LES MINES
La Grèce produisait trois métaux principaux : le cuivre, l'or et l'argent. Le cuivre se trouvait surtout dans l'île de Chypre ci dans l'île d'Eubée; l'or, dans l'île de Siphnos, dans celle de Thasos, en Tiirace, en Macédoine, dans quelques contrées de la Thessalie, et en Épire; l'argent, à Siphnos, en Macédoine, en
Épire, et en Attique". De tous les districts miniers, le plus célèbre était celui du Laurion, dans l'Attique méridionale, où le plomb argentifère abondait. « Le gisement métallique, dit un écrivain du iv« siècle av. J.-C., loin de s*épuiser, semble s'étendre chaque jour davantage ; dans le temps même qu'on y employait le plus de bras, pas un seul homme n'a manqué d'ouvrage; c'était l'ouvrage, au contraire, qui excédait le nombre des ouvriers. Et maintenant encore, pas un propriétaire de mines ne réduit son personnel ; chacun même s'efforce de . l'accroître le plus possible. » (Xénophon, Revenus d' Athènes j ch. iv.)
« La législation athénienne sur les mines était fondée sur les mêmes principes que la nôtre. Les mines étaient concédées par l'État aux particuliers moyennant un prix fixe. Le concessionnaire s'engageait à exploiter, et à payer à l'État une redevance annuelle égale au vingt-quatrième du produit. L'inexécution de ces obligations pouvait entraîner la déchéance de la concession. Les demandes de concession étaient publiées par affiches. La concession était faite d'après un plan indiquant le périmètre de la surface concédée.» (Dareste, Plaidoyers civils de Démosthène, t. I, p. 272.)
Une mine appartenait tantôt à un seul individu, tantôt à un groupe d'actionnaires; Hypéride en cite une « où la plupart dis citoyens riches avaient des parts ».
L'usage des machines étant inconnu, tout le travail était fait par des esclaves. On exploitait de deux façons différentes. Ou bien le concessionnaire affermait la mine, garnie ou non d'esclaves, à un ou plusieurs individus, qui lui payaient une redevance fixe, en gardant pour eux le surplus du produit; c'est de quoi le discours de Démosthène Contre Panténète nous offre un exemple. Ou bien encore le concessionnaire exploitait luimême en se procurant, par achat ou par location, les esclaves nécessaires; ce dernier système paraît avoir été le plus usité.
L'imperfection de leurs procédés métallurgiques empêchait les Athéniens de retirer du minerai tout l'argent qu'il renfermait. C'est au point qu'aujourd'hui les usines du Laurion ne font guère que traiter les scories entassées par les anciens. Néanmoins le rendement des mines était fort rémunérateur. L'auteur du
traité des Revenus d* Athènes atteste qu'if enrichissait une foule de particuliers; nous savons d'ailleurs qu'un esclave loué à un exploitant rapportait en moyenne à son maître 40 pour 100 de sa valeur.