I.ES ARMES
la plus ancienne. II est surmonté d'un cimier très-élevé portant une grande aigrette. Ces aigrettes étaient presque toujours faites en crins
de cheval ; dans les casques de cette époque toute la queue retombe quelquefois par derrière.
Cuqot gnc fatunt uillls mr le tcoal.
Les casques étaient souvent ornés d'ouvrages en relier, repoussés, ciselés ou rapportés en différents métaux. Le cimier était surmonté
238 LA GDBRRE.
d'un panache ou de crêtes fixées dans des rainures et faites ordi-
Flg. Ml. Mg. M8
Cuqnn gieci.
oairement de crins de cheval. Quelquefois il y avait deux ou trois
CasquM gToca
de ces crêtes et celle du milieu se termiDait par une lonpe touffe
de crins que le vent agitait. C'est ainsi que, dans Homère, le petit Astyanax est elTrayé par la crinière du casqtie d'Hector. Les crêtes des,
Les armes.
X prises avec l'ennemi onreje-
cAtéa étaient courtes, droites et raidcs; et | quelquefois en fils d'or. Les panacties étaient souvent soutenus par des fibres en relief, comme des sphinx, des chevaux, des griffons, ou d'autres monstres fantastiques. Quelquefois le panache est détaché du casque et supporté par une tige droite. Les casques avaient aussi des ailes ou deR plumes élevées de chaque c6té dans des coulisses, comme dos plumets. Ces ailes sont de diverses couleurs. On en voit au musée de Naples dans des peintures des tombeaux de Pœstum,
L«s casques grecs sont quelquefois pourvus d'une visière faisant saillie sur le visage qu'elle est chargée de protéger, commeonle voitsurles figures 245 et2/|6.
Dans les moments où on n'était pas au tait la visière en arriére, comme le montre la figure 2îi5, et lorsqu'on en venait aux mains, on la rabattait de manière à protéger les yeux. Toutefois iesmonumentsprésenient des scènes de combat où la visière est relevée ou rabattue indistinctement {fig. 2Ii5 à 252).
Les casques grecs sont en général bombés parderrière; cependant on en voit quelqiieE-uns, comme celui qui est représenté sur la ligure 251, qui sont complètement ronds et dépourvus du cimier. Mais cette dernière forme est beaucoup plus commune chez les Romains que chez lesGrecs. La crinière, qui dans quelques-uns de ces casques descendait très-bas, n'était pas un simple ornement. Elle était destinée surtout à préserver le cou (fig, 252). La figure 253 montre un casque Ihébain de l'âge héroïque. Elle est tirée d'un vase peint et représente Cadmus.Cecasque, de forme conique, est d'ailleurs assez rare.
Le guerrier macédonien, dont la figure 25ù montre la tète casquée à
338 LA GOERRE.
côté de celle d'un cheval, est tiré de ta grande mosaïque de Pomp^ et représente un des compagnons d'Alexandre. Il est placé immédiatement derrière le roi; on peut facilement voir sur cette figure les déUils du harnachemenl ducheval.dont la décoration est d'ailleurs très-sobre. Voici un casque dont la Torme générale est celle d'un bonnet phrygien : le front est décoré d'une tête coiftée d'un masque de Uon. Un lion ailé, d'un caractère asiatique, orne les ailerons qui garao-
PiR K& — Cuilue antiquo.
lissent les oreilles, et le corps du casque est entouré d'un collier de perles, dont une petite tête occupe le centre. Un grand panache accompagnait probablement celte belle pièce dont le travail parait appartenir à l'époque d'Alexandre (fig, 255),
Le casque reproduit sur la ligure 256 est au musée du Louvre : il occupe une place d'honneur dans la salle des bijoux. Il est difficile de dire à quelle nation il faut rattacher cette curieuse arme défensive qui a été trouvée dans la GrandeGrùce, mais dont la forme n'est reproduite sur aucun monument connu. Il a sans doute appartenu à un chef riche et puissant et il est aussi remarquable par la délicatesse du travail que
LES ARMES. S3
pat la bizarrerie de son aspect. Il est de forme conique et surmonté de deux ailerons de fer qui lui donnent un peu l'apparence d'une lyre. Une fourche à deux dénis est plantée sur le sommet du casque dont la base est ceinte d'une couronne de|feuilles de laurier en or. La figure 257 ae rapproche un peu de la précédente par sa forme conique et provient de la même contrée.
Cest encore au Louvre qu'on peut voir le casque représenté sur
la figure 258 : il faisait partie du musée Campana oîi il était catalogué comme étrusque. Sa forme générale le rapproche beaucoup du casque romain, mais la visière qui redescend en pointe pour garantir le nez rappellerait plutôt les casques grecs. Le front est décoré d'une tétc de Méduse et la partie supérieure e.st surmontée d'ornements qui étaient probablement le support d'une aigrette.
