SIS
trente irille ouvriers pour ce gigantesque travail quio'a pas duré moins de 0[ue années. Le canal souterrain, creusé à cette occasion, subsiste encore : au reste, l'entreprise n'a pas r-Sussi, Pour l'Inauguration de l'émissaire et du dessèi:hemeut, l'empereur avait ordonné une fête denacufiie célèbre dans l'histoire. Dix-neul mille gladiateurs donnèrent le spectacle d'un combat naval sur des galères à trois et quatre rangs de rames, devant un nombre immense de spectateurs. Quand le combat fut terminé, l'empereur ordonna d'ouvrir les écluses pour faire écouler le lac. mais un éboulement qui s'était produit dans l'émissaire empêcha
l'effet de se produire, et il fallut se remettre à l'œuvre, qui échoua de nouveau pour des raisons difTérentes.
Le pays des Herniques. au sud de celui des Èques, est une des contrées ou l'on trouve le plus de constructions cyclûpéennes, Dotamment à Signia, à Cora et à Norba.
Signia (Segni) dont la citadelle a, dit-on, été bâtie parTarquin Te Superbe, a conservé les restes de ses murailles en blocs massifs, et d'une vieille porte que reproduit la figure 622, A CorOt on trouve un
pont antique, mais dont la construction remonte à une époque postérieure (ûg- 623).
Il y a vingt siècles que [{orba fut prise ei ruinée par Sjlla: cette ville était située sur un escarpement d'où l'on domine les marais Pofl-
inte, qui subsiste presque entière, donne bien l'idée ie^ ces vieilles fortifications italiennes, qui, arrêtant Annibal à chaque pas, l'empècliaient de dominer la contrée et furent le principal obstacle à la prise de Rome, La porte de Norba (fig. 624), était flanquée de deus espèces de bastions, mais la muraille elle-iaême ne paraît pas avoir été accompagnée de tours nombreuses, comme on en voit dans d'autres enceintes.
Ardée, l'antique capitale des Rutulcs, la viite de Turnus,
L'ITALIE CEKTBALE. 5i5
aujourd'hui qu'an misérable hameau. M. Noël des Vorgcrs (L'Éirurie et les Étrusques) donne de ses ruines la itescripiion suivante : u Peadant 5 milles environ on traverse des ondulations de terrain rorcaées par les courants de lave descendus des monls Albains. Puis on arrive sur le plateau dont Ardéc occupe l'extrémité méridionale. A un mille environ de la capitale des Rulules, cette langue de terre, qui dimi-
nue de largeur à mesure que l'on s'avance vers le sud, se trouve comme barrée par une longue colline couverte de bois, coupée au milieu de sa longueur par une étroite ouverture. C'est VAgger, ou boulevard qui défendait l'approche de l'ancienne ville par le côté où elle était abordable. Cette fortification atteint près de 20 mùlres, depuis le fond du fossé jusqu'à la crfite du rempart. Le passage, coupé dans la colline, donne entrée à un ancien faubourg de la ville, terminé à l'autre extrémité par un second boulevard encore plus haut que le premier. Cette fois on traverse le fusse sur un pont formé de pierres énormes taillées en parallélogrammes réguliers et ajustées sans ciment,
* comme celles des mura de Volaterra, de Populooia, de Cossa pu ie Russellœ. Quelques-uns de ces blocs ont jusqu'à trois mètres de lODgupur. On csl alors dans la ville propremeni dite.... A l'extréaiilé méridionale de la ville se trouve la citadelle, tout à fait isolée par une Iraochée qui semble artificielle. De ce cdté. ses murailles, qui couronopoi
le rocher à pic, sont très-bien conservées et dans leur ensemble ofTrem un aspect peut-être plus saisissant que celui d'aucune autre ville de l'Étrurie et du Latiuni maritime. »
Le musée du Louvre possède des terres cuites d'un beau style qnl proviennent des fouilles faites à Ardéc. Enfin la, nécropole offre plusieurs tombeaux décorés de peintures.
Les Vol3ques(fig. 62ti), ennemis implacables des Romains, occupaieoll
Zi
L'ITALIE CENTllALE. 5iT
la côte marécageuse qui s'él«nd depuis Anlium. jusqu'au promontoire de Circé et à la Campanie.
Anlium [Anzio], l'ancienne capitale des Voisques, a résisté très- long temps aux Romains, qui, après s'en être emparés, brûlèrent les vaisseaux ennemis et en emportèrent les proues de bronze {rosira), pour décorer la tribune aux harangues du forum romain. On trouve encore dans cette ville des restes de murailles et les mules élevés par Néron. Elle a été autrefois extrêmement florissante, et devait posséder des œuvres
pig. SES. nom
d'art imporianles, car c'est en fouillant ses débris qu'on a découvert l'Apollon du Belvédère.
Veiitrx (Velletri), autre ville des Voisques. n'a pas laissé de ruines : c'est près de celte ville qu'a été trouvée une des plus belles statues du Louvre, la Pallas de Vellelri.
