‹ La Vie privée des anciens v. 4 1883 (volume 4)Chapitre 42 sur 54 · LA CAMPANIE · texte numérisé non relu

LA CAMPANIE

la lettre P indique la prison dans laquelle ou a trouvé deux squelettes ayant aux jambes des eatraves de fer. Le bâtiment marqué 0 qui vient ensuite est le grenier public, qui sépare la prison du temple de Vénus, marqué N. Ce temple parait avoir été décoré d'une manière somptueuse, ce qui n'est pas surprenant, puisque Vénus était la déesse protectrice de la ville. La basilique M, édifice qui chei les anciens servait à la fois de Bourse et de Palais de justice, était précédée d'un vestibule aligné sur le Forum. On y a trouvé des inscriptions tracées par les plaideurs, ainsi que des annonces de spectacle. A l'extrémité du Forum,

et Taisant face au temple de Jupiter, sont trois petits bâtiments marqués H, 1, L : on croit y reconnaître, en 1, l'emplacement du trésor public; en H et en L, des salles pour les tribunaux.

Revenant de l'autre côté du Forum, on trouve en face de la basilique un reste qu'on croit avoir été l'école, marqué G, et ensuite, en F, un des monuments les plus importants de Pompéi, l'édifice d'Eumacbia {fig. 615), dont le Guide en Italie donne la description suivante : n C'est un vaste édifice dans la forme des basiliques, entouré de trois câtés d'une galerie intérieure , éclairé par dix ouvertures. 11 avait un péristyle à quatre portiques, formé de quarante-huit colonnes en marbre de Paros, d'un beau travail. Ces colonnes ont été presque toutes enlevées par les habitants, sans doute après l'éruption, dans l'intention de les utiliser à des constructions nouvelles. A Tintéricur est une vaste cour {impluvium) avec une citerne. Suivant une inscription conservée au musée de INaples, la prétresse publique Eumachia construisit ici à ses

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fVais, en son' nom et en celui de son Bis, un (Aaletdique (mot dont Tinterprélation est obscure et qui parait désigner une sorte de pordie en avant de l'édifice), une crypte et des portiques et les consacra à Ii -Concorde et à la Piété Auguste. On a trouvé la statue que lui avaiem élevée les Foulons avec l'inscription ; Eomaghiae L. F. sacerd. pobl FULLONEs. Une copie de cette statue (qui a été portée à Naples) se voit encore dans l'édifice que l'on suppose avoir été une Bourse des marebandï de laine. »

Si nous continuons à redescendre en suivant le plan, vers le templ?

de Jupiter, qui a été notre point de départ, voici, en E, un édifice de forme irrégulière qu'on désigne sous le nom de temple de Mercure ou de Quirinus; nous en reproduisons les ruines (fig. 616).

Au-Jessoiis, en D, est une petite salle carrée, terminée par une abside, ei dont l'emploi parait assez énigmalique. On suppose que c'est une curie ou lieu de réunion pour les magistrats. Enfin, en G, lout contre le temple de Jupiter, il y a un édifice qu'on a appelé tour à tour temple de Sérapis, Panthéon et temple d'Auguste, Un des côtés de la cour est occupé par douze chambres que l'on croit être cellesdesAugustales ou prêtres d'Auguste. .

Non loin du grand Forum que nous venons de décrire, il y a uae

autre place assez vaslo, mais sans régularité, qu'on désigne sous le nom de Forum triangulaire. Le milieu de celte place est occupé par un temple de Meplune, appelé autrefois leinpie d'Hercule, devant lequel est un loul petit temple circulaire, bidental, c'est-à-dire consacré par le sacrifice d'une brebis de deux ans. Le Forum triangulaire communiquait par une entrée avec le quartier des soldais, vaste construction qu'on croit avoir été affectée i une caserne. Cet édifice, formé d'un portique rectangulaire, était entouré d'un double rang de chambres, les unes

! on. — Onod IhUtra de Pompél.

destinées aux soldats, les autres aux officiers. On y a trouvé 63 squelettes d'hommes et un squelette de cheval dans l'écurie.

Tout près de là est le grand théâtre que reproduit notre figure C17. On y entrait par le Forum triangulaire et on descendait dans l'enceinte pas six escaliers qui divisaient tes gradins : ceux-ci étaient au nombre de 29 et on a calculé que le théâtre pouvait contenir 5,000 personnes. Ceux qui occupaient les gradins supérieurs voyaient de leur place le golfe et ses ci'ites. La partie haute du théâtre ne parait pas avoir été ensevelie sous les cendres en sorte que les habitants purent enlever les statues et les marbres.

Placé, conformément aux prescriptions de Vitruve, dans le voisinage du grand théâtre, l'Odéon, (fig. 618) destiné spécialement aux repré-

sentatiODs musicales, était ua édifice couvert qui pouvait otmienirennron 1500 spectateurs. A une distance assex éloignée des deux théâtres, on trouve l'amphithéâtre qui occupe uq coin de la ville, comme on peut le voir sur le plan général de Pompéi (Gg.,606). Cet amphithéâtre pouvjîl contenir de 15 à âO.OOO spectateurs. Les gradins étaieat divisés eo trois sections, l'une pour les magistrale et les personnages de dislinciion. Il

secoïKle pour les soldats et les citadins, la troisième pour la plèbe. Le quanitT qui avoisine l'amphithéùlre n'a pas encore été fouillé.

Outre les temples dont nous avons parlé plus haut, il y en a un qui (,'Sl situé dans le quartier des théâtres, et qui présente un intérêt pariiculiiT, c'est le temple d'isis. Le culte de cette divinité s'introduisit a Rome sous la dictature de Sylla; son temple, le premier qu'on ait (lécomert i Pompéi, est décoré de peintures extrêmement curieuses et on j a trouvé une foule d'objets relatifs au culte d'isis et d'Osiris.

liermlanum, située à quelque distance de Pompéi, est en grande partie recouverte par Portici et Résina; t'était une ville importante. mais qui a été ensevelie sous une masse de cendres embrasées qui ont calciné les objets sur certains points, et ont formé un tuf d'une telle dureté qu'on l'a pris longtemps pour de la lave. La matière qui remplit

LA CAHPANIB.

l'intérieur des édifices y a été introduite à l'état de [îmoni Lés fouilles, qui présentent de beaucoup plus grandes difBcultés que celles de Pompéi, out porté jusqu'à présent sur des points assez restreints, mais ont amené des découvertes intéressantes. Une basilique, un Iliéâtre qui pouvait contenir environ 10,000 spectateurs et quelques maisons, mais en bien petit nombre, ont été étudiés par les archéologues. Jusqu'à ce jour Hercuianum est loin d'avoir acquis par ses Touilles l'importance de Pompéi. Quant à Stabia;, qui fut détruite en même temps que les deux autres villes , on n'y a encore exécuté aucune fouille.

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