‹ La Vie privée des anciens v. 4 1883Chapitre 10 sur 30 · IV · texte numérisé non relu

IV

Musée. Elles sont Qxées à des andouillers de cerf. L*extrémiié de Tandouîller opposée au tranchant de la hache est taillée pour recevoir un manche en fourche, qui s'y liait par des courroies de nerfs ou de cuir. Toutes les haches de petite dimension peuvent se rattacher à ce type. On rencontre souvent, et particulièrement en France, un genre de hache pour lequel ce mode d'emmanchement n'est plus suffisant. Cette hache a la forme d'un œuf aplati dont le petit bout serait pointu. Elle a quelquefois de grandes dimensions, un beau poli et des proportions remarquables. C'est ce qu'on nomme la hache des dolmens. Un des spécimens les plus curieux du Musée, extrêmement rare, nous a fourni la solution du problème de son emmanchement. Cette pièce a été taillée tout entière dans le même bloc de pierre, hache et manche. Deux rainures en saillie dessinent grossièrement, mais nettement, son insertion dans le manche. Elle est placée à peu près à son milieu, de sorte

Fig. 202. — Hacbo do bronio.

qu'on pouvait se servir du tranchant et de la pointe de l'arme comme dans les haches d'armes du moyen âge. »

A une époque qu'il n'est pas possible de préciser, les hommes, ayant appris à travailler les métaux, ont reconnu que l'étain, combiné avec le cuivre, produit un alliage plus dur et plus pesant que ces deux métaux séparés : c'est ce qu'on appelle l'âge de bronze. Les haches de cette époque sont assez nombreuses. Elles s'emmanchaient de plusieurs manières : dans quelques-unes, le manche devait être fendu pour s'adapter sur les deux côtés de la hache. Dans d'autres, il s'emmanchait dans une cavité centrale, creusée dans la hache, comme le montre la figure

Les haches de bronze qu'on a retrouvées en assez grand nombre sur le sol de la Gaule étaient coulées dans des moules. Il se peut que ces moules fussent en terre ou en pierre, mais la plupart de ceux qu'on a retrouvés jusqu'à ce jour sont de bronze, comme les haches, et ils ont été coulés comme elles. Ces moules sont composés de deux pièces symétriques. La figure 203 est un moule à hache celtique découvert en

Angleierre, et la figure 205, un moule à hache gauloii découvert en Normandie. L'intérieur d'un de ces moules est représenté sur la figure

ZHk.

Les soldats égyptiens employaient fréquemment la hache et la hachette (fig. 206,207,208). La lame est généralement en métal et ornée de dessins gravés en creux. Le manclie, habituellement rayé horizontalement, est quelquefois décora assez richement. Ceui qui ont vu l'Epxositioo universelle de 1867 se rappelleront sans doute la magnifique hache qui figurait dans le temple égyptien, parmi les ohjets

ayant appartenu à la reine Aah-Holep et découverts dans son tombeau. Ces objets sont tous infiniment précieux, puisqu'ils remontent à dix-sept cents ans environ avant notre ère, ci comptent, par conséquent, trentecinq siècles d'existence, La hache dont nous parlons est une arme Buperhe, qui fait partie du musée do Boulaq, au Caire : le catalogue de ce musée en donne la description suivante ; « Le manche est en bois de cèdre recouvert d'une feuille d'or. Des hiéroglyphes y sont découpés h jour. Ces hiéroglyphes sont précieux pour la science en ce qu'ils révèlent pour la première fois, au complet, le protocole royal d'.^mosis. Des plaquettes de lapis, de cornalino, do turquoise et de feldspath y sont encastrées et en rehaussent l'éclat. Le tranchant est de bronze orné d'une épaisse feuille d'or. De lautre côté, sur un fond bleu sombre donné par une pâte si compacte qu'elle semble élre de la pierre, se dé-

tache la figure d'Amosîs, les jambes écartées, le bras levé pour frapper un barbare qu'il a saisi par les cheveux. En dessous de cette scène est une sorte de griffon à tête d'aigle. Dans les récits de batailles, les rois sont souvent comparés au griffon pour la rapidité de leur course, quand ils se précipitent au milieu des ennemis... Le tranchant de notre hache

Fig. 206.

Fig. 207.

Haches égyptiennes.

