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mythes étaient demeurésàrétat flottant, et les dieux se partageaient le pays comme autant de princes féodaux. L'adoration de Baal, le maître et le seigneur suprême, et de sa compagne Astarté, impliquait la croyance primitive au dieu unique, de môme que l'adoration de Tammouz et de Baalit, de Mama et de Derketo, d'Hadar et d'Atagarth. La multiplicité des Baalem secondaires ne prouve pas plus contre cette unité primor-
U subdivision du dieu égyptien en ces puissances divinisées;
ta Phénicie et en Syrie, cette répartition de la puissance
plus géographique et politique que philosophique. Ce sont
tttributB divins que les sanctuaires locaux qui ont donné nais-
^H^^leox secondaires, Baais éponymcs des principales villes.
^ll^4fjr,kSidon, à Tarse, devient Baai-Tsour, BaaI-Sidon, Baal-
^MMt^ il peut recevoir un nom particulier qui achève de
du vulgaire son caractère primitir, mais qui ne
sabsister la notion confuse de l'unité primordiale;
c'est ce qu'une inscription nous démontre en deux mots. Melquarth, le grand dieu de Tyr, dont le culte avait éié porté au loin par les colonies tyriennes, n'était autre que le Baal de la métropole : « Au dieu Melquarlti, Baal de Tyr. » L'hommage aux dieux se rendait sur tes hauts lieux et dans les bocages sacrés. Il admettait des pratiques licencieuses et barbares dont la seule idée faisait horreur aux prophètes d'Israël.
Flg, 50Î.
(SUtuctlea Iroutèu daai U Cj^éDalqns.)
Moloch exigeait des sacrifices humains et voulait qu'on brCIIàt des enfants devant lui. Astarté, à la fois guerrière et voluptueuse, avait pour prêtresses des courtisanes sacrées, d
A défaut d'écrivains phéniciens, nous sommes bien obligés de nous en référer aux historiens grecs et latins, qui s'élèvent contre les atrocitésdu culte phénicien, te! qu'il avait été importé à Carthage. Il y avait dans cette ville une statue colossale de BaaI-Hamon, .placée devant lo temple de ce dieu. « Elle était de bronze, dit Diodore do Sicile, avec les bra^j étendus eu avant et abaissés ; ses mains, dont la paume était en
dessus, étaient incliDées vers la terre, afin que les eofants qa^on y pla- Çait tombasseot immédiatemeat daos un gouffre pleio de feu. »
Les monuments nous font complètement défaut pour les cultes phéniciens. On a retrouvé dans la Cyréoalque quelques statuettes en teire cuite qui représentent des prétresses (llg. 500 à 503). Ces figurines poncnt un costume dont la plus grande partie est grecque, mais où l'élément oriental est assez accentué ; et il est probable que le culte auquel il se rattachait était un mélange de rites asiatiques et de traditions grecques. On sait, en effet, que cette conirée, habitée par des populations d'origines très-diverses, avait adopté le culte des Grecs, mais en gardant toujours une forte empreinte des religions primitives de l'Asie. Toute la côte de l'Afrique septentrionale avait reçu, à différentes époques, des colonies phéni
Les Assthiens. — Une sorte de panthéisme ou adoration de la nature personnifiée paraît être le fond du culte assyrien. On y trouve.
exprimé d'une manière vague, le principe de l'unité divine, mais le dieu suprême se dédouble dans ses qualités, qui, cd se pcrsonnillant, prennent l'apparence de divinités spéciales. La grande divinité des As.syricns paraît avoir été celle que les inscriptions nomment Assour, et qui semble personnifier la nation elle-même.
Comme les dieux de ces contrées ont toujours un caractère prolecteur du roi ou de la nation avec laquelle ils sont en quelque sorte iden-
ti&és, ils sont exposés eo temps de guerre à toutes les péripéties de la fortune. Si le roi qu'ils protègent est viciorieui, il amène comme captifs lesdieux du peuple ennemi et les humilie devant eux. S'il est vaincu, ils partagent le sort de ceux qu'ils n'ont pas su défendre. Leurs images sont brisées ou emmenées en captivité. Ëcoulez un roi d'Assyrie entrant
viclorieux dans la ville de Suse : n Par la volonté d'Assour et d'Istar, je suis entré dans ses palaii et je m'y suis reposé avec orgueil... J'ai enlevé Sousinak, le dieu qui habite dans les forets, et dont personne n'a
(D'apièi un bis-ielicf uiyricn.)
encore vu la divine image, et les dieux Soumoudou,Lagamar, etc., dont les rois du pays d'Élam adoraient la divinité. J'ai enlevé tous ces dieux et toutes ces déesses avec leurs richesses, leurs irésors, leurs pompeux appareils, leurs prêtres et leurs adorateurs, j'ai tout transporté au pays d'Assour. »
La Bible semble nous donner elle-même l'explication d'un basrelief assyrien du Musée britannique, dont le sujet se rattache à une cérémonie qui avait Heu à Ninivc aussi bien qu'à Babylone. n Vous
verreï à Babylooe, dit Baruch, Ica dieux d'or et d'argent, que l'on porte sur les épaules et qui se font craindre par les nations (%. 50Ii).