Aiixuf, (Terraçinc), ancienne ville voisque, située à la sortie aes marais Pontins, avait autrefois unpori Irés-fréquenlé, qui est aujourd'hui ensablé. Ce qui augmentait encore son importance, c'est qu'elle était placée à l'extrémité d'une chaîne de collines se prolongeant jusqu'il la mer, de manière à laisser un passage trôs-étroil pour la roule, trouve des ruines provenant des divers peuples qui ont possédé
On y ^H
cessivement la contrée, entre autres des constructions pélaspqoa (fig. 625), et des débris du palais de Théodoric. C'est près deliquf sont les coteaux qui produisaient autrefois le fameux vin de Cécobe.
Le promontoire de Circû, est un rocher isolé, qui forme l'exlrénité des marais Pontins et qui, suivant certaines traditions, aurait servi de retraite à cette cél&bre magicienne : on y montre même une carême
i.ijirssée de stalacllies qu'on désigne sous le nom de grotte de la mapcii nue. Cetlf tradition toulerois n'est pas conforme au récit d'Homère, qui place ailleurs l'habitation de Circé.
Les dijbris antiques répandus près de la montagne montrent l'importance qu'avait ce point dans l'Italie primitive. La ruine qui recou\Te le mont Circi; (fig. 027) comprend des constructions qui peuvent se rapporter à des époques diiïùrcntes. Mais la porte que reproduit la figure 628 remonte évidemment à la plus haute antiquité pélasgiquc.
Comme constructions primitives, peu de villes offrent autant d'intérêt q\.\'Alainum. « Vers la moitié de la colline, dit le guide Joanne, ob
trouve la premiftre muraille (environ 2 milles de circonférence) conslruile, dans sa partie aotique, d'énormes blocs polygones irréguliers. dODl les angles sont unis sans ciment avec tant de précision, qu'ils résistent depuis plus de trois mille ans à l'action destructive du temps. On entre dans la ville par une porte aussi monumentale que celles de Tyrinllie ou de Mycènes; le linteau est d'un seul bloc {lig. 629)
ipolo d'Alitriui
L'arcliiirave de la porte, d'un seul morceau, a cinq mètres de longueur et prés de deux de hauteur; des figures frustes sont des œuvres de plastique les plus anciennes qui soient en Italie. Un faune, ou un dieu Pan, un phallus, servant de rapprochement entre le culte primitif des anciens habitants d'Alatn et celui des Pélasges, confirment l'origine pélasgique de ce genre d'architecture à blocs polygones, n
Ayjnnum (Arpino), lieu de naissance de Marius et de Cicéron, est une ancienne ville voisque dont les débris ont résisté au temps. Ces débris sont un reste d'acropole, oii l'on remarque particulièrement une
porte à ouvertuFR triangulaire, pour ainsi dire ogivale, construite en immenses blocs do pierre sans ciment (flg. 630).
Caieia (Gaëte), ville dont on attribue la fondation à Énée, a cOD> serve quelques antiquités romaines, surtout aux environs de la ville.
On trouve 111)1 atiiiiicDt, à quelque distance de là, dans une contrée déserte, les restes d'un aqueduc, dun théâtre et d'un amphithéâtre. Ces ruines paraissent appartenir à l'ancienne Minlurncs où Marins vint se cacher pour se dérober aux poursuites des soldats de Sjtla.
Les environs de Rome. — Tous ces peuples ennemis de Rome, entouraient l'ancien Laiium dont l'étendue était extrômemcnl restreinte et dont Atbe la Longue était la capitale. Tous les souvenirs mythologiques de Rome se rattachaient à cette cité qui fui fondée par Ascagne, fils d'Enée. et qui exerçait une sorte d'hégémonie sur la confédération des villes latines. Les Romains, qui prétendaient hériter de cette suprématie, détruisirent la ville qui avait été leur berceau. Ils respect
léreiit seulement le temple, et inscrivirent les habitants avec lesquels ils avaient de nombreuses alliances de famille, sur les registres des citoyens.
Une monnaie d'Albe la Longue (Ilg. 631), nous montre au droit une tôte casquée de Mercure et au revers un pégase. Cette niédaille, d'un travail fort incorrect, est fort ancienne : on la faii remonter au troisiÈme ou au quatrième siècle de la fondation de Ilomc.
Albe D'à pas laissé de niioes. On voit près de là les vieilles murailles d^Aricia, ville fréquentée aujoard'hui par les touristes à cause de la beauté pittoresque de ses eaviroos. Au-dessus d'Aricia, aa trouve le lac de Netni, autrefois appelé le miroir de Diaoe, & cause d'uD temple fameux élevé sur ses bords et dont ses eaux reflétaient l'image.
Tasculum, où est né Caton, a pu, grâce à ses murailles pélasgiques résister à Annibal. On a retrouvé remplacement de la citadelle
et quelques restes d'un amphithéâtre. Cicéron avait une villa à Tusculum.
