LES PANATHÉNÉES
Les Panathénées étaient la grande fête religieuse d'Atliènes, en l'honneur de la divinité protectrice de l'État, Athènè. Elle avait lieu au mois de juillet, et tous les quatre ans, on la celé- .
brait avec un éclat particulier; elle durait alors six jours et portait le nom de Grandes Panathénées.
La série des fêtes commençait par les représentations de rOdéon, ou les maîtres du chant et de la récitation, de la cithare et de la flûte se faisaient entendre; la musique chorale s'exécutait dans le théâtre voisin. Puis venaient les jeux gymniques, comprenant, outre les luttes ordinaires du stade, course, pancrace et autres, la course aux flambeaux qui avait lieu par une nuit sans lune, et était la partie la plus brillante de la fête. Lu plupart des exercices faisaient paraître successivement des concurrents d'âge diflerent, enfants, adolescents et hommes adultes; les rivaux se présentaient tantôt en leur nom, tantôt au nom de leur tribu. Les vainqueurs recevaient en prix des vases d'argile peints, remplis d'une huile provenant des oliviers sacrés. On attribuait aux vainqueurs qui avaient concouru pour leur propre compte de 6 à 140 amphores de cette sorte; les autres recevaient seulement des présents d'honneur, qu'ils consacraient pieusement à la déesse au nom de leur tribu. C'était là un motif d'émulation pour les dix tribus, chacune d'elles voulant mettre en ligne les champions les plus beaux et les plus robustes. A une faible distance du Pirée était l'Hippodrome, où se donnaient les courses de chevaux et de cliars ; devant le Pirée avaient lieu les régates des trières ; la tribu dont les vaisseaux de guerre s'étaient le plus distingués recevait une somme d'argent pour oflrir un sacrifice.
Quand les jeux étaient terminés, on célébrait la procession, qui, dès le lever du soleil, se massait dans le quartier du Céramique pour monter de là à l'Acropole. De même qu'aux Petites Panathénées on oflrait annuellement à la déesse un.péplos tissé sous la surveillance des prêtres par les jeunes filles d'Athènes, pour habiller à neuf la vieille statue de bois au jour anniversaire de la naissance de la déesse, de même aussi dans les Grandes Panathénées on portait à son sanctuaire un tissu magnifique, fixé comme une voile sur un vaisseau à roulettes. C'était un tapis où étaient brodées les actions de la déesse, ainsi que les événements de l'histoire nationale, même les portraits des citoyens qui avaient bien servi la patrie. A cette procession on
voyait défiler les vainqueurs des jours précédents, les plus beaux et les plus forts des Athéniens de tout âge, sur des chars, achevai, à pied, en habits de fête, couronnés de fleurs, et dans une ordonnance solennelle; c'était l'élite de la cité qui se présentait à la divinité de l'État.
Mais la puissance de l'État lui-même se manifestait aussi dans cette cérémonie. Après les citoyens marchaient les métèques qui se chargeaient de certains offices inférieurs, qui devaient porter les ombrelles, les sièges, les vases précieux, les bassins, les amphores, et à qui on rappelait ainsi leur état de sujétion. Toutes les colonies d'Athènes étaient représentées par des députations qui étaient obligées d'immoler à la déesse des bœufs et des brebis; même on avait coutume au v* siècle d'inviter les ambassadeurs des cités étrangères pour qu'ils assistassent à ce déploiement splendide de la force et de la richesse d'Athènes.
(Curtius, Histoire grecque, t. II, pp. 645-646; trad. Bouché- Leclercq.)