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lis INSTITUTIONS CIVILES.
des masques dont le caractère déterminé d'avance était en rapport avec le rdte qu'ils devaient jouer sur la bc6dc; ils y ajoutaient des perruques qui s'ajustaient avec ie masque, de sorte que non-seulemeni la figure, mais toute la tête de l'acteur était couverte et déguisée. Chaque âge et chaque condition, les enfants et les vieillards, les rois et les esclaves, avaient un masque traditionnel que le puhlic connaissait ot qui faisait reconnaître immédiatement le personnage qui entrait en scène.
Les masques scéniques dont les acteurs se couvraient la face étaient de véritables tôles creuses, dont la disposition concave contribuait à
diansïi'r la voix et à la rendre plus sonore. Le catalogue publié par It' ministÎTu de l'instruction publique, à propos de l'Exposition univer- Hi'lle de 1873, contient les renseignements suivants sur la question si riiniruverséo des masques antiques; « Les recherches auxquelles l'exposiiioii llii-i'iirale a donn'^ lieu ont amené un résultat intéressant pour réuidi' dos anciens masques de théâtre. Sur la foi d'un vers de Virgile, (|iii s'appliquo uniquement aux représentations rustiques et populaires diM'IIalii', on pensait que ces masques étaienlfaits d'écorce ou tout au moiuH do bois. Eu prônant pour point de départ de nos expériences les niasqnos oi les oiivoloppi's des momies égyptiennes, nous avons acquis In cimvicItDn que les masques tragiques et comiques étaient fabriqués nvi'e (II- la toilo mise en forme par un procédé d'estampage et couverte d'ui) enduit crayeux, auquel on donnait plus de cohésion en y mêlant
de la colle. Ainsi s'explique un passage assez obscur de Lucrèce relatif à des masques de craie, qui pouvaient, avant d'être complètement séchés, se retourner à l'envers sous l'action d'un simple choc. Deux
antres témoignages antiques, jusqu'ici trop négligés, attestent que Tbespis inventa les masques simplement de toile, et qu'Eschyle, après
Miuguei (nljqaM.
lut, trouva les masques recouverts d'un enduit : c'est comme l'histoire du procédé que nous venons de décrire, n Ce procédé était en eiïet intéressant à connaître, parce qu'on n'a retrouvé aucun masque antique véritable, bien qu'on en ait un grand nombre de représentations. Quant aux types généraux affectés aux différents genres de m.asquos.
il y avait d'abord deux ^ndes divisions : les tragiques et les comiques. Il y avait au moins vingt-cinq espèces de masques tragiques, six pour les vieillards, sept pour les jeunes gens, neuf pour les femmes et trois pour les esclaves. L'arrangement des cheveux et de la barbe était diffé-
rent pour chacun de ces masques, auxquels étaient affectéeseo outre une teinte et une physionomie particulières. On connaît également plus de
Fij;. 121. — Uuqus Iragiquo.
quarante types de masques comiques : neuf pour les vieillards, dix pour les jeunes gens, trois pour les vieilles femmes, quatorze pour les jeunes filles et sept pour les esclaves. En dehors de cela, les dieux, les héros et les grands personnages historiques avaient des masques consacré par l'usage et qui les faisaient de suite reconnaître (Cg.ll3àl21).
LES THÉATABS. Ii9
La figure 122 montre un acteur en train d'esaminer ses masques, d'après une peinture de Pompéi. On remarquera qne parmi les masques
il y en a un qui parait être une (Cte de Gorgone, reconnaissable à ses cheveiu en serpents.