Tibur (Tivoli) est un des points les plus renommés de l'Italie. Cette antique cité, foiidée plusieurs siècles avant Rome, est surtout connue par les hommes célèbres qui l'ont habitée. Mécène, Horace, Properce, Catulle, avaient à Tibur leurs villas, et Horace préférait ce lieu aux endroits les plus vantés. On y voit quelques ruines intéressaDtes, notamment le temple de la Sibille (fig. 632), petit édifice circulaire, placé dans une situation charmante, au bord du gouffre tracé par l'Anio, et qui a conservé dix de ses dix-huit colonnes corinthiennes. Les fameuses cascades sortent de la villa de Mécène (fig. 633) ou du moins
près des ruines qui porleot ce nom et doat la des^nation o'a pas encore été bien 'nettement déterminée. On y voit des pièces immenses et des vo&tes d'une hardiesse étonnante. On .
■ donne aussi, d'une manière un peu conjecturale, des noms illustres, aux débris qu'on rencontre aux environs de Tibur, et les antiquaires ont longtemps agité la question de savoir où ûtait la maison d'Horace.
On a retrouvé beaucoap d'antiquités dans les ruines qu'on désigne sous le nom de villa de Quintilius Varus et de villa deCassius. C'est aussi à peu de distance de Tlbur qu'était située la fameuse villa dont l'empereur Adrien avait lui-même tracé le pérïmôtre, et où i élevé un magnifique palais impérial. Cette résidence contenait une reproduction des monuments que l'empereur avait le plus aiimirés dans ses voyages. On y retrouvait le Lycée, l'Académiti, le Prylanée et le Poscile d'Athènes, le Sjrapeon de Canope, etc. Les ruines qu'on voit en ce lieu ng. <um.
ont été souvent fouillées, elles objets d'art qu'on ■""'"'-*• lAuuïium. y a retrouvés ont alimenté tous les musées d'antiquités de l'Europe. Lanuvium était surtout célèbre par le culte tout spécial qu'on y rendait à lunon Sospita, protectrice de la foi conjugale : on nourrissait dans le sanctuaire un serpent souvent représenté sur les médailles (fig. 635). Ce culte a eu une très grande importance à Rome. Les consuls, avant d'entrer en charge, venaient ordinairement sacrifier pig. 635. dgjis \q temple de la déesse; la Junon de Lanuvium
(Drr^unrmgn- ^^*'' quelquefois un caractère guerrier que ne prénai. dargoni de la seoteut pas Ics Butrcs iffiagcs de cette divinité. Elle tiiniiio RoKii). ^jgjj représentée couverte d'une peau de chèvre et armée d'une lance {Dg. 63Ii).
Preneste (Palestrina) est une des plus anciennes villes grecques de rilalie, puisqu'elle passe pour avoir été fondée par Télégone, lils d'Ulysse et de Circé. Toute l'antiquité a passé là : on retrouve des restes de murailles pélasgiques, composées de grosses pierres à polygfines irréguhers, des assises régulières qui remontent au temps
de Sjlla, et des constructions en briques des derniers temps de l'empire. Il y avait à Preneste un temple de la Fortune dont les restes occupent une étendue considérable. Les Romains recherchaient ce lien pendant les chaleurs de la canicule, et Florus appelle Preneste les délices de l'été. On voit aux environs les ruines d'uue villa d'Adrien ei d' Antonio le Pieux.
Gabia est aussi une ville d'une haute antiquité ; elle fut détruite par Sylla et, sous Auguste, elle était absolument déserte. On y voit les restes d'un temple de Junon. On a retrouvé sur remplacement de cette ville plusieurs belles statues, entre autres la fameuse Diane de Gables du Louvre.
tiri. BM. — Pon d'Oiti'
Ostie, le port de Rome, fut fondée par Ancus Marcius. Au tenups do sa prospérilé, cette ville comptait plus de 80,000 habitants. Il n'y a là aujourd'hui qu'un misérable village : le port a été comblé par les dépôts du ïibre. L'emplacement de la ville ancienne est un terrain inculte, raboteux cl couvert do ronces : on y a fait depuis quelques années des fouilles intéressantes. C'est près de là qu'était la célèbre villa duni Pline le Jeune nous a laissé une descriptioo détaillée. Les atlerrissemenls du fleuve éloignèrent peu à peu la mer, et il fallut la rapprocher au moyen de ports creusés arlificiellement , mais qui devinrent eux-mêmes insuffisants, car aujourd'hui le port de Trajan se trouve à 1,500 mètres de la côte.
Les travaux de Claude et de Trajan sont indiqués sur la Ggure 636, mais aucune représentation connue ne reproduit l'aspect de la ville
(lonnoo?, figure 037, l'aspect d'une ville mariltme d'après une peinture aniique. Celte vue est probablement peinte de fantaisie; mais, comme
550 LITALIE.
Tartiste qui Ta exécutée connaissait beaucoup d'endroits, sinon toatà fait semblables, au moins à peu près analogues, sa peinture peut, à la rigueur, passer pour un document dont il faut bien d'ailleurs se contenter puisqu'on n'en connaît pas de plus exact
Notions historiques. — Les sept collines. — L*bncbihtb
ET LB PoiKEmcy. — Les quartiers de Rome. — Les rdbs. — Le Cafitoli.
