‹ La Vie privée des anciens v. 4 1883Chapitre 14 sur 30 · IV. 4i · texte numérisé non relu

IV. 4i

mèrent quatre-vingts centuries, la moitié de jeunes gens, l'autre d*hommes plus âgés. Ces quatre-vingts centuries composèrent la première classe. Les vieillards étaient destinés pour la garde de la ville, les jeunes gens pour faire la guerre au dehors. On leur prescrivit, pour armes défensives, le casque, le bouclier, la bottine, la cuirasse de cuivre, et pour armes offensives la lance et Tépée. On y joignit deux centuries d'ouvriers, qui n'étaient point armés et qui se chargeaient du transport des machines de guerre. La seconde classe était composée de ceux qui avaient depuis soixante-quinze mille as de revenu jusqu'à cent exclusivement. Elle comprenait vingt centuries, tant d'hommes faits que de jeunes gens; ils portaient l'écu au lieu du bouclier, et, à l'exception de la cuirasse qu'ils n'avaient pas, les autres armes étaient les mômes. Le revenu fixé pour la troisième classe était de cinquante mille as; il y avait le même nombre de centuries, la même séparation pour les âges, enûn les mêmes armes : seulement on leur supprima les bottines. La quatrième classe, dont le revenu se bornait à vingtcinq mille as, conserva le môme nombre de centuries, mais les armes furent changées ; on ne leur donna que la lance et Tépée. Le nombre des centuries fut augmenté dans la cinquième classe : il y en' avait trente. Ils n'avaient d'autres armes que la fronde et les pierres. On porta dans cette classe les accensi, les cors, les trompettes, distribués en trois centuries. Le revenu était fixé à onze mille as. Tous ceux qui en avaient un moindre furent réunis dans une seule centurie exempte du service militaire. »

On voit que les hommes absolument pauvres n'étaient pas astreints au service militaire, au moins pendant les premiers temps de la République. Il en était de même des affranchis et à plus forte raison des esclaves. Les riches ne cherchaient nullement à se soustraire au service militaire qu'ils considéraient au contraire comme un honneur et un privilège. Mais lorsqu'au lieu d'avoir à défendre ses foyers ou à combattre des ennemis qui étaient en même temps des voisins, on commença à faire des campagnes plus longues, parce qu'elles étaient plus lointaines, il fut nécessaire d'établir une solde pour l'armée. Cette solde, d'abord très minime, fut peu à peu augmentée, à cause de l'impossibilité où étaient des soldats laissés en garnison dans des villes lointaines de revenir cultiver leur champ ou exercer un métier quelconque pour subvenir à leur existence. A partir de Marins et des grandes guerres civiles, la composition de l'armée se modifia sensiblement. Les soldats se recrutèrent peu à peu parmi les habitants des provinces conquises.

LES ARHEfS ROMAINES. 3S3

A la fin de l'empire, les véritables Romains avaient complétemeDt disparu des armées qui se composaient à peu près exclusivement d'auxiliaires barbares. L'organisation des légions était restée la même, mais l'ancien patriotisme avait disparu et les !toldats n'étaient plus que des mercenaires vendant leurs services au chef qui leur offrait le plus d'avantages. 11 est donc nécessaire, lorsqu'on veut étudier les insiitulions militaires des Romains, de ne tenir compte ni de la première période iiistorique, pendant laquelle l'armée n'est pas encore constituée, ni de la dernière pendant laquelle son organisation se ressent nécessairement de la décomposiiion générale de l'empire.

En prenant possession de leurs charges, les consuls indiquaient le jour où tous les citoyens que leur âge appelait à faire partie de l'armée étaient tenus à se rendre au Capitole.