Fig. 206.

adhère au manche au moyen d'une simple entaille dans le bois, consolidée par un treillis en or. »

La hache est Tarme que la tradition prête aux Amazones : quoique cette population soit fabuleuse, il n'est pas douteux que ces haches, arrondies sur un côté et pointues de Tautre, comme on en voit aux Amazones sur un grand nombre de monuments, n'aient été employées par certains peuples de l'Asie, notamment par ceux qui habitaient aux environs du Caucase. Nous avons déjà montré cette hache sur la figure 230 du premier volume.

SSt

La hache ne paraît pas avoir éié employée dans les armées régulières de la Grùce et de Rome, mais nous la retrouvons en Gaule.

Les sculptures qui décorenl les arcs de triomphe d'Orange et de Carpentras représentent de? armes gauloises du conimeocemeiit de l'em-

pire, A cette époque, les formes nationales s'étaient déjà modifiées au contact dcs' Romains; c'est ce qu'on voit, par exemple, sur la figure 209, qui ropréscnie un bas-relief de l'arc de Carpenira--, où sont deux épées cl une hache à double tranchant.

Chez les Francs, la hache devient la francisque.

Le c*sse-tête. — Les Égyptiens se servaient également, quoique plus rarement, du casse-téte. Nous avons au Louvre un casse-téte égyp-

— Caus-UM égjptieul.

lien ; il est en bois très pesant et cerclé d'anneaus de bronze épais et mobiles. Ces anncaus, en s'accumulant à l'estrcmilé de l'arme, dou-

blaient l'intensité du coup. Mais il y en a de plusieurs espèces; celles que nous donnons figures 210 à 213 sont de véritables haches d'armes,

Fig. 212. — Casse -tôte égj-ptien.

Fig. 213. — Casse-tôte égyptien.

fort pesantes afin de rendre le coup plus lourd et par là plus pénétrant.

L'ÉPÉE. — Les temps préhistoriques ont laissé quelques épées de bronze, qui comprenaient une lame et un manche. La plupart de celles qu'on a trouvées jusqu'ici sont droites et plates : elles coupent des deux côtés et se terminent en pointe ((ig. 2U). Quelques-unes sont renflées

Fig. 214. — Épée de bronze»

au milieu ou vers les deux tiers de la lame. Ces épées, de même que les haches, ont été coulées, et elles se composent du même métal.

Les Grecs se servaient d'une épée dont la lame, à deux tranchants, prend quelquefois la forme d'une feuille de laurier. Les Romains paraissent s'être servis d'épées à peu près semblables, jusqu'aux guerres puniques. Mais, à partir de cette époque, on employa de préférence répée celtibérienne, qui est un peu plus grande et plus pesante et dont le tranchant est absolument droit.

La figure 215 montre une épée de ce type qui a été découverte à

Pompéi : elle est représentée dans son fourreau, qui est un èluî en bois recouvert d'une plaque mince de raélal. garnie de têtes de clous en bronze. Cette épée, que les soldais romains portaient ducété droit, était suspendue à un baudrier passé sur l'épaule gauche, excepté pour les officiers supérieurs, qui portaient l'épée à gaucbe, comme on peut lo

^g. an. — Epée uiiquo

voir sur la figure |216. La raison pour laquelle les soldats portaient l'épée du côté droit est que le bouclier qu'ils portaient au bras gauche eût gêné leurs mouvempnls lorsqu'il fallait tirer l'épée du fourreau. Or,

Flg. Sia. — Corteli

dans l'armée romaine, les officiers supérieurs n'ont généralement pas de bouclier. Le plus souvent, toutefois, les consuls, les tribuns et les officiers supérieurs portent leur épée suspendue à une ceinture.

La harpe est une espèce d'épée ou de poignard pourvue d'un crochet ou d'une épine en saillie sur la lame, un peu au-dessous de la pointe. Celte arme, qui sur les monuments apparaît souvent aux mains de Persée, est particulière à l'époque héroïque et ne parait pas avoir

été employée dans Tarmée grecque à Tépoque des guerres médiques, ni dans les siècles suivants (Cg. 217).

L'épée égyptienne présente plusieurs formes qui diffèrent entre

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mw^

Fig. 217. — La Harpà.

elles, mais dont aucune ne ressemble à celle des Grecs et des Romains. Voici, figure 218, une épée très richement décorée et dont la lame, assez

Fig. 218. — Épée égyptieone-

évasée à la base, va s'amincissant en ligne droite jusque vers l'extrémité qui devient extrêmement fine. Le fourreau qui est représenté sur la

^HMIKI

Fig. 219. .— Âzmo égyptienno.

figure 219 implique, au contraire, une épée dont la lame a une égale largeur sur toute son étendue . Ces armes, qui sont peintes sur les mo-

Fig. 220. — Arme égyptienne.

numents égyptiens et qu'on ne peut pas manier puisqu'elles n'existent pas en nature, sont quelquefois d'un usage difficile à expliquer. On ne comprend pas trop comment on employait celle qui est représentée sur la figure 220 et qui est pourvue d'un manche à tête d'animal.