Le Forum. — Histoire monumentale. — Les palais bt les portiques.
Les temples. — Théâtres et cirques. — Abcs db tbiompbe.
Colonnes. — Thermes. — Aqueducs.
Notions historiques. — La fondation de Rome, si on en dégage le côté mythologique, parait se rattacher à un usage particulier aui anciens peuples de l'Italie, celui auquel on a donné le nom de printemps sacré. Quand une famine ou une épidémie venait à sévir sur une contrée, on apaisait la colère des é^ïeux par le sacrifice de tous les enfants nés pendant la saison. Ces enfants n'étaient pas mis à mort, et on les élevait avec le plus grand soin jusqu'à leur vingtième année: mais alors, ils quittaient avec une grande solennité leur terre natale qu'ils ne devaient plus revoir et s'en allaient fonder une colonie. Ce fait expliquerait tout naturellement pourquoi Romulus et Rénius, au lieu de prendre possession d'Albe, après avoir détrôné Amulius, crurent devoir aller un peu plus loin s'établir dans une contrée nouvelle.
Les Romains ont toujours enveloppé sous des légendes mythologiques les débuts obscurs de leur histoire. Avant tout, il fallait rattacher son origine aux fables grecques chantées par Homère, et le Troyen Enée, fils de Vénus, vint s'établir dans le Latium, où son Ois Ascagne fonda Albe la Longue. La soumission des villes grecques de l'Italie et de la Grèce propre se trouvait ainsi n'être qu'une revanche. Mais Torgueil romain demandait davantage, et le peuple n'eût pas été satisfait, si Mars, le terrible dieu de la guerre, n'avait pas été son aïeul.
Numitor, ancien roi d'Albe , détrôné par son frère Amulius , avait une fille, RhéaSylvia, qu'AmuUus, peu désireux d'avoir des neveux, condamna à la virginité en la plaçant dans le collège des Vestales. Mais le dieu Mars trompa la vigilance de l'usurpateur {fïg. 638), ctses visites à la Vestale eurent pour nisultat la naissance de deux jumeaux, Romulus et Rémus, dont Amulius ordonna aussitôt la mort. Abandonnés au bord du fleuve, ou les bétes féroces devaient lesdévorer les nouveau-nésfurentallaitéspar (D'»pf4« u»» "*-
diIUe d'AotoDin).
une louve (fig. 639), et recueillis par le berger Faustulus (llg. 6I|0). Toute l'histoire mythique de l'ancienne Rome est contenue dans ce récit; aussi la Louve nourrice du peuple romain se trouvet-elle tout naturellement représentée sur une foule de monuments. Le plus célèbre d'entre eux nous montre la louve du Capitole (fig. 6(|1), groupe de travail étrusque extrêmement ancien ; mais les deux jumeaux qu'elle allaite I ont été ajoutés et sont d'une époque postérieure. Suivant la tradition, ce groupe serait celui qui fut placé, en 206, par les édiles sur le
Pompéia)^
mont Palatin, près du figuier ruminai, l'arbre sacré où avaient ét& trouvés les deux jumeaux.
Flg 61*.
L'enlfevcment des Sabines (llg. 6ù2) est le fait caractéristique du règne légeodaire de Romulus. Toute cette histoire est encore surchargëe de fables, qui furent toujours populaires parmi les Romains. Tel esl le récit relatif à la jeune Tarpéia, qui donna son Dom à la roche tarpéieone. Elle avait promis d'ouvrir aux Sabins les portes de la ville, à condition qu'ils lui donoeraient ce qu'ils portaient au bras gauche : elle voulait parler de leurs bracelets d'or. Mais quand Tatius fut entré dans la ville il comprit la chose autrement et jeta son bouclier sur la jeune fille : tous les Sabins ayant fait la m6roe chose, Tarpéia fut écrasée sous ce poids (Gg. 663).
A ce moment, les Romains étaient eo fuite; mais Romulus, faisant vœu d'élever un temple à Jupiter Stator, parvint à ranimer le courage de ses soldats et à recommencer la lutte. C'est ce dernier combat pig-wa. — r»ii.*u qui fut arrêté par les femmes sabines, lorsqu'elles ^ùe^^t^oh se précipitèrent avec leurs enfants pour séparer p«<r>»nU).
leurs époux et leurs pères. La paix fut conclue et il fut convenu que Tatius et Romulus régneraient simultanément : la double tête de Janus est considérée comme le symbole de cette alliance entre les deux nations (Qg, GiiJi).
Au reste, le mythe de Janus se prête à des interprétations assez diverses. A Rome, le temple de cette divinité (fig, 6^5 j était ouvert en temps de guerre et no se fermait qu'ep temps de paix.