On y faisait le dénombrement et chacun devait répondre à son nom, sous peine d'un châtiment sévère. Les consuls ont été quelquefois remplacés dans cette fonction par les tribuns militaires. Mais il ne faut pas confondre ces magistrats faisant fonction de consuls avec les tribuns de légions, oflîcicrs dont te rang répondait à peu prés à celui de nos colonels. Polybe nous raconte ainsi la manière dont se , faisait la répartition des soldats dans les légions. « Les tribuns, assis séparément, tirent les tribus au sort l'une après l'autre, et appelleotà eux celle qui leur est échue; ensuite ils y choisissent quatre hommes égaux, autant qu'il est possible, en taille, en âge, et en force. Quand ceux-ci sont approchés, les tribuns de la première légion font leur choix les premiers; ceux de la seconde ensuite et ainsi des autres. Après ces quatre citoyens, il s'en approche quatre autres, et alors les tribuns de la seconde légion font leur choix les premiers ; ceux de la troisième après; et ainsi de suite de sorte que les tribuns de la première légion choisissent les derniers. Quatre autres

a da pitwis.

iU

LA GOBRRB.

dloyens s'approchent encore, et alors le choix appartient d'abord aux tribuns de la troisième légion, et ainsi de suite, de sorte qu'il arrive en dernier aux tribuns de la seconde. Ce même ordre s'observe jusqu'à la Qn ; d'où il résulte qu« chaque légion est composée d'hommes du même Age et de même force. La levée ainsi faite, les tribuns assemblent chacune des légions, et, choisissant un des plus braveB,'ils lui font jurer qu'il obéira aux ordres des chefs et qu'il fera son possible pour les exécuter. Tous les autres passant à leur tour devant le tribun font le môme serment. » Quand l'enrâlement éiait terminé ut la légion constituée, chaque soldat prononçait le serment militaire qui était obligatoire pour tout le monde.

Sous l'empire, le souverain est de droit général en chef de toutes les armées, et si d'autres généraux répondent pour lui, c'est seulement en vertu d'une délégation temporaire et toujours révocable. L'empereur ne porte d'ailleurs aucun insigne de son pouvoir suprême et il ne se distingue en rien du général en chef, dont le costume est très nettement établi sur la figure 352. Encore est-ce là un costume de parade, car celui que le général en chef portait en campagne était, en général, beaucoup plus simple. La figure 353 représente l'empereur Trajan avec le vêtement qu'il porlail dans sa campagne contre les Daces. L'empereur, qui reçoit une députaiion des Sarmates venant faire leur soumission, est simplement vêtu d'une tunique longue avec un petit manLeau,

La cohorte prétorienne, fondée par Scipion l'Africain, était une sorte de garde d'honneur qui ne devait jamais quitter le général en chef. Primitivement elle ne comprenait que cinq ou s'a cents hommes qui avaient tous fait leurs preuves sur les champs de bataille; les prétoriens étaient exemptés des corvées et travaux du camp, et recevaient une paye plus forte que les autres soldais. Leur nombre fut augmenté pendant les guerres civiles et Auguste les logea à Rome où

Fig. SN.

OiDiril roEDiilD ta p«lite u

ils furent réunis dans un camp spécial. Leurs privilèges s'accnirenl encore par la suite, ei comme ils élaieiit allactiés à la personne de l'empereur ils finirent par devenir une véritable puissance. Ce furent les prétoriens qui, après le meurtre de Caliguia, portèrent Claude au pouvoir, et ce furent eux qui plus tard mirent l'empire h l'encan. Constantin, après sa victoire sur Maxeace, abolit celte milice

turbulente et détruisit son camp. La figure 35i montre dos soldats de la garde prétorienne, d'après un bas-relief du Louvre.

Avant la bataille, il était d'usage que le général en chef, entouré de ses ofllciers, fit aux troupes une allocution pour enflammer leur courage. Pour être plus facilement aperçu, il montait sur un tertre, quand le terrain s'y prêtait, et quand le sol était plat on dressait une estrade sur laquelle il se plaçait pour fairo sa harangue. Les auteurs ancions font tous mention de cet usage et les monuments montrent plusieurs représentations qui s'y rattachent. CVst ainsi que sur la colonne Antontne on ;oît 1 empereur en train de faire une allocution. Il tient en

LES ARHËES ROMAINES. 397

main la lance et, recouvert de sod manteau de campagne, il paris à ses soldats placés au bas de son estrade (fig. 355).

