‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 110 sur 300 · l'industrie en GRÈCE · texte numérisé non relu

l'industrie en GRÈCE

Dès Fépoque homérique, il y eut une certaine industrie en Grèce; mais cette industrie, encore très rudimentaire, se bornait à fabriquer les objets les plus usuels et les plus communs. Tous les objets de luxe venaient de l'étranger. Jusqu'au milieu du VII® siècle, a les familles riches s'habillèrent d'étoffes égyptiennes ou phéniciennes, couvrirent le sol de leurs maisons de tapis de Sardes, burent ou mangèrent dans de la vaisselle de métal faile à Tyr ou k Sidon ». (Rayet, Hist. de la céramique grecque y p. 41.)

A la longue pourtant l'industrie hellénique se développa, d'abord en imitant de fort près les produits orientaux, puis en inventant à son tour. Les Grecs attirèrent à eux des ouvriers du dehors; ils se procurèrent des moules, des modèles; ils en créèrent eux-mêmes, quand leur goût se fut formé; si bien qu'ils finirent par ne plus guère importer d'objets fabriqués, et par en exporter dans toutes les directions. Nous n'avons pas à suivre ici tous ces progrès. Ils furent loin d'ailleurs d'être uniformes pour les différentes cités. Tout dépendit des circonstances plus ou moins favorables où chacune d'elles se trouva, de sa situation, des ressources naturelles de son territoire, parfois de son gouvernement. Une de celles qui furent à cet égard le plus précoces est Corinthe ; dès le viii« siècle, ses vases peints pénétraient jusqu'en Étrurie. Athènes fut plus en retard; mais, k peine engagée dans cette voie, elle ne tarda pas k écUpser tous ses rivaux. « Sous l'influence des lois de Solon et de la domination intelligente de Pisistrate, la ville, auparavant

petite et pauvre, atteignit, au milieu du v« siècle, un haut degré de prospérité. L'exploitation dû plomb argentifère du Laurion mit entre les mains de ses habitants de grandes quantités d'argent, et cette richesse nouvelle donna un rapide essor à l'industrie et au commerce. La population libre demanda à l'industrie et à la marine les ressources que la sté^ rilité du sol lui refusait, et qu'elle ne voulait pas chercher dans le pénible travail des mines. De toutes parts se fondèrent des fabriques de meubles, d'armes, d'étoffes, de vases surtout. Athènes devint et resta désormais une cité manufacturière, et la conquête de Salamine, une guerre victorieuse contre Égine, lui permirent de lancer sans crainte sur la mer Egée des navires, chargés d'aller répandre au loin les produits de ses ateliers, » (/^/(;.,p. 97.)

Dans le domaine industriel, les Grecs déployèrent les mêmes qualités que partout ailleurs; ils eurent une habileté de main extraordinaire, un génie d'invention toujours en éveil, un flair singulier pour deviner les goûts de leurs clients, enfin une adresse surprenante à s'ouvrir sans cesse des débouchés nouveaux.

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