Les casques, que portent les soldats sur les monuments romains, sont d'un caractère trôs-siraple. Ils sont d'une forme généralement arrondie et n'ont pas d'aigrette (fig. 259 à 265). Ils ont généralement aussi des mcnionniéres, ou tout au moins des ailerons pour garantir les oreilles.
0 LA GUBRRE.
Les casques des centurions se dtslinguent parce qu'ils étaient munis
eig. 358. — Ca>i|aB éliuiqua du Biatéa Cunpana.
d'un cimier qui était quelquefois plaqué d'argent et orné déplumes
Il est difficile d'assigner uoe nationalité au casque représenté sur la Ggure 265 : il a la forme générale d'un casque romain, mais il est
pourvu d'un appendice pour garantir le nez, détail qu'on remarque SDrtout dans les casques grecs. Mais ce qui fait la particularité de ce casque, c'est l'aileron en forme de tête de bélier qui est rabattu sur Toreille et qui, contrairement à l'usage, ne parait pas mobile. Ce casque
Cuqon TomaiDi
ne semble pas disposé pour recevoir uu panache, mais il est pourvu par derrière d'un appendice destiné à garantir le cou.
On a voulu voir un portrait d'Aanibal dans le médaillon que présente la figure 266. Si l'authenticité du personnage peut être révoquée CD doute, le casque n'en est pas moinscurieux, parce qu'il montre le costume d'un chef carthaginois a l'époque des guerres puniques Sa forme générale se rapproche du casque grec plus que du casque romain, quoiqu'il participe des deux Les trois plumes que nous voyons en avant se trouvent quelquefois sur les monuments qui représentent des Samnites, des Campaniens ou des Grecs de l'Italie méridionale. Le fait au surplus n'a rien de bien surprenant, puisque les Carthagi nois étaient à l'époque des guerres puniques maîtres de la Sicile, et fortement mêlés aux habitants de la Grande Grèce. L'aileron que l'on voit sur le côté, et qui est destiné à protéger l'oreille, se retrouve quelquefois dans les casques italiens de cette époque.
La figure 267 nous montre un casque gaulois dont la forme difTëre essentiellemeot de tout ce que nous avons vu jusqu'ici. Il ne faudrait If. 3t
Fis- «3. — C»si]ua n
pas en cooclurc toutefois que les armées gauloises avaient dans leur armement un uniforme très-rigoureusement observé, il est très-pro-
bable au contraire que les chefs gaulois s'habillaient un peu k leur
CuquB urlba^no
fantaisie et que nous avons ici une forme de casque particulière à un individu et non typique. Il en est de môme du casque représenté sur la figure 268. Sa forme, étrangère aux armées grecqucset romaines,
fait involontairement penser aux armes du moyen âge. Ce casque, qui a probablement servi à un soldat barbare d'une nationalité inconnue,
devait préserver entièrciiieiil le visage, mais comme il est d'une seule pièce et ne renferme aucune partie mobile, il devait être singulièrcmcDl iDCommodc et d'une chaleur accablante en été.
L'iRMUBE. — Les Égyptiens se servaient de plusieurs espèces de
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cuirasses; les plus communes étaient faites avec de la toile de lin, dont plusieurs pièces étaient collées l'une à l'autre à l'aide d'une prépa-
ration. On faisaîl aussi des cuirasses avec du cuir qu'on garnissait de bandes de métal. Quelques-unes de ces armures sembleni même d'une construction assez remarquable (ûg. 269, 270.)
LacuirassQ de l'armure antique est un corselet fait tantôt de cuir, tantôt de métal uni ou bien formé d'écaillés ou de bandes métalliques.
Chez les Grecs, antérieurement aux guerres médiques, la cuirasse était quelquefois formée de deux pièces de métal disiiuctes qui alTectaieot
LES ARHES. 345
de se modeler sur la forme du corps : une des deux pièces garantissait la poilriiie et le ventre, l'auire servait à garantir le dos. Des fragments de cuirasses de ce genre ont été trouvés dans un tombeau de Pœstum. Les armures grecques présentent au surplus des types trèsdivers (fig. 271,272).
Un autre genredccuirasses, beaucoup plus compliquées et par conséquent plus coûteuses, était formé de parties mobiles et reliées ensemble au moyea de charnières. Les cuirasses de ce genre n'étaient portées que par de très-grands personnages ou des officiers supérieurs.
Pig. 214. — Saldit cuiiaito H'UcaiUei.