Organisation de l'armée. — L'armée romaine a été dés l'origioe divisée en légions, mais le nombre des soldats qui composaient une légion a varié suivant les temps. Le nombre des légions a naturellement suivi la même progression que la puissance militaire de Rome. Malheureusement tout ce qui concerne Romulus et les premiers rois de Rome ressemble tellement à la légende, qu'il est impossible de rien aCTirmer sur ces époques reculées; on ne peut consulter à cet égard que la tradition. D'après les récits les plus accrédités il n'y aurait eu d'abord à Rome qu'une seule légion composée de trois mille hommes. Après la réunion des Sablns, Rome aurait eu trois légions, comprenant chacune trois mille hommes d'infanterie.

On raconte que Romulus, lorsqu'il conduisit sa troupe de pasteurs et d'aventuriers, leur donna pour signe de ralliement une botte de foin portée au haut d'une pique. Cet insigne servait pour une compagnie de cent hommes, commandés par un centurion, qui avait sous ses ordres dis décurions, faisant les fonctions de sous-olTiciers : la compagnie ainsi formée prenait le nom de manipule, à cause de sa botte de foin {fœni manipulus). En réunissant dix manipules, on avait un corps de mille hommes, commandés par un tribun ; il y avait ainsi trois tribuns dans la légion de trois mille hommes.

Pour la cavalerie, on prenait un homme sur dix fantassins. Chaque légion avait ainsi trois compagnies équestres. Au reste, les écrivains anciens n'ont rapporté que des traditions assez vagues sur cette période.

La légion comprit quatre mille hommes environ, à partir de Servius Tullius; ce nombre fut élevé à cinq mille après la bataille de Cannes, et Marius le porta h six mille hommes, nombre qui a toujours été maintenu sous l'empire. Ainsi constituée, la légion comprenait dix cohortes de six cents hommes; chaque cohorte se divisait en trois mon*-

- Aigle da U Mgion.

gU LA GUERRE.

pttfcï de deux ceiite hommes, chaque manipule eo deux centuries, chaque centurie en dix décuries.

Le nombre des légions s'est augmenté avec la puissance romaine. Sous l'empire elles étaient ainsi distribuées : trois en Bretagne, seize sur les frontières du Rhin et du Danube, huit sur l'Euphrate, trois en l^pte, en Afrique et eu Espagne. Mais ce nombre a varié et les légions out souvent été employées à l'intérieur dans les discordes civiles.

L'étendard de la légion était primitivement un loup, en souvenir de Romulus. Sous Marius, on adopta un aigle d'ai^cnl, tenant le foudre

dans ses serres. L'aigle de la légion csl représenté sur la figure 356. Au reste, il n'a pas toujours eu la même forme. Ainsi la figure 357, tirée de la colonne Trajanc, nous montre un ai^^le posé sur un support en forme de chapiteau ; c'est la troisième enseigne en partant du cùté droit. Le porte-enseigne qui tenait l'aigle de la légion s'appelait aquitifer. Les trois étendards que l'on voit à gauche, très-rapprochés l'un de l'autre, sont ceux des cokorles. Ils sont pourvus d'une couronne murale qui n'existe pas dans la figure 358, mais dans celle-ci l'étendard est dans les matna de l'officier qui le porte. On y distingue deux médaillons représentant les empereurs Nerva et Trajan. Entre les médaillons est une petite plaque indiquant le numéro de la cohorte. Au-dessus des médailloos, l'aigle, entouré d'une couronne et fixé sur

une barre ornée de rubans, est surmonté d'une plaque carrée sur laquelle est le dieu protecteur de la cohorte. Ce porte-enseigne a la (été coiiïûe d'une peau de béte : son vêtement consiste en une tunique et un pourpoint à bordures'dentelécs, 11 porte sod épée suspendue à la hanche droite.

La figure 359 montre un porte-enseigne de cohorte vu de dos On y voit très-bien comment la peau de bôtc qui lui couvre la tête se lie autour du cou par les pattes et retombe ensuite jusqu'aux reins.