Au bout de cinq ans, Talius fut assassiné par les Laurcntins, el, bien que Romulus eût été reconnu pour le seul roi, son sort ne fut pas meilleur. Un jour qu'il passait une revue, un orage dispersa l'assemblée et on ne retrouva plus le roi; mais un sénateur déclara l'avoir vu monter au ciel sur le char de Mars, au milieu de la foudre et des éclairs. On ne con-
naît aucune image autheotique du fondateur de Rome, et celles qu'j possède soDt d'une date très-postérieure (fig. 6^6). Quelques historiens ont prétendu que Romulus avait été tué par des Sabins mécontents. Ce qui est certain, c'est que les deux nations parvinrent bien diUlcilement à s'entendre; après un an de discussions stériles, on finit par décider que les Romains feraient l'élection, mais que le roi serait choisi pai'mi les Sabins. Numa Pompilîus fut élu : homme sage et pacifique, Numa, qu'inspirait la nymphe Egérie, devint le législateur des Romains ; l'organisation qu'il leur donna parait calquée sur celle des étrusques, dont la civilisation était alors beaucoup plus avancée que celle du L.aiium.
Le régne de Numa avait été une période de paix profonde que rien n'avait troublé, mais il n'en fut pas de même pour son successeur, Tullus Hostilius, qui, après le célèbre combat des Uoraces et des Curiaces, détruisit Albe la Lon^'ue, dont il transporta les habitants sur le mont Cœlius, nouvellement incorporé dans Rome. Tullus Hostilius était un Romain élu par les Sabins : après lui, ce fut le tour des Romains de désigner le roi parmi les Sabins, et ils choisirent Ancus Marcius. qu'on disait le petit-fils de Numa. 11 fonda Ostie, jeta le premier pont Sublicius, et bâtit la prison Mamertine, qui subsiste encore en partie.
La figure 6Ii7-6Ii8 est une médaille des Marcius qui prétendaient descendre du quatrième roi de Rome :
elle représente la figure traditionnelle de Numa et d'Ancus Marcius. Au revers sont représentées deux arcades; sous la première est une Victoire sur une colonne; sous la seconde, une proue de navire, souvenir de la création d'Ostie par Ancus Marcius.
Les rois que nous venons de voir,Romainsou Sabins, appartenaient à la race latine. Si les Romains avaient souvent emprunté aux Étrusques, leurs voisins, des artisans pour subvenir aux besoins de leur industrie, des prêtres ou des augures pour leur eoseigoer les rite^ ou pour leur annoncer l'avenir, ils avaient absolomeot gardé.lev* ■«ruitiooal:
très-différents de leurs voisins, n'esttmaiit.qw mat.
60 dehors de la vie des camps, que les rudes travaux de ragricultare et méprisant profondément toot travail sédentaire. La tentative des Tarquins parait avoir consisté prÎDdpalemeot h transformer cette existence primitive et grossière, en assimilant Rome aux villes grecques on étrusques et en s'entourant eux-mêmes de toutes les délicatesses d'une civilisation qui répugnait aux Romains.
L'histoire des Romains se trouve ainsi dès l'origine mêlée intimement h celle des autres peuples de l'Italie, qui sont absorbés l'un après l'autre par la métropole. Elle comprend plusieurs époques distinctes. La première, celle des rois, est en quelque sorte le râcit de la naissance dn peuple romain, qui agrandit son territoire aux dépens des pays voisins, territoire dont l'étendue ne dépasse pas celle d'un de nos départements. La seconde période, qui va jusqu'aux guerres puniques, est tout entière consacrée à la conquête et à l'assimilation de l'Italie. Après les guerres puniques, toutes les contrées riveraines de la Méditerranée tombent l'une après l'autre sous la domination romaine. Quand l'empire se fonde, la puissance romaine est à son apc^e; mais alors la décadence arrive, et le monde antique s'effondre pour faire place à une société nouvelle.
Lbs sept collines. — Le fleuve le plus célèbre de l'ancien monde. le Tibre (llg. 6£i9), a un cours qui ne dépasse pas quatre-vingts lieues. Cl ses eaux jaunes et toujours chargées de pouzzo- -'■-'^'^'^^^^^^^X laiic rougeâtre, n'étaient employées ni comme
/^ ;. , Lji '\\ boisson, ni comme bains. C'est pour cela que la C '.^Je^-^^Ii ci'i'pSoie ^c Rome était couverte d'aqueducs L, Xp^^L^ '// chargés d'amener dans ta ville étemelle, une \'i^^^èf^r^ eau plus saine cl plus salubre. Le fleuve, rapide ^•— iS--^ cl profond en quelques endroits, et d'une navi-
^■'ï- **'■' gation difficile en tout temps, sort des mon-
tagnes de l'Italie centrale, sépare les grandes plaines agricoles du Latium et de l'Étruric et déverse ses eaux dans la Méditerranée, à cinq lieues de Rome.