« On emploie l'or pour ces dieux, continue le prophète, comme on le fait pour une jeune fille qui aime la parure. On met sur leur tâte des couronnes d'or, mais il arrive quelquefois que les prêtres de ces dieux leur dérobent l'or et l'argent et s'en servent pour eux-mêmes. Ils le donnent à des femmes impudiques, et après que ces mêmes femmes le leur ont rendu, ils en parent encore leurs dieux; ils couvrent d'habits ces dieux d'argent, d'or, de bois, comme on en revêt des hommes.
a L'un de ces dieux porte un sceptre, comme un homme qui a le
gouvernement d'une province. L'autre a une épée ou une hache à la main, mais il ne peut s'en servir que pour se défendre contre les voleurs.
« Ils allument devant eux des lampes, et en plus grand nombre que pour eux-mêmes; mais ces dieux n'en peuvent avoir aucune, et ils sont comme des poutres dans une maison, n
Les grandes figures ailées, qui dans l'Orient décoraient les temples elles palais, étaient les crablùraes des dieux protecteurs, et ils avaient dans chaque contrée un rôle en quelque sorte national. Aussi, bien que ces emblèmes fussent les mêmes pour des peuples dilfcrenls, ils étaient voués en temps de guerre aune destruction certaine, u J'ai brisé les
lions ailés et les taureaux qui veillaient à la porte des temples, dit un roi d'Assyrie, entrant dans la Susiane. J'ai renversé les taureaux ailés usés aux portes des palais du pays d'Élam et qui, jusqu'alors, n'avaient pas été touchés, je les ai jetés bas. »
Do nombreux bas-reliefs assyriens nous montrent des sacrifices religieux dans lesquels le roi semble toujours accomplir le rdle de grand pontife. Tantôt, le roi placé en avant de la victime qu'on amène semble
invoquer la divinité (fig. 505), tantôt il verse lui-même la libation sacrée prës des lions qu'il a tués à la chasse (fîg. 506). Malheureusement les écrivains anciens ne nous fournissent aucun renseignement sur les pratiques religieuses des Assyriens, en sorte que les monuments se présentent toujours à nos yeux dans un caractère un peu énigmatique. Us se rapportent tous au roi et à son entourage immédiat, jamais à la population.
Un fait assez curieux, c'est que les eunuques apparaissent dans les représentations qui se rapportent au cuUe, aussi bien que dans celles qui ont trait à la guerre. Voici, par exemple, sur la figure 507, un eunuque portant le chasse-mouche royal dans la main droite et tenant avec la gauche une coupe destinée aux libations sacrées. La figure 508 montre le monarque enlouré de sa cour. Un eunuque tient le parasol au-dessus de sa tête. En face de lui est un autre eunuque agitant le chasse-mouche, et un grand officier de la couronne portant, comme le roi lui-même, une longue barbe et les cheveux bouclés. 11 est probable
que le roi est en train d'accomplir un sacrifice, car il tient en main la coupe des libations et on voit près de lui un bœuf couché.
Un bas-relief assyrien du Louvre nous montre un prêtre faisant une invocation. Il porte la barbe et les cheveux frisés à plusieurs rangs. La tunique, ornée de galons et de glands, est en partie cachée sous une robe qui passe sur Tépaulc gauche en laissant la droite découverte et s'ouvre par devant. Il lève la main droite en signe d'invocation et laisse pendre de la main gauche une tige de pavot à trois capsules. En face de lui est une plante dont la tige porte des rameaux en fleur et dont la base est garnie de larges feuilles.
