‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 21 sur 300 · LA DOT · texte numérisé non relu

LA DOT

hà femme apportait généralement une dot à son mari. On a prétendu à tort que le père était tenu de doter sa fille ; s'il le iaisait, c'était de son plein gré. En revanche, le fils devenu chef de la famille, était astreint à cette obligation envers sa sœur. Le fils, en effet, héritait seul, et il paraissait juste qu'on détachât une partie du patrimoine pour aider sa sœur k s'étaWir, d'autant plus que si elle ne se mariait pas, elle demeurait a sa charge. La loi athénienne prescrivait aux plus proches parents de doter l'orpheline pauvre ou de l'épouser.

Les dots n'étaient jamais considérables, sauf peut-être à Sparte dans la seconde moitié du iv« siècle. Le chiffre le plus élevé que l'on ait rencontré jusqu'ici est celui de 10 talents (59000 fr.). A Athènes, 30 mines (2946 fr.) passaient pour une dot moyenne. Le plus souvent, elles consistaient en argent ou en objets mobiliers. Mais il n'était pas interdit d'y faire entrer des immeubles, et même des terres.

La constitution de dot n'exigeait l'intervention d'aucun officier ministériel. Une simple déclaration devant témoins suffisait. Il n'était pas défendu d'y joindre un acte écrit, ou de recourir à certains moyens de publicité; mais ce n'était pas obligatoire,

Lorsqu*un individu mariait sa fille, il avait soin, en versant la dot, de demander à son gendre une garantie hypothécaire sur ses biens. Le gage était constaté par une inscription placée sur rimmeublc. En voici un exemple : « Terrain hypothéqué a Euthydiké pour sa dot. »

Le mari avait l'administration des biens doLiux, mais il devait les transmettre intacts à sa postérité. Si le mariage était rompu par le divorce, il restituait la dot aux parents, ou il leur en payait l'intérêt à raison de 18 7o par an. Si la femme mourait kl première, sans enfants, les biens faisaient retour a ceux qui les lui avaient donnés ou k leurs représentants .

Je cite quelques extraits d'une inscription de Myconos qui énumère des chiffres de dot.

« Sostratos a marié sa fille Xanthè à Éparchidès, et lui a donné une dot de 1300 drachmes. ... Il a là-dessus versé 100 drachmes d'argent, et un trousseau estimé 200 drachmes....

Callippos a marié sa fille Aristoloche h Sostratos, avec une dot de 14000 drachmes, et a ajouté 406 drachmes d'intérêts que Sostratos lui devait, pour la dot (payée à l'avance) .

Ameinocratès a marié sa fille à Philotimos, avec une dot de 10000 drachmes.

Callixénos a iparié sa fille Timécratè k Rhodoclès, avec une dot de 700 drachmes, sur laquelle un trousseau de 300 ; Rhodoclès reconnaît a voir reçu le trousseau et 1 00 drachmes ; pour les 300 au très drachmes, Callixénos a hypothéqué à Rhodoclès sa maison de ville.

Dexiclès a marié sa fille Mnéso à ïiméas, avec une dot de 3 500 drachmes.

Ctésonidès a marié sa sœur Dikaiè à Pappias, avec une dot de 1 000 drachmes d'argent et un trousseau de 500 drachmes; Pappias reconnait avoir reçu le trousseau et 100 drachmes d'argent.

Tharsagoras a marié Panthalis, fille de Mnésiboulos, à Pyrrhacos, et lui a donné la maison du faubourg, k condition que Tharsagoras restera propriétaire de la maison sa vie durant.

Ctésion a marié sa fille Hermoxénè k Hiéronidès, et lui a donné en dot 1600 drachmes, une maison et deux esclaves, dont Tune s'appelle Syra.... » (Inscriptions juridiques grecques^ I, p. 48.)

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