‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 109 sur 300 · PRODUCTION DU BÉTAIL · texte numérisé non relu

PRODUCTION DU BÉTAIL

Les pâturages n'étaient pas rares dans le monde hellénique. Euripide appelle la Messénie une contrée « sillonnée en tout sens de cours d'eau, et favorable aux bœufs et aux moutons » . Dicéarque dit que la plaine de Thèbes était très propre a nourrir des chevaux. Strabon loue beaucoup à cet égard l'Arcadie, l'Étolie, l'Acarnanie, la Thessalie. D'après Xénophon, on rencontrait dans la Chersonèse de Thrace d'excellents terrains de pâture. Les vallées d'Asie Mineure, celles par exemple de Magnésie et de Colophon, étaient dans le même cas. Au reste, il n'était pas de canton si âpre et si stérile qui n'offrît quelque subsistance aux moutons et aux chèvres. Partout oîi le sol s'y prêtait, on pratiquait volontiers l'élevage. A Orchomène de Béotie, les pacages publics étaient si vastes qu'un seul individu obtint la faveur d'y envoyer deux cent vingt têtes de gros bétail et mille de petit. Lu Tliessalie ne cessa jamais d'être riche en chevaux, et l'Arcadie en moutons.

Le cheval était peu employé dans les travaux des chanq)s ; mais on s'en servait pour la monture et pour le trait. Par devoir civique, autant que par goût, la classe aristocratique aimait de concourir dans les jeux, et l'on sait que les courses de chevaux et de chars étaient le grand attrait de ces solennités. 11 fallait enfin compter avec les besoins de l'armée. Les principaux centres de . production étaient: l'Étolie, la Thessalie, l'Acarnanie, l'Épire, TEubée, la Béotie, Sicyone, Épidaure, l'Arcadie, l'Élide, la Sicile, la Cyrénaique et certaines parties de l'Asie Mineure.

L'âne n'est mentionné qu'une fois dans Homère, et pas une fois dans Hésiode; il est donc probable qu'à l'origine il était peu utilisé. Dans la suite, il fut beaucoup plus prisé comme bête de sonmie et de monture ; on en arriva même à manger sa chair. Les plus estimés étaient ceux d'Arcadie. Ceux de Cyrène, de Thessalie et d'Épire avaient également quelque réputation.

Le mulet était fort précieux dans un pays aussi accidenté que ^a Grèce; il labourait, portait les fardeaux, traînait les chars (^l les autres véhicules; enfin il figurait aux courses d'Olympie.

Le bœuf était l'animal de travail par excellence. A Tépoque homérique, sa viande entrait pour une large part dans l'alimentation. Avec le temps, les goûts changèrent, et, sans y renoncer tout à fait, on adopta peu à peu un régime différent. Dans les villes gouvernées par la législation de Pythagore il était défendu d'envoyer k la boucherie un bœuf de labour. En Attique, on évitait d'immoler ces animaux aux dieux, quand cela était préjudiciable à l'agriculture. Partout, du reste, on était libre de transformer un bœuf vieilli et fatigué en bœuf d'engraissement. La race la meilleure était originaire d'Épire. L'Eubée, la Cyrénaïque, la Messénie, le Pont, la Béotie, avaient aussi les leurs. On tirait parti du lait de vache pour la fabrication du fromage; pourtant cette denrée ne commença à être largement consommée que dans les deux derniers siècles avant notre ère.

D'après l'historien Philochore, il y eut un temps où la loi athénienne défendait de manger de l'agneau, et Androtion va jusqu'à dire qu'on devait s'abstenir de tuer les brebis dont la toison n'avait jamais été coupée et qui n'avaient pas porté. Cette règle, si elle exista, tomba bientôt en désuétude. Néanmoins les Grecs élevaient l'espèce ovine moins pour sa chair que pour son lait et sa laine. De tous les fromages de brebis, le plus fameux était celui de Cythnos. Sa bonté venait d'une espèce d'herbe qui poussait dans celte île. On eut l'idée de la semer dans les autres Cyclades, puis dans le reste de la Grèce, et l'industrie fromagère y gagna. Les plus belles laines étaient fournies par l'Attique, Tarente et Milet. On citait encore les races d'Épire, de Béotie, d'Arcadie, de Sicile, de Mégare, d'Achaïe, d'Eubée et de la mer Egée.

Les chèvres offraient cet avantage d'être très faciles k nourrir; elles étaient par suite la ressource des contrées montueuses et stériles. Aussi abondaient-elles dans les îles, notamment a Scyros, Icaria, Naxos et aux Arginuses. En Attique, elles étaient également très nombreuses. Leur lait donnait une quantité considérable de fromage.

Il résulte d'un passage de Platon que les porchers étaient un élément essentiel de la population d'une cité. La viande de porc était en effet fort goûtée chez les Grecs. Dans les campagnes de

GUIRAUD. — Lcct. bist, 5*. DigltizedbyCjOOglC

l'Attique, il n y avait presque pas de petit ménage qui n'eût son cochon. Mis à l'engrais, cet animal procurait de jolis bénéfices; il pullulait surtout à Mégare, en Béotie, en Arcadie, en Étolie, en Acarnanie, en Sicile.

A tous ces produits il faut ajouter les volailles, telles que le paon, la pintade, le faisan, le poulet, le pigeon, loie et le canard.

(D'après Guiraud, ouvrage cité, liv. III, ch. vi.^

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