Les Perses. — Le culte des anciens Perses paraît fondé sur le dualisme, Ormuzd, qui est dans Tordre physique la lumière et dans l'ordre moral le principe du bien, est en antagonisme perpétuel avec Ahriman^ qui représente à la fois les ténèbres et le princij)e du mal. « Les Perses, dit Plutarque dans son traité d'Isis et d'Osiris, débitent beaucoup de fables sur les dieux. En voici une entre autres. Ormuzd, né de la plus plus pure lumière, etAhrlman, ni des ténèbres, sont en guerre Fun contre Tautre. Ormuzd a produit six dieux, dont le premier est celui de la bienveillance, le deuxième celui de la vérité, le troisième delà légalité, le quatrième de la sagesse, le cinquième de la richesse, enfin le sixième est le dieu qui a le privilège de créer les jouissances attachées aux bonnes actions. Ahriman en a produit un nombre égal, comme destinés 5 être leurs antagonistes. Ensuite, Ormuzd, s'étant donné à luimôme un accroissement triple, est allé se mettre à une distance aussi grande du soleil que celle qui sépare cet astre de la terre, et il a orné le ciel de constellations ; mais il a donné à Tune d'elles la prééminence sur toutes les autres, la constituant comme leur gardienne et leur inspectrice : c'est Sirius. Il a fait encore vingt-quaire autres dieux, et il les a placés dans un œuf. Mais ceux qu* Ahriman créa à son tour, et qui étaient pareillement au nombre de vingt-quatre, percèrent l'œuf : par suite de quoi s'opéra le mélange des maux avec les biens. Un jour viendra, et il est déterminé, où Ahriman, introduisant la peste et la famine, périra entièrement de toute nécessité et disparaîtra par suite du ravage que ces fléaux exerceront. La terre ne sera plus qu'une vaste surface plane; il n'y aura plus qu'une seule vie, qu'une seule forme de gouvernement ; tous les hommes jouiront d'un bonheur parfait et parleront la môme langue, o
On ne connaît aucun monument représentant d'une manière cer-
taine la configuration d'Ormuzd et d'Ahriman, ce qui n'est pas bien étonnant, si, comme le dit Hérodote, les Perses n'élevaient pas de sta-^ tues à leurs divinités. Mais comme toutes les créatures mauvaises, œuvres d'Ahriman, sont les antagonistes et les ennemis irréconciliables des créatures bonnes qui sont l'œuvre d'Ormuzd.on explique par cette lutte les combats d'animaux qui sont représentés sur quelques ba»reliefo de l'ancienne Perse (fig. 509).
Il Les Perses, dit Hérodote, observent les usages suivants.lla n'érigent ni statues, ni temples, ni autels ; ils traitent d'insensés ceux qui
Fig. S09. — iVnimatu lymboliquBi.
t'apiùs UD bii-Tcliet ds Panépolis.)
en élèvent, parce que, selon moi, ils ne croient point.comme les Grecs, que les dieux participent de la nature humaine. Ils ont coutume de faire des sacrifices à Jupiter] sur la cime des monts, et ils appellent Jupiter le cercle entier du ciel. Ils sacrifient encore au soleil, à la lune,
à la terre, au feu, à l'eau et aux vents Voici comment ils sacrifient
à ces divinités : ils n'ont point d'autels, ils n'allument point de feux, ils ne font point usage ni de libations, ni de dûtes, ni de bandelettes, ni d'orge sacrée. Celui qui veut offrir un sacrifice conduit la victime en un lieu pur, oîi il invoque la divinité, presque toujours couronnée d'une tiare de myrtes. Mais il ne lui est point permis de demander des faveurs pour lui seul. Il prie pour la prospérité des Perses et du
roij car il fait lui-même partie de l'universalité des Perses. Lorsqu'il a fait bouillir, coupées par morceaux, lea chairs de la victime, il les dépose sur une couche d'herbes très fines, particulièrement de trèfles. Alors, un mage {sans mage pas de sacrifice) approche et chante la théogonie, réputée chez eux le charme le plus efficace; celui qui a sacrifié demeure là quelque temps, puis il emporte les chairs et en use à son gré. u
Le sacerdoce avait une très grande importance en Perse, u Les Touraniens de la Médie, dît M. Mas-
Pig. SIO. — Keien
d'une moDuifl da Bapoi. pero, avaient une caste dont les membres tenaient
leur office par droit d'hérédité; ces prêtres, qu'on
appelait mages, s'imposèrent aux vainqueurs et devinrent une des six
tHbus constituantes de la nation. Ils infectèrent les Arjens de leurs pratiques superstitieuses, développèrent le culte du feu et des corps célestes et se posèrent en intermédiaires nécessaires entre l'homaie et
Dieu. On ne pouvait offrir le sacriOce ou faire acte de religion en leur absence. Vêtus de longues robes blanches, coiffés de hautes tiares, les mains chargées du faisceau sacré de tamurisc, sans lequel on ne pouvait rien faire, ils se rendaient en procession aux autels, préparaient la victime, versaient les libations et chantaient sur l'offrande les formules mystérieuses qui lui donnaient toute sa vertu. »
Le culte du feu paraît avoir existé de tout temps chez les peuples qui habitent la Perse. Une médaille de Sapor {fi^, 510) montre un autel chargé de la flamme sacrée, qui est la forme visible d'Ormuzd.