A quelques lieues de la mer, le Tibre traverse un endroit qui est entouré de neuf collines. Il y en a deux sur la rive droite du fleuve, le Janicule et le Vatican, sept sur la rive gauche. Parmi celles-ci, il y en a six qui sont disposées de manière à former comme un fer à cheval au milieu duquel esi la septième. Cette dernière colline centrale est le mont Palatin : les autres sont le Capitolin. le Quirinal, le Viminal,
ROUE. sei
l'EsquiMn, le Cœliu3 et l'Aventin (fig. 650). Au huitième siècle avant notre ère, cette cootrée était absolument sauvage, et son sol, oaturellemeat stérile, n'avait rien qui pût tenter les populations voisines. Les vallons qui séparaient les collines sur lesquelles devait s'élever la ville éternelle étaient couverts de marais insalubres que venaient grossir par intermittence les débordements du Tibre.
D'après la légende, Romulus et ses compagnons s'établirent sur le Palatin, tandis que Tatius et les Sabins occupaient le Capitolin. Sous Numa. la population s'étendit jusqu'au Quirinal; Tullus Hosiilius flxa les Albains sur le mont Cœlius, qui ne portait pas encore ce nom et qui est aujourd'hui le Latran, et Ancus Martius assi^'na te mont Avenlin aux Latins qu'il avait vaincus. Sous Servius Tullius, les aventuriers qui aHIuaient de toutes parts dans la ville nouvelle habitèrent, avec les pauvres plébéiens, la plus considérable des sept collines, l'Esquilin, et ensuite le Viminal. C'est ainsi que Rome occupa successivement les sept collines, mais elle ne forma une véritable ville que sous les Tarquins; c'est en desséchant les marais insalubres qui couvraient le fond des vallons qu'ils rendirent habitable l'espace compris entre les collines.
L'encf.imtb et le PoutERiuu. — Bome était une ville d'une étendue médiocre, mais entourée de faubourgs immenses. La ville avait été bâlie à la manière des Étrusques. Quand ceux-ci jetaient les fondement<i d'une ville, ils avaient soin de consacrer une certaine étendue de terrain le long des murailles, et les maisons ne pouvaient être contiguës à ce mur d'enceinte. Les Romains, dont les rites sacrés sont empruntés aux Étrusques, avaient conservé autour des murailles un emplacement nommé Pomœrium, qui était un espace sacré demeurant inculte, car on aurait cru te profaner en le cultivant. Le premier Pomœrium n'enfermait que le Palatin, et à ses limites fmissait la cité politique et religieuse, à laquelle trois portes donnaient accès : un vaste marais qui entourait presque entièrement la ville primitive lui formait comme une défense naturelle.
Servius Tullius recula le Pomœrium, lorsqu'il agrandit la ville, qui conserva pendant tout le temps de la république l'enceinte qu'il avait élevée, bien que la population débordât au dehors dans toutes les direc- 1. îi
lions. Le mont Aventin n'était pas encore compris dans cette enceinte, quoiqu'il fût joint à la ville comme position à défendre. L'enceinte murée resta lellequele roi Servius l'avait établie pendant tout le temps de la république et la plus grande partie de l'empire, mais l'enceinte civile s'étendit bien au delà des fortifications. Une nouvelle enceinte, qui comprenait le champ de Mars et lacolline des Jardins, futb&tiepar Aurélien.
Lbsqdautiebs de Roub. — La division de Rome en quatorze régions date du règne d'Auguste, et comme elle a subsisté à peu près tout le temps de l'empire, elle est assez importante à connaître.
. — La porte Cnpéne région à laquelle nbautiseait la voie Appienoc, une des promensdcd favoriles Jes Roinfiin<i. On y voyait plusieurs monuments r&mcux, entre aulroa le tempti de t'Honiieiir et la Vertu, les Thermet dt Sévère el ceui de Com*
II. — CœliuSy quartier très-pauvre, habité par une foule de gens exerçant de petits métiers. Peu de monuments.
ill. — Isis et Sérapis; les Theifnes de Httts et le Colysée appartenaient à ce quartier.
lY. — La voie Sacrée; le commerce de luxe était surtout installé dans ce quartier où l'on voyait une succession non interrompue de tavernes ou boutiques pour la vente des petits objets pour dames, tels que boules de cristal, plumes do paon pour éventails, petits coffrets d*i voire ou de bois sculpté, etc.
V. — La région EsquiUne, quartier d'ouvriers, et surtout de ceux qui avaient pour
profession de brûler les cadavres et do s'occuper des inhumations. C'est là qu'étaient les fameux jardins de Mécène.
VI. — AUa Semita, quartier assez élevé, d'où l'on dominait complètement le champ de Mars. On y voyait les jardins de Lucullus et do Salluste, les thermes de Dioclétien, de Constantin, le camp des Prétoriens, les temples de Quirinus, du Soleil, do Flore, du Salut, etc.
VU. — La via Lata, quartier plein de jardins, et habité par des éleveurs de chèvres, des marchands de légumes, des constructeurs de litières. On y voyait aussi beau* coup d'affranchis qui venaient habiter là par économie.
VIII. — Le Forum Bomanuniy le quartier le plus Intéressant de Rome par ses souvenirs et ses monuments. Nous en parlerons plus loin.