Le dragon est devenu, à partir de Trajan l'enseigne des cohorles. C eiail une sorte de dra peau militaire qui afTcciait la Terme d'un serpent ou pliitût d'un dragon dont la gueule d argent était entr'ouverte, tandis que le resie du corps était formé de peaux vides ou d'étoffes pemtes Le vent entrait dans la gueule du dragon et s'engouffrait dans les étoiïcs ou les peaux qu il agitait en tous sens. Des emblèmes du même genre sont employés de nos jours par les Chinois et les Japonais. Ceux dont se servaient les Romains étaient empruntés aux barbares et le dragon était en quelque sorte le drapeau caractéristique de ceux que Trajan a combattus Sur la colonne Trajanc on voit un chariot couvert de ces enseignes conquises sur l'ennemi (fig 360)

L'étendard des manipules est tout différent Le mot manipule vient de la petite botte de fom que les premiers Romains portaient au haut d'une perche et qui leur servait d'enseigne. Plus tard, le manipule, qui formait, comme nous l'aveas dit, la troisième partie d'une cohorte, eut pour étendard une succession de patères superposées et surmontées d'une couronne encadrant une main. Les figures 361 h 363 montrent les trois étendards les plus employés dans les armées romaines.

La figure 364, tirée de la colonne Antonine, est un porte-enseigne : l'élcndard qu'il porte est celui de la cavalerie. Son casque est pourvu d'une aigrette, ce qui semble indiquer un prétorien. La figure 365, tirée également de la colonne Antonine, représente un porte-enseigne à cheval : ce n'est pas un Romain, mais un auxiliaire germain, comme son costume I indique.

L'éteodard de la cavalerie {vexillvm) étoil une pièce d'étoffe carrée attachée par le haut & une traverse horizontale. C'était l'enseigne spéciale de la cavalerie romaioe, mais elle fut plus tard employée pour les troupes auitliaires. La figure 366 montre le manche et la traverse de cet étendard, dont l'étoffe était frangée par le bas.

Les soldats romains se ralliaient au son duhuccîn, grande trompette recourbée que l'on voit sur un assez grand nombre de monuments et dont le son strident devait ressembler un peu à celui de notre cor de chasse. Le joueur de buccin, caractérisé par sa coiffure en tête d'ours, marchait derrière l'olScicr, comme le montre la figure 367, d'après un bas-relief de la colonne Trajane. Le huccin s'employait également dans la cavalerie. La figure 368, d'après un basrelief de l'arc de Constantin, montre une charge de cavalerie au son du buccin.

La légion romaine constituait un corps complet renfermant toutes les armes : les troupes légères ou vélites combattaient en avant du front. Ensuite venaient successivement les haslaires, qui formaient la première ligne, les princes qui formaient la seconde, et les iriaires qui formaient la troisième. Les Iriaires élaienl composés de vieux soldats d'élite formant

un corps de réserve; quand les deux premières lignes étaient renversées, ils ramenaient souvent la vicioiie par leur inébranlable discipline.

Les hastaires'et les princes se disposaient en pelotons ayant entre eux une distance égale à l'étendue de leur front : mais il y avait une distance double entre les pelotons des triaires, afin que quand les pelotons des premières lignes étaient renversés ou bousculés, les hommes qui les composaient pussent reformer aussitôt leurs rangs entre ces soldats aguerris et incapables de faiblesse. La cavalerie se

pig. aei.

Étendard da caTalerie.

Fig. 362.

Étendard de cohorte.

Fig. 303.

Étendard de manipula.

plaçait habituellement sur les ailes; généralement elle se disposait en petits carrés de huit hommes de front sur autant en profondeur.