Le premier ministre d'Ormuzd et son agent le plus actif était Mithra, qui, à Tépoque où les cultes orientaux firent irruption dans l'empire romain, fut considéré comme une divinité solaire. Son culte, bien qu'il soit originaire de la Perse, s'est sensiblement modifié en Occident, et nos collections renferment de nombreux monuments qui s'y rattachent. Ils expriment tous le même symbolisme obscur et ne remontent en général pas plus loin que le iir ou le iv» siècle de notre ère.
La figure 511 représente un de ces monuments qui fait partie des collections du Louvre et qui est un des plus complets que Ton connaisse. Le minisire d'Ormuzd frappe de son poignard le taureau Aboudad, dont le sang doit produire les animaux et les plantes utiles ; ce qu'on explique en disant que, pour rendre la terre féconde, le soleil la perce de ses rayons. Un chien, qui exprime les chaleurs de la canicule, s'élance pour lécher le sang qui s'écoule de la blessure. Mais un serpent, image d'Ahriman, est couché traîtreusement sous le taureau ; il symbolise la fin de l'été qui va mourir pour faire place à l'hiver. Les deux crépuscules sont représentés par deux jeunes Phrygiens tenant chacun un flambeau. Au-dessus de la grotte où a lieu l'immolation, on voit le soleil et la lune sur leurs chars.
Le culte de Mithra, comme tous les cultes orientaux qui ont envahi l'Occident pendant l'empire romain, était mêlé d'une foule de pratiques et de superstitions bizarres, dont l'explication n'est pas encore bien déterminée.
Les Phrygiens. — La grande divinité des Phrygiens était Cybèle, personnification de la terre féconde, qui fut plus tard identifiée avec Rhéa, et honorée sous le titre de mère des dieux. Le centre de son culte était à Pessinonte, mais il était très-populaire dans l'Asie Mineure,
486 IHSTITDTIOKS RELIGIEUSES.
et c'est de là qu'il est parti pour se répandre ec Grèce et ensuite à Rome.
La légende de Cybële a un caraclôre oriental très-prononcé. Au fond des forôts vivait Atys, jeuue berger phrygien remarquable par sa beauté. Il s'attacha à la déesse et promit de se vouer entièrement à elle. Mais il oublia ses serments en voyant la fille du fleuve Saogarus.
Dans sa passion jalouse, Cybèle le frappa de vertige, et Atys se mutila lui-même pour n'être plus exposé à mentir à la foi jurée. Les prêtres de Cybèle se mutilaient également en l'honneur de la déesse, et en souvenir d'Atys qui leur en avait donné l'exemple. Ils étaient couronnés de pins, parce que Cybèle, touchée des souiïrances d'Atys, l'avait métamorphosé en cet arbre ; ils agitaient des branches en poussant des hurlements et parcouraient les campagnes en demandant l'aumône et en montrant l'image de la mère des dieux.
N09 figures 512 et 513 représentent Atys, que le culte phrygien associa toujours h Cybiile. La première est un petit bronze du Louvre. « Soa costume extraordinaire, ni grec, ni romain, dit Clarac, le désigne assez pour un personnage dont le culte mythologique fut apporté de l'Asie en Grèce et en Italie. On y retrouve ces anaxyrides, ou grands pantalons des peuples de l'Orient, que l'on voit à des statues de princes ou de soldats barbares et aux amazones. Mais ici l'ajustement en est tout particulier, par les boutons qui, de chaque côté, en réunissent, comme par des crevés, les deux parties sur le devant de la cuisse et
Fig. 511. — Archig»Ue,
de la jambe. On voit aussi que les parties supérieure et inférieure de l'habillement n'en font qu'une et que les longues manches y tiennent. Ce vêtement s'ouvre d'une manière bizarre sur le milieu du corps, qu'il laisse à découvert. La chaussure fixée est haute comme dans la plupart des figures orientales. Par la manière dont s'enfie le vôlcment de cet Atys, et par ses mains élevées vers le ciel, il semble qu'il tourne sur lui-même et que la rapidité de son mouvement agite le vêtement, ce qui faisait partie des actes frénétiques d'adoration des prêtres de Cybèle. » C'est en effet dans le culte phrygien de la mère des dieux qu'il faut chercher l'origine d'une pratique dont l'usage s'est perpétué parmi les derviches tourneurs de lOrient.