Les acteurs. — Dans l'antiquité grecque, les femmes ne montaient pas sur le théâtre et leurs rôles étaient joués par des hommes. Il n'y avait même pas à l'origine d'acteurs de profession; les représen talions théâtrales faisant partie des fètcs de Bacchus, tous les citoyens indistinctement participaient aux farces, aux quolibets, aux bons mots et aux répliques piquantes que ces fétcs entraînaient toujours avec elles. Mais comme les facéties populaires avaient souvent pour objectifs des personnages opulents et haut placés, les chefs de la république à Athènes songèrent à régulariser ces fêtes eu leur donnant un caractère officiel, ce qui leur permettait d'exercer leur influence sur la multitude. Les acteurs appelés à jouer dans ces cérémonies furent alors considérés comme des fonctionnaires publics. Le poêle, qu'on appelait le maître, parce qu'il était chargé d'instruire les acteurs du rôle qu'ils avaient à jouer, reçut un chœur qu'il avait mission de préparer pour les Dionysïes, c'est-à-dire les fêtes de Bacchiis. Outre les choreutcs, qui étaient chargés de la partie lyrique. Il y avait trois acteurs auxquels on réservait les rèles principaux dans la partie dramatique. Celui qui devait jouer le premier rôle s'appelait le protagoniste, celui qui jouait le second était le deutéragoniste et le troisième le tritagoniste. Mais comme
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les personnages qu'on devait représenter pouvaient dépasser le nombre de troia, il arrivait souvent que le môme acteur pouvait être appelé à jouer plusieurs rôles diiïérents dans la même pièce. Tel était du moins la situation des acteurs dans la scène primitive, car elle s'est sensiblement modifiée depuis. Il est bon de dire aussi que les auteurs étaient en même temps acteurs, et que le plus souvent ils se chargeaient euxmêmes du premier rôle. Eschyle, Sophocle, Aristophane ont joué dans leurs propres pièces. Parmi les plus célèbres acteurs de l'antiquité
grecque, on cite Polus et Théodore. Le salaire de ces acteurs était souvent considérable, car Polus recevait pour deux jours un talent (5,560 fr.]. Il est vrai que les représentations théâtrales n'avaient lieu qu'à certaines solennités cl qu'on devait s'y préparer longtemps à l'avance. Les acteurs à cette époque étaient fort honorés et plusiaurs furent appelés à remplir de hautes fonctions dans l'Etat, notamment celles d'ambassadeur.
La figure 123 nous montre une mosaïque tirée de la Maison du poiu tragique à Pompéi. C'est assurément un des documents les plus curieux que nous possédions sur le théâtre antique : on y voit l'intérieur
d'une salle que nous pourrions appeler le foyer des acteurs; au centre un vieillard assis, le directeur du théâtre probablement, ou peut-être l'auteur de la pièce, donne ses instructions aux acteurs placés autour de lui. Trois masques, dont deux tragiques et un comique, sont placés à ses pieds sur une escabelle. En face de lui deux jeunes acteurs écoutent attentivement sa parole ; ils n'ont d'autre létement qu'une peau de béte autour des reins, ce qui semble indiquer qu'ils se préparent à donner une représentation du genre champêtre. L'un d'eux porte un
masque au-dessus de sa tête en manière de coiffure. Un peu plus loin, une joueuse de llùlc s'apprête à accompagner la répétition. Enfin au fond, on voit un autre acteur qui, aidé d'un de ses camarades, est en train de passer une tunique à longues manches. Cette coiffure formée d'un masque était d'un aspect assez original, et il paraît qu'elle n'était pas rare chez les gens de théâtre, car on la retrouve encore dans uoe autre peinture de l'ompéi qui représente deux musiciennes (fig. 12î|.) Avant de jouer une pièce il y avait toujours des répétitions. C'est ce que montre la figure 125, dans laquelle une femme lit son rôle avec accompagnemeii delà lyre eidc la double Hùte. C'est encore une lecture que représente sans doute aussi la peinture assez éntgmatique reproduite sur la figure 126, mais elle n'est pas accompagnée de musique.
Après la giierre du Pëlopoaèse, la coadition des acteurs se madiDa singulière m en t. Les acteurs, devenaut chaque jour plus aoDSbreux, formèrent des confréries pour l'exploitation des théâtres. Ces confréries, auxquelles les subventions des villes ou les libéralités des particuliers venaient souvent en aide, allaient donner des représentations dans les cités où il y avait un théâtre, et y passaient un temps plus ou moins long selon le marché qu'ils avaient conclu. Le salaire de ces acteurs
ambulants, faisant abstraction des talents exceptlonuels qui jouaient les premiers rôles et étaient payés à part, parait avoir été de sept drachmes (environ 6 fr.) par représentation.
A Rome la profession d'acteur n'était nullement honorée comme en Grèce, et elle fut même longtemps interdite aux citoyens romains. Les acteurs étaient presque toujours des étrangers, principalement des Grecs, ou bien des affranchis. La scène romaine adraetlait les femmes, tandis qu'elles n'ont jamais paru sur la scène grecque; mais ces femmes étaient par cela seul déshonorées. Un sénateur n'avait pas le droit de rendre visite à des acteurs, et il eût été compromettant même pour un
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simple chevalier de leur parler dans la rue. Tous les préjugés que la société nioderae a longtemps gardés sur les gens qui vivent du théâtre ont leur ori^De dans le dédain que les Romains ont toujours afTecté pour les histrions. Ce dédain, quoique très-général, n'était pourtant pas universel, puisque Cicéron était Tami de l'acleur Roscius. Il faut croire, au reste, que si les acteurs étaient peu honorés, ils étaient assez largement rétribués lorsqu'ils arrivaient à la réputation, puisque l'acteur
£3opu3 laissa à son fils une fortune de vingt millions de sesterces (5,560,000 fr.).
