LE CELIBAT
La religion s'unissait k l'intérêt public pour combattre le céUbat. Si l'État était intéressé à ce que le mariage donnât na4s-
sance a un grand nombre de citoyens et de soldats, il n'était pas moins nécessaire que la perpétuité des familles fût assurée, et que les ancêtres fussent certains de recevoir sans interruption le culte qui leur était du. L*homme qui restait dans le célibat se rendait donc coupable d'un double délit, envers ses aïeux et envers la société. Platon (LoiSy p. 721) veut que l'on se marie entre trente et trente-cinq ans. « C'est un crime, dit-il, que de se refuser à prendre femme. Quiconque négligera ce soin payera chaque année une amende, afin qu'il ne s'imagine pas que le céliijat soit un état commode et avantageux, et il n'aura non plus aucune part aux honneurs que la jeunesse rend à ceux d'un âge avancé. » Dans un passage du Banquet (p. 192), il fait allusion aux lois qui concernent l'obligation du mariage. Ce texte, joint au témoignage de Plutarque et de PoUux, semblerait indiquer que, même à Athènes, le célibat était puni, tiuant au silence des orateurs attiques sur ce point, il prouverait simplement que dans le cours du iv« siècle la loi était à peu près tombée en désuétude. Pourtant il subsistait encore quelque chose de l'ancienne prohibition, s'il est vrai, comme l'affirme Dinarque (C. Démoêthèney 71), que l'omteur, que le stratège, pour inspirer confiance au peuple, dût justifier qu'il avait des enfants légitimes. A Sparte, des peines étaient portées contre les célibataires, et lîiême contre ceux qui se mariaient tard ou mal ; mais nous ne les connaissons pas. Plutarque et Athénée disent seulement qu'on s'efforçait de les tourner en ridicule, et que les jeunes gens les respectaient peu. En tout cas, ils ne perdaient pas les droits du citoyen, puisqu'on nous en signale un qui fut un illustre chef d'armée.