Traduction de Louis Ménard (Hermès Trismégiste
l'Egypte », et les auteurs de l'époque romaine en parlent dans le môme sens. Cette ville est le lieu de naissance du fameux j géographe et astronome Ptolémée; c'est aussi près de Péluse que Pompée débarqua après sa défaite de Pharsale et qu'il fut assassiné, !i8 ans avant Jésus-Christ. La ville ancienne est entièrement détruite : on n'en reconnaît remplacement que par les rares débris qui se trouvent à 3,000 mètres environ de la côte où débouchait la branche pélusiaque, aujourd'hui comblée.
Canope était située entre Alexandrie et la bouche canopique du Nil, la plus occidentale de toutes les branches du fleuve. Cette ville fut, selon une tradition grecque, fondée par les Spartiates, qui lui donnèrent d abord le nomd'Amyclée; elle possédait un temple dcSérapis, où il y avait une école sacerdotale fameuse.
Parmi les villes les plus importantes, il faut encore citer, en commençant par celles qui se rapprochent le plus de la Méditerranée :
Bute, ville qui du temps d'Hérodote était célèbre par son oracle. « Le nom de la ville où se trouve Toracle, dit l'historien grec, est Buto : elle contient un enclos d'Apollon et de Diane. Le lieu consacré à Latone, où réside l'oracle, est vaste et ses portiques ont six brasses de hauteur. Parmi les choses remarquables qu'il renferme, j'indiquerai celle qui m'a paru la plus merveilleuse : c'est le temple môme de la divinité, fait d'une seule pierre dont les parois ont en tous sens les mêmes dimensions; elle est haute, longue et large de quarante coudées; une autre pierre forme la toiture et son entablement est de quatre coudées. C'est bien, de toutes les choses remarquables de l'enclos, la plus merveilleuse. Vient ensuite l'île Chemnis; elle est située contre le temple de Buto, dans un lac vaste et profond, et les Égyptiens disent qu elle est flottante. Je ne l'ai vue moi-môme ni flotter ni se mouvoir, et j'ai été surpris d'entendre dire qu'il y eût une île flottante. Un vaste temple d'Apollon, où ont été érigés trois autels, existe en cette île, où croissent beaucoup de palmiers et d'autres arbres fruitiers ou stériles. »
Naucraiis, ville importante par son commerce. Son port fut longtemps le seul où les vaisseaux étrangers eussent la permission de débarquer leurs marchandises. Sous les derniers Pharaons, Naucratis était remplie de marchands grecs et phéniciens. Ce fut surtout à partir de Psamélik que cette ville prit sa physionomie grecque. « Psamétik, dit Diodore de Sicile, recevait volontiers les étrangers qui venaient
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visiter l'Ég^'pte; il aimait tellement la Grèce, qu'il Gt apprendre à ses enfants la langue de ce pays. Enfin, le premier de tous \es rois d'Egypte, il ouvrit aux autres nations des entrepôts de marchandises et donna aux navigateurs une grande sécurité; car les rois, ses prédécesseurs, avaient rendu TÉgypte inaccessible aux étrangers qui venaient y aborder, en faisant périr les uns et en réduisant les autres à J'esclavage. »
L'ancienne Egypte était en effet, pour les Grecs, à peu près ce que la Chine et le Japon étaient, pour les Européens, avant les derniers traités.
Sais et la déesse Neith. — Sais était célèbre par son temple de Neith, dans lequel étaient les tombeaux des rois saîtes. La XXV1« dynastie des rois d'Egypte était originaire de Saïs et répond à une des époques les plus brillantes de l'art égyptien. Neith, la divinité locale de cette ville, est une personnification de l'espace céleste, qui joue à Saïs le même rôle qu'Hathor dans d'autres endroits; elle est appelée en effet la vache génératrice ou la mère génératrice du soleil ^
Le soleil, au reste, s'enfante lui-même dans le sein de Neith : dans la religion égyptienne, il est enfanté, mais non engendré ; car la déesse Neith, que les Grecs ont assimilée à Minerve, demeure toujours vierge, bien qu'elle soit mère. Plutarque rapporte une inscription en l'honneur de la déesse, qu'il a vue à Saïs et qui est ainsi conçue : « Je suis ce qui est, ce qui sera, ce qui a été; personne na relevé ma tunique et le fruit que j'ai enfanté est le soleil. » Toutes les divinités égyptiennes représentent la même idée; seulement elles changent de nom suivant les localités.
La grande fête, qui avait lieu à Saïs en l'honneur de Neith, était connue sous le nom de fêle des lampes. Voici ce qu'en dit Hérodote : (( Quand on sest assemblé à Sais pour y sacriûer pendant une certaine nuit, tout le monde allume en plein air des lampes autouf de sa maison : ce sont de petits vases pleins de sel et d'huile, avec une mèche dessus et qui brOile toute la nuit. Cette fête s'appelle la fête des lampes ardentes. Les Égyptiens qui ne peuvent s'y trouver, ayant observé la nuit du sacrifice, allument toutes les lampes : ainâ ce n'est pas seulement à Saïs qu'on en allume, mais par toute l'Egypte.