
monuments pour témoigner de sa grandeur passée. On a seulement
retrouvé des monnaies de ces deux villes, sur le rivage où elles étaient.
L'emblème qu'on voit sur les
plus anciennes monnaies de
Sybaris est un taureau qui
tourne la tête (fig. 582-583-
584), Ces monnaies sont in-
cuses, c'est-à-dire en relief
d'un côté et creuses de l'autre.
, , ..II, Fig. Mis. Fig. sas.
Le taureau apparaît également Momuia de Thunum.
ilanslesmonnaiesdeThurium,
mais avec un mouvement différent, et l'envers de ces monnaies représente une tête eouvent fort belle et dont le casque est décoré d'une figure de Scylla moitié femme et moitié serpent (fig. 585-586).
Méiaponte, ville puissante qui, au temps de Pausanias, était déjà
- Templa d> UiUponi
détruite, conserve pourtant encore quinze colonnes de son ancien temple dorique (fig. 587). Elle a aussi des monnaies dont l'emblème caractéristique est un épi d'orge (fig. 588-589). Non loin de là était Hèraclée de Lucanie, où il n'est rien resté comme architecture, et dont on a retrouvé à grand'peine l'emplacement.
L'antique Postdonia, qui devint plus lard la colonie de Pxslum,
était une ville cODSacriSe à Neptune: siiuôe dans une contrée aujourd'hui malsaine, elle est célèbre par la inaL^nificetice de ses ruines. Les temples de P^stum comptcQt en effet parmi les restes les plus inléreKanu que nous ait laissés l'antiquité. Il y en a trois; mais le plus important et le plus beau est celui du milieu, qu'on désigne ordinairement sous le nom de temple (le Neptune. Il est d'ordre dorique et oiïre un des types les plus anciens et les mieux caractérisés de l'architecture grecque primitive. La figure 590 moiiire l'iiuérieur du temple de Neptune. Le temple
Flg, 588.
de Cérès et 1 éd fice qu on a quahûé sans beaucoup de raison bas 1 que complètent 1 aspect des ru nés de Pœstum Des
raison de^^|
rortcurieusesontété découvertes dans [es tombeaux du voisinage, et on y a eiécuté récemment des fouilles intéressantes.
De charmantes médailles d'ÈUe {Qg. 591-592), appelée plus lard
Fig. 6W.
Vilia (fig. 593-59/1), sont tout ce qui resti de cette ville, qui fut renommée par soa école de philosophie.
Le Brutiuu. — Le Brutium formait la pointe la plus méridionale de rilalie, celle qui conline à la Sicile (fig. 595-596). Mais la ville ia plus importante de la contrée, Crotone, était très-rapprochée de Sybaris et sur le golfe de Tarante.
Strabon nous apprend dans quelles circonstances cette ville fut élevée en même temps que Syracuse. « Naxos et Mégare, dit-il, venaient d'être fondées, quand Arcliias arriva de Corinthe en Sicile et fonda luimême Syracuse. Suivant certaines traditions, Archias s'était rendu à Delphes en même temps que Myscellus, et ils avaient consulté l'oracle ensemble. Le dieu, avant de répondre, avait voulu savoir ce que chacun d'eus préférait, de la richesse ou de la santé; et comme Archias avait choisi la richesse et Myscellus la santé, il avait désigné au premier l'emplacement de Syracuse et l'emplacement de Crotone au second. Or les Croioniales se trouvèrent en effet avoir bâti leur ville dans des conditions de salubrité merveilleuse; et les Syracusains, de leur cAté, s'élevèrent en peu de temps èi l'apogée de la richesse et de l'opulence, témoin cet ancien proverbe ; « lis n'auraient pas assez de la dîme de Syracuse, n lequel se dit des gens prodigues et magnifiques. »
La ville de Crolone élail renommée pour ses gymnases. Crotone a foiuni les plus célèbres athlètes de l'antiquité, entre autres le fameux MiloQ. L'enseignement philosophique de Pythagore a donné à cette ville une gloire plus sérieuse. Crotone, qui avait eu un commerce florissant et (le puissantes armées, était déjà bien déchue quand Pyrrhus vint eu Italie, et à l'époque de la bataille de Cannes elle était presque déserte.
Il n'est pas resté d'autres traces de cette ville que les nombreuses monnaies trouvées dans son sol. I Le symbole des Crotoniates était le trépied, soit parce que les Crotoniates avaient pour Apollon une dévotion particulière, soit parce que le prix déceraé F.t!. SOI ^"^ athlètes victorieux était habituellement un Iré-
Munmc de croi^nc. pied. Lc trépied est l'emblème caractéristique des monnaies de Crotone (fpg. 597) ; souvent il est accompagné d'un personnage qui fait un sacriûce ou une libation, et qui, presque toujours, porte les attributs d'Hercule, par allusion à la force des athlètes, qu'on honorait particulièrement à Crotone.
Après CruiOiii:, les villes les plus imporlanles du Brucium étaient Locres, Hîpponicum et Tcrina, dont on a conservé quelques jolies monnaies (ûg. 598-509), cl Ulieyiuin (Reggio), située à l'extréniiié du lîruiiuui, sur le détroit de Messine. Fondée vers le vu' siècle avant Jésus-Christ, Bhegium devint pioniplûment une des villes les plus florissantes de la Grande-Grèce, Détruite plusieurs fois par des tremblements de terre. ccitû ville s'est toujours relevée, et elle a encore aujourd'hui une certaine importance commerciale; mais elle n'a conservé aucune trace de sa splendeur passée.