‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 219 sur 300 · LA PUiMTIOiN DU MEURTRE · texte numérisé non relu

LA PUiMTIOiN DU MEURTRE

Le meurtre était envisagé par les Athéniens sous trois aspects différents. D'abord il portait atteinte aux intérêts de la famille du défunt, et c'est pour cela que la poursuite incombait aux parents de la victime. En second lieu, il nuisait k la société tout entière, en la privant d'un de ses membres. Enfin, il était une

offense directe à la divinité; les dieux, en créant un individu, lui assignaient d avanee une certaine durée : c*était donc aller contre leur volonté, que d'abréger sa vie.

Cette considération imprima un caractère tout particulier au jugement de ces sortes de crimes. Le meurtre commis avec préméditation était puni par l'Aréopage. Ce tribunal était le plus auguste d'Athènes; son origine se perdait dans la nuit des temps, et on croyait (ju'il avait été institué par Athèna elle-même. Il se composait des anciens archontes, non pas de tous, mais de ceux qui avaient toujours eu une vie irréprochable. Il siégeait sur la colline maudite, sur la colline vouée aux dieux infernaux (àpatoç ttocyoç), et- il était placé sous la protection spéciale des Érinnyes, des divinités qui veillent à la bonne harmonie du monde physique et du monde moral. La procédure n'était pas la même devant l'Aréopage que devant le jury ; il était interdit de faire appel à la pitié des juges, de chercher k les égarer par son éloquence ; les orateurs devaient se borner à une exposition claire et sommaire des faits.

Les autres cas de meurtre (sans préméditation, légitime défense), étaient jugés par un tribunal très ancien, qui s'appelait le tribunal des Éphètes, et où siégeaient cinquante et un jurés, choisis, dit la loi, « d'une façon aristocratique ». La procédure était celle de l'Aréopage. Vers le milieu du iv« siècle, les causes furent transférées aux héliastes ; l'Aréopage resta seul en possession de son antique juridiction.

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