PRODUCTIONS DU SOL
Céréales, — Les seules q|ue l'on connût étaient le blé et l'orge. Les textes permettent aisément de constater qu'on les
récoltait en taut lieu. La culture pourtant n'en était pas répandue partout d'une manière uniforme. En Attique, l'orge était dix fois plus abondante que le blé, dans le cours du iv« siècle, sauf sur les confins de la Béotie, où la proportion était de deux à un. A Scyros et k Myrina de Lesbos, le rapport était de trois k un; à Hépbaestia, de cinq à un; à Imbros, de un à deux; à Sala* mine, il n'y avait que de l'orge. Tanagra et Anthédon étaient pauvres en céréales. Il en était de même évidemment de toutes les contrées qui avaient de vastes pâturages, comme l'Arcadie, la Thessalie, l'Étolie, TAcarnanie, ou d'importants vignobles, comme la plupart des îles.
Vin. — Dès l'époque homérique, le vin était la boisson ordinaire. On s'en servait encore dans les sacrifices et dans les cérémonies funèbres. Aussi la vigne était-elle fort commune. Un domaine ne paraissait bien constitué que s'il renfermait un vignoble. 11 existait des vins de différentes qualités. Homère vante celui de Pramné, près de Smyrne, et celui de Maronée, sur la côte de Thrace ; ce dernier pouvait supporter vingt fois son volume d'eau. Au temps d'Aristophane, le vin était un des principaux produits de l'Attique. On savait reconnaître les mérites et les défauts de chaque vin. o Donnez à vos amis, les jours de fête, le vin qu'on appelle saprias, dit un poète comique, et à vos ennemis le vin de Péparètlic. » Le vin de Chio, surtout celui du canton d'Ariousia, avait la réputation d'être le meilleur de tous. Le littoral asiatique et la plupart des îles voisines, sauf Samos, produisaient des vins analogues, très recherchés des gourmets et excellents pour les malades; tels étaient, d'après Strabon, les vins d'Éphèsc, de Métropolis, du Mésogis, du Tmolc, de la Catakékaumène, de Cnide et de Smyrne. Le même auteur loue le vin de Messine. Quelques-uns étaient assez chargés d'alcool pour se conserver pendant de longues années.
Fruits et légumes. — Parmi les arbres fruitiers, le plus répandu était l'olivier. Parfois c'était le fruit lui-même que les Grecs consommaient, généralement après l'avoir fait mariner; mais on l'employait surtout à fabriquer l'huile. Le jardin d'Alcinoos, l'enclos deLaërte, dans \ Odyssée ^ renferment déjà des oliviers. Ils abondaient en Attique, et la loi défendait expressément
de les déraciner. Cette culture y était sans doute fort rémunératrice, car certaines propriétés en étaient totalement couvertes. Diodore déclare que ces arbres occupaient une bonne partie du territoire d'Agrigen te, au grand profit des agriculteurs ..Xénophon s'étonne qu'une contrée riveraine du Pont-Euxin en soit, dépourvue. On les aperçoit en effet dans toute la Grèce, à Épidamne, à Sicyone, en Asie Mineure, dans, les Cyclades, à Samos, en Crète, en Italie. — Le pays n'était pas moins riche en figuiers. On sait qub les figues étaient un des aliments préférés des Athéniens; c'est au point que l'exportation en était prohibée. Elles étaient aussi produites par la Laconie, par Cythère, par Rhodes, Chio, Naxos, Paros, Ithaque; les plus grosses étaient celles d'Olynthe. — Les Grecs récoltaient beaucoup d'autres fruits, en particulier h pomme, la poire, le coing, la grenade, l'amande, la châtaigne, la noix, la prune. — lis avaient de même une grande variété de légumes ; il suffira d'indiquer la fève, la lentille, le pois chiche, le lupin, le chou, le navet, le radis, l'artichaut, la laitue, l'oignon, l'ail, le poireau, le cornichon, le potiron, le melon ou la pastèque, la carotte.
Plantes textiles. — Les auteurs nous signalent une espèce de lin, que l\)n semait à Amorgos, et dont on foisait des étoffes très estimées pour les costumes de femmes. L'Élide donnait à l'industrie une matière analogue appelée byssos et qui servait à fabriquer des tissus très légers. Néanmoins les Grecs allaient de préférence chercher leur lin au dehors, surtout en Egypte et en Colchide. Pline vante le chanvre d'Alabanda et deMylasa en Asie; il n'ajoute pas que cette plante ne vint que là.
Bois. — L'Hellade était primitivement très boisée. Il semble même que les montagnes eussent gardé leurs forets jusqu'à une époque assez voisine du v« siècle. Mais les progrès des constructions navales et du défrichement détruisirent peu à peu les hautes futaies, sauf en Arcadie, en Eubce, et dans les régions de l'Olympe et du Parnasse. Partout ailleurs, il n'y eut guère que des taillis, bons tout au plus à procurer du bois de chauffage et du charbon. Quant aux bois de charpente, il fallait les importer de la Macédoine, de la Thrace ou des bords de la nier Noire. (D'après Guiraud, La propriété en Grèce ^ livjll, ch^ vi.)