Dans le prologue de VAmpkitryon de Plante, Mercure s'exprime ainsi en s'adressant au public : « Ce que Jupiter m'a chargé de vous demander, c'est que des inspecteurs s'établissent sur tous les gradins de l'amphithéàire, et s'ils voient des spectateurs aposiés pour applaudir un acteur, qu'ils prennent leur toge pour gage dans celte enceinte même. Si quelqu'un a sollicité la palme en faveur des comédiens ou de tout autre ariistf, soit par lettres, soil personnellement, soit par intermédiaires, ou si les édiles décernent injustement le prix, Jupiter
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veut qu'ils soient assimilés à ceux qui briguent malhonnêtement une charge pour eux-mêmes ou pour autrui, et placés sous le coup de la même loi. Il dit que vos victoires sont dues à la valeur, ûon à l'intrigue ou à la perQdie, et pourquoi le comédien ne serait<-il pas soumis à la même loi que le grand citoyen? Il faut solliciter par son mérite, jamais par une cabale; quiconque fait bien a toujours assez de partisans, pourvu qu'il ait affaire à des juges impartiaux. 11 veut de plus que Ton donne des surveillants aux acteurs, et s'il s'en trouve qui aient aposté des gens pour les applaudir ou pour nuire au succès de leurs camarades, qu'on leur arrache leur costume et quon les fouette à tour de bras. Ne soyez pas surpris que Jupiter s'occupe tant des comédiens; il n'y a pas de quoi vous étonner, il va jouer lui-même dans cette pièce. Eh ! vous voilà tout ébahis, comme si c'était d'aujourd'hui que Jupiter joue la comédie. Ne paraît-il pas dans les tragédies? Oui, je vous le répète, Jupiter en personne aura son rôle et moi aussi. Attention à présent, je vais vous dire le sujet de la pièce. »
Le Dictionnaire de V Académie des Beaux-Arts résume ainsi les documents que Lucien, Athénée et Pollux nous fournissent sur le costume des acteurs dans l'antiquité : « Une couronne d'or, un manteau rouge brodé d'or, jeté sur une très-longue robe, descendant jusqu'aux talons, le cothurne, une large ceinture, souvent un sceptre d'or ou d'argent, voilà de quoi se composait le costume d'un roi de théâtre. Les reines étaient vêtues de pourpre, les bras couverts d'une étoffe blanche. Le noir, le brun, les couleurs sombres, indiquaient le deuil ou l'exil. Télôphe et Philoctète arrivaient sur la scène avec des vêtements en lambeaux. L'agrenon, ainsi se nommait le costume des devins, se composait uniquement d'un réseau de laine, ou, si l'on veut, d'une espèce de maillot qui enveloppait tout le corps. Tiréslas, dans VŒdipe-Roi, paraissait vêtu de l'agrenon. Les prêtresses étaient vêtues de blanc, les chasseurs ei les soldats portaient une écharpe rouge. Une peau de bête apprêtée, une besace, un bâton, tel était l'accoutrement des gens de campagne et des bergers.
« Ces différents costumes étaient complétés par les accessoires nécessaires, tels que lances, casques, massues, carquois. Mentionnons aussi les coiffures variées, mitres, tiares, qui onaient la tête du tragédien, et indiquons les cos umes de la comédie.
« C'était avec un manteau rouge ou noir, un bâton recourbé, que 86 montraient les vieillards ou Gérontes de la conédie. Un petit manteau, semblable à celui des crispins du Théâtre-Français, était attaché
sur les épaules des esclaves. Les jeunes gens étaient habillés de rouge, les parasites vêtus de noir. Les jeunes femmes portaient une lunique de pourpre bordée de franges, des bijoux et notamment des bracelets. » Sur la figure 127, nous voyons un acteur assis et tenant un sceptre, sans doute parce qu'il va jouer le râle d'un rot. Il regarde une jeune femme qui trace des caractères sur une tablette surmontée d'un masque tragique. On a pensé que ce personnage écrivait probablement le nom
PIg. m. — ItOlo da II
de la pièce qui devait être jouée. Un troisième personnage debout regarde la femme qui écrit.
