‹ La Vie privée des anciens v. 4 1883Chapitre 3 sur 30 · L'ENSEIGNEMENT · texte numérisé non relu

L'ENSEIGNEMENT

çaot des fonctions diverses, entre autres des sortes d'huissiers portant une baguette et chargés de veiller au bon ordre et à ia régularité des exercices. N V avait aussi des g^'moastes chargés d'exercer les jeunes athlètes, et d'autres préposés pour les frotter d'huile et veiller aux soins de leur corps.

Des récompenses étaient décernées aux jeunes gens qui, dons les luttes de la palestre ou dans divers exercices, avaient remporté le prix sur leurs camarades. Une coupe en terre cuite re[»résente dans le fond un jeune homme dont la tête est ceinte d'une couronne. Cette coupe a sans doute été donnée en prix dans un gymnase ; sur les champs lisses du médaillon, nous voyons représentés, d'un c6té le sac où l'on mettait la poudre dont on se couvrait après avoir frotté ses membres d'huile, de l'autre une lanière où pendent un strigile et un petit vase à parfums.

Sur les flancs extérieurs du vasâ on voit le jeune gardon debout entro deux personnages assis, qui sont probablement ses professeurs. Un des deux semble l'interri^er. Une lyre et d'autres instruments du gymnase sont figurés dans les espaces vides entre les personnages (fig. 1). a Bien que les palestres, dit Vilruve, ne soient pas en usage eu Italie, je ne laisserai pas de décrire ici comment elles doivent étro bâties et de quelle manière les Grecs ont coutume de les disposer. Dans les palestres il faut faire des péristyles carrés ou longs, qui aient deux stades de tour, qui est ce que les Grecs appellent diaulon. Trois des portiques do ce péristyle doivent être simples et le quatrième, q>ji regarde le midi, doit être double, afin que le vent ne puisse pousser la pluie jusqu'au fond. Lelongdes trois autresportiqucs, on bâtit de grandes salles, où sont disposés des bancs sur lesquels viennent s'asseoir les philosophes, les rhéteurs et les autres gens de lettres pour y discuter sur les sciences. Le longdu double portique, il doit y avoir les pièces suivantes: au milieu est liphèbie; c'est une salle spacieuse avec des sièges et qui

esc d'un tiers plus longue qu'elle n'est large; à sa droite sont le coriceum et le conisterium ; ensuite et près de là est le bain d'eau froide, que les Grecs appellent loulron; au câlé gauche de l'éphëbéeestrëlseothesium, proche duquel est la chambre froide d'oii l'on va par un passage au propnigevm, qui est dans le retour de l'autre portique. Tout proche de la chambre froide est l'étuve votltée pour faire suer; celte pièce doit être deux fois plus longue que large. Dans l'intérieur, sur le côté, se trouve le liKonicum et à ('opposite est le bain d'eau chaude. C'est ainsi

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que les péristyles de la palesire doivent être disposés. II y a de plus, en dehors, trois autres portiques, dans l'un desquels on entre en sortant du péristyle. Les deux autres sont à droite et à gauche, on peut s'y exercer comme dans le stade. Celui de ces portiques qui regarde le septentrion doit être double et fort large; l'autre sera simple, mais construit de telle sorte que le long du mur et le long des colonnes, il y aura comme des chemins élevés, larges de dix pieds, qui laisseront au milieu un autre cbemJn bas dans lequel on descendra par deux degrés, qui occuperont un pied et demi depuis le chemin haut jusqu'au chemin bas, qui n'aura pas moins de douze pieds. Par ce moyen, ceux

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qui se promèneront avec leurs vètetneols sur ces chemins hants ne seront point incommodés par ceux qui s'exercent dans le bas. Cette sorte de portique est appelée xysU par les Grecs, d'autant qu'il forme UD stade couvert où les athlètes peuvent s'exercer pendant l'hiver. Afin de bien établir ces ]x>sles, on fait entrer entre les deux portiques une plantation de platanes avec des allées, dans lesquelles on place d'espace en espace des sièges en maçonnerie. Le long du xysie couvert et du double portique, il faudra tracer des allées découvertes dans lesquelles les athlètes s'exercent en hiver quand il fait beau temps. Au delà de ce xysIe il faut bàlir uo stade assez ample pour contenir beaucoup do ^.noodequi puisse -voir à l'aise les exercices des athlètes. »

La figure 2 montre le plan d'un gymnase d'après la restitulioa qui a été faîte des ruines du g\mnase d'Éphèse. La figure 3 nous présente la façade d'un g^moase d'après une terre cuite.