D'après ce qui précède on peut se faire une idée du choc d'une légion romaine. Les troupes légères commençaient en faisant voler une nuée de traits et aussitôt après elles s écoulaient rapidement entre les pelotons de Tinfanterie. Les trois lignes s'avançaient aussitôt au son des instruments et en accélérant le mouvement. Arrivés à vingt pas de Tennemî, les hastaires lançaient le pilum, et se précipitaient en avant 1 epée à la main. S'ils ne réussissaient pas à rompre au pre-

an

LA GUERRB.

mier choc les rangs ennemis, ils se repliaient derrière les princes qui recommençaient la mfime manœuvre. Les (riaires arrivaient ensuite et quand ils combattaient, les corps qui avaient donné le pretoier choc se trouvaient reformés en arrière. De cette façon l'ennemi était déjà fort ébranlé, lorsqu'il recevait )e choc des triaires.

« Les bastaires, dit Polybe, plus avancés en âge que les vélitcs, ont ordre de porter l'armure complète, c'est-à-dire un bouclier convexe, large de deux pieds et demi et long de quatre pieds. 11 est fait de deux planches collées l'une sur l'autre avec de la gélatine de taureau et couvertes en dehors, premièrement d'un linge, et par dessus d'un cuir de veau. Les bords de ce bouclier en haut et en bas sont garnis de fer pour recevoir les coups de taille, et pour empêcher qu'il ne se pourrisse contre terre. La partie convexe est encore couverte d'une plaque de fer, pour parer les coups violents, comme ceux des pierres, des sarisses et de tout antre trait envoyé avec une grande force. L'épée est une autre arme des hastaires, qui la portent sur la cuisse droite et l'appellent Pi j^ l'ibérique. Elle frappe d'estoc et de taille,

suij.t ogriMincicDe. parcB quB la lame en est forte. Ils portent outre cela deux javclois, un casque d'airain et des bottines. De ces javelots, les uns sont gros, les autres minces : les plus fons sont ronds ou carrés-, les ronds ont quatre doigts de diamètre, et les carrés ont le diamètre d'un de leurs côléss les minces ressemblent assez aux traits que les hastaires sont encore obligés dû porter. La hampe de tous ces javelots, tant gros que minces, est à peu près do trois coudées; le fer, en forme de hameçon, qui y est allaclié est de la même longueur que la hampe. Il avance jusqu'au milii^u du bois et y est si bien cloué, qu'il ne peut s'en détacher sans KO rompre, quoiqu'en bas et à l'endroit où il est joint avec le bois, il ni( un doi^t et demi d'épaisseur. Sur leur casque, ils portent encore un lutnacho rouge ou noir formé de trois plumes droites, et hautes d'une wudéo, rc qui, joint à leurs autres armes, les fait paraître une fois pluit haut et leur donne un air grand et formidable. Les moindres soldat!* jiortcnt outre cela sur la poitrine une lame d'airain, qui a douze doigts du tous les c&tés et qu'ils appellent le pectoral : c'est ainsi qu'ils

LES ABHÉBS ROMAINES.

complètent leur armure. Mais ceux qui sont riches de plus de dix mille drachmes, au lieu de ce plastron, portent une cotte de mailles. Les princes et les triaires sont armés de la même manière, excepté qu'au lieu de javelots ils ont des demi-javelots.

H Les vélites sont armés d'une épée, d'un javelot et d'une panne, espèce de bouclier fort et assez grand pour mettre un homme à couvert, car il est de ligure ronde et il a trois pieds de diamètre. Us ont

aussi sur la tète un casque sans crinière, qui cependant est quelquefois couvert de la peau d'un loup on de quelque autre animal, tant pour les protéger que pour les distinguer, et faire reconnaître à leurs chefs ceux qui se sont signalés dans les combats. Leur javelot est un espèce de dard, dont le bois a ordinairement deux coudées de long et un doigt de grosseur. La pointe est longue d'une grande palme, et si effilée qu'au premier coup elle se fausse, de sof tt: que les ennemis ne peuvent la renvoyer. C'est ce qui la distingue des autres traits. »

A CCS troupes Itères se joignaient quelquefois les accensi, soldats

auxiliaires qui étaient généralement assez mal armés, et que pour cette raison on reléguait plus souvent au dernier rang. La figure 369, tirée de la colonne Trajane, montre un de ces soldats auxiliaires qui tient dans les plis de sa tunique des balles de terre cuite, en môme temps qu'il se sert de la fronde avec la main droite.