Philosiraie, dans la Vie (TApollonius de Tyane, raconte la singulière impression que produisit la vue d'un acteur tragique sur les habitants de la petite ville d'ilispola dans la Bétique, où b population n'avait jamais rien vu de semblable. << Son talent, dit-il, lui avait attiré quelque réputation dans les villages qui n'étaient pas trop barbares, d'abord parce que les peuples chez lesquels il venait n'avaient jamais entendu de tragédies, ensuite parce qu'il affirmait reproduire exactement les intonations de Néron. Quand il fut arrivé chez les habitants
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d'Hispola, ccux-cl furcntépouvantés avant môme qu'il eût dit un mot. Dès qu'ils le virent marcher à grands pas, se dresser sur ses coiliurnès, ouvrir une large bouche et se draper dans une robe démesurément lai^e, ils ne purent se défendre de quelque elTroi; mais lorsqu'il se fit entendre et se mit à déclamer, la plupart crurent que c'était un démon qui hurlait à leurs oreilles et s'enfuirent. On voit combien les mœurs de ces populations sont simples et primitives. »
llig. lis. — Seine
11 II y avait enGrèce,ditAulu-Gelle, un acteur qui surpassait tousses rivaux par la pureté de la voix et la grâce des gestes-, il se nommait Polus. Il jouait les chefs-d'œuvre tragiques avec un art et une habileté profonde. Ce Polus perdit un fils qu'il aimait tendrement. Lorsqu'il crut avoir assez longtemps porté le deuil, il reprit sa profession. Dans VÈlectre de Sophocle, qu'il jouait alors devant les Athéniens, il devait porter l'urne qui est supposée renfermer les cendres d'Oreste. Dans cette pièce, Electre, croyant avoir dans les mains les restes de son frère assassiné, gémit sur son trépas ets'abandonne à tous les Iran»-
LES TQËATRES.
ports de sa douleur. Polus parul donc couvert des vêtements lugubres d'Electre, et tenant, au lieu des prétendues cendres d'Oresie, l'urne qui renfermait les ossemeols de son propre fils et qu'il avait tirée du tombeau. En les pressant sur son cœur, il remplit tout le théâtre non de cris simulés, mais d'un deuil réel et de lamentations déchirantes. Ainsi quand on croyait que l'acteur jouait son rôle, c'est sa propre douleur qu'il représentait. »
Le personnage de la figure 128 qui, la lance à la main, se hanche
si résolument, pourrait reproduire un de ces types vantards, chers à la comédie latine et tel qu'on en trouve dans te Soldat fanfaron de Plante, ou dans l'Eunuque de Tùrence. Et si celui-là est 1 ancêtre des matamores de la comédie moderne, ne pourrait-on pas voir aussi dans son interlocuteur l'ancêtre d'un Crispin ou d'un Mascarille gesticulant sous son petit manteau? On pourrait peut-être trouver dans les pièces comiques des anciens une scène se rapportant à celle-ci.
Le type des courtisanes est bien visible dans noire figure 129. Un esclave ou valet fait un geste ironique en montrant deux femmes debout devant lui. Son vêtement, qui indique une condition aervilc, se compose d'un habit jaune avec des raies blanches en travers et du petit corset blanc que portaient les histrions. L'une des deux femmes
se cache en partie le visage avec sa main et paraît un peu honteuse des propos qu'elle entend; elle porte une tunique bleue et un manteau blanc. L'autre femme, placée derrière la plus jeune, porte un vêtement rouge, couleur habituelle aux courtisanes; elle semble présenter sa compagne au valet placii devant elles.
La figure 130 nous montre un vieillard vêtu de blanc et portant la barbe en touffe pointue; il s'appuie sur son bâton, en regardant deux personnages assis, dont l'un joue de ta double flùle, tandis que l'autre.
