LES PRÊTRES
Certains sacerdoces avaient un caractère patrimonial, c'est-àdire qu'ils étaient réservés aux membres d'une même famille. On cite, par exemple, à Athènes, les Eumolpides, les Étéoboutades, les Lycomides. Une inscription d'Halicarnasse ox)n tient, pour une période de 504 années, la liste des prêtres de Poséidon Isthmios, qui ont été fournis par la même famille. En voici un extrait: a Télamon, fils de Poséidon, 12 ans; Antidios, fils de Télamon, 27 ans; Hypérès, fils de Télamon, 9 ans; Alcyoneus, fils de Télamon, 12 ans; Télamon, fils d'Antidios, 22 ans; Hyrieus, fils d'Antidios, 8 ans; Anthas, fils d'Alcyoneus, 19 ans-, Nésiotès, fils d'Hyrieus, 29 ans, etc. » (Dittenberger, Sylloge inscr, Gvœc., 372.) Ces familles privilégiées ne formaient pas une caste vouée aux choses de la reUgion ; elles vivaient de la vie de tout le monde, s'occupaient de politique, briguaient les magistratures publiques ; elles avaient seulement la charge de donner à
l'État le titulaire de tel ou tel sacerdoce, chaque fois que la place devenait vacante.
La plupart des prêtres étaient désignés par le sort. Le sort, en effet, était considéré comme im moyen de connaître la volonté des dieux. « Pour ce qui concerne les choses sacrées, dit Platon, nous laissons à la divinité le soin de choisir ceux qui lui sont agréables, et nous nous en rapportons au sort. » Cette règle était usitée à Athènes et dans presque toutes les villes grecques, notamment à Delphes, à Syracuse, à Olympie. La fonction, dans ce cas, était généralement annuelle.
Enfin on voit dans quelques cités d'Asie Mineure, à Érythrées en particuUer, des sacerdoces vendus par l'État à des citoyens, et revendus ou cédés par ceux-ci, comme un objet de propriété. Ex. : « 1° Ventes de sacerdoces faites par l'État telle année, tel mois.... Sacerdoce des Corybantes. Aristoclès, fils d'Adimante, a acheté pour 180 drachmes. Droit de vente, 5 drachmes. Caution, Sosimos, fils d' Aristoclès. 2<» Cessions de sacerdoces faites à une autre date: latroclès a cédé à Aristidès le sacerdoce d'Aphrodite d'Embatos qu'il avait acheté de Képhision.... » (Dittenberger, Ibid., 370.)
Pour être prêtre, aucune condition spéciale n'était requise; sauf de rares exceptions, il suffisait d'être apte à remplir les fonctions de l'État. Il n'était même pas nécessaire de se trouver déjà au courant des pratiques de là liturgie; on les apprenait avant d'entrer en charge.