On était admis au gvmnase dès l'âge de treize ans et jusqu'à dixsept ans on pouvait concourir aux exercices dans la classe des enfants, mais passé cet âge il fallait entrer en lutte avec les hommes. A Sparte, le pugilat desenfanis avait une extrême importance, et s'exer<;ait avec une ft-rocitê qu'on ne trouve point ailleurs en Grèce. Pausanias en donne un exemple dans son voyage en Laconie. a 11 y a, dit-il, un endroit qu'on nomme IHatanisU, à cause de la quantité de grands platanes dont il est rempli. Les jeunes Spartiates font leurs combats dans cette plaine qui est toute entourée de TEuripe; on dirait une

Ile au milieu de la mer. On y passe par deux ponts; à l'entrée de l'un il y a une statue d'Hercule et à l'entrée de l'autre un portrait de Lycurguc. GarLycurgue a fait des lois, non-seulement pour la république en général, mais aussi pour les exercices et les combats des jeunes

gens; aussi la jeunesse lacédémonienne a des usages particuliers

Le jour de la lutte, les jeunes gens, divisés en deux troupes, arrivent au rendez-vous, et au signal donné ils se ruent les uns sur les autres» se

battent à coups de poing, à coups de pied, se mordent de toute leur force et cherchent à s'arracher les yeux. Vous les voyez lutter à outrance, tantôt un contre un, tantôt par pelotons, et tantôt tous ensemble, chaque troupe faisant tous ses efforts pour faire reculer l'autre et la pousser dans l'eau qui est derrière. »

Les exercices athlétiques des enfants sont représentés sur plusieurs monuments. Deux statues du Vatican, de la même grandeur et toutes les deux en marbre de Carrare, montrent des enfants armés du ceste. Celui qui fait le rôle d'assaillant avance le pied droit et se prépare à porter un coup, l'autre au contraire se dispose à parer. Dans un petit bas-relief du Louvre, on voit deux enfants qui préludent aux exercices en essayant de se faire plier le poignet. Mais il faut citer surtout de charmants camées de la galerie de Florence, où Ton voit deux tout petits enfants s'avancer l'un contre l'autre, tandis que le gyra«asle placé derrière l'un d'eux leur fait ses instructions.

Mercure, qui est le dieu de l'éloquence en môme temps que le dieu des athlùtcs, était naturellement le patron des gymnases, dans lesquels les exercices de l'esprit marchaient concurremment avec ceux du corps. Aussi son image figurait habituellement dans tous les endroits^onsacrés à renseignement (fig. i).

La grammaire, l'arithmétique, la géométrie et l'histoire formaient les matières habituelles de l'enseignement élémentaire. Les méthodes qui paraissent avoir été employées pour l'enseignement de l'histoire méritent d'être rapportées.

L'histoire des temps héroïques de la Grèce a eu les poètes pour

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IS ■ 'm, ■.-... •ii,'i.';'"M- ; \/ Fig. 4. — Murcuro fioa^jouios.

L'ENSEIGNEMENT. Il

interprëles, et c'est d'après leurs récits qu'elle était enseignée aux enfants dans les écoles. Comme ces récits renfermaient toutes les traditions nationales et religieuses du pays, ils avaient aux yeux des Grecs une très-grande importance; pour en faciliter l'étude aux élèves, on mettait sous leurs jeux des séries de représentations, sous forme de petits bas-reliefs en stuc ou en terre cuite, reproduisant les principales scènes de l'hisioire qui devait être apprise, et des noms propres, gravés sous les personnages les plus importants, venaient en aide à la mémoire des enfants, qui récitaient sans doute en face de ces Images les passages qu'ils avaient appris par cœur. Un de ces bas-reliefs, retrouvé sur la voie Appieone, a reçu le nom de tcb's iliaque, parce qu'il représente les principaux événements de la guerre de Troie. Ce bas-relief, bien

que mutilé et incomplet, renferme un très-grand nombre de scènes historiques, ce qui permet de se rendre compte de la méthode employée pour l'enseignement de cette période historique.

Pour l'explication dos figures, nous suivrons celles qui ont été données par M. Guigniaut dans la Nouvelle Galerie mythologique.

Au centre de la figure 5, nous voyons le temple d'Apollon Sminthien : à gauche, Chrysès, suivi du bœuf qu'on amène pour le sacrilJce, invoque le dieu qui envoie la peste aux hommes. Son vœu est exaucé, car h droite du temple, on voit un malade prés de succomber, à côté de son chien qui le regarde. Derrière le mourant, le devin élive la main, en sigoalant la cause du mal. Agamemnon et Nestor, assis devant d'autres chefs, semblent délibérer. Puis voici Achille qui tire son épée contre Agamemnou (fig. 6), mais Minerve le retient par les cheveux. On amène une hécatombe pour apaiser le dieu et Ulysse rend Chryséis à son père qui l'embrasse. La jeune fiile semble appuyée contre un autel placé en face du temple. Enfin derrière lo temple,

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Thétls, agenouillée devant Jupiter, le supplie de venger l'injure que les Grecs ont faite à son fils en lui enlevant Brisëis.