Le costume d'Atys présente dans la figure 513 quelques différences avec la précédente. La principale est celle des anaxyrides sans ouvertures et sans boutons ; le haut du vêtement, arrêté sur la poitrine par une grande agrafe carrée, découvre moins le corps.
Les prêtres de Cybèle portaient le nom de galles et leur chef était Tarchigalle. Un bas-relief du musée Capilolin (fig. 514) montre un archigalle, dont la tête est ceinte d'une couronne d'oliviers, à laquelle sont attachées trois médailles, une de Jupiter Idéen et deux d'Âtys. Une image d'Atys coiffé de la mitre est accrochée sur sa poitrine. La tête de Tarchigalle est couverte d'un voile formé avec son manteau, et ses oreilles sont parées de perles. Un serpent à deux têtes, dont chacune tient une pierre précieuse, forme son collier. Dans sa main droite, il tient trois rameaux d'olivier, et dans la gauche un vase cannelé contenant des fruits, des pommes, des poires, un cône de pin, Tarbre consacré à Atys, et des amandes qui furent produites par son sang. Il en sort un fouet, composé de trois rangées d'osselets enfilés. C'est avec ce fouet que les prêtres de Cybèle se flagellaient. Sur la muraille on voit d'un côté des cymbales, de l'autre un tambour, une flûte droite, une flûte recourbée et un ciste mystique.
Les titans. — L'olympe. — Les dieux du ciel.
Les dieux de la terre. — Les dieux des eaux. — Les dieux du feu.
Les dieux des enfers. —Les héros. — Les dieux domestiques.
Les Titans. — « On a supposé, dit M. Louis Ménard dans le Polythéisme hellénique^ qu'à une époque indéterminée, mais antérieure aux temps historiques, une transformation s'était produite dans la religion des Grecs ; le culte hellénique des Olympiens aurait remplacé le
culte pélasgique des Titans, Héphaistos aurait succédé à Prométhée, Apollon à Hypérion, Zeus à Kronos. Il y a autant de raisons pour rejeter cette conjecture que pour Tadmettre. Rien n'établit l'antériorité historique des Titans sur les dieux olympiens; les uns comme les autres ont leurs analogues dans la religion védique. »
Ce qui rend cette question extrêmement complexe, c'est que, d'une part, Homère, le chantre des dieux olympiens, est antérieur, chronologiquement, à Hésiode, le chantre des Titans, et que, d'autre part, la mythologie d'Hésiode a un caractère beaucoup plus barbare et plus primitif que celle d'Homère. Il y a là des traditions différentes, mais le culte des Titans s'est effacé peu à peu devant celui des dieux olympiens, sans toutefois disparaître complètement. Toutefois la différence de ces cultes nous apparaît sous une forme géographique plutôt quTiislorique. Homère, habitant des villes maritimes où la civilisation est assez avancée, nous montre un Olympe bien ordonné, quoique composé d'éléments très-divers : c'est ce qu'on pourrait appeler la mythologie des côtes et des îles. Ht^siode, au contraire, qui est un berger habitant l'intérieur des terres, nous rapporte les traditions conservées dans des contrées montagneuses, peu fréquentées par les voyageurs et moins avancées en civilisation. Deux raisons nous autorisent à parler d'abord des Titans : non-seulement ils sont dans la légende les ancêtres des dieux olympiens, mais leur culte ayant disparu plus vite a laissé moins de traces dans la fusion opérée par les Romains.
Il ne faut pas chercher dans les dieux de cette époque une généalogie bien nettement déterminée, car les autres mythologues ne sont pas toujours d'accord avec Hésiode. Après le Chaos, qui est antérieur à toutes choses, le Ciel (Ouranos) devint l'époux de la Terre et de leur union naquirent les Titans, dont les principaux sont le Temps (Kronos, plus tard confondu avec Saturne), Océan, le père des fleuves; Atlas, personnification des montagnes; Japet, lancêire du genre humain. Les Éclairs (Cycbpes) et les Tempêtes (Hécatonchires), également nés du Ciel, apparaissent un moment, puis disparaissent sans qu'on sache où ils sont passés. C'est que le Ciel, quand il lui naît des enfants de cette espèce, les replonge aussitôt dans le sein de la Terre, leur mère. Celle-ci pourtant, irritée de ce procédé, engagea les Titans à se révolter contre leur père : le Temps (Kronos) se mit à leur têteet, armé d'une sorte de faucille, appelée Aarpè, que lui avait remise sa mère, il blessa grièvement son père et le réduisit à l'impuissance. Le sang qui, de la plaie céleste, tomba sur la terre, en fit sortir les Érinnyes