Les épées égyptiennes sont généralement assez courtes et quelquesunes mériteraient plutôt le nom de poignards. Au reste, il y avait aussi

de véritables poignards ; on s'en servait en appuyant le pommeau sur la paume de la main fermée et en laissant passer la lame entre l'index et le médium.

Les poignards égyptiens sont quelquefois de la plus grande richesse. Le musée de Boulaq en possède un dont le catalogue donne la description suivante : a Un poignard d'or et un fourreau également en or. Monu-

Fig. 221. — Arme égyptienne.

ment sans égal pour la grâce et Tharmonie des formes. Quatre têtes de femmes en feuilles d'or repoussées sur le bois forment le pommeau.

Fig. 222. — Arme égyptienne.

La poignée est décorée de semis de triangles or, lapis, cornaline et feldspath, arrangés en damier. La soudure de la lame au manche est

(^ai^:

Fig. 223. — Arme égypUcnne.

artistement cachée par une tête d'Apis renversée. La lame est la partie la plus remarquable de ce magnifique monument. Le pourtour est en or massif. Une bande d'un métal noirâtre occupe le centre. Sur cette bande sont des figures obtenues par une sorte de damasquinure. D'un côté est Tinscription : Le dieu bienfaisant^ seigneur des deux pays, Ila-neb'pehU, vèHficatevir comme le soleil a toujours. Cette inscription est suivie par une représentation très-rare qui n'est pas exempte d'une certaine influence asiatique, celle d'un lion se précipitant sur un taureau. Quatre sauterelles qui vont en s'amincissant jusqu'à l'extrémité IV 29

ne LA GUERRE.

de la lame terminent la scène. De l'autre câté, on lit près de la poignée: Le fils du soleil et de son flanc, Ahm'es-Nakht, vérificaleur comme le soleil à toujours. Quinze jolies fleurs épanouies, qui, comme sur l'autre face, se perdent vers la pointe, complètent l'ornementation.

On voit quelquefois aux mains des rois d'Êgi'pte une sorte de poignard recourbé. Cette arme, qui est un emblème de vaillance, avait reçu à cause de sa forme le nom de khopesh, nom égyptien de la cuisse de bœuf. C'est une arme qu'on voit fréquemment dans la main des oflicicrs et jamais dans celle des soldats. Nous en voyons divers exemples sur les figures 221, 222, 223. En général, on trouve dans les armées orientales des armes plus ou moins recourbées, tandis que Tépée droite domine à peu prèsexclusivcmentdans les armées de la Grèce et de Rome.

Lk LANCE ET LE JAVELOT. — La lance des K,gyptiens est d'une

Fig. î£4. — Un phiraDO anns d» U lance. (B.it-[Qli«[ de Kiicik |

longueur moyenne et ne paraît pas avoir été d'un usage aussi commun

que l'arc et la flèche. Néanmoins elle t.pparaU sur plusieurs monumeots et même dans les mains d'un pharaun (fig. 22k]. Le héros foule aux pieds un ennemi vaincu et en saisit par le bras uq autre dont les genoux Héchisscnl déjà et qu'il va transpercer de sa lance. Le costume et l'air de tête du héros le font assez reconnaître pour Égyptien, tandis que la barbe et le costume des guerriers va'ncus font reconnaître qu'ils sont d'origine asiatique. Ces guerriers sont probablement des rois, ou loui au moins de très-grands personnages, car leur stature

«si la même que celle du roi d'Egypte, et Tarlistc n'aurait pas manqué de les rcprésenler beaucoup plus petits, s'il avait voulu montrer des ennemis ordinaires. Le personnage qui va être frappé par la lance du pharaon tient en main un arc dont l'exiguïté est tout à fait remarquable.

La lance des Grecs est représentée sur la figure 225, où l'on voit un héros poursuivant un cavalier qui semble demander grâce en fuyant devant son ennemi. Celle lance est à proprement parler un javelot qu'on lançait contre son adversaire. Ce javelot était exiremcment léger, et liS guerriers en portaient génÈraIcment deux avec eux; mais ils n'employaient le second que s'ils avaient manqué le but eu lançant le premier.