Le monument étant incomplet, Icsbas-relicTs suivants, dont lesujet se rapportait probablement aux douze premiers chants de Flliade, nous manquent.

C'est en effet au chant XIII que se rattachent tes scènes représentées sur la figure 7, dont le développement se suit en commençant par

la bande inférieure. Nous devons faire observer toutefois que l'ordre du récit n'a pas toujours été suivi rigoureusement; qu'il y a des épisodes

que le poëtc a placés dans un chant, et que le sculpteur a représentés dans un autre endroit. La bande inférieure représente trois combats, celui de Mériooès contre Acamas, celui d'idoménée contre Olhrionée, qui tombe dans les bras d'un de ses compagnons, et celui d'Énéc CùDtre Apharée. Dans la bande supérieure, Ajax tue Archiloqtie en voulant frapper Polydamas qui évite le. coup; Neptune, sous les irails do Calchas, se présente devant Ajax, et Apollon, rcconnaissable à son arc, touche Hector pour lui rendre les forces que le héros a perdues.

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Dana la ûgure 8, OD voit, sur la bande inférieure, le combat prta des vaisseaux. Parmi les combattants, on reconnaît Énée, Paris qui tient un arc, et Hector qui atuque le navire défendu parAjax et Teucer. Caletor

lente de mettre le feu au vaisseau grec, et Clitos est tué par Teucer qui, abriié par le bouclier d'Ajax, lui a décoché une flèche. Sur la bande

supérieure, Patrocle, aidé par Aulomédon, rcvét l'armure d'Achille qui, assis sous sa lenle, refuse de combattre, malgré les prières de Phœnix et de Diomèdc. Puis Patrocle est tué par Uector, et Automédon s'enfuit sur le char d'Achille.

Les suites du combat précédent sont représentées sur la figure 9. Daas la bande inférieure, Hector monté sur son char est combattu par Ajax, qui s'abrite derrière son grand bouclier. Ménélas veut emporter le corps de Patrocle, que Mérionës et lui placent ensuite sur son char. Au centre on voit le corps de Patrocle sur une estrade; Achille est plongé dans la douleur et les temmes se lamentent. Ensuite Thëtis vient demander des armes à Vulcain, assis devant sa forge, au milieu des cvclopes qui font un bouclier. En haut, Thétis vient d'apporter les

armes au liéros qui attache ses cnémides, et Achille s'élance sur soa char conduit par Automédon,

Sur la figure 10, on voit au bas Neptune qui entraîne Énée, et Achille qui combat Démoléon, puis qui frappe les deux fils de Priam, Hippodamas et Polydore. Dans la bande centrale, le fleuve Scamandre rejette les cadavres qui obstruaient son cours, Neptune tend la main à Achille que ses forces allaient abandonner, et les Phr^'gieos, pour éviter les coups du héros, fuient vers la ville. En haut, Hector, demeuré seul près de la porte Scée, est ensuite tué par Achille, qui lui enlève son casque, et traîne son corps attaché à son char.

le bQcher de Patrocle et les jeux célébrés en son honneur occupent toute la bande inférieure de la figure 11 et sur la bande supérieure on voit le rachat du corps d'Hector cl les présents olfcrts par Priam pour la ranQOD de son fits.

Les événements relatifs à la guerre de Troie, qui sont postérieurs

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aux récits de FltiaiU, aoot represemés sor les finres 13 et 13. Od

y Toit la mort de Peotbésilée, et celle de Tbeisie. le combat d'icttile

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contre MemnoD, la mon d'Achiile, les foreurs d'ApK, l'enl^emBDt ds

Palladium, le cbeval de Troie, la propfaéteaw Casëan-ire, etc.

le L'ËDUCATIOn.

Enfin les scènes relatives à la prise et au pillage de Troie forment le sujet du bas-relief qui occupait le centre du monument (fig. Ifi). La ville apparaît au milieu de ses remparis flanqués de tours crénelées. Dans l'intérieur on voit le massacre de la famille de Priaro et l'égorçe-

ment des Troyens par les Grecs victorieux. Devant la porte. Mercure conduit Énée, qui porte sur ses épaules son père Anchise, ot donne la main à Ascagtic. En dehors des portes, on voit à gauche le tombeau d'Hector, autour duquel se sont réfugiées les Troyennes en larmes, et à droite le tombeau d'Achille, avec le sacrifice de Polyxène. En bas sont figurés des vaisseaux, avec le départ d'Énée qui conduit les derniers Troyeas dans une contrée lointaine. En dessous eit une inscription dont

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