pourvu d'un masque comique, semble l'accompagner en chantant. Le joueur de flûlc a un manteau rouge, où l'on remarque une longue pièce rapportée, couleur de pourpre et brochée d'or. Le chanteur masqué est vûlu de blanc,
La sculpture 'nous offre aussi quelques représentations d'acteurs. Celle que reproduit la figure 132, et dont on voit à côtù le masque sur une plus grande échelle, a été découverte à Tralles, dans l'ancienne Lydie, et figure acluellenient au musée de Constantinople. Le Dictionnaire de l'Académie des Beavx-Arts en a donné la description suivante; « Le personnage que représente cette statuette a la tête couverte d'un
la partie aniéricure de la coilTure. Le masque est largement ouvert devant les yeuï et devant ta bouche, et il laisse voir en granilc partie le bas du visage de l'acteur. Ces divi^rses ouvertures sont établies dans de profondes orbites qui donnent à la figure une accentuation nécessaire dans les grands espaces ou se diïveloppuienl les scènes thiîâirales chez les anciens. Les cheveux, passant sous le bonnet, lloUent sur les î-paules. Lo vêtement, grande robe 5 manches serrées qui s'arrêtent sur le poignet, descend de manière à couvrir entièrement les jambes et à ne laisser voir que les pieds. Les mains du personnage croiséos sur la ceinture semblent placées de manicre à la souli;nir. Les jambes sont
croisées aussi; elles amènent quelques mouvements dans la partie inférieure de la robe. »
Fig. 133.
La figure 133 représenle également un acteur comique pourvu de son magique. Le type qu'elle reproduit est assez fréquent dans les monuments peints ou sculptés.
Le chceur. — Il Suivant que le sujet l'exige, dit Barthélémy dans
le Voyage du jeune Anacharsis, le chœur est composé d'hommes ou de femmes, de vieillards ou de jeunes gens, de citoyens ou d'esclaves, de prêtres, de soldats, etc., toujours au nombre de quinze dans la tragédie, de vingt-quaire dans la comédie, toujours d'un état inférieur à celui des principaux personnages de la pièce. Comme, pour l'ordinaire, il représente le peuple, ou que du moins il en fait pariie, il est défendu auK étrangers, mémo établis dans Athènes, d'y prendre un rôle, par la même raison qu'il leur est défendu d'assister à l'assemblée générale de la nation.
11 Les choristes arrivent sur le théâtre, précédés d'un joueur do Hôte qui régie leurs pas; quelquefois l'un après Pautre, plus souvent sur trois de front. Dans le courant de la pièce, tantôt le chœur exerce
la fonction d'acteur, tantôt il forme l'intermède. Sous le premier aspect, il se mêle dans Faction; il chante ou déclame avec les personnages, son coryphée lui sert d'interprète. En certaines occasions, il se partage en deux groupes, dirigés par deux chefs qui racontent quelques circonstances de Taction, ou se communiquent leurs craintes ou leurs espérances; ces sortes de scènes, qui sont presque toujours chantées, se terminent quelquefois par la réunion des deux parties du chœur. Sous le second aspect, il se contente de gémir sur les malheurs de l'humanité, ou d'implorer l'assistancedesdieuxenfaveurdu personnage qui rintéresse. (( Pendant les scènes, le chœur sort rarement de sa place; dans les intermèdes et surtout dans le premier, il exécute différentes évolutions au son de la flûte. Les vers qu'il chante sont, comme ceux des odes, divisés en strophes, antistrophes, épodes, etc; chaque antistrophe répond à une strophe, soit pour la mesure et le nombre des vers, soit pour la nature du chant. Les choristes, à la première strophe, vont de droite à gauche ; à la première antistrophe, de gauche à droite, dans un temps égal et répétant le môme air, sur d'autres paroles. Ils s'arrêtent ensuite, et, tournés vers les spectateurs, ils font entendre une nouvelle mélodie. Souvent ils recommencent les mêmes évolutions, avec des différences sensibles pour les paroles et pour la musique, mais toujours avec la même correspondance entre la marche et la contre-marche. Je ne cite ici que la pratique générale; car c'est principalement dans cette partie du drame que le poète étale volontiers les variétés du rhythme et de la mélodie. >»
Les représentations. — Les représentations théâtrales n'avaient pas lieu partout de la même manière. Voici ce que dit Barthélémy, dans le Voyage du jeune AnacharsiSy des pièces qui se jouaient à Athènes : « On ne donne des tragédies et des comédies que dans les trois fêtes consacrées à Bacchus; la première se célèbre au Tirée, et c est là qu'on a représenté pour la première fois quelques-unes des pièces d'Euripide. La seconde, nommée les chohs ou les lénéènes, tombe au douzième du mois anthestérion (fin janvier) et ne dure qu'un jour. Comme la permission d'y assister n'est accordée qu'aux habitants de TAttique, les auteurs réservent leurs nouvelles pièces pour les grandes Dionysiaques, qui reviennent un mois après, et qui attirent de toutes parts une infinité de spectateurs. Elles commencent le 12 du mois êlaphébolion et durent plusieurs jours, pendant lesquels on représente les pièces destinées au concours.