IX. — Le cirque Flaminius, le plus grand quartier de Rome, couvert de monuments, le Panthéon d'Agrippay le théâtre de Marcellus^ etc. Le champ de Mars^ couvert de portiques et de galeries qui servaient de rendez-vous galants, était sous l'empire une promenade où se rendaient tous ceux qui voulaient se tenir au courant de la mode et des toilettes du jour. Le Mausolée d*Augu8te, élevé pour la sépulture de la famille impériale, était dans ce quartier.
X. — Le Palatin; les plus ajptiques soiivenirs de Rome étaient sur cette montagne, où
s'éleva sous l'empire le palais des Césars.
XI. — Le cirque Maxime, quartier étroit et long, dont le cirque qui lui donne son nom remplit presque toute l'étendue.
XII. — La Piscine publique^ quartier considérable, mais pauvre en monuments.
XIII. — Le mont Aventin, quartier qui s'étendait le long du Tibre et dont on voit encore les antiques murailles (fig. 652).
XIV. — La région Transtibérine, sur la rive droite du Tibre. C'est là qu'était le Maur solée d'Adrien. Ce quartier, fréquenté par des vagabonds, était celui des saltimbanques, des marchands ambulants, des montreurs d'animaux, et autres vivant sous la tente.
On vo^ que chacune de ces régions avait un numéro d*ordre et un nom emprunté soit à un monument, soit à sa situation particulière. Il y
avait quatre régions à l'orient, une au nord, cinq à l'occident, deux au sud et deux au ceotre de la ville (fig. 651).
Les nuES de Rome. — Montesquieu a donné de la ville primitive la
description suivante : « Il ne faut pas, dit-il, prendre de Borne dans ses commencements l'idée que nous donnent les villes que nous voyons aujourd'hui, à moins que ce ne soient celles de la Crtmée, faites pour renfermer le butin, les bestiaux et les fruits de la campagne. Les noms anciens des principaux lieux de Rome ont tous du rapport à cet usage. La ville n'avait pas même de rues, si l'on n'appelle de ce nom la continuation des chemins qui y aboutissaient. Les maisons élaicnl placées sans ordre et très - petites ; car les hommes, toujours au
ROME. ô(55
travail ou dans la place publique, ne se tenaient guère dans les maisons. »
La physionomie de Rome a commencé . à se transformer après les guerres puniques, et quand l'Asie a été conquise, la ville, dont les principaux édifices avaient toujours été concentrés autour du Forum, s'est couverte d'une multitude de monuments publics ou de splendides habitations, qui lui donnèrent à partir d'Auguste un aspect qu aucune ville moderne ne peut nous rendre. Cependant on se tromperait étrangement si on jugeait Rome d'après les vues restaurées dont les architectes sont si prodigues. Les successions de colonnades quils nous présentent existaient assurément, mais, dans bien peu d'endroits, on aurait trouvé ce caractère froid et exclusivement monumental qu'ils prêtent à l'antique cité. A côté des édifices, il y avait les rues étroites et tortueuses : les portiques eux-mêmes étaient encombrés de petits marchands ambulants et bordés bien souvent de tavernes, ou petites boutiques improvisées, qui devaient en maint endroit ressembler passablement à celles qu'on voit dans nos foires. Si Ton veut comprendre la physionomie véritable de lancienne Rome, il faut tenir compte des innombrables aventuriers qui venaient de contrées différentes exercer des professions sans nom, apportant là leurs mœurs bizarres et leur costume ; la plupart de ces gens-là étaient sans domicile fixe, et campaient dans Rome plutôt qu'ils n'y habitaient.
Un document contemporain d'Auguste montre que trois cent vingt mille personnes se sont présentées pour recevoir les dons de l'empereur à l'occasion d'une distribution faite à la plèbe romaine, et ce chiffre ne comprend ni les femmes, ni les enfants âgés de moins de onze ans. On peut juger par là quel nombre atteignait à Rome la population que nous rangerions aujourd'hui parmi les vagabonds. Quant à la population même de Rome, les documents sont tellement contradictoires qu'il est impossible de la fixer fût-ce approximativement. Elle a dû d'ailleurs varier beaucoup comme chiffre, et la ville elle-même a changé plusieurs fois de physionomie.
Au temps d'Auguste, Rome avait des maisons d'une hauteur prodigieuse, à plusieurs étages superposés et rangées pour la plupart par files contiguës. Il y avait aussi de très-grandes maisons isolées de tout côté, qu'on appelait pour cette raison des îles. Les maisons qui formaient les îles étaient généralement en pierre, mais les maisons ordinaires étaient le plus souvent en briques, et terminées en haut par une plateforme. 11 y en avait aussi qui avaient des faîtes en pente, revêtus de
tuiles et quelquefois de dalles de diverses couleurs. Dans les anciens quartiers, les rues étaient étroites, irrégulières et tortueuses, et chaque carrefour était muni de statues et d'autels consacrés à diverses divinités.