LA GCEBKB.

Le ïarelot romaÏD 'hmta) secomposaïl de trois parties ^tioctes: la tête, en Inmze ou en fer, le manche, qui était généralement en bois de

frêne, et le bout, qui était formé d'une pointe de métal. Une minia-

ture du Virgile du Vatican montre ud guerrier lançant son javelot contre des soldats qu défendent un rempart (Gg. 326).

Le pilum est unt. aime lomaine dont on peut voir la représentation sur les ligures 227, 328 et 229. Ces armes ont été trouvées aux environs d'Alise.

L'arc. ~ Les Égyptiens étaient excellents archers. L'arc se tenait dans la main gauche et à pleine main ; quand on le tirait on tendait la corde avec la main droite, mais sans faire toucher le coude au corps. Il y a des arcs de forme très-différente {fig. 230, 231, 232) : quelqoefbis ils sont tout à fait droits, et Dexibles seulement à leurs extrémités;

ils sont garnis d'une corde de boyau ou de cuir. Cette corde se plaçait sur un petit bout encore pourvue chaque extrémité d'une rainure dans laquelle on l'insérait ; quelquefois c'est un simple nœud. Pour attacher le cordon, on fixait en terre le bas de Parc, et alors, l'archer, debout ou assis, pressait avec le genou la partie inférieure de 1 arc, et en le courbant d'une main, on passait le cordon avec l'autre main dans la rainure. Quelquefois aussi Tare égyptien présente une double courbure.

Pig. Î30. — Arc égyptien.

Pour protéger le poignet, on plaçait sur le bras gauche une garde qui empêchait le cordon de heurter la main en se détendant. Cette

Fig. 231. — Arc égyptien.

garde était fixée autour du poignet et maintenue par une courroie qui venait se rattacher au coude (fig. 233).

Fig. 232. — Arc é^^yption.

Pour ajuster, le bout de la flèche devait se trouver un peu au-dessous de rœil. Les flèches étaient faites en bois ou en roseau ; la pointe était quelquefois en bronze et généralement triangulaire. Quelquefois les pointes sont garnies de lames collées à distance égale et aboutissant à un point commun. La pointe est souvent aussi en silex, et quelquefois c'est une pointe de bois fixée sur un roseau : mais ces floches étaient trop légères pour servir à la guerre et on les employait presque exclu-

six-emoni pour la chasse. Du cCitè oppcisê h U pointe, on fixait généralement irois plumes pour iliripor le mouvement de la flèche. On peut

Fig. Î33. — Archor égjpli

voir au musée ég>'ptîen du Louvre (salle civile, armoire H et vitrine U) une collection de pointes de flèches. Quelques-unes sont formées d'une

Fig. Î34. — Lo tir dô

triple pointe en silex, ajustée dans la fente du bois, ou fixée au moyen d'un mastic noir.

Les Égjplieas passaient pour être des archers fort habiles, et

l'exercice de Tare était un des plus estimés. La figure 23ft montre des archers tirant ensemble avec une symétrie de mouvements qui montre des hommes trôs-cxercés. Sur la figure 235, on voit un jeune homme qui apprend à tirer de l'arc : un homme placé derrière semble lui donner des conseils et veille à la précision de ses mouvements.

Les flèches étaient contenues dans un carquois qui présentait généralement la forme d'un étui. Ce carquois était quelquefois, parmi les Égyptiens surtout, d'une grande richesse décorative (fig236, 237).

L'arc primitif des Grecs paraît avoir consisté en deux cornes jointes ensemble par une pièce droite placée ou milieu de 1 arme. Cette forme

Fi;j. 235. — L'exercice do Va:

d'arc a persisté très-longtemps, bien que les cornes aient été par la suite remplacées par deux morceaux de bois légèrement recourbés. On peut en voir un exemple sur la figure 238. 11 y a aussi une autre espèce d'arc qui, lorsqu'il était détendu, présentait une forme demi-circulaire (lig 239). C'est cette ressemblance de l'arc avec le croissant de la lune qui l'a fait donner pour attribut à Artémis ou Diane, la déesse lunaire. Les arcs de ce genre apparaissent fréquemment sur les représentations d'amazones.

En dehors de Tépoque homérique, les Grecs ne paraissent pas avoir employé beaucoup l'arc comme arme de guerre, au moins dans leurs armées régulières. L'usage en était généralement restreint à la chasse, exercice dans lequel les jeunes gens étaient extrêmement adroits. Cest au même titre que Tare nous apparaît chez lesRomainSy car jamais cette

arme ne fut introduite dans leurs armées, si ce n'est par des troupes auxiliaires.

