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LES EPHORES

11 y avait cinq éphores, nommés tous les ans par un procédé que nous ne connaissons pas, et qui était peut-être analogue à celui dont on se servait pour les sénateurs. Us n'étaient pas nécessairement choisis parmi les familles les plus nobles et les plus riches. Aristote remarque que des individus obscurs arrivaient souvent à cette magistrature. Us étaient ks véritables chefs du pouvoir exécutif. Tout le gouvernement de l'État se trouvait concentré dans leurs mains, pourvu qu'ils fussent d'accord avec le Sénat.

Voici deux circonstances où se montre bien la nature de leur pouvoir.

Un certain Cinadon se met à la tête d'une conspiration. U est trahi par un de ses complices, qui le dénonce aux éphores. Ceux-ci procèdent secrètement à une enquête ; puis ils agissent sans retard. Us ne songent même pas à convoquer l'Assemblée du peuple ; ils se contentent de réunir à la hâte quek[ues sénateurs. Conmie ils ne savaient pas quel était le nombre des conjurés, et qu'ils craignaient une émeute, ils chargent Cinadon d'une mission hors de la ville, et ils lui disent d'emmener avec lui quelques jeunes gens que lui indiquera un autre magistrat ; c'étaient des hommes sûrs, à qui l'on avait donné les instruc-

GoiftACD. — LeCt. hist, 5-. DigltizedbyQpOgle

lions nécessaires. A l'endroit convenu, ils arrêtent Cinadon; ils se font livrer par lui les noms de ses principaux partisans ; et ils les signalent aux éphores, qui les jettent en prison. (Xe'nophon, Helléniques, III, 5.)

A la fin de la guerre du Péloponnèse, les Athéniens vaincus demandent la paix. Us envoient une députation au roi de Sparte Agis, qui était campé en Altique. Agis répond qu'il n'a pas les pouvoirs de traiter. Ils veulent alors entrer en pourparlers avec les autorités de Sparte. Arrivés à la frontière, leurs ambassadeurs font connaître aux éphores leurs conditions; les éphores déclarent qu'elles sont insuffisantes et refusent de les entendre. On s'adresse alors à Lysandre, qui, sans être roi, avait plus que personne contribué à la défaite des Athéniens; il répond, comme Agis, que « tout dépend des éphores », et il informe en même temps ces derniers de la démarche qu'on a tentée auprès de lui. On envoie une nouvelle députation à Sparte avec pleins pouvoirs. Cette fois, les éphores consentent à négocier, et ils rémettent aux Athéniens le texte écrit des propositions qui devront être acceptées. (Xénophon, Helléniqtœsj II, 2; Plutarque , Vie de Lysandre^ 14.)

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