Tite-Live nous montre l'emploi de ces différentes troupes dans le récit suivant : « Cette bataille, dit Tite-Live, eut toutes les apparences

d'une guerre civile, tant la ressemblance était parfaite entre Tarmée romaine et l'armée latine. Les Romains s'étaient servis auparavant du bouclier; depuis qu'on eut établi une solde ils y substituèrent Técu; et au lieu que leur ordre de bataille était le môme d'abord que celui de la phalange macédonienne, ils admirent depuis la division par manipules; le manipule ensuite était subdivisé en plusieurs compagnies, dont chacune était composée de soixantedeux soldats, d'un centurion et d'un portedrapeau. Sur le champ de bataille, la première ligne était formée par les hastaires, composant dix manipules, laissant entre eux un petit intervalle. Dans chacun de ces manipules d'hastaires il y avait vingt hommes de troupes légères; le reste était la grosse infanterie armée de l'écu. Les troupes légères avaient pour toutes armes une haste et quelques dards gaulois. C'était dans ce corps de hastaires, qui formaient toujours le front de la bataille, que Ton plaçait cette première fleur de la jeunesse romaine, tous ceux qui entraient dans la puberté militaire. Derrière les hastaires venaient en seconde ligne ceux qu'on appelait les princes, d'un âge plus robuste, partagés également en dixMnanipules, ayant tous l'écu et se faisant remarquer par la beauté de leurs armes : ces deux lignes d'hastaires et de princes s'appelaient les antepilanU parce qu'en effet ils étaient en avant d'un troisième corps, celui des triaires, composé de dix manipules aussi, mais chaque manipule de trois compagnies dont la première se nommait pilani. Chacun de ces manipules comprenait, sous trois drapeaux, cent quatre-vingt-six hommes. Sous le premier drapeau marchaient

Fig. 366.

Manche du vexillum

les triaîres, vieux soldats d'une valeur éprouvée; sous le second, les roraires, d'un âge moina avancé, ayant le moins de belles actions; et 9DUS le troisième, enfin, les accensi, auxquels on avait le moins de conlianco et qui, pour celte raison, étaient rcjetés sur les derriôres de rarniéc, à l'extrémité de la ligne. Toutes les parties des légions qui composaient l'armée étaient rangées dans cet ordre ; c'étaient toujours les haataires qui, les premiers, engageaient raclion. S'ils ne pouvaient sullire à enfoncer l'entienii, ils se retiraient â petits pas dans la ligne

des princes, qui, après avoir ouvert leurs rangs pour ics y recevoir, [Ti^naient immédiatement leur place; et alors les princes formaient la tûle de la bataille; les hastaires n'étaient plus qu'en seconde ligne. Pendant ce temps, les Iriaircs restaient sons leurs drapeaux, un genou en terre, la jambe gauche étendue en avant, leurs ècus sur l'épaule, leur javeline enfoncée en terre, dont ils tenaient la pointe presque droite; et, dans cetétat, ils présentaient l'aspect d'une armée retranchée derrière une haie de palissades. Si les princes ne réussissaient point encore dans leur attaque, ils reculaient insensiblement de la première ligne sur les triaires; et de là ce proverbe si usité, i/u'on en vient atix IriairrSj

SM l'A GIIERnB.

lorsqu'on éprouve une criso alarmante. Les triairea se remettant sur pied, après avoir ouvert leurs rangs pour laisser passer les princes et les hastaires, les resserraient aussitôt comme pour fermer tous les passages; et, formant une ligne pressée et continue, ils tombaient sur l'ennemi. Ce corps battu, il n'y avait plus d'espoir; nuis il manquait rarement d'imprimer une grande terreur à l'ennemi, qui, au moment oil il croyait n'avoir que des vaincus à poursuivre, voyait se lever tout à coup une ligne de bataille, composée de troupes fraîches, plus forte

^^^pH

i^^pI^^

Is^^^ki

Myjf^^^

^irçiafl.

is^jtl

Mk^

Page 1