A Rome, l'accroissement démesuré de la population donna aux terrains une valeur énorme, si bien que les maisons s'exaucèrent au point d'avoir jusqu'à onze étages. Il ne fallut rien moins que des édits impériaux, déterminant la hauteur des maisons, pour mettre un frem à Tesprit de spéculation qui non-seulement compromettait la sécurité de leurs habitants mais encore présentait un danger réel pour les passants. La plupart de ces maisons en effet étaient bâties non par des architectes, mais par de simples entrepreneurs de bâtisse, n'ayant fait aucune étude sur la construction, et uniquement préoccupés d'économiser sur les matériaux et la main-d'œuvre, pour élever promptement une maison de rapport. Ces maisons à loyer étaient souvent un excellent placement pour les riches Romains à qui elles procuraient de gros revenus. Elles renfermaient parfois un nombre considérable de logements.
On écrivait sur les murs l'annonce des logements à louer, leur importance, et l'indication du fondé de pouvoirs, ou de l'agent auquel on pouvait s'adresser pour avoir de plus amples renseignements. Ces annonces étaient assez grandes, et les lettres formant les mots avaient parfois jusqu'à une coudée de hauteur. Elles étaient peintes en noir, à Texception du nom du bailleur qui se mettait en rouge pour mieux attirer 1 attention. Ces annonces, écrites avec un gros pinceau, se plaçaient sur le mur, en même temps que les objets perdus, les ventes de commerce, etc., et comme elles se succédaient rapidement, on les peignait Tune sur l'autre après avoir couvert d'une peinture blanche raflichc précédente.
Les gens qui demeuraient dans les maisons à loyer, étaient généralement peu honorés, parce qu'ils n'appartenaient pas à la classe riche- Juvénal nous a laissé un piquant tableau des rues habitées par cette population.
(( ... Eh! quelle chambre à loyer est compatible avec le sommeil! C'est à grands frais seulement qu'on peut dormir dans cette ville : ces chars qui s'embarrassent aux détours des rues, ces imprécations d'un muletier forcé de s'arrêter; c'en est assez pour arracher au sommeil Drusus et les veaux marins. Le riche a-t-il une affaire qui l'appelle, il vole à travers la foule qui s'écarte, porté sur la tôte de ses grands
Liburniens. Chemin faisant, il lit, il écrit, il dort : une litière close provoque le sommeil. Pourtant il arrive avant nous. Nous avons beau nous presser; arrêtés par le flot qui précède, nous sommes accablés par
celui qui suit. L'un me heurte du coude, l'autre d'un ais qu'il porte sur l'épaule; ma tète, frappée par une poutre, va donner contre une cruche; on m'éclabousse jusqu'à la ceinture; d'énormes pieds aussitôt me foulent de toutes parts. ...Voyez quelle épaisse fumée s'élève dans les airs : c'est la sportule qu'on distribue. Je compte cent convives : chacun traîne sa batterie de cuisine. Corbulon soutiendrait à peine autant de vases énormes, autant d'ustensiles qu'en porte sur son cou raidi un misérable petit esclave qui rallume en courant son réchaud. Malheur aux tuniques recousues! Puis survient un chariot chargé d'une longue poutre, un autre d'un immense sapin. Ces masses se balancent sur les têtes et menacent d'écraser le peuple... Considérez maintenant que de périls divers on court pendant la nuit. Contemplez la hauteur immense des maisons, d'où l'on est foudroyé par tous les débris de vases et de pots qui pleuvent des fenêtres. Quelles traces profondes la chute de ces masses imprime sur le pavé! On pourrait vous prendre pour un indolent, un malavisé, si vous alliez souper sans avoir fait votre testament; autant de morts à redouter qu'il y a de fenêtres ouvertes sur votre passage. Faites des vœux! trop heureux encore, si l'on se contente de verser sur vous le contenu du bassin! Un forcené, dans la fougue du vin, s'il n'a battu personne, est au supplice; mais tout bouillant qu'il est de jeunesse et de vin, il évite celui que le manteau de pourpre, la longue suite de clients, les nombreux flambeaux et le candélabre d'airain lui enjoignent d'épargner. C'est moi, qui n'ai pour me conduire que le clair de la lune ou la faible lueur d'un bout de mèche que j'économise; c'est moi qui essuie ses mépris... Dès que chacun sera clos chez soi, qu'on n'entendra plus le bruit des chaînes qui barricadent les boutiques, on guettera votre dépouille. Gare aussi de temps en temps les poignards de ces brigands qui, à l'approche du guet, délogent des marais Pontins ou de la forêt Gallinaire, et tous ensemble accourent à Rome comme à la curée » (Juvénal, Sat. 111).
LeCapitole. —Le rocher du Capitole comprenait à la fois la citadelle de Rome, ses temples les plus vénérés et sa prison la plus redoutée, la prison Mamertine, qui fut bâtie par Ancus Martius. C'est dans cette prison célèbre que sont morts Jugurtha et Vercingétorix, qu'ont été égorgés les compagnons de Catilina, et que saint Pierre a été