‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 134 sur 300 · M. Wescher dit à tort : a de la caisse commune · texte numérisé non relu

M. Wescher dit à tort : a de la caisse commune

jette en lair et on cherche à les recevoir sur le revers de la main. Si l'on ne réussit qu'en partie, il faut reprendre les osselets tombés à terre, avec les doigts, s C'est exactement notre jeu d'osselets.

Une peinture du musée de Naples représente cinq déesses, dont deux, Aglaé et Hiléaera, sur le premier plan, jouent avec des osselets à ce jeu-là. Trois osselets sont sur le sol; un quatrième est sous le pouce d' Aglaé, et le cinquième est sans doute caché par les draperies, à moins qu'il ne soit dans la main gauche d' Aglaé. C'est maintenant au tour d'Hiléœra de jouer. Elle vient de lancer ses cinq osselets, en a reçu trois sur le revers de la main, et deux tombent à terre.

2<» Le collin-maillard.

Sous le nom de jeu de V aveugle, Pollux décrit plusieurs jeux analogues, qui ont ceci de commun qu'un des joueurs a toujours les yeux fermés. Us rentrent tous dans ce que nous appelons h collin-maillard. Ils sont au nombre de trois.

l® « Un des joueurs fermant les yeux s'écrie : Gare I et se met à la poursuite des fuyards. Celui qu'il parvient à saisir prend sa place et ferme les yeux à son tour. »

2*» « Un des joueurs lerme les yeux ; les autres se cachent. L'aveugle les cherche jusqu'à ce qu'il soit parvenu à en trouver un. ))

3^ « Il faut que l'aveugle, soit qu'il touclie un de ses camarades, soit qu'il le désigne, devine qui il est et le nomme. » (Pollux, IX, H3.J

3<* Le jeu de balle,

(( On se partageait en deux camps, dit Pollux; au milieu, on traçait une ligne avec un éclat de pierre et sur cette ligne on plaçait la balle. En arrière des deux camps, on tirait deux autres lignes. Ceux qui avaient saisi la balle la lançaient pardessus les joueurs du camp opposé ; ceux-ci s'efforçaient de la saisir et de la renvoyer. Le jeu continuait ainsi, jusqu'à ce qu'un des deux partis fût parvenu à repousser l'autre au delà de sa ligne d'arrière. »

Eustathe ajoute quelques détails de plus. 11 se livrait d'abord une véritable, lutte; les deux camps, probablement placés au

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début sur leurs lignes d'arrière, se précipitaient sur la balle déposée au centre du jeu. Celui qui était parvenu à s'en emparer la lançait alors de toutes ses forces et ceux du camp opposé tàcbaient de la renvoyer; pour cela, ils se servaient de tous les moyens ; ils la frappaient dans son vol, ou la saisissaient et la relançaient à tour de bras ; si elle courait à terre, ils la relevaient d'un coup de pied. Chaque parti avançait ou reculait selon les évolutions de la balle, jusqu'à ce qu'elle franchît une des limites extrêmes. Ce jeu demandait à la fois de l'adresse et de la vigueur. Avant d'engager une partie on se frottait d'huile, pour rendre ses membres plus souples et pour échapper aux étreintes de ses adversaires.

Une variété du jeu de balle était la phœninde. Dans ce jeu, le camp qui lance la balle à partir d'un point déterminé s'efforce de la faire mourir le plus loin possible de ce point; le camp adverse, au contraire, la renvoie de manière à ce qu'elle meure le plus près possible de son point de départ. Quand la balle est lancée, si elle n'est pas renvoyée, soit avant sa chute, soit au premier bond, le jeu s'arrête ; la limite qu'elle a atteinte est marquée, et les deux camps changent de position. C'est au camp adverse de lancer la balle, toujours du même point, et de s'efforcer de la faire tomber au delà de la première marque. Ainsi dans le jeu précédent, les limites à franchir sont fixes et connues d'avance ; dans la phaeninde, la limite est variable et déterminée par le coup de l'adversaire.

4** Le jeu de dés.

Les Grecs aimaient beaucoup le jeu de dés. Les Thessaliens, dit Théopompe, passaient une bonne partie de leur tçmps à jouer aux dés et à boire. C'est un goût que partageaient aussi les Spartiates. A Athènes, il était assez répandu pour que deux poètes comiques aient mis sur la scène les Joueurs de dés. Les maisons de jeu y étaient nombreuses, malgré la rigueur des lois. Les joueurs se cachaient, sortaient de la ville. Eustathe prétend qu'ils se réfugiaient dans les temples mêmes et surtout dans celui d'Athéna Sciras. « C'est de là, ajoute-t-il, que les maisons de jeu prirent le nom de Sciraphies, »

Le dé (xuêoç) était semblable au nôtre, en ivoire, en os, en

bois, quelquefois en or ou en matière précieuse. Sur cliaque face étaient des cavités qui se détachaient en noir sur le fond blanc. Ces points étaient disposés comme sur nos dés, Tas au centre, le deux et le trois sur la même ligne diagonale, le quatre et le six sur deux lignes parallèles, et le cinq en quinconce. Primitivement, on jetait les dés avec là main; plus tard, on se servit d'un cornet. On les lançait aussi bien à terre que sur une surface quelconque. On Jouait à volonté avec un, deux ou trois dés. Le coup qui amenait le triple six portait le nom spécial du plus fort coup,

5** Le jeu des osselets.

Les Grecs donnaient à losselct le nom d'astragale. Généralement on employait des osselets naturels, mais très souvent on en fabriquait d'artificiels en ivoire, en bronze, en or. La forme de cet objet est telle qu'il ne peut se tenir debout sur ses deux extrémités; il n'a donc que quatre faces, et non six, comme le dé. Chaque face, sans porter aucun signe, avait une valeur numérique, 1, 3, 4 et 6. Le côté de l'as s'appelait le chien ou Ckios ; le côté du six, qui lui était opposé, s'appelait le Coos. On jouait soit à la main, soit avec un cornet.

Ce jeu et celui des dés étaient en Grèce les deux grands jeux de hasard. On employait quatre osselets à la fois. On avait compté qu'il pouvait se présenter trente-cinq combinaisons, et les coups, par suite, étaient répartis en bons, mauvais et moyens. Chaque coup avait un nom particulier. Le coup d'Aphrodite, par exemple, était celui où chaque osselet offrait une face différente; il était le meilleur de tous, Jtandis que le plus mauvais était celui des quatre as.

(Becq de Fouquières, les Jeu^ des anciens, pp. 54, 84, 185- 189, 309 et suiv., 327 et suiv.)

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