La cuirasse des soldats romains était généralement en cuir avec des bandes de fer et ils portaient avec cela une espèce de tunique à manclies courtes qui descendait jusqu'aux genoux et couvrait les hancbes. On en voit un modèle très-complet sur la figure 273, qui représente dt;s soldats romains attaquant les Daces postés sur une colline. Quelquefois la cuirasse était garnie dëpauleltes pour garantir les épaules et se terminait par des bandelettes de cuir.
La colonne Trajane nous montre plusieurs exemples de cuirasses composées de petites pièces en forme d'écaillés semblables à celles d*un poisson, en ce sens que les écailles, circulaires dans leur extrémité inférieure, se recouvrent l'une l'autre d'après un système parfaitement régulier. Quelquefois ce sont les écailles d'un reptile qu'on a
Sie LA GDERRB.
voulu imiter et alors elles sont angulaires à leurs extrémités et forment
comme autant de losanges superposés dont l'angle est toujours dirigé
en bas. La colonne Antonine montre des cuirasses dont les écailles reproduisant assez exactement celles de la vipère. EnDn oo voit sur un
bas-relief de l'arc de Trajan un corselet dont les écailles sont disposées ea plumes d'oiseau. On voii que ces écailles présentaient udc assez
grande variété dans la forme, mais elles étaient toujours faites de corne ou de métal et cousues sur un fond de cuir ou de toile.
Le soldat représenté figure 27!i est lire de la colonne Antonuie. La cuirasse est formée par une succession d'écaillés.
m LA GUERRE.
C'est encore un soldat romain qui est représenté sur la figure 275. Sur la colonne Trajane, d'où il est tiré, "ce soldat est parmi ceux qui conduisent les chevaux do i'état-major. 11 tient sa lance et son bouclier.
Un autre genre de cuirasses qu'on voit fréquemment représentées sur les statues d'empereurs ou de grands, sont en cuir, damasquinées et rcliaussécs d'ornements métalliques d'une grande richesse. Dans le corselet, ■ sur la figure 276, une tête de Méduse est placée sur les pectoraux et des grillons ailés occupent le milieu de la poitrine. Dans la figure 277 des prisonniers accroupis dos à dos remplacent les griffons de l'armure précédente, et au lieu du masque de Méduse on voit une tête portée sur le croissant de la lune. La figure 278, qui est vue de
profil, montre bien la couture placée sur te coté de la cuirasse, dont la décoration (euiralc est formée de figures ailées. On remarquera . que les bandelettes de cuir qui terminent la partie inférieure de ces cuirasses sont souvent elles-mêmes très-chargées d'ornements.
La Gaule nous montre aussi des cuirasses très-bien conditionnées, mais qui appartiennent à l'époque romaine et qui ont probablement été fabriquées sinon en Italie, au moins dans laNarbonnaise (fig. 279). Rien ne démontre en eiïet qu'au temps do Jules César, les Gaulois aient été bien avancés dans les arts métallurgiques.
Outre les cuirasses qui préservent la poitrine, les armures antiques présentent souvent des défenses pour garantir les bras et les jambes, mais ces armures n'ont jamais été aussi complètes dans l'antiquité que dans le moyen Sge. Les figures 280 et 281 montrent lesjambards dont se servaient les guerriers grecs oii étrusques. Toutefois ces armes défensives n'ont jamais fait partie de l'équipement des soldats romains qui portent dhabilude des souliers ou des bottines.
Le bouclier. — L'arme défensive par excellence était le bouclier; sa hauteur habituelle était comme la moiCié de la hauteur d'un homme. Le bouclier égyptien couvrait la poitrine et la tête. Sa forme était
carrée à la base el cintrée au sommet (fig. 282) ; il n'était pas entièrement plat, et sa légère enflure allait en augmentant vers sa partie supérieure, où Ton trouvait en même temps une petite cavité circulaire dont Pusage n'a jamais été bien expliqué. Les boucliers étaient couverts en cuir de bœuf, le poil en dehors, cerclés de métal et cloués. L'intérieur était probablement en osier. Dans tous les cas, il est certain que le bouclier ordinaire des soldats égyptiensdevait être extrêmement léger. Sur la ligure 283 on voit un guerrier qui porte un bouclier d'une forme un peu plus allongée que le précédent, mais qui est également arrondi dans sa partie supérieure.
Pig. 282.
Boadier égyptien.
Fig. 283. — Soldat ég}ptioD.
Dans les marches, les soldats portaient le bouclier sur leur dos,
au moyen d'une courroie fixée sur l'épaule, et une attache intérieure
permettait de le passer au bras gauche, tandis que la main droite
tenait la lance ou Tépée. La courroie du bouclier était quelque-