‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 19 sur 300 · OBJET DU MARIAGE EN GRECE · texte numérisé non relu

OBJET DU MARIAGE EN GRECE

Dans les idées primitives, le mariage n'est institué que pour assurer la perpétuité de la famille et la continuation des sacrifices héréditaires. Il n'est question ni d'inclination mutuelle ni de convenances d'affection ; les deux époux ne s'unissent pas pour mettre en commun leurs pensées et leurs sentiments, pour se

2i LECTURES HISTORIQUES SUR LA GRÈGE.

soutenir l'un lautre dans les épreuves de la vie : ils s'acquittent d une obligation à la fois patriotique et religieuse. Ces idées, mêmes aflaiblies avec le temps, gardèrent toujours de l'empire sur les âmes.... De là vient que dans le mariage, tel que les Grecs le comprenaient, la personne de la femme n'est rien. On ne compte pas ses sentiments; elle n'est pas choisie pour ellemême, mais acceptée comme un instrument nécessaire à la conservation de la famille et de la cité. Il semble qu'elle ne puisse rendre d'autre service et qu'elle soit incapable d'aucune autre vertu; sa tâche est rempHe quand elle a donné le jour à des fils. Ce n'est pas tout : du moment que le mariage n'est plus qu'un devoir civique, auquel on ne peut se soustraire sans être criminel envers la religion et envers l'État, le charme de la vie domestique est supprimé, et du même coup l'influence de la femme amoindrie. L'Athénien se prêtait au mariage comme on s'acquitte d'une dette, sans empressement et d'assez mauvaise grâce. Il introduisait une épouse légitime dans la maison, parce que l'intérêt de la république l'exigeait ; du reste, il mesurait strictement la part qu'elle aurait dans son existence, et, une fois ces limites tracées, il ne s'embarrassait pas davantage de jouir de la famille. (LaUier, De la condition de la femme dans la famille athénienne, pp. 14-17; Thorin, édit.)

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