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emprisonné. L'escalier conduisant à la prison s'appelait les Gémonies : c'est là qu*on exposait le cadavre des suppliciés.
Le fameux temple de Jupiter Capitolin, qui dominait le Capitole, avait été commencé sous les rois et les destinées de la Tille y semblaient comme attachées. Outre ce temple, qui était d'une grande magnificence, on voyait au Capitole celui de Jupiter Férétrien, la chaumière de Romulus, couverte en paille, qu'on montrait comme une précieuse relique, et une multitude d'offrandes provenant des dépouilles des nations vaincues. C'est dans le Capitole que les consuls et les magistrats offraient des sacrifices en entrant en charge, et c'est là qu'ils dirigeaient leur marche dans la cérémonie du triomphe. Manlius, Je sauveur du Capitole, fut le dernier Romain qui eut le droit d*avoir une habitation sur la montagne sacrée, mais plusieurs temples s'y élevèrent successivement, entre autres le fameux temple de la Concorde, construit pour effacer le souvenir des guerres civiles, et qui devint le lieu ordinaire des délibérations du sénat.
De tout ce passé, si plein de souvenirs classiques, il n'est resté aucune ruine.
Le Forum. — Au pied du Capitole était le Forum romain : ici 8*araoncellement de débris accumulés sous Taction du temps est tel, qu'il faut aujourd'hui creuser à huit mètres de profondeur pour retrouver le sol de l'ancien Forum : aussi les colonnes, dont on a voulu dégager la base, se trouvent comme dans une véritable fosse.
Cette place était le foyer d'activité du peuple romain, le lieu où il écoutait les orateurs, où il votait les plébiscites, c'était en même temps un endroit où on se réunissait pour les affaires privées puisque le tribunal y était établi.
Le Forum romain (fig. 653) formait une vaste place entourée d'édifices. On y voyait d'abord le Comitium, sorte de colonnade sous laquelle le peuple défilait pour aller voter. Au fond du Comitium on montrait le /ir/uier ruminai, avec un groupe d'airain représentant la louve qui allaite les deux jumeaux.
Non loin de là, on voyait la tribune aux harangues. Après la guerre contre les Volsques, Camille, s'étant emparé d'Antium, leur capitale, apporta à Rome les éperons des galères ennemies, et en décora la tribune aux harangues qui prit à partir de ce jour le nom de Rostres. La tribune elle-même était un vaste piédestal de forme circulaire, surmonté d'une balustrade et d'un toit pour couvrir l'orateur : elle
était placée au bas de la pente du Capitolin, comme on peut le voir sur
— Tanipls d» la CoDCor4s.
— Tcropls de VMpaiiBn.
— TsiDplo da Japiler Sutoi.
— BuUiijue Julia
le plan oii son emplacement est indiqué derrière la colonne de Phoca et tout prés de l'arc de Septime Sévère. Quant à sa forme, on peut à peu près s'en faire une idée par les médailles qui la représentent {flg. 65ii et 655).
Une foule de monuments sur l'attribution desquels les savants ne sont pas toujours d'accord, ont laissé des ruines imposantes qui sont aujourd'hui le plus grand attrait de la ville éternelle.
Outre le forum romain, on trouvait à Rome plusieurs autres forums, qui servaient de maichés pour les actions plutôt que de places pour les réuniODr étaient décorés avec une grande maiini
Ml).«U.
principaux, le fonim de Jules César, le forum d'Auguste, le fornm de
Trajan, le forum Boarium (marcbé aux bœufs], le forum Olitorium
(marché aux légumes), etc.
Celui de Trajau, dont la place de la coIoqik
Trajane passe pour être ud reste, avait été bail
par le célèbre architecte Apollodore. Il était
entouré de portiques et décoré de nombreuses
statues. Le forum d'Auguste, b&ti par lui à h
suite d'un vœu qu'il avait fait de venger la mort
pig. Ki. - E0.1CM. ^^ César, était célèbre par le temple de Mars
(uMtiiie). Vengeur qui s'élevait au milieu de la place.
L'emplacement de ces forums est dans beaucoup
d'endroits occupé par des constructions modernes.
LesTruples. — Le Paiuliéon dAgrippa est le seul temple qui soit resté entier parmi tous ceux dont s'enoi^ueil lissait l'aDcienoe Rome. Bien qu'il ait subi d'importantes modifications, il est considéré comme un des plus beaux types de l'architecture romaine. LePanthécn s'annonce par un portique de huit colonnes de face, qui soutiennent un entablement et un fronton. L;intérieur du temple est uo cerde parfait, et c'est de sa forme ronde qu'on l'appelle vulgairement la Rotonde. La hauteur de l'édifice, depuis le pavé jusqu'au sommet de la voûte, dépasse Uh mètres et son diamètre est de 43 environ. Il n'y a aucune fenêtre et la lumière entre par une large ouverture circulaire pratiquée dans la voûte.