L'arc n,ous apparaît au contraire chez la plupart des peuples barbares

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Pig. 23C.

Flg. 237.

Carquois égyptiens.

avec lesquels les Grecs ou les Romains se sont trouvés en lutte. Nous

Pu. 238.

?ig. 239.

Arcs.

le voyons chez les Scythes et chez tous les peuples de la haute Asie. Les Parthes furent de très-habiles archers et c'est avec l'arc, leur arme de prédilection, qu'ils causèrent aux Romains de si grands désastres. Mais il faut remarquer que les Parthes étaient des cavaliers qui com-

battaient en fuyant, et il en a été de même pour la plupart des peuples dont Parc était l'arme principale. Les Numides, qui après avoir été les implacables ennemis de Rome devinrent ses fidèles alliés, combattaient avec les mêmes méthodes.

La fronde. — La fronde est un instrument de guerre très-primitif qu'on trouve au début de toutes les civilisations, et dont les sauvages se servent encore aujourd'hui. Il n'est donc pas étonnant que la fronde figure parmi les armes égyptiennes : on la trouve en effet sur les peintures de Thôbes et de Beni-Hassan. La fronde égyptienne consiste en une lanière de cuir ou de corde tressée. Elle est large dans le milieu, se rattache à la main par une boutonnière et se termine par une mèche qui s'échappe du doigt au moment où on lance la pierre.

Les Grecs et les Romains se sont aussi quelquefois servis de la fronde, néanmoins c'est surtout chez les barbares que cette arme a eu de l'importance, parce que sa fabrication n'exigeait pas une industrie bien avancée. Les balles que lançait le frondeur étaient quelquefois en plomb, mais la plupart du temps, elles consistaient simplement en pierres ramassées dans les chemins ou sur les champs de bataille. Les Romains se servaient de lingots de plomb dont quelques-uns portaient des inscriptions, telles qup : a frappe avec force »; — ou bien*: u lance », etc. D'autres portaient le numéro de la légion.

Le casque. — Le casque égyptien présente plusieurs formes différentes, mais il n'a pas la grande aigrette qui donne une si belle tour-

Fig.îMO. Fig, Ml.

Casqaes égyptiens.

nure aux casques grecs (fig. 210, 2ftl). Quelquefois les casques égyptiens sont coniques; d'autres sont sphériques et se nouent par de petits cordons attachés sous le menton. Il y en a que décorent de petites bandes métalliques. La plupart descendent assez bas pour pro-

Irig. Mi. — C*tf u< d'un Phingn.

S3t^ LA GUERRE.

téger la nuque. Les casques des soldais égyptiens sont généralement faits de joncs tressés.

Les rois portaient à la guerre un casque couvert d'une peau de panthère et orné de l'urŒUs, pelit serpentqui dresse la tête etquiest l'insigne des Pharaons. Un large ruban accompagnait quelquefois le casque et pendait sur les épaules (fig. 2/i2}.

Les casques grecs primitifs étaient faits avec des peaux d'aoimaux. Les héros aimaientàsecoiffer avec la peau dure et hérissée des bétes féroces qu'ils avaient tuées.

Il est mômeprobableque ces peaux couvraient toute la personne, comme on le voit sur les casques d'anden style où Hercule porte une peau de lion, et ce n'est que dans une époque postérieure que l'on songea à faire, pour préserver la télé, une armure spéciale. La peau du chien parait avoir été fréquemment employée dans les temps primitifs, mais celle du taureau, qui olfrait beaucoup do solidité, dut être préférée de bonne heure. Lori^qu'on commeni;a à faire des casques véritables, quelquesuns furent encore recouverts avec la lôte d'un animal, comme on le voit sur la figure 2^3, qui est tirée du fronton du temple d'aine. Mais le casque ici représenté appartient à une époque à peu prés contemporaine des guerres

médiqucs, et la tête d'animal qui en recouvre la partie antérieure n'est qu'un luxe décoratif.

Le casque des temps héroïques, tel qu'on le voit représenté sur une multitude de vases, était pourvu d'un masque mobile qui s'adaptait entièrement au visage; des ouvorlures étaient pratiquées dans ce masque pour voir et pour respirer. Au moment du combat on pla(;ait ce masque, qu'on remontait ensuilo de manière que lo bas couvrît seulement le front. La figure 2kk nous montre un casque grec de la formo

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