11 ne reste plus rien aujourd'hui du fameux Temple de Jupiter Capitolin, et bien peu de chose également du Temple de la Concorde. Trois colonnes d'ordre corintliien en marbre blanc marquent l'emplacement du Temple de Vespasien, qu'on a cru longtemps être celui de Jupiter lonnanl, érigé par Auguste après son retour de la guerre d'Espagne, en reconnaissance de ce qu'il ne fut pas frappé par la foudre qui tomba tout près de lui durant cette expédition. Ces colonnes sont sur remplacement de l'ancien forum : huit colonnes ioniques. placées à côté des précédentes, sont regardées comme appartenant au Temple de la Forlune. Trois belles colonnes corinthiennes, devenues classiques dans nos écoles, étaient autrefois désignées comme appartenant au temple de Jupiter Siator, mais leur attribution est trèscontroversée.
En face de ces colonnes était le Temple d'Antonin et Fausline, dont la
- Tomplo daVetla,
désigne sous le nom de Temple de liomutus el R/'mus, mais dont l'attribution n'a pu Êlre encore nettement déterminée. On trouve ensuite les ruines d'un édifice qu'on a longtemps appelé le Temple de la Paix, mais qu'on considère aujourd'hui comme la basilique de Constantin : il est purtagé en trois nefs par d'énormes piliers. Enfin on peu au delà, en se rapprochant du Colisée, on trouve un édifice double, le Temple de Vénus et Home, qui fut, dit-on, élevé sur les plans de l'empereur Adrien.
11 faut quitter le Forum et se rapprocher da Tibre pour trouver le Temple de Vesta que reproduit notre figure 656. C est un charmant petit édifice de forme circulaire, entouré d'un portique soutenu par vingt colonnes corinthiennes cannelées en marbre de Carrare ; il n'en manque qu'une seule. 11 reste aussi quelques débris de temple, dont Tattribntion est contestée, mais qui sont connus sous le nom de Temple deCins et Proserpine, Temple de la Fortune Virile, Temple cTEsculape, Temple de Minerve Medica, Temple de Neptune (appelé autrefois temple d'Antooin le Pieux), etc., etc.
Théâtres ET Cirques. — UAmphithèâtre Flavien ou Colisée est le monument le plus important de ce genre que nous aient laissé* les Romains. Commencé par Vespasien et achevé par Titus, cet édifice a été construit par les prisonniers juifs. Extérieurement le Colisée pré* sente quatre ordres d'architecture superposés : dorique , ionique et corinthien; le quatrième, en formé d'attique, est orné de pilastres corinthiens. Les gradins disposés à Tintérieur pouvaient contenir 87,000 spectateurs, et la terrasse placée au-dessus recevait plus de 20,000 personnesL Ces gradins reposaient sur des galeries voûtées et concentriques, qoi servaient de promenoirs dans l'intervalle des spectacles et d'abri pendant Torage.
Le Cirque Maxime, dont les restes se réduisent à bien peu de chose, est un édifice d'une haute antiquité puisqu'on en fait remonter la construction à Tarquin l'Ancien. Des vignes et des jardins maraîchers occupent aujourd'hui remplacement de cet édifice. Ce monument, trèsagrandi à des époques postérieures, occupait, entre le mont Aventin et le Palatin, un espace allongé de 780 mètres de longueur sur 166 de large. Au temps de Vespasien, il pouvait contenir 250,000 spectateurs. Les spectacles qu'on y donnait consistaient surtout en courses à pied, à cheval, ou en chars : on y faisait aussi des chasses de bêtes féroces, et César fut obligé de creuser un canal de trois mètres pour empêcher les éléphants de s'approcher trop près des spectateurs, comme cela était arrivé déjà.
Le Théâtre de Marcellus, commencé par César et terminé par Auguste, pouvait contenir 20,000 spectateurs. Il reste seulement quelques arcades des étages inférieurs ; les deux ordres qui les composent sont de proportions si parfaites, qu'ils sont devenus classiques et servent de modèles dans nos écoles. Le Théâtre de Pompée n'a pas laissé de mines apparentes ; c'était le premier théâtre en pierre qu'on eût élevé à Rome.